CDS : POSITIONS NUES SUR DETTE SOUVERAINE DÉSORMAIS INTERDITES EN ZONE EURO

Les positions nues sur les Credit-Default Swaps portant sur de la dette souveraine seront interdites en zone euro à partir de demain.

Bonne nouvelle : on se souvient du rôle déclencheur qu’avaient joué ces positions spéculatives sur le début de la crise dans la zone euro, la spéculation à la baisse sur la valeur de la dette souveraine grecque ayant utilisé ces positions nues sur CDS comme moyen de grossir artificiellement le montant de la prime de risque inclue dans le coupon (le taux) des instruments de dette émis par la Grèce, précipitant la chute de celle-ci (si cela ne vous dit rien, relisez par exemple l’un de mes billets : Cronos dévorant l’un de ses enfants, mon intervention sur BFM Radio, le lundi 8 février 2010).

L’Expansion consacre à cela ce matin, un article largement inspiré d’une dépêche de l’Agence France Presse : CDS, ventes à découvert: deux techniques spéculatives désormais mieux encadrées.

On lit par exemple dans cet article (j’ai conservé le sous-titre, à mi-citation) :

Pour Frédérik Ducrozet, économiste au Crédit Agricole, « cette mesure est largement anticipée depuis un an, les investisseurs ont eu largement le temps de se débarrasser de leurs CDS +à nu+ et de se couvrir. L’entrée en vigueur devrait donc n’avoir qu’un faible impact ».

GOUTTE D’EAU

D’autant que ce marché n’est qu’une goutte d’eau par rapport à l’immensité du marché obligataire.

Les encours actuels sur les CDS en France s’élèvent à 15,4 milliards d’euros, un montant dérisoire face aux 1.400 milliards d’euros d’obligations d’Etat actuellement en circulation, selon les chiffres de Natixis.

« Goutte d’eau » ? « Montant dérisoire » ? Quel rapport entre les volumes de positions de CDS et ce dont on parle ? c’est le montant de la prime du CDS (sur lequel influent les positions nues prises) qui sera interprété par les marchés comme indicateur de risque et donc étalon de la prime de risque comprise dans le coupon (le taux) exigé des pays émetteurs de dette.

Bonne nouvelle donc, mais quel besoin pour L’Expansion et l’AFP dont elle s’inspire, d’aller claironner une fois encore la propagande des spéculateurs ? Ceux-ci n’ont donc pas désarmé, et doivent se délecter de voir leurs arguments spécieux, étalés une fois de plus dans les journaux – alors que chacun se réjouit de les voir enfin (même si ce n’est que très partiellement) mis au pas.

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47 réflexions sur « CDS : POSITIONS NUES SUR DETTE SOUVERAINE DÉSORMAIS INTERDITES EN ZONE EURO »

  1. ‘tain et même putain de bonne nouvelle, on peut se réjouir, oui, haut les cœurs ! Ceci va à fond dans le sens des idées et prérogatives revendiquées par Paul Jorion, notre hôte. C’est une victoire ; et regardez les grands réseaux bancaires qui se débarrassent de leur pôle « d’investissements » pour se recentrer sur le retail, donc l’économie réelle. Il reste de big problèmes, mais on peut nous aussi claironner notre satisfaction. Merde alors ! trinquons !

  2. « Faible impact », « goutte d’eau », « dérisoire »…

    Sous un déguisement défaitiste (aquoiboniste), une variante intéressante du discours TINA, qui incite à hausser les épaules et à courber l’échine devant tant de « dérisoire »… tout étant joué de toute façon… etc…

    Variante très intéressante de « Faire prendre des vessies pour des lanternes… » , qui consiste à « Faire prendre des lanternes pour des vessies… »

  3. @ karluss

    Cette interdiction va faire plaisir aux amateurs de sorcières rôties, mais pour quel résultat à part ça ?

    Une étude vient d’être réalisée par les chercheurs de la Fed de New York sur la vente d’actions à découvert pendant la crise. En 2009 comme en 1929 les short-sellers ont été brûlés sur le bûcher, mais dans les deux cas les études factuelles ne sont pas parvenues à montrer le moindre effet nuisible significatif.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202357636884-une-interdiction-qui-entraine-davantage-de-desagrements-que-de-benefices-505890.php

    Ce qu’on entend dans les imprécations c’est : la spéculation sur la baisse provoque la baisse et autres « prophéties auto-réalisatrices » ; à contrario, si l’on empêche la spéculation, ces catastrophes évitables seront évitées. C’est bien beau, mais est-ce vrai ? Je ne crois pas.

    1. Sont-ce les mêmes chercheurs que ceux qui n’ont pas su venir voir la crise, ceux qui n’ont rien compris avant, ni après …
      En plus la spéculation en position nue est nuisible en dehors des périodes de crises pour les acteurs réels des marchés (producteur et acheteur)
      Quels seraient les effets bénéfiques de cette activité ?

    2. . En 2009 comme en 1929 les short-sellers ont été brûlés sur le bûcher,

      En 2009 ? Montre moi les cendres de tes immolés Gus.
      Rapport du notionnel des contrats de Cds à nu sur celui des contats « habillés  » sur les dettes des Gipsi en 2009/2010 : de 11 à 16 a contre 1 (Natixis). Et tu sais comme tout le monde que le nombre d’acteurs consistants sur ce marché est on ne peut plus réduit, i.e grosso merdo le petit club des big players membres de l’Isda quoi. Et tu viens défendre ce « marché efficient » Gus ?
      Je résume : tu crois sincèrement qu’il y avait un intense besoin des paris à nu de nos big players sur les Cds grecs pour qu’on s’inquiètât des dérives budgétaires grecques et que Papandreou fît son coming-out en 2009, bref, pour que la vérité éclatât ?
      Tu nous prend pour des billes Gus.

  4. Oui, excellente nouvelle et on peut vous féliciter puisque vous y êtes pour quelque chose, je pense. Toutes mes félicitations, donc. C’est pas gagné, mais on déjà une oreille du lapin …

  5. Les interdictions qu’ils mettent en place ne sont que le reflet de l’effondrement de l’autorité des pouvoirs en place.
    Plus leur autorité devient Illégitime (à cause de leurs fautes et pour certains de leurs crimes),
    et plus ils ressentent le besoin de durcir les règles pour prouver qu’ils détiennent l’autorité.

  6. Ce sont des redoutables communicants, nos financiers. Un moment pour se cacher puis un autre pour monter au créneau. Les activités de dépôts ne sont plus le coeur du métier donc ils défendent leur bifteck (haché) : la spéculation…
    L’économie trouve aujourd’hui son unique définition (justification) dans la spéculation : l’anticipation comme un pari……Plutôt réducteur et centralisateur !

    1. olivier69, il y a un recentrage sur les activités de dépôts, et si la règlementation vient poser des limites et interdits indispensables (c’est aussi le credo de ce blog), on ne peut qu’être satisfait, même si l’inertie et la lenteur des décisions font enrager. Aujourd’hui c’est une victoire pour les « malgré tout ». Et vigneron ne dément pas, alors « so good » !

      1. Karluss, vous lisez la même chose ?
        « « Goutte d’eau » ? « Montant dérisoire » ? Quel rapport entre les volumes de positions de CDS et ce dont on parle ? c’est le montant de la prime du CDS (sur lequel influent les positions nues prises) qui sera interprété par les marchés comme indicateur de risque et donc étalon de la prime de risque comprise dans le coupon (le taux) exigé des pays émetteurs de dette. Bonne nouvelle donc, mais quel besoin pour L’Expansion et l’AFP dont elle s’inspire, d’aller claironner une fois encore la propagande des spéculateurs ? Ceux-ci n’ont donc pas désarmé, et doivent se délecter de voir leurs arguments spécieux, étalés une fois de plus dans les journaux – alors que chacun se réjouit de les voir enfin (même si ce n’est que très partiellement) mis au pas. »

        Qui a parlé d’un échec si ce n’est vous, karluss ? « une victoire….. »
        Relisez mon post également ! Vous voulez en venir où ? Evidemment que les lignes bougent. Croyez-vous qu’ils ont le choix ? Et qu’ils ont procédé par générosité ? Vous me donnez une impression étrange….
        Et vigneron, que vient-il faire dans votre post ?
        Dois-je comprendre que vous n’avez pas lu ou pas assimilé l’historique de nos correspondances ? Il y a du bon et du moins bon…
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=42743#comment-373680

        ps : « c’est aussi le credo de ce blog », n’est ce pas ? 🙂

    2. Les activités de dépôts ne sont plus le coeur du métier donc ils défendent leur bifteck (haché) : la spéculation…

      De quels « financiers » tu nous causes là majorette ? Des big banques à l’européenne ? Part de la l’activité banque de détail dans le Pnb de Bnp Paribas, la plus grosse et une des plus intensives en opés spéculatives de la petite bande (voire la plus intensive) : plus de 58% en 2010…
      Et sinon, si c’était pas toujours leur coeur de, métier – et leur couverture de survie ultime politiquement, explique nous pourquoi ils se feraient chier à payer toujours aussi grassement leur armée de 200 000 fantasins à ton service (3 000 € comme salaire mensuel de référence brut moyen par exemple pour Bnp personnal finance – crédit conso et immo, plus 5 300 à 16 500 € en intéressement plus participation, plus 600 à 800 de primes).

      1. « crédit conso et immo, » pour les banques : tout est dit ! C’est du collatéral…..
        Et ce sont des activités commerciales lucratives (crédits avec intérêts et assurances de solvabilité comprises). Elles sont pratiquement sans risques en France (valeurs stables de l’immobilier pour les défauts et assurances sur crédits conso). En plus, en cas de défaillance, les surendettés ont l’obligation de rembourser en premier les créanciers bancaires (voir les jugements du tribunal d’instance). On est pas sur des produits à l’américaine grâce à la loi française (les subprimes et les problèmes de solvabilité).

        Ensuite, ne me dites pas que votre banquier n’a jamais essayé pas de vous refiler des assurances, et des produits financiers….Les mêmes produits qui sont élaborés par vous savez qui, mais surtout exploités et refilés par les banques, IF, et assurances (la gestion des risques est lucrative).

        Pour les financiers, si vous voulez nous dire que les banques sont à la merci des edges funds, et bien les états aussi……
        Vous avez déjà acheté quelques produits aux edges funds directement ?

        ps : Enfin, avez-vous déjà regardé les façades des sièges des grandes banques (la pauvreté ?).

      2. « crédit conso et immo, » pour les banques : tout est dit ! C’est du collatéral…..Ce sont des activités commerciales.

        Ce mec est fou, intrinsèquement azimuté, avec graves Toc sur collatéral, nominal, danse de St Guy et/ou transes fébriles sur quadrillions et patins-couffins, j’vois qu’ça… Y a-t-il un exorciste sur ce fil ?

      3. « pourquoi ils se feraient chier à payer toujours aussi grassement leur armée de 200 000 fantasins à ton service », non, non, par pure générosité ?
        Que font notamment nos banquiers des créances (suite aux crédits) en plus de nous vendre des assurances et produits financiers ? Faites donc un billet….
        Pour sûr, elles sont solides de l’intérieur (comptes courants et épargne des français) mais pas de l’extérieur.
        Le lien au dessus (destiné à karluss) ne vous rappelle rien ?
        ps : au fait, majorette a travaillé un an pour une mission spécifique (recruté) dans la section « recherche et développement » d’une grande banque….
        Tu sais bien au dernière étage. 🙂

      4. « au fait, majorette a travaillé un an pour une mission spécifique (recruté) dans la section « recherche et développement » d’une grande banque…. », c’était cobaye de la R&D ou approvisionneur d’la machine à kawa la mission précaire ?

      5. « ctrl-alt-sup »,
        non, non, pour le café ? nous avions les viti… Je vous l’apprends ?
        Pas la peine d’appuyer sur « echap », cela ne marche pas.

  7. Les spéculateurs n’ont pas désarmé et ça vous étonne. Là, vous m’étonnez.

    Vous mettez bien en évidence une des méthodes pour garder la situation en l’état. Je la résume par « Ça ne change rien ». Une autre est « Il ne faut rien exagérer. » Gu Si Fang nous les ressert.

    Je comprends la situation actuelle comme le plus grand moment de triomphe de la finance. Elle est au pouvoir. Réussir à faire passer cet interdit sur les CDS m’étonne. Cette réussite contredit mon idée de domination de la finance.

      1. Peut-être justement parce que l’incroyable autant qu’évidente contre-productivité de l’argument constitue un quasi scoop (lol).
        Que des positions à nu sur un produit dérivé dont le notionnel ne représente qu’un % des actifs sous-jacents puissent influencer directement le marché de ces derniers me semble constituer le meilleur motif réquisitorial imaginable par tout procureur consciencieux. Alors si en plus c’est l’avocat de la défense des nudistes qui s’en empare dans sa plaidoirie… que demande le peuple ?

      1. Les jobards de 0hedge se contentent de perroqueter l’argument de Gus Moi, absolument rien de plus.
        Je demande : que vaut un thermomètre anal loyal, franc et marchand comme un âne qui recule – censément prédictif de surcroît – et sur lequel, qui plus est, on étalonerait au jour le jour tous les autres thermomètres de la clinique financière ?
        Il s’agit pas de casser un thermomètre, juste de le remettre à sa place : devine où…

      2. Ah ouais, super découverte… des marioles les (nombreux) zavatars durdeniens…
        Me semble qu’ils en ont servis et resservis à la Poclain des courbes de premiums de Cds ultra haussiers sur les Pigs ou autres eurozonards les gazeux gaziers de chez Tyler Durden & Co ™®© pendant des mois non ? Histoire de bien enfoncer le clou sur le grand merdier eurozonard et l’apocalypse…
        Et maintenant qu’les Cds sur souverains eurozonards sont en coma dépassé de démontrer que le marché des Cds ne joue qu’à la hausse sur les taux des sous-jacents. Et que c’est, évidemment, à cause des reglementations europeennes… Ben voyons… Et les 107 milliards de roros de dette grecque volatilisés sans activation des Cds, qui de toute façon n’auraient couvert qu’une infime partie de la perte, z’ont oublié les Tyler & co ? Y’avait pas de quoi sacrément le refroidir le marché des Cds eurozonards ?
        Il avait fait le job le marché des Cds, i.e booster la spéculation sur l’eurodette – et falsifier les bilans bancaires et autres. T’amorces juste la pompe avec les primes de Cds, après… Qui va être assez con au point de ramener sa fraise pour acheter du Cds sur l’Espagne, même avec des primes à la baisse ? Remarque par ailleurs que le décalage des courbes entre taux et Cds est essentiellement temporel. Les courbes sont quasi superposées à la hausse et se décalent à la baisse, mais les trends restent parallèles.

    1. @ Didier

      « Ça ne change rien ». « Il ne faut rien exagérer. » Gu Si Fang nous les ressert.

      En effet, je pense que les CDS, comme la vente à découvert en 1929, devraient être le cadet de nos soucis. Interdire les CDS nus pour empêcher les investisseurs de parier sur l’évolution d’une dette souveraine est aussi inefficace qu’essayer de leur interdire de penser. S’ils croient que l’Espagne risque de faire défaut, ce n’est pas en interdisant la vente de CDS nus sur la dette espagnole qu’ils changeront d’avis, au contraire ; améliorer la situation financière espagnole est la seule solution (difficile, je ne le nie pas). Ce que l’étude que j’ai citée semble indiquer c’est que, dans le cas de la vente à découvert d’actions, l’interdiction a même eu un effet négatif pour les sociétés visées.

      Pour moi, il y a donc beaucoup de choses à changer qui permettraient d’éviter ou de limiter les crises à l’avenir, mais interdire les CDS nus n’en fait pas partie.

      Cela dit, puisque mon suspect n°1 ce sont les institutions monétaires, elles ont effectivement contribué à augmenter le volume de produits dérivés traités. Par exemple, les instruments à terme et les produits dérivés se sont développés considérablement parce que les entreprises cherchaient à se couvrir contre le risque de change. Il est donc vrai que l’expansion du volume de produits dérivés peut être le symptôme d’un problème sous-jacent. Les CDS sur les dettes souveraines sont logiquement liés à la crainte d’un défaut souverain (et aussi à la réglementation des fonds propres bancaires qu’ils permettent de contourner partiellement). Je dis juste que traiter le symptôme ne servirait à rien. Tant que le chaos du papier-monnaie sera là, que les dette souveraines seront hors de contrôle et l’aléa moral des banques aussi important, les individus réagiront rationnellement à ces incitations – avec ou sans CDS nus. Leur interdiction est un triomphe idéologique pour ce que j’appelle les amateurs de sorcières rôties, mais un sparadrap inutile sur les vrais problèmes.

      1. S’ils croient que l’Espagne risque de faire défaut, ce n’est pas en interdisant la vente de CDS nus sur la dette espagnole qu’ils changeront d’avis, au contraire ;

        le but n’est pas qu’ils changent d’avis, le but est de mettre les spéculateurs hors d’état de nuire, de les éliminer, cela ne devrait certainement pas être plus compliqué que d’améliorer les situations financières de chaque pays.
        Et si tout simplement l’interdiction des paris sur le fluctuations de prix était tout simplement une des solutions à adopter pour améliorer ces dites situations?

      2. @ michel lambotte 1 novembre 2012 à 10:10

        le but est de mettre les spéculateurs hors d’état de nuire, de les éliminer

        Les spéculateurs qui jouent la baisse, sont des criminels qui visent à l’élimination des gens.

        Ils visent à tuer du capital, l’essentiel, ce qui est indispensable d’exploiter pour pouvoir vivre. Ils se livrent à un génocide en visant les propriétaires du capital matériel, mais ils s’en prennent aussi, et en premier, au capital humain qui lui est associé.

        Quand donc les humains anticapitalistes et les élites qui les soutiennent, dans certains pays d’Europe Occidentale, surtout au Sud, comprendront-ils qu’ils ont tout intérêt à faire alliance avec les vrais et bons capitalistes, les créateurs, les entrepreneurs, et les investisseurs, les épargnants, pour mieux assurer la survie de tous ?

      3. @ Michel

        le but n’est pas qu’ils changent d’avis, le but est de mettre les spéculateurs hors d’état de nuire, de les éliminer

        hé hé 🙂

        Il suffit de ne plus emprunter, et vous n’avez plus à vous soucier du crédit que vous accordent vos créanciers… Retour au point précédent. Si vous connaissez une méthode pour emprunter de l’argent à quelqu’un qui croit que vous n’allez pas rembourser, faites-le moins savoir !

      4. Gu si Fang,

        Il est aussi possible d’emprunter à 1 ou 0 % à la BCE. Les créanciers actuels seraient payés, plus de souci de dette. Ils n’auraient plus d’endroit où placer leur argent de façon sûre. Le rapport de force états-créanciers serait inversé. Les réductions d’impôts pour les plus riches, que je pense souvent être les créanciers des états, ne seraient plus aussi nécessaires. Le pouvoir des financiers serait sérieusement écorné. Ce serait du tout bon pour tous les peuples d’Europe.

        Nationaliser les banques en faillite, séparer ce qui est rentable de ce qui doit passer à la trappe et accessoirement ratisser les possédants de ces papiers, deviendrait possible. Au lieu de payer des créanciers au prix de morts d’hommes, on sortirait de ce trou en s’économisant une montée des extrémismes et une guerre au prix d’un appauvrissement d’une minorité qui se fiche totalement de tout ce qui ne concerne pas sa fortune.

        L’opposition à cette idée sera donc féroce, menée par ces gens riches et qui ont toutes les entrées aux autorités. La City, donc la Grande Bretagne, mènera l’opposition. Je crois me souvenir que la City, c’est le 41 % du PIB de ce pays. Le reste sert, au mieux, a assurer à la City des employés et des services impeccables en leur faveur. D’autres s’opposeront de toutes leurs forces à cette idée. Je vous vois bien dans le rôle.

        Il est possible de sortir de ce système. Actuellement, il étale son inefficacité.

      5. @ Didier

        Oui, ce que vous décrivez est possible. C’est ce que nous faisions dans les années 70 avec de l’inflation, des taux réels négatifs et un contrôle des changes. C’est ce que fait la Chine aujourd’hui. Grosso modo, on peut retenir que ça rapporte au budget de l’Etat environ 3% du PIB. Ca s’appelle la « répression financière » (quand on est contre) ou l’ « économie d’endettement » (quand on est pour).

        Petit inconvénient : c’est antidémocratique. C’est une recette fiscale que les électeurs ne voient pas, que l’assemblée de vote pas, et que les autorités politiques n’assument pas. Je pars du principe qu’un instrument fiscal est déjà un mal en soi, même si c’est un mal nécessaire, mais que sans contrôle démocratique c’est l’horreur absolue. Si vous voulez rêvez de piquer l’épargne des gens pour la dépenser sans leur payer d’intérêts, la façon démocratique normale de le faire c’est la fiscalité. Elle est déjà redoutablement efficace, ça ne vous suffit pas ?

        Autre inconvénient : jouer avec la monnaie et les taux d’intérêt ça fout le bazar dans l’économie et on en paie inévitablement le prix plus tard (mais sans l’admettre, car les effets sont différés dans le temps et il est alors possible de trouver un bouc émissaire comme l’OPEP ou les « spéculateurs »).

        Vous trouverez ici un livre intitulé « La répression financière » de Jean-Jacques Rosa au format pdf :
        http://www.institutcoppet.org/2011/11/23/jean-jacques-rosa-la-repression-financiere-1981/

        Il y a aussi un très bon article de Pierre-Cyrille Hautcoeur dans le N° 25 de la revue Risques (si vous ne devez en regarder qu’un, c’est celui que je recommande) :
        https://docs.google.com/open?id=0B_sxv9ZVcOtYQWx5SUxKY1pLZXc

        Et enfin les travaux de N. Lardy sur la répression financière actuelle en Chine.
        http://tinyurl.com/473y9jt
        http://tinyurl.com/4ccx363

      6. Didier, ok le RU a toujours été, i.e essaye désespérément d’être encore, depuis 45 quasiment, un « pays hedge-fund ». Mais jamais de la vie 41% du Pib pour la City, tout au plus 21% de l’emploi total et 15% du Pib pour le secteur fi en 2007. Suffisant pour sonner le glas définitif du Rule Britannia.

  8. Oui !
    Et aussi quelle ignominie on arrive avec ces chiffres d’une spéculation abjecte !
    En arriver à qualifier de « dérisoire » un montant de 15.4 milliards même comparé à 1400 MM c’est incroyable !
    Chaque fois c’est pareil : on a des gens à la rue, des gens qui n’arrivent pas à boucler des fins de mois pour 10 €, on pressure les salaires pour qqs euros (compétitivité!) mais on arrose les banques qui ont failli en milliards: ça explique les montants différentiels…
    Mais il y a une grande logique à ça évidemment : quand on gagne des salaires stratosphériques ou que l’on est un chien de garde bien payé avec sureté d’emploi on se fout des gens,les 99%, et on parle de montant dérisoire de 15.4 MM.
    On pouvait penser que la réflexion de Marie-Antoinette : » pas de pain ? qu’ils mangent des brioches » était apocryphe mais vivant en 2012 dans une société qui reproduit Metropolis on peut s’attendre à tout.

  9. C’est une très bonne nouvelle, peu importe que cette interdiction soit effective ou pas.
    Les pouvoirs publics doivent reprendre la main et le petit monde rabougri de la finance doit se soumettre à la Loi.
    L’important est là: l’intrusion du pouvoir démocratique est légitime. Sa compétence est universelle dès lors que l’intérêt public est en jeu. Les communautés auto-administré sans interférence de l’Etat n’existent pas sur le territoire de la République. Et la finance a assez démontré sa nocivité.

    Enfin, n’oublions pas que nous n’avons aucune obligation de cohérence vis à vis de la finance actuelle.
    Réduire son périmètre de 80% supposera sans doute des actions coercitives.
    (Quand l’intérêt de la chimie est en jeu, l’Etat est capable de mobiliser un escadron de gendarmerie mobile pour faire cesser un « commerce » privé de purin d’ortie.)
    L’ Etat pourrait très bien se faire l’interprète de la colère et de l’amertume des citoyens.

    1. Daniel, plutôt que des phrases aussi creuses que tous les sous-sols des Causses de mon Quercy comme

      Les pouvoirs publics doivent reprendre la main et le petit monde rabougri de la finance doit se soumettre à la Loi.

      ça t’aurait réveillé une vieille tendinite du coude droit (ou gauche ? ) de lever rapidos ta casquette à oreillettes pour les zigs à Canfin et le parlement euh rot pet hen ?

      1. Vigneron, la vigie impitoyable mais juste.
        La tendinite? oui, sur les quelques cellules restantes du cortex. L’âge, vous verrez…

        Voici ce que je voulais dire:
        « C’est surtout la reconnaissance officielle du caractère purement spéculatif et nuisible de ces CDS nus, sinon, pourquoi les interdire ? En termes juridiques, on appelle ça un précédent. Espérons qu’il aura des suivants. »

        C’est de Crapaud Rouge, quelques lignes plus bas. Merci, Crapaud.
        Et merci M.r CANFIN.

        Dernière minute:
        http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/11/01/l-europe-a-une-arme-contre-la-speculation-sur-la-dette-des-etats_1783992_3234.html
        Jorion, Canfin et « Critiques et limites » taille 1/4 de l’article.

        « autre critique et non des moindres, le marché des CDS souverains (moins de 2 000 milliards de dollars) n’est qu’une petite partie de l’immense marché des CDS (30 000 milliards) et une partie encore plus infime de l’ensemble du marché des dérivés.  »

        Se rend-t-elle compte de son invite? Y’a qu’à étendre le précédent.

  10. Une agence de presse devrait être neutre.
    Ce serait bien que l’AFP sépare nettement l’information des opinions particulières (libérales) que suscite cette information.
    Demander des opinions contradictoires, c’est quand même trop… alors que le pays a récemment exprimé sa défiance envers le libéralisme sans complexe.
    Mais il n’y a rien nouveau sous le soleil, certaines informations sont sensibles. Elles ne peuvent pas être délivrées sans précaution. Les ventes de la presse journalières déclinent régulièrement: certains journalistes pourraient s’interroger sur leur déontologie et le lien éventuel avec la confiance que leur accorde le public…

    Ce matin, sur France-Culture, on a pu apprendre que Brice Couturier était, dans sa jeunesse, maoiste. ( important: si j’ai bien entendu.)
    Il a donc un point commun avec Barroso et certains autres publicistes défenseurs à tout crin du libéralisme. Il est bon de rappeler que Mao est en concurrence avec Staline sur le plan du respect de la vie; en clair un assassin de masse. Un grand humaniste… Cette particularité était déja documentée à la fin des années 1960.
    Ce rapprochement imprévu n’est pas anodin, à mon sens.
    Ses agressivité et partialité vis à vis de Paul prennent un éclairage nouveau.
    ( répétons :si j’ai bien entendu.)

  11. Grande victoire ou nouveau calcul d’une finance qui a besoin de redorer son blason ? Un peu les deux, je présume, rien n’est jamais tout blanc ni tout noir.

    1. « rien n’est jamais tout blanc ni tout noir », bof bof, tout rouge par contre, p’têt ben qu’non mais p’têt ben cuit…

  12. C’est surtout la reconnaissance officielle du caractère purement spéculatif et nuisible de ces CDS nus, sinon, pourquoi les interdire ? En termes juridiques, on appelle ça un précédent. Espérons qu’il aura des suivants.

    1. @Crapaud :
      Je te l’a refait en langage humain : Quand un acteur financier s’octroie le droit de parier sur la production de cacao, sans payer la location du stockage, sans payer l’assurance du transport, à quoi cela rime-t-il sans Credit Default swap ? A quoi rime un CDS à nu sur le même business ?

      1. Heureusement que les crimes, surtout économiques, n’ont pas besoin n’ont pas besoin de reconnaissance officielle.

  13. Sait pas vous, mais môa comprends pas grand chose, et les intervention du vigneron sont aussi claires que ces fonds de cuve de FML
    pourtant j’essaye

  14. AFP : Agence Française de propagande (*)
    Dommage que Paul n’y ait pas cru dès le début. (C’est vraiment le côté incroyable de Paul Jorion)
    (*):Sinon existerait-t-il une civilisation libérale sans ce type d’Agence ?

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