GRANDEUR ET DÉCADENCE DU SERVICE PUBLIC, par Vicè

Billet invité.

Des coquards et des coquâtres

Autrefois, le titre de « secrétaire » était réservé à toute personne au service d’une autre, d’un rang hiérarchique supérieur, dont elle était chargée de rédiger et de transcrire les lettres et les dépêches officielles (c’était le titre de Jean-Jacques Rousseau, à Venise). De nos jours, dans un même contexte administratif, il désigne un agent de catégorie B de la Fonction publique d’État. De façon encore plus explicite (du moins pour qui la langue française vaut plus qu’une de ces chansonnettes de coquâtres[1], qui encombrent les ondes), le grade équivalent dans la Fonction publique Territoriale s’intitule « rédacteur ».

Saurait-il encore écrire – connaîtrait-il la syntaxe, l’orthographe et la grammaire – que le pauvre cadre B, aussi zélé fût-il, n’en aurait pas le temps. Cela vous étonne ?

Demandez donc leur avis aux « coquards » du service public, entrés en fonction autour de 1968 : profondément écœurés, comme leurs jeunes collègues, ils ont du moins cette consolation d’une retraite imminente. Ces Grognards qui, en leur temps, prirent la peine d’apprendre leur métier, tant sur le terrain qu’en amont, à l’école (du temps qu’elle enseignait encore le français), notent avec consternation l’évolution des services publics, depuis 2007 voire avant. Au sein du personnel, cette évolution concerne surtout les cadres A et B, les employés de catégorie C n’étant considérés que comme des « petites mains » décervelées. En effet, ces cadres (ou les « coquâtres » qui en tiennent lieu), ne connaissent rien d’autre que des techniques de management et de communication, qui, certes, en imposent lors des entretiens d’embauche. En effet, dans la Fonction Publique, ceux-ci tendent à se substituer à l’égalitaire et républicain « concours d’entrée ». C’est d’ailleurs la raison du peu de considération dont pâtissent les diplômés des facultés de lettres, que les recruteurs du privé, non sans condescendance, renvoient systématiquement à leur « pré carré » professoral et littéraire.

Le Diable qui se mord la queue

En cet an de grâce 2012, où par hasard (à moins que ce ne soit par nécessité, après tout), les élections présidentielles tombent en même temps que la commémoration aux États-Unis de la naissance du Fordisme (mise en pratique du Taylorisme), du travail à la chaîne et de la société de consommation, l’administration française, celle d’État, du moins, que je connais, a presque entièrement renoncé à son Idéal constitutif de « service public », avec ce qu’il implique de dévouement, de désintéressement (moral et pécuniaire) et de neutralité. Même s’ils sont encore protégés par leur statut (qui, par parenthèse, loin de constituer un « privilège », garantit leur neutralité vis-à-vis du pouvoir politique), les fonctionnaires sont dorénavant « managés » selon les méthodes du secteur privé. Les cadres passent l’essentiel de leur temps à mesurer leur productivité, non pas tant, malgré le caractère extrêmement pointilleux voire intrusif des outils statistiques, l’activité réelle dont on tirerait le bilan après-coup, mais l’activité prévisionnelle, qu’on quantifie en termes de flux différés et de projections de stocks, dans la plus pure optique communicationnelle. Il s’agit de fournir au Ministère de tutelle des chiffres qu’il puisse, s’ils lui conviennent, transmettre aux médias, dans le cas contraire, dont il puisse se prévaloir pour justifier les coupes budgétaires. D’où la pression exercée sur les cadres pour améliorer les chiffres, et celle exercée sur les agents par ceux-ci pour « optimiser » des moyens qui font de plus en plus défaut.

C’est le diable qui se mord la queue.

La désorganisation des services devient si dramatique qu’il est presque interdit à certains agents de tomber malade, tant les conséquences peuvent s’avérer désastreuses pour leurs collègues, sur qui l’on fait retomber la charge de travail supplémentaire, alors même qu’ils n’ont guère le temps de s’acquitter correctement de leurs tâches habituelles. La « polyvalence », ce pimpant concept choyé par les DRH qui cherchent à remotiver leurs troupes, en les gonflant d’estime de soi, n’est qu’un paravent visant à cacher la nudité d’un grand corps qui n’aura bientôt plus que des haillons à se mettre. Dans certaines préfectures, on voit ainsi des personnels techniques réaffectés, d’autorité, sans consultation, sur des postes administratifs, mais sans aucun des droits attachés au corps des personnels administratifs (salaire et congés). Il n’est pas rare également qu’on jongle avec les notions pourtant fondamentales d’ordonnateur et de comptable, quand on demande au régisseur de recettes de quitter son poste en cours de journée pour « donner un coup de main » au service des cartes grises. Si jamais le régisseur tombe malade, à son tour, qu’à cela ne tienne : on ouvre le coffre-fort, comme un gang de Rapetou, où l’on prélève toutes les formules vierges dont on a besoin pour atteindre les objectifs chiffrés du jour, et, le soir venu, une fois la curée finie, on laisse tout en plan : à charge au régisseur de tout remettre en ordre dès son « congé » maladie terminé.

Tout travail mérite… bâton

La comparaison avec le secteur privé s’avère plus limitée qu’il n’y paraît : en effet, si l’on prétend, d’un côté, « responsabiliser » davantage les agents (pour légitimer les baisses d’effectifs – bien réelles – et leur contrepartie illusoire, les hausses de salaire), on décourage par tous les moyens possibles l’esprit d’initiative, en pervertissant au passage les valeurs humanistes censées fonder une administration née du Conseil National de la Résistance. Comme au carnaval, où tout est renversé, les qualités et les vertus des agents (pour ceux, bien éduqués, qui les ont apprises de leurs parents), telles que l’entraide, la charité ou la compassion, sont disqualifiées et réprimées au profit d’une mise en concurrence qui ne saurait être bénéfique, puisque précisément, le but n’est pas de faire du profit. En effet, il s’agit d’expédier le plus vite possible et à moindres frais des usagers qu’on considère de plus en plus comme un « mal nécessaire », et non pas comme la raison d’être de l’action publique. On en vient à percevoir le public, dans nombre d’administrations, comme ces « nuisibles » des écosystèmes sensibles. Nuisibles… mais pour qui ? Pour des écosystèmes déséquilibrés, dont on a supprimé les prédateurs naturels et qu’on surexploite en dépit du bon sens.

Du point de vue d’un agent de cadre C, sous tension permanente, à cause des remarques désobligeantes d’un petit chef zélé qui lui reproche sa lenteur, du manque d’effectifs qui le contraint à assumer le travail de trois ou quatre collègues, de la mauvaise humeur des usagers lassés d’attendre des heures au guichet, sans compter le salaire qui n’est pas terrible, pas étonnant que le public finisse par être perçu comme l’une de ces aimables bébêtes. Pour les cadres, l’usager n’est rien d’autre qu’un impondérable, qui risque constamment de fausser les statistiques et d’entraver le « bon fonctionnement » des services, c’est-à-dire de mettre en lumière l’extrême tension et l’absence totale de souplesse créées par les baisses de moyens et d’effectifs.

Cette mise en concurrence des agents entre eux se traduit également par l’attribution de la prime de fin d’année « au mérite », sur proposition du chef de service (à la tête du client, la plupart du temps) : plutôt que tous bénéficient de la même somme, un tiers ramasse mettons 500 euros, un autre tiers la moitié et les autres… Bernique !

Autrement dit, dans la Fonction publique, depuis les directeurs qui conçoivent ou contresignent à tour de bras des rapports de gestion, les cadres A et B, qui rédigent à leur attention des notes de synthèse et bataillent avec leurs fichiers « Excel » pour que leurs calculs multifactorielles tombent justes, jusqu’aux adjoints qui passent leur temps, à chaque fois qu’ils lèvent le petit doigt ou se grattent la tête, à tracer un bâton dans un tableau (par boisseaux de cinq), pour dire qu’ils l’ont fait (car cela prend un temps précieux, paraît-il, qui empiète sur le « vrai travail »), quand ils ne doivent pas se chronométrer au surplus, chacun passe ses journées à tenir des statistiques censées mesurer des tâches que nul, de toute façon, n’a plus le temps d’effectuer. Le comble est atteint quand on fait mine, en haut lieu, d’écouter les protestations des agents : avant d’y donner éventuellement droit, cependant, on leur demande d’étayer leur argumentaire d’indicateurs statistiques, en chronométrant le temps pris à remplir ces tableaux et à tracer ces bâtons. Nouveaux tableaux, donc, et nouveaux bâtons. Car il faut tout prouver, chiffres à l’appui, même le temps qu’on perd.

Dans l’administration où j’exerce (une préfecture), se pointa un beau jour un stagiaire de Sciences-Po, vite rebaptisé « costard-cravate » : on attendait de lui un point de vue extérieur sur le service, « neuf et impartial », ainsi qu’une « expertise ». Ce blanc-bec à l’air avantageux, prétendant éclairer des fonctionnaires en poste depuis 5 à 15 ans, qui connaissent leur métier sur le bout du doigt, ne pouvait se prévaloir que de cinq demi-journées de pratique, uniquement sur des dossiers basiques. Qu’importe ! L’une de ses suggestions, fort bien accueillie par la hiérarchie, en ce qu’elle devait permettre de supprimer des coûts (par la suppression des renvois postaux de dossiers), le fut beaucoup moins des agents qui, l’ayant testée des années auparavant sans succès, et qui avaient suffisamment de recul pour en prévoir l’échec, protestèrent énergiquement. Rien n’y fit.

Après une « phase de test » de deux semaines qui fit perdre beaucoup de temps aux agents et mit leurs nerfs à bout, pour un bilan lamentable et sans appel, je fus convoqué dans le bureau de mon supérieur hiérarchique. Il voulait connaître mon « feedback » de l’opération. La conversation qu’on eut alors, avec le recul, me paraît presque surréaliste :

« En effet, on s’est rendu compte que ça ne marche pas…
– Mais, on vous l’avait tous dit dès le début !
– Oui, mais vous savez que moi aussi, je dois rendre des comptes, et le Secrétaire général exige qu’on teste chaque proposition avant de prendre une décision.
– Si je comprends bien, il ne nous croit pas sur parole.
– Eh non ! Tout ce qu’on avance doit être étayé et recoupé par des indicateurs statistiques précis. Rien de plus normal, après tout…
– Cependant, si l’on nous avait cru[s], on aurait tous gagné un temps précieux.
– Peut-être, mais notre stagiaire, M. X***, affirmait que c’était efficace… Alors, qui croire ?
– Mais nous, bien sûr ! Enfin… ! Nous, qui sommes en poste depuis plusieurs années, j’espère ! Nous sommes adultes, vous savez : croyez-vous donc qu’on ne souhaite pas aussi que le fonctionnement du service s’améliore ? Seulement, cela fait des années qu’on se tue à vous dire qu’il s’agit d’un problème d’effectifs. Ce n’est pourtant pas sorcier. Tenez, c’est comme en cuisine : tant que vous vous obstinerez à vouloir faire lever votre pâte à gâteau sans ajouter de levure chimique, cela restera lamentablement plat.
– Vous, peut-être, vous êtes adulte, mais ce n’est pas le cas de tout le monde…
– Quoi ? ! »

Une administration moderne : le règne des « inspecteurs de travaux finis »

La déconsidération, la disqualification, la suspicion généralisée dont les agents de catégorie C font actuellement l’objet de la part de leur hiérarchie, soupçonnés qu’ils sont de vouloir tirer au flanc, défendre la pause-thé et freiner la « rationalisation du service public », atteignent un tel degré, que leur écœurement n’a plus d’égal que l’hypocrisie de ladite hiérarchie. Ce qu’on attend d’eux : pas plus, pas moins que de Charlot dans Les Temps modernes, c’est-à-dire qu’ils restent assis à leur place, sans broncher et sans bouger (sauf leurs dix doigts), huit heures par jour, à taper sans répit sur leur clavier. On voit venir le jour qu’ils introduiront une de ces mémorables « machines à manger » du film de 1936. À « temps modernes », administration nouvelle.

Exclues, donc, les discussions entre collègues, y compris strictement professionnelles (qui concernent habituellement plus des trois-quarts des échanges), la pause-thé bien sûr, la pause-pipi, qui doit être systématiquement signalée au supérieur hiérarchique. Pas d’objection, en revanche, contre la pause-cigarette. Pas question non plus de renseigner les usagers plus que de « raison », notamment au standard téléphonique, où la règle est de prendre le plus d’appels possible (en trois minutes), quitte à les laisser raccrocher Gros-Jean comme devant, sans même la moitié des informations nécessaires à la bonne constitution de leur dossier. La chasse est ouverte en préfecture : tout ce qui peut ralentir l’activité devient la cible des gestionnaires, qui tentent de faire des agents de catégorie C leurs rabatteurs. On décortique, au cours de réunions interminables et pointilleuses (sinon pointillistes), chaque « process » à l’œuvre en préfecture (de l’instruction d’un dossier de cartes grises au rechargement des bacs A4 des photocopieuses), pour ensuite en éliminer toutes les scories. J’ai ainsi participé à de mémorables débats, parfois houleux, en présence du directeur, dont un de vingt-cinq minutes top chrono, visant à déterminer si l’on devait agrafer les dossiers au début ou à la fin de l’instruction, et si l’on devait parapher le formulaire de demande à l’encre rouge, en haut à gauche, ou à l’encre verte, en bas à droite.

L’agent de catégorie C est véritablement traité comme une machine-outil, dont on dégraisserait les rouages, sauf qu’il n’en a pas l’insensibilité et qu’il n’a pas la capacité de se substituer, à lui seul, à vingt ou trente personnes. Je ne vois pas trop, en vérité, ce qui les retient encore de nous remplacer par des distributeurs à pièces de cartes grises, avec George Clooney tout sourire en façade, sauf de vagues scrupules légalistes, qui se justifient d’autant moins que plusieurs ministres, ces dernières années, se sont vus condamner en justice. Quitte à garder des fonctionnaires – le moins possible, tout de même – on s’ingénie donc à les presser comme des citrons.

Curieusement, dans le même temps qu’on supprime ces petites mains qui font tourner les services, on assiste à une floraison extraordinaire de cadres A, de chargés de mission, de stagiaires de grandes écoles et de contrôleurs de gestion, dont le nombre tend à dépasser celui des cadres C (vacataires compris), et qui n’ont d’autre fonction – quand ils en ont une clairement définie – que d’être des « inspecteurs de travaux finis ».

Une « nouvelle » recette de pâte brisée

Tout cela, messieurs-dames, a été théorisé et mis en application depuis plusieurs années déjà, sous forme d’une méthode pragmatique, dérivée du processus de production du constructeur automobile Toyota, qui a nom LEAN. Par un étrange scrupule francophone, on a même pris soin de décliner ce très-reconnaissable adjectif anglais, qui signifie « mince », entendez : « svelte », on dit « lean and mean » : en pleine forme et agressif, dans l’acronyme aussi laborieux que paradoxal : Leviers d’Efficacité pour une Administration Nouvelle. Abaisse-t-on, comme un pâtissier sa pâte brisée (préparée avec beaucoup de matières grasses), la masse rétive des fonctionnaires avec le rouleau des statistiques, ou cherche-t-on à la faire lever, au contraire ? Il faudrait savoir…

Or, comme vous l’avez sans doute compris, ce petit jeu de mots est significatif de l’hypocrisie qui règne parmi les cadres de la Fonction Publique (du cadre B jusqu’au corps préfectoral). Hypocrisie qui n’est pas le simple masque condescendant d’une hiérarchie qui veut faire passer les réformes (RGPP en tête) en sauvant les apparences, puisqu’elle se complique et qu’elle se double de pratiques « managériales » qui ressortissent au « double-bind » de Grégory Bateson [:] « Faire plus avec moins ». Admettre solennellement que les agents puissent être plus ou moins familiers avec l’outil informatique, donc plus ou moins rapides, tout en fixant à tous des objectifs chiffrés identiques ! Et les convoquer régulièrement pour leur reprocher de ne pas les tenir, alors même qu’on leur a prôné (autrement dit : imposé) une polyvalence qui n’est jamais, en fait, qu’une façon de gérer la pénurie, et qui les empêche de se consacrer pleinement au cœur de leur métier : remplir des tableaux… oups ! Pardon. Ma langue a fourchu : saisir des cartes grises. Ceci dit, on ne se prive pas de les accuser de ne pas avoir rempli leurs divers tableaux statistiques, quand ils ont précisément jugé bon, en toute bonne foi, de s’en dispenser afin de respecter leurs objectifs chiffrés.

Des « normes » et des valeurs

Ce raisonnement parfaitement absurde, digne d’un père Ubu ou d’un Stanley Laurel, quand il s’embrouille en reformulant quelque idée a priori lumineuse, serait comique s’il ne pouvait s’avérer, à terme, tragique : sans aller jusqu’à la tentation du suicide, il est patent que le stress, le désarroi, le découragement et la démotivation qui affectent les agents viennent du sentiment de perdre pied dans un système qui devient fou et auquel plus personne ne comprend rien. Certes, en haut lieu, on s’est entouré d’un bataillon de conseillers en « management » et en gestion, qui sont hyper-formés et tout gorgés d’expressions jargonnantes. Ce qui n’empêche pas leur méthode d’être d’une simplicité (pour ne pas dire, d’une brutalité) exemplaire. Elle tient en trois points : gérer les tâches et les effectifs à flux tendus (comme chez Toyota), planifier la pénurie, organiser et légitimer la mesquinerie.

Comme l’aurait dit Bertold Brecht, si vous trouvez que le public est trop nombreux et trop gênant, eh bien ! éliminez-le, vous aurez alors les coudées franches pour bâtir – ou modéliser – un service public à votre idée, efficace et bon marché, diligent et léger en moyens. Les agents ont tort de protester contre vos « process » novateurs ? Eh bien, changez-les ! Si vous n’êtes pas capable de comprendre que tout service rendu au public est forcément coûteux, prend forcément du temps, présente forcément des impondérables, alors… vous ne valez pas la peine qu’on s’esquinte la santé et le moral pour vous.

Un syndrome France Télécom ou Renault ou La Poste, ça suffit ! Au fait, ça fait déjà trois…



[1]           Coquâtre : Demi-chapon, poulet chaponné à moitié. On dit d’un homme qui chante mal, qu’il a une voix de coquâtre (Dictionnaire de la Langue Française, É. Littré, Librairie Hachette et Cie, tome 1er, 1873).

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63 réponses à “GRANDEUR ET DÉCADENCE DU SERVICE PUBLIC, par Vicè”

  1. Avatar de FabriceM
    FabriceM

    Une question idiote :

    Puisque le métier du fonctionnaire est de remplir des tableaux informatiques, pourquoi les inspecteurs des travaux finis n’ont-ils pas créé des outils automatiques de contrôle du travail effectué, qui synthétiseraient directement les résultats des agents sans que ceux-ci aient à passer un temps infini à mesurer leur propre travail ?

    1. Avatar de timiota
      timiota

      Le cadre B du service informatique a demandé au cadre C de la maintenance une note d’explication pour expliquer pourquoi de tels outils par leur interrogation constante des postes de travail et des bases de données, font planter les serveurs…

      1. Avatar de FabriceM
        FabriceM

        Ca pourrait être comique si ça n’était pas si tragique …

  2. Avatar de tchoo
    tchoo

    Constat imparable
    Mais une seule solution, résistez, mais pas seul et la question est là
    l’individualisme forcené dans lequel on nous pousses (parce que on le veut bien) est un allié objectif de toute oppression.

  3. Avatar de Cassandre
    Cassandre

    Si j’en crois « Absolument dé-bor-dée » de Zoé Sheppard (qui ciblerait le Conseil régional d’Aquitaine) et mon expérience comparative personnelle entre une filiale de multinationale américaine, une grande entreprise française privée et une grande entreprise française publique, les différences monumentales de productivité dans les services administratifs, ça existe vraiment !

    Qu’on s’y prenne mal pour ramener les gaspillages à un niveau décent, je vous crois volontiers, mais il faut tout de même cesser de laisser les lois de Parkinson* et le principe de Peter** fonctionner sans entrave.

    * 1 – De même qu’un gaz occupe tout l’espace disponible, un travail donné occupe la totalité du temps dont on dispose pour le faire.
    2 – Tout fonctionnaire entend multiplier le nombre de ses subordonnés et non celui de ses rivaux.
    3 – Deux fonctionnaires se donnent mutuellement du travail.

    Ces lois font grimper automatiquement les effectifs de toute administration, même si son objet tend à disparaître.

    ** Tout cadre sera promu jusqu’à atteindre son seuil d’incompétence (et il n’ira pas plus haut puisqu’il restera inefficace dans ce poste de trop).

    1. Avatar de IG
      IG

      ** Tout cadre sera promu jusqu’à atteindre son seuil d’incompétence (et il n’ira pas plus haut puisqu’il restera inefficace dans ce poste de trop).

      Bonjour,
      je pense que vous vous trompez; ce principe est valable dans le privé mais pas dans l’administration. Les employés qui font le boulot correctement ne montent pas en grade ou tout au moins ne change pas de poste; sinon qui ferait le boulot (d’ailleurs bien décrit par l’auteur du billet).
      En revanche, et comme dans l’armée, un cossard, un inadapté, un incompétent aura toutes ses chances de progresser facilement et rapidement car tout chef de service un tant soit peu rationnel (et compétent ) sera trop content de s’en débarrasser (sinon c’est du copinage / clientélisme comme en politique).
      Il n’y a que dans le privé qu’on donne des promotions à ceux qui ont des résultats quand bien même ces promotions ne seraient pas en accord avec leur personnalité profonde ou leurs compétences ce qui nous ramènent à votre allusion au principe de Peter et finalement à « ce salarié en qui nous avions placé toute notre confiance et qui nous déçoit terriblement « …

      Concernant les différences de productivité, pourriez-vous nous donner des exemples précis?

      1. Avatar de Cassandre
        Cassandre

        Les exemples ne démontrent rien d’autre que l’impossibilité de l’exclusivité du phénomène opposé, et je n’ai pas envie de donner des noms.
        .

  4. Avatar de Jmemeledetout
    Jmemeledetout

    Oui, oui OUI ! C’est fou le nombre de scénarios ou scenarii pour les puristes, de bandes dessinées, que l’on trouve dans le quotidien et en particulier dans tous les services publics.

    Et c’est le cas dans de nombreux pays. Je me souviens avoir travaillé en Suisse, en temporaire, dans un service de l’Etat Immobilier, il y a au moins 35 ans. Et bien, il fallait noter à la minute près, sur un papier (sic) le temps que prenait chaque travail, que ce soit une lettre, du classement, un transfert de dossier, une pause pipi. Imaginez la liste à la fin de la journée LOL pour plusieurs milliers de personnes.

    Bien, comme je ne craignais pas de perdre un travail qui était plutôt pour moi un terrain d’observation très très temporaire, je m’imaginais à aller dans leur sens pour leur montrer leur ineptie et notais des facéties du style « chercher trombone tombé sous le bureau : 20 secondes ».

    35 ans plus tard, et après autres observations, les choses n’ont pas vraiment changé. Seuls les moyens de pression ont changé. On y retrouve toujours les petits chefs despotes, incapables de communiquer avec les employés, même dans des secteurs sociaux où l’écoute et le travail d’équipe est garant de la bonne marche du groupe, on y retrouve toujours les cadres supérieurs qui ignorent complètement ce qui se passe en dessous et encore en dessous, parce que les problèmes ne remontent jamais jusqu’à eux, et les élus qui décident de tout et de rien sans aucune connaissance du terrain.

    Ce n’est pas seulement une question de contingent humain, c’est surtout et avant tout, une question de communication.

    Les audits ou sondages, lorsqu’ils sont demandés, sont organisés à prix d’or, par des sociétés externes, avec des questions qui n’ont aucun sens de la réalité.

    Je prends un exemple bête : Un sondage fut distribué il y a quelques années à tous les bénéficiaires d’aide à domicile. Dans les premières questions :

    « Etes-vous satisfait de votre aide à domicile ? » Note :

    « Est-elle ponctuelle ? » etc… etc…

    Que va bien pouvoir répondre une personne âgée ou handicapée qui voit défiler 20 aides différentes par mois qu’elle devra former chaque mois à faire les courses ou lui expliquer où se trouvent les produits de nettoyage etc… ?

    L’incompétence, à toutes les échelles de la pyramide, est devenue une généralité et non plus une exception.

    L’on place à des postes, des incompétents, qui vont former à leur tour d’autres incompétents en lieu et place de choisir pour cette formation les personnes les plus expérimentées.

    Il va falloir que cela cesse et vite ! Que ce soit en France, en Suisse, ou à n’importe quel autre endroit. Parce que cette incompétence, basée sur des concepts, de l’ego, des passe-droits, etc… coûte des milliards d’euros au contribuable, pour rien du tout.

    Les personnes les plus expérimentées, ne sont jamais, jamais, jamais utilisées à bon escient. Quant aux autres, la formation est tellement lacunaire, que c’en est aberrant. Dans tous les secteurs et de plus avec aucune vision globale de la société, ni même locale.

  5. Avatar de Lisztfr

    OT ?

    El Poder del Miedo: José Luis Sanpedro. 2012

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=GXGmGeRUnnY

    J’adore l’espagnol mais ne le comprends pas.. no le comprendo.
    miedo, c’est fear. peur.

    El capitalismo ()esta agotado.. c’est génial

  6. […] Blog de Paul Jorion » GRANDEUR ET DÉCADENCE DU SERVICE PUBLIC, par Vicè. […]

  7. Avatar de RV
    RV

    Merci pour ce billet qui analyse le système de l’intérieur et qui en révèle les choix politiques de déconstruction des services publics.

  8. Avatar de L'ardéchois
    L’ardéchois

    Le service public a souvent était méprisé par ceux qui auraient dû y voir leur recours possible face aux injustices subies:transport à prix acceptables ,santé système que l’on commençait à nous envier,EDF et ses interventions dans les situations les plus difficiles ,même chose pour le téléphone(c’était l’époque où l’on ne vous demandait pas tapez un ,tapez 2,tapez 3…avec promesse d’interventions non tenues…Certains n’ont pas vu que la rentabilité du service exige que le courrier ne soit plus un souci prioritaire…Quant à l’école on a vu des pauvres payer dans des établissements privés qui ,par leur présence faisaient disparaître le service public ,puis aprés cette sorte de guerre abandonnaient le village à son triste sort de sans école car le jeu ne valait plus la chandelle…Alors aujourd’hui F.Hollande a beaucoup parlé « école »,s’il a les moyens de revenir à un véritable service public ,sachez au moins apprécier ce qui vous manque le plus,et qui compense en partie les inégalités:école,hôpitaux et leurs services d’urgence souvent mobilisés pour compenser les insuffisances de la médecine dite libérale qui ne cherche qu’à organiser l’insuffisance…Quant à l’esprit régnant chez les cadres supérieurs je vous renvoie au jugement porté par la Présidente du jury du Concours d’entrée à l’ENA(LE MONDE du 4 Mai 2011)

  9. Avatar de GéBé
    GéBé

    Tout ça pour ça ?! Bof La routine quoi… C’est (quasi) partout pareil.
    Rebellez-vous, ensemble !

  10. Avatar de kohaagen
    kohaagen

    Tsss… Merci Vicé (signé : un fonctionnaire… qui a travaillé aussi chez Toyota…).

  11. Avatar de pseudo cyclique
    pseudo cyclique

    on appelle ça « extinction d’un corps  » en langage administratif , les catégories C sont voués à disparaitre , l’idéal capitaliste bien compris des ripouxblicains serait d’avoir une unique agence de moyens avec une foultitude de sous traitants privés et quelques cadres A fonctionnaires surnageants au dessus du merdier partenariat public/privé …

  12. Avatar de Jimmy
    Jimmy

    L’avenir du service public socialiste à la française est à Cuba : improductivité, alcoolisme, faux arrêts maladies, prostitution. C’est le lot de tout régime socialiste, où la notion de coût a disparu et où les plus nuls réclament une rente à vie, comme dans l’Ancien Régime. Le socialisme c’est le rêve de la rente à vie pour les plus nuls.

    1. Avatar de Laurent Tirel
      Laurent Tirel

      je n’ai jamais lu commentaire aussi stupide et affligeant!
      le privé n’a rien a envier au public…et inversement
      le socialisme n’a rien à voir là dedans et on retrouve la même gabegie, le même soucis de tout vouloir comptabiliser dans les entreprises privés
      J’ai des amis dans des grands groupes internationaux qui passent l’essentiel de leur temps à justifier leur travail…qui forcèment est de moins en moins efficace.

      1. Avatar de timiota
        timiota

        Jimmy vous a bien trollé…fallait-il même répondre ? Administrons nos envies pulsionnelles aussi.

      2. Avatar de Laurent Tirel
        Laurent Tirel

        @timiota
        trollé…en beauté…
        je m’en doutais un peu en cliquant sur « envoyer votre commentaire » mais j’ai tellement entendu ces phrases que même au deuxième ou au troisième degré, je n’arrive plus à les encaisser.
        c’est devenu épidermique
        une pulsion!
        après quelques jours j’arrive à en sourire 🙂

    2. Avatar de olivier69
      olivier69

      Jimmy vous venait tout droit d’une autre planète,

      Ma femme doit être alcoolique, prostituée, malade? Son grand père grand résistant (artisan de votre liberté d’expression) doit se retourner dans sa tombe ! Je ne suis vraiment pas pour mettre en avant l’héritage (financier mais plutôt moral par respect), mais là, je pense que vous allez trop loin…J’aime l’utopie du libéralisme mais ne vous y trompez pas, cela n’existe pas. Vous êtes un archaïque qui choisi entre le noir et blanc, le libéralisme et le socialisme. Où est l’intérêt générationnel, qu’allez vous dire à vos enfants? we are the best !
      Le monde est en couleur sauf pour vous….

  13. Avatar de T-A-M de Glédel
    T-A-M de Glédel

    Fonctionnaire, je suis moi-même outré de ce qu’on nous serine à longueur de journée : le providentiel contrôle interne…

    Lorsque quelques-uns d’entre nous (bien trop peu) questionnons éhontément l’intérêt de tous ces contrôles, la réponse s’assimile à une rengaine creuse : « qualité des comptes », « nécessaire pour la certification », « assurance que l’agent fait ce qu’il convient », « maîtrise des risques »…
    Sauf qu’il suffit de réfléchir un instant ou de passer quelques semaines dans les services pour voir que ces objections sont ineptes :
    Pourquoi autant de contremaîtres, pour souvent ne contrôler que des superfluités, alors qu’il n’y a déjà plus assez d’agents pour remplir les missions des services (recouvrement, contrôles fiscaux…) ?

    J’ai même eu l’outrecuidance d’émettre l’hypothèse d’une falsification rapide de certains contrôles internes (que je jugerais éventuellement inutilement chronophages) pour faire plaisir aux statistiques de la hiérarchie.
    Réponse : « la hiérarchie a constaté que moult cadres ne faisaient guère consciencieusement ces contrôles et a mis en place des contrôles de supervision sur leurs propres contrôles ».
    Sans commentaire…

    L’Administration est pourrie au sommet. J’envisage sérieusement si rien ne change soit d’embrasser la carrière syndicale, soit de me tirer quand j’aurai donné mon dû à l’État… dans quelques années!!!

    1. Avatar de Cassandre
      Cassandre

      Cette question du contrôle ne date pas d’hier :

      « Évitez que votre personnel ne passe son temps à rendre compte des choses qu’il aurait pu faire, s’il n’avait pas été obligé de rendre compte. »

      (Propos de O.L. Barenton, confiseur, p.174, Éd. du Tambourinaire, 1962)

      (Source : http://www.gilles-jobin.org/citations/?P=d&au=626)

  14. Avatar de gibus
    gibus

    Arrêtez de sourire !
    Cela fait des années que le fonctionnaire, ce pelé, ce galeux, est vilipendé par les ultra-libéraux fous. Ils rêvent de l’atomiser, le faire disparaitre, puisqu’il n’est qu’un cout sur une ligne budgétaire, sans aucune production marchande à porter en regard. (comment pourrait-on valoriser le travail d’un enseignant, d’une infirmière ou d’un rédacteur du service des cartes grises ?)
    Voilà une fine observation de la manière dont les » ayatollah du tout privé » organisent la déréliction du service au public. Entre les réductions drastiques de moyens matériels et humain, la perte de sens des missions, la mise en concurrence systématique des personnels rescapé des « purges », c’est tout le corps social qui est frappé. La logique sous-jacente est de parvenir à transmuter l’usager honnis en client-roi du grand hypermarché global.
    Merci pour ce texte Vicé.

    1. Avatar de nadalum
      nadalum

      « La logique sous-jacente est de parvenir à transmuter l’usager honnis en client-roi du grand hypermarché global ». Vous avez tout compris. Simplement remplacer « client-roi », par vache-à-lait décérébrée… On y arrive à grands pas!

  15. Avatar de Tolosolainen
    Tolosolainen

    Un passionnant et éclairant témoignage.
    Là encore on peut voir une terrible cohérence due à l’idéologie dominante néolibérale qui a tout infecté de nos structures sociales. En fait j’ai pu voir avant de me faire virer que les effets délétères de ce type management avaient les mêmes effets dans le privé, vraiment bien des points communs avec l’analyse de Vicé : les absurdités, les petits chefs, les incroyables c***ards qui supervisent sans rien comprendre ni respecter… Et à la fin l’échec car les clients (qui existent en dehors des ces pseudo-réalités) se barrent… Pour le service public on pourrait dire cyniquement que l’échec est désiré car on peut ainsi essayer de faire passer la privatisation de tout! Pour des firmes industrielles c’est un peu plus dur à comprendre mais si on prend les échelles de très court-termes des objectifs imbéciles remplis en écrasant tout le monde, on voit que ce management apporte des gros bonus aux cadres collaborateurs supérieurs (tiens « collaborateurs comme c’est étrange). On pourrait continuer avec des tas d’autres exemples mais un élément récent était décrit dans le Monde par un chercheur : la R&D est de plus en plus entravée non seulement par le manque de fric ou les objectifs à court terme mais aussi par la démarche administrative envahissante…évaluations, contrôle, publications inutiles, recherche de financements etc
    En réalité un jour si on arrive à faire comprendre à toutes les victimes combien tout est lié nos « élites » pourraient finir par avoir des vrais problèmes de domination…C’est déjà arrivé…

    1. Avatar de Guillaume
      Guillaume

      Dans le domaine dans lequel je travaille je suis effaré par ces règles en tout genre mais dans le privé. Il faut passer des certifications qui coûtent des centaines de milliers d’euros pour ne serait-ce que vendre un produit et cette certification n’a aucune garantie de fiabilité c’est juste un papier vous permettant de vendre géré par un organisme privé dont les règles ont été édictées par quelques multinationales pour éviter que des PME les concurrencent. C’est digne de toutes les critiques qu’on peut entendre sur l’administration à part que là ce sont les grands groupes qui créent un oligopole de fait en rendant toute concurrence tellement chère pour une entreprise innovante qu’il est impossible de répondre à un appel d’offres avec des prix suffisamment bas et donc de gagner des marchés … La concurrence libre et non faussée chantre des traités européens hum hum. Ce libéralisme qui nous promettait moins d’entraves moins d’administrations, la liberté d’entreprendre, c’est pire qu’avant … Dans un autre secteur comme la boulangerie, c’est l’interdiction d’acheter du blé qui ne fait pas partie du catalogue officiel rédigé par les grands industriels, l’interdiction d’avoir des plantes médécinales qui poussent naturellement dans son jardin décidées par les firmes pharmaceutiques, l’interdiction de vendre des graines de vieux légumes (des associations les gèrent mais risquent la prison pour ça). Ce monde n’a jamais été aussi réglementé …

      1. Avatar de wildleech
        wildleech

        Il faut bien comprendre le vocabulaire libéral.
        Par « concurrence libre et non faussée », « concurrence » veut dire guerre à outrance, « libre » signifie sans réglementation étatique, « non faussée » précise que chacun ne peut compter que sur sa force.
        Pour faire simple, les plus fort écrasent les plus faibles et nul ne doit intervenir.

    2. Avatar de nadalum
      nadalum

      Très bien dit, mais la conclusion est marquée du sceau d’un optimisme fou. Pour le moins. J’ai mis un temps fou à m’apercevoir à quel point les gens étaient bêtes… mais alors bêtes!!!… ça n’est pas près de changer. La seule issue consiste à tirer cyniquement partie de la situation de déréliction à laquelle la finance folle nous mène, afin de préserver nos proches et amis. Le reste n’est que littérature. Que les cons s’assument! Je reste de plus en plus persuadé qu’une rupture anthropologique est en cours qui séparera à terme les esclaves consentants (la masse inculte et stupide) des vrais humains, conscients de l’évolution mortifère des politiques mondiales, lesquels se placent en retrait et vivent réellement leur quotidien, le plus loin possible des contraintes de toute sorte. Loin de la propagande médiatique, loin de la société de consommation. Le plus loin possible des cons!

  16. Avatar de Ben
    Ben

    En général dans le monde du travail, quand la tête est malade, elle se plaint des bras et des jambes. On connait ces dérives dans tous les corps de métiers, on raillait les modes de fonctionnement soviétiques bureaucratiques, le soviet disparu, le capitalisme s’est jeté à corps perdu sur cette masse de papier à remplir, de tableaux de KPI (Key Performance Indicators) à compiler, pour le même résultat que la légendaire administration moscovite : nul, ubuesque, improductif, inefficace.

    Mais c’est vrai ça a créé du boulot pour une armée d’inspecteurs des travaux finis à qui on passe pas loin de 75% de temps à faire du reporting pour les occuper (je travaille dans le secteur du transport maritime, et croyez moi Ubu y a placé beaucoup d’hommes).

    ce n’est rien d’autre que la mise en place de la société du contrôle, qui remplace celle de l’efficacité tout en se prévalent de cette dernière.

  17. Avatar de kezaco
    kezaco

    Des fonctionnaires, j’en connais de très bons, de très droits, qui ont des valeurs, le soucis du bien commun et l’envie de bien-faire. Ce ne sont pas des incompétents. Ils n’ont commis aucunes fautes. Ils sont juste les jouets d’un système stupide qui rend toute initiative vaine, qui décourage et pervertit les esprits les plus nobles. Bien sûr que la machine administrative est stupide, mais les plus stupides ne sont pas ceux que l’on croît !

    L’incompétence se situe tout en haut de la hiérarchie plutôt qu’en bas. Et le plus terrible dans votre constat, c’est que vous ne remettez pas en cause l’obéissance à des règles stupides qui viennent d’en haut… de ces jeunes élites à la grosse tête et de ces vieux requins à qui on ne la fait pas. Le problème est aussi là, il se nourrit de l’obéissance aveugle aux règles, au respect des hiérarchies qui sont comme les vieux pouvoirs constitués, dénués de fondement ou pour ainsi dire à chier !

    Dans ce merdier, il y a des belles âmes perverties par un système ubuesque. Ce système de caste et de privilèges est détenu par quelques cadres qui cherchent par tout les moyens de garder leur place et leur traitement en fabricant du vent et en faisant chier leur monde.

    Tout irait mieux s’il y avait encore un peu de contestation sociale face à l’ineptie des errances de ces managers à la noix, mais le comble du drame, c’est que les syndicats du public sont aussi vérolés et encore plus vermoulus que les cadres supérieurs qui gouvernent les administrations.

    Le mal dont souffre les administrations, comme pour certaines grosses structures privées d’ailleurs, c’est la vanité et l’hypocrisie, l’arrivisme et la médiocrité ataviste de quelques uns. C’est ainsi que le monde tourne depuis des lustres…c’est aussi la cause des révoltes qui fleurissent une fois tous les 2 ou 3 siècles. Gardons espoir.

  18. Avatar de Nicks
    Nicks

    Le nouveau management public, qui a la particularité de rassembler le pire du privé sans arriver à gommer les imperfections nombreuses de la fonction publique est un instrument destiné à tuer. Quiconque possède une conscience professionnelle, le sens du service de l’Etat, ne peut qu’être révolté de la façon dont on met à mort cet instrument irremplaçable de protection et d’émancipation du citoyen. Je suis moi-même fonctionnaire de catégorie B et comme certains le savent, jacobin, donc travailler dans la fonction publique est une évidence professionnelle, politique et philosophique (y compris la philosophie du travail, dans le sens où il n’est pas tourné vers la rentabilité, ni vers sa valeur en tant que tel, mais vers le service rendu, et je tiens à le souligner malgré les ricanements dans le fond là bas).

    Le propos n’est pas de dire que la fonction publique était sans défaut avant l’irruption du management. Il y a en effet des soucis de productivité, des agents qui tirent au flanc pour parler franc car soit on ne sait pas les motiver, considérations financières mises à part, soit la protection de leur emploi révèlent le peu d’intérêt qu’ils portent à ce qu’ils font. A cela il y aurait des remèdes bien plus efficaces que la désorganisation en cours, par exemple, rendre les sanctions prévues dans les statuts réellement effectives, tout en maintenant la parité des instances et le souci de préserver l’indépendance des fonctionnaires.

    Pour autant, j’ai également vu des planqués dans le privé et il serait en parallèle complètement absurde de vouloir obtenir de la fonction publique une compétitivité qui doit lui être étrangère pour qu’elle puisse remplir ses objectifs. L’efficacité elle n’est pas un gros mot en revanche. Or je constate tous les jours la faillite des processus « modernistes » imposés, tout simplement parce qu’ils sacrifient au quantitatif plutôt qu’au qualitatif, à l’affichage plutôt qu’au résultat réel et nombre de cadre A, qu’ils soient anciens ou fraîchement débarqués, s’en rendent dramatiquement et servilement complices. Mais il en existe de tout aussi nombreux qui essaient tout de même de faire fonctionner la machine, du mieux qu’ils le peuvent.

    Il n’empêche que je suis révolté par ce chantier de destruction d’une grande idée et de sa matérialisation, qui avait pourtant plutôt bien rempli ses objectifs. Comment accepter par exemple, dans une institution prestigieuse, que dans un contexte budgétaire tendu, le décorum soit privilégié de façon autoritaire au coeur du métier, uniquement pour l’affichage, au mépris des missions dont la réalisation est entravée. Juste de la comm’, du vent, l’essence du management… Le souci du public, du résultat ? Archaïque sans doute…

  19. Avatar de babypouf
    babypouf

    Bonsoir,

    ce qui se passe avec la gestion du monde medical liberal sous convention est du même ordre, le servage economique des producteurs de soins primaires (les medecins generalistes) grace à des indicateurs : la P4P, invention d’économistes bureaucrates qui ne connaissent pas ce que c’est qu’une activité de soins et le suivi au long cours de gens « normaux ». Objectivement ce sont des objectifs correct mais en pratique totalement inopérant pour mesurer la santé des patients pris dans leur globalité. Cela a été amplement démontré par des études en GB et aux USA, ce n’est pas source d’économie. Peut être que l’objectif de ces mesures n’est pas dans les économies mais dans une réorganisation de notre systéme de soins à l’anglo-saxonne en commençant par approfondir la dépendance des producteurs de soins envers les tutelles: de cela personne n’en dit mots.

    Et pourtant une convention a été signée par des syndicats de médecins, … félons à la profession et à la déontologie … mais c’est une autre histoire.

    Resultat des courses: plus de generalistes volontaires pour faire des gammes, pl’ud musique !

    Cordialement

  20. Avatar de timiota
    timiota

    Je renvoie à la notion de « système associé » de Simondon et Stiegler, où le destinataire d’un message est aussi un « destinateur », un émetteur. Ce qui fait qu’on peut se parler par exemple, c’est qu’on peut répondre sans réfléchir à chaque virgule.
    Les conditions pour qu’une organisation fonctionne en système associé n’ont rien de si évident. Sans doute faut-il le partage d’un but supérieur, une sublimation…
    Dans un service de Cartes grises, sait-on bien pourquoi on fait des Cartes Grises ? Sait-on de façon ressentie (et non lointaine) comment cela permet l’usage policé (dans les deux sens du mot) des véhicules, dans les achats/ventes ?
    Si il faut un peu de poly-quelque-chose, c’est avec une verticalité d’intelligence, pas une verticalité de compétences où il faut savoir tout faire…

    1. Avatar de Cécile
      Cécile

      je me suis posée cette question de quoi sert la carte grise,
      il y a l’achat-vente, -et donc peut-être aussi le vol- de véhicule,
      mais aussi les agents verbalisateurs allias radars -et donc peut-être aussi la fourrière

      1. Avatar de Bernard Laget
        Bernard Laget

        Cécile

        Il y a aussi dans le partage de la route un probleme de responsabilte civile et donc d’assurances, la carte grise dépasse donc le seul titre de propriété du véhicule, me semble t’il . La société demande à pouvoir retrouver le coupable d’un accident qui peut fuir en laissant des morts ou des blésses sur le bord de la route………..etc

  21. Avatar de Lien
    Lien

    Votre histoire me fait penser à ce que disait Paul Jorion des accusations de sorcellerie dans les divers pays africains où il a fait du terrain: quand la pression foncière rend dysfonctionnels les mécanismes d’attribution régulière de terre aux nouveaux adultes, personne ne pose la question de la propriété foncière mais par contre les accusations de sorcellerie au sein des fratries se multiplient.

    De quoi les dérèglements que vous nous rapportez sont-ils donc le symptôme?

  22. Avatar de yoananda

    A quoi bon payer des impôt pour un service aussi kafkaïen ?
    Et puis, a quoi bon pleurnicher, alors que vous pouvez le quitter …
    Ha oui j’oubliais … les grands et nobles idéaux pour lequel le fonctionnaire est censé se battre et qui mérite qu’on s’accroche comme une tique a sa sécurité de l’emploie …

    Si le corps administratif s’écroule c’est sous son propre poids et sa paresse et non sous la pression mercantile des méchants libéraux qui viendraient pervertir cette « noble institution ».

    Vous voulez rendre service ? il y a le milieu associatif pour ça et il y avait même mère Thérésa a une époque.

    Je n’accroche pas à ce discours plaintif que j’entends sans cesse de la part des fonctionnaires : si leur métier est si dur, c’est toujours la faute des autres, du contribuables, des énarques, des libéraux américains, des chinois, et même des collègues, etc…

    Mais bien sûr, aucun fonctionnaire ne votera jamais à droite : favoriser ceux qui payent des impôts et donc votre salaire in fine !??? mais vous n’y pensez pas …

    Ce qui tue ce monde c’est l’absence d’intelligence collective, l’absence de raisonnement n+2 et n+3.

    1. Avatar de BRL
      BRL

      @ Yoananda

      Bonjour Yoananda.

      Toutes les administrations ne passent pas nécessairement par l’alambic kafkaïen, qui est un monstre romanesque avant d’être un monstre dans nos vies. Il existe des dictatures sans administration efficace, l’armée et la sécurité intérieure pourvoyant à tout, comme des dictatures avec administration efficace. L’administration publique est ce que ses agents, les décideurs politiques et le public en font. Ce que vous dites du parasitisme est applicable à bien d’autres secteurs, y compris dans le privé. Un état digne de ce nom se doit d’avoir une administration, dont les modalités d’action soit strictement encadrées par sa constitution. Oubliez Astérix et les douze travaux. C’est grâce à son administration, ni pléthorique ni servile, ouverte pour son recrutement aux peuples conquis militairement, que Rome a romanisé les cœurs. Relisez les auteurs de la basse latinité, vous verrez, qu’ils soient gaulois ou africains, qu’ils sont les plus ardents défenseurs d’une république (dans son acception antique) avilie par ses dirigeants, bien davantage que par ses fonctionnaires. Pourquoi, d’après vous, le latin s’est-il maintenu si longtemps comme langue administrative, jusqu’au XVIe siècle chez nous ? Parce que c’était la langue du droit et que Rome a inventé le droit. L’administration sert un état de droit. Que l’État déroge au droit et nul fonctionnaire n’est plus tenu de le servir. La servilité parasitaire à laquelle vous réduisez la fonction publique, que vous opposez bien mal à propos au réseau associatif (cherchez bien, vous y trouverez quelques-uns desdits parasites), n’est ni un état universellement répandu, ni une obligation essentielle. Les contre-exemples abondent de serviteurs éclairés de l’État, petits ou grands, qui ont servi la République contre l’État. Des larbins volontaires, tentés de faire profil bas par peur du chômage, vous en trouverez partout. Idem pour les citoyens préoccupés de l’intérêt général. Enfin, réjouissez-vous. Il ne sera bientôt plus possible d’espérer nidifier en père peinard dans la fonction publique. Empêcher par tous moyens les agents d’agir, n’est-ce pas les précariser ? La précarité ne se mesure pas uniquement à l’aune de la sécurité de l’emploi. Que vous sert d’avoir un emploi stable s’il n’a plus aucun sens ?

      Cordialement.

    2. Avatar de Terra Breizha
      Terra Breizha

      Il y a de plus ne plus de fonctionnaires qui votent à droite, comme beaucoup de français. D’où leur haine des syndicats et de tous ceux qui, collectivement, veulent renverser le rapport force avec une administration acquise au dogme néolibéral.

      Tout comme vous, ces gens avancent masqués, ignorants les faits relatifs à la souffrance au travail et leurs causes. Leur seule motivation est un individualisme forcené, dénué de tout humanisme, résultat d’une bonne éducation petite bourgeoise d’enfant gâté à l’égo hypertrophié.

      Si d’aventure, ils deviennent eux-mêmes victimes d’un travail où, de plus en plus, la souffrance naît de l’absence de sens des tâches à exécuter, ils se retrouvent dans l’incapacité d’analyser les causes de leur souffrance, tant ils ont nié les valeurs nécessaires à l’exécution d’une telle analyse. Reste alors la fuite, comme dirait l’autre. C’est toujours mieux que le suicide !

      trollement vôtre

      1. Avatar de yoananda

        Apparemment tu ne sais rien du « néolibéralisme », c’est juste un épouvantail bien utile.
        Il ne faut pas confondre libéralisme et stupidité.
        Il ne faut pas confondre non plus altruisme et assistanat.

  23. Avatar de Tano
    Tano

    @ Vicè

    C’est bien. Vous vous rendez compte de ce qu’est la logique de fonctionnement imposée à tout le secteur privé depuis bientôt 30 ans, à plus ou moins grande échelle et plus ou moins forte intensité, et aujourd’hui appliquée à la fonction publique.

    On appelle ça le toyotisme managérial parait-il maintenant.
    Quand j’ai appris en quoi ça consistait il y a 20 ans, c’était la toyotisme tout court, soit la théorie des 5 zéros: zéro stock, zéro défaut, zéro papier, zéro panne, zéro délai.

    Pour contrôler la bonne application de cela, on avait des contrôleurs de gestion.
    Maintentant, on les appelle cut-costs, cost-killer ou encore en français (mais ça fait moins « moderne ») des chasseurs de coûts.

  24. Avatar de rodofr
    rodofr

    Vraiment un article de mauvaise foi ? Ca m’étonne de la part de Mr Jorion de laissé un article comme celui-ci sans contrepoint. Vous connaissez ce qu’on dit de la France, « un État communisme qui aurait réussit sous une autre forme ». C’est un peu vrai. J’ai travaillé dans la fonction publique et il faut le dire, nombre de personne n’y sont que pour la sécurité de l’emploi et non par passion d’une valeur dont la fonction publique serait porteuse. Ensuite, il fut une époque, il y a pas si longtemps, ou c’était un moyen politique de faire baisser le chômage, de faire entrer des personnes condamnées à l’errance néolibérale. C’est le retournement économique, le chômage de masse, la paupérisation de la France, la désindustrialisation, la mondialisation, la perte de 1 million d’emploi dans l’industrie depuis plus de 20 ans, qui a opéré ce retournement et mis les lumières sur les pratiques plus que douteuses de cet Etat dans l’Etat en partie responsable de cette débâcle économique et financière pour n’avoir mis des pare feux que dans son pré-carré et non au-delà. Le Jacobisme. Je vais vous dire un secret, même avec une Fonction Publique de vos rêves, vous ne pourrez rien faire pour aider les usagers à faire face au retournement historique qui s’annonce et du glissement de la richesse de l’Occident vers l’Asie et les pays d’Amériques du sud. Je connais aussi, des personnes assistantes sociales et fonctionnaires et je dois dire que leurs propensions aux zèles pour chasser les supposés faux pauvres tout en demandant de l’autre main des privilèges, me fait plus douter de la nature humaine que de la fonction publique. On a la fonction Publique qu’on mérite et s’y retrouve de tout, dedans. Cet article confond une humanité en perdition de valeur depuis la révolution française qui serait trop long à étayer avec une fonction Publique qui serait capable à elle-seule même rénovée et pleine de moyens, de s’y substituer pour le meilleur. La fonction Publique n’a jamais été qu’un paravent plus ou moins perverti des idéaux des lumières. Un rapport au monde dont elle a justement perdu le sens aujourd’hui ne comprenant plus la complexité du monde qui l’accable. La boite à outils des lumières n’opérant plus qu’à la marge comme à l’époque de l’Empire Romain. La crise est d’abord ici…et elle est le symbole d’une acculturation dévorante qui interdit au citoyen/consommateur de comprendre ce qui lui arrive et à quoi il va être mangé.

  25. Avatar de olivier69
    olivier69

    La norme, c’est le contrôle de tout. Aujourd’hui, les normalisateurs, les formateurs de la vie courante mettent en avant les bienfaits de leurs pratiques, sous couverture d’incapacités à la responsabilité. Pire, ils prétextent un manque ou un surplus, un déséquilibre qu’ils provoquent pour mieux conserver les privilèges. Il y a de surplus ou de manque que dans une gestion inapproprié ou voulue. A croire que ce ne sont pas les résultats de leur pathétique gestion d’une rareté provoquée par eux-mêmes. L’exploitation féodale de la ressource, de l’individu, c’est du management. Pour le bien être, un mot à la mode Bien sur que c’est dans l’optique de maintenir leurs privilèges. La déconsidération humaine, l’anéantissement de la personnalité, la déstructuration de la pensée font partis de la stratégie. Ce sont des tricheurs professionnels qui n’ont donc aucune connaissance de ce qui pourrait se passer conjoncturellement. L’histoire, pourquoi faire, c’est le présent. Dans le privé, la maîtrise des marchés par les structures oligopolistiques (cartels) qui imposent la norme afin d’asphyxiés toutes les nouvelles énergies, niches. L’obsolescence programmée est un exemple pitoyable et suicidaire de domination. La révolution commence lorsque les entrepreneurs ou actionnaires se joignent aux salariés pour combattre les injustices féodales des élites. Lorsque la cohésion sociale n’est plus assurée par des garants. Comme, le type qui produit des poulets mais qui n’en mangerait même pas. Le fonctionnaire subit les mêmes dérives que dans le privé ou vos compétences peuvent nuire à ceux qui sont des héritiers génétiques. Le mérite a disparu pour laisser place à l’héritage.
    Il ne faut donc pas s’étonner du résultat.

  26. Avatar de cedric7693

    Article très intéressant, qui fait directement écho aux discussions que je peux avoir avec mes parents, tous deux fonctionnaires depuis 30 ans, et qui assistent, impuissants, à la destruction du service public, laquelle participe d’un mouvement néolibéral plus large de destruction des différentes formes de solidarité, et d’atomisation des individus-consommateurs. Là où le néolibéralisme ne peut s’imposer par la violence, comme en Amérique du sud dans les années 70, il s’impose par la ruse dans les pays « démocratiques » depuis les 80.
    En complément, on peut lire l’État démantelé : enquête sur une révolution silencieuse http://www.amazon.fr/LEtat-d%C3%A9mantel%C3%A9-Enqu%C3%AAte-r%C3%A9volution-silencieuse/dp/2707160199/ref=pd_cp_b_1

    Présentation de l’éditeur
    Dans le débat public, les diagnostics alarmistes sur la  » crise de l’Etat-providence « , et les procès contre l’État-redistributeur, ont laissé place à toujours plus d’injonctions à  » réformer l’État « . Cet impératif est devenu le point de ralliement d’élites politiques (de droite comme de gauche), de hauts fonctionnaires nationaux et internationaux, mais aussi des intellectuels les plus en vue, de journalistes, voire de certains syndicalistes. Que recouvre cette  » réforme de l’Etat  » ? Comment a-t-elle été mise en oeuvre depuis vingt ans ? Quelles conséquences pour le service public et les usagers ? Ce livre s’efforce de répondre à ces questions en faisant dialoguer des chercheurs, des fonctionnaires et des syndicalistes. L’échange d’analyses et d’expériences permet de dessiner les lignes de force de ce mouvement, tout en restant attentif aux singularités observables. Ce travail intellectuel et collectif est nécessaire pour comprendre une révolution silencieuse. Car, si les réformes néolibérales de l’Etat s’effectuent parfois à grand renfort de publicité (privatisation de La Poste, restrictions des budgets de l’hôpital public ou de l’Éducation nationale), elles sont le plus souvent invisibles, et ne rencontrent que des protestations sectorielles, peu coordonnées, encore moins médiatisées. Elles passent par tel décret, telle directive, telle circulaire, voués à demeurer obscurs et confidentiels, dans certains cas élaborés par des cabinets d’audit privés… La plupart. et parmi les plus structurelles, passent inaperçues, sauf pour ceux qui en affrontent directement les conséquences… Au terme de ce voyage dans la  » réforme de l’Etat  » et ses effets, c’est l’avenir des services publics, de nos services publics, qui est en jeu. C’est-à-dire celui d’un modèle de société.

  27. Avatar de Bernard Laget
    Bernard Laget

    J’ai été cadre A dans la fonction publique térritoriale intégrée par concours, dans ce contexte j’ai pu observer du positif et du négatif autour du concept de service public, me gardant de pouvoir le généraliser aux fonctions régaliennes de l’état, car mon expérience vient des services techniques de la Mairie de Paris dotés depuis Hausmann de compétences réelles.

    – En négatif,
    Le systeme hiérarchique ne guarantissait pas la compétence du chef de service mais une nécessité d’affectation de poste liée au grade, Dans le meilleur des cas, pour des services importants c’était les subordonnés qui assuraient la qualité du travail produit.
    Un corporatisme syndical absurde, attaché à défendre au nom du service public des dossiers indéfendables ( absentéisme , nivellement des primes entre les agents lesquelles devenaient une part non variable du salaire). L’attitude syndicale toutes catégories d’agents confondues n’avait précisemment cure du service public.

    – En positif
    Les dossiers sous-traités au privé n’étaient pas de meilleure qualité que ceux traités en régie et plus couteux à la collectivité, mais budgétairement passaient en investissement et non plus en fonctionnement , règle vertueuse pour les élus ! L’idéologie régnante de la privatisation, quant on observe de pres les réalités est souvent mise à mal.

  28. Avatar de Marlowe
    Marlowe

    Mon épouse a été pendant plus de trente cinq ans, cadre A chez France Télécom et je peux assurer que l’évolution de ce qui était à l’origine le grand service public qu’étaient les PTT montre la décadence de la civilisation soumise aux diktats de l’économie.

  29. Avatar de KIMPORTE
    KIMPORTE

    Allez , c est le moment de parler de son vecu, j ai ete cadre dirigeant , et confronté au laxisme des politiques et des administrations , et j en passe et des meilleurs …

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