L’actualité de la crise : QUELLES CLÉS POUR L’EUROPE ? par François Leclerc

Billet invité.

Comme les mégabanques, l’Espagne est TBTF, acronyme anglais de trop grosse pour faire faillite. Animé par cette certitude, le gouvernement de Mariano Rajoy tente de forcer les portes et d’éviter un plan de sauvetage contraignant qui serait pour lui une défaite politique et pour tous, l’annonce d’une nouvelle montée de la crise sociale espagnole. Le « message de sérénité » que le chef de gouvernement a adressé samedi à ses compatriotes repose sur cette conviction.

De ce point de vue, il n’agit pas autrement que les autres dirigeants européens qui pensent que les faits vont leur donner raison et obliger l’intransigeant gouvernement allemand à assouplir sa position. Le fusil est maintenant à deux détentes, spéculent-ils, grecque et espagnole.

Durant ces derniers jours, le gouvernement espagnol a tout tenté. Il s’est tourné vers les Américains et le FMI et a cherché à forcer la main à la BCE pour renflouer Bankia. Il a cherché des financements ou à défaut la reprise des achats de la dette souveraine sur le second marché par la BCE, dans l’espoir de faire baisser les taux et de pouvoir se présenter sur le marché primaire. Pour l’instant, d’après Der Spiegel qui paraît lundi, le ministre Luis de Guindos n’a obtenu que le conseil appuyé de Wolfgang Schäuble de demander l’aide du FESF pour recapitaliser les banques, en suivant la procédure classique que le gouvernement veut à tout prix éviter.

Un bras de fer est donc engagé pour savoir dans quelles conditions l’Espagne va être aidée, puisque ce soutien ne fait désormais plus de doute. Aux conditions que les Irlandais, les Grecs et les Portugais ont dû accepter, sous le contrôle d’une troïka, ou bien suivant de nouvelles modalités ?

En attendant que ce débat se dénoue, le gouvernement espagnol tente de tant bien que mal rassurer le marché et de meubler. Dernier épisode en date, une nouvelle opération d’évaluation des banques espagnoles est engagée sous les auspices de quatre grandes firmes internationales d’audit : KPMG, Deloitte, Ernst & Young et PwC, qui ont pour mission officielle de scruter dans le détail les dépréciations effectivement opérées par les banques sur leurs actifs à problème. Le cœur du sujet et de leurs dissimulations.

Car le calendrier joue un grand rôle dans cette affaire. Il est rythmé par la date des élections grecques et françaises du 17 juin, la rencontre informelle à quatre du 22 juin prochain et le sommet des vingt-sept du 29 du même mois. Tout va devoir, ou non, se régler durant ces quatre petites semaines. Un autre événement pèse de tout son poids : la date à laquelle le Bundestag va adopter le pacte d’austérité budgétaire et la création du Mécanisme européen de stabilité (MES), puisque le gouvernement a voulu qu’ils soient liés. Une majorité des 2/3 étant nécessaire, la chancelière dépend du vote du SPD, qu’elle continue de négocier. Mais celui-ci fait traîner les choses en longueur pour obtenir plus. Tout est affaire de contreparties, mais lesquelles ?

La dimension du sauvetage de l’Espagne dépassant les capacités du Fonds de stabilité actuelles et supposant l’intervention du MES, l’enjeu serait de devoir attendre la fin des vacances parlementaires, ce qui imposerait en attendant de saucissonner l’aide à l’Espagne : d’abord pour renflouer Bankia, puis la suite quand les Européens seraient à nouveau en fonds…

On connait désormais par cœur toutes les pièces du dossier qui font débat pour qu’il ne soit pas nécessaire de les énumérer à nouveau, mais on ignore encore quelles sont les lignes qui vont bouger. Quelles mesures vont permettre de débloquer la situation ? Une seule certitude : le compromis qui en sortira au forceps sera boiteux et fera comme d’habitude les choses à moitié. Il ne prévoira pas de restucturation de la dette espagnole, car celle-ci serait trop coûteuse pour les banques allemandes et françaises. Cristobal Montoro, le ministre espagnol du budget, a d’ailleurs utilisé cet argument pour faire valoir l’intérêt que les pays dont les banques étaient détentrices de la dette espagnole avaient à ce qu’il se porte bien…

Mario Draghi, qui reste prudemment sur la réserve du haut de sa présidence de la BCE, appelait ces tous derniers jours les dirigeants européens à adopter « une vision » pour l’euro, espérant les inciter à lever le nez et à prendre eux aussi de la hauteur. Cahin-caha, le débat s’oriente vers plus d’Europe et la réédition, dans un tout autre contexte, du compromis avec le gouvernement allemand de l’époque qui a présidé à l’adoption du traité de Maastricht et à la naissance de l’euro.

Angela Merkel s’inscrit dans sa continuité. Elle préconise un renforcement de l’intégration budgétaire et fiscale européenne, dans le cadre de l’application d’une stratégie d’inspiration néo-libérale en vue d’appliquer la « règle d’or » de réduction du déficit public, point cardinal de sa politique. Appuyée en cela par Mariano Rajoy et Mario Monti, qui entendent seulement assouplir les préalables allemands à de nouvelles mesures, au nom du réalisme et de leurs propres urgences.

L’enjeu du débat qui s’entame de manière biaisée est de défendre une reconfiguration de la construction européenne qui repose sur l’adoption d’une stratégie alternative de désendettement. Tout en découlerait, à commencer par la valorisation de l’Europe sociale, cette grande oubliée, ainsi que de sa dimension démocratique. Une telle nouvelle stratégie induirait en effet une mise à plat du système financier, de son étendue, de ses acteurs, de ses instruments, de son contrôle démocratique, et pour finir de sa mission. Pour le reconstruire sur d’autres bases et non pas tenter à tout prix de le sauver.

Frédéric Oudéa, président de la Fédération des banques françaises (FBF) et Pdg de la Société Générale, vient s’il en était encore besoin de faire la démonstration de cette nécessité. Prétendant dans une interview au Monde que déplafonner le livret A, dont l’objet est financer la construction sociale, aura pour effet de « détourner une part importante du financement des entreprises », alors que cela diminuera les fonds utilisés par les banques à leur avantage ; s’opposant à toute taxation des banques sous le même prétexte fallacieux et prenant ses distances avec la création d’une union bancaire européenne, qui « n’apporte pas de réponse à la question de la crise de confiance dans la dette souveraine », pour mieux éluder celle qui touche les banques. Que ces lignes de défense sont trompeuses et faciles à enfoncer quand on s’y met…

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62 réflexions sur « L’actualité de la crise : QUELLES CLÉS POUR L’EUROPE ? par François Leclerc »

  1. En 2008 , suite aux subprimes , les poltiques ont sauvés les financiers, enfin presque( pour faire simple -les benefices aux prives et les pertes nationalises) et 4 ans plus tard, devant la falaise , l on ne va pas encore recommencer le meme cirque, n est ce pas monsieur frederic oudea?

  2. TBTF: On disait aussi cela de la Grèce quand la crise de la dette souveraine a commencé á toucher ce pays.

    Je pense que le problème est que les dirigeants européens, et moi aussi,pensent que l’Espagne finira comme la Grèce et qu’elle devra faire faillite (ou restructurer la dette selon la terminologie de l’UE seul un pays africain, sud-américain ou asiatique peut faire faillite) donc pas besoin de se presser pour filer du fric qu’on ne reverra jamais.

    Et les banques qui ont prêté à l’Espagne? Pareil que pour la Grèce, qu’elle prennent leurs pertes.

  3. Je suis curieux de savoir jusqu’où les socialistes français vont aller dans la vassalisation par l’UE libérale, surtout si la Grèce et l’Espagne explosent en vol, et l’euro avec.
    L’heure des choix stratégique approche.

  4. Bonjour M. Leclerc,

    Intéressante, cette application du Too Big To Fail à une nation. On voit bien qu’il n’est pas possible d’appliquer à l’Espagne le régime grec, du moins pas avec la même arrogance. Il semble que se rapproche pour Sa Majesté La Finance l’heure d’un nouveau choix décisif : prendre ses pertes ou prendre ses jambes à son cou (à Varennes, par exemple).

    Ceci dit, cette dette impossible à solder n’est rien, comparée à celle contractée vis à vis du système Gaia. Et là, aucune structure humaine ne sera Too Big To Fail.

    En attendant, grand merci pour vos analyses.

    1. Oui, affirmatif, avons nous atteint le point de non retour? il y a comme un sursaut d ouverture de conscience, pour franchir le pas sage?

      1. Peut-être… Ca me rappelle ce proverbe chinois, optimiste à sa façon :

        « C’est à force d’avoir épuisé toutes les façons de marcher de travers
        Que l’Homme finira par marcher droit ».

        Comme quoi le Made in China n’a pas toujours été déplorable.

  5. Oui l’interview d’Oudéa est assez hallucinante quand on la lit… Ils ne lâcheront rien…même des mesures déjà validées par l’expérience historique comme la séparation des activités bancaires.
    L’ Europe dans sa forme actuelle est néolibérale et il n’ y a pas de contre-pouvoir. Persister dans l’erreur « diabolicum est ». Toujours plus de libéralisme ; on est dans l’incantation de Diafoirus du Malade imaginaire : le poumon ! le poumon!
    Mais au fond c’est simple : préserver à tout prix les privilèges acquis a toujours été la démarche des élites ou oligarchies… sauf une nuit du 4 août (il faut dire que des fourches les avaient un peu poussé).

  6. Le plus fatiguant et que, malgré soi (je répète: malgré soi, si si quand on est fatigué), on se laisse prendre par les jeux des dates et de leurs solutions-bricolage savamment pré-pensées ou qui vont être trouvées (rire) et, peut-être, sans doute, sûrement, assurément, mais-oui-c-est-sûr-cette-fois,… sauver la situation… On a beau chercher à regarder la situation d’en haut, tout nous ramène le « nez dans le guidon », sauf à lire quelques articles, comme sur ce blog entre autres. Merci à vous. Ce n’est pas forcément gai, mais il est assez fatigant de voir le mur que l’on va se prendre reculer presque à la même vitesse que l’on s’en rapproche, tout en le voyant se rapprocher toutefois…
    Le suicide, c’est pour ceux qui perdent tout (ou ce qui prend valeur de « tout » pour soi), pas une décision prise lorsque l’on a tout… Les solutions ne viendront pas de l’intérieur du système qui, on l’a compris, est banc(ki)al…

      1. aux grecs et à la potentielle impulsion donnée le 17??? (peu probable si j’en crois l’impression qui se dégage des lectures les échéances approchants),
        aux espagnols lorsqu’ils auront pris la place des grecs???, aux italiens lors…
        aux lecteurs de ce blogs, qui par pédagogie et force de (bien (mieux)) penser, feront passer les idées adéquates…
        à des martiens (non-capitalistes, sinon, merci de passer leur chemin-lacté)…??

        Le bon sens et l’altruisme seraient donc sinon définitivement minoritaires (=pas au pouvoir, où que l’on le situe)?
        Je me sens naïf là…

  7. La France s ‘est portée garante à hauteur de 142 milliards pour le MES. Donc cela sous entend que nous devrons aider les banques grecs à travers ce fond. Ou allant nous trouvons l’argent ?
    En s’endettant encore plus? Ce qui alourdira notre déficit , qui entrainera une dégradation de la note de la dette souveraine Française et ainsi certains fonds seront obligés de vendre les obligations Françaises. Et l’Europe demandera toujours plus d’austérité pour combler les déficits. Quelle cercle vicieux.
    C’est extraordinaire ! rembourser de la dette avec de la dette. C’est inéluctable cela va finir en faillite généralisé.

      1. Et quid des banques italiennes ? Risque de grosses surprises de ce côté là dans peu de temps.

  8. 1° chose à faire: cesser de parler de PIB cette appellation est une escroquerie intellectuelle qui à été faite pour cacher les escroqueries faites en son nom.

  9. le débat s’oriente vers plus d’Europe

    Oui mais enfin, il va falloir poser les vrais problèmes.

    comment va t-on faire pour la coupe Davis hein ? L’Europe A1 bat l’Europe B2 et se prépare à affronter l’Europe A4, qui est le vainqueur du match contre les US …. quelle m..de en perspective !

    1. Hé oui. La coupe dévisse car trop pleine de dettes…
      Et en tuant l’Europe, les US savent qu’ils se tirent une balle dans le pied. Corne est lien.

  10. Plus d’Europe, toujours la même rengaine, alors que la solution, c’est moins d’Europe! Considérer comme caduc tous les traités depuis 1987 et rendre aux états leurs pouvoirs et leurs responsabilités. Que chacun se prenne par la main pour résoudre ses problèmes et fasse ensuite appel à la solidarité des voisins et non le contraire.De l’égoïsme ? mais oui, c’est l’intérêt des états qui prévaut..
    Or, avec la soit-disante construction européenne, c’est l’irresponsabilité des états qui a prévalu, en acceptant la folie de l’euro et tous les diktats bruxellois en matière de déréglementation.

    1. Je ne vois pas en quoi le patriotisme et le refus de la soumission à la prétendue « Union » européenne relèverait de « l’égoïsme », qui concerne des individus et non des collectivités par définition. Il faut rendre aux gouvernants leurs responsabilités et un minimum de leviers d’action, à commencer par des monnaies nationales.

      1. Non, Didier.
        Je commerçai en Europe alors que tu n’étais qu’un reflet dans le regard de ton père. Et le risque de change est un bordel qui a permis à Soros de mettre la GB à genoux.
        Honte absolue de l’Angleterre qui a été OBLIGEE de faire appel au FMI !!!!!!!!!!!!
        93, vérifiable.
        Soit, au plus une monnaie est utilisée par un GRAND nombre de personnes, au plus cette monnaie est dure à attaquer.
        Soit, si l’Euro baisse actuellement, même un groupe de spéculateurs américains ne pourra pas la faire chuter comme la Livre (pound pour les britichs)
        En période de crise, soit maintenant, changer de monnaie est s’exposer au forex qui a, tranquillement, tuer le Zimbabwé qui a été obligé de passer au dollar.
        Pourquoi dollar, tout simplement car c’est une monnaie d’utilisation OBLIGEE pour le pétrole.

        Si t’as pas compris le sous-jacent du dollar, il ne te reste que l’euthanasie.

  11. La progression de Goldman Sachs a été ralentie, cet après-midi, par de fortes rafales de vents. La Chandelière allemande s’est dit soufflée par cette bonne nouvelle qui lui permet d’économiser des cartouches pour d’autres attaques.
    Nous espérons qu’elle n’en sera tout de même pas complètement éteinte, car il faudrait aller récupérer un bout de la chandelle olympique qui traine maintenant en GB.
    http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Cinq-parachutistes-blesses-lors-de-leur-largage-a-la-Fiere_6346-2083310-fils-tous_filDMA.Htm
    De notre correspond Etienne Lebien. A vous Paris, à vous les studios.

      1. L’amusant, si je puis dire, Edith, est que pour avoir trainé plusieurs fois mes bottes à Sainte-mère-leur-église, il ne m’est jamais venu à l’esprit de demander le nom du parachuteu (ajouter x à la fin lorsqu’ils sont plusieurs) dont un mannequin est maintenant accroché au clocher.
        Tu parles d’un symbole… Sauf que le mec (si l’histoire est vraie) aurait eu un bol de cocu.
        Il en faut, tu me diras. Tant des cocus que des mecs qui ont du bol. Ca compense.

        Là où l’Histoire se marrera de façon énorme, et j’ai presque honte par avance face aux générations futures, est que les Jeux Olympiques, esprit on ne peut plus grec, se passe en GB…
        Au plus je connais les anglo-saxons, au plus j’aime les animaux.

    1. La tragédie et le tragi-comique continuent à Sainte-Mère-Eglise . N’est-ce pas le patelin normand qui, venant d’être « sauvé » par nos alliés, fut en partie rasé par l’explosion d’un camion de munitions conduit par un soldat afro-américain qui avait un peu trop arrosé la victoire? Ah le cocktail détonnant bourbon- calva !
      A défaut de l’Histoire, c’est la Petite Histoire qui retiendra le nom de Sainte-Mère-Eglise .

  12. soraya saenz de santamaria en voyage d’affaires: http://www.elmundo.es/elmundo/2012/05/31/espana/1338483896.html

    Question: qu’est qu’une vice-présidente d’un pays en perdition qui risque de précipiter le reste de l’europe dans l’abîme fait dans un moment comme celui-ci à la réunion du groupe privé bilderberg? Quel symbole! Les parlements de madrid et de strasbourg ne suffisent visiblement plus comme centres de réflexion et de mise en place de politiques adéquates pour sortir de ce merdier orchestré?

    Notez la présence, pour la bonne mesure, du socialistissime commissaire barrosien, joaquin almunia

    On peut continuer à ne voir des mystères que dans la guerre cybernétique par réseaus sociaux interposés, les vicissitudes de programmeurs d’outils de flash trading et autres évènements du genre mais il me semble que c’est aussi dans ces groupes là que s’affinent les techniques de concentration de la richesse les plus redoutables.

    Et en parlant de concentration de richesse: http://dealbook.nytimes.com/2012/05/30/rockefeller-and-rothschild-banking-dynasties-join-forces/. Je ne pense pas ces deux là se soient rencontrés via Facebook…

    1. M’enfin Lazarillo, les Marie-Antoinettes de ce monde ont bien le droit d’avoir leur club !

      Le problème de tous ces gens-là en ce moment, c’est que leurs vieilles habitudes qui ne dérangeaient personne autrefois deviennent choquantes. À leur décharge : que ce ne sont pas eux qui ont changé, c’est notre niveau de tolérance envers leur comportement de gougnafiers.

    2. Si Rockefeller et Rothschild en sont à se rassembler, c’est que la situation doit vraiment être désespérée…

    3. Lazardillo et Dissy, mouais, quantitativement ça pèse pas bien lourd Rockfeller Financial Servicies, 37 milliards d’actifs gérés. RIT encore moins, 3 milliards. Ce que je vois surtout c’est que Société Générale continue à vendre à tour de bras…

      1. Merci! Enfin le programme original de Syriza en français! 🙂

        Remarquez ce que les membres de Syriza disent de la sortie grecque de l’euro: qu’elle est inévitable dans les conditions de la troïka, qu’eux ne la veulent pas, mais que si on les y oblige, ils la feront.
        Je comprends maintenant pourquoi Jacques Généreux affirmait avec force sur France Inter le 22 mai (minute 7 :25) que Syriza au pouvoir ne sortirait pas de l’euro, mais désobéirait aux traités européens, et relancerait un débat de fond sur l’union monétaire européenne.
        Je crois en effet que c’est un mouvement dans toute l’UE qui va se déclencher si le parti de Tsipras remporte ces élections, et le rapport de force ne semble pas du tout désespéré a priori ! Je dirais même qu’il a tout pour faire peur aux financiers, comme vient de l’illustrer Jacques Delpla, qui est en aussi un conseiller de Hollande.
        Même l’Allemagne un peu trop disciplinée pourrait se éveiller !

  13. Quel est votre point de vue, F. Leclerc ?

    Les banques, qu’elles soient régionales, nationales ou internationales ne se soucient chacune que de leur propre intérêt.

    Les intérêts de l’Espagne ne sont pas les mêmes que ceux de l’Italie et de la Grèce et encore moins de l’Allemagne, il n’est même pas certain que la Catalogne se sente réellement solidaire de l’Espagne ni que les provinces du nord de l’Italie se préoccupent le moins du monde de la Sicile ou la Sardaigne.

    Dans chaque pays (ou parfois région) les partis politiques ont pour principale préoccupation de lutter les uns contre les autres et il n’y a pas de vrai parti politique existant au niveau européen.

    Seuls les dirigeants(1) en place à Bruxelles (à propos desquels il est d’ailleurs toujours difficile de comprendre s’ils agissent au nom de 27 ou de 17 pays) semblent flotter au dessus des partis et avoir mis leur nationalité entre parenthèses.

    Personnellement un point de vue situé « au dessus des pays et des régions » me conviendrait parfaitement mais votre description attentive de ce qui se passe me conduit de plus en plus à me demander si c’est vraiment raisonnable. Est-ce que ça ne conduit pas à ignorer une part importante de ce qui explique cette pénible suite d’évènements et de non-évènements?

    Même quand ils regrettent ou fond mine de regretter l’inconsistance de la zone euro, les journaux américains et anglais semblent avoir une vision mieux fondée de ce qui se passe.

    Résumé: vos chroniques examinent peut-être les chose d’un point de vue peu réaliste mais il est impossible de savoir quel sera celui des historiens quand il décriront les évènements en cours: il dépendra énormément de ce qui ne s’est pas encore produit (vue de la cour de Louis XVI la période qui a précédé 1789 ne présente plus pour nous qu’un intérêt assez limité.)
    ___
    (1): j’avais d’abord écrit hommes politiques mais ça semble être de moins en moins le cas. Qu’ils aient souvent fait leurs études en Amérique et appris leur métier dans des banques ayant un statut international contribue certainement à les placer au dessus de ce que nous lie encore à de déplorables habitudes issues d’un passé révolu 😉

  14. A force, avec ses prolongations inutiles, cette crise qui recule sans cesse son paroxysme finit par me paraître interminable.
    Il semble toujours y avoir une solution à la mord-moi-le-noeud qui sur le moment parait sauver le coup: un plan de sauvetage par-ci, un MES ou FESF par là, une décote, … tout le monde fait semblant d’y croire, et quelques mois plus tard, c’est juste pire qu’avant.
    Personne n’a le pouvoir ni le courage de siffler la fin de la partie. J’en viens à penser que ça pourrait durer comme ça encore un an ou deux. A moins qu’un évènement imprévu ne précipite tout…

    1. Pour ceux qui se retrouvent sans pognon, sans travail, dans des conditions de soin ou de prise en charge foireuse….

      ça va déjà assez vite.

    2. J’en viens à penser que ça pourrait durer comme ça encore un an ou deux.

      Seulement un an ou deux ? Je vous trouve très optimiste, comme la plupart des rédacteurs/commentateurs du blog. Je pense que l’état de crise (qui dure depuis 2007, 5 ans déja!!!) est bien parti pour durer encore des décennies.

      Je dirais qu’on est en train d’inventer une « neo-shock-doctrine », une strategie du choc économique permanent, qui impose le libéralisme même en temps de paix et de prospérité et qui n’ a plus besoin des ingrédients « classiques » (guerres, désastres, dictatures militaires…).

  15. On oublie trop souvent les classes supérieures grecques et espagnoles qui se sont joyeusement goinfrées sur le dos de tous les contribuables européens. Ceux là pas envie de sauver leur immobilier ni leur patrimoine! Alors saisie des comptes de tous ces gens.

  16. Je vous suis Jason, il y en a marre de cette pseu agonie qui nous précipite directement vers la dictature policière au service de la finance. Les pauvres, les plus nombreux, n’ont plus grand chose à perdre et il serait bon pour eux que l’explosion se fasse avant que le système financier n’ait eu le temps de s’organiser
    pour s’assurer tous les pouvoirs et allégeances. Les peuples sont manipulés par des pseus révolutionnaires, dont la malhonnêteté épuise l’espoir et donc les forces vives du peuple. Ceci est une guerre d’usure, le temps joue contre les pauvres.

  17. Il y en a qui ose tout comme argument pour convaincre qu’il faut garder la Grèce dans l’euro.
    Là, on commence à atteindre des sommets avec Jacques Delpla et cette tribune qui flirte avec…, avec, … non je n’ai pas assez de mots, mais lisez donc:

    http://www.les-crises.fr/jacques-delpla-grecs/

    Et ça fait partie du conseil d’analyse économique qui conseille directement le 1er ministre! Grandiose!

    1. Oui, mais la violence du propos est aussi une bonne nouvelle: elle montre la peur du petit monsieur, et la peur de l’establishment qu’il défend !

      (Quant à la tragique composition de l’entourage du président Hollande, elle n’est pas un scoop, malheureusement…)

    2. Des tribunes telles que celle-là et des allocutions télévisuelles à ce sujet, on va en avoir matin, midi et soir en crescendo jusqu’au 17 juin.

    3. Ce Jacques Delpla me fait penser a ce film de science fiction ou ont voi une citée qui vie dans une bulle sous terre . Les responsables de cette citée explique aux gens qu’il ne faut surtout pas sortir car dehors la terre est recouverte de radio activité et qu’ il sont susceptible d’attraper tout un tas de maladie cancer et autres . Donc faite nous confiance le meilleur pour vous nous le connaissons . Qui va osez sortir le premier ?

  18. Je crois qu’il est temps de reconnaître, que l’Europe est une utopie.

    Qu’une monnaie unique dans ces conditions était vouée à l’échec.

    Les marchés sont en train de ramener aux dures réalités: l’Europe n’a jamais existé, pas plus que le père Noël.

    Seules les nations existent, et elles vont se rappeler à notre bon souvenir, et sûrement pas toujours de manière agréable.

    N’en déplaise à Victor-Hugo, les Etats-Unis d’Europe ne verront sans doute jamais le jour.

    Est-ce une bonne nouvelle ou pas, pour tous ceux qui ont toujours tout fait pour que l’Europe ne soit pas une puissance qui pèse sur la scène mondiale (anglais, américains, entre autre) ? Je n’en sais rien, mais j’en doute. Leur joie risque d’être de courte durée, car le naufrage de l’idée européenne risque fort de ne pas avoir que des effets positifs sur leurs économies, elles même en grande difficulté.

    Au demeurant nos voisins Grands Bretons – chez qui je suis de passage – sont occupés à célébrer la gloire de leur nation, à l’occasion du jubilé des 60 ans de règne d’Elisabeth II. Avec forces cérémonies, Union Jacks et croix de Saint André aux balcons, dans les rues, et aux fenêtres de leurs voitures.

    Visiblement, chez eux le drapeau n’est pas associé à l’extrême droite, comme de notre côté du Channel.

    1. @ Macaral

      Je crois qu’il est temps de reconnaître, que l’Europe est une utopie.

      Qu’une monnaie unique dans ces conditions était vouée à l’échec.

      Nul besoin de reconnaître quelque chose qui n’a jamais été nié ni caché par les architectes-mêmes de la monnaie unique. Elle a toujours été envisagée comme un premier pas vers le fédéralisme européen.

      Que certains – à tous les niveaux – semblent le découvrir aujourd’hui, c’est cela qui me défrise.

      1. Dans ce projet de fédéralisme européen, il y a deux problèmes qui ne sont pas en voie de résolution :
        – la division des tâches
        – la question sociale
        C’était bien ce à quoi pensaient ceux qui n’en voulaient pas.

      2. @Julien Alexandre

        Le problème c’est que le fédéralisme punitif à l’allemande, ne fait pas trop envie.

        Pour rendre l’Europe populaire il y a mieux, que de casser tous les systèmes sociaux, les services publics, et de plonger de plus en plus de gens dans la précarité.

        En tout cas il me semble…

        Sauf sans doute pour ceux qui évoluent dans le monde de l’argent et de la finance.

  19. La règle d’or dont on nous rabâche les oreilles n’a pas d’autre but que d’assurer un endettement ad vitam eternam et non de diminuer la dette, c’est à dire avoir un niveau d’endettement suffisant pour assurer un versement d’intérêts optimums et jusqu’à la nuit des temps à nos grands argentiers de la city, c’est la recherche du placement sur, rémunérateur et sans risque qui se dessine dans le fantasme libéral en fait, j’ai bon là?

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