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111 réflexions sur « MISE EN DEMEURE, par Un Belge »

    1. L’important ce n ‘est pas le but , c ‘est le voyage !!

      Bon , d’accord , je vais me coucher , la journée a étée intellectuellement épuisante…

  1. C’est sans doute pourquoi de plus en plus de décisions cruciales au plus haut niveau, national ou international, se prennent désormais « au bout de la nuit »

    du dimanche..

  2. Magnifique ! vous avez tout dit ! Oui assez de ces gens qui nous mettent en demeure. Être compétitif : visser plus vite les boulons…

    Il y a fort longtemps mon grand-père maternel était en retard pour aller avec sa famille au cimetière, pour honorer les chers disparus… Il réparait un poste de radio et il se faisait attendre. Il explosa et déclara : « mais vous allez tous y finir au cimetière ! ne vous pressez pas ! »
    Cette anecdote qui m’a été rapportée m’a toujours d’abord amusé puis fait réfléchir au fur et à mesure que je vieillissais et apprenais (un peu) à vivre…

    1. Anecdote similaire, mais moins drôle : ma grand-mère veut se coudre un tissu noir au bras de son manteau, pour aller enterrer son mari. On est en retard. Un beau-fils s’énerve : « Mais voyons, ça ne se fait plus, tout ça! Allez, on y va ! »…

      1. Les grand-mères sont inépuisables . La mienne , maternelle ,qui me trouvait trop long à répondre à une de ses demandes , avait trouvé la formule pour me dire , à la fois, que ce serait bien quz j »accélère , mais que ça pouvait aussi être utile d’être lent , en me lançant :

         » Tu n’as pas fini de lambiner ?! Quand je voudrai la mort , je te l’enverrai chercher !  »
        ( sous entendu , ça me laissera le temps de réfléchir encore un peu ).

        C’était une sorte de « mise en demeure » de garder la faculté d’être en retard !

    2. Ce qui fait qu’il n’y a pas grande différence entre les chiottes et le cimetière, quand faut y aller, faut y aller;

  3. Très intéressant : J’ajouterais une précision, pourtant, ce n’est pas le temps en lui-même qui est une violence, mais le temps chronologique, cette représentation dominante des civilisations occidentales qui occulte depuis Mr Newton toutes les autres représentations de temps vécu (ce qu’on appelle le milieu temporel). Et vous avez tout à fait raison de le montrer comme dominant et destructeur, et en relation avec les préoccupations de ce blog, parce que sa devise c’est bien « time is money ».

    1. Vous rappelez un élément essentiel. Il faudrait à mon avis mettre en rapport l’histoire des mesures (du temps, de l’espace, de l’énergie) et l’histoire des sociétés modernes. Montrer que ce n’est pas à n’importe quelle époque et dans n’importe quel contexte qu’on fixe, en Occident,ce qu’est le mètre, ce qu’est la seconde, etc. A quel moment les mesures abandonnent-elles les dimensions humaines de jadis (le pas, la coudée, …) ? On m’a même raconté qu’on pouvait, il y a longtemps, mesurer un temps de cuisson en nombre de chapelets récités… Sans parler, bien-sûr, des sabliers, des cadrans solaires ou du rythme des saisons.

      1. Les temporalistes en parlent assez bien, en général. Dans mon domaine (la musique), il y a en occident un vrai changement de paradigme autour de l’époque de Newton, avec ses « Principes… » (qui supposent un temps absolu), de la Royal Society, des prémisses de la méthode expérimentale etc. (et du crédit bancaire). Edgar T. Hall parle aussi des diverses représentations du temps, dans un livre passionnant, « La danse de la vie, temps culturel et temps vécu ».

      2. @ Suzanne

        Merci pour W. Grossin et la notion d’ « Ecologie Temporelle »…
        En musique, selon ma très modeste expérience, le temps du métronome substitue un battement mécanique à ce qui, dans certaines formes de chant par exemple, était une alternance organique, variable et incarnée dans le corps (respiration, battement de coeur)…

        Par ailleurs, que le crédit bancaire se soit généralisé au moment du changement de paradigme dans la mesure du temps et dans la formation du savoir… voilà qui donne à penser…

      3. @ Alexandria

        Pour le coup, grand merci… Un des chaînons manquants dans mes petites recherches personnelles…

        Extrait d’un compte-rendu (qui intéressera peut-être aussi notre hôte) :

        Entre 1250 et 1350, un tournant fut pris, moins dans la théorie que dans les applications concrètes. Nous pouvons probablement réduire cette durée à cinquante ans : 1275-1325.
        Quelqu’un en Europe fabriqua la première horloge mécanique et le premier canon, instruments qui obligeaient les Européens à penser en termes d’espace et de temps quantifiés. Les cartes marines appelées « portulans », la peinture en perspective et la comptabilité en partie double, techniques à l’état naissant, datent également de ce demi-siècle ou des années qui ont immédiatement suivi.

    2. Richard Sennett a très joliment parlé des représentations de l’espace et notamment de la ville au cours des siècles, ou encore des vêtements. Je ne sais pas si lui (ou quelqu’un d’aussi chouette) a parlé d’une « pas si brève histoire du temps » ? Pépin le Bref parlait-il vite?

      1. S’il y a un clin d’oeil vers celui qui a fait paraitre  » Histoires du temps  » en 1982 , on lui doit de citer Jérémie ( 31/27-28 ) , qu’il place en exergue de son bouquin :

         » Veilleur sagace pour déraciner et abatttre , démolir, affliger, exterminer ,
        Me voici attentif pour construire et planter  »

        C’est aussi là que j’ai cueilli l’image que j’ai déjà plusieurs fois regurgitée ici :

         » Rien de nouveau sous le soleil  » dit l »Ecclésistae ; Auquel le commentaire talmudique du texte biblique répond : » Au dessus du soleil , il y a du nouveau » . La Lune .

        C’est aussi lui qui appelait à une société du  » bon temps » . A l’époque, il fondait des espoirs sur l’Europe , pour commencer à donner forme sociétale et politique , à cette revolte conre les horloges , qui , comme l’argent et le marché , doivent êtremises au service d’une vie commune possible , et non pas se prendre pour cette ambition humaine .

        30 ans plus tard , l’Europe n’est pas ( encore ?) au rendez vous de cette authentique et nénéfique révolution .

        Faute de « temps » ? Faute de « conscience » ?

        Je souhaite que toutes celles et tous ceux qui  » prennent le temps » de venir tenter de trouver ,ici et ailleurs ,des compréhensions du monde comme il va , et de leur propre mal être, soient de plus en plus nombreux à rejoindre Jérémie .

        Des medias qui auraient la bonne idée d’offrir plus de temps , « au bons moments » , pour que s’expriment des voix qui parlent modeste , clair mais large , plutôt que de nous anonner les  » mises en demeure » ,

         » rendraient possible , en un monde menacé par le narcissisme, l’artificiel et l’anéantissent philosophique de l’homme de faire netendre d’autres rythmes: cloches de liberté, refus de normes « .

        Liberté , Egalité , Fraternité ( étendue au vivant ) !

      2. Pardon pour l’absence de mise en forme et les fautes grammaticales , mais ce foutu texte est parti avant que je ne le mette en demeure de le faire !

      3. @ Timiota

        J’ai découvert Sennett par la magie d’un titre (traduit) : « Ce que sait la main ».
        Il attend toujours que je lui consacre le temps qu’il mérite.

        @ Juan
        La nuit est avancée, le jour approche. Dépouillons-nous donc des oeuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière. (Romains, 13:12)

  4. Paul,

    tu es pénible… qui m’a cloné tes gènes. Je te mets en domicile de me le dire.
    C’est pénible, car, à chaque fois, mon amour propre en prend un sale coup quand je m’aperçois que tu as formulé de façon compréhensible tout ce que je pensais. Au moins je pense… c’est déjà ça.

    1. En l’occurrence… c’est Un (autre) Belge qui a exprimé ce que vous aviez sur le bout de la langue…
      Vous êtes en train de vous faire passer par tous les belges, ma parole… une vrai étape de montagne

  5. Vigneron, c’est du même genre.. Mais qui c’est ce vendangeur très informé.
    Au moins, avec le Yéti, on sait qu’il n’est pas à la rue.

  6. Je visionnais des vidéos de Pierre Bourdieu, tout à l’ heure ; dans l’ une il expliquait comment les néo-libéraux avaient décrétés l’ héritage des Lumières, archaïques.

    On sait le résultat.

    Palestine occupée puisqu’ on en parle, rien n’ a changé, rien ne changera.
    La Grèce … ça se passe de commentaires.

    http://hivereuropeen.wordpress.com/listen/episode-1-athens-first-part/

    Les chômeurs ont trop de temps, pour rien faire puisqu’ il n’ y a rien à faire.
    Ceux qui travaillent n’ auront jamais le temps.

    Et ceux-ci gagnent autant.

    http://www.references.be/carriere/travailler-a-leurope-cela-rapporte-combien

    Désobéissance civile? Tous en même temps alors car sinon, ce sera mise en demeure et tout le blabla (avocat gratuit pour les chômeurs néanmoins au cas où, mais, il faut prendre un ticket et faire la file (assez longtemps) et, non, les couloirs du palais de justice ne sont pas chauffés).

  7. On vit dans un monde effroyable de bêtise. Les gens sont usés psychiquement, je le vois bien autour de moi.
    Pas plus tard qu’hier ou avant hier j’ai employé ici le mot « fiche » Wikipédia. Comme d’autres sortent leur carton rouge… j’suis qu’une m…
    Ça nous retombe dessus maintenant comme une pluie fine et insidieuse, mais pas à cause du voisin.

    1. Il faut se détendre un peu sinon on ne peut plus réfléchir. Et aussi supporter sa propre bêtise, et même la tolérer sans la combattre à tout prix (non, pas ce prix-ci) nous rend moins bêtes, ce qui peut paraître paradoxal mais c’est le bienfait collatéral (non, pas ce collatéral-là) de l’humilité, entre persévérance et acharnement, entre courage et rage, il faut choisir.
      Et moi qui écrit « il faut » deux fois, j’te jure…

  8. Cette dictature du temps n’a rien de très surprenant ni rien de très nouveau non plus.

    Toute la science physique s’est construite autour de cette unité qui mesure toutes les formes de variations. Sans le temps, on ne peut penser l’univers que de façon statique, on ne peut plus considérer la dynamique d’un phénomène mais seulement sont état ponctuel.

    Pourtant, le temps est une notion parfaitement abstraite. A l’échelle humaine, elle n’est expérimentée que par le biais de nos souvenirs qui constituent notre passé et de nos désirs qui constituent notre avenir, soit deux sentiments sujets à toutes les controverses. Le seul état empirique que nous connaissions « effectivement » pour l’expérimenter en chaque instant est le présent, chose plus fugace en soi que le temps qu’il faut pour le dire (ou pire, pour l’écrire). Ou pour le dire plus simplement, on pourrait penser que le temps n’existe pas.

    Ceci dit, combien de théories à revoir dans une telle hypothèse?…

    1. Oui, on n’a effectivement que le présent, le reste est soit souvenir/représentation, soit pure spéculation (le futur). Certaines civilisations peignent l’homme marchant à reculons, vivant le présent,voyant le passé qu’il a déjà vécu et tournant le dos au futur qu’il ne voit pas. Pourtant je trouve qu’on ressent et qu’on vit bien la réalité d’une des composantes du temps, la durée. Elle est bien à notre portée, par l’entropie des systèmes. On vieillit, on plante un arbre et il grandit et porte des fruits,tout système évolue et finit pas être détruit etc. Je pense, moi que « le » temps (les temps) existe(nt) bien,et que c’est même une de nos définitions de la vie. Il est juste très complexe, et on n’a pas hésité à créer un outil simple bien commode (le temps chronologique). Il n’est quand même pas naturel du tout pour nous primates et assez violent quand on doit l’intégrer à nos vies (aaaah le plaisir des lundis matin où on doit commencer à huit heures, en pleine nuit d’hiver…).

      1. @Suzanne

        Ce que vous appelez « durée » n’est qu’une manifestation du passé: Vous ne savez qu’un fruit a grossi que parce que vous avez le souvenir d’un fruit moins gros, ou celui d’une fleur à peine éclose. Ce fait n’a de réalité que dans la mesure où il est corroboré par le témoignage d’autres personnes, mais comment savoir s’il ne s’agit pas seulement d’un phénomène d’hystérie collective?

      2. Tic tac tic tac j’ai faim. Tic tac tic tac j’ai soif. Tic tac tic tac, j’ai froid, Tic tac tic tac, j’ai sommeil. Tic tac tic tac, j’ai peur. Tic tac tic tac j’ai faim. Tic tac tic tac j’ai honte. Tic tac tic tac j’ai pas école. Tic tac tic tac je cogne. Tic tac tic tac je vole. Tic tac tic tac j’ai peur. Tic tac tic tac j’ai faim. Tic tac j’ai faim. Tic tac j’ai mal. Tic tac tic tac j’ai sommeil. Tic tac j’ai peur.
        Quand le présent est besoins organiques à satisfaire qui reviennent sans rémission, le passé est fermé, le présent n’existe pas, le futur est mort. En mode survie le temps est un confort inaccessible. Le luxe.

      3. @Suzanne, Dissonance
        Vos commentaires peuvent avec bonheur nous entrainer tres loin dans les tréfonds du temps, celui des poétes « o !temps suspens ton vol ……… », la durée des physiciens, et bien d’autres faceties de la nature ou rien ne pourrait avoir lieu sans le temps et la nécessaire  » mémoire » qu’il mobilise pour que nous en parlions.

        En ce qui concerne le temps , Saint Augustin en a tres profondément parlé, et en particulier pour le « Présent » en faisant valoir qu’il est soit à venir ou déja passé, si bien que cette évidence que nous avons du présent n’est pas si évidente que cela. Le physicien a cru se tirer d’affaire par l’ horloge grace à laquelle on pourrait définir un temps zéro, mais lui aussi devient fugitif avec la précision que nous voudrions lui donner, car le temps zéro absolu met en jeu un impossible infini. Il eut fallu en attendre la découverte de Planck, le temps de Planck qui borne cet impossible physique.

        L’entropie des systèmes ? Il faut préciser des systèmes macroscopiques, car hélas existent des situations ou des systèmes élémentaires puissent à entropie constantes ètre réversibles, remonter le temps, avant leur inéluctable décohérence. (quantique) . Il n’en demeure pas moins que la durée et l’entropie affectent, et vous avez raison, les systèmes macroscopiques que nous sommes; et payés pour le savoir.

        Excusez cette incursion un peu rapide dans le temps, objet « d’éternelles » réflexions et de remises en cause actuelles dans le champ de la physique théorique ( C.Rovelli et d’autres). et vous suggère de savourer dans la collection folio « La création du monde et le temps » ouvrage sans droits d’auteur de St.Augustin

      4. Je pense qu’utiliser le mot durée est utile si on veut justement sortir du passé/présent/futur pour mettre en évidence une évolution dans un cadre général: car le fruit n’est pas seulement l’image d’un petit fruit passé juxtaposée à celle d’un gros fruit présent: il est passé par toutes les étapes intermédiaires et nous en avons le souvenir, et nous voyons le gros fruit immobilie pendant que le vent nous lèche les joues pour nous rappeler que le temps passe et le fruit continue sans doute de grossir, rougir,…
        Nous vivons au travers de l’appréhension d’une durée, de différentes durées (un jour rythmé par la rotation de la terre sur elle-même et les saisons pour ce qui est d’ordre naturel et à l’échelle d’une vie d’homme. Nous pensons sans doute plus au travers d’une « ambiance »(mot à trouver) espace/temps (la conception de l’espace aussi se fait d’abord par des lieux, généralement bornés, liés à de notre champ de vision immédiat, lointoin ou imaginaire) et non d’un instant/point. Le présent en tant qu’instant n’est rien et est remplacé le temps de le dire… Se retrouver coincé dans le présent, c’est se faire dévorer par les langoliers.

      5. Selon mon humble intuition, on s’en sort mieux quand on cesse de voir le temps comme une composante de la réalité, pour le voir comme une représentation qui émerge nécessairement lorsque les multiples relations dans lesquelles nous sommes impliqués partagent une même contingence physique.

        La question se déplace alors vers : « D’où vient la contingence physique partagée? D’où vient que ça aurait pu être autrement, mais que précisément, c’est comme ça, et pas autrement ? »

      6. Merci tous pour vos idées et références supplémentaires. Pour Dissonnance, je dirais que comme les sismologues, nous ne pouvons être sûrs de rien, dans ce passé que nous visualisons, mais que l’usage nous fait y affecter un certain « degré de confiance ».

      7. Je ne suis pas certain que l’on puisse imputer à Galilée ou Newton , c’est à dire à la technique horlogere, affinée à leur époque , l’invention pernicieuse d’un temps absolu. L’antiquité connaissait la clepsydre à laquelle il manqua l’heure, c’est à dire les aiguilles pour en convenir.
        Ce serait alors, sociétalement, la convention horaire qui va permettre le travail industrialisé et toutes ses dérives. Il a fallu pour cela que chacun dispose de l’horloge puis de la montre, techniques qui présentent bien des avantages en dehors du travail horaire.

        Les musiciens synchronisent leur rythme, sans besoin du métronome, il existe donc une faculté anthropique fondamentale à en convenir qui tendrait à fonder la temporalité au tréfond de l’humain, peut étre mème de l’animal .
        De ce point de vue, peut t’on considere le temps comme un simple artefact de mesure des durées ?

        Il me sembe que chez Newton, le temps absolu coulant continuement, éternellement, relève plus d’une métaphysique personnelle au « mage » Newton. P;Jorion a déja évoqué cette question dans « Comment la vérité et la réalité furent inventées »

        Si l’occident a pu le gober, sans discussion, il faudrait savoir pourquoi cela nous arrangeait si bien..

      8. Pour Bernard : à mon avis le temps absolu de Newton ce n’est pas une invention pernicieuse, c’est un outil scientifique au même titre que les raisonnements de Descartes lorsqu’il nous explique que pour résoudre un problème, il faut le découper en plusieurs étapes etc. (mais il ne dit pas que ces étapes sont des faits réels, il les utilise pour résoudre le problème). C’est ce qui permet par exemple de dire qu’une expérience qui se déroule ici et maintenant pourra aussi être répliquée ailleurs et à un autre moment, puisque le temps y est de même nature. Propriété d’universalité, et ça c’est bien typique d’une époque.
        C’est du même genre que la réflexion qui fait dire à Newton ou aux autres scientifiques (mais surtout lui) que tous les phénomènes de mouvement, une balle qui tombe, ou une planète en orbite, ou une comète justement pas en orbite du tout,sont dus à la même chose (la gravité).
        D’autre part aussi, le temps chronologique existait certainement avant, comme vous le dites, sauf qu’il n’était pas considéré comme dominant, et le seul type de temps.
        Et ça nous arrange si bien au XVIIIème, comme vous dites aussi, parce que oui, la société est tendue vers cela à l’époque, tendue vers des propriétés des temps qui l’arrangent, pour faire fonctionner des manufactures, par exemple : propriétés de quantification précise, de graduation homogène (les « heures » étaient rarement graduées de manière homogène dans la civilisation paysanne, on se fondait sur les saisons), d’orientation (linéarisation du temps), de sens (le futur « progrès ») etc.

        Si j’ai cité Newton et ses oeuvres de 1685 à 1720, c’est que c’est réellement un tournant dans l’histoire des milieux temporels : c’est seulement à partir de là qu’on universalise tout, qu’on répand l’usage du métronome, qu’on pense les formes musicales avant de les avoir écrites, qu’on décide d’un diapason universel, que la musique tonale s’installepour de bon (fleuron du temps chronologique, cette musique tonale devenue « classique »), qu’on utilise le même système de clefs partout, qu’on régularise tout, partitions, thèmes, périodes, qu’on commence à avoir envie d’écouter de la musique du passé, bizarrerie qui n’existait absolument pas avant ( même Bach écrivait encore soigneusement sa cantate de la quinzaine, la faisait répéter, la faisait jouer, puis la mettait aussi conscieusement dans un tiroir et n’y pensait plus),
        Mais aussi dans d’autres domaines : on fait venir tout le monde en même temps à la même heure au travail (Colbert s’arrache les cheveux car il peine à réussir cela dans ses fabriques de textiles), on généralise le crédit (pariant sur le futur, donc sur une forme du temps qui est pensée à l’avance sur une ligne), on universalise les sciences, et il y a une multitude d’autres exemples.

        Mais de toute manière, je ne crois pas qu’on puisse arriver à réellement réfléchir sur le temps sans faire comme font les temporalistes, le diviser en un ensemble de représentations, certaines très proches du vécu (le temps circulaire) d’autres plus intellectuelles (le temps des sciences). Il y a des temps et non pas un temps.

  9. Tant qu’on en est aux mots salvateurs, voici ceux d’un archevèque, à la fête de la dynastie belge, au cours d’un « à toi mon dieu » (Te Deum) chanté hier :
    « Notre pays est actuellement confronté à des secousses sociales d’une grande ampleur. Elles touchent toutes les régions de la Belgique et, dans les derniers jours, elles ont affecté très douloureusement le pays flamand. Nous voulons ici marquer notre vive solidarité avec tous les travailleurs qui perdent leur emploi ou sont menacés de le perdre », a déclaré l’archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Léonard, lors de son homélie prononcée à l’occasion de la Fête du Roi.

    « Nous sommes profondément choqués quand des hommes et des femmes perdent leur travail, et donc une partie de leur dignité, dans des conditions inhumaines. Une entreprise cherche légitimement le profit. Celui-ci est vital pour sa survie et, par ricochet, pour le bien-être des travailleurs. Mais quand ce qui est cherché est le profit maximal et le plus rapide possible et quand cela conduit à se débarrasser sans grands ménagements d’hommes et de femmes qui ont consacré une partie notable de leur vie à la bonne marche de l’entreprise, l’authentique amour social et économique est bafoué ».
    « L’authentique amour social et économique », c’est hors du temps et de la « mise en demeure » ! C’est un contrat de mariage auquel on ne peut mettre fin légitime qu’avec des ménagements et pour un grand profit !

      1. faut avoir la Foi pour comprendre?

        Faut lire un peu plus haut pour comprendre :

        Une entreprise cherche légitimement le profit. Celui-ci est vital pour sa survie et, par ricochet, pour le bien-être des travailleurs.

        Moi, ça me fout les foies… En même temps, on va pas faire semblant d’être surpris, de la part d’un archevêque…

  10. ce qui caractérise notre époque, plus que la vitesse,c’est l’accélération qui se traduit par une courbe exponentielle. Tant qu’elle est croissante, l’optimisme peut prévaloir; par contre lorsque la courbe s’infléchit, signe d’une raréfaction d’un ou plusieurs facteurs, la courbe s’infléchit et, au mieux, tend vers l’asymptote.
    Que l’on examine la croissance du PIB, des sources d’énergie,, des matières premières, des déchets, de la vitesse de communication, ou de la croissance des populations, l’inversion de la courbe est signe de crise.
    Et notre époque fait face à une combinaison de l’ensemble de ces inversions: nous vivons une crise majeure.
    Sommes nous capables d’y faire face?

    1. La société industrielle dont la finance est un produit qui la produit en retour n’a pas de frein, ou alors il est introuvable.

  11. Le temps, c’est ce qui permet à la construction de tenir. Ceux qui veulent qu’elle tienne ne peuvent que tenter de l’organiser.

  12.  » Vous, vous avez l’heure ; nous, nous avons le temps ». Les Africains, je crois, disent cela de nous, occidentaux.

      1. L’humour est notre part  » hors du temps « , comme l’intuition et la vraie créativité .

        Chez Kierkegaard , c’est la clé d’accès au divin .

      2. L’humour est par essence synthétique, compression temporelle mais aussi détente (décompression/dépression), accélération, décalage/recalage, contrepied, contre-temps, asynchronie, vers libre/temps libre.
        Ps : les anglais nous ont pris l’humeur (liquide oeuf corse), nous en ont fait l’humour (gazeux bien sûr, comme l’hilarant – de la Baltique, et sec le hareng, comme dry l’index, tout ceci dit au doigt mouillé).

      3. « alors comme ça, docteur, si j’arrête le tabac, l’alcool, les bons restos et le sexe, je pourrais vivre un peu plus longtemps? »

        « Certainement pas, mon bon ami, mais cela vous paraîtra beaucoup plus long …  »

        😉

    1. un petit détour par l’inde pendant qu’on y est : en hindi, d’après ce que j’ai lu (je le cause pas, oulala ^^ ) , ils ont le même mot KAI pour hier et demain 🙂

  13. Ils ont d’ces idées les belges… mais vous oubliez de mentionner que c’est toujours celui qui insiste pour donner l’heure du rencard qui se pointe en retard… c’est pathologique je crois, faut toujours que les casse-couilles imposent leur rythme aux autres…

    Moi, c’est bien simple, dès qu’on me parle de rendez-vous… j’écoute plus

    Les trains, je les prends quand ils sont là et peu importe où ils vont… mes amis, je les chope à l’improviste… je dors quand j’ai sommeil, travaille quand je m’ennuie, me lave quand y a de l’eau chaude… j’aime quand les choses sont aimables et marche quand mes pieds le décident…

    Mais bon, faut pas vouloir être l’Homme du 21ème siècle… Bah non, on peut pas tout avoir…

    1. Ah ah 🙂 … Vous êtes ce que Hall appelle un polychrone (c’est-à-dire avec un milieu temporel dont les composantes ne reconnaissent pas de composante dominante, comme le temps chronologique). Je connais, j’ai de fortes tendances aussi.

      1. Je vais dire ça à la directrice de mon service. Je ne prends que le bus qui passe au moment où je suis à l’arrêt. J’ai jamais su courir apres. Je devrais déjà être au bureau.

      2. Morte de rire. Mais encore vous avez l’air d’être tous très habiles, moi j’ai réussi le tour de force de rater un bus que j’attendais 🙂

    2. Ca fait long-temps que j’ai tourné le dos aux pendules qui me torturaient dès le lundi matin à 8 heures .
      Je vis maintenant dans un pays chaud, où j’ai un toit , de quoi manger , un petit boulot à la maison quelques heures par semaine, et plein de temps à moi ..

      AVOIR le temps et pouvoir le « perdre » comme on veut, en regardant l’herbe pousser par exemple, pour moi c’est ça la vraie richesse …

  14. Trouvé dans un bar à Liège , pancarte anonyme :
     » Toujou’ couri’
    pour gagner vi’
    quand bien couru
    vi’ l’est foutu’ « 

    1. Bonjour à tou-te-s,

      « Dédicace au temps de Vie »

      « Toujou’ couri’ Pour gagner vi’
      Quand bien couru Vi’ l’est foutu’ »
      Peut-on lire ici ou ailleurs
      Dans le souci d’une Vie meilleure !

      Ceux qui dans ce cas courent plus vite
      Atteignent le bout du rouleau
      En se disant qu’ils en profitent
      Avant que ne montent les flots !

      Ce n’est donc plus la Vie qui compte
      Mais le niveau de ses envies
      A l’opposé de tous les contes
      Qu’on aime écouter à l‘envi !

      Le temps de Vie est un espace
      Qui peut accueillir le silence
      Qui lui jamais plus ne nous lasse
      Quand il est Vie en résonnance !

      Signature : luami CREER
      « Un médiateur d’ l’innovation
      Qui allie raison et passion
      Pour mieux vivre le temps restant
      Et en partager les instants ! »

      Bon voyage dans la Vie !
      http://luami.viabloga.com

      1. C’était donc lui !
        Merci… Je trouve à l’instant cette autre de sa part :  » L’homme élégant ne se projette pas dans son entreprise, même si cette entreprise est réduite à lui seul « .

  15. Très beau texte.

    L’intérêt privé joue contre l’intérêt commun.
    Dans le contexte de rapports de forces de la crise, la pensée à un niveau très superficiel engendre la manifestation d’une dualité exacerbée de ces deux entités et le temps en est forcément un effet. Les tensions qui en découlent montrent une société malade où le lien naturel pourrait se déliter très rapidement à moins qu’un sursaut, venant des profondeurs ultimes vienne à la conscience des hommes et lui fasse réaliser le fait fondamental des relations interstellaires et de l’interfusion cosmique universel remettant à sa place, en nous et par nous, le champ unifié de création. Le Tao dit: » laissons l’Empire du Réel( Mental cosmique ) être Sa propre loi en nous ».On dirait alors comme le Petit Prince: « Moi, si j’avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine… »
    On ne devrait pas accepter ce qu’il se passe, et tous les scientifiques, physiciens, biologistes, philosophes etc éclairés devraient aussi prendre des positions fortes.

    1. A moins qu’un sursaut, venant des profondeurs ultimes vienne à la conscience des hommes

      Dans l’Hindouisme, trois dieux gouvernent le monde :
      Brahma, le créateur; Shiva, le destructeur; Vishnu, son inverse, celui qui fait durer les jours.

      (Présentation du Mahabharata, jadis mis en scène par Peter Brook)

  16. Ce n’est pas sans rapport avec un livre que j’ai lu il y a longtemps, lorsque la bibliothèque publique d’information BPI (Paris) était encore un lieu miraculeusement peuplé de plantes vertes, de clochards et d’étudiant(e)s, et qu’on pouvait y circuler et même s’y perdre un peu, bref avant que l’esprit post 68 n’y soit lui aussi « liquidité » et qu’on ne recadre l’espace sur de sérieux principes staliniens. Bref, il s’agit de « La part du feu », de Maurice Blanchot. La part du feu, ce qui est passé par profits et pertes, ce qui est perdu : Votre lapsus d’huissier, par exemple aussi Depardon évoquant les photos qu’il n’a pas faites, tout ce qui n’a pas abouti, ce qu’on a laissé au fond de l’eau d’un trésor n’en remontant qu’une perle, ce qu’on oublie, ce qui échappe : la part du feu, le feu la garde. Ce qui est irrattrapable, votre vie la mienne, la dette, etc. il va falloir considérer que la part du feu est grande, qu’elle va gober la finance. Peu importe au regard de ça.

  17. C’est la faute à superman ( 🙂 ), jusque là les héros avaient leurs tares en eux (d’un talon d’Achille, d’un Rolland ayant un souffle pour son corps agonisant, d’un Arthur sans mariage heureux, d’un Holmes héroïnomane, d’un Lupin cambrioleur).
    Et voilà un héros dont la tare (la cryptonite) est externe (ok je déconne, les religions, les empires avaient déjà jouer de cette tare externe à nos idéaux internes), un moïse avec un démon « matériel », quoi de mieux pour que le pouce ce ridiculise face aux années lumières, et que les jours ce réduisent au balancement d’atome, puisque seul une « matière » extraterrestre nous fragilise.
    Évidement les comics ne sont que conséquences populaires et il est facile de s’en jouer pour affirmer une hégémonie…. plutôt que de l’affronter (puisqu’il y a toujours un moment, où on plie les genoux, soit pour un roi, soit pour une nation, soit pour une star, soit pour l’idéologie d’un seul homme, soit pour un idéal ou tout simplement ça communauté).
    Mais, c’était amusant d’accuser superman 🙂

  18. Nous sommes obsédés par le temps qui passe. Incapable d’accepter notre mort, nous souhaitons vivre à toute allure ne pouvant supporter l’idée de perdre trop d’instants. Puis, par dessus tout, comme disait Benjamin Franklin, « Le temps, c’est de l’argent ».

  19. En parlant de temps, pour les transactions financières, une petite application discrète qui modifierait aléatoirement les fréquences d’horloge des ordinateurs………

  20. Il me revient un livre intéressant: « Petite philosophie de l’ennui » de Lars Fr H. Svendsen , livre qui n’est pas sans rapport avec cette perception du temps , utile ou non , vécu ou subit .

    A interroger peut être …

  21. Entre temno (couper) et teino (étirer). Dans le premier, on retrouve l’origine du mot lobotomie….
    Lorsque l’on parle du temps, on devrait plutôt dire « les temps » :
    Circulaire (le retour éternel), de l’ordre au désordre (croissance de l’entropie), de la complexité croissante (« élan vital » de Bergson). Le premier, c’est le temps social, il est réversible contrairement aux deux autres !

  22. Le chef, c’est celui qui regarde la montre. Le subalterne, c’est celui qui court

    Le chef, c’est celui qui regarde la montre avec une massue à la main. Le subalterne, c’est celui qui court avec une bosse sur le crâne. La fabrique du consentement quoi …

  23. LE MAITRE TEMPS

    J’étais en retard. Le temps, que j’avais honteusement écorné gaspillé une bonne partie de l’après midi se vengait, caracolait devant moi volatil, protéiforme, cacheur expert de clefs au creux des divans, inquiétant déclencheur de feux rouges, rameuteur de faux-amis barrant l’accès aux trottoirs ; ou alors il se mettait à me pousser par derrière par à-coups et j’avais beau libérer une bonne petite série de propulsions pour déséquilibrer et semer cet empêcher de tourner en rond (par exemple multiplier des actes dérisoires et bruyants : s’étirer, bailler, interpeller des passants étonnés tout ça dans le but d’arriver à planer au dessus de lui, la canaille, rien n’y faisait. Il arrivait toujours à m’acculer à de douloureuses confrontations avec d’indécises réalités et à la fin mes ruses s’élimaient et j’éprouvais de la honte de mes anciennes (et futures) orgies dilatoires de télévision, de fêtes et de sommeil dont les relents s’évaporaient trop lentement et m’abandonnaient à des angoisses routinières.

    Comment emprisonner ce parasite derrière des murailles d’épaisse éternité ? Comment vivre l’insouciance des chats et des bactéries ? Evidemment il n’y avait pas de solutions et c’est ce que je me répétais en allant rendre visite à l’hôpital à une amie qui venait d’être opérée d’une récidive cancéreuse.

    Et bien il était là à l’entrée juché dans la grande horloge à me narguer étalant sans vergogne une heure absolument injustifiable. Je haussai les épaules, le laissai m’accompagner au service d’accueil où d’ailleurs il avait pris ses quartiers en maître des impatiences avant de m’engager dans la grande allée de marronniers au bout de laquelle je m’arrêtai net. Que se passait-il ? Il était encore là émettant, depuis les quatre cadrans de l’ancienne tour qui marquait l’extrémité nord des bâtiments, des signaux insensés qui zébraient toutes les directions d’un univers où je tentais de cohabiter avec quelques uns de mes semblables.

    Il fallut me rendre à l’évidence, il me provoquait. Que me voulait-il ce funambule qui chamboulait tous les logis mis à sa disposition et me bombardait de ses extravagances ? C’était bien le moment de me titiller avec ses heures absurdement diverses au moment où j’avais besoin d’un viatique sérieux pour rejoindre, dans un proche futur, ce quelqu’un qui allait m’attendre à l’autre bout de la ville, et pas de déraison !

    A mesure que j’approchais à petit pas du pavillon où mon amie gisait je réfléchissais m’appuyant faute de mieux sur ce temps-béquille qui me paraissait de plus en plus fragile et extirpai enfin une explication à peu près fiable à ces appels d’horloges aussi pressants que muets. En vérité ils me rappelaient avec une fine violence que je m’apprêtais à pénétrer dans une enclave où tout était remis en question, où le temps, provisoirement narquois s’était mis à exploser comme la substance originelle d’avant le big-bang, en une multitude de particules qui s’éparpillaient, occupaient tous les recoins des chambres et des laboratoires et s’y agglutinaient en astres et en planètes plus ou moins incandescents. Il devenait pour chaque malade constellation vitale pétrie de causes et de symptômes, propriété exclusive des êtres gisants ouu claudiquants qui le modelaient à la mesure de leurs espoirs et de leurs désespoirs, de leurs révoltes et de leurs résignations.

    Souverain souterrain, dehors, de la pousse des arbres et des ambitions il régnait dans le monde clos de l’hôpital en usurpateur tout puissant des rêves et des records et, avant de franchir le seuil du pavillon où mon amie combattait, il me fallut bien me soumettre à cet adoubement imprévu qui me rendait, qui sait, vassale favorite du maître de la matière.

  24. à Un Belge,

    Il me semble que vous négligez le rapport de force.

    Quand vous évoquez l’huissier de justice, n’oubliez pas qu’il ne peut exercer sa fonction qu’à deux conditions :
    – Pouvoir être accompagné de la police.
    – Que ceux auxquels il s’adresse aient intériorisé la loi de propriété privée comme une situation incontestable.

    Le rapport au temps est tout autre. L’accélération permanente – au sens où la révolution pourrait l’être – que certains, tel les thuriféraires de la croissance, trouve insuffisante, vient du fait que la société industrielle vit à crédit et pas seulement en terme financier.
    Le rapport au temps falsifié est celui au temps irréversible qui transforme la société et la nature de fond en comble.
    C’est la perte du temps cyclique, le jour et la nuit, les saisons, etc. qui est vécu comme une douleur.

    1. les gagne- petit … De l’audace messieurs, de l’audace, revenons à l’époque féodale; réinstaurons la corvée pour tous (sauf pour les riches ,bien entendu…) Er si ça ne suffit pas, passons à l’esclavage, et là on sera imbattable sur le plan de la compétitivité, SAUF SI LES AUTRES FONT LA MËME CHOSE…

      1. Il est donc proposé de revenir à un système comparable à celui qui était en vigueur entre 1992 et 2001: le montant de l’indemnité [chômage] serait réduit de 25% au bout de six mois, puis de 50% après un an. « On pourrait toutefois envisager d’atténue cette dégressivité pour les plus modestes », précise Duhamel. L’allocation minimale de 850 euros par mois serait de toute façon conservée.
        Le rapport évoque aussi le montant maximal de l’indemnité, mais sans proposer clairement de l’abaisser. Pourtant, ce plafond, fixé à 6.161 euros net (un record en Europe), avantage exagérément les cadres supérieurs

  25. Je vais paraître très terre à terre: le décompte du temps aide à s’organiser collectivement, donne un repère commun.
    Le repérage spatial et temporel devrait consituer un progrès indéniable pour nos sociétés.
    Le problème réside plutôt dans la complexité des sociétés, les régimes tendus, les rigidités, l’absence de marge de manoeuvre, la soumission et l’exploitation des emplois du temps.
    Mais ce n’est pas l’outil, c’est l’état d’esprit qu’on peut accuser, même si l’outils a permis à un certain état d’esprit de se développer.
    Je voulais juste dire qu’on peut éviter d’aller dans un excès inverse, car entre adhérer, prendre du recul par rapport à notre organisation actuelle et ne faire que réagir en opposition: on peut trouver sûrement différentes nuances.
    Ceci dit, je rêve de n’avoir plus d’horaire.

    1. Pourtant , tous les gériatres vous diront que lorsque leurs  » patients » commencent à perdre leurs repères dans le temps , il faut commencer à se faire du souci .

      En tant que retraité et vieux , je vous confirme cependant que c’est un bonheur dont je serai éternellement reconnaissant à la retraite par répartition , celui de pouvoir roupiller entre 7 heures et 8 heures du matin qui , pour des raisons obscures , sans doute à aller chercher dans les mystères de l’affect du bigbang , m’est une félicité digne de la fontaine de jouvence .

      Dont j’ai été privée durant 41 ans .

       » Etre une heure , une heure seulement
      Etre une heure , rien qu’une heure durant ,
      Beau , beau et con à la fois . »

      Au lit en train de rêver entre 7 et 8 h .

    1. Oui, il a fait mouche, hein ? Il n’y a qu’à lire les commentaires…
      Bravo, c’est ce genre de pertinence qui fait toute la saveur du blog de Paul Jorion.

  26. Merci pour cet excellent billet.
    Comme vous le faites remarquer : qui maîtrise le temps, détient le pouvoir. Surtout quand il s’agit du temps des autres. Ainsi celui qui maîtrise le temps des autres, détient le pouvoir sur les autres. A contrario, celui qui maîtrise SON temps, détient le pouvoir sur lui-même, et peut – luxe suprême – se soustraire au pouvoir des autres. Comme la détention d’argent ou de capital, la maîtrise du temps est aussi l’enjeu d’un rapport de force et de domination, les deux étant intimement imbriqués et remarquablement explicités par l’expression « Time is money », que l’on pourrait aussi inverser en « Money is time ». Si la 1ère expression fait référence à la notion de capitalisation, c’est-à-dire que le temps est créateur de richesses, la 2ème évoque la possibilité d’acheter du temps, le sien, bien sûr, mais surtout celui des autres. Il y a donc une osmose très forte entre ces deux flux, osmose qui me permet de faire deux remarques.

    La 1ère, c’est que si le salaire, avant d’être un achat de compétences, est un achat de temps, un achat qui soumet plus qu’il ne libère, la dérèglementation du temps de travail cache derrière une supposée nécessité économique un autre visage : celui d’une volonté de domination sans partage, et pire, d’asservissement total et absolu aux diktats du capitalisme. Dès lors, toute dérèglementation du temps de travail aboutissant à une augmentation significative pourra être considérée comme une régression sociale majeure.

    La 2ème, c’est que dans le monde financiarisé que nous endurons, ces deux flux (temps et argent), unis dans une même dynamique, subissent une accélération commune : l’argent s’échange en nanosecondes, le temps devient urgence, et toutes nos sociétés soumises au primat de l’économie financière finissent par en subir les conséquences. Ainsi, à l’instar des vitesses vertigineuses des échanges de capitaux, règne la dictature de l’urgence, un temps émietté par des objectifs à très court terme, une pression constante qui colonise les esprits, évite que des consciences éveillées au temps long ne se posent les questions essentielles : où allons-nous ensemble ? Quelle société pour demain ? Quel avenir pour l’humanité ? Cette dictature de l’urgence n’est ni plus ni moins qu’une modalité du contrôle social, et disons le tout net, une forme moderne d’esclavage, un esclavage au seul service de la productivité dont plus personne ne sait à quoi elle sert… sinon à pérenniser la soumission et à détruire la planète. Le processus linéaire du temps – tel qu’il est conçu en Occident et trouverait son origine dans le messianisme juif – se transforme sous le diktat de l’urgence en un processus circulaire d’asservissement. C’est le même processus à l’oeuvre avec l’information ; le scoop est vite remplacé par un autre pour éviter les temps morts et surtout empêche le recul nécessaire à toute forme de réflexion.

    Mais voilà, il y a un hic. La maîtrise du temps (des autres) si importante pour la pérennité du pouvoir est aujourd’hui très imparfaite du fait même de la soumission de nos sociétés au culte de la rentabilité. En effet, le chômage, conséquence directe de l’amélioration des gains de productivité et d’une recherche maximale de profit, redonne une maîtrise personnelle au temps, et représente de ce fait soit un danger soit un espoir, selon le point de vue que l’on adopte. Si l’oisiveté est mère de tous les vices, la liberté de temps, vécue comme contrainte et non comme libération, est aussi la mère de toutes les indignations, de l’éveil des consciences aux questions existentielles du genre « que vais-je faire de ma vie ? Quel est mon avenir ? », et donc la porte ouverte à la désespérance et aux révoltes. C’est peut-être là dans cet espace aveugle, cet interstice, cette brèche ouverte par l’incapacité à maîtriser le temps des oisifs involontaires que résident – entre autre et pas uniquement – les germes des grandes évolutions, voire révolutions à venir.

  27. les décideurs repoussent sans cesse les décisions ?

    « L’alcool est un produit très nécessaire. Il permet au Parlement de prendre à onze heures du soir des décisions qu’aucun homme censé ne prendrait à onze heures du matin. »

    Bernard Shaw

  28. Laisser aux machines le temps des machines et aux hommes le temps des hommes ?

    Si le temps de travail est la mesure de la richesse, c’est que la richesse est fondée sur la pauvreté, et que le temps libre résulte de la base contradictoire du surtravail; en d’autres termes cela suppose que tout le temps de l’ouvrier soit posé comme du temps de travail et que lui-même soit ravalé au rang de simple travailleur et subordonné au travail. C’est pourquoi la machinerie la plus développée contraint aujourd’hui l’ouvrier à travailler plus longtemps que ne le faisaient le sauvage ou lui-même, lorsqu’il disposait d’outils plus rudimentaires et primitifs.
    K.Marx, Grundisse II, p. 225-226/595-596. 28/

    http://jeanzin.fr/ecorevo/sciences/temps.htm

  29. Doit bien se marrer notre ami belge
    un petit mot, une petite expression et hop, des commentaires en veux-tu en voilà, de tout acabit

    c’est quoi le prochain, Paul?

    je suis impatient!!!!

  30. Pluie, beau temps, bon vieux temps, sale temps, d’antan, d’aujourd’hui, de demain, Présidents maîtres du temps présent, Temps tout court et majuscule, parler du temps. Rien de plus triste, banal et vain.

  31. « Nous écrivions un texte à quatre mains et ces mots ont surgi au milieu d’une phrase. »

    Le temps est couleur rouge.
    Autour de l’empreinte.
    Une main épouse la paroi.
    De l’eau, il en est passée depuis…
    Le temps engloutit le noyé. Gros glouton.
    Help !
    La grotte Chauvet.
    Un signe.

  32. Plusieurs commentaires, réflexions ou liens élargissent largement ma propre réflexion initiale, plutôt intuitive et spontanée. Je me réjouis de pouvoir lire ou relire calmement tout ça, ce week-end dans ma demeure.

  33. Ah…’La maîtrise du temps’…Un jour, un chef (ex chef) de service, un ‘manager’,m’a demandé pourquoi j’étais ‘en retard’ selon lui…Je lui ai répondu: « parce que les bananes poussent à l’envers… »
    Heureusement pour moi, il ne connaissait pas F. Béranger…

    Je voudrais, quoi qu´il arrive
    Profiter du temps
    Du temps qui me reste à vivre
    Tant de temps, si peu de temps
    Le temps qui tisse sa trame
    Le temps qui file sa chaîne
    Le temps qui est si pesant
    Le temps qui n´existe pas

    J´ passe mon temps à ne rien faire
    J´en ai plus pour travailler
    Je surveille le bananier
    Les bananes poussent à l´envers
    J´ me mets donc la tête en bas
    Pour voir la chose à l´endroit
    C´est pas bon pour la tension
    Mais ça fait jaser les cons

    Prendre son pied, prendre son pied
    Prendre son pied dans la moquette
    Partir en vol plané
    Vol plané dans mes synapses
    Dans mes univers virtuels
    Dans mes giga-neurones
    Aussi vite que la lumière
    Dans l´infini des mémoires

    Un matin l´angoisse te poisse
    Tu n´es plus immortel
    Tu jettes un œil sur ton compte
    Il est pas loin du zéro
    Redevenir le héros
    Du quotidien qui file
    Redécouvrir les gens
    Les objets et les jours

    Temps élastique, ressort à boudin
    Temps chewing-gum, temps caoutchouc
    Temps sans début ni fin
    Interminable quand on s´ennuie
    Impalpable quand on jouit
    De la moindre seconde
    Comme le ravi du village
    Qui rit de tout et de rien

    Je voudrais quoi qu´il arrive
    Profiter du temps
    Du temps qui me reste à vivre
    Tant de temps, si peu de temps
    Le temps qui tisse sa trame
    Le temps qui file sa chaîne
    Le temps qui est si pesant
    Le temps qui n´existe pas

    François Béranger, ‘profiter du temps’ 2002.

  34. .
    Ayant relu hier soir une bonne partie du « Temps retrouvé » de Marcel Proust, (la fin de la Recherche), je suis cette fois-ci davantage frappé par la justesse de ses idées qui m’avait échappée avant… A savoir que l’essence du souvenir est éternité, et plus précisément les éléments intemporels qui s’en dégagent finissent par se libérer de la simple biographie pour devenir abstraits, pour s’engager sur le chemin d’une certaine formalité épurée, d’une « sublimation » au sens esthétique, et que pour fixer, pour conserver cette efflorescence de la vie il fallait l’incorporer à une oeuvre d’art..

    Cela pourrait être rapproché de la formule de Buffon, à savoir que le style c’est l’homme ; en cherchant le style on trouve l’homme parce qu’il participe à la fois de la biographie et de quelque qualité formelle de la pensée… : Le souvenir passe du concret à l’abstrait et l’analyse du style ferait le chemin inverse.

    En contre-champs, Bergson et le problème de la durée. Bergson finit simplement par gommer l’origine du souvenir, effacé par la répétition de l’apprentissage. Il tente d’appréhender le temps dans le sentiment de la durée, cette sensation de durée impalpable et purement phénoménologique.

    (A. Breton, devise : Je cherche l’or du temps)

    Mais Freud rejoint Proust lorsqu’il pose que l’inconscient ne connaît ni la négation ni le temps, ce qui y réside étant atemporel.

    Il y a malgré tout ici une incidence, une interférence, un rapport avec la culture judéo-chrétienne à savoir que le Christ incarne la jonction entre l’immanence et la transcendance, le temporel et l’éternel, l’instant et infini. Toute la chrétienneté essaie de franchir ce gouffre entre le particulier et l’universel, de tenir ces deux bouts. Il s’agit d’une dialectique bien particulière à l’Occident.

    Quand au sentiment actuel de la durée il est catastrophique. Il est haché par le HFT, oblitéré quand on se fait expulser, évacué lorsqu’on en reste au stade esthétique de Kierkegaard ou lorsqu’on s’évade par tout autre moyen (paradis artificiels). L’angoisse rétrécit le champs de conscience.

    L’idée de cycles en économie et ailleurs est une pure négation du temps puisqu’elle aplatit toute la dialectique chrétienne par exemple, pour retrouver un temps égyptien j’allais dire, pour se complaire dans l’illusion que le temps répétitif actualisé annule la flèche du temps entropique. Comme disait Nietzsche, il s’agit d’un temps animal :

    « Betrachte die Herde, die an dir vorüberweidet: sie weiß nicht, was Gestern, was Heute ist, springt umher, frißt, ruht, verdaut, springt wieder, und so vom Morgen bis zur Nacht und von Tage zu Tage, kurz angebunden mit ihrer Lust und Unlust, nämlich an den Pflock des Augenblicks, und deshalb weder schwermütig noch überdrüssig »

    Observe le troupeau qui passe en broutant: Il ne sait rien d’hier ni d’aujourd’hui, saute alentours, mange, se repose, digère, saute à nouveau, et ainsi du matin jusqu’à la nuit et au jour le jour, d’humeur volatile, car attaché au piquet de l’instant et par conséquent ni triste ni mécontent.

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