L’actualité de la crise : GRANDS DESSEINS ET PETITES TRACTATIONS, par François Leclerc

Billet invité

De quelle couleur sera le lapin qui sortira du chapeau ? Au sortir d’une longue téléconférence des ministres des finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, le chef de file de l’Eurogroupe, s’est dit « confiant » dans l’issue de leurs débats, qu’ils devraient conclure lundi prochain à l’occasion d’une nouvelle réunion, des « progrès substantiels » ayant été accomplis !

Dans un contexte de défiance maximale envers les dirigeants grecs et d’une grande incertitude politique en raison de la tenue d’élections en avril prochain, les dirigeants européens, divisés sur la question, cherchent la formule miracle qui permettra d’éviter un défaut grec – qui interviendrait trop tôt – tout en limitant les frais et en se donnant le maximum d’assurances d’être remboursés de leurs prêts.

Il en ressort, d’après des fuites dont Reuters a bénéficié, qu’on aurait notamment étudié la possibilité de procéder en deux temps : la restructuration de la dette avant l’échéance de remboursement du 20 mars de 14,5 milliards d’euros, puis une partie du prêt plus tard, après les élections et la formation d’un gouvernement. Car sur les 130 milliards prévus, 30 milliards d’euros sont destinés à renflouer les banques grecques et 30 autres milliards à adoucir la peine des créanciers privés, deux versements qui ne peuvent être séparés de la restructuration.

Mais ce schéma a posé problème, car il revenait à entériner que les nouvelles obligations qui seraient données en échange de celles qu’apportent les créanciers ne seraient pas remboursées, si le reste du prêt n’était pas ensuite versé.

Une autre solution serait de tout repousser et d’exiger le report des élections, afin que le gouvernement de coalition de Lucas Papadémos puisse auparavant prendre les mesures de rigueur adoptées par le parlement – et depuis précisées pour les 325 millions d’euros qui manquaient à l’appel – et atteindre ainsi les objectifs d’économies budgétaires requis. Ce qui suppose de dégager d’une manière ou d’une autre 14,5 milliards d’euros afin de passer l’échéance de mars et d’éviter le défaut.

Quelle que soit l’option qui sera finalement choisie, Jean-Claude Juncker a précisé qu’il restait encore à définir le mécanisme de surveillance de l’application des mesures faisant l’objet d’un accord pour « s’assurer que le service de la dette serait prioritaire » ; une référence au projet de mettre en place un compte bloqué qui ferait du remboursement des prêts accordés par l’Union européenne et le FMI une priorité absolue dans les dépenses du gouvernement.

Le fil du rasoir est de plus en plus tranchant, pour reprendre une des nombreuses métaphores utilisées à propos des tractations, qui en ont usé beaucoup.

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101 réflexions sur « L’actualité de la crise : GRANDS DESSEINS ET PETITES TRACTATIONS, par François Leclerc »

  1. voila : j ‘ ai une petite question :

    comment se fait – il que la température extérieure soit passée de -10 degrés Celsius
    maximum à +10 degrés Celsius minimum en moins de quatre jours en passant par un gros coup chaud en Gréce , qui marquait la fin du  » pas chaud facho  » sus-dit , ceci en pleine période hivernale ?

    1. C’est vraiment fascinant ! Ma théorie du candidat-kamikaze se confirme d’heure en heure !

      La reprise du slogan de VGE en 1981 ! La métaphore du capitaine du navire qui chavire ! Et maintenant la mer Egée…

      Le calme avant la tempête…

    2. Cher Ardéchoix, Cher François,
      Hors sujet, oui, mais pas trop, permettez-moi alors un mot. Je note, non sans déplaisir que le ton de ces conversations est, en quelques semaines, passé du propos technique à un traitement plus culturel, voir romantique des sujets. Devrions nous comprendre que le philosophe va (enfin) avoir barre sur les techniciens de dossiers ? La communauté de ces derniers semble, pour partie responsable de la situation et en totalité impuissante devant le vent de l’Histoire. Nous devons bien admettre que nous devisons et de plus en plus, tournons en rond, dans l’attente de nous ne savons pas quoi. Ceci étant et pour en revenir à votre hors sujet, comment avoir la naïveté de penser qu’un homme politique, dit de Gauche, ne trahira pas le peuple, le sortant, dit de Droite, ne pouvant que continuer à le faire s’il est réélu? Deux laquais,liges,aux ordres, en vérité, feront mine de s’infliger des horions alors que les ficelles seront tirées par des lobbys, des communautés d’ordinateurs et autres entités aussi impersonnelles qu’omnipotentes, agences, bourses, logiciels automatiques.

      J’hésite à prôner une détestable incivilité, mais demandons-nous si une abstention massive ne serait pas, pour une seule fois, l’outil idoine pour bloquer un mécanisme vicié, politique du refus par le néant, dénonçant le manque d’indépendance de nos deux histrions du second tour et la défiance du corps électoral à l’égard de de la communauté politique. Comment l’élu pourrait-il de ce fait, revendiquer une quelconque légitimité? Des gens nouveaux qui sont à ce jour restés dans l’anonymat pourront se dévoiler et refonder le mécanisme, comme ce fut le cas autrefois, aux périodes sombres de notre histoire. Ceux-là risquaient leur vie et non pas quelques pertes virtuelles en bourse.

      Seraient écartés les professionnels du mandat électif au profit de personnes issues de la société civile, probes et compétentes de par leur expérience. Certains pays nordiques nous montrent des gouvernants dont les charges, privilèges et prébendes sont modestes, garantissant que leur présence aux leviers de commande est due à leur dévouement à leurs concitoyens et à leur pays.

      1. @ Frater Augustus
        J’hésite à prôner une détestable incivilité, mais demandons-nous si une abstention massive ne serait pas, pour une seule fois, l’outil
        Pour ma part je le crois, mais si l’on peut dire elle existe déjà , je crois qu’il faut oublier le haut de la pyramide et essayer dans son périmètre propre .Pour ma part voilà 25 ans que j’y travaille ,en évitant avec soin d éloigner tout politique de mes actions , eh ben cela marche pas trop mal .
        Bien à vous

  2. Bon, les manifs en Grèce, ça suffit hein !!
    Une modification de la législation sur les rassemblements en lieux publics, qui a priori ne concerneraient pas les 2 grandes centrales syndicales, GESEE (secteur privé) et ADEDY (public), prévoyant que
    – quiconque veut désormais manifester dans le centre d’Athènes devra désormais demander par écrit une autorisation de la police ainsi que de la municipalité, cinq jours au moins avant la tenue de la manifestation.
    – quiconque ne peut assurer l’ordre et la sécurité de la manifestation qu’il organise est tenu de coopérer avec la police et de requérir d’elle, contre rémunération, des mesures de garde supplémentaires. A défaut de quoi, en cas de dégâts sur des biens publics ou privés, l’organisateur de la manifestation assume intégralement l’obligation d’indemnisation. Dans le cas où l’organisateur aura requis de la police qu’elle adopte des mesures supplémentaires, l’obligation d’indemnisation sera à la charge des autorités policières.
    – toutes les manifestations, à l’exception de celles organisées par la GSEE et l’ADEDY lors de grèves panhelléniques, de la manifestation de célébration de l’anniversaire des événements de Polytechnique et du 1er mai sont tenues de n’occuper qu’une voie de circulation. Dans le cas contraire, les manifestations ne seront pas autorisées. (source: kathimerini; en fait, c’est le même communiqué de presse qu’on retrouve partout, sans commentaire).

    A noter: les « grandes centrales » syndicales, ADEDY et GSEE, risquent d’avoir, à l’avenir, quelques difficultés à organiser de grands rassemblements: le mémorandum amène avec lui une réforme du mode de financement de ces organismes, prévoyant qu’ils n’auront plus droit à aucune subvention. AH…..

    participaient à la réunion:

    Th. Pangalos, vice président du Gouvt,

    Tassos Yanitsis, Ministre de l’Intérieur

    Yorgos Papaconstantinou, M. de l’Environnement, de l’Energie et du Changement Climatique,

    Makis Voridis*, M. des Infrastructures, Transports et Réseaux,

    Miltiadis Papaïoannou, M. de la Justice,

    Christos Papoutsis, M. de la Protection du Citoyen (un titre comme ça, ça ne s’invente pas!!!)

    Pavlos Geroulanos, M. de la Culture et du Tourisme,

    Yorgos Stavropoulos, Ministre d’Etat,

    Pantelis Kapsis/**Ministre d’Etat, Porte-Parole du Gouvernement

    Philippos Sahinidis, Secrétaire d’Etat aux Finances,

    Socratis Xynidis, Secrétaire d’Etat au Développement, à la Concurrence et aux transports maritimes

    Yannis Sgouros, Président de la région d’Attique et
    Nana Spyropoulou, suppléante du Maire d’Athènes et adjointe au maire aux Services Techniques.

    *du LAOS, il a déposé sa démission après avoir voté « oui » au mémorandum, contre la ligne du parti, mais celle-ci n’a pas été acceptée

    ** dont le frère est l’un des grands noms de la chaîne de télé MEGA qui analyse très objectivement bien entendu, tous les soirs à 20h, ce qui se passe en Grèce et ailleurs…

    1. Voilà voilà la mise en coupe !

      Magnifique… Il ne manque plus que le bourrage des urnes pour la ND et le PASOK, et le tour est joué mes amis !

      1. Le symbole est assez « frappant ». Manolis Glezos est un homme politique membre de la SYRIZA et un écrivain grec né le 9 septembre 1922 dans le village d’Apiranthos sur l’île deNaxos. Il est particulièrement connu pour sa participation dans la résistance contre l’occupation allemande en Grèce pendant la Seconde Guerre mondiale.

        En 1939, alors qu’il est toujours lycéen, Glezos participe à la création d’un groupe anti-fasciste luttant contre l’occupation du Dodécanèse par l’Italie et contre la dictature de Ioánnis Metaxás. Lors de l’invasion de la Grèce par l’Italie, il décide de s’engager dans l’armée pour être envoyé sur le front albanais, mais sa demande est repoussée compte tenu de son âge. Pendant l’occupation allemande de la Grèce, il travaille pour la Croix Rouge et la municipalité d’Athènes, et s’engage dans la résistance.

        Le 30 mai 1941, il monte au sommet de l’Acropole en compagnie d’Apóstolos Sántas et dérobe le drapeau nazi qui flotte sur la ville depuis le 27 avril 1941 et l’entrée des Allemands dans Athènes. Ce geste est le premier acte de résistance en Grèce, et probablement un des tout premiers en Europe. Manolis Glezos et Apostolos Santas sont condamnés à mort par contumace par les Nazis. Le 24 mars 1942, il est arrêté par les Allemands et torturé. Il est de nouveau arrêté par les Italiens le 21 avril 1943 et emprisonné pendant trois mois. Le 7 février 1944 il est de nouveau arrêté par des Grecs collaborateurs et passe sept mois en demi en prison avant de s’évader le 21 septembre de la même année.

        Le 5 mars 2010, lors d’une manifestation pour protester contre le plan de rigueur destiné à réduire la dette de la Grèce, Manolis Glezos a été victime de tir de gaz lacrymogènes sous le regard de nombreux appareils photos. Il a dû être transféré à l’hôpital mais ses jours ne sont pas en danger. Cet évènement a pris place lors des conflits avec la police qui se déroulaient pendant la manifestation. Il a été relaté à de nombreuses reprises par les manifestants qui ont mis en avant la figure historique de Manolis Glezos comme symbole de la répression et de l’injustice policière.

        Le 12 février 2012, lors d’une grande manifestation populaire de plus de 200’000 personnes sur la Place Santagma, devant le Parlement, pour protester contre l’adoption du plan d’austérité imposé par l’Union Européenne, il a essayé avec le compositeur Mikis Theodorakis de pénéter dans le Parlement, mais il en a été empêché avec la force par la police.

  3. http://www.zerohedge.com/news/lehman-20-imminent-warns-john-taylor

    « As the bank appetite for Eurozone sovereign paper will be decimated, austerity will probably follow shortly, followed by deflation and uncontrollable money creation. The European recession should be one for the record books.  »

    Comme quoi je ne suis pas le seul à n’envisager qu’avec prudence l’hypothèse de l’inflation.

    Autre chose, j’envisage par contre une accélération de la crise : Le 5è acte, même s’il est long chez Tristan risque d’être court en économie…. facteur humain ou « esprits animaux » mis à part.

    La fin d’une crise, je me demande si ce n’est pas une chute, et une chute s’accélère selon la loi de la gravitation, c’est à dire que le système ayant moins de réserves aussi et les facteurs de récessions étant les mêmes…

    Mon hypothèse est donc une aggravation rapide de la Crise, autrement dit Leap 2020 sont encore trop optimistes.

    1. Ca fait un bail que Leap 2020 raconte n’importe quoi . En particulier je me souviens de l’apocalypse financière qui devait arriver fin 2011 sur les Muni bonds aux US , on attend toujours .
      Pour le reste , c’est pareil … Tout va bien en Europe ….

      1. Je suis fasciné par Vertigo, la Chute. Dans La chute de Camus il s’agit d’un drame individuel, Il est appelé individuellement par le cri d’une personne. Comme on est loin d’aujourd’hui avec des pays entiers qui sombrent !

        Dans Vertigo, évidemment je vois tout ce que Chris Marker a pillé et d’autres…. La structure du vertige, la spirale, tourne, comme d’autres éléments du film… mais est-ce que le film présente une structure cyclique ? Dans la mesure où elle ou son image est morte au début, et à la fin aussi. Cycles, vertiges, désir, chevelure…

        Le souvenir comme réactualisation, – à la recherche du thon perdu, comme dit Bridget Jones.

        Le désir est cyclique, l’érotisme, actuellement le temps n’est pas cyclique, cf. Mélancholia, la crise qui ne permettra pas de continuer, le mur. Bref

  4. Il faut se débarraser des élites grecques qui ont spolié leur peuple, d’ailleurs tout le monde s’en méfie, mais aussi des hypocrites européens qui tolèrent la fuite des capitaux grecs vers les banques européennes surtout anglaises et vers la Suisse. Si comme condition au prêt, on bloquait la fuite des caopitaux hors de la Grèce et on obligait tous les capitaux en fuite à retourner en Grèce ?

    1. Quand la BCE projette de refiler en 2012 2000 milliards d’euros en compensation d’actifs pourris issu des stocks des banques « en bonne santé », à ces memes banques too big too fail »…
      Avec des « crédits illimités » à 1%% avec promesses de baisser à 0,25%…
      On hallucine….

      On peut se demander si cette histoire de grec ce n’est pas une histoire de fous…
      Un gag pour amuser la galerie, pour distraire le populo, pour scandaliser le couillon….

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