L’actualité de la crise : UNE ATTENTE DESTINÉE A DURER, par François Leclerc

Billet invité.

La Commission de Bruxelles s’apprête à dévoiler mercredi un projet visant à prévenir et guérir les crises bancaires destiné à entrer en service en 2014, certaines procédures de sauvetage étant prévues pour 2018. Avec un sens certain de l’à-propos mais certainement pas avec celui de l’urgence.

Les Espagnols appellent désormais à l’aide, reconnaissant être coupés du marché, prêts à brader des pans de leur système bancaire pour le sauver, réclamant une aide directe pour celui-ci afin de ne pas passer sous les fourches caudines de la Troïka. Au sortir de la réunion téléphonique des ministres des finances du G7, une seule information capitale a pu être recueillie : les Européens se sont engagés à « répondre rapidement » à la crise, a révélé Jun Azumi, le ministre japonais des finances. Tous les autres participants se sont efforcés de minorer l’importance de l’évènement, qui n’a de fait débouché sur rien de concret dans l’immédiat.

Le reste est à l’avenant. Il sera toujours temps d’analyser les propositions de la Commission dans leurs détails – pour autant qu’elles en aient. Ce qui en a déjà transparu est sans équivoque : le projet évite soigneusement d’aborder les deux questions qui fâchent. Il laisse une grande latitude aux régulateurs nationaux, pourtant suspects de toutes les mansuétudes, et évite d’aborder clairement les aspects financiers. Par ses flous, il fait déjà entrevoir que sous couvert de décharger les États du coût des sauvetages bancaires, il laisse entrouvertes toutes les portes qui permettront de les mettre à contribution.

De son côté, le gouvernement allemand vient de rendre public un document de 8 pages synthétisant sa conception de la relance de la croissance. Avec deux intentions, s’en servir comme base de discussion avec le SPD et les Verts, afin d’obtenir le vote de leurs parlementaires pour faire ratifier par le Bundestag le traité de discipline budgétaire et la création du Mécanisme européen de stabilité (MES), et faire valoir leur conception d’une relance ne faisant pas appel à une mobilisation de nouvelles ressources financières mais à la réalisation de réformes structurelles. Rédigé par les services du ministre libéral de l’économie, Philipp Rössler, le document s’appuie sur l’idée forte que « La croissance pérenne ne s’achète pas avec des programmes de dépense publique, ni avec des interventions étatiques qui biaisent la concurrence, ni avec une politique monétaire trop expansive ».

Si Angela Merkel donne le signe d’une timide ouverture très diplomatique, celle-ci se limite à accorder à José Manuel Barroso, le président de la Commission, un intérêt poli pour son projet d’« Union bancaire », tout en remarquant qu’il s’agit d’un projet de longue haleine. Steffen Siebert a de son côté expliqué que l’introduction d’euro-obligations n’est pas envisageable « avant de nombreuses années (…) à la fin d’un processus d’intégration politique en Europe ». Dans ce contexte de fermeture, on apprenait que François Hollande allait rendre visite à Mario Monti à Rome le 14 juin, devançant la rencontre informelle à 4 organisé par celui-ci avant le sommet européen des 28 et 29 juin.

Le Portugal ayant annoncé qu’il allait injecter dans les banques du pays 6,5 milliards d’euros, dont 5 provenant de son plan de sauvetage, on apprenait également que les banques chypriotes avaient d’urgence besoin d’au moins 1,8 milliard d’euros, en raison de la récession qui frappe le pays et de leurs pertes sur la dette grecque. Une solution de fortune est activement recherchée, car c’est au tour de Chypre de prendre au 1er juillet la présidence de l’Union européenne… Le système bancaire apparaît plus vulnérable qu’il ne l’a jamais été, toute présentation de celui-ci comme opposant des banques des pays périphériques en difficulté à la robustesse des autres est trompeuse. Elle néglige l’exposition des banques allemandes et françaises à la dette espagnole privée.

Les élections grecques finiraient par passer inaperçues en raison de la tension que la crise espagnole suscite. Déçus par la discussion au niveau G7, les marchés attendent maintenant la réunion de jeudi de la BCE, comme s’il pouvait en résulter un miracle. Faut-il que la crise monte encore pour qu’un rafistolage de dernière minute soit trouvé, car qui, des gouvernements allemand et espagnol chacun trop engagé, pourrait maintenant céder ? Combien de temps sera-t-il possible de faire durer le plaisir en Espagne et en Grèce ?

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155 réflexions sur « L’actualité de la crise : UNE ATTENTE DESTINÉE A DURER, par François Leclerc »

  1. Il y a quelque temps, Paul Jorion nous a raconté qu’il avait eu les confidences de responsables avouant que ce qui se passait en coulisses était en fait autre que ce qui était annoncé…
    So?

  2. Moody’s dégrade la note des trois premières banques d’Autriche

    Erste Bank, Raiffeisen Bank International (RBI) et Bank Austria ont vu leur note dégradée par l’agence américaine Moody’s mardi soir, malgré leur bons résultats. Principale cause de cette décision: elles sont exposées à la crise financière dans certains pays d’Europe de l’est.

    LA TRIBUNE

    1. dès qu’un banc de petits poissons s’annonce , les épuisettes accourent , non ?

    1. Oui, c’est sympa, sauf qu’on ne voit pas tres bien ce que represente la taille des blocs. Si c’est la taille de l’economie, L’UE devrait etre placee en dernier, etant le groupe economique le plus important.

      1. C’est la taille économique, corrigée de la perception moyenne d’un américain … ou corrigée du poids politique réel du bloc ???

        Ce n’est pas le plus important !

  3. Cette inertie est folle. En anglais on parle du syndrome « rabbit in headlight », c’est à dire la paralysie du lapin face aux phares d’une voiture qui approche. La voiture, normalement, l’écrase. A moins qu’elle l’évite en prenant le risque de sortir de la route. Ou alors ou pourrait imaginer que les amis du lapin en péril courent le sauver…
    Quoiqu’il arrive, un événement aura lieu, mais opter pour un ralentissement du temps avant l’impact me semble totalement surréaliste. Mais surtout irresponsable.
    Vite, faut que ça bouge!

    1. @ camille

      « En anglais on parle du syndrome « rabbit in headlight », c’est à dire la paralysie du lapin face aux phares d’une voiture qui approche.  »

      Je cours acheter des lunettes de soleil!

      1. Au contraire, prenez René Thom avec vous, il ne vous arrivera rien. C’est une histoire de morphogénèse encore…. du développement de l’embryon

  4. Bruxelles et Madrid attendent les résultats des audits sur les banques espagnoles pour finaliser l’accord sur leur sauvetage. Rien ne bougera de ce côté-là donc jusqu’à la fin juin.
    http://www.eleconomista.es/economia/noticias/4022133/06/12/Bruselas-no-movera-ficha-con-la-banca-espanola-hasta-conocer-las-auditorias.html

    « Los indignados » recoltent en un jour sur le Net les 15 000 € nécessaires pour la première phase d’une plainte contre Rodríguez Rato, le ex pdg de Bankia.

    http://www.elmundo.es/elmundo/2012/06/06/economia/1338972021.html

    1. Pablo , vos interventions sont parmi les plus intéréssantes sur ce blog.
      Je vous en remercie.
      Ben oui c’est quand même du boulot quoi..!

  5. Bas Heijne, dans NRC Handelsblad, samedi, 2 Juin 2012.

    Bas Heijne, né le 9 Janvier 1960 à Nijmegen (Nimègue, la ville la plus ancienne des Pays-Bas, édifiée comme Noviomagus par les Romains), passait sa jeunesse à Zwanenburg, près d’Amsterdam. Il étudiait l’Anglais à l’université d’ Amsterdam. Il est publiste, écrivain et traducteur, entre autres des travaux de Evelyn Waugh, E.M. Forster et Joseph Conrad.
    Dès 1986, il vit à Amsterdam en compagnie avec son grand amour et son muse, le flûtiste fameux Néerlandais, Peter Verduyn Lunel.

    A partir de 2001, Bas Heijne a publié une fois par deux semaines un ‘commentaire’ dans le NRC Handelsblad. A partir de la folie du PVV raciste et xénophobe et anti-Européen au pouvoir aux Pays-Bas, terminée par la chute du cabinet gouvernemental au 21 Avril 2012, il s’est dédié notamment au manque de responsabilité sociale et politique de “l’elite” aux Pays-Bas.

    Morale

    Pas de pitié: la semaine passée Christine Lagarde, directrice du Fonds International Monétaire, prenait la mesure au peuple Grecque. Allez, il fallait que les jeunes chômeurs cherchent leurs recours auprès de leurs parents – si leurs parents auraient payé normalement leurs impôts, on n’était jamais arrivé si loin. Les pauvres enfants au Niger, ben oui…, ça pourrait réveiller la femme au sommet. Mais les pauvres Grecs? Pfffft!

    Morale publique et identité, les deux points aveugles des milieux dirigeants

    Ses mots n’étaient pas appréciés. Le gouvernement Français les qualifiait “assez bien simplistes et stéréotypiques”. Le dirigeant Grecque du parti socialiste PASOK les qualifiait “humiliants”.

    Madame Lagarde elle-même gagne environ 4,5 cents mille Euro par an, plus indemnités. Elle même, comme l’ont découvert des journalistes, ne paie pas d’impôts, à cause de son statut diplomatique.

    Aucun sou.

    Je considére cela comme une nouvelle intéressante. Toute la douleur de notre époque s’y s’emballe – une élite qui prêche la morale de la communauté dans une période de crises, pendant qu’elle même se soustrait en majeure partie de cette morale. Et l’aveuglement des dirigeants internationaux pour des sentiments de fierté nationale; Lagarde marque un point, mais de telles réprimandes rendront les Grecques seulement plus Grecques – et encore plus récalcitrants. Lagarde les chasse dans les bras des populistes.

    Morale publique et identité, les deux points aveugles des milieux dirigeants.

    Dans une société qui est impregnée de la foi au marché, l’intérêt publique est quelque chose virtuelle – agréable pour en discuter, agreáble pour en rappeler les autres, sans que ça cause un contre-coup dans ta propre vie. Ou bien tu mets ta concernation morale très loin de ton propre environnement, une sorte de “outsoursing” (= sous-traitance) de la morale publique – des bébés souffrants du SIDA, des enfants-soldats, des victimes de desastres. Ça c’est joli, car ce ne sont que ces gens là qui souffrent réellement, mais cela te confronte avec très peu ou avec aucun des dilemmes embarrassants de ton propre environnement. Qu’est-ce que tu es obligé aux autres? Où se trouve la frontière de ta propre concernation?

    Quant à cela, la remarque de Lagarde sur les enfants au Niger en dit long. Sans doute ces enfants ont plus mal que le Grecque le plus pauvre, mais Lagarde les utilise pour outrager les Grecques. Ce qu’elle fait elle même pour les enfants au Niger, reste vague.

    Le cas-Lagarde montre un glissement laborieux: celui d’une morale de marché vers une morale publique. C’est là ou la crise nous pousse; lorsque l’argent “nous sortait des oreilles”, nous pouvions nous lamenter confortablement de l’abrutissement des savoirs-vivre, de l’égoisme croissant, et de la honte que dans un pays prospère comme le nôtre, existait quelque chose comme une banque alimentaire. Cela obligeait à peu. Mais, comme il y aura maintenant des coups durs, des notions affaiblies comme communauté et, quelle saleté, solidarité, doivent regagner de la portée.

    Cela ne prend pas encore tellement bien.

    Un exemple. La semaine passée, il y a avait du bruit sur le dividende royal que les actionnaires de ce journal [NRC Handelsblad est la propriété de la famille Brenninkmeijer, la famille plus riche des Pays-Bas, catholique, propriétaires de C&A, et de Derk Sauer, multimilionaire ‘rouge’ et ex-catholique, et co-financier du SP Parti Socialiste aux Pays-Bas, et co-financier de la loterie du code postal] se sont versés à eux-mêmes – plus que trois fois le profit de l’année passée.
    Selon la morale du marché, cela c’est autorisé. On n’évite pas des règles, on ne transgresse aucune loi. Mais, dans une époque dans laquelle les journaux doivent lutter pour leurs lecteurs, dans une époque des licenciements et de sous-paiement des indépendants, la morale du marché se heurte fortément contre la morale de la communauté – comment peut-on avoir des propriétaires qui apparemment ne sentent aucune concernation quant à leur propriété précieux? Comment peut-on exiger de la solidarité au moment d’une nouvelle réduction de dépenses, tandisque on la dirait manquante auprès des mêmes personnes qui exigent cette solidarité – voir aussi le cas-Lagarde? C’est une question morale, qui se situe maintenant aux plats des gens qui ne sont plus habitué(e)s à penser en termes de morale.

    Dès que son accès au pouvoir, le nouveau président Français, François Hollande, se coupait son salaire à lui-même et à ses ministres à trente pourcent. Il prenait le train à Bruxelles au lieu d’un jet privé, et se mettait à table d’une façon modeste à la studio du journal tv, au lieu de commander un équipe de caméra à l’Élysée. Pas comme son prédécesseur, Hollande montre que les exigences à la société, impliquent aussi des exigences à lui-même.
    C’est ça la morale publique nouvelle.

    Auteur: Bas Heijne, 2 Juin 2012, NRC Handelsblad.

    1. @ tous, veuillez me pardonner deux erreurs (au minimum..):

      * FMI = Fonds Monétaire International (IMF en Anglais)

      * Et, bien sûr, leur propriété peut être précieuSE et non X.

      Bien à vous.

      JL

      1. J’ai vu le dernier spectacle de Christophe Alévèque, que je recommande.

        Il fait remarquer que Sarkozy avait augmenté le salaire du président de 170 %. Hollande le baisse de 30 %.

        Il ne reste pas 140 % :
        si le salaire initial était de 100, le salaire sarkozyste est de 270 ( 100 de départ, plus 170 % x 100 = 170 font 270), le salaire Hollandiste est de 270 – 81 (30% x 270 = 81), soit 189.

        Il reste une augmentation confortable de presque 90 % sur 5 ans, le SMIC n’en a pas fait autant.

      2. Amsterdam, 7 juin 2012

        Merci M. Franck Marsal,

        Aujourd’hui, ici en ville, j’ai reçu la même réaction critique du coté de l’éditeur de ZAM magazine, une publication que je vous recommande.. http://www.zam-magazine.nl .

        Si François Hollande se rendait en Finlande :

        a. Il pourrait se renseigner auprès de Sauli Niinistö, président du Finlande, quant aux principes d’une république PARLEMENTAIRE (et, s’il vous plaît, oublions cette bigoterie de Maurice Duverger disant que la France est une république sémi-présidentielle..);
        http://www.tpk.fi/public/default.aspx?nodeid=44811&contentlan=2&culture=en-US

        b. Jean-Marc Ayrault, (attention… un des TRES peu premiers ministres en Europe sans aucun support enraciné dans les résultats d’un scrutin parlementaire / législatif..) en même temps, pourrait déjà commencer, et, évidemment, travaillant étroitement avec toute l’Assemblée Nationale, avec les préparations d’un projet de changement de la Constitution, visant à finalement transformer la France en démocratie « normale » (si l’on accepte encore cette parole..), c’est à dire, une république parlementaire.
        Comme Jean-Marc Ayrault maîtrise parfaitement l’Allemand, il n’aura aucune difficulté d’introduire d’une façon éloquante, des éléments sages de la République Fédérale (parlementaire!) Allemande dans une telle discussion Constitutionnelle en France.
        http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/revision.asp

        J’aimerais rappeler ici que la Constitution de la République Parlementaire du Finlande est généralement considérée comme une des plus avancées au monde.. voir:
        http://www.finlex.fi/fi/laki/kaannokset/1999/fr19990731.pdf (attention, en 2012 une version un petit peu adaptée a été publiée en Anglais).

        Bien à vous!

        Johan Leestemaker

  6. Excellent résumé des crises que nous vivons au Québec et ailleurs sur le plan économique, environnemental et social :
    http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/351727/le-long-souffle-du-printemps-erable

    « La croissance économique est devenue une fin en soi, au profit d’une minorité, plutôt qu’un moyen d’épanouissement individuel et collectif comme le promettaient tant d’économistes depuis la Seconde Guerre mondiale. Si nous pouvions jadis croire à cette utopie, il est aujourd’hui évident que nous nous sommes trompés. L’augmentation des inégalités, l’appauvrissement de la classe moyenne et la multiplication des crises sociales, environnementales et économiques sont les symptômes d’une crise devenue systémique. Nous savons que le roi est nu, mais le mensonge persiste.

    De manière insidieuse, nous sommes devenus les variables d’un marché en tant que « ressource humaine », « producteur de biens ou de services », « investisseur », « consommateur » et « bénéficiaire ». Pour faire rouler la machine du consommer-jeter-consommer-jeter, si profitable à l’économie dominante, il faut des ressources. Toujours plus de ressources matérielles et humaines au moindre coût économique possible.

    Ce « moindre coût » a pourtant un prix, tant environnemental que social. En économie, on parle d’externalités. Dans ce mot fourre-tout se trouve un ensemble de problèmes pouvant être générés par le modèle économique dominant : la pollution de l’air, de l’eau et du sol, la précarité et les pertes d’emploi, les maladies physiques et mentales (dont les dépressions et les suicides), les changements climatiques, la pauvreté des travailleurs à faibles revenus, la perte de biodiversité, etc.

    Pour résumer la chose simplement, le système économique et politique dominant privatise les profits et socialise les coûts. Cette façon de faire a mené les États comme les ménages à des records d’endettement, et ce, non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan social et environnemental.»

  7. Ce système ressemble de plus en plus à de l’esclavage. Une amie est passée du public au privé, résulta salaire divisé par 2, boulot multiplié par deux. L’Etat Belge ponctionne une somme énorme au passage. Avec bac + 6 et 12 ans d’expérience, il lui reste 1000 e/mois pour vivre ! Et aussi voilà pourquoi la natalité baisse, on n’est jamais sûr de pouvoir « assurer ».

    Il faudrait voir le rapport entre Hartz4, qui est la honte, le rapporte entre ça et la natalité.

    Déjà l’Allemagne, quel succès ! en 2084 il n’y aura plus d’allemands ! bravo et merci

    1. Ah j’oubliais : en Allemagne, les femmes qui travaillent sont souvent obligées de quitter leur emploi dès la naissance du premier enfant car les structures d’accueil pour les bébés et les jeunes enfants sont insuffisantes, voire inexistantes. Je me demande souvent comment font les mères célibataires en Allemagne pour concilier leur emploi et la garde de leur bébé . Les jeunes Allemandes qui tiennent à leur carrière renoncent souvent à la maternité . Une famille nombreuse ne dérange pas les femmes d’autres cultures qui les maintiennent traditionnellement au foyer .De plus, une famille nombreuse est considérée comme une bénédiction d’Allah .
      Des jeunes couples chinois se sont installés chez nous pour avoir plusieurs enfants, projet interdit en Chine, ce qui gonfle encore les chiffres de la natalité . .

      Les baisses de salaire ( jusqu’à une « aumône  » de 250 € par mois) en Allemagne,, que Mme Merkel voudrait voir se généraliser dans toute l’Europe, sont inquiétantes, dissuadent peut-être les Allemandes d’avoir des enfants, mais les enfants de l’immigration compenseront ce déficit démographique .

  8. Et pendant ce temps là ( les connaisseurs mettront la musique sur les paroles) notre brillant nouveau gouvernement, tant attendu et tant espéré, annonce une mesure « retraite » qui ne coutera que 1 milliard ! Mais la mesure est financée ( comprenez : le presse purée entre en fonction).
    Et bruissent des échos de réduction des dépenses militaires : logique puisqu’on retire nos troupes d’Afghanistan ! ça, c’est pour les mal informés. On va y laisser 1700 hommes pour y garder notre matériel et continuer à former les indigènes. Pendant le temps des promesses, on n’avait sans doute pas pris le temps de réfléchir…. à moins qu’on le savait mais qu’on a voulu embrumer son électorat.
    Et la Cour des Comptes de quoi elle se mêle ? Et Barroso ? Et Bercy ?
    On m’a dit que quelque part dans Paris, un petit homme dont une manche est toujours plus courte qu’une autre commence à se demander pourquoi on l’a poussé dans cette galère.

  9. La patience est une vertu. Notre richesse humaine et réelle sont nos atouts historiques. Le savoir faire et l’or du pays est notre héritage à transmettre. En aucun cas, la France ne doit céder au sirène de l’utopie. Les solutions simples ne sont pas les bonnes (histoire de la monnaie).
    Restons responsables et précautionneux ! C’est la garantie d’un moindre mal….

    1. Henry de Montherlant, « Les jeunes filles » 1936

      Incipit : Tout le temps qui n’est pas consacré à l’amour est perdu. L’Aretin

      p 116 :

      J’ai aujourd’hui trente ans, Costal.
      C’est Dimanche. Dimanche, mon jour de faiblesse, déjà, les Dimanches ordinaires. Il a fait un temps divin, trop beau. Ah! je commence à les connaitre, ces printemps de désolation. Ces étés qui passent l’un après l’autre, comme des corbeilles vides : aucun – aucun – n’a tenu ses promesses….

      (…)

      J’ai trente ans. Ca y est. l’âge de l’attente est fini, celui de la réalisation commence : je suis au pied du mur. Ce qu’il me faut, ce n’est plus du futur, mais du passé; plus de l’espérance, mais des souvenirs. etc…

      Seuls les robots ont le temps, et partant, la patience.

      Si le robot est le Surhomme, puisqu’il est une « amélioration »…

      1. lisztfr,
        Une amélioration est fonction de l’usage. Tout dépend de l’utilité mon cher ami.
        La réflexion philosophique est corrompu à ce point ? Bien, vous savez également réciter.
        L’identité, qui êtes vous réellement ? Votre rôle ?
        Vous n’avez pas le temps alors et vos enfants ? Auront-ils droit au temps…….
        Cherchez la valeur de la patience, de la satiété et vos intérêts seront générationnels.
        L’age ne veut rien dire…. Le bon sens, oui (j’en ai plus de 40).
        Les leçons de l’histoire sont bonnes à prendre.
        Les grands hommes laissent leur empreinte parce qu’ils ont vu venir.
        Aujourd’hui, dans un quinquennat , notre représentant a le pouvoir de laisser son nom dans l’histoire (Napoléon, De Gaulle,…).
        Je ne suis pas certain qu’il aura ce courage….
        Les autres pays ne tiendront pas 5 ans ! Gardez notre or est ce qu’il y a de plus intelligent et courageux (face aux vautours).
        A moins qu’il se prétende le prophète également (j’en connais beaucoup d’autres).
        L’avenir nous le dira : il sera la risée ou le sauveur ! L’armée et la police sont les instruments de la garantie de l’ordre. Leurs fonctions joueront un rôle essentiel pour la survie de l’esprit humain. Qu’ils ne cèdent pas au sirène de la barbarie et que les politiques fassent leur travail : c’est la garantie d’un avenir meilleur….

      2. lisztfr, vous êtes maître ès incipit.

        Je note « Tout le temps qui n’est pas consacré à l’amour est perdu. L’Aretin » et vais essayer de m’en souvenir longtemps.

  10. @F. Leclerc, bonsoir:

    Je n’ai pas eu de réponse à ma question du 25 mai 2012 à 17:22, à propos de l’info ci-dessous: « Faut-il comprendre que les garanties ont été activées et que ces 45 milliards sont sortis des caisses publiques des trois pays? »
    Pourriez-vosu m’éclairer?
    ________
    Dexia demande le relèvement du plafond des garanties d’Etat
    Mis en ligne le 25/05/2012
    Les États belge et français devraient relever de 45 à 55 milliards d’euros le plafond de la garantie accordée à Dexia, touchée par les tensions provoquées ces dernières semaines sur les marchés par la perspective d’une sortie de la Grèce de la zone euro.
    Selon le quotidien français Le Figaro, les dirigeants de Dexia, Pierre Mariani et Jean-Luc Dehaene, ont informé en début de semaine les gouvernements belge, français et luxembourgeois de la situation. Selon le quotidien, concrètement, les marges de manoeuvre de Dexia sont aujourd’hui proches de zéro.
    La suite sur le site de Lalibre.be.

    1. Je suis un peu débordé, à la foire et au moulin ! La décision a été prise de porter à 55 milliards d’euros le montant des garanties, et il semble qu’effectivement Dexia était à fond de cale avec ses 45 milliards précédents de garantie, qui auraient donc été utilisés.

      1. Merci!
        La question en me paraît pas sans intérêt, vu que le gouvernement belge, qui assure plus de la moitié de cette garantie, a utilisé comme argument, lors de son engagement, qu’une garantie, ce n’est pas un débours, et alors que le silence de la presse est total sur ce « détail » !

    2. Quand une banque en faillite active des garanties en provenance d’états qui sont notoirement incapables de faire face à leur dette ça change quoi pour qui? n’est-ce pas seulement une façon brumeuse de faire fonctionner la planche à billet? la compatibilité de ce genre de manip a-t-elle un sens précis?

      Les flux en milliards d’euros des garanties, dépôts, prêts circulant entre les banques privées, les banques centrales, les états, les « fonds » tels que FMI, FESF et autres (voire nationalisations qui n’en sont pas) sont rigoureusement incompréhensibles pour le citoyen moyen même quand il cherche à comprendre!

      La probabilité que le candidat député pour lequel je vais voter dimanche comprenne de quoi il s’agit me semble extrêmement faible et je ne suis même pas sur que le Président de la République lui-même ne s’en remette pas à des spécialistes sur le sujet…

      Le fonctionnement « normal » du système est difficile à saisir dans son ensemble pour tout le monde. Dans la panique actuelle, avoir une vision globale cohérente de ce qui se passe est-il encore possible?

      1. Il leur faudrait faire probablement appel à d’autres ressources que l’intellect. Mais ils ont été probablement séléctionné précisément contre cela pour être à leur poste. Le film récent « L’exercice du pouvoir » le montre excellement.

        De toutes façons, plus le système s’approche de l’effondrement, plus la compréhension de son fonctionnement et de ses dysfonctionnement perd sa pertinence.

        Tout cela est d’une implacable logique.

        Seul problème : nous ne formons pas suffisamment de personnes préparées à assumer des responsabilités dans le monde de demain. Certaines se préparent du mieux qu’elles peuvent elle-même, et ce blog peut leur être très utile. Mais ce n’est pas suffisant.

        Pour ma part, j’ai commencé à y réfléchir ces dernières semaines et j’ai envie d’en faire un projet personnel prioritaire.

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