J.P. MORGAN : ET ON MANQUERAIT D’EXEMPLES POUR LA JEUNESSE !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Voilà donc que Mme Ina Drew était Investisseur en chef à la banque JPMorgan et que c’est elle qui avait la responsabilité de faire quelque chose d’utile avec les 356 milliards de dollars qui se trouvent sur les comptes courants des clients de la banque et qui n’ont pas été prêtés à l’un ou à l’autre. Et voilà donc qu’elle les a investis dans des choses aussi socialement utiles que des paris du genre Credit-default Swaps et autres instruments synthétiques tels que des indices sur la dette des entreprises, comme le CDX.North America.Investment Grade.9 au cœur du scandale.

Et voilà donc qu’elle en a perdu une somme qui ne fera sans doute pas moins de 2,3 milliards de dollars mais qui n’en fera pas beaucoup plus que 3 à tout casser – si tout se passe bien.

Je vous le demande : 3 sur 356, ça ne fait même pas 1% ! Et voilà pourtant que Mme Drew dont la rémunération ne dépassait même pas 1,3 million de dollars par mois, s’est pourtant vue contrainte à la démission il y a quelques heures. Allez comprendre !

Et voilà que M. Jamie Dimon, P-DG de JPMorgan se trouve lui-même sur la sellette pour être à la tête de la croisade contre la règle Volcker qui voudrait interdire que les banques commerciales jouent précisément l’argent de leurs déposants à la roulette. Et que JPMorgan est l’une de ces banques « Too Big to Fail » bien grasses dont le contribuable américain est toujours le garant de dernier ressort. L’agence Bloomberg rapporte que lors d’une réunion à la Fed, le 2 février, Mme Drew, à la tête d’une délégation de sa banque, recommanda que la règle Volcker ne s’applique pas aux départements comme le sien.

Comme si ce qui vient d’arriver prouvait quelque chose ! Ah ! L’injustice de ce bas-monde !

 

Apprendront-ils jamais ? Non !

Continuera-t-on à les considérer cependant comme les seuls capables de déterminer l’avenir du monde de la finance ? Oui ! Résolument oui !

Continuera-t-on à leur attribuer des bonus se chiffrant en millions en tant qu’experts dans leur domaine ou à les nommer premier ministre dans les pays en difficulté ? Oui, oui, trois fois oui !

Ah ! Nous ne sommes pas à court d’hommes et de femmes à montrer en exemple à la jeunesse ! (Demain, dans la même série : les responsables du groupe de presse Murdoch et les ministres britanniques qui couchent dans leur lit).

P.S. Un journaliste du Wall Street Journal a demandé au ministère de la justice américain combien de banquiers ont été condamnés en relation avec la crise des subprimes. Réponse : le ministère ne tient pas de relevés par niveau d’emploi. Vous trouverez cela ici.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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74 réflexions sur « J.P. MORGAN : ET ON MANQUERAIT D’EXEMPLES POUR LA JEUNESSE ! »

  1. « Continuera-t-on à les considérer cependant comme les seuls capables du déterminer l’avenir du monde de la finance ? Oui ! Résolument oui ! »

    Euh, oui oui, le Conseil d’Etat confirme, en France.
    Contre l’avis de l’ACP même.
    « Pour le Conseil d’Etat, le Crédit immobilier de France n’était pas sous-capitalisé »
    « Le 5 mars, alors que deux crises financières ont frappé l’Europe et que le secteur de la banque, fragilisé, reste un risque pour la zone euro, la juridiction administrative a donné raison au banquier. Elle a annulé la décision de l’ex-Commission bancaire enjoignant au CIF de détenir des fonds propres supérieurs au montant minimal prévu par la réglementation (soit, à l’époque, 7 %, loin des 12 % demandés). Il a condamné l’Etat, à travers l’ACP, à verser 1 500 euros au CIF. »

    « Par un choc malencontreux du calendrier, début mai, le CIF n’est pas parvenu à arrêter ses comptes en raison d’inquiétudes sur la pérennité de son modèle de financement, trop dépendant des marchés financiers en ces temps de crise de « liquidités ». Le 8 mai, les obligations qu’il émet sur les marchés ont vu leur cotation suspendue à la demande de l’Autorité des marchés financiers (AMF). »

    En France, on n’a pas de pétrole, mais on a le Conseil d’Etat.
    La plus haute instance administrative.
    Fermez le ban.

    1. Tss tss Zeb, te trompe pas. C’est pas le Conseil d’État qu’il faut mettre en cause mais bien le Législateur ou l’État lui-même qui n’avaient pas donné, au moins en mars 2010, les bases juridiques suffisantes pour que les juges du Cd’E non seulement ne puisse considérer comme recevable ce recours contre l’injonction de l’ACP, mais encore plus « argumenté » que la décision administrative et donc l’État condamnable.
      Comme en a conclu finement la journaliste du Monde : «Dont acte.» Pas «Fermez le ban».

      1. +1
        Effectivement, le Conseil d’Etat est bien obligé de faire selon … la loi.
        Dont acte !
        Ps : c’était Lagourde qu’était toujours dans la finance, pardon, de la finance.

      2. Vous êtes de bonne humeur en ce moment, m’sieur l’viticulteur, c’est ça? Au lieu comme naguère d’invectiver ceux qui ‘bourdent’, vous remettez votre intelligence et votre érudition au service de la discussion.

        Vous m’en voyez ravi… 😉

  2. Les élites. Une caste intouchable, loin des intouchables que nous sommes. Comment ne pas sourire de l’incapacité de notre société à juger objectivement les réalités qui semblent pourtant nous aveugler ? La peur, cela doit être la peur. Probablement celle d’un véritable changement, loin des marchands d’illusions qui nous endorment à grands coups et coûts de pseudo compétences. Dormez bien bonnes gens, ne tremblez pas, nous les élites sommes là pour sauver le monde et vous-mêmes par la même occasion. Le monde est trop compliqué pour que vous ayez le moindre début d’une envie de le comprendre et de le domestiquer. Pas d’autre choix que de nous faire confiance, nous qui savons.

    Les lézardes de notre monde finissant et décadent sont pourtant béantes. Nos espoirs s’y perdent et font résonner l’écho de nos peurs dans leur chute. Faut-il donc forcément mourir pour renaitre ? Probablement que oui finalement.

    1. @ Christina
      La grande peur des zélites c’est de ne plus être zélites et ils ont une trouille bleue que dans un autre monde ils ne soient plus zélites. Primo, pour la plupart ils ont passé des concours; difficiles certes mais prévisibles, formatés, qui n’ont choisi pour zélites que les meilleurs d’un système formaté. Hors du format point de zélite. Les zélites manquent donc, par définition pourrait-on dire, d’imagination. Et lorsqu’ils imaginent un autre monde que celui dans lequel ils sont zélites c’est forcément un monde pire puisqu’un monde meilleur n’est guère possible; ça au moins ils le savent. On va donc rester entre zélites et défendre farouchement sa peau de chagrin de pré carré. Jusqu’au moment où les zélites deviendront classe moyenne c’est à dire, à terme classe populaire. Plutôt mourir que d’en arriver là alors défendons, excluons, fustigeons, affamons mais demeurons dans le cénacle. On ne peut même pas espérer que ça leur passera!

    2. Bien vu Christina, En bonne  » boarder line qu’ils disent que je suis » ( et que j’assume puisque ça me rassure que ce soit eux qui le disent ) j’ai toujours pensé qu’intouchable signifiait… »Qu’ils ne pouvaient plus atteindre »…Imaginez-vous « ces z’élites  » pouvoir dormir seulement 8 jours dans la rue en guenilles??? C’est qui le plus fort ?…;-)))

    3. Comme l’impression que le monde est devenu trop compliqué pour les z’élites aussi : ils ne maîtrisent plus rien…

  3. Bonjour,
    Vous disiez dans un article précédent :
    « [Ina] Drew, âgée de 55 ans, est l’une des deux femmes au comité d’exploitation de JPMorgan, la banque américaine la plus grosse et la plus rentable. Son département gère environ 360 milliards de dollars, la différence entre l’argent déposé sur des comptes courants et les sommes que prête la banque.  »
    Donc je croyais que c’était l’argent que JP Morgan empruntait à d’autres banques que cette dame avait investi, de l’argent ne venant pas des comptes courants des clients.
    Et maintenant vous nous dites cela :
    « avait la responsabilité de faire quelque chose d’utile avec les 356 milliards de dollars qui se trouvent sur les comptes courants des clients de la banque et qui n’ont pas été prêtés à l’un ou à l’autre »
    J’ai l’impression que vous dites parfaitement l’inverse du message précédent. J’entends bien que la subtilité peut se trouver dans le « qui n’ont pas été prêtés à l’un ou à l’autre ». Mais je n’arrive pas à comprendre cela.
    Ma question est simple : d’où viennent ces 356 milliards ? C’est une partie de l’argent déposé sur les comptes courants par les clients ou c’est de l’argent issu de l’emprunt à d’autres banques, ou c’est du cash de bénéfices précédents ?

    1. « [Ina] Drew, âgée de 55 ans, est l’une des deux femmes au comité d’exploitation de JPMorgan, la banque américaine la plus grosse et la plus rentable. Son département gère environ 360 milliards de dollars, la différence entre l’argent déposé sur des comptes courants et les sommes que prête la banque. »

      Donc je croyais que c’était l’argent que JP Morgan empruntait à d’autres banques que cette dame avait investi, de l’argent ne venant pas des comptes courants des clients.

      X = Argent sur les compte courants
      Y = Argent sur les compte courants qui est prêté
      Z = Fonds gérés par le département de Mme Drew

      Z = X – Y

      Vous pouvez expliquer votre raisonnement ?

      1. En effet, Z= X-Y, ainsi c’est beaucoup plus clair pour moi (les maths, quel formidable moyen pour comprendre le monde !)
        Mon erreur venait de la phrase que vous aviez traduit dans l’article précédent :
        « Son département gère environ 360 milliards de dollars, la différence entre l’argent déposé sur des comptes courants et les sommes que prête la banque.  »
        Hors quand on fait une « différence », c’est une soustraction entre deux objets distincts, donc Z ne pouvait pas comprendre une partie de X.
        Car pour moi, Y n’existait pas, c’était une partie de X, je comprenais donc :
        X = Argent sur les compte courants (qui pour moi représentait tout l’argent déposé sur les comptes courant, celui déposé et gardé au chaud autant que celui prêté)
        Z = Fonds gérés par le département de Mme Drew
        Je ne comprenais pas d’où pouvait venir Z.
        Maintenant, c’est beaucoup plus clair (pas comme la phrase que vous avez traduite 🙂 )
        Merci

      2. Un seul département gère 360 milliards de $…? … c’est pas dingue çà… ?
        Mais combien peut bien faire la totalité…?
        J’comprends pas qu’on dise « too big to fail »… c’est justement parce qu’elles sont « too big » qu’elles faillissent… C’est comme les dinosaures…

        Mais pourquoi en plus elles empruntent…?… j’comprends pas….

      1. @ Moi : tout le monde est expert en finance, surtout sur ce blog, mais personne n’y comprend rien… 😉

      2. Non, à mon avis Strangers avait plutôt entendu que ces 360 milliards correspondaient à la différence entre le montant total des dépôts prêtés par JPM et le montant total des prêts de JPM (montant évidemment très supérieur à celui des seuls dépôts prêtés) et donc considérait ces 360 milliards comme des dettes de JPM autres que les dépôts des clients. Y’avait une petite ambiguïté dans la première formulation, mais bon, une fois ok, deux fois…

      3. @ Vigneron,
        C’est tout à fait ce que j’avais compris, et comme je ne suis pas expert, je ne savais pas lequel des deux formulations je devais suivre. Maintenant c’est clarifié, les 356 milliards viennent des dépôts.

    2. @ Al

      Vous ne comprenez donc pas ?
      D’où proviennent ces milliards ?
      Tous, sans exception, sont drogués à la dette par le système de crédit entre eux.
      Une gigantesque pyramide.

      C’est pourtant simple : les dépôts (les vôtres ou les miens) leur permettent d’emprunter 10 fois le montant du dépôt (parfois plus). Entre le moment où ils remboursent et le moment où ils empruntent, ils font ce qu’ils veulent (ou presque). Si chacun fait ça – et c’est le cas – ce sont des milliards de reconnaissances de dettes adossées à des masses d’argent réel qui sont empruntés. Et qui circulent par jeux d’écriture.

      Un exemple simple : mon argent, mettons 100 €, me rapporte disons 2% l’an. Donc, au bout d’un an, j’ai 100+2, soit 102 €. OK jusque là ?

      En revanche, si j’emprunte 900 € grâce à mes 100 € initiaux (ma garantie) et que j’ai emprunté à 1,5 % l’an (parce que je suis quelqu’un de fiable, etc.), je place une somme 10 fois équivalente à ma somme d’argent initial.

      A l’arrivée, toujours avec mes placements qui me rapportent 2% l’an, j’ai :

      100 € initiaux + 1000 x 2% (ce que ça me rapporte) – 900 X 1,5% (ce que je dois à celui à qui j’ai emprunté) = 100 + 20 – 13,5 = 112,5 €. Ce qui est nettement plus que 102 € pépère.

      Même si mon placement perd un peu (il descend à 1,8% ou 1,7%, etc.) ou que j’emprunte un peu plus cher (que voulez-vous, c’est la loi de l’offre et la demande), j’ai un fort risque de gagner quand-même qq chose de substantiel.

      Exemple : j’emprunte à 1,7 % et mon placement me rapporte 1,8 %
      Résultat : 100 + 1,8% x 1000 – 1,7% x 900 = 100 + 18 – 15,3 = 102,7 € . C’est toujours plus que 102 €, non ?

      Sauf, évidemment,
      – si mon placement ne me rapporte plus rien ou presque
      – ou que mon prêteur me demande nettement plus d’argent parce qu’il commence à se méfier de moi et qu’il me demande des garanties supplémentaires (déposer davantage d’argent chez lui) ou qu’il me demande d’augmenter mon taux d’emprunt initial parce que le risque qu’il prend avec moi (de ne pas rembourser) augmente selon lui.

      Et là, je peux perdre très gros car je peux perdre mon argent ainsi que celui que j’ai emprunté (celui chez qui j’ai placé les 1000 € faut une grosse perte).

      1. … ça veut dire que les banques qui prêtent à la Grèce à 7 ou 8%… prêtent de l’argent qu’elles ont emprunté ailleurs à 2 ou 3 %…. (de l’argent qui n’est pas à elles…)
        … ça veut dire aussi que si les banques qui prêtent (à 2 ou 3%) aux banques qui achètent des obligations grecques d’Etat (à 8%)… si elles prêtaient cet argent (à 2 ou 3%) directement à la Grèce, la Grèce aurait 3 fois plus de chance de rembourser et donc de s’en sortir…

        En fait, c’est le risque que la Grèce ne rembourse pas, qui fait passer le taux à 8%… et c’est parce que le taux est à 8% que le risque de non remboursement est plus grand… c’est sans fin cette histoire…

        Mais pourquoi avant la perte du triple AAA français, la France empruntait déjà plus cher que l’Allemagne…? S’il est risqué de prêter à la France, qu’est ce que ça doit être avec les autres pays du monde…? (soumis aux inondations, aux famines, aux révoltes, aux guerres….)… et pour les banques, j’en parle même pas…
        Pourquoi cette confiance pour les « too big to fail » alors qu’on a vu qu’au moindre choc, elles s’écroulaient comme des chateaux de cartes…? Parce qu’elles ont les états en dernier ressort pour les sauver…? Mais puisqu’ils n’ont pas confiance dans les états, ça n’a aucun sens…

        Est-ce qu’on ne pourrait pas imaginé qu’un taux mondial soit fixé tous les ans (ou tous les six mois) identique pour tout le monde (pour ceux qui prêtent et ceux qui empruntent) et calculée sur un indice de croissance mondial….?
        … ça serait peut-être une solution pour éradiquer le pillage et la concentration des richesses… non?
        Le type qui a de l’argent en trop, il peut le prêter ou le dépenser, mais s’il le prête, ça ne sera jamais au-delà d’un certain taux… jamais au-dessus de 3,5% par exemple…

        Non…? J’ai encore dis une ânerie…?

      2. @ Al

        Est-ce qu’on ne pourrait pas imaginé qu’un taux mondial soit fixé tous les ans (ou tous les six mois) identique pour tout le monde (pour ceux qui prêtent et ceux qui empruntent) et calculée sur un indice de croissance mondial….?

        Difficile à imaginer puisque c’est le même principe qu’un achat-vente de marchandise quelconque. il faut bien faire une marge !!! Que celle-ci soit raisonnable, pourquoi pas. Que tout le monde puisse acheter au même prix, c’est à mon avis infaisable.

        Mais à mon avis le pb ne vient pas de là. Il provient du fait que vous et moi puissions acheter à un certain prix parce que nous avons une somme définie. Alors que les banques, elles, peuvent acheter 1000 fois ce dont elles ont besoin, uniquement en empruntant et pour avoir des prix bas. C’est l’effet de levier qui n’est pas le même

      3. « Difficile à imaginer puisque c’est le même principe qu’un achat-vente de marchandise quelconque. »

        Suffirait pas de décider que ça n’est plus « une marchandise quelconque » justement…?

        « il faut bien faire une marge !!! »

        Mais je n’ai pas dis à 0%… 3,5 c’est une marge…

        « Que celle-ci soit raisonnable, pourquoi pas. Que tout le monde puisse acheter au même prix, c’est à mon avis infaisable. »

        Admettons, mais pourquoi est-ce infaisable…? (un même livre en France est depuis quelques années vendu au même prix! un prix qui est même inscrit sur la couverture… ce qui n’était pas le cas avant! Le tabac, idem)

        « Mais à mon avis le pb ne vient pas de là. Il provient du fait que vous et moi puissions acheter à un certain prix parce que nous avons une somme définie. Alors que les banques, elles, peuvent acheter 1000 fois ce dont elles ont besoin, uniquement en empruntant et pour avoir des prix bas. C’est l’effet de levier qui n’est pas le même »

        C’était justement pour éviter cela que je parlais de taux identiques… A quoi bon emprunter de l’argent à 3,5% par exemple… si c’est pour le re-prêter au même taux…?
        Cette pratique disparaitrait automatiquement

  4. Un journaliste du Wall Street Journal a demandé au ministère de la justice américain combien de banquiers ont été condamnés en relation avec la crise des subprimes. Réponse : le ministère ne tient pas de relevés par niveau d’emploi.

    Ils y viendront un jour…Quand ils seront à court de lampistes.

  5. Mme Drew dont le salaire ne dépassait même pas 1,3 million de dollars par mois, s’est pourtant vue contrainte à la démission

    Je vous parie un franc contre un euro que la somme est légèrement sous-évaluée…

    La danse continue parce que la main qui donne est au-dessus de celle qui reçoit. Nos rois nègres occidentaux ne comprennent rien à ce qui se passe puisque leur pourboires dépendent justement du fait qu’ils ne doivent rien comprendre. Aller contrarier des donateurs si avisés, si puissants et si sélectifs relève de l’inconscience ou du courage politique. On peut toujours rêver…

    La nature réelle des choses, viendra bientôt mettre toutes les pendules à l’heure, d’autant plus brutalement qu’elle aura été plus énergiquement contrariée. Comme le flot d’un barrage dont le mur vient de céder.

    .

    1. « Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire”

  6. pour cette raison il faut encore et encore des gens comme Julien pour vulgariser cette matière financière, il a mouillé sa chemise aujourd’hui sur le précédent billet pour mettre en lumière la vérité. Continuez pour la jeunesse, et les indignés finiront par se révolter pour pendre haut et court les ordures du système moribond se gavant dans des proportions outrancières. Ce blog ne doit pas être réservé à une élite, il est l’agora, et si le grand nombre comprend l’infamie, la réaction suivra, violente à son début face aux abus. C’est dans votre rôle de précepteur que vous êtes le meilleur. En avant !

  7. « Pourquoi l’affaire JP Morgan coûtera bien plus que 2 milliards.
    La banque américaine peut absorber sans problème la perte de 2 milliards de dollars générée par ses activités de trading à Londres. Mais on voit mal comment le patron de JP Morgan peut encore s’opposer à la régulation souhaitée par les Etats-Unis. »

    http://www.challenges.fr/finance-et-marche/20120514.CHA6383/les-risques-pris-par-jp-morgan-et-son-trader-francais-la-baleine-couteront-plus-que-2-milliards.html

  8. Si tout se passe bien, Madame Drew devrait finir par être à la Grèce ce que Monsieur Monti est à l’Italie.

  9. Le probleme aux US comme en UK (et par experience personnelle je dirais davantage en UK qu’aux US, mais je me trompe peut-etre) c’est que les populations y ont subi une lobotomie politique sans aucune comparaison avec leurs voisins à la meme epoque, lavage de cerveau infligé par Reagan, Thatcher, Friedman, Major… et Blair
    L’argent gratuit que represente l’acces au credit facile y a été le vecteur de la destruction de l’Etat social (concept d’Etat qui en UK posait déja un probleme existentiel), et les mouvements comme le Trade Union and Socialist Coalition (TUSC) sont incapables, et le resteront longtemps, de mettre en branle un mouvement populaire tel que le Front de Gauche en France.

    Vous rapelez-vous de cette video?

  10. … (Demain, dans la même série : les responsables du groupe de presse Murdoch et les ministres britanniques qui couchent dans leur lit)
    P.S. Un journaliste du Wall Street Journal a demandé au ministère de la justice américain combien de banquiers ont été condamnés en relation avec la crise des subprimes….

    Étonnant rapprochement du PS avec ce qui le précède…
    Le WSJ c’est bien Murdoch, non ? On veut rattraper l’coup Jorion ? On est un agent-double des néocons ? 🙂
    Sans rire, ils s’en prennent à qui au WSJ, à WS ou à Obama ?

  11. En réalité votre message est une sorte d’arnaque.

    Pour la simple raison que vous resterez totalement impuissant.

    Vous êtes partie du sytème. Sous couvert de le critiquer vous jouez son jeu..

    Vous ne pouvez être quasiment sur la même ligne qu’Attali et être part de la solution.

      1. Je pense que le monsieur s’interroge : et si on arrêtait le blog ce soir et qu’on rassemblait l’ensemble des commentaires pertinents, les analyses et explications des causes de la crise, chaque billet portant aux nues une idée d’avenir, chaque proposition de solution déjà identifiée, où en serait-on dans l’inventaire de demain? Que reste-t-il à expliquer? Où bien alors s’agit-il d’une didactique de répétition, un travail de longue halène, et aussi une chronique des aléas qui mèneront au dénouement anticipé depuis maintenant 5 ans? Ou alors une simple ontologie webienne, pour qu’il y a ait quelque-chose qui fait sens plutot que de la pure perte de neurone… To be or not to be Mr Jorion?

      2. Paul, je proteste, au nom de tous les amateurs de soupe !
        Je comprends que vous soyez excédé par des commentaires débiles tel celui qu’a signé le sieur Johnjohn, mais je vous en prie, ne répondez pas ainsi en dévalorisant de surcroît une estimable catégorie de gourmets.
        Avec toute ma gratitude pour votre action !

      3. Pierre, j’ai hésité entre « gros plein d’soupe » et « boit-sans-soif », qui m’aurait valu les amers reproches des amateurs de vin : entre deux maux, il faut choisir le moindre.

      4. Ouaip, c’est bien vrai ça…

        Passque moi, depuis qu’j’bois plus, ma femme me saoule.

    1. Arnaque toi-même, eh, gros plein d’soupe !

      Me rappelle quelqu’un, mais qui ?
      Ours mal léché, limite…
      Qui ?
      On sent le ‘type’ [comme en C/C++, language typé.] justement excédé…
      Qui?
      La réponse juste,un revers du droit, un smatch adapté au niveau d’en face…
      Qui ?
      Et brève la réponse, un peu hors sujet mais tellement…
      Qui ?
      La réponse légèrement hors des clous grammaticaux et une voyelle envolée,
      important l’absence, absolument pensée, la voyelle, pas un solécisme mondain,
      certainement pas, ,des signes qui trompent pas…
      [ une prof. nous disait : la langage de l’amour emploie beaucoup de voyelles
      alors que la colère maitrisée surabonde de consonnes…]
      Mais qui ?

      J’y suis: [par avance excuses sollicitées]
      « L’ agressivité de Mélenchon face à certains journalistes
      est totalement justifiée. On pourrait lui reprocher
      de s’abaisser au piètre niveau de ses interlocuteurs
      c’est un défaut que je lui reproche. Le bonhomme
      en a.
      Paul , soumis lui aussi à des agressions de brutes épaisses,
      a su s’en tirer, à chaque fois, infiniment mieux,
      jusqu’à retourner la situation. C’est de l’art, du grand art.
      On va pas reprocher à Mélenchon de ne pas être
      du calibre de Paul…. »

      Mélenchon.
      Je suppose que ça fait du bien.
      Grands Dieux, que ça fait bien !

      [et je ne fais une fixette sur personne… trop vieux]

      1. Surtout de Vigneron qui je crois,produit et vend du vin
        Plus haut , on a parlé des élites et il y a quelques temps j ‘ai trouvé cette phrase de Jean Baudrillard qui me convient bien par les temps qui courent
        Le monde est incompréhensible . Le rôle des intellectuels est de le rendre encore plus incompréhensible

    2. Bonjour Johnjohn.

      je crois que vous êtes un peu dur avec Monsieur Jorion. Certes il est possible de penser que le système bancaire construit hors d’une référence physique n’est qu’une construction éthérée reposant uniquement sur une contruction intellectuelle d’un groupe de penseurs dominants à une époque donnée.

      Certes l’argent non matériel n’est qu’une vue de l’esprit, une illusion mais il est aussi possible de penser que la lutte intellectuelle reposant sur une certaine vision des rapports humains et de la nature humaine en elle même peut faire évoluer la façon de concevoir l’argent en tant que tel et modifier la structure du système bancaire.

      Pour ma part, je crois que la monnaie n’a jamais vraiment été déconnectée des métaux précieux. Pour preuve il suffit de se demander pourquoi les banques centrales possèdent et achétent des masses d’or. Je pense que l’irrationnalité de l’être humain provient en partie de son humanité.

      Bien à vous.

  12. Vu les nouvelles de la Grèce? Il y a un truc qui pue très fort en préparation là, non? Proposer un gouvernement de personnalités…sans assise politique…qui ne tiendra que par la forces des baïonnettes…malheur à ceux qui se mettront en travers (Syriza etc). Déjà le piège qui se referme (avec l’assentiment de qui?) : le Pasok qui s’empresse de dire oui… Je crains qu’on bascule dans tout autre chose (quoique) du genre : premier acte d’une guerre civile à l’échelle de l’Europe… Vous concevez de rester les bras croisé devant ce genre de coup tordu? Pour ne rien dire de l’inscription dans le paysage d’un parti néo-nazi, presque déjà dans le décor, comme oublié dans le flot de la débacle actuelle. Je suis très très pessimiste.

    1.  » malheur à ceux qui se mettront en travers « ‘
      Très juste.
      La machine « ordre et libéralisme » continue sa lourde pédagogie:

      « Grèce: pourquoi la gauche radicale est-elle si intransigeante? »
      ( http://actu.orange.fr/monde/grece-pourquoi-la-gauche-radicale-est-elle-si-intransigeante-l-express_601486.html )

      Ben oui, pourquoi elle veut pas rentrer dans les clous de la troïka ?

      Les journalistes font un métier difficile, on n’a pas idée
      Ils auraient pu titrer un sec et informatif
      « la gauche radicale refuse de participer au gouvernement » ou
      « la gauche radicale refuse de participer à la trahison de ce pourquoi
      elle s’est fait élire » ou
      « la gauche radicale ne va pas à la soupe » ou
      «  »la gauche radicale décide de respecter ses électeurs et ses convictions ».
      Mais non, ils font dans la « p-é-d-a-g-o-g-i-e.
      Subtile, avec un point d’interrogation. De toute façon, y’a pas de réponse,
      rien que des suppositions…

    2. Oublié, le parti néo-nazi ? Il faisait les unes le soir des élections, comme si on avait surtout voulu oublier la victoire de la gauche radicale et parler d’autre chose. Loin d’être oublié, c’était au contraire le point consensuel, le discours-type conforme aux idées établies auquel les journalistes se raccrochaient : oh ! mon dieu, le retour des années 30, la Bête immonde, le ventre encore fécond, etc… Tout cela alors que cette extrême-droite grecque fait bien moins que dans d’autre pays (suivez mon regard) : c’en est presque miraculeux, vu la situation de la Grèce. Toute mon admiration aux Grecs, sincèrement : en France ou en Flandre, l’extrême-droite serait déjà au pouvoir.

      Le gouvernement de personnalités, ça « pue » surtout le désordre et le chaos. Ils ne savent plus quoi inventer, la Grèce seule étant incapable de « changer de cadre », le cadre étant européen et mondial.

      1. http://www.pianostreet.com/blog/video-picks/john-cage-suite-for-toy-piano-4723/

        C’est un piano jouet.. !

        Cage: “As soon as I began to study oriental philosophy, I introduced it into my music. People then were always pretending that a composer had to have something to say. So what I was saying was nothing more than what I had understood about, first of all, the philosophy of India”
        (Interview with Daniel Charles in “For The Birds”).

        The toy piano is a very limited instrument; it has not much more than an octave of diatonic notes.

        Glenn serait plié en 8 là dessus.

        Mais Cage reste assez classique & tonal dans ce piano, ce n’est pas du dodécaphonisme… c’est Debussyste… « Paysages »

  13. 1- les banques, des structures d’intermédiations:
    Parmi les différents agents économiques (Etats et administrations, entreprises, ménages), certains dégagent de l’épargne, d’autres ont besoin d’emprunter pour faire face à leurs besoins. Les banques qui servent traditionnellement d’intermédiaire, sont donc des entreprises dont le métier consiste à recycler les capitaux : il s’agit pour elle de collecter des ressources auprès d’agents économiques qui disposent d’excédents, pour les replacer auprès d’autres agents économiques qui sont eux en demande de capitaux. La fonction des banques est donc de transformer l’épargne en financements.
    Il faut noter que les banques ne sont pas seules à assurer cette transformation de l’épargne en crédits. Les marchés financiers répondent à la même finalité : les agents qui détiennent de l’épargne peuvent l’investir en prêtant ces fonds à d’autres acteurs, qui en ont besoin.
    Une banque, comme toute entreprise, possède un capital apporté par les propriétaires, qui est nommé fonds propres. la banque peut se servir de ses fonds propres pour émettre des crédits ou faire des placements dans la limite du stock disponible. Ces fonds propres étant limités, l’action des banques consiste avant tout à récolter du capital.

    2- Origine des ressources:
    Comme toutes les entreprises qui ont besoin d‘argent, les banques empruntent.
    Une part des ressources provient des épargnants et des déposants qui leur confient directement leurs capitaux, pour une durée plus ou moins longue. Il s’agit de tous les produits d’épargne proposés par les banques (livrets, comptes à terme, etc) et des dépôts à vue.
    Ensuite, elles empruntent sur les marchés financiers, d’une part en émettant des titres obligataires dans lesquels investissent des agents économiques, et d’autre part directement auprès d’autres banques commerciales. Ces opérations de crédit entre banques sont effectuées sur un marché spécial, réservé aux établissements financiers : le marché interbancaire.
    Enfin, comme nous le verrons, les banques peuvent également s’adresser à la banque centrale.

    3-Utilisations des ressources:
    Les ressources des banques sont donc de deux types, les fonds propres (argent de la banque) et les fonds empruntés (argent collecté). Elles réinvestissent l’ensemble de ces fonds, essentiellement sous deux formes : des crédits octroyés à leurs clients et des placements sur les marchés financiers.
    Comme une banque peut posséder un excédent de trésorerie, c’est-à-dire posséder plus de fond que nécessaire, souvent pour une courte durée, elle peut prêter ce surplus momentané à ses collègues sur le marché interbancaire. L’Intérêt pour une banque commerciale de prêter sur le marché interbancaire, c’est que en temps normale ces crédits à très court termes sont sans risques (ce qui explique que l’opération la plus courante est le prêt interbancaire « en blanc » (non gagée, sans collatéral fourni).
    Enfin, il arrive qu’une banque souhaite confier le surplus à la banque centrale, qui les rémunèrent au « taux de rémunération des dépôts ». L’opération est généralement moins rentable que le prêt sur le marché interbancaire mais totalement sécurisée.
    Les banques qui sont des entreprises à but parfaitement lucratif dégagent des profits en réalisant cette transformation des capitaux (et aussi en facturant leurs services à la clientèle). Globalement, le principe consiste à se procurer des ressources qui coûtent le moins cher possible et à les transformer en actifs (prêts et placements) qui rapportent le plus possible.

    4- Les limites imposées aux banques:
    La première limite concerne la proportion d’argent récolté qui peut être prêtée: la question des réserves obligatoires.
    On l’a vue, les banques collectent des fonds épargnés et les utilisent ensuite. En réalité, elles ne prêtent pas TOUT l’argent récolté. Nous avons vu précédemment qu’il existe plusieurs formes de produits d’épargne, distinguables par la durée des dépôts. Certains peuvent être contractuellement retirer n’importe quand par le déposant. En euro-zone, les « autorités de surveillances » imposent une règle concernant tous les produits monétaires dont les échéances sont inférieur à 2 ans. Cette règle impose aux banques de conserver un pourcentage de ces fonds disponible, c’est-à-dire de ne pas s’en servir pour leurs opérations. Et pour être sur que la règle soit respectée, le montant correspondant est placée sur un compte à la banque centrale. Il s’agit de ce que l’on nomme les réserves obligatoires. Actuellement (depuis janvier 2012) les
    réserves obligatoires sont de 1% des fonds concernés. Cette règle a pour fonction principale de vérifier que les banques sont en mesures de gérer ce que l’on appelle des « fuites ». Pour les banques, la « fuite » principale correspond aux retraits en argent liquide (billets émis par le système de banques centrales). Elle joue aussi un rôle (mineur au regard du pourcentage) dans la politique monétaire en limitant l’utilisation des fonds collectés.
    Donc: une banque peut utiliser 99% des fonds collectés ayant une échéance de moins de 2 ans et 100% des fonds collectés ayant une échéance de plus de 2 ans.

    La deuxième limite concerne le volume d’argent que les banques peuvent récolter et prêter: la question de la solvabilité bancaire.
    Les banques fonctionnent donc en empruntant et re-prêtant ensuite, mais elles ne peuvent pas renouveler l’opération sans limites. Le principe est le suivant: Le total des engagements d’une banque (l’Actif de la banque) peut subir des pertes (non remboursement de crédits distribués ou autres pertes de valeur de ses actifs). Mais il ne s’agit pas que la banque répercute ces pertes sur l’épargne qui lui est confiée et qu’elle s’est engagée à rendre. Si pertes il y a, elles doivent être couvertes par l’argent DE la banque, donc par ses fonds propres (l’épargne accumulée par l’entreprise bancaire et des apports de fonds réalisés par ses actionnaires), la banque peut alors « piocher » dans son épargne pour couvrir ces pertes. Evidemment, les fonds propres d’une banque doivent être proportionnels aux risques qu’elle encoure sur son portefeuille de prêts et sur ses placements financiers.
    Les pouvoirs publics, dans leur souci de protéger l’économie d’une défaillance bancaire, imposent aux établissements de respecter un ratio de solvabilité minimum, actuellement 9% . En pratique, la banque fait l’inventaire de ses risques financiers (pertes, dépréciations…) ainsi que ses risques opérationnels (les risques liés à son activité, défaillance du système informatique, malversations…). Chacun de ces risques fait l’objet d’une pondération (en fonction de la probabilité de défaut) et on fait la somme de tous ces risques pondérés pour les comparer au fonds propres.

    Cette règle constitue l’essentiel de la limite de l’expansion du bilan d’une banque; la quantité de ressources qu’elle peut récolter (puis utiliser) est limitée par quantité de ses fonds propres. En pratique cela dit, les banques parviennent à gonfler leur actif relativement démesurément au regard de leurs fonds propres réel.
    Dans le cas de la Société Générale par ex, les fonds propres réellement sérieux sont de moins de 4% du total de l’actif. On peut parler également d’effet de levier (leverage), pour la SoGen il est de prés de 30, ce qui veut dire la même chose autrement: la SoGen emprunte et re-prête 30 fois ses fonds propres.

    5- la complexité du fonctionnement bancaire, le rapport au temps:
    Les banques empruntent d’un coté (le passif) et utilisent l’argent récolté (l’actif), mais les échéances ne sont pas les mêmes des deux cotés: l’argent récolté l’est globalement à plus court terme  que celui qu’elles prêtent. Ce qui implique qu’une banque doit « refinancer » les crédits émis régulièrement.

    Une petite image s’impose:
    Imaginons que l’on me laisse un billet de 10E pour la journée, durant cette journée je le prête à quelqu’un pour une semaine. Cela m’impose, la fin de journée arrivant, de trouver 10E auprès d’une tierce personne pour les rembourser à celui qui me les a laissé le matin même… et ainsi de suite pour toute la semaine, jusqu’à ce que celui auquel je l’ai prêté pour une semaine me rembourse. Si à un moment donné je ne trouve personne pour « refinancer » ma dette de 10E, les problèmes commencent… Car je me retrouve dans l’incapacité de rendre son argent à la dernière personne qui m’a confié 10 E si celle-ci me le demande.
    De là, deux cas de figures:
    – soit au terme du crédit long (celui d’une semaine ici) je suis remboursé, je peux donc rendre in fine les 10E que je devais à la dernière personne qui m’a refinancé. Le problème n’était alors qu’un problème de liquidité.
    – soit au terme du crédit long, je ne suis pas remboursé, je ne reverrais alors jamais l’argent et ne pourrait pas rembourser la dernière personne. Le problème est alors un problème de solvabilité.

    En temps normal, les banques commerciales s’arrangent entre elles pour se refinancer. Concrètement, quand une banque accède à de nouvelles ressources elle doit s’assurer de l’équilibre de son bilan et donc en priorité refinancer ses actifs qui le nécessitent, elle utilise ensuite le reste pour son activité, et enfin, si surplus il y a, le placer sur le marché interbancaire où auprès de la banque centrale.
    Il peut cependant arriver qu’une banque soit dans l’incapacité d’équilibrer son bilan, c’est-à-dire qu’elle puisse ne pas parvenir à refinancer ses dettes précédemment émises. Cette situation met la banque en danger, il peut s‘agir -comme on l’a vue- d’une crise de liquidité ou de solvabilité.
    Au 19ème siècle les banques centrales ont été créées entre autres raisons pour pallier au premier de ces risques, celui de liquidité: elles sont des préteurs de derniers ressort, quand personne ne peut -ou ne veut- prêter à une banque l‘argent nécessaire à ses opérations de refinancement, les Banques Centrales le font.  Pour prêter un montant de refinancement à une banque commerciale qui le demande, la BCE lui impose de laisser en pension, en collatéral, un montant similaire (en réalité un peu supérieur) en titre (actifs).
    Les banques centrales permettent donc un refinancement des dettes émises par les banques commerciales et le taux de refinancement, taux directeur des Banques Centrales, indique à quel taux.
    Théoriquement un taux directeur élevé poussent les banques à restreindre leurs crédits car le refinancement de ceux prècedement émis peut être plus difficile. Les masses d’épargne « fraîches » sont alors utilisées pour ces opérations de refinancement et non pour émettre de nouveaux crédits. Toutes les banques connaissant la problématique, une hausse du taux de refinancement pousse à une augmentation des taux interbancaires (type Euribor…). Au contraire, une baisse du taux de refi pousse les banques à proposer plus facilement du crédit sur le marché interbancaire, car elles savent que si elles en ont elles-mêmes besoin, elles pourront le faire à un coût raisonnable auprès de la banque centrale.

    6- Système bancaire, création monétaire et circulation monétaire:

    Comme nous venons de le voir, les crédits quand ils sont émis par les banques commerciales reposent toujours sur de l’épargne disponible, il n’y a pas de création de valeur par la banque, il s’agit d‘intermédiation. Par contre les mécanismes du refinancement bancaire amène à deux formes de « créations » monétaires:
    Lorsque la banque centrale refinance une banque commerciale, la somme sert à équilibrer son bilan, cet argent ne circulera pas dans l’économie. Cet apport rend par contre disponible de l’épargne « fraîche », qui servirait sans l’action de la banque centrale au refinancement, ce qui risquerait de causer un crédit crunch. La banque centrale ne crée pas forcement la somme ainsi prêtée,  elle peut jouer un rôle de marché interbancaire et prêter des sommes préexistantes, qui sont en sa possession. Mais elle peut aussi créer les sommes prêtées, alors toute la question est de savoir si la crise rencontrée par la banque commerciale est une crise de liquidité ou une crise de solvabilité. Si c’est une crise de liquidité la situation peut assez aisément revenir à la normale, bien qu’il faille noter que la masse monétaire globale augmente durant l’opération, ce qui peut entraîner des distorsions monétaires. Si par contre il s’agit d’une crise de solvabilité, les problèmes sont plus importants car les sommes « avancées » par la banque centrale ne seront pas remboursées in fine ce qui peut conduire à un phénomène inflationiste proportionnel aux montants concernés.
    Finalement le seul « argent virtuel » du système c’est celui apparaissant sur les comptes des déposants, dont la réalité absolue dépend de certains remboursement. Mais là non plus il n’est pas réellement créé, la preuve étant que si tout le monde souhaite retirer son argent en même temps, la banque se trouvera en incapacité de le faire.

      1. @ Julien Alexandre

        Peut-être qu’il faudrait mettre des textes de ce genre dans une rubrique « Les Bases » [un peu comme ici par ex http://frappermonnaie.wordpress.com/les-bases/%5D, histoire que l’humble peuple des profanes puisse se mettre au courant et acquérir le minimum de savoir pour comprendre les tenants et aboutissants de la Grande Perdition sans avoir à se taper les milliers de pages de textes et discussions que compte maintenant ce blog. Quelqu’un qui débarque ici aujourd’hui risque avant tout de se noyer.

        Du reste, les discussions et vos mises au point dans L’ARGENT QUE PRÊTENT LES BANQUES (ET JPMORGAN EN PARTICULIER) mériteraient un exposé synthétique prévenant les diverses objections rencontrées; exposé auquel on pourrait renvoyer chaque nouvel arrivant.

        Car c’est comme ça partout sur le Net et dans la vie réelle : vu que les individus ne font pas partie d’un collectif pensant et sont 7 milliard, inlassablement, il faut recommencer le travail pédagogique, et encore et encore, et y en a toujours d’autres qui débarquent avec leurs gros sabots ignorants. Ad nauseam.

      2. Ce qu’il faudrait surtout c’est expliquer de manière pédagogique pourquoi la vision que la plupart ont de la création monétaire est incomplète (je me souviens très bien avoir enregistré lors de mes cours d’économie politique que les banques pouvaient prêter 8 ou 9x le montant des dépôts effectués par leurs clients et que c’était une des origines de la création de monnaie scripturale). Il manque une vision globale dans laquelle cet élément s’inscrit et reprend sa juste place.
        Par exemple en complétant cette section controversée de Wikipedia sur l’effet multiplicateur.du crédit.

      3. @ ERIX le Belge

        « les banques pouvaient prêter 8 ou 9x le montant des dépôts effectués par leurs clients »

        Évidement qu’une banque peut prêter -10 fois même si vous voulez- les dépôts de ses clients!
        Prenez une banque d’investissement qui ne joue pas un rôle de banque de dépôts, elle a « zéro dépôts » et pourtant elle prête et place des millions… Mais elle se finance sur les marchés financiers par exemple.

        Une banque qui possède 10 de fonds propres peut emprunter et re-prêter pas loin de 200, c’est à dire utiliser un effet de levier de 20 (pour la SoGen c’est près de 30).

        Sur ces 200, disons qu’en plus des 10 de fonds propres, elle possède 20 de « dépôts clients »
        elle emprunte donc 170 sur les marchés monétaires / interbancaires (elle accède ainsi à 170 d’épargne récoltée par d’autres banques par exemple).
        170:20= 8,5

        Notre banque a donc prêtée 8,5 fois les dépôts de ses clients… mais n’a rien créé du tout, elle à simplement joué son rôle d’intermédiation.

        « je me souviens très bien avoir enregistré lors de mes cours d’économie politique que… »

        je vous rassure: on m’a raconté les même conneries en science po 😉 seulement ça ne colle pas à la réalité du métier bancaire.
        Je pense seulement que la question n’avait pas l’importance pour nos enseignants qu’elle peut avoir pour les partis antagonistes présents sur le blog: on nous a répété à l’école des conneries, et en toute légèreté mon cher…

        « Il manque une vision globale dans laquelle cet élément s’inscrit et reprend sa juste place. »

        j’espère que ma réponse vous montre que cet élément s’inscrit dans ma « synthèse globale ».

        Au plaisir de vous lire.

      4. @ Julien Alexandre

        Je veux bien croire que «L’argent, mode d’emploi» expose la matière comme il faut [et je compte bien le lire moi-même, si j’arrive à mettre la main dessus la prochaine fois que je passerai en France; la fois passée, j’ai fait un certain nombre de librairies parisiennes, chou blanc]

        Mais d’un point de vue citoyen, je me permettrais de vous faire remarquer – en espérant que vous ne me tiendrez point trop rigueur de cette critique – que la démarche d’acquisition d’un livre, son prix d’achat et l’effort de lecture de celui-ci représentent une barrière pour le plus grand nombre, quand le ‘système’, lui, déverse quotidiennement et gratuitement sa propagande par supertankers entiers dans les ‘temps de cerveaux disponibles’. Que par suite, ce n’est peut-être pas la manière la plus efficace de préparer les esprits de la grande masse au cataclysme qui se prépare.
        Et que, par conséquent, ce sont les forces travaillant actuellement à susciter dans les cerveaux tf1-isés un nouveau fascisme afin de sauver ce qui peut l’être de l’ordre bourgeois qui vont l’emporter.

        J’ai très peur de l’avenir qui se prépare en ce moment…

      5. @ Amsterdamois

        Je sais bien que le livre n’est malheureusement pas abordable pour tout le monde. C’est la raison pour laquelle le débat s’est tenu ici librement pendant 2 ans. Périodiquement, nous sommes revenus sur le sujet lors de sollicitations, avec la même rigueur.

        Je vous rejoins également sur le temps de cerveau disponible et le primat de la télévision. Nous aimerions bien que TF1 invite le blog de Paul Jorion évidemment. Ca viendra, quand ils n’auront plus le choix. D’ici là… on fait ce que l’on peut, avec les moyens du bord de notre petite équipe !

      6. Vous avez bien raison. À moi aussi, l’avenir me paraît sombre, quelquefois. Surtout depuis que je me suis rendu compte que je n’ai jamais rien compris à l’argent, que je suis de plus en plus fauché et que ça ne m’empêche pas de me faire trop souvent arnaquer.

    1. Ouais, on causera des hors-bilans une autre fois.
      Quand même, JP Morgan, première banque américaine, c’est juste 1 800 milliards d’actif et 70 000 milliards en notionnel brut sur produits dérivés…
      Ah, au fait, p’tit scoop pour ceux qu’aiment les stats : pour la première fois depuis le boum des produits dérivés et sur année pleine le montant notionnel des dérivés des banques US a baissé en 2011, 230 000 milliards « seulement » au 31.12. Une chute de près de 7% rien qu’au dernier trimestre 2011, la plus forte en $ jamais vue sur un trimestre. Sur l’année ça fait une chute de seulement 0,2%, mais même en 2008 on en avait pas eue. Première fois aussi qu’on observe une baisse durant deux trimestres consécutifs (Europa…).
      Idem pour les revenus de trading des Big banks. Sur l’année ça passe encore (25 milliards) mais le dernier trimestre est minable (Europa…). Et pour les revenus « holding company », là c’est gadin de chez rèche, surtout sur le crédit…

  14. Merci à Mme Drew. Enfin un personnage positif dont, pour une fois, les apprentis traders pourraient s’inspirer utilement. On pourra conter ainsi sa geste: seule, longtemps, prenant tous les risques, elle tint à bout de bras la gestion de 356 milliards de dollars, animée d’une foi d’enfant dans la portée de sa mission, assurer la liquidité du marché des CDS, protégeant ainsi banques et épargnants. Que n’a t-on pas choisi mame Drew pour gouverner la BCE!. Il se pourrait que les postes de Carolos Papoulias et Mariano Rajoy soient bientôt vacants. Mme Drew devrait postuler.

  15. Pour continuer à aller dans le mur, nous sommes entourés de spécialistes (FMI, BCE, FED…)

    Et ça continue avec Jean-Claude Junker, président de l’eurozone qui affirme, je cite, que la zone euro a la volonté inébranlable de garder la Grèce dans la zone euro.
    Ah! Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait, aurait pu dire Michel Audiard.

    Je vous mets le lien vers Romandie news.

    http://www.romandie.com/news/n.asp?n=_ALERTE___La_zone_euro_a_l_intention_inebranlable_de_garder_la_Grece_en_son_sein_89140520122251.asp

    1. bah ! une volonté inébranlable, ça reste inébranlable jusqu’à ce que tout s’ébranle ! wait and see.

      1. Et pendant ce temps là, au Canada, ont commence à utiliser le grandiose arsenal legislatif anti-terrorisme contre des étudiants. Les fumigènes ont balancés des fumiers dans le métro. euh, je dirais plutôt que les fumiers ont balancés des fumigènes dans le métro. Jésus Marie Joseph au secours ! On en est là et on a encore rien vu.

  16. Il y a un truc que je ne comprend pas, l’argent que gerait cette dame, c’est la remuneration des compte courant, c’est bien ca ?

    Il me semble que MF Global a utiliser une entourloupe similaire, les compte courant des clients doivent etres remuneres, or une loi autorisait un investissement en tresuries ou assimile AAA, donc via un truchement de montages passant par Londres (notez que que JPM aussi se passe a Londres, AIG aussi), ils ont pu investir l’argent des clients en principe intouchable en argent spéculatif.

    Les problemes que je vois :
    1) Systeme trop complexe, trop de loopholes

    2) Bases sur des raisonnement quantitatif douteux (genre l’équivalent AAA), pseudo science econo-mathematico-fianciere (les maths c’est parfois voir souvent faux)

    3) Arreter la remuneration des compte courant, pour ce que ça rapporte (concerne pas la France), l’investissement doit etre une decision active du citoyen, pas laisser a la banque

    4) En finir avec Londres, veritable Tchernobyl de la finance.

    Ou bien je n’ai rien compris, ce qui m’effrait d’autant plus car je bosse un peu le sujet depuis 2008…

  17. La banqueroute des deux tiers

    Le 9 vendémiaire an VI (30 septembre 1797), Dominique Ramel (dit Ramel-Nogaret), ministre des Finances du Directoire, ferme le marché des titres publics et fait voter une loi annulant de facto les deux tiers de la dette publique.

    Par cette «banqueroute des deux tiers», il tente de solder la dette publique et de rétablir l’équilibre des finances publiques après plusieurs années d’agitation révolutionnaire.

    «J’efface les conséquences des erreurs du passé pour donner à l’État les moyens de son avenir», assure le ministre.

    Dans le même temps, comme les impôts ne rentrent plus, le gouvernement met en place une fiscalité nouvelle et notamment un impôt sur les portes et
    fenêtres.

    http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=17970930&ID_dossier=348

  18. Ca y est, CASA est à moins de 8 milliards et largement encore.

    Big badaboum en cours à 3.12 l’action (+ bas historique).

    Tout ça pour Emporiki?

  19. JPMorgan : il faut éradiquer la culture machiste des produits dérivés titre le blog Démystifier la finance

    Et si George Ugeux avait embauché Nick Leeson comme ‘partner’? C’est à une moindre échelle exactement ce qui s’est passé:

    « Cinq cas exemplaires en produits dérivés. » et un sixième, impliquant FP, ‘partner’ de Georges Ugeux au sein de Galileo Advisors:

    October 10, 2007 16:40 EDT (Bloomberg) — Calyon trader fired for alleged unauthorized trading that led to 250 million euros ($353 million) of losses.

    Calyon ousted François Pagès, 50, the chief executive officer of the U.S. unit…

    http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=newsarchive&sid=atc0YV6wpcNo

    Georges Ugeux a en commun avec François Pagès sa mise à pied forcée au milieu d’un scandale financier. :

    International chief Georges Ugeux resigns from NYSE / Sept. 29, 2003

    marketwatch.com/story/international-chief-georges-ugeux-resigns-from-nyse

    Il faut à Georges Ugeux du toupet pour donner des leçons! Quant à lemonde.fr …

  20. Voilà le résultat des positions dangereuses prises sur les CDS dans un univers de requins.
    Au passage, il y a toujours un trader Français dans la combine ! Bruno Iksil.
    A la guerre comme à la guerre, Wall Street saignera la bête blessée par des positions contraires…Ce n’est plus qu’une question de temps. Le sacrifice servira d’exemple.
    Le Q3 montre le bout de son nez. L’Etat US interviendra sans doute afin de calmer la colère (nationalisation), ce n’est qu’une ligne de crédit supplémentaire. A l’issu, on pourrait même s’attendre à une pseudo réglementation dans la foulée afin de confirmer le responsable de tous les maux, le bouc émissaire tout trouvé. Les hedges funds se délectent. En plus, comme aux échecs, il y a un temps pour tout car entre les élections US qui se présentent et le basculement politiques récents des Pays d’Europe, cela maquillerait la mascarade (nécessité de Q3 trouverait son sens). Ce scénario purement spéculatif ne coûte pas d’argent ! En fait, ne vous y trompez pas la JPM, c’est l’arbre qui cache la forêt….

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