COMMENT EXPLIQUER LE COMPORTEMENT SUICIDAIRE DU MONDE DE LA FINANCE ?, par Nadj Popi

Billet invité.

Paul, je souscris pleinement à l’analyse claire, concise et circonstanciée que vous nous livriez dans votre article du Monde daté du mardi 8 octobre dernier intitulé Le comportement suicidaire de la finance, dans lequel vous exposiez à propos des civilisations, la thèse fondamentale de “l’incapacité de leurs élites et de leurs gouvernements à se représenter clairement le processus d’effondrement en cours”.

De facto, le processus que vous dépeignez a été théorisé en sciences sociales (sociologie et économie), tout comme en sciences physiques, par le concept d’hystérèse, dont on peut dire en substance qu’il décrit la persistance d’un comportement, d’une attitude, qui caractérisait un environnement, un monde, un horizon, un univers particulier, comme cadre de représentation alors que précisément nous avons changé, à la suite d’un choc exogène ou d’une crise (rupture du cadre de représentation), de monde, d’univers, d’horizon et de cadre de représentation.

Autrement dit l’hystérèse théorise prosaïquement l’idée de la persistance d’un effet dont la cause a en réalité disparu.

L’effet d’hystérèse a été étudié dans la littérature économique, en théorie du commerce international (analysant le lien entre taux de change et balance commerciale) ainsi qu’en théorie du chômage (l’article de 1986 Summers et Blanchard, “Hysteresis and the European unemployment problem”, NBER).

Forgé par les sciences physiques, le concept d’hystérèse est théorisé en sciences sociales par Alfred Schütz dans son article de 1946 : “Don Quichotte et le problème de la réalité” bien qu’en réalité le thème de l’hystérèse lui-même apparaisse déjà en filigrane, en 1945, dans son article inspiré de William James (le grand psychologue américain) : “Sur les réalités multiples” (1945), article pionnier qui inspira l’une des figures centrales de la sociologie américaine, Erwing Goffman, dans son analyse de la folie et de l’institution disciplinaire chargée d’en assurer le traitement qu’est l’asile (Asylum, 1961) mais aussi et surtout “Les cadres de l’expérience (1974), dont l’article de Schutz de 1945 constitue sans aucun doute la pierre angulaire sur laquelle vient s’établir tout son édifice théorique visant à définir l’existence d’une réalité multiple.

En outre, ce concept d’hystérèse est repris à son tour par Bourdieu (sans doute inspiré en cela par Schütz dès 1972 dans son Esquisse d’une théorie de la pratique) qui lui attribue la qualification d’« effet Don Quichotte » (Choses dites,1984), pour décrire le héros de Cervantès qui se comporte en véritable chevalier, héros d’un monde où la chevalerie n’existe plus, Don Quichotte devant se résoudre du coup à combattre des moulins à vent.

Enfin c’est à Hayek et Popper, véritables épigones d’Alfred Schütz, qu’il revient d’avoir repris la thèse de l’existence de réalités multiples conflictuelles et dialectiques.

Popper, dans son opus intitulé La connaissance objective (1972), qui entérine sans ambages son ancrage hégélien ou marxien (Popper souligne cette filiation en reprenant à son compte la célèbre thèse numéro 11 selon laquelle les philosophes n’ont fait jusqu’ici qu’interpréter le monde et qu’il s’agit maintenant de le transformer), reprend l’idée schutzienne de l’existence de plusieurs mondes ou de plusieurs réalités : la théorie poppérienne des trois mondes (le monde des choses, le monde de l’esprit et le monde des idées de la connaissance objective).

Hayek quant à lui exprime cette idée de l’hystérèse dans sa théorie du cycle en soutenant que toute politique de relance produit une situation de crise qui rétroactivement modifie la mémoire du système économique, rendant de fait inopérante toute nouvelle politique de relance. C’est sur cet argument de l’hystérèse que se fondent les thuriféraires du capitalisme néolibéral pour justifier le caractère passéiste désuet, périmé, éculé de la politique économique keynésienne qui n’aurait plus d’effet sur la réalité économique en raison de la crise et du changement de structure économique qu’elle a opéré.

A contrario, on pourrait aussi arguer que les chocs d’austérité imposés par les néolibéraux ne produiront pas l’effet escompté précisément en raison de l’effet d’hystérèse et de la persistance d’invariants d’ordre anthropologique et culturel que l’injonction au changement de modèle économique ne saurait infléchir, modifier, amender, voire transformer.

On voit ainsi clairement que le chantage au benchmarking et à l’alignement des modèles économiques et sociaux se trouve frappé d’irrecevabilité en raison de la persistance d’invariants qui structurent les économies : l’effet d’hystérèse invalide donc l’entichement pour le modèle allemand qui n’est en réalité que le reniement du modèle rhénan lui-même.

L’effet d’hystérèse trouve sa manifestation la plus aboutie dans l’expression hayékienne de “mirage de la justice sociale” (Droit Législation et Liberté, volume 2) qui décrit la persistance du concept de justice sociale même à la suite du basculement du monde vers l’horizon du capitalisme néolibéral régenté par les inégalités.

En réalité, cette idée formulée par Hayek ne fait que reprendre l’expression célèbre de Marx immortalisée dans son Manifeste du Parti Communiste : “Un spectre hante l’Europe – le spectre du communisme”. On ne saurait trouver meilleure définition du concept d’hystérèse : le spectre comme le mirage sont deux concepts qui expriment le phénomène hystérétique.

Plus récemment, on retrouve la formulation de l’hystérèse chez le sociologue allemand Ulrich Beck, par son expression (reprise par Emmanuel Todd) de “concept zombie”, qui traduit l’idée de la persistance de certains concepts inopérants pour décrire le changement de réalité qui vient de survenir : le libre-échange, la compétitivité, la réduction des déficits et l’efficience des marchés financiers, sont autant de concepts et d’expressions zombies ou spectrales qui persistent malgré le fait qu’elles désignent et décrivent une réalité qui n’existe plus.

L’« effet Don Quichotte » ne désigne donc pas tant une opposition entre la fiction et la réalité que différentes réalités structurées par différentes idées (abstraction ou fictions).

Il existe différentes réalités parce que co-existent différentes idées structurant différentes réalités, les multiples réalités conflictuelles traduisent donc la co-existence de différentes idées, c’est la raison pour laquelle à la suite d’une crise provoquée par un choc exogène ou endogène, les idées structurant l’ancienne réalité subsistent alors même que cette réalité n’existe plus.

Examinons à présent le cas du comportement suicidaire du monde de la finance qui continue nolens volens à se représenter une réalité qui s’est effondrée, à l’aune de la théorie de Goffman qui inscrit le processus de l’hystérèse dans une situation intersubjective pour expliquer le phénomène de la folie.

Ce qu’il est d’usage d’appeler la folie (un comportement anormal comme le comportement suicidaire) est pour Goffman le refus d’accepter la réalité objective, ce qu’il appelle le non respect des règles de l’interaction validant l’idée d’une réalité objective.

La réalité objective intersubjective est partagée par une collection d’individus qui respectent les règles du jeu de l’interaction, c’est-à-dire en substance, du rapport de force.

Cette idée est explicitement énoncée par Schutz dans sa thèse de la “réciprocité des perspectives” ou sa thèse générale de l’« alter ego », qui postulent que le partage d’une même réalité exige que les perceptions ou les consciences de cette réalité soient interchangeables (c’est aussi le concept de sympathie proposé par Adam Smith pour décrire le caractère interchangeable des points de vue, pour exprimer une telle domination). Schutz ne fait en réalité ici que reformuler la dialectique du maître et de l’esclave de Hegel.

Autrement dit, pour partager une même réalité, il faut qu’existe un rapport de force exigeant de l’autre qu’il partage cette réalité : ce sont là les règles de l’interaction de Goffman.

Ces règles désignent donc des rapports de force, des rapports de pouvoir, et donc subséquemment pour Goffman, la folie exprime ce refus de se soumettre à ce rapport de force imposé par l’institution que représente l’asile.

En définitive, le concept de folie, de comportement anormal ou suicidaire, procède du phénomène de l’hystérèse car il correspond à l’incapacité de prendre acte de la réalité objective par son refus de se soumettre aux rapports de force inhérents à cette réalité objective.

Autrement dit, le comportement suicidaire du monde de la finance relève bien de la folie au sens hystérétique (et hystérique pourrais-je même ajouter), au sens d’un déni de réalité dû à la violence de son refus d’abandonner ses privilèges.

Cette analyse rejoint les remarques d’Emmanuel Todd, pour qui l’acharnement de l’union européenne à conduire des politiques d’austérité menant à la dépression, s’inscrit aussi dans une attitude qui relève de la folie ou du comportement suicidaire.

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97 réflexions sur « COMMENT EXPLIQUER LE COMPORTEMENT SUICIDAIRE DU MONDE DE LA FINANCE ?, par Nadj Popi »

  1. Résistances au changement, forces de l’habitude, sont naturellement inscrites dans nos gènes d ‘Homo sapiens craintif et apeuré de perdre ce qu’il tient pour ce qu’il pourait avoir.
    Seule la nécessité fait Loi.
    Le Progrès, qui n’est pas linéaire, procède toujours par bonds et rebonds.
    Qui n’avance pas , recule :Trois pas en avant puis deux en arrière nous fait toujours avancer

    1. Hystérèse ou hysteresis: Situation où l’effet demeure alors que la cause a disparu.
      Certains exemples indiqués correspondent à des enfumages de l’idéologie oligarchique et à de la dynamite néolibérale.
      Premier exemple: “pourquoi le taux de chômage “NATUREL” (jargon néoclassique néoconservateur des économistes pinochétistes de l’école de Chicago) est resté au niveau élevé atteint à la suite des chocs macroéconomiques pétroliers et monétaires des années 70 et 80, alors que la cause supposée du phénomène a disparu?
      Les réponses sont que les causes réelles du chômage n’ont pas disparu, notamment les politiques prônées par les économistes mainstream de désinflation compétitive (années 80-90) puis depuis deux ans en Europe du Sud et plus récemment en France avec la signature du TSCE des politiques de déflation compétitive qui aggravent le chômage.

      Deuxième exemple d’enfumage idéologique lié au précédent: les économistes mainstream pro-finance dont l’ineffable Alain Minc considèrent qu’une dévaluation ou dépréciation de la monnaie ne permettrait plus de redresser les échanges extérieurs d’un pays à cause de l’inflation importée sur les produits pétroliers et du fait de la très grande spécialisation industrielle. Les économistes rigoureux (J.P.Fitoussi, J.Sapir) et les honnêtes hommes qui prennent la peine de regarder les statistiques observent que l’effet positif d’une dépréciation ou d’une dévaluation importante est toujours présent: Suède 1981, Zone euro (1997 à 2001), Islande 2010, Chine et Inde etc.. A l’inverse la surévaluation de l’euro depuis quelques années combinée à la politique allemande de diminution relative des salaires a conduit les pays d’Europe du Sud et la France dans de forts déficits extérieurs qui sont corrélés à des taux de chômage de plus en plus élevés. les taux de chômage en Espagne et en Grèce risquent de dépasser le taux de 32% qui a permis à Hitler de prendre le pouvoir en 1932.
      Acte unique, Maastricht, monnaie unique c’est le chômage tragique.
      L’euro commun créera l’emploi demain.

      Est-il sûr que l’oligarchie des 1% est à côté de ses pompes ou au contraire avance t’elle ses pions et divisions méthodiquement pour diviser au nom de la “mondialisation” et casser toujours plus les 99%. Le débat reste ouvert.

      1. “Hayek quant à lui exprime cette idée de l’hystérèse dans sa théorie du cycle en soutenant que toute politique de relance produit une situation de crise qui rétroactivement modifie la mémoire du système économique, rendant de fait inopérante toute nouvelle politique de relance. C’est sur cet argument de l’hystérèse que se fondent les thuriféraires du capitalisme néolibéral pour justifier le caractère passéiste désuet, périmé, éculé de la politique économique keynésienne qui n’aurait plus d’effet sur la réalité économique en raison de la crise et du changement de structure économique qu’elle a opéré.”

        Hayek a formé et écrit l’essentiel de ses idées avant 1932. Il a été démenti par les faits et n’a rien compris au New Deal, au keynésianisme, à la forte croissance keynésienne de 1945-73 etc. Les néo-conservateurs qui se réclament de ses idées se gardent bien de les appliquer car tout le monde sait que ce serait une catastrophe absolue.
        On peut parler aussi d’idéologie mortifère,crypto-fasciste, catastrophique…

      2. Merlot méqueue, attention aux amalgames faciles Hayek / neocons. Pas exactement la même droite dure et la même vision du capitalisme ou du marché entre un Hayek et un Kristol, un Rothbard et un Ropke, un Friedman et un Erhard ou un Salin et un Novak…
        Lire Audier…

  2. Tout ceci procède d’un changement de mentalité qui ne peut s’opérer que par mutation sur plusieurs générations , il suffit de connaitre l’incapacité des humains à changer leurs gouts alimentaires , alors changer de modèle intellectuel c’est à mille lieux.
    C’est pourquoi le changement ne se fera que dans la douleur , par la force armée ou non.

    1. Rien n’est plus surprenant pour ceux qui considèrent les affaires humaines avec un oeil philosophique que de voir la facilité avec laquelle la majorité (the many) est gouvernée par la minorité (the few) et d’observer la soumission implicite avec laquelle les hommes révoquent leurs propres sentiments et passions en faveur de leurs dirigeants. Quand nous nous demandons par quels moyens cette chose étonnante est réalisée, nous trouvons que, comme la force est toujours du côté des gouvernés, les gouvernants n’ont rien pour les soutenir que l’opinion. C’est donc sur l’opinion seule que le gouvernement est fondé et cette maxime s’étend aux gouvernements les plus despotiques et les plus militaires aussi bien qu’aux plus libres et aux plus populaires

      (David Hume, in Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, Collection Liber, 1997, Points, 2003 P.257, aussi in Sur l’Etat. Cours au Collège de France 1989-1992, Raisons d’agir/Seuil, 2012, p.257-258)
      http://pierrebourdieuunhommage.blogspot.fr/2011/07/en-ligne-pierre-bourdieu-la-suffisance.html

      1. …[…] Par ailleurs, le réseau de paradis fiscaux de la Couronne (îles Anglo-Normandes, Caïmans, Gibraltar…), qui servent de rabatteurs de fonds, favorisent plus que jamais l’évasion fiscale, légale mais immorale. En outre, le projet Vickers, visant à sanctuariser les activités de dépôt des transactions spéculatives, ne limite pas la taille excessive des banques universelles offrant toute la gamme des services. Enfin, la crise de l’euro tout comme la flambée des prix des matières premières ont mis en exergue l’activisme des nouveaux maîtres de l’univers, traders à haute fréquence, “fonds vautours”, cartels de fixation des indices de prix ou grands négociants internationaux.

        Comment expliquer que le monde financier ait pu ainsi échapper à la “révolution feutrée” ? Tout d’abord, le lobby des seigneurs de l’argent continue à avoir l’oreille des politiques en exerçant un chantage aux prêts ou au départ sous des cieux fiscaux plus cléments. …
        http://www.lemonde.fr/international/article/2012/10/19/la-city-incorrigible-vieille-fille-permissive_1778296_3210.html

  3. je ne pense pas qu’il faille en appeler à la “folie” (au sens technique en tout cas) ; puisqu’il s’agit simplement de l’imprévoyance généralisée.
    chacun se conduit à peu raisonnablement … de son point de vue … Si il faut sauver les meubles, pour les quelques uns qui le peuvent, ils sauveront leurs meubles et leurs décorums et leurs seuls intérêts actuels. ça n’a jamais fonctionné autrement , au fond, et si durant quelques temps les quelques intérêts égoïstes se sont alignés sur un vague intérêt collectif … ça n’est pas de leur faute, ni de leur volonté ; il se trouve que quelques découvertes, quelques inventions, quelques managements des choses et des êtres ont coïncidé collectivement et individuellement ; ou plutôt quelques uns ont su profiter des dites inventions (en accaparant une partie du bienfait pour leur seul compte).
    comme tout ce mouvement (inventions, collectif et individualités égocentriques) était absolument non pensé, non contrôlé, totalement laissé au hasard des circonstances, il se révèle tôt ou tard (les fameux cycles économiques, oui… cycle … je n’y crois pas du tout qu’il y ait en l’occurrence quelque loi économique que ce soit), il se révèle tôt ou tard que la liaison de quelques uns et du collectifs était purement accidentelle et nullement essentielle ….

    Autrement dit, la royauté et les révolutions de palais étaient un gros désordre, (a big bordel), de même les coulisses du parti chinois lorsqu’il s’agit de régler la succession ; et pour cause sans loi et régulation imposées objectivement, le désordre qui peut s’effacer un temps, revient finalement à de sombres rivalités contingentes, aux immédiatetés des sauve-qui-peut, ou des assassinats ou des guerres, etc. Hors la Loi, il n’existe que le désordre ; une sorte de rationalité minimum sans avenir du tout.

  4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Hystérésis

    Ce phénomène peut être représenté analytiquement et graphiquement par des courbes fermées dans le plan, mais celles ci ne sont pas des représentations de fonctions numériques (un point de l axe des abscisses aurait deux points images sur la courbe), ce sont me semble t il des fonctions vectorielles, la représentation graphique étant le lieu des vecteurs satisfaisant une même loi ou condition (ensemble de départ de la fonction vectorielle = domaine de définition dans le plan, ensemble d arrivée = ensemble des vecteurs satisfaisant la condition).

    Cela rappelle une représentation intéressante “du juste” selon Leibniz : un vecteur qui prend en compte toutes les petites perceptions-influences et se dirige vers la zone de moindre effort , représente mieux le juste que la balance qui ne peut mesurer que ce qu elle connaît déjà qui est contenu tout entier dans un côté-raison suffisante
    Dans essais de théodicée :
    “325. Cependant, comme bien fouvent il y a plufieurs partis à prendre, on pourroit au lieu de la balance comparer l’ame avec une force, qui fait effort en même tems de plufieurs .cotés, mais qui n’agit que là où elle trouve le plus de facilité ou le moins de réfiftance. Par exemple, l’air étant comprimé trop fortement dans un recipient de verre, le caftera pour fortir. Il fait effort fur chaque partie,mais il fe jette enfin fur la plus foible. C’eft ainfi que les inclinations de l’ame vont fur tous les biens qui fe prefentent.: ce font des volontés antecedentes; mais la vo-‘ lomé confequente, qui en eft le refultat,. fe détermine vers ce qui touche le plus”

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_raison_suffisante

    1. C’est bizarre, sur un clavier le S et le F ne sont pas cote à cote. Vous avez du inverser les lettres en remontant le clavier ou alors, il vous manque une dent 🙂

      1. Il a du recopier dans un ancien corpus mis sur le web avec les s de l’ancien français qui s’écrivent un peu comme des f italiques…

  5. La fondation ” Genève place finanacière” a publié ce mercredi le bulletin de santé du secteur bancaire de l’Etat -canton de Genève .

    Les journaleux locaux en rapportent ceci :

    – prévisions moroses pour 2013

    – la moitié des grandes banques prévoit un exercice difficile ,

    – offensive de l’UE et des USA contre ” le coeur de métier” des banques genevoises , la gestion de fortunes ( en européen , évasion fiscale ) .

    – ce qui a été perdu d’un côté en 2012 a été comblé par les apports précipités de l’Espagne , de la Grèce et “du sud de l’Europe “. En langue suisse on dit ” apport d’argent frais ” .

    – Trading : 75 % des exportations de pétrôle russe sont traitées à Genève . Genève reste la première place mondiale pour les transactions sur le sucre , les céréales et huiles végétales , et leader européen pour les transactions sur le coton . .

    – L’UE accuse la Suisse de dumping fiscal ( les cantons se font concurrence pour tirer vers le bas les taux d’imposition )

    – les entreprises au bénéfice de statuts fiscaux représentent 20 000 emplois directs , plus d’un milliard (FS ) d’impots pour le canton et les communes du canton , et près de 10 % de la valeur ajoutée totale du canton . ( soit respectivement 50 000 emplois et un qurt du PIB cantonal en tenant compte des effets indirects ).

    -Devant la menace de disparition de “l’imposition dérogatoire” ,le grand argentier du canton David Hiller a dégainé un projet d’imposition à 13 % pout toutes les entreprises .;

    – Blanchiment d’argent ( cf la députée EELV à Paris ) :” y a des moutons noirs partout . La suisse est pure et à l’avant garde de la lutte conte la drogue ” .

    On n’a pas parlé de suicide .

  6. Tout ca ne me parait pas bien difficile a comprendre , ca relève du même processus que pour l indifférence au réchauffement climatique : si je fais autrement l autre va quand même faire comme cela et je serai largué…..

    1. Les maitres de la finance, autrement dit la bourgeoisie,
      est en fait tout à fait rationnels.

      Elle maximise ses gains, sachant pour l’essentiel
      que l’on va vers des désastres humains,
      comme vers des désastres écologiques.

      Mais elle dispose et renforce des appareils d’Etat,
      qu’elle a toujours utilisé dans le passé pour écraser les révoltes,
      au prix des pires dictatures.

      Elle mène la guerre de classe, froide (celle que Buffet a annoncé gagnante)
      avant de devoir affronter la vraie guerre.

      Elle ne deviendra suicidaire que lorsque les peuples
      passeront de l’indignation à la résistance, aux révoltes et aux révolutions.
      Pour l’instant, et c’est normal, ils sont encore sous la domination des politiciens
      qui les détournent de la résistance avec l’hystérésie, hérésie,et hystérie grostesque
      de la “révolution par les urnes”, il est vrai réduite à d’illusoires mesures keynésiennes…

      Les révolutions commencent toujours par de vaines pitreries politiciennes…

      1. Enfin,un message d’espoir:
        la révolution-la vraie- va gagner et l’Avenir sera radieux.

        Il parait qu’il en faut très peu pour que les poules retrouvent leurs dents. Des scientifiques s’y sont essayés avec succès, c’est même une vieille manip. Tout le”matériel” est présent, prêt à servir. Il suffit d’enlever un inhibiteur pour que la dentine commence son travail.
        C’est un beau conte de fée.

      2. Daniel s’exprime comme Marie-Antoinette il y a longtemps,
        les éditoriaux quiétistes du Monde en début Mai 68,
        et des dizaines de politiciens bourgeois à la veille des révolutions.

        Ceci dit, le passage de l’indignation aux résistances,
        et à la révolution n’a rien d’assuré.
        Les conditions objectives murissent comme jamais,
        à une échelle jamais imaginée.
        Mais reste à faire converger les résistances,
        à rassembler sur le projet de “‘sortie du cadre ” capitaliste,
        pas sur son rafistolage impossible proposé par tous les politiciens de gôche.
        Dans presque tous les pays européens,
        la cause d’une sortie de la dictature du capital avance.

  7. Comprends pas ! On n’a jamais vu une classe sociale renoncer spontanément à ses privilèges au nom de l’intérêt commun. Cela suffit à expliquer le “comportement suicidaire” de la finance, sans qu’il soit besoin d’en appeler à un concept abscons. Au demeurant, le billet n’explique pas comment ce concept s’applique effectivement à la finance, et prend pour argent comptant ce “comportement suicidaire” qui, à mon sens, n’est pas une réalité objective : ce n’est qu’une opinion personnelle. Un sondage auprès des banquiers dégagerait probablement une autre impression d’ensemble.

    Dans son billet, Jorion disait :

    Toute mesure préventive d’un nouveau désastre étant systématiquement désamorcée, celui-ci devient inéluctable. Si les mécanismes par lesquels le monde financier met en œuvre ce comportement suicidaire ne fait pas mystère, sa motivation demeure cependant problématique.

    Sa “motivation” c’est la loi de la concurrence. Les entreprises financières sont toujours en pleine guerre entre elles, comme l’étaient sur le terrain les preux chevaliers du Moyen Âge : leur demander d’arrêter, de changer les règles en pleine bataille, est tout bonnement impossible. Il faudrait que leur guerre s’arrête pour toutes en même temps, et qu’elles se réunissent autour d’une même table. Mais les Américains n’y seraient pas en position de force, ils n’ont donc pas envie de convoquer un nouveau Bretton Woods.

    1. Limpide et clair !!
      Concernant la “motivation du monde financier”, j’ajouterais l’interprétation aussi dramatique que fausse des thèses de Darwin qui a conduit les néo-darwinistes (= néo-libéraux) à penser que “la loi du plus fort est la loi de la Nature” ou “malheur aux vaincus, aux faibles”…

    2. La concurrence, c’est le carburant.
      L’argent, c’est le moteur.
      L’argent est la médiation essentielle entre dominants et dominés depuis qu’il est devenu le besoin principal, créé par l’économie politique. L’argent est la mesure du travail aliéné.
      Dans le moment historique où le travail tend à devenir introuvable, l’argent, s’accumule au point de devenir fictif et, dans le cours de son mouvement historique, devient pour tous ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre ce qui est rare, le filon étant en quelque sorte épuisé.

      Note. Le travail doit être compris comme cette activité aliénée et aliénante créatrice de plus-value et non comme l’“activité vitale consciente” (Marx) ou le “faire” (John Holloway)

  8. Plus, simplement tant que ça marche et que ça rapporte, il n’y a pas de raison de faire autrement (c’est valable pour tous les comportements, y compris ceux qui consistent à parler de façon trop académique pour que cela ait un quelconque effet).

  9. 1- Les questions économiques et sociales valent en soi. Inutile de passer par l’intermédiaire de théories mal définie, en tout cas mal transposables . Savoir que “leurs” comportements est semblables à de de l’ “hystérèse” fait-il avancer le schmilblick ? En plus, on risque une querelle en paternité:
    “T’y es pas, Paulo, ch’te dis que c’est pas Marx qu’a dit ça. C’est Popper, le vrai auteur du binz.”

    2 la définition donnée de l’ hystérése s’applique aussi bien à l’inertie: un point mobile dans l’espace soumis à une force vectorielle constante continue à se mouvoir selon ce vecteur quand la force cesse d’être appliquée.
    Maintenant supposons que “hystérése” est une licence pour “hystérésis”.
    L’hystérésis est un chouia plus compliqué. Un thermostat est un bon exemple pédagogique. Il a deux seuils; une température d’enclenchement – ça chauffe – et une autre de déclenchement – ça ne chauffe plus-. Un graphe temps-température de ce thermostat décrit une courbe fermée. Et en effet, il faut repasser sous le seuil d’enclenchement pour pouvoir réarmer ( re-chauffer).
    Le cycle d’hystérésis magnétique est semblable: aimanter et désaimanter n’est pas une action symétrique.

    3- De toute façon, que ces définitions pénibles soient justes ou fausse n’ont aucun effet sur le sens du texte.
    On pourrait en dire autant des illustres auteurs US, dont les noms auraient pu rester dans les dictionnaires à l’usage des spécialistes, sans perte de sens.
    Todd est une toute autre affaire; ici on est de plain pied dans le sujet…

    4- C’est terrible à dire mais une “science” qui reste au niveau des définition-description, aussi fines soient-elles, est une “science” immature. Les parcours de la géologie ou de la médecine le montrent bien:
    la science s’exprime dans l’action. Psychologie et sociologie en sont loin.

    5- Hystérèse est compliqué. Pourquoi ne pas parler de “précédents”? Ces gens qui nous gouvernent sont calibrés pour réagir en fonction de précédents. La place occupée est le témoin du succès de cette méthode. La rupture source d’imprévu les laisse sans référence d’où le frénésie à nier cette rupture. Rester sourd, agir comme si de rien n’était, est une grande constante humaine.

    1. Très vagues souvenirs des cours d’électromagnétisme, mais l’hystérésis dans le cas du ‘monde de la finance‘, c’est vraiment un aimant permanent, et un balèze…!
      Tous collés sur ‘leurs (nos ?) privilèges‘.
      Et des ‘aimants permanents zombies‘…Brrrrrr….Terrific, but…Who is Thérèse ?

  10. La conduite mortifère de la finance fait effectivement froid dans le dos.A supposer que les traders soient rationels et conscients de la réalité des choses,ils devraient admettre qu’eux memes risquent d’etre emportés par la bourrasque systémique qui menace…seulement ,ces personnes-là sont-elles rationelles?Sont-elles encore habitées par une once de sens moral?Je suis tenté par cette métaphore d’ordre médical:la finance est à l’économie mondiale ce que le cancer est à un organisme sain.Le cancer ronge l’organisme dans une logique de prédation à tres court terme sans meme réaliser que son action parasite le terrassera au meme titre que le dit organisme!!

  11. L’effondrement n’est que pour les pauvres. Les riches ne se suicident pas, bien au contraire, ils continuent de s’empiffrer.

  12. La finance est suicidaire par peur de perdre ce qu’elle croit avoir, le peuple est masochiste par peur de perdre ce qu’il croit avoir.

    Aucune différence entre ces deux là, seul le besoin d’identifier ses peurs, de se responsabiliser au lieu de se culpabiliser 🙂

  13. L’analyse est brillante et la notion d’hystérèse donne à penser…
    Ce qu’il y a d’amusant, c’est que chacun peut dénoncer l’hystérèse de l’autre, selon l’endroit de l’histoire où il croit être… d’où tout de même une certaine faiblesse du concept en termes pratiques…

    En passant, et pour alimenter la réflexion, deux questions :

    1) Pourquoi attend-on d’avoir très mal au dos pour s’intéresser aux variantes possibles de sa posture corporelle ou, par exemple, de sa façon de marcher ?

    2) La réponse à la question n°1 est-elle nécessairement de l’ordre du discours ?

      1. De l’hystérèse intestinale, sûrement. L’horizon est bouché et on patauge dedans en cherchant la sortie. Sauf à considèrer une intervention externe, bien entendu.

      2. @ Juan

        Le dictionnaire historique Robert donne ceci, qui vous intéressera peut-être :
        En avoir plein le dos (1809) continue En avoir dans le dos (16e s), où dos semble être un euphémisme pour cul. A noter que “dos” ne s’est pas imposé partout dans les parlers gallo-romans, et qu’on trouve ailleurs la forme dominante “reins” ou “échine”. Par associations, me revient cette autre expression “avoir quelqu’un sur le râble”… qui confirme qu’il y a quelque chose d’animal dans ce rejet d’une présence non souhaitée sur ses arrières (pour rester poli).

        @Mor (!)

        Oui… Toujours ce besoin viscéral de liquidité…

  14. Londres et Rome ébranlées par des manifestations contre l’austérité.

    Des dizaines de milliers d’Italiens et de Britanniques ont dénoncé samedi “l’échec” des politiques d’austérité et de rigueur menées dans ces deux pays. Ils estiment que les gouvernements de Mario Monti et de David Cameron font fausse route.

    “L’austérité, ça ne marche pas. Ce sont les plus pauvres et les plus vulnérables qu’on assomme”, a dénoncé Brendan Barber, secrétaire général de la confédération syndicale britannique Trades Union Congress (TUC). “Les ministres nous disent que si on accepte de souffrir, la reprise sera au rendez-vous. Au lieu de cela, nous sommes enlisés dans la récession”, a-t-il ajouté à Londres.

    “La politique d’austérité et de rigueur non seulement est un échec mais c’est la grande coupable des difficultés de ce pays”, lui a fait écho à Rome Susanna Camusso, la cheffe de la CGIL, principale confédération syndicale d’Italie.

    Elle a appelé à “combattre” une politique “qui génère un appauvrissement progressif du pays et parce qu’on ne peut pas dire à deux générations d’Italiens que leur avenir c’est la précarité”.

    Quelque 150’000 personnes – selon les organisateurs – ont défilé samedi après-midi dans le centre de Londres. Le cortège, comprenant notamment infirmières, ambulanciers, bibliothécaires et agents d’entretien, est passé devant le parlement de Westminster, avant de gagner Hyde Park. Des rassemblements similaires ont également eu lieu à Belfast et à Glasgow.

    Le gouvernement a répondu à certaines demandes des syndicats et du Parti travailliste en faveur de la croissance en avantageant notamment les prêts aux entreprises. Mais David Cameron a annoncé que les Britanniques devaient s’attendre à de nouvelles “décisions douloureuses”, alors que les prévisions économiques sont sombres.

    En Italie également, des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés samedi dans le centre de Rome à l’appel de la CGIL. Ils dénonçaient les suppressions d’emplois, les fermetures d’usines et la politique d’austérité menée par le gouvernement “technique” de Mario Monti.

    Source: Romandie

  15. Tout ça pour dire que la disparition des dinosaures est due à leur persistance comportementale alors que les données environnementales ont changé drastiquement (chute d’une météorite, changement spontané de climat ou toute autre cause systémique brutale).

    Bref, même si je salue dans l’absolu l’effort d’intellectualisation du concept, je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi cet effort semble nécessaire à certains pour être admis alors qu’il relève du plus élémentaire bon sens, accessible au plus grand nombre en soi… J’imagine que le doute cartésien aussi a ses limites… Doute hyperbolique incontrôlé, peut-être?

  16. Bonsoir à tous.

    Expliquer c’est bien, mais expliquer quoi? Après moi le déluge? Et l’expliquer à qui? A des gens qui n’en ont rien à f..tre?

    La finance rempli son office sans état d’âme, c’est un outil au service des grandes fortunes,des banques, des compagnies d’assurance, des fonds de pensions etc.. pour rapporter jusqu’à l’outrance un maximum de fric, de rente et servir aussi d’ arme géostratégique
    .
    Elle est constituée de quoi cette finance? De salariés qui s’ils ne remplissent pas leurs objectifs se font virer ou ont un salaire minable. Allez leur expliquer que ce qu’il font n’est pas bien ou stupide à plus ou moins long terme. C’est par eux que cette finance existe mais ils sont coupables de quoi? Il font leur travail point.

    Que la finance s’écroule et alors, les petits crèverons et les gros boufferont tout le monde comme pendant la crise de 1929 et ensuite elle rebondira de plus belle se préparant à un nouveau festin.

    Les grandes fortunes s’en sortiront toujours, c’est avec l’outil “la finance” qu’elles tiennent le monde entre leures mains et d’ailleurs qui se pose la question de savoir si tout compte fait cette situation de crise n’est pas voulue. Les riches n’ont jamais été aussi riches.

  17. Ayant vécu une crise sectorielle grave (qui dure encore) de très près, alors que je m’en entretenais avec deux importants dirigeants qui avaient les moyens de changer les choses, ils me firent cette déclaration qui résonne encore dans ma tête: ” tu as raison, c’est ça que l’on devrait faire, on le sait, amis on le ferait pas….” et je ne n’ai jamais pus savoir pourquoi.

    Je ne peux qu’ imaginer que tous nos beaux esprits savent parfaitement ce qu’il faut faire et qu’ils se refusent d’agir!

    1. @tchoo
      20 octobre 2012 à 23:22

      tu as raison, c’est ça que l’on devrait faire, on le sait, amis on le ferait pas…. »
      —————-
      C’est ce qu’on appelle, en psychanalyse, le démenti (le “louche refus” suivant la belle formule de Lacan) pratiqué par le “pervers ordinaire” : “je sais bien que … mais quand même “.

      1. La perversion ordinaire ne constituerait-elle pas le pendant “psychique” d’un même phénomène, l’hystérèse en étant le pendant “social” ?

        La formule du financier pléonexe (pour prendre cet exemple) serait alors celle-ci : “je sais bien que je dois changer de comportement, le monde ayant lui-même changé, mais quand même, je n’en ferai rien“.

        Ce qui expliquerait pourquoi Paul Jorien dit de lui-même qu’il est très écouté mais pas du tout entendu.

    2. Et leur première crainte est peut êtrebien de perdre des électeurs ( et le “pouvoir” ) , s’ils le font ou même l’expliquent .

  18. Je pense qu’il n’est possible de rien faire, sauf manifester et éventuellement passer les salles de marché au sabre etc. et abreuver les écrans d’ordinateur avec le sang des traders égorgés, banquiers, etc. le moment venu. Bref, rien que de très pacifique. Je pense que pour le moment nous nous situons hors de la parole là où elle n’a plus aucune efficacité (la com), où les idées sont mortes-nées et le raisonnement n’existe plus parce qu’on a démis l’idéal du langage, un certain éthos etc de ses fonctions. C’est à dire que déjà l’avant-garde de l’âge bestial est arrivée, et si du temps de Jean Marais elle arrivait par les miroirs aujourd’hui elle est partout, ou dans les écrans. Le levier de toute action est une certaine foi dans la culture, le destin, l’histoire mais dans la mesure où règne l’apathie et le nihilisme, vous ne pouvez plus remuer quoique ce soit. En Syrie au moins ils s’étripent, ils sont vivants.

    Si nous avons de la chance, il y aura restructuration partielle des dettes une fois, deux fois jusqu’à ce qu’on abandonne aussi ce petit jeu pour financer l’économie autrement, mais cela signifierait l’abandon du capitalisme parce que la monnaie serait créée selon le besoin et donc échapperait à la rareté qui l’inscrit dans le schéma de la marchandise.

    Vico :

    Perhaps the greatest significance of the Ancient Wisdom lies in its presentation of the verum-factum principle. This and the ideal eternal history are Vico’s two most famous ideas. The verum-factum principle holds that one can know the truth in what one makes. Vico writes, “For the Latins, verum (the true) and factum (what is made) are interchangeable, or to use the customary language of the Schools, they are convertible (Ancient Wisdom 45).”

    Cela rejoint Kant … et Confucious :

    Confucius : « On me l’a dit et je l’ai oublié. Je l’ai vu et je l’ai compris. Je l’ai fait et je l’ai appris »

    Il y a même déjà chez Vico, la doctrine de l’éternel retour du même dans sa version acceptable, non totalement délirante.

    En tout cas nous avons fait l’économie, et donc nous devrions la connaître.

    1. @Lisztfr
      “Je pense qu’il n’est possible de rien faire, sauf manifester et éventuellement passer les salles de marché au sabre etc. et abreuver les écrans d’ordinateur avec le sang des traders égorgés, banquiers, etc. le moment venu.”
      Heureusement que tu précises ta pensée un peu plus loin dans ton message ! Sinon, j’attendais un carnage illustré par un orchestre philharmonique.
      “En tout cas nous avons fait l’économie, et donc nous devrions la connaître.”, Bingo. L’emploi du conditionnel signifie que toute cette mascarade n’était finalement pas scientifique.

  19. Pourquoi s’acharner à trouver des réponses d’ordre psychologique à une problématique qui intègre simplement la question de la viabilité d’un système ?
    Pourquoi l’Empire Romain a t-il disparu ? Parce que les dirigeants romains étaient stupides et prenaient de mauvaises décisions ?
    Pourquoi le système féodal, puis l’Ancien Régime, n’existent plus aujourd’hui ? Parce que Louis XVI était indolent et s’était entouré d’incapables ?
    Ce papier comme beaucoup d’autres tente de nous faire “tourner autour du pot”.
    Si les financiers et les décideurs ne parviennent pas à trouver “la solution” c’est simplement parce que celle-ci est contenue dans la négation du système lui-même. Ce qu’il ne peuvent naturellement concevoir.
    Qui serait allé dire à un brave paysan, à un artisan parisien, ou même à un aristo – en Angleterre il l’avait quand même fait 100 ans plus tôt… -, en 1788, que dans trois quatre ans ce serait la République et qu’on couperait la tête au Roi ?…
    Les considérations d’ordre psychologique, si elles ne doivent pas être négligées, ne permettent pas à elles seules de comprendre le sens de l’Histoire.

  20. Oui, et alors?
    On peut raconter n’importe quoi sur le sujet comme ce bon Hayek.
    Si on déclare que ce qui a marché un jour, ne marchera plus une deuxième fois, il est bon de jeter tout bouquin d’économie à la poubelle, et Hakek avec.
    Car toute science est basée sur des évenements prédictibles, reproductibles.
    Les sciences du hasard, c’est de l’astrologie, du charlatanisme.
    Quand à la résilience, ou l’histérèse, bof…
    Cela pour cacher, veulerie, peur, manque de courage, petitesse, incompétence, incapacité…
    Certains tveulent de gros profits ” à deux chiffres”….
    Pourquoi? Souvent parcequ’ils en sont obligés, pour faire face à des dettes, obligés sinon ils couleraient…
    Le système en demande plus, non par histérèse, ni par Thérèse, mais parcequ’il en a besoin.
    Il est pro-actif dans sa destruction, plus il demande de profit, plus il coule…Et plus il coule, plus il a besoin de profit…
    Il ne peut pas s’en empecher? Ben non, s’il s’arrete, il coule tout de suite….
    On gagne du temps…

    1. hayek n’etait pas si stupide.

      En synthetisant il s’oppose à une vision meta economique des objets de l’economie et en critique les effets avec raison. Faire de la meta economie ca revient à faire de la theorie des cordes. hayek t’explique pourquoi et comment on peut definir ses limites quand les aprioristes eux se targuent de nos jours de devoir definir les limites de l’indefinissable au quantifiable explicitement. L’une est limite interne (hayek de par la primauté de l’a posteriori, l’autre est une limite exterieure (a priori) entre les deux limites le physicalisme predit sans etre restreint à cet intervalle. C’est ici que je vais faire une image. Il est desormais etablis une limite claire entre ce qui tient du rationnel et de la folie.

  21. Bonjour à tous
    Merci pour cet éclairement !

    Ce phénomène de résistance forte de “l’ancien” au “nécessaire nouveau” est aussi mis en évidence en neurobiologie : il aboutit même à des inversions possibles de la loi de causalité …
    Un exposé synthétique de ce phénomène a été fort bien décrit dans l’émission de JC Ameisen ” Sur les épaules de Darwin” ….. ( printemps 2012.)
    La différence importante de ce phénomène de “persistance de la mémoire” d’avec le cycle d’hystérésis tel qu’on peut le rencontrer en physique tient à ce qu’il résulte d’un choix à faire, d’une décision à prendre ….
    Pour mieux le comprendre il faut se rappeler que notre construction du monde a lieu dans notre boîte crânienne à partir de nos perceptions de l’extérieur.
    Il y a la caverne de Platon, mais très explicite aussi sur le fonctionnement du cerveau: le mythe du sacrifice d’Abraham – bien que plus long à pénétrer- pour nous rappeler que le fonctionnement structurel de notre cerveau peut générer de graves distorsions de la “réalité” .

    Après , au niveau des populations….. l’inertie due à l’effet de masse amplifie le phénomène.

    Je crois qu’il est important de ne pas aborder ce problème d’hystérèse sociale avec pour seuls outils d’investigation les catégories morales ou idéologiques…. Dire “c’est les gènes” ne suffit pas non plus!
    Cordialement.

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