LE MOMENT DU REFUS, par Zébu

Ô, ce que les hommes osent faire ! Ce qu’ils sont capables de faire ! Ce qu’ils font tous les jours, sans savoir ce qu’ils font !

‘Beaucoup de bruit pour rien’, William Shakespeare.

 

Les laboratoires que demain nous promet sont ceux que nous faisons aujourd’hui. A la lumière de l’expérimentation toujours en cours en Grèce, la plus ‘avancée’ au sein de l’Union Européenne bien que non isolée mais à des degrés divers (Espagne, Portugal, Irlande, entre autres), il est frappant de noter combien la stupeur des populations issue de l’application des politiques d’austérité a permis depuis début 2010 à ce laboratoire-là de dérouler sa procédure, du moins de ‘pousser ses avantages’ devrait-on dire. Car force est de constater aussi qu’en fait de ‘procédures’, qui signifieraient que le laboratoire a déjà pu identifier en amont les objectifs mais aussi les moyens à utiliser pour arriver à ces fins, les étapes, etc., l’improvisation permanente, les cafouillages, les tensions même entre les diverses ‘équipes dirigeantes’ rendent peu crédible l’idée d’une suite logique et prévue de causes et d’effets, d’autant plus avec un système économique et financier aussi instable et complexe comme peut l’être le système actuel.

Le laboratoire d’aujourd’hui est donc improbable, mais bien réel. Ce même laboratoire, qui a servi à tester les multiples réactions sur une surface restreinte (l’économie grecque est une des économies de la zone euro  la plus faible, en volume et structurellement) et sur une longue durée, est appelé à passer bientôt au stade du bilan et de l’évaluation quant aux potentialités de transférabilité à d’autres surfaces, cette fois bien plus importantes. Ce même laboratoire, de bric et de broc, géré par des pieds nickelés, sera un tout autre laboratoire de demain, à la fois parce qu’il bénéficiera des analyses des expériences menées mais aussi de par l’impérieuse nécessité de passer à un niveau autrement supérieur quand il faudra qu’il expérimente sur  la France et in fine, l’Allemagne. Ce qu’ont connu l’Espagne et le Portugal et dans une moindre mesure l’Italie n’est rien quand ces pays devront solliciter un second plan d’aide ou le premier pour certains, plan d’aide qui sera automatiquement conditionné comme les plans d’ajustements structurels de mesures drastiques d’austérité. Comme en Grèce. Et lorsque ces pays y entreront, le poids des politiques d’austérité menées dans des pays ayant une masse économique et financière autrement plus importante que la Grèce viendra inéluctablement aspirer les économies de taille supérieure dans la spirale descendante qu’un tel laboratoire, forcément plus ‘productif’, plus ‘efficient’, continuera de mettre en oeuvre, de ‘mieux en mieux’.

§

Car les citoyens européens doivent prendre conscience que les effets du laboratoire d’aujourd’hui sont ceux qu’ils subiront demain, pour eux-mêmes. Et qu’espérer qu’à un moment donné les acteurs d’un tel laboratoire puissent stopper leurs expérimentations devant le risque d’une dégradation iréparable de la situation, c’est croire soit que de tels acteurs existent, soit se tromper quant à leurs identités (politiques), soit que le processus puisse être stoppé, au sens où ils continueraient d’être maitrisable.

La seule solution est donc de faire en sorte de ne plus alimenter la mutation en cours.

Pour ce faire, ce ne sont pas les politiques qui sont proposées et a fortiori encore moins celles qui sont appliquées actuellement qui le permettront. Au mieux, celles qui sont proposées pour de potentielles alternances politiques ne feront qu’en freiner la progression, ce qui est certes un progrès en comparaison mais insuffisant pour résoudre le problème. Il manquerait ainsi deux éléments essentiels.

§

Le premier élément serait le ‘nous’ dont parle Paul jorion, un ‘nous’ à minima européen, où les citoyens prendraient enfin conscience que ce qui se passe en Grèce n’est pas que l’affaire des Grecs mais bien l’affaire de tous les citoyens européens. En premier lieu parce que les réponses qui ont été et qui seront apportées seront celles de la solidarité, certes cahin-cahan et parfois de mauvaise volonté, mais comme unique horizon, sauf à accepter l’explosion de la zone euro et par suite, celle de l’Union européenne : tout le monde, quoiqu’on en veuille, est donc lié. Et en second lieu parce que le processus en cours gagne chaque jour de la puissance, par l’accumulation de ses effets et de son expérience : plus la réaction du ‘nous’ est tardive et plus ‘l’effet boule de neige’ rendra de plus en plus difficile l’expression d’une prise de conscience de ce même ‘nous’. Et pour qu’un ‘nous’ émerge, encore faut-il considérer l’Autre comme un soit-même, ni meilleur, ni pire. Il est donc essentiel que les citoyens se parlent, pour qu’ils puissent enfin constater que non, les Grecs n’ont pas 3 yeux et qu’ils n’ont pas la queue fourchue et que oui, ils peuvent mentir, frauder, voler, spéculer, comme tout le monde, comme ‘nous’.

§

Le second élément est multiple. En prenant appui sur la mécanique des fluides, on s’aperçoit assez vite que si l’on veut éviter de se noyer, il vaut mieux commencer par fermer les arrivées d’eau. Puis de faire en sorte que la corrosion spéculative ne s’attaque aux robinets. Que dans une maison inondée l’on évite de pomper dans une pièce pour inonder les autres. Et enfin, que l’on arrête d’ouvrir les sorties d’air. Ces pièces du second élément sont à la fois des conditions techniques de survie et à la fois des conditions structurelles de changement de cadre, à terme, quant aux réflexions qu’elles induiront : loyer de l’argent, paris, monnaie, justice fiscale. Sans pour autant qu’elles soient suffisantes. Il faudra en effet que la mise en oeuvre de ces mesures soit suivie d’autres, qui induiront d’autres transformation : propriété, richesses et répartition, …

On ne peut donc que mesurer la longueur du chemin qu’il convient d’emprunter pour savoir que le sommet que nous entrevoyons au loin cache de fait un immense parcours qui reste à définir. Un chemin que les citoyens devront empruner seuls, les politiques ayant renoncés apparemment à en évoquer seulement son existence.

§

Le texte qui suit emprunte à la métaphore hydraulique pour tenter de réunir les deux éléments évoqués, le ‘nous’ qui nous concerne directement, les citoyens européens, et les mesures qui pourraient être mises en oeuvre afin de stabiliser l’inondation en cours, où le chacun pour soit primera dans le naufrage qui suivra.

 

L’Europe se noie : Fermons les robinets !!

 

L’Europe se noie.

Elle se noie de sa propre volonté, parce qu’elle refuse de fermer ses voies d’eau.

Nous, citoyens européens, allons périr, asphyxiés par des politiques d’austérité dont le seul objet est d’assurer que la liquidité continue de couler à flots, quand bien même ceci impliquerait que nous devions tous mourir.

Par des flux d’intérêts des dettes publiques qui ne cessent de croître, alors même que nous manquons d’air.

Par la spéculation qui contribue à maintenir grands ouverts les robinets de la dette publique.

Par l’évaporation fiscale phénoménale au travers des bouches d’aération que sont les paradis fiscaux.

Par nos égoïsmes particuliers qui, en lieu et place de pomper l’inondation en cours dans les pièces exposées,  s’évertuent à inonder celles-ci pour mieux en assécher certaines.

 

Il faut fermer les robinets :

è Suspendre le remboursement des dettes publiques lorsqu’un pays européen connaît une croissance insuffisante pour assurer son redressement, dettes dont une bonne partie est due au sauvetage du système bancaire et aux effets du tsunami des subprimes.

è Interdire les paris sur les variations de prix sur tous les marchés financiers en Europe, en rétablissant les réglementations qui rendaient effective cette interdiction.

è Interdire tout mouvement de capitaux vers des paradis fiscaux à partir du réseau SWIFT, les Etats-Unis ayant été autorisés définitivement en août 2010 à l’utiliser pour sa politique de lutte anti-terroriste.

è Créer une monnaie commune de compensation afin de réguler les différentiels de balances commerciales entre pays membres de l’Union Européenne, qui contribuent à asphyxier les pays importateurs au bénéfice d’un nombre de plus en plus réduit de pays exportateurs, au détriment de tous en Europe.

 

Nous, citoyens européens, refusons la fatalité de la noyade.

Nous sommes tous concernés, maintenant ou plus tard, quel que soit le pays dans lequel nous vivons.

Ceux qui se noient déjà sont nos concitoyens, nos voisins, nos clients et fournisseurs, passés et futurs.

Ils sont ce que nous serons bientôt.

 

Tant que ces robinets ne seront pas fermés, nous refuserons de participer à l’inondation en cours, en ne souscrivant plus d’obligations européennes et en nous retirant de tout contrat financier qui alimenterait cette noyade.

 

Fermons les robinets.

Il est temps.

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55 réflexions sur « LE MOMENT DU REFUS, par Zébu »

  1. on sait pas soigner les fièvres hémorragiques …le seule bonne nouvelle c’est que c’ets tellement virulent que cela ne se propage pas -marburg , ebola et l’€uro même combat !

    la crise restera contingentée à l’espace européen !

    l

    1. ça ose tout, mais ça dort dur. Dans Histoire et Utopie, Cioran écrit :« les masses ne s’ébranlent pas si elles n’ont à opter qu’entre des maux présents et des maux à venir; résignées à ceux qu’elles éprouvent, elles n’ont nul intérêt à se risquer vers d’autres, inconnus mais certains. Les misères prévisibles n’excitent pas les imaginations, et il est sans exemple qu’une révolution ait éclaté au nom d’un avenir sombre ou d’une prophétie amère. Qui aurait pu deviner, au siècle dernier, que la nouvelle société allait, par ses vices et ses iniquités, permettre à la vieille de se maintenir et même de se consolider, que le possible, devenu réalité, volerait au secours du révolu? ».

  2. Le Parti Socialiste Européen peut-il être mis au pied du mur pour appliquer le plan dessiné ?
    L’interpellation des élus européens a-t-il un intérêt ?
    Les réseaux de construction d’une Europe politique ont-il une réalité ?
    Tout est-il à construire ?

    1. Le PSE, c’est Papandréou, même président de l’Internationale « Socialiste » (IS no Good…)
      L’IS no Good, c’est aussi des tonnes de voyous et de dictateurs, dont deux dégagés,
      Moubarak et Ben Ali.
      Restent beaucoup à sortir…

  3. Reste à développer une stratégie de conquête du nous, pour lui donner corps,… Une première étape serait d’identifier un alter ego allemand (un site équivalent à celui-ci), car ils font partie de l’équation nos amis germaniques, pour échanger, nourrir le débat.
    Et ensuite, réunir à l’échelle européenne sur un site web (genre pétition en ligne) les bonnes volonté qui s’accordent autour d’un paquet de mesure (comme celle que vous proposez ci-dessus) et faire pression: organiser des actions (pacifiques, cela va sans dire) communes et SIMULTANÉES dans les pays européens.
    C’est un travail politique de longue haleine, indispensable.
    Vous avez le charisme suffisant pour amorcer la pompe 🙂
    Et les Shadoccks pompaient,… Nous somme tous des shadocks 🙂

    1. Je n’aurais pu dire mieux. Nous avons tous envie de faire quelque chose de concret pour modifier la trajectoire de cette société en perdition…. Mais apparemment il nous manque une personne qui pourrait nous guider, même à tâtons. Car c’est à partir du moment où l’on décide d’agir que la providence se met en marche. Il faudrait oser un premier pas pour trouver le chemin…

      1. « Mais apparemment il nous manque une personne qui pourrait nous guider, même à tâtons. »

        Peut-être la meilleur manière pour rester à quatre pattes.
        Vous ne vous rappelez pas le jour où vous avez appris à marcher seul(e) ?
        Une fois debout rien n’empêche de tâtonner, assurément.
        Ne pas exclure la génuflexion.

  4. cette notion de « laboratoire » est pleinement justifiée ! au point ou un Rocard ose proposer le retour de la dictature militaire en Grèce pour imposer la « norme » !!, l’Europe (cheval de troie des USA – avec qui elle s’alliera dès 2015 dans un silence total !) n’est que l’instrument au service de la finance internationale qui a bien compris l’enjeu et déploie résolument sa stratégie : penser qu’ils n’ont rien compris est une erreur ! ils sont prêts à redire, sous des formes différentes « PLUTOT HITLER QUE LE FRONT POPULAIRE »…ici en France les médias de « gôche-caviar » nous ont fait, ces derniers jours, une piqure de Rappel pro LE PEN !!
    l’important reste « gagner plus le plus vite possible…après on verra !! »

    1. morvandiaux,

      j’ai le plaisir de vous informer qu’adolf hitler est décédé en 1945, un jour d’avril.

      1. @ methode
         » j’ai le plaisir de vous informer qu’adolf hitler est décédé en 1945, un jour d’avril.  »
        Gros bêta , tu fais exprès de ne pas comprendre .
        La problématique est pourtant bien celle-ci : un mouvement qui ressemblerait au Front populaire , à l’échelle de l’europe cette fois-ci ou bien un fascisme rampant .
        A ton avis , on en est où ?

  5. Pascal CANFIN député européen élu en 2009 sur la liste Europe écologie est membre de la Commission des affaires économiques et monétaires.
    Il a écrit un bouquin (publié par les ed.Les petits matins, 128 pages 5€)
    il a obtenu l’interdiction des CDS à nu (un premier pas peut-on dire) pour application en novembre 2012… pourquoi ce délai ?
    seuls deux Etats étaient au départ favorables : l ‘Allemagne et l’ Autriche…il lui a fallu ensuite parcourir du chemin, convaincre…c’est le temps de la négociation européenne…!
    bien évidemment le Royaume-Uni protège la City..en refuse !
    j’ai acheté ce bouquin et je l’ai transmis à ma députée au parlement européen à Strasbourg.
    si vous avez des suggestions quant aux actions possibles je suis ouvert à tout
    bien à vous

    1. @ millesime :
      J’ai proposé déjà quelques actions dans les deux billets précédents, concernant la Grèce.
      Une autre dans ce billet (appel aux épargnants à sortir de l’ass-vie).
      Peut-être une autre, pour signer ce manifeste.
      Je pense que ce soir tout ce qui est bon est bon à prendre.

  6. Bla,bla,bla l’ expérience dure depuis longtemps , l Europe , le citoyen du monde, etc, toutes des fadaises . Les temps des paroles arrive à sa fin , le temps de l’ action va commencer . L’ île aux enfants et les bisousnours c finie .Les mass ont été éduques a la consommation non a la politique.

    <>

  7. Bon, il y a un certain nombre de mesures supplémentaires à prendre, telle que la suppression de la cotation boursière en continu, l’expropriation des banques [allei, pour l’€ symbolique si vous voullez] et leur transformation en monopole public de crédit aux particuliers et de financement de l’économie, etc etc etc.
    Au fonds, toutes ces mesures et bien d’autres découlent de ces quelques mesures énoncées par Zébu, mais on ne saurait être trop explicite ni trop pédagogue, face à la désinformation-méconnaissance entretenue par les me(r)dia aux ordres… Je sais bien que le concept de ‘réinformation’ a été capté par les mouvances d’extrême-droite, et c’est bien notre tâche de citoyens éclairés et responsables, de le leur reprendre.

    1. l’expropriation des banques [allei, pour l’€ symbolique si vous voullez] et leur transformation en monopole public de crédit aux particuliers et de financement de l’économie, etc etc etc

      .

      C’est l’évidence pour commencer à mettre l’économie au service des besoins,
      et pas des profits.
      Vous noterez qu’aucun politicien professionnel ne le propose.
      Ceux de gauche se déclarent au mieiux keynésiens,
      autrement dit ils entendent rafistoler le cadre capitaliste,
      et affirment que « les investisseurs n’ont pas à avoir peur »…

      1. C’est l’évidence pour commencer à mettre l’économie au service des besoins,
        et pas des profits. Vous noterez qu’aucun politicien professionnel ne le propose.

        Pour ne pas importuner je ne fais que mentionner les pages du programme du FDG qui font référence explicitement aux « besoins », en opposition à la logique comptable, aux intérêts privés et à ceux du marché, etc.
        pages 24 – 25 – 26 – 33 – 43 – 44 – 46 – 50 – 51 – 58 – 59 – 70

    2. @ Amsterdamois :
      Oui, il existe plein de mesures complémentaires (ou même prioritaires) à mettre en oeuvre.
      Le souci, c’est qu’un manifeste ne doit ni être trop long, suivre une idée centrale à la fois (à mon sens, la noyade, ou le naufrage, c’est selon) et ne pas faire ‘catalogue’ des 3 suisses en termes e propositions, sinon, on est un parti politique.
      😉

  8. Dimanche 22 avril 2012.

    Aujourd’hui sur vos écrans :
    Grand prix de Formule 1 dans un pays en cours de pacification.
    Finale d’un tournoi de tennis dans un paradis fiscal.
    Joutes électorales dans une démocratie de la vieille Europe,
    etc.

    Ce que veut le peuple : des jeux !

  9. Rassurez-vous Zébu, en France nous avons Mélenchon ; c pas le mouton à cinq pattes, mais pour un début c’est pas mal !

    Il monte au Front et en première ligne. Les citoyens qui le voudront pourront co-produire la contre-offensive (pas la résistance uniquement défensive, arc-boutté sur des positions acquises qui fondent comme neige au soleil). L’idée de révolution est lancée … en plein milieu du champ politique ! Elle est pas belle la vie !

    Alors qu’on croyait que la politique ct has been, que l’heure était à la gouvernance experte des uns, et à la consommation abrutissante des autres, pan voilà que chassée par la porte la politique, la belle, la rebelle, ressurgit par la fenêtre, au moins aussi impertinente et plus subversive qu’elle ne le fut depuis une bonne trentaine d’années !

    Comme écrivait M. Jorion l’autre jour dans son billet sur les vicissitudes de l’assurance vie, les sociétés pourraient bien être en train de

    « se polariser à nouveau sur le plan politique, en suivant les lignes de fracture que dessinent le partage des populations en différentes classes sociales »

    .

    (pour info à supprimer : « dessine » dans la citation ci-dessus est mal accordé)

    1. Rassurez-vous Zébu, en France nous avons Mélenchon

      L’idée de révolution est lancée … en plein milieu du champ politique ! Elle est pas belle la vie !

      C’est le spectacle ça, ça ne se programme pas une révolution, et le Mélenchon confirme tristement (j’attendais la fin du 1er tour pour en être sûr), qu’il est un acteur politique : il joue à merveille le rôle du rebelz !
      Après tout son baratin sur la révolution citoyenne, appeler à voter contre Sarkozy, pour Hollande donc mais sans oser le dire, c’est tragi-comique…

      1. Oui, en l’espèce, la rancune ou l’amertume est mauvaise conseillère.
        L’UMP s’est fait un plaisir de le notifier … alors même qu’avant ce premier tour, le discours n’était pas le même.

      2. Bof ; même Poutou appelle à voter contre Sarkozy. La logique peut échapper à certains. Mais pas aux principaux concernés. A gauche, au second tour, on appelle tjrs à voter pour le candidat de gauche le mieux placer (qd il y en a un) ! Désolé de vous décevoir !

        La révolution ça ne se décrète pas ? Allez en parler aux électeurs d’Amérique du sud 🙂 Avez-vous entendu parler de la révolution bolivarienne ?

        Signé un électeur de Mélenchon, déçu certes, mais qui ne regrette rien et n’est pas le moins du monde découragé.

        Et vous, vous avez fait quoi de votre bulletin de vote ?

  10. « Créer une monnaie commune de compensation »

    Les monnaies nationales, éventuellement dans une monnaie commune, avaient ce rôle régulateur des balances commerciales qui a été supprimé.

    1. @ fnur :
      Certes. Mais les monnaies nationales étaient seules dans cette régulation : qui peut croire qu’un retour aux monnaies nationales permettrait à ces nations de sortir leur épingle du jeu ?
      Les anglais ? Le niveau de chômage des anglais, réel, est à minima 50% plus élevé qu’en France. A part la Suède, qui a conduit sa politique de déflation salariale en même temps que l’Allemagne mais avec sa monnaie propre et qui a très fortement réduit sa dette, qui ?
      Il faut sortir de ce jeu mortifère du ‘hors euro’/’dans l’euro’, ‘monnaie nationale’/’euro’.
      Il y a une alternative, y compris pour ceux qui souhaitent rester dans l’euro, sans forcer ceux qui voudraient revenir à une monnaie nationale de ne pas le faire : une monnaie commune.

      1. Bien d’accord, mais si les autres ne veulent pas ? Vous faites quoi ?

        Sinon, la GB n’est pas le seul pays à avoir sa monnaie, donc s’en tenir à un pays pour exemple, c’est un peu court, il y a des tas de pays dans le monde qui ont leur monnaie, faites pas semblant de l’ignorer.

        Le processus décisionnel de l’UE est complètement bancal, c’est une évidence depuis le début.
        On voit le résultat, jusqu’à quand encore à subir cette aberration politique ? Jusqu’à ce que le FN soit élu ? C’est ça que vous voulez ? C’est la même dynamique du chien crevé au fil de l’eau partout en Europe avec montée de l’extrême droite. On n’oblige pas des pays à s’unir, comme on n’oblige les gens à se marier, à part dans les sectes.

      2. @ fnur :
        « Jusqu’à ce que le FN soit élu ? C’est ça que vous voulez ? » : on se calme, ‘l’ami’, sinon, je vais aussi vous faire des procès d’intention et vous rentrer dedans, si c’est ce que vous souhaitez.
        Je pense que vous avez déjà vos réponses. Et je pense aussi que vous vous trompez de cible, de la même manière qu’une partie croissante de la population.
        Le problème n’est pas (forcément ou que) celui du processus décisionnel : c’est la base même d’un processus collectif. Si on n’en veut pas, on peut évidemment la jouer solo. Personne n’oblige personne à rester dans l’UE. Après, va falloir que vous me démontriez que l’on s’en sortira mieux seul qu’à plusieurs. Je n’ignore évidemment pas qu’un tas de pays ont leur propre monnaie.
        La question n’est pas une question monétariste mais bien de politique menée : celle de l’UE est irrémédiablement liée aux politiques néo-libérales. Je l’ai déjà écris : depuis 30 ans, on a ‘le choix’ entre la déflation ou rester dans la zone communautaire, soit, subir les politiques néo-libérales.
        C’est cette question là qu’il faudra trancher.
        Quitte à poser comme principe de sortir de la zone euro dans l’impossibilité de modifier ces politiques.
        Soit on considère que ce choix ne peut pas être effectué collectivement : c’est votre opinion et celle du FN (attention, je précise de suite : ceci ne signifie pas une identité, simplement une analyse identique de la situation).
        Soit on considère que ce choix n’est pas viable individuellement, ou alors en dernier ressort, une fois épuisé tous les recours, pressions, négociations, parce que :
        1/ cela exposera très nettement la dite nation à son propre sort face aux marchés (dans ce cas, je ne donne pas cher de la peau de la France)
        2/ cela n’induit en aucun cas une modification de la politique poursuivie : le FN le prouve bien, qui prône un néo-libéralisme ‘nationaliste’ (comme quoi, la question monétaire et institutionnelle n’est pas en soit un gage de sortie du cadre)
        Mais alors, à mon sens, il faut pour se faire être en position de force (mettre le doigt sur l’arme atomique de la sortie de la zone euro, avec référendum à la clef) et en position de force de proposition pour le collectif, à savoir, selon moi, ce que je propose : sortir du cadre et en proposer un autre.
        Sinon, on fait du vent et on attend inexorablement la montée du FN.
        Ceci est valable pour TOUS les partis politiques, de gauche comme de droite. ‘Européistes’ ou non.

  11. Vous pouvez tourner le problème dans tous les sens, la machine productive occidentale, du fait de la mondialisation, de la concurrence nouvelle des BRICS et de nos systèmes sociaux, est devenue globalement « à rendement négatif » : plus on l’alimente fort, plus elle produit de la dette.

    Cette mécanique infernale pour nous, est appelée à durer jusqu’au ré-équilibrage relatif des niveaux de vie, le nôtre franchement vers le bas, le leur un peu vers le haut et encore, c’est pas gagné avec les pénuries de matières premières et d’énergie qui se profilent…Nul besoin de qualifier nos dirigeants de Pieds Nickelés ; dans nos pays démocratiques, ils n’y peuvent pas grand chose quels qu’ils soient.

    Considérons simplement le premier moyen d’action évoqué par Zebu

    Suspendre le remboursement des dettes publiques lorsqu’un pays européen connaît une croissance insuffisante pour assurer son redressement…

    D’abord, avant de parler de remboursement, il faudrait déjà la contenir, la dette. Ensuite, les conséquences politiques et économiques d’un tel acte qui interviendrait au sein de l’Euroland, seraient incalculables. Penser qu’ainsi, on disposerait de plus d’argent pour faire tourner son économie et que toutes choses par ailleurs resteraient inchangées, c’est nier l’existence des AUTRES et de leurs moyens de rétorsion parfaitement légitimes…Utopie quand tu nous tiens…

    1. La description est impeccable. Adhésion totale.

      @ erreipg
      Pour les résolutions, je suis de votre avis.
      La question pognon est un symptôme.
      Les solutions sont aux niveaux supérieurs.

      Une confirmation:

      Créer une monnaie commune de compensation afin de réguler les différentiels de balances commerciales entre pays membres de l’Union Européenne.

      La Grèce n’a rien à réguler en matière d’entrée/sortie.
      Les entrées (consommation) sont obligatoires, d’où l’hémorragie.
      Les sorties (exportations et autres paiements de l’étranger ) sont faibles et le resteront
      à moyen terme.
      Une compensation de type « clearing » suppose de baisser drastiquement
      les importations et créer des exportations.
      Et elle n’est pas la seule. La balance de la France – tout pris en compte- est
      déficitaire depuis plusieurs années, 38.4 milliards d’Euro en 2010.
      L ’emprunt à cette hauteur est obligatoire. Et sans espoir de remboursement du principal…

      Une solution serait de contrer l’industrie allemande en créant une activité locale
      à même de satisfaire des besoins locaux.
      [industrie doit être comprise au sens large, toutes activités négociables.]
      C ‘est très certainement un effort de longue durée.
      Il semble bien que la classe moyenne, sa frange dirigeante au moins,
      ne le désire pas. Le mythe de la « mondialisation » sera difficile à décaper.
      Faire rimer « butane et sabarcanne » comme le chante un poête… impensable.

      L’autre solution est de niveau politique, institutionnelle sans doute, mais pas seulement.

      1. Faire rimer « butane et sabarcanne » comme le chante un poête…

        « Un poète » ? P’têt mais alors un qui rime richement avec brêle.’

      2. Ah! Vigneron :
        Vous répondre demanderais un long effort claviériste.
        Je dois aller voter, aussi je me limiterai à quelques trucs sans
        idée de cohérence.

        -Le poête chantant cette rime existe, quelque part de votre coté.
        ( tout ce qui est au sud du Thiou est indistinctement loin.)
        Je me suis toujours fait l’idée qu’il élevait des chèvres; faux, probable.
        – L’industrie c’est à dire toutes activités collectives de production/vente
        est la solution de premier niveau pour les pays déficitaires, peut être
        trop évidente. Son existence dépend de beaucoup de contraintes.

        Le dommage est que l’Industrie soulève, ici, une très active indifférence.

        La vitesse à laquelle notre pays s’est désindustrialisé a aussi un fond anthropologique.
        Une fois que l’on a goûté aux joies des activités abstraites offertes par la « mondialisation »,difficile
        de s’en défaire.
        Pourtant cela fait longtemps maintenant que les usines sont propres, ou tendent à l’être.
        Sûr, encore beaucoup trop de caporalisme, sans aucune nécessité, pour les rendre attrayantes, mais cela vient… La notion de cadre, spécifiquement française, tend à disparaître, un verrou, et exorbitant qui plus est, en moins.
        Concevoir, fabriquer et se frotter à la concurrence restera encore loin de nos tropismes en faveur de l’abstraction.
        Evidemment , un abattoir à renard chinois communiquant, à Shengen, sait faire oublier sa monstruosité.
        Evidence encore que la daube d’origine Allemande existe, et plus souvent qu’on ne le croit,mais là aussi le rêve remplace le réel.
        Je rappelle, mais vous le savez sans doute, que je suis le type qui le plus souvent sort d’une usine à 17h.

    2. La France pour ne parler que d’elle, a doublé son PIB en 25 ans. La richesse produite est donc là, bien tangible. Dans un premier temps il y a donc lieu de répartir cette richesse autrement. Son accaparement par une oligarchie n’a rien d’une loi naturelle, c’est une décision politique. Il serait souhaitable, urgent, que les citoyens et les entreprises contribuent au budget de l’Etat à proportion de leurs revenus.
      En complément des mesures proposée par le buveur.

      Dans un second temps il nous va falloir produire autrement histoire de ne pas continuer a augmenter notre dette écologique envers l’écosystème. Cette dette là sera tout autant explosive dans un avenir proche et plus on attend plus ce sera difficile. Autant une guerre permet de détruire un ordre économique et de repartir pour quelques décennies, autant la détérioration de l’écosystème sera autrement difficile à maintenir, reconstruire . . .

    3. Que se passe-t-il mon cher Pierre?
      avez vous peur pour vos petites économies?
      parce des états qui font défaut sur les dettes, il y en a plein le monde
      et ces pays ne sont pas mort
      Si la solution n’est pas enchanteresse, aucune autre ne peut être plus satisfaisante

  12. à zébu,

    Oui, le laboratoire existe bel et bien, et depuis plus de cinquante ans ce « laboratoire-monde » prend des apparences variées et selon les auteurs qui cherchent à en faire la critique des appelations toutes aussi variées dont la plus connue, par les connaisseurs qui l’apprécient et par les médiatiques qui cherchent à s’en débarrasser, est la Société du Spectacle, décrite sous ce titre par Guy Debord en 1967 et en 1988 (Commentaires sur la société du Spectacle).
    L’origine de ce type historique de société est l’abondance des marchandises, produites et vendues, à un tel degré que c’est le profit escompté par la production et la distribution (pour employer un terme « neutre » des économistes modernes) qui dirige l’usage et façonne le monde à son image.
    Comme Marx disait que « le besoin d’argent est la principale production de l’économie politique », on peut dire que la principale production de l’économie devenue abondante est la pollution, de la nature et des esprits.
    Avec la modernisation industrielle et ses derniers développements, notamment informatiques, et la mondialisation qui permet d’acheter la marchandise-travail à un prix toujours plus bas c’est la production, et donc le travail humain, qui ne produit plus assez de richesse d’autant plus que celui qui vend son travail moins cher – ou ne le vend plus -ne peut plus acheter les marchandises sans avoir recours au crédit.
    La marchandise-argent est devenue la marchandise vedette de l’époque mais c’est une marchandise qui continue à obéir aux lois de l’accumulation alors qu’elle est le besoin fondamentalpour tous dans un monde où tout est devenu marchandise.
    C’est dans le moment historique qui nous contient, où toute la critique redevient quantitative (on ne critique plus la nourriture falsifiée mais son absence), que les réactions deviennent plus visiblement en retard, comme s’il n’était pas trop tard et que la tâche de ceux qui veulent « changer de paradigme » est devenue quasi impossible pour les Européens qui sont en concurrence forcenée avec les autres peuples de la Terre.

    Je suis donc tenté de modifier le titre de votre article, par ailleurs fort lucide sur les perspectives qui se présentent aux peuples européens. Il faudrait lire : « le moment du refus, s’il est encore temps »
    Mais enfin, même quand la situation semble définitivement perdue, ne doit-on pas s’écrier avec William Shakespeare : « Mourir en combattant, c’est la mort détruisant la mort. Mourir en tremblant, c’est payer servilement à la mort le tribut de sa vie ».

  13. Bon, je répète puisqu’il est passé dans les limbes.

    Très bon programme.

    Mais comment mettre en place le pouvoir qui permettra de l’appliquer(déjà je ne vois pas la queue d’un mouvement qui le préconise) ?
    Surtout que la finance ne va pas se laisser plumer avec le sourire.

    1. Alouette …
      Merci pour l’avis. Pour le comment, je n’ai pas la réponse, évidemment, sinon on n’aurait pas les résultats que l’on a.
      Sincèrement, il me semble que l’on en a 3 :
      – le vote : encore faut-il que les partis politiques intègrent ce type de réponses. A gauche comme à droite, ce n’est pas le cas. Mais les partis politiques suivent le plus souvent les transformations sociales plutôt qu’elles ne les anticipent …
      – la rue : le troisième tour social. On a pu voir avec les manifestations contre la réforme des retraites ce qu’il en a été. Le pouvoir jouera toujours la ‘majorité silencieuse’, celle des urnes, contre celle de la rue. Du coup, il faudra que cela tourne très rapidement à la grève générale ou cela ne vaut pas le coup. En mode ‘bis’, cette solution tournera à la violence : solution possible mais non maitrisable.
      – les mouvements alternatifs : internet, manifestes, et sans doute … ‘voter avec son épargne’.
      Mix des 3 possibles, alternativement, etc.

      1.  » – la rue … cette solution tournera à la violence…  »
        et combien de temps accepterons-nous la violence de l’Etat ?
        Je ne veux pas faire la comptabilité macabre des morts dues à la police , en  » banlieue  » principalement et de préférence  » d’origine africaine  » ou  » maghrébine  » . Sans parler des milliers de jeunes emmerdés pendant des années par la justice pour avoir chapardé ou tagué ou  » agressè  » un flic .
        Fascisme de basse intensité , voir les travaux de M. Rigouste par exemple ,  » l’ennemi intérieur  » .
        Des réseaux de résistance se constituent , fort heureusement ; ces luttes paraissent parcellaires ( NO TAV (ligne TGV Lyon-Turin) , ZAD ( aéroport Nantes ) EPR et THT (Manche,Mayenne,Calvados ,Ile et Vilaine) , GAZ DE SCHISTES jusqu’au moment où ces luttes peuvent se réunir et remettre en cause plus globalement ce monde .
        Zebu , si réponse il y a ,merci de ne pas me faire le coup du pot de fer contre le pot de terre .
        PS : j’apprends que le Portugal vient de décider de ne pas construire la ligne TGV Lisbonne-Madrid ; Y aurait-il un lien avec la résistance des NO TAV en Italie ?

      2. @ taratata :
        Pas très longtemps, quoique, cela fait déjà trop longtemps.
        En comparaison néanmoins, la violence économique est néanmoins bien plus importante (la violence de l’Etat suit celle-ci).
        Néanmoins, je te fais remarquer que l’expression de la violence est souvent retournée contre ses acteurs. Les émeutes de 2005, par exemple, véritable tremplin pour Sarkozy.
        Si violence il y a, il faudra donc qu’elle soit généralisée et pas circonscrite à certaine ‘zones’ ou ‘types de population’. Des barricades partout, dès lors.
        Et encore, en Mai 68, les ‘barricades’ ont servi De Gaulle, quand lors de la vacance du pouvoir, la gauche n’a pas su ou voulu prendre ce pouvoir (à Villepinte, si ma mémoire est bonne).
        L’insurrection, on sait quand elle commence, on ne sait jamais quand et comment elle finit (bonapartisme).

  14. Les gens commencent à anticiper l’éclatement de la zone Euro, et certaines banques s’adaptent…

    «Les Portugais, redoutant que leurs économies ne fondent en raison de la crise et du risque que la menace du défaut de paiement grec ne s’étende au Portugal, retirent leur argent des institutions portugaises pour les déposer auprès de la banque allemande. D’après i, le volume de dépôts de la Deutsche Bank continue à augmenter à un rythme constant, grâce à l’avantage compétitif dont elle jouit notamment depuis que la Deutsche Bank Portugal a cessé, début août, d’être une filiale nationale de la banque allemande pour en devenir une simple branche. Ainsi, ses employés au Portugal peuvent assurer aux Portugais que leur épargne, placée en Allemagne, est à l’abris d’une éventuelle faillite des banques portugaises.»

    http://www.presseurop.eu/fr/content/news-brief-cover/968121-deutsche-bank-profite-de-la-crise

  15. @ Zébu
    Le mot « laboratoire » apparaît huit fois dans votre exposé. Un mot clé donc. Morvandiaux et Marlowe en parlent dans leur commentaire.
    Pouvez-vous préciser/développer?

  16. Bon billet, Monsieur du Zébu
    Mais je reste en désaccord avec votre quatrième robinet qui n’est pour moi qu’une manœuvre financière dilatoire, une fuite (Ah, ah !) en arrière pour éviter d’en arriver à l’essentiel : une réelle solidarité entre pays membres de l’Union.

    1. Merci. Mais il me semble que vous vous représentez cette quatrième solution pour ce qu’elle n’est pas (potentiellement). C’est un outil (à mon sens) puissant au contraire de solidarité puisqu’il permettrait justement de réguler les différentiels de balances commerciales, de réaffecter l’argent là où il manque, de disposer d’un outil y compris pour lutter contre les disparités fiscales.
      Mais je ne sais pas ce que vous entendez par ‘réelle solidarité entre pays membres de l’Union’, aussi …

  17. Bonjour,

    Ces propositions sont indéniablement positives pour le peuple, mais il ne faut pas négliger la dimension « droit des sociétés » qui permet tous ces tricheries.

    Tant qu’ils pourront faire leurs montages fous, il y aura toujours moyen de contourner toutes les règles par simple « transfert ».

    Il manque donc à ce programme une série de mesures dans ce domaine. Je ne suis pas un spécialiste mais il me semble qu’à tout le moins il faudrait :

    – Interdir à une personne morale de détenir les parts d’une autre personne morale. La richesse et la puissance d’une personne physique doit être clairement établie. Nous devons pouvoir identifier les « puissants ».

    Réduire les formes juridiques possibles pour interdire l’anonymat des actionnaires, les arnaques légales permettant de contourner la fiscalité (évitemment des droits de succession ou possibilités de verser des bénéfices à des personnes qui ne sont pas (plus) actionnaires).

    Il faudrait aussi interdire les fondations et obliger que toutes les fondations soient obligatoirement administrées par un fonctionnaire pendant leur liquidation.

    Ces mesures aussi mettraient à mal le recours à des paradis fiscaux et empêcheraient la constitution de société trop puissante.

    BAV
    L’Emmerdeur

  18. Interdir à une personne morale de détenir les parts d’une autre personne morale. La richesse et la puissance d’une personne physique doit être clairement établie. Nous devons pouvoir identifier les « puissants ».

    Réduire les formes juridiques possibles pour interdire l’anonymat des actionnaires, les arnaques légales permettant de contourner la fiscalité (évitemment des droits de succession ou possibilités de verser des bénéfices à des personnes qui ne sont pas (plus) actionnaires).

    D’après http://fr.wikipedia.org/wiki/Cadastre_de_France : Le cadastre est destiné à permettre la répartition équitable des impôts entre les contribuables (il ne constitue pas la preuve de la propriété même s’il peut s’avérer être une présomption de preuve de la propriété.) Les États généraux tenus sous Charles VIII avaient demandé l’établissement du cadastre dans tout le Royaume. Cette demande apparaît de nouveau dans de nombreux cahiers de doléance de 1789. Les bases juridiques du cadastre furent définies par les lois d’août et septembre 1791. Le cadastre a été institué en France par la loi du 15 septembre 1807 (cadastre napoléonien.)

    Noter aussi que: Sur la déclaration certains revenus sont préimprimés sur la base des renseignements connus de l’administration, notamment les salaires puisque ceux-ci lui sont communiqués par les employeurs
    … et que: en droit fiscal français, les sociétés de personnes n’ont pas de personnalité fiscale propre, distincte de celle des associés. Par conséquent, les bénéfices de la société sont imposés au nom de chaque associé, au prorata de sa participation dans la société. Toutefois cette règle n’est pas absolue : dans certains cas les associés d’une société peuvent opter à la place du régime dit de transparence pour un régime dit opaque et donc de faire imposer la société à l’impôt sur les sociétés (IS).

    1. En Belgique, il existe un impôt des sociétés et il n’est pas, à ma connaissance, reporté sur les propriétaires/actionnaires (Je suis actionnaire et gestionnaire de 2 PME).

      Mais mon approche ne vise pas que les sociétés nationales. Dans d’autres pays et plus particulièrement dans les pays Anglo-saxons, tout est fait pour faciliter l’évasion fiscale de nos pays via des sociétés off-shore. Il ne s’agit donc pas de cerner ce que nous connaissons déjà, mais d’empêcher l’utilisation de ces outils. Même une personne morale étrangère se verrait interdire d’être propriétaire d’une société dans « nos » pays…

      Ma proposition ne vise donc pas seulement les sociétés belges, françaises (ou autre pays ayant une forte influance du droit napoléonien).
      Toutes les sociétés souhaitant commercer ou avoir une quelconque relation dans ou avec « nos » pays seraient tenues de se conformer préalablement à nos lois. Ils devraient aussi donner mandat permettant à l’administration fiscale d’investiguer librement dans leur comptes toutes les sociétés ascendantes et descendantes de leurs structures. L’idée est de déplacer le principe de territorialité de l’entreprise de son lieu de « résidence » vers son lieu d’action (Oui, ça ferait pas mal de boulot… Mais quel nettoyage !)

      BAV

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