UN EXEMPLE INATTENDU D’ACTIVITÉ FINANCIÈRE DÉNUÉE D’INTÉRÊT

Préparant la leçon que je donnerai demain sur la distinction faite en 2009 par Lord Adair Turner, le président de la Financial Services Authority, le régulateur des marchés financiers britanniques, entre activités financières socialement utiles et activités financières dénuées d’intérêt, j’ai été surpris par l’un des exemples qu’il offre de ces dernières : le crédit immobilier. Qu’il mentionne la spéculation comme étant nocive répond à mon attente, mais le crédit immobilier ?

L’explication qu’il offre est la suivante : le crédit immobilier sert essentiellement à ce qu’une génération rachète à la précédente le parc immobilier à un prix supérieur à ce que celle-ci avait dû payer, et ceci, sans autre justification qu’un prétendu renchérissement « séculaire » du foncier. Le résultat, c’est qu’une génération aura besoin pour s’acheter une maison d’un prêt sur 10 ans, que la suivante devra en obtenir un sur 15 ans, et la suivante encore, sur 20, etc. la limite supérieure dans l’évolution historique du processus n’étant sans doute rien d’autre que la durée de vie ultime des emprunteurs.

La population se partage ainsi selon Lord Adair en deux composantes : ceux qui peuvent s’acheter un logement et qui s’enrichiront du fait de cette inflation s’assimilant à un subventionnement générationnel, et ceux qui demeureront en-dessous du seuil de l’accès à la propriété et seront dans l’incapacité de jouer de l’effet de levier qu’autorise le crédit immobilier.

Je parle souvent de la machine à concentrer la richesse qui est inscrite au sein du fonctionnement du capitalisme, et je désigne le versement d’intérêts comme étant son moteur, mais Lord Adair a certainement raison : il y a ici, dans le crédit immobilier, un autre mécanisme contribuant lui aussi à la concentration de la richesse.

Logiquement du coup, dans le raisonnement de Lord Adair, la titrisation des crédits immobiliers qui déboucha sur la crise des subprimes est également dénuée d’intérêt sur un plan social.

La titrisation permit, explique-t-il, d’abaisser artificiellement le seuil séparant les deux catégories de la population que constituent ceux qui accèdent à la propriété et ceux qui y échouent. Mais l’abaissement de ce seuil dépendait de l’existence d’une bulle financière, ce que Robert Shiller appelle une « machine de Ponzi spontanée », et lorsque la bulle éclate, le seuil existant de fait entre les deux populations se révèle soudain dans toute sa dureté. Pire encore, il se solidifie : les banques échaudées par la crise du crédit exigent désormais des apports personnels substantiels de la part des candidats à la propriété. La presse française mentionnait ainsi récemment un minimum de 40.000 euros.

Ce sont ces 40.000 € à réunir impérativement par les candidats à l’accès à la propriété qui sépareront d’une part les éternels losers, et d’autre part les futurs gagnants du jackpot que constitue le subventionnement générationnel qu’évoque Lord Adair.

Cet élément de preuve supplémentaire d’un système à deux vitesses n’est pas sans rappeler celui que le héros de La machine à voyager dans le temps de H.G. Wells découvre dans notre avenir, où l’humanité s’est séparée en deux sous-populations distinctes : les riches Eloïs et les pauvres Morlocks. Différence notoire entre le futur hypothétique de Wells et notre présent : alors que les riches s’y font bouffer par les pauvres, chez nous, c’est exactement le contraire. Merci à Lord Adair Turner de nous avoir rappelé une fois de plus cette vérité de base !

 

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150 réflexions sur « UN EXEMPLE INATTENDU D’ACTIVITÉ FINANCIÈRE DÉNUÉE D’INTÉRÊT »

  1. Ce sont ces 40.000 € à réunir impérativement par les candidats à l’accès à la propriété qui sépareront d’une part les éternels losers, et d’autre part les futurs gagnants du jackpot que constitue le subventionnement générationnel qu’évoque Lord Adair.

    C’est peut-être surtout pour éviter de rééditer la catastrophe des subprimes qui a été attribuée à une faute des prêteurs. Elle a amené des personnes n’ayant pas les moyens de devenir propriétaires de leur logement à s’engager dans des opérations à très hauts risques, parce que dépassant leur capacité à réduire leur consommation pour financer un investissement. Exiger un apport personnel suffisant, permet aussi de tester leur aptitude à soutenir un tel effort sur une assez logue durée.

    L’inconscience économique des générations nées après guerre, et leur soif de « jouir sans contrainte » est allée grandissant parce qu’elles ont cru qu’on pouvait jouir de tout, tout de suite. Or, un investissement nécessite une phase d’épargne de manière à constituer un répondant minimum en mesure de couvrir une bonne partie du risque pris par la décision d’investir.

    La culture de la moindre consommation au présent, de façon à pouvoir faire face aux besoins du futur s’est totalement perdue depuis que beaucoup de gens en Europe et notamment en France, pensent que l’Etat providence est là pour face à tout, en cas de besoin. Hélas l’Etat lui-même, après avoir vendu son patrimoine industriel, s’est laissé aller à l’endettement, uniquement pour son train de vie courant. Ce qui l’a rendu fragile et vulnérable.

    Cette dérive de l’endettement trop facile ne peut pas durer, et c’est à mon avis irresponsable d’en rendre responsables ceux qui, héritant des réflexes des temps passés, pensaient à épargner pour investir.

    Les gagnants sont ceux qui investissent le capital épargné en limitant leur consommation et qui continuent à accroître leur patrimoine en visant à dépenser moins que ce qu’ils gagnent. Les perdants font l’inverse, ils n’épargnent jamais et sont tentés de s’endetter.

    1. jducac , seriez-vous un « peine à jouir  » ?
      Pour ma part , il me semble que ceux qui jouissent sans contrainte en ce moment , se sont plutôt les dirigeants du cac .

    2. Sauf qu’en France, les investissements en bien immobilier de la part des particuliers ont été plus sévèrement encadrés, et que l’apport personnel à toujours été nécessaire (bien sur, il y a toujours des petits malins qui trouvent le moyen de s’en affranchir) et que le montant des remboursements étaient limité jusqua il y a peu à 33% du revenu.
      On a échappé de peu aux crédits hypothécaire (pour cause de déclenchement de la crise des subprimes) si chers à Sarkhozy qui y voyait là la martingale pour relancer l’économie.
      Jusqu’il y a peu aussi, les banquiers ne voulaient pas vous octroyé un prêt à 30 ans pour une maison, 20 leur paraissait beaucoup, ils vous conseillaient plutôt 15. Cela avait malheureusement changer ces dernières années, j’en ai même connu un qui me vantait les prêts anglais de 90 ans (?)

      1. Chou, vous confondez tout. Vos « prêts anglais » à 90 ans n’existent évidemment pas mais correspondent au système british des baux emphytéotiques où l’on est propriétaire que des murs le foncier restant loué. Y paraît même que l’option est sérieusement envisagée aussi bien sur Paris par la municipalité qu’au niveau national par Duflot…
        Sur l’apport personnel encore une fois c’est n’importe quoi puisque justement il n’était exigé aucun apport personnel, particulièrement dans la période noire 80/85, les différentes aides de l’État et autres (en fait des prêts « constitutifs d’apports personnels » comme le prêt à taux zéro, l’épargne-logement, le 1 % logement, les prêts des caisses de retraites, les prêts des collectivités locales, le crédit-relais.) étaient assimilées à cet apport personnel…
        Sur « le crédit mieux encadré en France » je confirme, sauf que sur cette période là (grosso merdo entre 72 et 87) ça s’appelait juste « encadrement du crédit », par l’État bien sûr. Exemple ? 82, conditions du « crédit encadré » (pour 170 000 prêts immos cette année là…) : 10, 80 % sur 4 ans puis 12,90 sur 3 ans puis 14, 70 (taux d’inflation en 86 : 2,1 %…). Marvelous.

  2. Des perdants , des gagnants , de l’inconscience économique ….
    En somme , un monde en noir et blanc , comme si les couleurs n’existaient pas .

    Qu’est qu’une maison au fait , et comment s’établit son prix ?
    Son prix n’est pas calculé en fonction de ce qu’elle vaut ( un peu de matériel , un bout de terrain , un peu de travail des hommes), mais en fonction de ce que la personne est prête à payer .

    1.La logique d’achat est essentiellement motivée par le pragmatisme : sans un « chez soi » , il faut louer .LOUER TOUTE SA VIE revient plus cher qu’acheter et rembourser sa banque pendant vingt ans ( durée moyenne du crédit) .
    2.La logique de réalisation est déclenchée par l’apport personnel : on a ou on n’a pas cet apport .
    En suisse , le problème peut être résolu en sortant une partie de sa retraite pour raison d’achat immobilier .
    En france , ou une bonne moitié de la population est propriétaire , rien à été inventé à part la possibilité aux riches de devenir toujours plus riches.Ils leur suffit d’acheter propriétés après propriétés, tout en laissant faire l’essentiel du travail de remboursement par les locataires.

    Quand les lords comme Adair Turner se font théoriciens économiques , ne jamais oublier que ce genre de baron est nanti .
    Oubliant de préciser qu’un petit chez soi vaut mieux qu’un grand chez les autres , un lord a vite fait de servir l’ intérêt de sa caste.Le crédit immobilier est « socialement inutile » selon ses dires , parce que SON idée du « social  » n’est pas celle de ceux qui sont à la merci des bailleurs .

    Le crédit comme levier , permettant de rendre possible l’enrichissement des pauvres et des classes moyennes , est une bonne chose pour la plupart , mais pas pour une aristocratie d’autant plus dominante qu’elle détient la plupart des capitaux …

    . Le crédit comme piège à con , ou le préteur n’attend que la faillite de l’emprunteur est un crime économique au même titre que l’usure . Si ce lord ne sait pas faire la différence , c’est que sa possibilité de nuisance est énorme, vu ses fonctions .

    en attente de modération ….

  3. Un autre exemple inattendu ( et je suis d’en trouver d’autre en fouillant) de ce que le larron est capable d’emballer comme cadeau surprise .

    Pour « améliorer leur sort « qui disait ….
    extrait
    « 2,2 millions de retraités britanniques vivent en dessous du seuil de pauvreté et ce chiffre risque de croître. Pour améliorer leur sort et faire face au vieillissement démographique, le rapport récemment rendu par Adair Turner, ancien dirigeant du patronat britannique, préconise de relever l’âge de départ à la retraite, mais aussi d’augmenter le taux des cotisations sociales »

    http://www.alternatives-economiques.fr/royaume-uni—reformer-les-retraites_fr_art_196_22562.html

  4. Dans la relation entre vendeur , acheteur , banque prêteuse , y a -t-il un moyen d’introduire la notion « d’enrichissement sans cause » ?

    Mai si la Loi couvre elle même l’enrichissement sans cause , par contrat , ça parait mal parti .

    1. Ne serait-ce pas la spéculation?
      Les paris sur les fluctuations de prix, ce que Paul Jorion voudrait interdire
      Mon fils a acheté en 1999 une maison, que nous avons retapé ensemble, quatre ans plus tard il l’a revendue avec une plus value de 80%. C’était l’époque de ces possibilités.
      Il était offusqué de cette possibilité, de toute manière achetant une plus grande, il était victime du même procédé.
      Lui et son épouse n’ont pas trop de problèmes de revenu, mais en deça d’un certain seuil de revenu il n’est plus possible d’obtenir un toit et c’est cela qui est inacceptable.

      1. Il faudrait sans doute ajouter au prix d’achat le « prix » de votre travail conjoint, tenir compte de l’inflation sur la période , soustraire une part « vétusteté » sur cette même périiode , pour avoir le prix de vente  » équitable » pour autant que le prix d’achat l’était .

        Tous comptes faits, dan sle cas que vous citez , la plus value sera donc inférieure aux 80 % « avoués  » , mais doit rester assez confortable .

        Il s’agit ( pas forcément en définition juridique ) bel et bien selon moi d’un enrichissement sans cause , ou pour le moins d’une plus value dont je « propose » par ailleurs qu’elle soit intégralement confisquée par la puissance publique ( ou que pour le moins la globalité des taxes , impôts , droits … exigibles à l’occasion de la transaction , rendent l’opération « blanche » par rapport au coût actualisé selon les apports et la dévaluation de la monnaie).

        ça ne « blanchit pas le passé , mais au moins ça ne noircit pas l’avenir .

        ça ne dispense pas de réfléchir à un autre prix référence étalon qui serait le prix que la puissance publique estime  » décent , supportable  » , qui serait tout autre chose que la moyenne des prix du marché  » constatés.( en principe sensiblement inférieur en zone de spéculation forte , mais sans doute supérieur en zone de « déprise » ou « déprime » ).

        A défaut de trouver la pierre philosophale immédiatement , la définition d’une fourchette basse – haute ( + ou – 20 %)par exemple pourrait être de nature à apprendre aux « supérieurs à la fourchette  » que les temps ont changé , tout en sauvegardant les intérêts de ceux qui sont parfois  » en deça de la fourchette » car ils sont sous pression ou mal conseillés ( ou parfois « trop bien  » °) ..

      2. @michel lambotte
        « Les paris sur les fluctuations de prix, ce que Paul Jorion voudrait interdire »

        Rappelons que les marchands de biens en ont été pour leurs frais en 1991 à Paris, et sévèrement. Mais P. Jorion a raison.

        « mais en deça d’un certain seuil de revenu il n’est plus possible d’obtenir un toit »

        Il y a le logement social et la loi SRU. L’accession peut être difficile dans certains cas (Paris intra-muros surtout avec vue sur la Tour Eiffel), mais elle est loin d’être impossible.

  5. Le blog à Paul transformé en « 50millions de consommateurs », dossier spécial « Accession à la propriété »?
    Tout problème spécifique à la classe moyenne tend à devenir une question générale. Pour les autres, interdiction d’y échapper. D’ailleurs, participer aux affres de cette classe, c’est déja en faire partie en puissance. Car évidemment, c’est une promotion.
    Bon, ça nous change des assauts livresques. Aristote ou Platon et les joies du béton… en fait Juan nous rappelle à juste titre qu’avant le béton, la surface d’accueil est votre pb principal , la surface et qq décimètres en dessous car le sous-sol ne vous appartiendra pas. C’est cher payé pour un truc sans épaisseur.

  6. Bonjour
    @Juan Nessy
    Vous ne parlez pas de l’augmentation de « qualité d’habiter » apportée par ce travail de restauration!
    Il y a une grande part du parc immobilier très vétuste et inadapté aux nouvelles façons d’habiter ainsi qu’aux nouvelles normes techniques. Passer d’une maison ancienne à une maison contemporaine demande beaucoup d’intelligence et de recherche….. le prix d’un bien n’est pas la somme des factures de ses composants!
    Encadrer les prix est à la base une bonne idée mais ouvrira la porte à bien des combines qui saperont un peu plus la confiance dans les institutions.
    Ayant habité ces dernières années un appart. des années 30 à Paris, j’ai pu constater son inadéquation et son insuffisance technique ( bruit & énergie principalement) j’ai donc pensé à un système de nationalisation temporaire , passant outre au « droit sacré de la propriété » ( pardonnez moi cette obscénité mais elle a cours dans la constitution! ) pour mettre les logements aux normes et augmenter ainsi le bien être de la collectivité.
    Je vous laisse le soin d’imaginer le débat à l’assemblée nat. ! je crois qu’on battrait l’Ukraine question baston!
    Il m’a fallu un an et visiter 70 maisons là où je vis désormais – dans le Morvan- pour en trouver une qui soit adaptable à nos modes de vie d’aujourd’hui avec un budget limité (mais avec mon expérience d’architecte naval et mes mains de charpentier de marine) . Nous avons réussi à aménager une maison de 120m2+ qui nous coûte 180€ /mois en charges et consommables.
    moins que les 250 que nous coûtait l’appart de 28m2 à Paris! Ceci dit avec l’augmentation budget transports, on rééquilibre. Mais la qualité de vie est sans comparaison!
    Donc je ne jetterai pas la pierre à ceux qui se sont trituré les méninges et ont travaillé dur s’ils ont une bonne surprise à la fin. Retaper une maison c’est assez long et pénible car on a en plus toujours des mauvaises surprises quand on creuse!

    Par ailleurs: sur BI la dernière présentation de Jeff Gundlach des graphiques très parlants sur ce qu’est réellement la reprise et les lézards qui dorment sous le siège de Bernanke,,Draghi et co.
    http://www.businessinsider.com/jeff-gundlach-to-catch-a-thief-2012-12#-27

    Cordialement.

    1. @Steve
      Le fait d’accéder à la propriété fait de vous un vilain capitaliste, car vous le savez déjà : la propriété c’est le vol.

    2. Je vous accorde qu’avec le même cumul de factures , certains feront du beau et d’autres du moche ( ce que vous appelez peut être la qualité d’habitat ) .

      Mais je ne vois pas pourquoi cette différence mériterait une plus value quelconque ( outre qu’il est étrange de faire du beau pour s’empresser de le revendre plutôt que d’en jouir ).

      Par contre , tous les agents immobiliers vous diront qu’on trouve plus facilement acquéreur pour du beau ( à prix équitable selon ma règle) que pour du moche ( qui ne se vend pas et où le montant des factures est presque parfois à soustraire ! ).

      On ne devient pas forcément capitaliste en accédant à la propriété de son toit . On le devient en spéculant sur lui , ou en bénéficiant grâce à lui , d’un enrichissement sans cause .

      Nota : je suis par contre totalement acquis à l’idée que le talent se paie …raisonnablement .

      Je note aussi que le cas de figure que vous évoquez n’est pas celui qui pousse le marché de l’immobilier à des hausses intenables et créatrices d’inégalités approfondies .( je dirais presque hélas !)

  7. vous avez raison Périco, je suis aussi un vilain capitaliste voleur et chomiste, mais je préfère cela à être SDF, sans toit, ni loi, ni foi…..

  8. Bonjour

    @Perrico & Juan

    Il y a aussi tout simplement que je ne remplis aucune des conditions requises pour pouvoir être locataire ou pour emprunter! Donc c’est l’achat, le squat ou le nomadisme! Ayant épuisé les joies du nomadisme ( 15ans +) , du squat consenti (quand j’étais vraiment dans la m….), ne me restait plus que l’achat à essayer! Je serais plutôt pour le nomadisme, en laissant l’endroit plus propre que je ne l’ai trouvé, mais le temps où l’on pouvait parcourir le monde avec, pour tout viatique, une simple lettre de recommandation est bien passé !
    Plutôt que la propriété qui devrait rester à l’Etat,( terres et immobilier) le préfèrerais un système s’inspirant de baux emphytéotiques héréditaires. ( on a vu ce qu’a donné la collectivisation totale des terres en URSS)
    Pour être capitaliste, il faut penser à un bénéf sonnant et trébuchant: de ce point de vue, pour un banquier, pour un investisseur, je frôle la débilité mentale profonde!

    Cordiales OAT

    1. @Steve :

      Si vous êtes condamné à acheter ( en empruntant je présume ) , parce que vous n’avez pas les moyens d’être locataire , il y a quelquechose qui m’échappe et au minimum m’inquiète .

      Pour le squat et le nomadisme , c’est plus clair , et hélas de plus en plus courant .

      De façon plus générale , j’ai surtout remarqué que pas mal des « appauvris » et dans la mouise , sont tentés de rejoindre des régions en déshérence , où ils arrivent à payer au moins leurs loyers , mais où ils n’ont aucune chance de redécoller dans des bassins d’emplois devenus sans emplois , et qui ne font que concentrer toutes les misères du monde .

      1. Bonsoir Juan
        Je crains qu’une lecture hâtive ne vous ait conduit à des déductions fausses en ce qui me concerne!
        Je ne peux emprunter pour des raisons d’âge et de garanties de remboursement sauf à des taux superluminiques! Il nous a suffit de vendre notre appart. parisien.
        J’ai été dans la mouise, noire, il y a trente ans, depuis je me suis refait mais j’ai totalement changé mon regard sur la vie, le monde, l’argent et le travail. Je vis dans une région sympa, où de nombreux artistes de très bon niveau se sont installés aussi en raison de la qualité de vie, à 2h de Paris G Lyon par le TGV. Je ne touche aucune aide publique. Pendant ce temps, des amis galèrent dans la peur pour payer des emprunts et des traites sur des trucs peu utiles mais « statutaires » : la course du rat!

        Je crois que nous ne devons plus encombrer le blog avec des détails autobiographiques inintéressants pour la plupart des lecteurs. J’ai cédé à une tentative de décrire une vie somme toute heureuse basée sur d’autres critères que le PIB ménager! Je répète et répèterai encore que tout système magnifique et cohérent pour rectifier la société ne avoir une chance de réussir que si chaque humain reconsidère tous ses postulats, se libère de ses peurs et renonce à l’idée d’imposer ses vues à qui que ce soit par quelque moyen que ce soit sinon par sympathie et empathie!
        Il y a quelques traditions pluri -millénaires qui savent très bien provoquer une telle révolution intérieure. Je vous accorde qu’il y a peu d’élus et que le chemin est étroit et pierreux!

        Cordialement; fin de ce post pour moi.

  9. La production locale est pour la consommation intérieure prioritairement, ce qui permets à ceux qui ont travaillé sur les produits de pouvoir les utiliser. Ce qui n’est pas le cas du capitalisme qui fabrique des masses de produits dans le but de faire un maximum d’argent même si la production locale ne se distribue pas sur la région de production, vers la consommation intérieure de cette région.

    Le capitalisme n’a pas pour but de développer une dynamique de consommation générale, son but est de faire des profits encore et toujours plus de profits. Ce productivisme ne s’accompagne pas de facto d’une consommation intérieure, la Chine qui est considéré comme l’usine du monde n’a pas enclenché de dynamique de consommation intérieure, dans le pays le plus peuplé au monde ( 1,3 milliards d’habitants). Ce sont les pays étrangers importateurs qui sont les lieux de consommation de la production chinoise via des multinationales étrangères.

    Il n’est pas normal que les pays producteurs à population pauvre n’ont pas eu accès rapidemment aux produits de consommation qu’ils ont fabriqué. L’exemple de Ford avec l’automobile et sa hausse des salaires pour acheter ses voitures en est la preuve de ce rapide accès. Seulement faire des profits est prioritaire pour les multinationales et les banques qui n’ont pas besoin d’exprimer cet aspect social et sociétal, et de parler du capitalisme pour faire du fric.

    L’influence des capitaux des investisseurs à gros porte-feuilles (nationaux comme étrangers en fin de compte) relaie l’efficacité de la production locale à un indicateur purement financier. Ainsi la consommation forte n’est liée qu’aux taux de rentabilité, et les locaux qui produisent et fabriquent n’auront pas accès aux différents produits que leur secteur de vie géographique devrait offrir.

    Les financiers, les hyper-riches par leurs mouvements de capitaux et la manipulation des taux d’intérêts et de change peuvent détruire des productions de masse locale et les délocaliser tout en maintenant les produits de consommation sur les rayons. Ce qui mets en danger à la fois des pays importateurs qui ne peuvent plus fabriquer et avoir un accès rapide de consommation, et les pays exportateurs qui dépendent des pays importateurs et qui n’arrivent pas développer une consommation intérieure, dans les deux cas c’est uniquement pour faire plus de profits, alors qu’il y a de nombreux risques de société à la clé.

    On retrouve ceci dans les prêts, les capitalistes cessent d’emprunter s’ils n’y trouvent pas leurs intérêts. La question du risque de la cessation de paiement d’un pays (qui peut faire effet boule de neige sur une région) à cause de la dépendance aux capitaux des hyper-riches, ne réprésente qu’un business, le business des dettes. Les gouvernements n’auront qu’à parler de la « nécéssité » de ses emprunts et de la recherche de financement,ect…avec des taux d’intérêts très élevés qui coûte chaque année très cher au contribuable, l’un des plus rentables poste de dépense des Etats, le business des dettes.

    La production au niveau local doit avant tout se distribuer pour la population locale, vers l’auto-suffisance. Sinon elle devient une affaire de gros sous sans considération pour les travailleurs locaux et chercher à se goinfrer d’argent. La consommation intérieure passe par une capacité locale de distribuer ses produits pour la population proche.

  10. Citation de l’article :

    « Ce sont ces 40.000 € à réunir impérativement par les candidats à l’accès à la propriété »

    Plus vous élevez le minimum d’argent à rassembler pour le capital de départ, plus vous concentrez les richesses d’achats immobiliers.

    Les banques (et les politiques) participent activement à ce système de vaste concentration des richesses, ce sont les investisseurs immobiliers les plus riches qui peuvent acheter une propriété privée immobilière, et non pas les primo-accédants à la propriété privée ou les rares investisseurs solo dans l’immobilier.

    Ce sont les hyper-riches, les banques et les fonds d’investissements des multinationales qui ont été la priorité dans ce modèle de prix d’achat immobilier. Alors les prix des ventes et de locations augmentent radicalement, se stabilise et poursuit cette hausse (de pognon) sinon les médias et les professionnelles parlent de crise (s’empiffrer est le mot exact). Les logements se vident par pur rentabilité avec le soutien des politiques qui font les lois immobilières, et les files d’attentes et les gens à la rue se multiplient rapidemment.

    Vous en arrivez à la situation dans le public (parc social) où il y a plus de demandeurs de logement que de logement sur le parc public immobilier, et un gros business de création d’une demande de logement dans le privé avec un prix très élevé, sans qu’avoir un logement pour le demandeur soit justifier, un délai de fin de contrat est exigé dans le contrat, et le demandeur vient de payer pour rien une forte somme pour n’avoir aucun logement.

    Les fonds d’investissements et les hyper-riches ont eu des lois et des vides législatifs pour faire plus de profits tout en réduisant le parc public social. A vous dégoûter de l’immobilier dès les études, qui vous expliquent que ce modèle est fait pour les populations.

    1. Je vous recommande l’utilisation de la boite de macarons

      Les boîtes de macarons, de chocolats fins ou de marrons glacés, je les offrais plutôt à mes clientes qui toutes se révélaient gourmandes.
      Mais offrir un cadeau à un banquier ! Voilà quelque chose qui ne m’est pas venu à l’esprit. Je me suis contenté de recommander un ou deux livres, parmi lesquels L’ARGENT, mode d’emploi d’un certain Paul Jorion (pour ceux qui ne suivent pas)

      Les taux du crédit immobilier sont décidés non par la fumeuse loi de l’offre et de la demande mais par des décisions prises de commun accord par les plus hautes instances bancaires et étatiques.
      Pensez donc à la catastrophe économique qui pointe son nez dans notre beau pays : l’éclatement, plus ou moins violent (les pronostics sont partagés) de la bulle immobilière.

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