L’INSOLVABILITÉ M’A TUÉ, par Michel Leis

Billet invité

Dans la nouvelle réunion qui vient de s’ouvrir à Bruxelles, l’attention des participants va une fois de plus osciller entre la situation des banques et celle des États, dans ce mouvement de pendule si bien décrit par le maître des lieux dans une de ses dernières chroniques du « temps qu’il fait ». Comme beaucoup l’ont souligné ici, les déclarations d’intention sont nombreuses pour solutionner les problèmes structurels. Le surcroît d’intégration européenne à la cote, mais les délais de mise en œuvre sont longs. Dans l’intervalle, le conjoncturel va dominer les travaux pratiques.

L’Espagne aurait souhaité que l’on traite l’insolvabilité des banques sans mouiller les États (déjà refusé), l’Allemagne voudrait que l’on s’occupe de celle des États, et la France voudrait que l’on saupoudre un peu de croissance en espérant résorber une partie des déficits par la relance de l’activité. Les maux structurels ne sont finalement pris en compte qu’à la marge, sauf peut-être dans l’approche allemande qui a pourtant deux inconvénients majeurs. Tout d’abord, le volet économique n’est pas transposable tel quel, comme je l’évoquais dans un précédent billet ; ensuite, la réduction des déficits de l’État passe par de nouvelles contraintes qui pèsent sur le budget des ménages.

À force de parler de l’insolvabilité des États et des banques, on a bien peu évoqué les problèmes soulevés par l’insolvabilité croissante des individus. Pour être plus juste, je devrais plutôt évoquer une désolvabilisation rampante, phénomène qui est apparu dans le courant des années 80. C’est pourtant là que se trouvent les limites de la copie allemande comme celles de la copie française, l’effet de bord prévisible des politiques d’austérité comme de relance. Les plans d’austérité fondés sur un désendettement et une recherche de compétitivité ont des effets beaucoup plus violents que ce que l’on serait en droit d’attendre. L’impact est différencié par secteurs, pour des raisons sur lesquelles je reviendrai, et au final une grande partie de l’industrie européenne en sort affaiblie tandis que la balance des paiements ne s’améliore pas autant qu’espéré. Curieusement, les effets d’une relance, en particulier par la consommation, pourraient être assez proches. Il n’est pas sûr que l’industrie européenne en sorte en meilleure posture et si l’on peut espérer des rentrées fiscales supplémentaires en raison d’une propension à consommer élevée, la dégradation prévisible de la balance commerciale nécessiterait des besoins de financement accrus.

Il y a toujours cette tentation du « toutes choses égales par ailleurs », qui tend à interpréter une tendance comme la continuité de mouvements passés. Il en est ainsi de l’analyse des statistiques salariales, qui en première lecture ont continué à suivre bon an mal an l’inflation, préservant ainsi le pouvoir d’achat. Nonobstant le fait que cette hausse globale n’est probablement pas équitablement répartie, des phénomènes complexes successifs ont certainement amené beaucoup de ménages européens dans une situation beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît.

Cette limite de solvabilité est apparue de manière brutale avec l’éclatement des bulles immobilières un peu partout en Europe, même si la situation par pays est contrastée. L’Allemagne n’a pas connu de bulle, l’Espagne connaît une situation complexe entre l’effondrement du marché autour des grandes métropoles (l’arrivée en avion à Madrid est édifiante avec ces lotissements bien visibles, mais jamais terminés) tandis que l’immobilier de loisirs ne trouve plus de clients étrangers. Cependant, limiter la perte de solvabilité à la part croissante consacrée au logement par les ménages est bien trop réducteur. Cette ponction n’a été qu’un déclencheur et un révélateur de processus bien plus anciens. Deux aspects sont évidemment à prendre en ligne de compte dans cette désolvabilisation, les revenus et les dépenses.

En matière de revenus, la dégradation est structurelle et s’inscrit dans une perspective de long terme. Le bénéfice social et financier des études est de plus en plus aléatoire. Les diplômes se banalisent, et des professions qui semblaient à l’abri des délocalisations ne le sont plus. Il suffit de voir le développement de l’informatique en Inde ou de plates-formes de services téléphoniques dans les pays du Maghreb. Dans les entreprises, les pyramides aux formes très écrasées avec leurs nombreux échelons intermédiaires (je parle d’un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître) reprennent une forme beaucoup plus verticale. L’objectif de profit qui s’impose à tous est peu compatible avec les échelons de pouvoir intermédiaire. Il en résulte un blocage progressif de l’ascenseur social, qui vient s’ajouter à celui résultant de la dévaluation de la valeur des diplômes. La désindexation des salaires s’est peu à peu imposée, sous prétexte de lutte contre l’inflation. Les hausses apparentes du pouvoir d’achat recouvrent souvent une part de salaire variable liée aux résultats qui s’est en partie substituée aux augmentations automatiques. La montée apparente des salaires devient un trompe-l’œil qui se traduit par une pression accrue sur les salariés. Mais bien sûr, mieux vaut cette pression accrue que le périmètre toujours plus réduit des allocations et des aides sociales qui les assimilent de plus en plus à la charité.

Du côté des dépenses, je voudrais commencer par cette autre illusion que sont les politiques fiscales d’inspiration libérale. Le montant des prélèvements obligatoires n’a pas diminué, il est de fait resté très stable en % du PIB. Il s’établit à environ 43 % du PIB depuis 1985 avec deux pics, l’un en 1999, l’autre en 2006. Sa répartition est extrêmement intéressante.

Répartition des prélèvements obligatoires – source OCDE

La diminution relative des impôts des sociétés montre quel a été le véritable enjeu : en monnaie courante, ils ont diminué de 7 % entre 2000 et 2010, ce qui est remarquable si l’on pense à la hausse des profits sur la même période. Ce graphique montre aussi l’accroissement des recettes des collectivités locales, résultant à la fois de la hausse des impôts locaux et de la valeur croissante des biens immobiliers. Elles ont servi à financer le transfert d’une partie de la charge de l’État, en particulier dans le domaine social, vers les collectivités locales.

À cet aspect visible s’ajoute un double transfert vers les individus. Tout d’abord, une partie des services publics (parfois privatisés) sont rentrés dans une logique marchande. Des logiques de substitution ont été mises en œuvre qui pèsent dans les budgets individuels. Essayez aujourd’hui de réaliser une liaison transversale en train en France sans que l’on ne vous vende un passage par Paris ! Bien sûr, cette liaison inclue des billets TGV avec leurs tarifications spécifiques, beaucoup plus élevées que les liaisons classiques, le tout pour des gains de temps parfois dérisoires. La généralisation des tickets modérateurs et autres médicaments non remboursés correspond à la même logique de transfert : une dépense qui était presque totalement du domaine des services  publics est maintenant supportée par le particulier, qui souscrit des assurances marchandes pour y faire face.

Souvent ignorée dans les analyses parce que relativement marginale dans les budgets publics, cette baisse s’est accompagnée d’une véritable logique d’impôt caché. Par exemple, la vente des licences UMTS (en fait un droit d’exploiter une fréquence) a été répercutée en grande partie par les opérateurs de téléphonie mobile sur leurs clients. Il faut rappeler qu’en Grande-Bretagne par exemple, la vente des licences de première génération en 2002 a rapporté environ 40 milliards d’Euros à l’État, montant qui doit toujours être sur les factures des clients européens.

Mais l’inflation pourrait aussi s’apprécier en creux, par la multitude d’objets qui nous semblent aujourd’hui indispensables, pas seulement par leur fonction ou leur utilité, mais aussi par la plus-value d’image, le sentiment d’appartenance et de reconnaissance qu’ils nous apportent. L’informatique, les appareils mobils de communication, la photo numérique, les consoles de jeu, tous ces nouveaux produits du quotidien apparus il y a moins de trente ans ont donné lieu à ces deux nouvelles vaches à lait du capitalisme mondial que sont l’abonnement (communication, antivirus) et la consommation de suite (logiciels, jeu, mise à jour, etc.). Ces paiements récurrents viennent s’ajouter aux crédits souscrits par les ménages pour leur consommation et leur logement.

Au final la limite est de plus en plus mince pour une grande majorité des ménages entre solvabilité et insolvabilité. La multitude d’objets proposés par les entreprises nous oblige à réviser en permanence notre norme de consommation, véritable frontière intérieure. L’appartenance à la société réside surtout dans ces petits détails qui nous font encore appartenir au groupe ou nous en excluent. Il est intéressant de noter que le graphique sur les impôts fait apparaître une érosion de la part relative de la TVA, signe d’un essoufflement de la consommation, alors que le taux est resté constant (à l’exception de la restauration) depuis cette date.

Cette révision constante de la norme de consommation pèse sur le budget des ménages, mais elle trace aussi les limites de la solution allemande comme de la solution française. La consommation s’est stratifiée en trois grandes composantes. Une consommation de nécessité difficilement compressible, une consommation variable d’appartenance qui peut être sacrifiée pour tout ou partie et enfin une part dynamique, celle qui porte encore l’inscription dans le social. On assiste à un rétrécissement de ce qui était le cœur de marché, coincé entre un haut de gamme qui reste dynamique (il y a peu d’élasticité prix) et un bas de gamme qui sert de consommation de substitution.

L’illusion allemande tient en partie à son positionnement dans le marché. On achète des habits chinois pour payer un abonnement à un opérateur européen de télécom et utiliser un PDA d’une célèbre marque à la pomme, lui aussi fabriqué en Chine. Il y a mobilisation des moyens des individus pour créer une plus-value d’image individuelle qui tend à dégrader la balance commerciale du pays. Par contre la part variable de cette consommation peut être sacrifiée brutalement. La Grèce a ainsi vu son marché automobile divisé par 3 depuis 2007, tandis que le PIB diminuait « seulement » d’environ 10 %. Comme la Grèce ne fabrique pas d’automobiles, sa balance commerciale s’en trouve améliorée, mais c’est l’équivalent d’une usine (c’est un petit marché à l’aune européenne) qu’il faudrait fermer en Europe pour prendre en compte cette situation. Quand on arrive aux limites de la solvabilité, là où nous entraînent les politiques de rigueur, on assiste à un double phénomène. Les secteurs les plus touchés se stratifient entre un bas de gamme qui n’est plus produit localement et un haut de gamme qui ne bénéficie qu’à un nombre limité d’acteurs. Autant dire que l’amélioration de la balance commerciale est insuffisante, ce qui génère des problèmes de refinancement pour les banques. De même, les rentrées fiscales diminuent fortement. La violence des ajustements est un paramètre très mal apprécié dans l’approche des politiques de rigueur.

La vieille Europe a pour l’essentiel raté le tournant des produits au cœur de la norme de consommation, en partie par erreur dans les stratégies industrielles, en partie parce que le rapport de force dans la chaîne de valeur de ces nouveaux produits s’est orienté vers la distribution et la vente de services annexes. Il y a une fracture entre les pays qui génèrent la richesse de leurs entreprises dans l’industrie et ceux qui la créent plutôt dans la distribution ou les services. Les flux financiers créés y suivent un circuit particulier. Le flux est atomisé entre les points de vente, les investissements sont dispersés, configuration qui facilite l’optimisation fiscale. De l’emploi se crée dans les États, plus rarement du profit et des rentrées fiscales, mais la balance des paiements devient chroniquement déficitaire. Cette caractéristique fait que toute relance de la croissance qui serait fondée sur la consommation risquerait de se traduire par une dégradation de la balance commerciale, et ne bénéficierait que marginalement aux industries européennes. Or, la zone euro ne fonctionne pas comme un seul État, la balance commerciale reste du domaine de chacun des États.

Une approche structurelle digne de ce nom devrait intégrer cette dichotomie des États et mettre à contribution l’économie réelle. Au-delà de l’harmonisation fiscale et sociale, le retour ou non sur le territoire national de la richesse créée à l’extérieur par les entreprises nationales est un enjeu, comme l’est le partage de la valeur ajoutée entre travail et capital. Comme ces questions ne semblent pas être à l’ordre du jour à Bruxelles, il m’arrive d’avoir envie de goûter à nouveau à cette drogue douce qu’était le couple inflation / indexation…

Partager :

24 réflexions sur « L’INSOLVABILITÉ M’A TUÉ, par Michel Leis »

  1. pas de téléphone portable, pas d’ipad, pas d’iphone, pas de itruc,pas de gps dans mon outil de transport d’un point A au point B autrement nommé bagnole , mais c’est vrai un appareil photos numériques et un ordinateur

    oui oui, je vous confirme : on peut vivre sans portable ………..

    1. « On peut vivre sans portable. » Non. Téléphone, ordi, agenda, montre, réveil, télé, journal, météo, moyen de paiement, Gps, lampe de poche, appareil de prise de vues, console de jeu, bibliothèque, balise de détresse, etc, pour trente € par mois. Non, définitivement, encore moins en Afrique subsaharienne, c’est dire.
      Saint François d’Assise aurait quatre portables (un pour les autorités ecclésiastiques, un pour les autres bipèdes, un pour les volatiles, un pour dieu le père aucazou), Diogène deux (un pour les dieux, un pour s’appeler lui même). Moi j’en ai qu’un et rien de tout le reste.

    2. J’ai le sentiment que ce n’est pas de posséder un portable qui pose problème.
      Je vous l’accorde, cela rempli trop la vie des gens, et le rapport à ces outils devrait changer.
      Mais si on enlève ce phénomène, il reste que vivre dans un monde moderne doit pouvoir se faire ?
      Si tout le monde prend conscience que consommer n’est pas le but d’une existence, que cela a une influence néfaste sur notre environnement si on le fait n’importe comment….si une véritable éducation, une ouverture d’esprit sont données aux peuples, je pense qu’on peut avoir accès à ce type de technologie, si on en a envie.
      Je n’ai pas de portable et m’en porte bien, mais autour de moi, je peux concevoir qu’il y ai besoin de ce mode de communication.
      Bref, imaginons que les lobbies laissent sortir des tiroirs des énergies propres. Imaginons que cette planète s’organise autrement pour produire ce genre d’outils (téléphones et autres)de façon propre…..
      Entre le monde merveilleux et sans technologie d’AVATAR (film ou le lien avec la planète et ceux qui y vivent est une évidence), et un monde à la technologie mortifère, il pourrait peut-être y avoir une moyenne ? un rapport juste ?
      Je ne sais pas, hein, je me pose la question.

      1. Imaginons que les lobbies ne laissent pas sortir des tiroirs des énergies propres pour la bonne raison qu’elles n’existent pas et que donc les habitants de cette planète soient placés devant le choix de ne plus consommer toutes ces merveilles technologiques ou de continuer quel que soit le prix à payer.
        Que se passera-t-il ?

      2. La norme de consommation moderne est le fruit d’une action poursuivi sans relâche par les entreprises depuis le milieu des années 60. Pour faire face à l’épuisement progressif de la consommation de masse (i.e. celle de produits banalisés), les sociétés ont beaucoup développé l’image des produits à grand renfort de marketing et de nouveautés technologiques (bénéficiant indirectement des retombées technologiques de la guerre froide et de la course à la lune). La consommation signifiante a pris le dessus : le désir de l’objet, l’objet du désir… Cette évolution est au cœur de beaucoup de problèmes actuels : où se crée la valeur? Dans la production, le commerce ou les services? Elle a contribué au recours accru au crédit, au déséquilibre de la balance des paiements en fonction de la position relative des pays dans la chaîne de valeur. Elle est aussi très structurante pour l’ensemble de la société: je consomme donc je suis. La consommation raisonnée est aux antipodes de la norme de consommation dans tous les domaines, la réflexion ne peut donc se limiter à notre manière de consommer.

    3. @Gorban :
      //// oui oui, je vous confirme : on peut vivre sans portable ………..////

      Mais on ne plus vivre sans brouilleur de portable ….
      Je m »en suis equipé et peut donc , a nouveau frequenter un restau .

      Pour qqs avantages ou l’ ubiquité peut etre indispensable , tout comme les CAO/DAO , les perversités de ces outils sont invisibles mais catastrophiques . Sans ces outils nous sommes « obilgés » a une gymnastique intellectuelle (mémoire , cogito ….Logique) qui servira a d’autres usages .

  2. Pas grand chose de nouveau, dans cet article.
    Cela fait des années qu’on disserte ici sur l’insolvabilité organisée au profit des riches et au détriment des pauvres via les banques. La méthode d’analyse, elle, plus inédite. Mais bon, pédagogie c’est répéter qu’y disent….

    1. Pas d’ac, l’analyse du couple infernal stratification/consommation me parait un excellent cas de moteur microscopique qui a de lourdes conséquences macroscopiques.
      A défaut de tout expliquer à soit tout seul, c’est un bel angle d’attaque pour penser systémique.
      Y’ a pas qu’Aristote dans la vie, quoi.

    2. Je ne crois pas à une insolvabilité organisée, avec des comportements qui seraient guidés par une rationalité gravée dans le marbre. Comme le dit Timiota, je recherche une analyse systémique. Ma démarche est d’essayer de partir des référentiels, des stratégies, de la normalisation (en perpétuelle évolution) du comportement des acteurs du système pour en tirer une vision globale, une critique de l’intérieur en quelque sorte. On a trop laissé le domaine de la micro-économie aux libéraux. Cette démarche permet (peut être) d’avoir un discours plus audible pour les gens abreuvé par les vérités libérales. C’est ce que j’ai essayé de faire dans mon livre, mais fragmenter l’analyse à l’occasion d’évènements importants ne peut pas rendre la vision globale, désolé…

      1. Tout à fait d’acc que le niveau micro-économique peut êtr eun point d’entrée pour faire compredre des choses à bcp de gens, même si ça reste exigeant et que la tentation de la simplification reste forte.
        Et votre livre ? J’avais zappé, je vais aller voir:
        « Crises économiques et régulations collectives » Michel Leis. 22 euros, Ed Du Cygne. Paru en 01/2012 . Va falloir que j’en cause à mon libraire !
        (fnac , bouark , mais pas trouvé chez Decitre…)

      2. @timiota
        Petit éditeur, distribué plutôt sur commande (auprès de votre libraire favori, bien sûr). Pour le reste six chapitres tournant autour de 4 normes : Consommation, production, profit et politique et esquissant leurs rétroactions mutuelles.

    1. Il est peut-être préférable de ne pas explicitement faire référence à l’une des affaires judiciaires les plus emblématiques des années 90 et dans laquelle le principale accusé a peut-être (il a été condamné mais il n’y a pas eu de procès en révision malgré les multiples demandes) été victime d’une erreur judiciaire.

  3. la ville de Stockton en Californie fait faillite .

    Sachant que Stockton 300 000 habitants est la 4 ieme ville de de Californie -etat etatsunien considéré longtemps comme le huitieme du G7 et à peu près equivalent à la France- ,

    Quelle pourrait etre la ville française equivalente en population (source wiki http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_communes_de_France_les_plus_peupl%C3%A9es) en failllite :

    Toulouse ,Nantes ,Strasbourg,Nice ,Bordeaux ,Lille,Montpellier, Rennes ???

    1. Stockton… Bagatelle. C’est la Big Apple, NY city qu’était en bankrupticy en 75. C’était l’époque de Born to run et de Jungleland… La Belle Époque quoi. Un peu avant Reagan…
      Et la dette des communes allemandes par chère tête de pipe administrée, zavez une idée de c’que c’est ? Cherchez, mais j’peux vous dire que même à Marseille, leur dette, à coté d’ce thon, ben c’est pas une sardine à bloquer le vieux port…

  4. Essayez aujourd’hui de réaliser une liaison transversale en train en France sans que l’on ne vous vende un passage par Paris…

    ??? Rien de neuf là. Mais c’est vrai qu’il est tout à fait déplorable que l’on vous oblige à passer par Paris pour relier Brest à Strasbourg ou le Havre à Genève. C’est un peu comme si nous bordelais on nous forçait à passer par Toulouse pour aller nettoyer la piscine à St Jean Cap Ferrat au mois d’avril, non mais de qui se moque-t-on ?
    Je propose de déplacer Paris à Ajaccio, histoire d’en finir avec le centralisme jacobin et vice-versa bien sûr, histoire d’animer le continent et de motiver les préfets de la République.

  5. Au-delà de l’harmonisation fiscale et sociale, le retour ou non sur le territoire national de la richesse créée à l’extérieur par les entreprises nationales est un enjeu, comme l’est le partage de la valeur ajoutée entre travail et capital.

    Oui, c’est bien le noeud du problème !
    Très bonne analyse de la réalité de la mondialisation « perdant perdant » :
    1 Fuite des emplois par le jeu des délocalisations
    2 « Fuite » des recettes fiscales
    3 Déficit chronique de la balance commerciale (il serait intéressant à cet égard d’analyser à propos du déficit chronique de notre balance commerciale depuis les années 2000 la part des importations venant des entreprises françaises et leurs filiales !)
    Comme analysé on a bien un noeud coulant à « triple effet » qui rend aléatoire toute politique de relance par la demande sans mesures protectionnistes… Reste donc, en l’état actuel du libre marché concurrentiel, la solution patronale à l’Allemande qui consiste s’aligner sur le dumping fiscal et social au nom de la « compétitivité » censée rétablir le solde de la « balance commerciale ». Cependant, on se heurte là au paradoxe de l’économie libérale, les bénéfices des uns étant les déficits des autres, ce jeu nécessite forcément des perdants. Le « gagnant gagnant » est là aussi impossible et donc illusoire. Dans ces conditions il n’y a aucun intérêt à rentrer dans ce système de compétition, au risque d’être doublement le dindon de la farce. Seule la politique monétaire peut permettre aux pays dont la monnaie sert de réserve de change de se financer par la planche à billet, comme les USA ou le Japon. N’ayant pas de souveraineté monétaire, les pays du sud de la zone euro n’ont aucun intérêt à se lancer dans la course à la compétitivité qu’ils sont du reste sûr de perdre, l’Allemagne ayant déjà plus d’un train d’avance… Ils ne feraient que cumuler les effets négatifs de la régression sociale et de la baisse de la demande intérieure avec ceux du déficit commercial, phénomènes qui s’entretiennent mutuellement dans une spirale récessive dévastatrice, ce qui est d’ailleurs le cas en Grèce, en Espagne ou au Portugal.
    Seules solutions, un retour au protectionnisme et à la souveraineté, et la monétisation de la dette par l’inflation.

Les commentaires sont fermés.