UN EXEMPLE INATTENDU D’ACTIVITÉ FINANCIÈRE DÉNUÉE D’INTÉRÊT

Préparant la leçon que je donnerai demain sur la distinction faite en 2009 par Lord Adair Turner, le président de la Financial Services Authority, le régulateur des marchés financiers britanniques, entre activités financières socialement utiles et activités financières dénuées d’intérêt, j’ai été surpris par l’un des exemples qu’il offre de ces dernières : le crédit immobilier. Qu’il mentionne la spéculation comme étant nocive répond à mon attente, mais le crédit immobilier ?

L’explication qu’il offre est la suivante : le crédit immobilier sert essentiellement à ce qu’une génération rachète à la précédente le parc immobilier à un prix supérieur à ce que celle-ci avait dû payer, et ceci, sans autre justification qu’un prétendu renchérissement « séculaire » du foncier. Le résultat, c’est qu’une génération aura besoin pour s’acheter une maison d’un prêt sur 10 ans, que la suivante devra en obtenir un sur 15 ans, et la suivante encore, sur 20, etc. la limite supérieure dans l’évolution historique du processus n’étant sans doute rien d’autre que la durée de vie ultime des emprunteurs.

La population se partage ainsi selon Lord Adair en deux composantes : ceux qui peuvent s’acheter un logement et qui s’enrichiront du fait de cette inflation s’assimilant à un subventionnement générationnel, et ceux qui demeureront en-dessous du seuil de l’accès à la propriété et seront dans l’incapacité de jouer de l’effet de levier qu’autorise le crédit immobilier.

Je parle souvent de la machine à concentrer la richesse qui est inscrite au sein du fonctionnement du capitalisme, et je désigne le versement d’intérêts comme étant son moteur, mais Lord Adair a certainement raison : il y a ici, dans le crédit immobilier, un autre mécanisme contribuant lui aussi à la concentration de la richesse.

Logiquement du coup, dans le raisonnement de Lord Adair, la titrisation des crédits immobiliers qui déboucha sur la crise des subprimes est également dénuée d’intérêt sur un plan social.

La titrisation permit, explique-t-il, d’abaisser artificiellement le seuil séparant les deux catégories de la population que constituent ceux qui accèdent à la propriété et ceux qui y échouent. Mais l’abaissement de ce seuil dépendait de l’existence d’une bulle financière, ce que Robert Shiller appelle une « machine de Ponzi spontanée », et lorsque la bulle éclate, le seuil existant de fait entre les deux populations se révèle soudain dans toute sa dureté. Pire encore, il se solidifie : les banques échaudées par la crise du crédit exigent désormais des apports personnels substantiels de la part des candidats à la propriété. La presse française mentionnait ainsi récemment un minimum de 40.000 euros.

Ce sont ces 40.000 € à réunir impérativement par les candidats à l’accès à la propriété qui sépareront d’une part les éternels losers, et d’autre part les futurs gagnants du jackpot que constitue le subventionnement générationnel qu’évoque Lord Adair.

Cet élément de preuve supplémentaire d’un système à deux vitesses n’est pas sans rappeler celui que le héros de La machine à voyager dans le temps de H.G. Wells découvre dans notre avenir, où l’humanité s’est séparée en deux sous-populations distinctes : les riches Eloïs et les pauvres Morlocks. Différence notoire entre le futur hypothétique de Wells et notre présent : alors que les riches s’y font bouffer par les pauvres, chez nous, c’est exactement le contraire. Merci à Lord Adair Turner de nous avoir rappelé une fois de plus cette vérité de base !

 

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150 réflexions sur « UN EXEMPLE INATTENDU D’ACTIVITÉ FINANCIÈRE DÉNUÉE D’INTÉRÊT »

  1. Il faudrait rajouter qu’en 1900 on héritait de ses parents en moyenne à l’age de 20 ans, le processus était assez vertueux macro-économiquement car c’était un age ou on en avait objectivement énormément besoin d’un apport (logement, fondation d’une famille, faible rémunération…)
    Aujourd’hui l’espérance de vie est telle qu’on hérite en moyenne de ses parents à l’age de 50 ans c’est à dire l’âge où on en a objectivement le moins besoin, c’est l’âge où on gagne le plus et on a moins de dette et moins d’obligation familiales (les enfants sont partis).
    Du coup les quinquagénaire mettent l’argent à la banque qui prêtent au jeunes qui ont toujours les mêmes besoins.
    Aujourd’hui, pour relancer le processus vertueux, Il faudrait que ce soit les petits enfant qui héritent.

    1. Mais non on héritait pas à 20 ans en 1900. L’espérance de vie était bien de 43 ans, mais à la naissance (avec déjà 15% des lardons qui y passaient dans leur première année), en aucun cas pour des parents. Fallait compter un héritage autour de 35/40 ans j’imagine. Aujourd’hui par contre on doit s’approcher des 55.

    2. @ jck

      Il faudrait que ce soit les petits enfant qui héritent.

      Les règles fiscales françaises l’autorisent depuis peu, me semble-t-il …

    3. Il faudrait surtout taxer l’héritage à 100%.
      La au moins on brise la concentration de la richesse, on rebat les cartes à chaque génération.
      On donne un petit coup de pouce à la fameuse égalité des chances.
      En contrepartie, il faudrait baisser voire supprimer l’impôt sur le revenu (des salaires) par exemple….

      Je serai curieux de savoir exactement quelle somme est transférée chaque année via l’héritage en France.

      1. En ce moment j’sais pas mais en 2006 le montant des successions était de près de 60 milliards de roros, quasi mille roros par français…

      2. Ben voila tous les ans on transfère les 60 milliards aux 800000 français qui atteignent l’age de 18 ans (75000 € / jeune) un bon démarrage et d’autant moins à spéculer pour les banques.

      1. Le problème, c’est que le riche, une fois sur ses terres, en propriétaire prospère, connu et se faisant, bien reconnu…, dieu, IL Y RESTE ! Et si ce n’est pas lui, c’est donc son frère, son fils, son âne…
        Autrefois, ayant soif de nouvelle conquête, il lui arrivait de partir sur le champ de bataille; ne pas en revenir offrait la place souvent à de féroces concurrences entre riches de seconde classe. Puis les derniers espaces vierges se sont tus, le riche, en en ayant presque épuisé les dernières beautés, même des sous-sols, décida d’investir dans l’air et le vent et d’y construire, pour que cela dure, sa richesse en briques, plus haut…, toujours plus haut…, qu’il y est encore, qu’on y est encore en bas… Et sans plus d’autres perspectives que de s’enrichir, les têtes en crise sous son gros cumulo – nimbus… à la Sainte Lucie, lui dirions-nous : Pourvu que ça dure encore un peu, jusqu’à ce que cela nous emmène en prise du septième ciel ?!…

  2. Comme quoi, on a beau être, le président de la Financial Services Authority, on résonne comme une casserole.

    Si le progrès c’est l’allongement de la durée d’emprunt pour se loger, il vaut mieux arrêter tout , tout de suite , arrêter ce développement pas durable,
    Car demain se doit d’être mieux qu’aujourd’hui.

      1. @Paul @Moi
        Dont acte, c’est moi la casserole…

        J’ai pris des tours sur la titrisation…une abomination
        J’ai pris des tours quant à la rente foncière qu’on pourrait limiter en imitant ce que font les Pays Bas

        Comme quoi, qd l’émotionnel prend le pouvoir, c’est la cata
        Mais sans émotionnel, on ne serait pas grand chose

        @+

  3. alors que les riches s’y font bouffer par les pauvres, chez nous, c’est exactement le contraire.

    Sur un plan matériel certes, mais qui peut prétendre que sur un plan plus subtil ce n’ est déjà pas le cas (le contraire donc)?
    La richesse crée l’ envie qui elle crée la jalousie qui elle crée la haine. Il se pourrait bien qu’ un égrégore de cette même haine soit sur les riches et ce en provenance de ceux qui sont moins nantis dans leur propre pays comme à l’ extérieur.
    Comment dans le besoin pourrait-on respecter celui qui est dans l’ abondance alors qu’ il ne partage pas? C’ est beaucoup demander à l’ homme ordinaire.
    Et quand bien même ça ne viendrait pas des autres, nous avons tous une conscience ou une morale dans laquelle nous avons étés élevés qui dit que posséder sans se soucier de l’ autre aucunement ne fera jamais le bonheur, ce qui crée la culpabilité, ce qui crée des réactions de fuite ; et tout ça « bouffe » comme vous le dites.

    Le détachement par rapport à la possession de soi-disant richesses n’ est pas facile pour personne et l’ asservissement au travail et à l’ argent (ou au chômage ou la pauvreté et donc au manque d’ argent) peu enviables.
    Il resterait à souhaiter que chacun aie assez et personne trop ou trop peu ; mais ça demande réflexion quant à ce qu’ on veut vraiment pour soi, les autres.

  4. Ne s’agit il pas la d’une bulle immobiliere mondiale qui accueille a bras grand ouverts l’argent des hyper-riches qui ne savent pas quoi en faire ? Cette exhuberance est elle vouee a s’effondrer ou bien va t’elle perdurer tant que l’on fournira aux speculateurs l’argent necessaire au fonctionnement de leur monopoly-casino ?

  5. La demande d’apport de 40 000€ est récente
    il n’y a pas si longtemps 10% du montant total en apport personnel suffisait
    il y a encore plus longtemps avec l’inflation à 11:12% ceux qui ont emprunté pour leur maison dans les années 75/80 ont finit avec des remboursements plus que léger.
    Je sais bien que l’on ne peut tirer des situations particulières de règles générales, mais n’en sommes nous pas là actuellement aussi

    1. ceux qui ont emprunté pour leur maison dans les années 75/80 ont finit avec des remboursements plus que léger.

      En voilà un qu’a pas eu à renégocier ou solder son emprunt immo à taux stratosphérique contracté au début des années 80… Zavez une idée du Tec 10 (TEM à l’époque) vers 81/82 ? allez voir, beaucoup, beaucoup plus que 10 ans plus tard, et alors trente…

      1. Absolument Vigneron !
        Je me souviens de l’emprunt immobilier de mes parents du début des années 70, lorsque les prêts à taux variables sans limites, étaient monnaie courante. Les taux n’ont cessé de grimper en 10 ans au point qu’avec une échéance mensuelle fixe et un taux variable, le nouvel échéancier annuel montrait qu’après une année de remboursement, la durée du prêt s’était allongée … d’une année !!! Endettement perpétuel en quelque sorte !

      2. En 75/80, l’inflation était à 14%, les salaires progressaient plus que proportionnellement à la mensualité et la durée maxi des prêts bancaires était de 15 ans (sauf CI: 25 ans mais quotité 30/50%). Les acquéreurs d’immobilier à cette époque n’ont pas remboursé 1 Kopec !!!
        Vigneron, il faut arrêter le biberon !
        Quant à cette histoire de Turner, elle est affligeante.

      3. Polo (Fred Perry ?), l’inflation n’était pas de 14% sur 75/80. Le pouvoir d’achat a continué de progresser ensuite et, surtout, dites moi à combien étaient les taux d’emprunts en 80/84 et à combien l’inflation ensuite, sachant par ailleurs que les prix immos ont chuté entre 81 et 84 après avoir grimpé depuis 70, puis regrimpèrent entre 84 et 91, puis rechutèrent jusqu’à 97, etc.
        Ah ouais aussi, le taux variable c’est récent en France, effectivement, sauf que jusqu’à leur interdiction en… 1985 le truc c’était les taux progressifs… encore mieux… t’empruntais à que dalle, disons 7%, et tu te retrouvais à 15 quelques années après, avec un IPC qu’était passé par exemple de 13,4 en 81 à 5,8 en 85, voire 2,7 en 86…

      4. Exemple perso :

        Mes parents ont emprunté en 1972 pour l’achat d’un maison , type F5 , 400m2 de terrain , sur une période de 20 ans .
        C’est le crédit foncier qui prêtait ( accession à la propriété ) .
        Dernières échéances de prêt 1992 : 300,00 F mensuels .
        Valeur de la maison x 10 ( du prix initial )

      5. Évidemment Le chat, 72, inflation de « juste » 6% et prix de l’immobilier bas avec qui plus est une durée de remboursement relativement longue, donc mensualité finale ridicule.

      6. mon cher
        je sais de quoi je parle
        des taux élevés à certains moment, (milieu des années 80, autour de 9/10% et variable en plus, mais qu’il a été possible de renégocier (pas facile mais faisable), mais bien avant entre 75 et 80 des taux bien plus faible et des remboursements 20 ans plus tard qui se sont terminés à un niveau souvent presque de la moitié d’un loyer pour un local équivalent (des exemples familiaux)
        Mais je pense être légèrement plus vieux que vous mon cher Vigneron, ce qui me permet de m’en souvenir

    2. En ces année emprunter était très dur-les banquiers sélectionnaient les emprunteurs-on se faisaient des cheveux blanc lorsque l’on empruntait-et si on gagnait peu ou si on était pas héritier de qq chose il fallait beaucoup travailler …..et il y avait alors du travail- mais on y laissait un peu de sa santé-

  6. L’immobilier en tant que concentration de la richesse est partiellement vrai selon les statistiques de Jacques Friggit qui en fait une jolie synthèse : http://www.cgedd.fr/prix-immobilier-2012-france-friggit.doc (graphe 2.4, page 2).

    De 1965 à 2000, les prix sont restés dans une fourchette de ± 10% sauf à Paris et région parisienne qui avait vu une bulle en 1991 ± 7 ans qui s’était résorbée pour revenir au niveau précédent.

    J’ai l’impression que votre Adair tire une conclusion sur la dizaine d’année écoulée qui était follement spéculative.

    Selon le document : http://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/evolution-prix-immobilier-friggit_cle0c611b.pdf graphique 18 page 24, les prix parisiens étaient au niveau actuel de 1880 à 1914.

    Est-on revenu à une structure de la société proche de celle existant à cette époque ?

    La solution utilisée pour le contrôle des prix de l’immobilier était la limitation des loyers.

    Cette bulle a été vue dans tous les pays du monde sauf en Allemagne et au Japon, deux pays à la démographie déclinante, l’Allemagne ayant des loyers très encadrés et le Japon avait vu une bulle précédemment.

    http://www.economist.com/blogs/freeexchange/2011/03/global_house_prices

    Le retour à la normale est en cours => voir l’Irlande, les états unis d’amérique sont revenus à leur point d’équilibre.

    Mais les 25 => 45 ans qui ont acheté cette décennie ont obéré sérieusement leur pouvoir d’achat pour les futures années. Avoir un crédit et être obligé de rembourser pendant 30 ans un appartement de 2 ou 3 pièces ne leur permettra pas de relancer l’économie.
    La seule solution est une inflation suffisamment forte pour leur éviter de payer leur dette.

    Selon l’étude empruntis, l’apport est de 30 à 80 k€, avec un emprunt d’environ 150 k€.
    Le cas de paris est bien sûr différent, apport de 200 k€ et emprunt de 270 k€.
    http://www.empruntis.com/espace-presse/communiques/cp_bilan_region_2012.pdf
    Il y a environ 30 millions de logements en France, avec une rotation de 3.5% par an, soit 35% pour 10 ans, avec une sur-évaluation moyenne de 50%, ça fait de l’ordre de 500 milliards d’€ sur-payés par 21 millions de personnes.

    1. En même temps, le retour au cours normal des prix immobiliers constaté en Irlande s’oppose à une forte augmentation du chômage qui empêche la plupart du temps tout accès à la propriété. Malgré le volume désormais pléthorique de l’offre – et la coloration idéale de l’herbe – pour beaucoup d’irlandais l’avenir se trouve ailleurs.

      Les chiffres américains ne semblent pas non plus annoncer un solide redémarrage de l’activité dans ce seul domaine.

      1. C’est la forte augmentation du chômage qui provoque la diminution des prix.
        Personne n’aime vendre son bien moins cher qu’il ne l’a acheté, ceci se fait donc sous la contrainte.
        Une fois les dettes passées en pertes et profits, l’économie peut repartir (s’il n’y a pas de crise énergétique et/ou écologique).

    1. Comme quoi, il est bien arrivé là par la naissance et non par l'(in)compétence habituelle. Un gueux raisonnant aussi juste ce serait fait jeter de tout poste à haute responsabilité depuis belle lurette.

    2. Pour une fois, je vais te donner mon avis. Je me souviens que dans les années 75, l’inflation faisant, les personnes qui se lançaient dans un projet immobilier en chiaient les premières années (les 5 à 8 premières années) et ensuite le remboursement des prêts était dérisoire. Merci l’inflation, donc je ne suis pas sur que le schéma évoqué par Paul Jorion soit juste tout le temps !

      1. Cette période 1978-1983 a été spéciale, elle correspond à la dernière « saison » de l’indexation des salaires sur l’inflation, si je me souviens bien. Même Lordon reconnait que la part du travail dans la richesse était partie à la hausse de quelques points, et que l’écart de 10 points dans cette part mentionné par plusieurs partis de gauche était à modérer de 3 bons points, si on voulait une tendance honnête entre les trente glorieuses et les piteuses suivantes. Un bourrelet en somme, qui a aussi correspondu à beaucoup d’opérations immobilières (le ciel de Paris était constellé de grues dans les arrondissements périphériques, dans les années 1970), il est possible que les expériences des uns et des autres soient quelques peu divergentes entre juste avant, pendant et juste après ce genre de bourrelet, etc.

  7. Ne pas oublier qu’à l’époque actuelle, cette concentration de richesse des générations précédentes comme le dit Paul, s’accentue et que les « héritiers », les « bien-nés » resteront à l’abri des crédits pour 20,25 ou 30 ans.

    Concernant le post de JCK ci dessus

    Aujourd’hui l’espérance de vie est telle qu’on hérite en moyenne de ses parents à l’age de 50 ans

    Il est vrai que l’espérance de vie ne cesse de croître …pour l’instant.
    Mais le nombre de privilégiés à 50 ans qui ont encore du travail bien rémunéré s’amenuise.

    La solution si tant est qu’il en existe serait de remettre à plat la politique immobilière et foncière de ce pays et encore une fois de lutter avant tout contre toute forme de spéculation.
    car du point de vue écologique, les logements neufs ne pourront qu’améliorer et pourquoi pas supprimer la gabegie énergétique des bâtiments anciens qui forcément sont ceux pour lesquels le raisonnement de Aider Turner s’applique.

  8. Comme le dit Upwind, est ce que ces considérations ne fond pas abstraction de la démographie, avec une France qui voit sa population augmenter de 5 millions d’habitants entre 1940 et 1960 (source ici) accompagné d’un exode rural important (source ici), il a bien fallu loger ce monde là en ville.
    Les cités HLM ont poussées comme des champignons répondant à ce besoin et mettant fin aux bidonvilles français de l’époque, mes parents m’ont raconté comme ces HLM étaient vus comme un progrès à l’époque en regard de la foule des logements insalubres. Ils trouvaient cela bien même s’ils n’y sont pas resté, le besoin d’avoir un logement « à eux » s’est fait sentir.

    Est ce que le crédit n’a pas permis la construction de ces logements pour cette population supplémentaire qui s’est de plus déplacé géographiquement ?
    Par ailleurs, les logements sont devenus plus luxueux, les habitations plus grandes, multipliant les pièces à vocation unique (salle à manger, salon, …) là ou auparavant une seule pièce servait à tout, or il a fallu financer cette modification de l’habitat, là aussi le crédit a répondu à cela, non ? (On peut bien sur discuté des facteurs qui ont poussé à cette surenchère du besoin de surface habitable, mais cela ne me semble pas être le propos ici)

    1. Et la tendance à avoir des appartements pour familles divorcés joue pas mal sur le marché aussi (des millions de logements « dupliqués », gros effet sur le seuil de pauvreté aussi lit-on sur mediapart, ou je ne sais plus qui propose de « nationaliser Meetic » !)

  9. MADRID—At a time when tens of thousands of Spanish homes are being foreclosed on, locksmith Manuel Márquez has lost track of how many times he has pried open the doors of residences for police executing eviction orders. But even Mr. Márquez was taken aback when he recently broke into one residence and found a pregnant woman in labor. […]

    WSJ : Wave of Evictions Spurs Sympathy in Spain.

    1. Lorsque l’enfant paraît, son héritage disparaît… et le serrurier en est tout retourné… Tu parles d’une épiphanie.

  10. On peut aussi simplement « hériter » du logement de ses parents sans avoir à emprunter, dans certaines conditions, et donc sans faire payer plus à la génération suivante. Cela pose d’autres problèmes quand l’héritage est important…Dans ce cas, l’inflation permet à l’état de prélever une partie de l’héritage…pour une éventuelle redistribution.

  11. Salutations Paul,
    Voilà plus d’un an que je traverse la belgique pour m’arréter au portes d’Anvers pour assurer mon esclavage aux nantis du dictacte, aussi sans enfants , ni femme ; il m’est facile de stoker en un an, ce que m’avait couté sept ans de paramédical, qui devint parastoksansoptions.
    Donc me voila ce jour bientôt propriétaire d’une maison en pierre pour quelque 20000 euros ; pas une ruine ! une sorte de tente en dur avec chauffage au bois, mais pour le prix d’une simple voiture avec option terrain pour jardinet cocopélie.
    Donc il y a toujours de l’espoir dans cette sous france.
    Merci à toi et à tes analyses…

  12. Excellent billet (comme d’habitude).

    L’origine de ces crédits immobiliers me semble aussi liée à l’allongement de la durée de vie, qui décale d’autant le moment des transferts de biens par les héritages (forme très ancienne de transfert intergénérationnel des biens immobiliers).

    Le résultat de cet allongement de la durée de vie (que nos structures sociales n’ont pas encore pris en compte) est double :
    – obligation pour les plus jeunes d’emprunter pour se loger
    – l’héritage intervient alors à un âge où il n’a plus d’intérêt (enrichissant des récipiendaires qui n’en ont plus besoin)

    L’héritage devient lui aussi globalement dénué d’intérêt !

    une remarque aux développements de ce billet : une partie du surprix payé par les jeunes générations aux plus anciennes pour l’acquisition d’un bien immobilier part dans la poche de l’intermédiaire financier (par le jeu des intérêts versés, qui sur une très longue période, porte sur de très grosse somme).

    En d’autres termes, le crédit immobilier est d’autant plus dénué d’intérêt qu’il profite à un tiers à la transaction immobilière qu’il finance. Si encore le surcoût allait intégralement à la génération plus ancienne (par conception « vendeuse »), cela pourrait constituer indirectement un complément de retraite parfois bienvenu, et on pourrait en discuter, mais là, nada !

    N’étant pas certain d’être très clair, je vais me coucher…

    CM

    1. @ CM

      L’héritage devient lui aussi globalement dénué d’intérêt !

      Pour les nantis, bien entendu.
      Pour les autres, de voir arriver de quoi alléger le fardeau de sa propre vieillesse, que l’on peut malheureusement faire peser sur ses enfants, est le bienvenu.

    2. En tout cas le fait que l’asymptote de la durée d’emprunt soit la durée de vie, cela m’avait titillé l’esprit aussi.
      La question de l’héritage est à repenser de fond en comble. On veut inscrire une trace, soit, mais quel dommage que ce ne soit pas mieux « réparti » . Ce qu’on devrait faire passer dans l’héritage, c’est le soin, pas vraiment les objets matériels qu’on y relie, qui n’ont titre que de trace pour ce(s) soin(s).
      D’ailleurs quand Todd rappelle la structure de famille archaïque, c’est bien par le fait que le benjamin est le dernier à soigner les parents qu’il peut, dans les bons systèmes, hériter de la plus grosse part.

      1. C’est amusant, pourquoi dévier sur l’héritage, le sujet c’est le crédit.

        L’héritage géré avec le code napoléon permet d’éviter que les nantis deviennent plus puissant que l’état. Mais à l’époque on ne pensait pas vraiment aux multinationales. Le système anglais préserve l’intégrité de la fortune et des titres en favorisant l’ainé il me semble.

        Aujourd’hui l’essentiel de la transmission du pouvoir et des biens se fait par l’entremise de ces sociétés, les moins discrets créent des fondations.

        Lorsque la fiscalité sera optimisée (on peut rêver) sur les transmissions d’entreprise (fusions-acquisition) il n’y aura plus vraiment de possibilité pour les cartels de prospérer.

        Notez que la plupart des fusions acquisitions n’ont d’autre intérêt que de rembourser le crédit associé à l’opération. (voir les associés mittal et goldman sach par exemple – évolution du ratio dette / tonne acier = production de frais financiers)

      2. D’ailleurs quand Todd rappelle la structure de famille archaïque, c’est bien par le fait que le benjamin est le dernier à soigner les parents qu’il peut, dans les bons systèmes, hériter de la plus grosse part…

        Ah bon ? Moi je lis pas Todd, j’préfère les contes de Perrault, qu’il n’a pas dû lire, l’héritier d’Olivier…
        « Un meunier ne laissa pour tous biens à trois enfants qu’il avait, que son moulin, son âne et son chat. Les partages furent bientôt faits, ni le notaire, ni le procureur n’y furent point appelés. Ils auraient eu bientôt mangé tout le pauvre patrimoine. L’aîné eut le moulin, le second eut l’âne, et le plus jeune n’eut que le chat…»

      3. Je vous comprends zébulon, mais il me semble que les deux sujets sont liés un peu comme en linguistique, quand on dit que pour faire sens dans la phrase, il y a les catégorèmes et les syncatégorèmes (j’en suis vers la page 160 de « principe des SI » , l’ouvrage du taulier… aérateur de neurone).
        Vous avez les biens, qui se renouvellent mollement (avenue de Breteuil, on n’a pas construit depuis une lurette et demi), et un réseau qui les connectent, soit par héritage, soit par gain pur, soit par héritage-revente-achat. Bien sûr, je réduis la situations aux actifs immobiliers pour simplifier, mais ce sont ceux dont le degré de liquidité et le degré de stabilité sont assez bien connus et cela justifie non pas de les isoler artificiellement de tout le reste, mais de considérer que les branchements annexes (ventes d’actifs hérités pour acheter un bien immobilier) ne sont pas cruciaux.
        Todd considère par exemple que la société « bascule » vers certains modèles quand le nombre de couples par foyer passe de 1,2 à 1,5 ou des variations statistiques assez faibles, mais qu’il sait révélatrice d’un ensemble de circuits (culturels y compris) « foncièrement » (?) différents.

      4. (avenue de Breteuil, on n’a pas construit depuis une lurette et demi)

        Non mais faut bien dire que les chirurgiens qui l’habitent entretiennent admirablement l’existant, ravalements de façades compris. Merci à eux.

    3. L’origine de ces crédits immobiliers me semble aussi liée à l’allongement de la durée de vie, qui décale d’autant le moment des transferts de biens par les héritages..

      Mouais, sauf que ce qu’on observe aussi c’est des accédants à la propreté de plus en plus jeunes…
      Quant aux successions de plus en plus tardive, laissez moi rire. Il n’est que de voir l’explosion du nombre de donations-partages depuis 30 ans, sans parler des facilités sur les donations anticipées y compris aux petits-enfants (ruée dans les offices de monsieur le notaire en 2012 sur ces « produits successoraux ») ou, évidemment, des assurances-vie.

      1. @vigneron 09:24 : très bien vu et sur la jeunesse des « accédants » et sur les donations partages et les donations anticipées

      2. Mouais, sauf que ce qu’on observe aussi c’est des accédants à la propreté de plus en plus jeunes…

        Moins besoin de couches-culottes ?

      3. Quant aux successions de plus en plus tardive, laissez moi rire. Il n’est que de voir l’explosion du nombre de donations-partages depuis 30 ans, sans parler des facilités sur les donations anticipées y compris aux petits-enfants (ruée dans les offices de monsieur le notaire en 2012 sur ces « produits successoraux ») ou, évidemment, des assurances-vie.

        C’est ce qui a fait l’exception française : l’augmentation de la bulle immobilière pendant que dans tous les autres pays; l’immobilier chutait.

      4. Il n’est que de voir l’explosion du nombre de donations-partages depuis 30 ans, sans parler des facilités sur les donations anticipées y compris aux petits-enfants (ruée dans les offices de monsieur le notaire en 2012 sur ces « produits successoraux »)

        Des sources, SVP, des sources,.. Vous êtes dans le métier ?

  13. Il y a peut être dans la  » mécanique » crédit immobilier , une forme de mécanisme à concentrer la richesse .

    Mais en fait , à mon goût , le premier scandale de l’immobilier est dans son coût , dans lequel la  » construction  » proprement dit, dans le neuf et a fortiori dans l’ancien , est assez réduit .

    Le  » prix de vente » d’un appartement ou d’une maison est plus déterminé par le coût du foncier , lui même déterminé par la spéculation , ou , à tout le moins par un prix où les forces en présence sont multiples et dans lequel la puissance publique est affaiblie , en dépit de moyens réels …pourvu qqqu’on en use et que mes électeurs le permettent .Le « renchérissement séculaire du foncier » est la tare majeure .

    Avec le prix de mon 2P+C à Annecy , vieux de 35 ans , je suis sur que je peux trouver une gentille petite villa neuve à Clermont Ferrand , au Maroc , en Grèce ou à Chypre ( colonisée par les retraités anglais ).

    De la même façon qu’il est anormal de re-payer l’immobilier que nos prédécesseurs ont construit et payé , il est anormal de vendre un bien immobilier en y faisant une plus value.( surtout si celle ci est cumulative et pas assez connue et régulée par la fiscalité )

    Le premier scandale immobilier est là .

    Il explique en très grande partie la difficulté à offrir du logement social accesible financièrement , en sus de la faiblesse des revenus pour cause de salaires en berne ( et hélas , du nombre croissant des populations concernées ) .

    1. « le premier scandale de l’immobilier est dans son coût , dans lequel la « construction » proprement dit, dans le neuf et a fortiori dans l’ancien , est assez réduit. »

      Les améliorations réalisées dans les méthodes de construction (et celles qui seraient peut-être encore réalisables par « industrialisation » mais ne le sont pas) n’ont-elles pas eu pour principal effet de faire grimper le prix des terrains à construire ?

      Pourquoi le prix au m² (achat et location) est-il d’autant plus élevé que la surface est faible ?

      Les « aides à l’accession à la propriété » et les « aides au logement » profitent en réalité à qui ?

      Comment évolue la part des revenus consacrée à l’habitation et pourquoi ?

      Etc, on a tendance à se préoccuper de chacune de ces questions indépendamment des autres mais c’est l’ensemble qui mériterait d’être analysé (y compris bien sur le financement et la fiscalité.)

    2. De la même façon qu’il est anormal de re-payer l’immobilier que nos prédécesseurs ont construit et payé , il est anormal de vendre un bien immobilier en y faisant une plus value

      .
      Bien dit!
      De l’intérêt de reparler du droit d’usage…

    3. « à tout le moins par un prix où les forces en présence sont multiples et dans lequel la puissance publique est affaiblie »

      Vous exagérez car l’Etat Français est un grand propriétaire foncier en particulier à Paris. Il dispose aussi de moyens légaux pour faire monter les prix ou pas (révision du PLU) et empoche sa part lors des ventes (actes notariés) aussi bien qu’à travers les rentes que sont les taxes foncières et d’habitation.

      1. Vous voyez l’Etat là où il n’est pas en totalité , mais traduisons  » puissance publique » :

        LesPLU ( j’en ai cornaqué une cinquantaine dans mon existence ainsi qu’une vingtaine de PDU , PLH , et une dizaine de SCOT ) sont des outils nécessaires ( même si les tribunaux administratifs me semblent trop souvent pencher du côté des intérêts privés et des élus fous ) mais largement insuffisants . La fiscalité locale (taxe foncière et d’habitation ), elle même souvent trop sensible au lobbying des propriétaires , peut en être un des utiles régulateurs .

        Mais surtout l’équité financiaro- foncière me semble essentiellement ne pouvoir passer que par l’expropriation au prix de la puissance publique , et , au niveau des transmissions , par la tonte à 100% de tout ce qui ressemble à une plus value , non pas par rapport au prix au « marché » , mais par rapport à ce qu’ un « algorithme stewardshipfull  » pourrait afficher comme le prix « décent et utile » accepté démocratiquement par cette même puissance publique .

        Que le bien immobilier soit résidence principale , secondaire ou ( et surtout ) de « placement » .

      2. Si on considère l’Etat comme un acteur du marché immobilier parmi d’autres alors on peut en effet estimer que ce marché s’en trouve faussé. On peut facilement constater qu’il maintient en ville un grand nombre de bâtiments publics, par exemple les écoles et lycées, dont l’emprise foncière est considérable et qu’il serait logique de déplacer vers la périphérie ( 🙂 )

      3. la plupart du temps l’Etat n’est pas le propriétaire des lieux qu’il occupe ( c’est aussi vrai de certains conseils généraux) . C’est souvent du à un « héritage  » à distance de la confiscation des biens de l’église et de la noblesse .

        J’ai connu même des situations incroyables où l’Etat avait construit sur des terrains qui étaient censés appartenir au département , et qui en fait appartenaient toujours aux fransiscains du coin .

        Quant à dire que la spéculation foncière est portée par la proprité publique sur les bâtiments scolaires , c’est la première fois que j’entends ça .

        Sans doute la dernière .

      4. Il ne faut pas oublier que les communes ont intérêt à ce que les prix immobiliers montent.
        Le budget des communes et départements bénéficient des droits de mutation !
        En fait, personne n’a intérêt à ce que les prix immobilier baissent, sauf l’acheteur.

        ———————————
        Le budget de Paris suspendu à son marché immobilier

        Le conseil de Paris va voter lundi son budget primitif 2013. Avec une montant record de 1,117 milliard d’euros en 2012 sur un budget, également record, de 8 milliards, les recettes immobilières pèsent plus que jamais sur la bonne santé économique de la capitale. Jusqu’à quand ?

        Peut-on faire confiance au marché immobilier parisien pour bâtir un budget ?
        http://www.metrofrance.com/paris/le-budget-de-paris-suspendu-a-son-marche-immobilier/mlli!YEBPB6Dt2efU/

    4. @Juan nessy
      Quelle idée d’habiter à Annecy ,
      Blague à part Juan les gens considèrent qu’un crédit est concurrentiel d’un loyer en terme d’épargne, et comme le temps est de l’argent, il y a ipso facto plus value à attendre. Je me souviens à Paris du temps des scandales immobiliers (Pelège et le Lyonnais ou la Génerale, j’ai oublié) la promotion tablait sur des bilans prévisionnels toujours à la hausse, la mévente a remis douloureusement pour certains les choses en place. Il n’en demeure pas moins que le foncier à Paris tient les prix de l’immobiler,(offre et demande) et une politique du logement social s’y casse les dents.
      La pierre est plutot un refuge des gens de droite, la bourse plutôt des gens de gauche .
      Cependant la loi de l’offre et de la demande régule aussi les choses. Je le vois bien dans ma région ou les Anglais avant les subprimes ont fait exploser les prix au dela du raisonnable. Actuellement plus rien ne se vend, nos braves montagnards font la gueule, ils vont finir par comprendre qu’ils sont trop chers et que leur grange à retaper n’est pas en or massif.
      Juan, Vendre votre deux pièces pour le Maroc ? Ça dépend ou; probablement plus à Marrakesh, tournez vous plutôt vers la Tunisie, Bizerte par exemple.

      1. Marrakesh est inabordable depuis Bhl et Dsk ! Le personnel demande des salaires indécents .
        En Tunisie , une petite bonne est nettement moins chère !

      2. @Bernard Laget :

        Sauf imprévu radical , le scenario me ( nous , si on se suit jusqu’au bout ) concernant ,ne me pousse pas à ces cohabitations exotiques avec des retraités européens que j’exècre . Il consiste plutôt à financer nos 4 à 5 dernières années de vie en « assistance rapprochée » , sans être à charge de nos suivants , qui par contre n’auront pas à se soucier de droits de succession !

        Le compteur aura été remis à zéro, et qu’ils se démerdent ( ce qu’ils font d’ailleurs pour le moment )

        Ps : si je trouve encore la force de déplacements à l’étranger( c’est pas gagné !) , j’aurais plutôt envie de voir ce que sont devenus quelques ponts au Gabon , une canalisation d’alimentation en eau potable entre Oran et Al Asnam , les abords de l’université à Kiev , les esturgeons de la Volga à Volgograd ….

      3. @Juan

        Je connaissais déja votre réponse, J’étais donc sur un ton de blague.

        Plus sérieusement, je ne suis pas d’accord avec ceux qui tirent à boulet rouge sur les donations partages ou simplement les legs de parents à enfants au nom d’une sorte de justice immanente. Je ne parles bien entendu que du patrimoine immobilier des français moyens. Pour des patrimoines industriels, je serais plus réservé, car il s’agit d’un outil de travail qui a une valeur par ceux qui le font tourner.

        Je vis personnellement une situation assez typique que je constate autour de moi sur des biens familiaux, térrain de mon grand père que ma mère décédée a eu en héritage et ou par son travail de prof elle a bâti avec mon père cadre en entreprise une maison qui représente bien plus que de l’argent; La république ne manquera pas de prélever sa dîme successorale au titre d’une sorte d’équité, mais j’espère que le montant ne me forcera pas à la vente, ça me ferait suer !

        Il aurait pu se faire que ce ne soit pas le cas, je n’en serais pas plus malheureux,

  14. Mais, en Grande-Bretagne et aux USA, on s’endette sur plusieurs générations pour acheter des biens immobiliers …
    Et, clairement, le propriétaire des biens, c’est toujours la banque … Le crédit immobilier fait que les vrais propriétaires se sont les banques …
    Ce crédit alimente sans cesse la concentration du capital, encore une fois !

    1. A Bruxelles certains « achetent » leur bien immobilier sans rembourser le principal.
      En fait il ne s’agit pas d’intérêts mais d’un loyer, la banque achéte le bien et offre un bail très longue durée transmisible aux héritiers. Ce sont des banques islamiques qui proposent ce genre de formule compatible avec les règles de finance islamique.
      C’est bien sûr dans la population issue de l’immigration du nord de l’afrique que ce système a du succès.
      Je pense même qu’en cas de revente du bien à la demande de l’occupant, la plus value éventuelle lui revient, ce qui l’encourage à entretenir et améliorer son logis.

  15. j’ai fais exactement le même raisonnement que celui qu’il y a dans cet article il y a quelques mois.
    le résultat est que je passe chez le notaire la semaine prochaine.
    j’avais un peu plus que les 40k€ demandés de coté.

    1. Oui et alors ? En France nos patrons de SG et BNP sortent toujours de l’Inspection des Finances donc ex grand fonctionnaires.

    2. Steve, pas le hockeyeur à venir pour la BoE, Mark Carney, Harvard et Oxford. Et le clarinettiste Greenspan c’était Columbia. Font chier les Tyler Burden, on la connaît leur ziq, évidemment qu’ils préféreraient des Chicago Boys all around ze world ces connards.

  16. Il ne faut pas négliger dans ce raisonnement les frais d’entretiens. Si vous achetez un bien 500’000€ et refaites la toiture pour 50’000 €, il est quelque part logique d’en espérer 550’000 € même si la valeur du bien d’origine n’a pas évolué.

    1. Si vous acherez un bien 50 000 euros (500 000 cela dépasse mon entendement!)
      il vous en coûtera au moins 5000 euros de frais de notaire. Si vous répercutez ce coût sur chaque nouvelle vente et que ce bien change de mains tous les deux ans, je vous laisse calculer combien il sera vendu au bout de dix ans sans aucune amélioration notable de sa valeur intrinsèque!

    2. Il ne faut pas négliger dans ce raisonnement les frais d’entretiens. Si vous achetez un bien 500’000€ et refaites la toiture pour 50’000 €, il est quelque part logique d’en espérer 550’000 € même si la valeur du bien d’origine n’a pas évolué.

      Logique ?

      Vous voulez parler de la logique marchande et non de la logique formelle.
      Il me semble que l’entretien d’un bien immobilier lui permet de conserver sa valeur d’usage (son utilité) et non d’augmenter sa valeur d’échange (son prix).
      Que vaut une maison sans toit ?
      Etes-vous agent immobilier ?

      1. Rappel: deuxième couche…
        Lorsqu’on est bénéficiaire de l’aide au logement (A.PL); l’état par le biais de la C.AF ou de la M.S.A verse, même si elle transite par votre compte banquaire, une allocation au propriétaire du logement que vous louez !
        Même si cela permet de se loger à moindre coût – et pour la plupart de ne pas se retrouver à la rue- cette manne retombe souvent dans des poches déja bien garnies et donc bien loin des investissements qui seraient nécessaires pour la construction de logements sociaux…

      2. Urbanisme

        (J’ai vérifié, le mot ne figure nulle part dans la discussion.)

        Il existe une « logique foncière » admise par trop d’entre nous comme un état de fait qui ne se discute pas et qui conduit à une répartition aberrante des habitations, des lieux de travail et de l’implantation des services (même si on trouve encore des écoles dans Paris il est devenu très difficile d’y faire réparer sa voiture ou sa moto.)

        Les activités dont l’emprise au sol est importante sont rejetées à la périphérie et il devient difficile de vivre sans voiture dans des villes de dimension relativement modeste. Ceux qui sont contraints d’habiter à la périphérie dans des immeubles de grande hauteur bâtis sur les terrains les moins chers sont éloignés de leur lieu de travail et des services. Les transports en communs permettant de relier entre eux ce qui se trouve en périphérie sont problématiques.

        Cette logique foncière nous a conduits à un résultat absurde (…qui par exemple nuit grandement à la « compétitivité ».)

      3. à G L

        L’urbanisme n’existe pas, c’est tout au plus une idéologie.
        Ce qui est existe c’est l’aménagement du territoire par la marchandise et sa logique.

      4. L’urbanisme et l’aménagement du territoire ne méritent ni cet excès d’indignité, ni un excès d’honneur . Ce ne sont que des outils souvent affaiblis et parfois pervertis pour s’introduire dans les « rapports de forces  » qui font …ce que l’on voit .

        L’un et l’autre restent des moyens pour qui aurait les idées claires ( et partagées ) pour une sorte d »utopie réaliste visible et consensuelle .

      5. à Garorok,

        Les aides type APL sont une prime versée au bailleur, même si elles transitent par le locataire, et contribuent à entretenir des loyers d’un montant élevé et la bulle immobilière tout en baratinant les locataires.

      6. à juan nessy,

        Comme vous pouvez facilement le constater je nage avec bonheur dans l’excès.
        Je vous fais remarquer que la dénonciation répétée des excès des autres peut elle même avoir un caractère excessif.
        Mon excès à moi, dont je suis si fier, c’est de ne pas accepter que des outils, des moyens, des machines, des idéologies,etc. dirigent ma vie.

  17. Le crédit immobilier dénué d’intérêt ? Le crédit immobilier est assurément un des grands instruments de la Politique.

    Le crédit immobilier et son nécessaire remboursement, c’est la corde au cou du citoyen et de sa famille pendant au moins 20 ans, la meilleure police. Le crédit immobilier est sans doute le meilleur moyen que le système a trouvé pour mettre sous contrôle la population. C’est un destructeur de liberté, de la la liberté d’être, la seule qui compte.

    Pour obtenir un crédit, il faut être un bon citoyen, bien obéissant, travailleur, conforme aux attentes. Le crédit est une sorte de récompense pour bon comportement.

    En plus, le crédit immobilier permet de donner l’illusion au citoyen qu’il est « riche »‘ d’une propriété (le rêve de beaucoup), alors que le bien appartient en fait à la banque prêteuse aussi longtemps que le crédit n’est pas remboursé.

    Enfin, le citoyen paie pour cette pseudo-propriété sur toute la durée du prêt, compte tenu des intérêts, deux à deux fois et demi son prix, avec le risque ne pas récupérer l’équivalent des sommes payées au moment de la revente. On peut donc considérer que ce sont les charges d’intérêts et donc la « pauvreté » (manque de moyens) de la population qui génèrent la hausse du prix de l’immobilier dans la mesure où le « propriétaire », au moment de la revente, cherche au moins à récupérer le montant de la somme investie. Plus les prix montent, plus les revenus perçus par les détenteurs de capital augmentent et donc leurs richesses alors que le plus grand nombre consacre de plus en plus d’argent à ce puits sans fond que constitue l’acquisition d’un bien. La concentration de la richesse dans quelques mains ne peut en effet qu’en résulter.

    Le meilleur héritage que l’on puisse donner à ses enfants, c’est un capital de liberté, en ce compris certainement la possibilité de se loger sans devoir rembourser un crédit pendant des années : soit on a la chance de pouvoir leur léguer un toit, soit on leur donne suffisamment le goût de la liberté pour ne jamais se mettre cette corde autour du cou.

    Plus le temps passe, plus je me dit que la propriété est une illusion, une de plus, nous ne sommes en fait que des gérants des choses au cours de nos plus ou moins 70 années de vie. Quand on a pas les moyens d’acquérir un bien, on ne devrait jamais se perdre dans le remboursement d’un crédit, à moins d’aimer le joug sur son cou ….

      1. C’est vrai , quand on y pense , pouvoir acheter un morceau de Terre !
        Les indiens d’Amérique n’en sont toujours pas revenus .

    1. on n’insiste jamais assez sur la notion de transfert de risque
      Vous vous engagez a rembourser le capital, les intérêts, les impôts et taxes
      et toutes les conséquences découlant de l’utilisation du bien.

      Vous n’êtes en effet pas sûr et certain de retrouver votre capital à la sortie de l’opération.

      Soit vous attendez de votre acquéreur une rémunération pour avoir pris ce risque.
      Soit vous oubliez que pendant ce temps là vous avez perçu des loyers ou joui du bien.

      Mais pour avoir le choix de prendre ce risque, encore faut il être au dessus du seuil du primo-accédant.

    2. @Dedale

      +1

      Pour obtenir un crédit, il faut être un bon citoyen, bien obéissant, travailleur, conforme aux attentes. Le crédit est une sorte de récompense pour bon comportement.

      Et pour contrer tout désir de liberté, les loppsi 1 et 2 font le travail.
      Idem pour les PLU favorisant la spéculation.
      Même si certains résistent yurtao.canalblog.com/

  18. être propriétaire d’un bien immo vous met -il à l’abri? Vous sauve-t-il de quoi que ce soit, en période de crise majeure, de chômage de masse, face à la rapacité des banques et des financiers, conjuguée à celle de l’Etat, séide des deux premiers? Vous avez la réponse, suffit de regarder aux States, en Espagne, en Grèce, etc…et bientôt en France

    1. Il y a malentendu : tant que vous n’avez pas remboursé intégralement votre crédit, vous n’êtes propriétaire de rien. Les expulsions innombrables dans les pays que vous nommez sont dues à l’insolvabilité des emprunteurs.

      1. La Palice aurait pas dit mieux Julien, « c’que t’as pas fini d’payer n’est pas à toi ». Et si tu peux pas finir d’payer tu en perds juste l’usage plus ce que tu auras payé en pure perte pour cette propriété, i.e l’écart entre la mensualité et un loyer simple pour le logement, plus les impôts fonciers et autres charges du propriétaire virtuel, toutes choses égales par ailleurs (plus-value éventuelle envolée, régimes fiscaux et/ou sociaux, etc).

      2. Julien Alexandre, +1 !
        En fait, le fameux proprio avec 15 à 20 ans de crédits aux bretelles, n’est que le locataire de sa banque, et basta. quand il aura payé son crédit ( en gros, de 2 à 2.5 fois le montant emprunté ) il sera enfin tranquille…
        ça marche tant que l’immobilier grimpe, y compris lorsque l’on revend avant d’avoir soldé le prêt ( cf les subprimes aux USA ). Mais quand le prix de l’immobilier commence à stagner, voir à baisser, alors là….le proprio ( en fait l’emprunteur ), il est collé, comme on dit, ne peut même pas mettre la clef sous la porte comme aux USA!
        et c’est bien ce qui risque de se passer d’ici 2 ou 3 ans: une baisse de l’immo de 30 à 40 %

      3. Encore cet infâme lieu commun totalement erroné et pourtant indestructible..

        quand il aura payé son crédit ( en gros, de 2 à 2.5 fois le montant emprunté )…

        Rappel – inutile mais bon… : même en empruntant 100 000 sur trente ans et à disons 4,4% plus 0,36% d’assurance le crédit n’aura coûté que 91 000, non déflaté évidemment parce qu’alors là n’en parlons pas…

      4. @vigneron: tu peux expliquer? Je pige pas, désolé si c’est un lieu-commun, il m’échappe. L’inflation, ok, je vois. Mais l’autre truc qui t’amènes à 91000? Moi j’avais vraiment l’impression de devoir payer 2 ou 2,5 fois plus au final avec les intérêts (hors inflation certes).

      5. @Moi et vigneron

        Vous ne parlez pas de la même chose je crois…. Heureusement, y’a toutsurlimmo

        Un autre exemple pour mieux se rendre compte du « prix » payé pour une longue durée :
        Pour 150 000 euros empruntés à 5 %, le coût total du crédit est de :
        63 480 euros sur 15 ans;
        87 600 euros sur 20 ans;
        113 100 euros sur 25 ans;
        139 800 euros sur 30 ans.

        Doubler la durée d’endettement (de 15 à 30 ans) revient grosso modo à multiplier par 2,2 la facture. Il faut le savoir !

      6. @Ju: ok, je vois. Il parlait du coût du crédit, pas du coût total de la maison. (vous en aurez déduit que je suis un « pauvre » qui a fait un emprunt à 100% de la valeur de ma baraque)
        En fait, beaucoup de gens (bêtes comme moi) ne pensent pas du tout au coût de ce crédit au moment d’acheter et de faire leur emprunt. Ils regardent juste la durée pour être quittes et ce qu’ils peuvent se permettre de casquer chaque mois. Comme quoi, il n’y a pas un grand calcul économique là-derrière, tout est dans l’influence psycho-sociale (statut de proprio, faux sentiment de sécurité, peu de maisons intéressantes à louer, etc).
        Lorsque j’ai pris conscience de ce coût, ça m’a fait un choc. Alors je me rassure tant bien que mal avec l’inflation. Puis ensuite, j’espère (toujours bêtement) que la revente de la maison dans quelques années (par mes enfants sans doute) permettra de récupérer ce coût du crédit. Sinon ouch, belle arnaque.

      7. T’as emprunté 100% à plus de 5% et sur trente ans Moi ? Ah ouais mais alors là pardon, j’pouvais pas savoir que j’tomberais dire l’exception qui confirme la règle (le mec qui va effectivement filer le prix d’achat de sa baraque en intérêts), ni deviner que ce serait toi, quoique ça…
        Té pour te rassurer, une étude du Credoc sur l’inculture financière hexagonale. Mais non Jeff t’es pas tout seul.
        http://www.amf-france.org/documents/general/10196_1.pdf

    2. Tout a fait ,
      il ne faut pas confondre être propriétaire
      et être en cours d’accession à la propriété.

      seule la fin du contrat vous libère de la totalité de votre engagement initial.

      D’où l’intérêt d’un contrat court pour limiter le risque d’aléas.

      Le pari fait par le banquier c’est que qu’elle que soit l’issue il s’y retrouve et c’est vrai dans
      99,99% des cas. Le prêt immobilier n’est pas une activité risquée pour le prêteur.

      Le risque est uniformément et intégralement réparti du côté de l’emprunteur 🙂
      qui l’eut cru ?

    3. Être propriétaire ? Sans une communauté loyale et vraiment solidaire au plus proche de votre bien immobilier est une illusion pour des gogos bourgeois. Une de plus.
      Ça revient toujours à quelque chose comme moi et ma petite famille je m’en sortirai sur mon radeau de survie, j’ai un boulot et bla bla bla et bla bla bla : fétu de paille sur une mer qui va aller en grossissant.
      Beaucoup vont perdre leur travail et ne sont pas propriétaire : ceux-là vont-ils se dire : tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ? Je ne crois pas.

      1. xact
        pour 100€ emprunté à 7,85% sur 15 ans remboursé 70€ d’intéret donc cout total de 170€
        c’est du concret
        c’est pas 2, c’est pas de 2,5
        pour un bien évalué aujourd’hui entre 340€ et 425€

  19. Comme pour la Bagnole ou la vie d’ un blaireau  » normal -piur l’ ensemble de son oeuvre » ….on nous vends ( on nous force a acheter) plus de gadgets ou de dégats colateraux que ce dont nous avons besoin…….Le gadget n’est pas en option…
    Soit par force législative ( pseudo sécurité /Plomb , gaz , termites ,elec normes …) soit par lavage cérébral ( AAAA…… look , piscine , décor pour pouf ( en prime), douches derniere bulle , plaque vitrocétanique … etc …
    En réalité , ce qu’on a besoin c’est un toit , des chiottes et une douche , la pressionau robinet et le tout a l’ égout …le reste c’est del’ arnique …..Perso je dois avoir 250 ou 300 m2 …modulable suivant la saison ….j’ en occupe la moitié l’ hivers , le reste faisant office de double vitrage de 50 cm de laine de verre ….et sert de fruitier et de stock de plantes …la toiture fuit qqs fois mais il ne me viendrait pas a l’ idée de payer pour le réparer … Mon crépis est assez crado , je voulais me le refaire ….mais comme je suis le seul a ne pas m’ etre fait « casser » ds le coin ( ma porte n’ a plus de clef) ….je me suis dit que c’etait dissusif …alors je planque avec de la vigne , du kiwi et un chayotte l’ été ( je conseille c’est tres productif).

  20. Il n’y a rien de surprenant car au sein de la zone Euro les pays les plus mal en point sont ceux qui ont le plus fort taux de propriétaires immobiliers (Grèce, Espagne, Italie, Portugal), et ceux qui s’en sortent le mieux sont ceux qui ont inversement le taux le plus bas (Allemagne, France,..).

    Malheureusement sur votre blog il y a tant et tant de commentaires accusant l’Allemagne de tous les maux alors que finalement on pourrait conclure que les Allemands sont plus lucides en refusant de s’endetter plus que nécessaire. Et que leur lucidité paie à long terme. A l’opposé de ça, je connais assez bien l’Espagne où la tradition veut que l’on achète son logement au moment du mariage sans même tenir compte de la durée du crédit…

    1. On se calme, les taux de propriétaires élevés en Europe s’observent principalement dans les ex pays d’Europe de l’est (à l’exception de la Pologne qui fait jamais comme les autres), Roumanie en tête, et dans les pays méditerranéens, Espagne en tête. Les faibles taux sont le fait de pays riches, pays scandinaves, germaniques, plus Hollande et France (plus la Pologne, exception évidemment…).

    2. Tout dépend ce qu’on entend par  » s’en sortent le mieux « .

      Extrait CAnard de la semaine : » En Allemagne , la  » remontée  » de l’économie entre 2005 et 2010’s’est aussi traduite par une envolée de la pauvreté + 3.4%  »
      ..  » plus de 4 millions de salariés touchent moins de 7 euros l’heure … Des bataillons de travailleurs pauvres… »

      1. @Beber

        « Tout dépend ce qu’on entend par » s’en sortent le mieux « . »

        Toujours le même refrain : celui de la pauvreté en Allemagne. Il n’y aucune raison que la crise fasse ressentir ses effets partout sur la planète à l’exception de l’Allemagne alors je veux bien admettre qu’il y ait de la pauvreté en Allemagne. Mais cela ne change rien au propos : ce pays s’en sort mieux du moins jusqu’ici point barre !

        Quant à donner des leçons, il faudrait que quelques uns visitent certains coins en France avant de faire la leçon.

      2. Bah, pure logique, si y a pas d’pauvres, y a pas d’riches.
        L’Allemagne a su préserver sa « richesse » en fabriquant des pauvres sur place avant les autres.
        Dans les décennies précédentes, les pauvres étaient principalement ailleurs et les riches proches de nous.
        Et puis il y a eu « mondialisation » des riches et donc, symétriquement, celle des pauvres.

      3. @Wildleech

        Les entreprises allemandes ont pas mal délocalisé en Europe Centrale, là où les entreprises françaises ont choisi le grand large. Du point de vue macro « UE », je pense que la 1ère option est la meilleure. Franchement, je ne comprends pas pourquoi il y a tant de gens qui s’acharnent à défendre « l’exception française » alors que les résultats ne sont pas au rendez-vous.

  21. Je suis en train d’acheter une maison, bien malgré ma perception équivalente à celle des participants à ce blog, quant à la « normalité » ou non du système de crédit hypothécaire comme moyen d’accession à la propriété. A vrai dire, je m’en fous de la propriété. Je voudrais juste disposer d’un lieu protégé des intempéries et du froid, confortable et serein, qui me permette de dormir au calme, partager des moments avec ma famille et travailler à mes projets. Etant donné la division du travail dans les civilisations depuis le début de l’agriculture, j’estime que chacun a droit à ce « toit » (modulo une certaine variation de la taille et du luxe de l’habitation selon une variance limitée).

    Du coup, l’excroissance « bancaire », incarnée par cet employé de banque qui essaie de vous vendre le crédit le plus avantageux … pour son enseigne, me semble « artificielle », « anormale », presque « immorale »…

  22. Il n’y a pas que l’apport initial qui bloque l’accès à la propriété. Il y a aussi, pour beaucoup, le type de travail que l’on a. Dans mon cas (post-doctorant) c’est un succession de contrat d’environ 3ans qui necessitent presque a chaque fois un demenagement, souvent dans un autre pays. Du coup, oblige de louer un appart et d’engraisser mon proprio et autres agences immobilieres avec plus d’1/3 de mes revenus. En clair, je bosse 1 jour sur 3 pour ces personnes (restons polis). L’immobilier, c’est vraiment le systeme de capitaliste de predation a la papa. Tellement bien encre dans nos societe qu’a chaque fois que j’en parle, on me reponds: « Ca a toujours ete comme ca. Ca changera jamais ».

    1. hors sujet , mais …

      « Parmi les pistes avancées par le gouvernement Ayrault figurent l’augmentation de 2% du Revenu de solidarité active (RSA), un dispositif destiné aux plus pauvres, en septembre 2013. Il prévoit aussi de créer 8 000 places supplémentaires pour les sans-abri et d‘élargir la Couverture maladie universelle (CMU) à 500 000 personnes supplémentaires. Mais selon l’aveu implicite de membres du gouvernement, ces mesures pourraient bien être insuffisantes pour endiguer la pauvreté. »
      ( extrait de l’article cité par Macarel  »

      C’était quoi au départ le grand projet des Socialistes ? ( Je parle de ceux du XIXe siècle , pas du projet de François Hollande ).
      Je me marre parfois quand je lis les commentaires de Charles A , mais finalement …

  23. Je crois qu’il y a un problème dans l’analyse de Monsieur Turner. Une bulle de crédit immobilier est très nuisible à l’économie et participe du phénomène qu’il dénonce (transferts générationnels + droits d’accès).

    Mais il ne faut pas oublier qu’un bien qu’on ne vend pas, faute d’acheteurs solvables, peut parfaitement se louer – le seuil de solvabilité n’étant pas le même. En somme, dans une situation où le crédit immobilier n’existe pas, à contexte de marché équivalent (accaparement ou raréfaction du foncier par exemple), la servitude se fait par la location plutôt que par le crédit.

    Si on observe les courbes de Friggit, on voit que l’âge d’or de la démocratisation de l’accès à la propriété (toute relative en système capitaliste) en occident correspond à :
    – une ère postérieure au développement du crédit immobilier
    – une époque de forte inflation et de taux de crédit important
    – en France, les lois de 1965 qui retravaillent la notion de propriété

    Rappelons qu’au début du siècle et jusqu’après WW2, en l’absence de démocratisation du crédit immobilier, tout le parc de logement parisien est possédé par 200 familles.
    Et que le prix des logements est beaucoup plus élevé par rapport aux revenus des ménages, créant un effet de seuil, qui condamne lesdits ménages à payer la rente locative, en l’absence de recours au crédit.

    Si on prend le cas de l’Allemagne, ce n’est pas le crédit immobilier qui génère la pression inter-générationnelle ou qui est le principal outil de lutte entre les classes, et pourtant…

    1. Pour compléter, on pourrait dire des crédits immobiliers la même chose que de biens d’autres produits financiers. Ils ne sont pas forcément nuisibles par nature, ils sont nuisibles par structure.

      Toute la structure étant tournée vers ce qui relève d’une captation et d’un creusement des inégalités, le crédit immobilier y participe alors, comme le reste. Mais ce n’est pas une fatalité.

  24. http://www.spiegel.de/wirtschaft/soziales/diw-studie-mittelschicht-schrumpft-ungleichheit-nimmt-zu-a-872641.html

    Voilà où en est le modèle Allemand : Réduction dramatique de la classe moyenne :

    Die Mittelschicht in der Bundesrepublik hat in den vergangenen Jahren mehr als fünf Millionen Mitglieder verloren. Laut einer DIW-Studie profitiert nur noch eine kleine Elite vom wachsenden Wohlstand. Die Forscher warnen vor einer sozialen Spaltung des Landes.

    -> La classe moyenne a perdu ces dernières années plus de 5 millions de membres. Selon l’étude de la DWI seule une petite élite profite encore de l’accroissement de la richesse. Les chercheurs mettent en garde contre une division sociale du pays.

    Die Studie definiert die Mittelschicht als jene Bevölkerungsgruppe, die über 70 bis 150 Prozent des sogenannten Medianeinkommens verfügt.

    -> La classe moyenne dispose d’un revenu compris entre 70 et 150% du revenu médian.

    Bref, plusieurs causes sont cités pour expliquer ce que Marx nommerait « paupérisation », y compris l’immigration, l’abaissement de certains seuils d’impôts, etc.

    So ließ die FDP kritische Passagen aus einem Entwurf für den Armutsbericht der Bundesregierung streichen. Getilgt wurde dabei unter anderem die Aussage: « Die Privatvermögen in Deutschland sind sehr ungleich verteilt. »

    -> La FDP a fait caviardé certains passages du rapport sur la pauvreté du gouvernement, notamment celui énonçant que la fortune privée est très inégalitairement répartie en Allemagne

    Oui lorsque lé vérité dérange il vaut mieux la rayer, c’est la moindre des choses ! Lorsque le consommateur allemand sera au tapis, ce sera la fin des haricots !

    1. C’est ce que je constatais. La spécificité de l’Allemagne, c’est d’avoir mené sa lutte entre classes sociales sans recourir le moins du monde à l’immobilier. Dans un système où l’immobilier serait correctement taxé, où les revenus de la rente immobilière seraient correctement taxés, et ou les plus-values immobilières seraient correctement taxées (c’est à dire à 90% hors travaux), le crédit immobilier ne serait plus un outil au service du creusement des inégalités, mais un outil de constitution et de renforcement des classes moyennes. Surtout si les intérêts de ce crédit sont très faibles ou rongés par l’inflation. C’est à dire, surtout si la rente liée au crédit est à peu près nulle.

      Après, on peut aussi constater que le renforcement des classes moyennes se fait dans ce cas sur le dos des classes aisées, mais aussi sur celui des classes populaires d’ici et d’ailleurs.

  25. Ce sont ces 40.000 € à réunir impérativement par les candidats à l’accès à la propriété qui sépareront d’une part les éternels losers, et d’autre part les futurs gagnants du jackpot que constitue le subventionnement générationnel qu’évoque Lord Adair.

    C’est peut-être surtout pour éviter de rééditer la catastrophe des subprimes qui a été attribuée à une faute des prêteurs. Elle a amené des personnes n’ayant pas les moyens de devenir propriétaires de leur logement à s’engager dans des opérations à très hauts risques, parce que dépassant leur capacité à réduire leur consommation pour financer un investissement. Exiger un apport personnel suffisant, permet aussi de tester leur aptitude à soutenir un tel effort sur une assez logue durée.

    L’inconscience économique des générations nées après guerre, et leur soif de « jouir sans contrainte » est allée grandissant parce qu’elles ont cru qu’on pouvait jouir de tout, tout de suite. Or, un investissement nécessite une phase d’épargne de manière à constituer un répondant minimum en mesure de couvrir une bonne partie du risque pris par la décision d’investir.

    La culture de la moindre consommation au présent, de façon à pouvoir faire face aux besoins du futur s’est totalement perdue depuis que beaucoup de gens en Europe et notamment en France, pensent que l’Etat providence est là pour face à tout, en cas de besoin. Hélas l’Etat lui-même, après avoir vendu son patrimoine industriel, s’est laissé aller à l’endettement, uniquement pour son train de vie courant. Ce qui l’a rendu fragile et vulnérable.

    Cette dérive de l’endettement trop facile ne peut pas durer, et c’est à mon avis irresponsable d’en rendre responsables ceux qui, héritant des réflexes des temps passés, pensaient à épargner pour investir.

    Les gagnants sont ceux qui investissent le capital épargné en limitant leur consommation et qui continuent à accroître leur patrimoine en visant à dépenser moins que ce qu’ils gagnent. Les perdants font l’inverse, ils n’épargnent jamais et sont tentés de s’endetter.

    1. jducac , seriez-vous un « peine à jouir  » ?
      Pour ma part , il me semble que ceux qui jouissent sans contrainte en ce moment , se sont plutôt les dirigeants du cac .

    2. Sauf qu’en France, les investissements en bien immobilier de la part des particuliers ont été plus sévèrement encadrés, et que l’apport personnel à toujours été nécessaire (bien sur, il y a toujours des petits malins qui trouvent le moyen de s’en affranchir) et que le montant des remboursements étaient limité jusqua il y a peu à 33% du revenu.
      On a échappé de peu aux crédits hypothécaire (pour cause de déclenchement de la crise des subprimes) si chers à Sarkhozy qui y voyait là la martingale pour relancer l’économie.
      Jusqu’il y a peu aussi, les banquiers ne voulaient pas vous octroyé un prêt à 30 ans pour une maison, 20 leur paraissait beaucoup, ils vous conseillaient plutôt 15. Cela avait malheureusement changer ces dernières années, j’en ai même connu un qui me vantait les prêts anglais de 90 ans (?)

      1. Chou, vous confondez tout. Vos « prêts anglais » à 90 ans n’existent évidemment pas mais correspondent au système british des baux emphytéotiques où l’on est propriétaire que des murs le foncier restant loué. Y paraît même que l’option est sérieusement envisagée aussi bien sur Paris par la municipalité qu’au niveau national par Duflot…
        Sur l’apport personnel encore une fois c’est n’importe quoi puisque justement il n’était exigé aucun apport personnel, particulièrement dans la période noire 80/85, les différentes aides de l’État et autres (en fait des prêts « constitutifs d’apports personnels » comme le prêt à taux zéro, l’épargne-logement, le 1 % logement, les prêts des caisses de retraites, les prêts des collectivités locales, le crédit-relais.) étaient assimilées à cet apport personnel…
        Sur « le crédit mieux encadré en France » je confirme, sauf que sur cette période là (grosso merdo entre 72 et 87) ça s’appelait juste « encadrement du crédit », par l’État bien sûr. Exemple ? 82, conditions du « crédit encadré » (pour 170 000 prêts immos cette année là…) : 10, 80 % sur 4 ans puis 12,90 sur 3 ans puis 14, 70 (taux d’inflation en 86 : 2,1 %…). Marvelous.

  26. Des perdants , des gagnants , de l’inconscience économique ….
    En somme , un monde en noir et blanc , comme si les couleurs n’existaient pas .

    Qu’est qu’une maison au fait , et comment s’établit son prix ?
    Son prix n’est pas calculé en fonction de ce qu’elle vaut ( un peu de matériel , un bout de terrain , un peu de travail des hommes), mais en fonction de ce que la personne est prête à payer .

    1.La logique d’achat est essentiellement motivée par le pragmatisme : sans un « chez soi » , il faut louer .LOUER TOUTE SA VIE revient plus cher qu’acheter et rembourser sa banque pendant vingt ans ( durée moyenne du crédit) .
    2.La logique de réalisation est déclenchée par l’apport personnel : on a ou on n’a pas cet apport .
    En suisse , le problème peut être résolu en sortant une partie de sa retraite pour raison d’achat immobilier .
    En france , ou une bonne moitié de la population est propriétaire , rien à été inventé à part la possibilité aux riches de devenir toujours plus riches.Ils leur suffit d’acheter propriétés après propriétés, tout en laissant faire l’essentiel du travail de remboursement par les locataires.

    Quand les lords comme Adair Turner se font théoriciens économiques , ne jamais oublier que ce genre de baron est nanti .
    Oubliant de préciser qu’un petit chez soi vaut mieux qu’un grand chez les autres , un lord a vite fait de servir l’ intérêt de sa caste.Le crédit immobilier est « socialement inutile » selon ses dires , parce que SON idée du « social  » n’est pas celle de ceux qui sont à la merci des bailleurs .

    Le crédit comme levier , permettant de rendre possible l’enrichissement des pauvres et des classes moyennes , est une bonne chose pour la plupart , mais pas pour une aristocratie d’autant plus dominante qu’elle détient la plupart des capitaux …

    . Le crédit comme piège à con , ou le préteur n’attend que la faillite de l’emprunteur est un crime économique au même titre que l’usure . Si ce lord ne sait pas faire la différence , c’est que sa possibilité de nuisance est énorme, vu ses fonctions .

    en attente de modération ….

  27. Un autre exemple inattendu ( et je suis d’en trouver d’autre en fouillant) de ce que le larron est capable d’emballer comme cadeau surprise .

    Pour « améliorer leur sort « qui disait ….
    extrait
    « 2,2 millions de retraités britanniques vivent en dessous du seuil de pauvreté et ce chiffre risque de croître. Pour améliorer leur sort et faire face au vieillissement démographique, le rapport récemment rendu par Adair Turner, ancien dirigeant du patronat britannique, préconise de relever l’âge de départ à la retraite, mais aussi d’augmenter le taux des cotisations sociales »

    http://www.alternatives-economiques.fr/royaume-uni—reformer-les-retraites_fr_art_196_22562.html

  28. Dans la relation entre vendeur , acheteur , banque prêteuse , y a -t-il un moyen d’introduire la notion « d’enrichissement sans cause » ?

    Mai si la Loi couvre elle même l’enrichissement sans cause , par contrat , ça parait mal parti .

    1. Ne serait-ce pas la spéculation?
      Les paris sur les fluctuations de prix, ce que Paul Jorion voudrait interdire
      Mon fils a acheté en 1999 une maison, que nous avons retapé ensemble, quatre ans plus tard il l’a revendue avec une plus value de 80%. C’était l’époque de ces possibilités.
      Il était offusqué de cette possibilité, de toute manière achetant une plus grande, il était victime du même procédé.
      Lui et son épouse n’ont pas trop de problèmes de revenu, mais en deça d’un certain seuil de revenu il n’est plus possible d’obtenir un toit et c’est cela qui est inacceptable.

      1. Il faudrait sans doute ajouter au prix d’achat le « prix » de votre travail conjoint, tenir compte de l’inflation sur la période , soustraire une part « vétusteté » sur cette même périiode , pour avoir le prix de vente  » équitable » pour autant que le prix d’achat l’était .

        Tous comptes faits, dan sle cas que vous citez , la plus value sera donc inférieure aux 80 % « avoués  » , mais doit rester assez confortable .

        Il s’agit ( pas forcément en définition juridique ) bel et bien selon moi d’un enrichissement sans cause , ou pour le moins d’une plus value dont je « propose » par ailleurs qu’elle soit intégralement confisquée par la puissance publique ( ou que pour le moins la globalité des taxes , impôts , droits … exigibles à l’occasion de la transaction , rendent l’opération « blanche » par rapport au coût actualisé selon les apports et la dévaluation de la monnaie).

        ça ne « blanchit pas le passé , mais au moins ça ne noircit pas l’avenir .

        ça ne dispense pas de réfléchir à un autre prix référence étalon qui serait le prix que la puissance publique estime  » décent , supportable  » , qui serait tout autre chose que la moyenne des prix du marché  » constatés.( en principe sensiblement inférieur en zone de spéculation forte , mais sans doute supérieur en zone de « déprise » ou « déprime » ).

        A défaut de trouver la pierre philosophale immédiatement , la définition d’une fourchette basse – haute ( + ou – 20 %)par exemple pourrait être de nature à apprendre aux « supérieurs à la fourchette  » que les temps ont changé , tout en sauvegardant les intérêts de ceux qui sont parfois  » en deça de la fourchette » car ils sont sous pression ou mal conseillés ( ou parfois « trop bien  » °) ..

      2. @michel lambotte
        « Les paris sur les fluctuations de prix, ce que Paul Jorion voudrait interdire »

        Rappelons que les marchands de biens en ont été pour leurs frais en 1991 à Paris, et sévèrement. Mais P. Jorion a raison.

        « mais en deça d’un certain seuil de revenu il n’est plus possible d’obtenir un toit »

        Il y a le logement social et la loi SRU. L’accession peut être difficile dans certains cas (Paris intra-muros surtout avec vue sur la Tour Eiffel), mais elle est loin d’être impossible.

  29. Le blog à Paul transformé en « 50millions de consommateurs », dossier spécial « Accession à la propriété »?
    Tout problème spécifique à la classe moyenne tend à devenir une question générale. Pour les autres, interdiction d’y échapper. D’ailleurs, participer aux affres de cette classe, c’est déja en faire partie en puissance. Car évidemment, c’est une promotion.
    Bon, ça nous change des assauts livresques. Aristote ou Platon et les joies du béton… en fait Juan nous rappelle à juste titre qu’avant le béton, la surface d’accueil est votre pb principal , la surface et qq décimètres en dessous car le sous-sol ne vous appartiendra pas. C’est cher payé pour un truc sans épaisseur.

  30. Bonjour
    @Juan Nessy
    Vous ne parlez pas de l’augmentation de « qualité d’habiter » apportée par ce travail de restauration!
    Il y a une grande part du parc immobilier très vétuste et inadapté aux nouvelles façons d’habiter ainsi qu’aux nouvelles normes techniques. Passer d’une maison ancienne à une maison contemporaine demande beaucoup d’intelligence et de recherche….. le prix d’un bien n’est pas la somme des factures de ses composants!
    Encadrer les prix est à la base une bonne idée mais ouvrira la porte à bien des combines qui saperont un peu plus la confiance dans les institutions.
    Ayant habité ces dernières années un appart. des années 30 à Paris, j’ai pu constater son inadéquation et son insuffisance technique ( bruit & énergie principalement) j’ai donc pensé à un système de nationalisation temporaire , passant outre au « droit sacré de la propriété » ( pardonnez moi cette obscénité mais elle a cours dans la constitution! ) pour mettre les logements aux normes et augmenter ainsi le bien être de la collectivité.
    Je vous laisse le soin d’imaginer le débat à l’assemblée nat. ! je crois qu’on battrait l’Ukraine question baston!
    Il m’a fallu un an et visiter 70 maisons là où je vis désormais – dans le Morvan- pour en trouver une qui soit adaptable à nos modes de vie d’aujourd’hui avec un budget limité (mais avec mon expérience d’architecte naval et mes mains de charpentier de marine) . Nous avons réussi à aménager une maison de 120m2+ qui nous coûte 180€ /mois en charges et consommables.
    moins que les 250 que nous coûtait l’appart de 28m2 à Paris! Ceci dit avec l’augmentation budget transports, on rééquilibre. Mais la qualité de vie est sans comparaison!
    Donc je ne jetterai pas la pierre à ceux qui se sont trituré les méninges et ont travaillé dur s’ils ont une bonne surprise à la fin. Retaper une maison c’est assez long et pénible car on a en plus toujours des mauvaises surprises quand on creuse!

    Par ailleurs: sur BI la dernière présentation de Jeff Gundlach des graphiques très parlants sur ce qu’est réellement la reprise et les lézards qui dorment sous le siège de Bernanke,,Draghi et co.
    http://www.businessinsider.com/jeff-gundlach-to-catch-a-thief-2012-12#-27

    Cordialement.

    1. @Steve
      Le fait d’accéder à la propriété fait de vous un vilain capitaliste, car vous le savez déjà : la propriété c’est le vol.

    2. Je vous accorde qu’avec le même cumul de factures , certains feront du beau et d’autres du moche ( ce que vous appelez peut être la qualité d’habitat ) .

      Mais je ne vois pas pourquoi cette différence mériterait une plus value quelconque ( outre qu’il est étrange de faire du beau pour s’empresser de le revendre plutôt que d’en jouir ).

      Par contre , tous les agents immobiliers vous diront qu’on trouve plus facilement acquéreur pour du beau ( à prix équitable selon ma règle) que pour du moche ( qui ne se vend pas et où le montant des factures est presque parfois à soustraire ! ).

      On ne devient pas forcément capitaliste en accédant à la propriété de son toit . On le devient en spéculant sur lui , ou en bénéficiant grâce à lui , d’un enrichissement sans cause .

      Nota : je suis par contre totalement acquis à l’idée que le talent se paie …raisonnablement .

      Je note aussi que le cas de figure que vous évoquez n’est pas celui qui pousse le marché de l’immobilier à des hausses intenables et créatrices d’inégalités approfondies .( je dirais presque hélas !)

  31. vous avez raison Périco, je suis aussi un vilain capitaliste voleur et chomiste, mais je préfère cela à être SDF, sans toit, ni loi, ni foi…..

  32. Bonjour

    @Perrico & Juan

    Il y a aussi tout simplement que je ne remplis aucune des conditions requises pour pouvoir être locataire ou pour emprunter! Donc c’est l’achat, le squat ou le nomadisme! Ayant épuisé les joies du nomadisme ( 15ans +) , du squat consenti (quand j’étais vraiment dans la m….), ne me restait plus que l’achat à essayer! Je serais plutôt pour le nomadisme, en laissant l’endroit plus propre que je ne l’ai trouvé, mais le temps où l’on pouvait parcourir le monde avec, pour tout viatique, une simple lettre de recommandation est bien passé !
    Plutôt que la propriété qui devrait rester à l’Etat,( terres et immobilier) le préfèrerais un système s’inspirant de baux emphytéotiques héréditaires. ( on a vu ce qu’a donné la collectivisation totale des terres en URSS)
    Pour être capitaliste, il faut penser à un bénéf sonnant et trébuchant: de ce point de vue, pour un banquier, pour un investisseur, je frôle la débilité mentale profonde!

    Cordiales OAT

    1. @Steve :

      Si vous êtes condamné à acheter ( en empruntant je présume ) , parce que vous n’avez pas les moyens d’être locataire , il y a quelquechose qui m’échappe et au minimum m’inquiète .

      Pour le squat et le nomadisme , c’est plus clair , et hélas de plus en plus courant .

      De façon plus générale , j’ai surtout remarqué que pas mal des « appauvris » et dans la mouise , sont tentés de rejoindre des régions en déshérence , où ils arrivent à payer au moins leurs loyers , mais où ils n’ont aucune chance de redécoller dans des bassins d’emplois devenus sans emplois , et qui ne font que concentrer toutes les misères du monde .

      1. Bonsoir Juan
        Je crains qu’une lecture hâtive ne vous ait conduit à des déductions fausses en ce qui me concerne!
        Je ne peux emprunter pour des raisons d’âge et de garanties de remboursement sauf à des taux superluminiques! Il nous a suffit de vendre notre appart. parisien.
        J’ai été dans la mouise, noire, il y a trente ans, depuis je me suis refait mais j’ai totalement changé mon regard sur la vie, le monde, l’argent et le travail. Je vis dans une région sympa, où de nombreux artistes de très bon niveau se sont installés aussi en raison de la qualité de vie, à 2h de Paris G Lyon par le TGV. Je ne touche aucune aide publique. Pendant ce temps, des amis galèrent dans la peur pour payer des emprunts et des traites sur des trucs peu utiles mais « statutaires » : la course du rat!

        Je crois que nous ne devons plus encombrer le blog avec des détails autobiographiques inintéressants pour la plupart des lecteurs. J’ai cédé à une tentative de décrire une vie somme toute heureuse basée sur d’autres critères que le PIB ménager! Je répète et répèterai encore que tout système magnifique et cohérent pour rectifier la société ne avoir une chance de réussir que si chaque humain reconsidère tous ses postulats, se libère de ses peurs et renonce à l’idée d’imposer ses vues à qui que ce soit par quelque moyen que ce soit sinon par sympathie et empathie!
        Il y a quelques traditions pluri -millénaires qui savent très bien provoquer une telle révolution intérieure. Je vous accorde qu’il y a peu d’élus et que le chemin est étroit et pierreux!

        Cordialement; fin de ce post pour moi.

  33. La production locale est pour la consommation intérieure prioritairement, ce qui permets à ceux qui ont travaillé sur les produits de pouvoir les utiliser. Ce qui n’est pas le cas du capitalisme qui fabrique des masses de produits dans le but de faire un maximum d’argent même si la production locale ne se distribue pas sur la région de production, vers la consommation intérieure de cette région.

    Le capitalisme n’a pas pour but de développer une dynamique de consommation générale, son but est de faire des profits encore et toujours plus de profits. Ce productivisme ne s’accompagne pas de facto d’une consommation intérieure, la Chine qui est considéré comme l’usine du monde n’a pas enclenché de dynamique de consommation intérieure, dans le pays le plus peuplé au monde ( 1,3 milliards d’habitants). Ce sont les pays étrangers importateurs qui sont les lieux de consommation de la production chinoise via des multinationales étrangères.

    Il n’est pas normal que les pays producteurs à population pauvre n’ont pas eu accès rapidemment aux produits de consommation qu’ils ont fabriqué. L’exemple de Ford avec l’automobile et sa hausse des salaires pour acheter ses voitures en est la preuve de ce rapide accès. Seulement faire des profits est prioritaire pour les multinationales et les banques qui n’ont pas besoin d’exprimer cet aspect social et sociétal, et de parler du capitalisme pour faire du fric.

    L’influence des capitaux des investisseurs à gros porte-feuilles (nationaux comme étrangers en fin de compte) relaie l’efficacité de la production locale à un indicateur purement financier. Ainsi la consommation forte n’est liée qu’aux taux de rentabilité, et les locaux qui produisent et fabriquent n’auront pas accès aux différents produits que leur secteur de vie géographique devrait offrir.

    Les financiers, les hyper-riches par leurs mouvements de capitaux et la manipulation des taux d’intérêts et de change peuvent détruire des productions de masse locale et les délocaliser tout en maintenant les produits de consommation sur les rayons. Ce qui mets en danger à la fois des pays importateurs qui ne peuvent plus fabriquer et avoir un accès rapide de consommation, et les pays exportateurs qui dépendent des pays importateurs et qui n’arrivent pas développer une consommation intérieure, dans les deux cas c’est uniquement pour faire plus de profits, alors qu’il y a de nombreux risques de société à la clé.

    On retrouve ceci dans les prêts, les capitalistes cessent d’emprunter s’ils n’y trouvent pas leurs intérêts. La question du risque de la cessation de paiement d’un pays (qui peut faire effet boule de neige sur une région) à cause de la dépendance aux capitaux des hyper-riches, ne réprésente qu’un business, le business des dettes. Les gouvernements n’auront qu’à parler de la « nécéssité » de ses emprunts et de la recherche de financement,ect…avec des taux d’intérêts très élevés qui coûte chaque année très cher au contribuable, l’un des plus rentables poste de dépense des Etats, le business des dettes.

    La production au niveau local doit avant tout se distribuer pour la population locale, vers l’auto-suffisance. Sinon elle devient une affaire de gros sous sans considération pour les travailleurs locaux et chercher à se goinfrer d’argent. La consommation intérieure passe par une capacité locale de distribuer ses produits pour la population proche.

  34. Citation de l’article :

    « Ce sont ces 40.000 € à réunir impérativement par les candidats à l’accès à la propriété »

    Plus vous élevez le minimum d’argent à rassembler pour le capital de départ, plus vous concentrez les richesses d’achats immobiliers.

    Les banques (et les politiques) participent activement à ce système de vaste concentration des richesses, ce sont les investisseurs immobiliers les plus riches qui peuvent acheter une propriété privée immobilière, et non pas les primo-accédants à la propriété privée ou les rares investisseurs solo dans l’immobilier.

    Ce sont les hyper-riches, les banques et les fonds d’investissements des multinationales qui ont été la priorité dans ce modèle de prix d’achat immobilier. Alors les prix des ventes et de locations augmentent radicalement, se stabilise et poursuit cette hausse (de pognon) sinon les médias et les professionnelles parlent de crise (s’empiffrer est le mot exact). Les logements se vident par pur rentabilité avec le soutien des politiques qui font les lois immobilières, et les files d’attentes et les gens à la rue se multiplient rapidemment.

    Vous en arrivez à la situation dans le public (parc social) où il y a plus de demandeurs de logement que de logement sur le parc public immobilier, et un gros business de création d’une demande de logement dans le privé avec un prix très élevé, sans qu’avoir un logement pour le demandeur soit justifier, un délai de fin de contrat est exigé dans le contrat, et le demandeur vient de payer pour rien une forte somme pour n’avoir aucun logement.

    Les fonds d’investissements et les hyper-riches ont eu des lois et des vides législatifs pour faire plus de profits tout en réduisant le parc public social. A vous dégoûter de l’immobilier dès les études, qui vous expliquent que ce modèle est fait pour les populations.

    1. Je vous recommande l’utilisation de la boite de macarons

      Les boîtes de macarons, de chocolats fins ou de marrons glacés, je les offrais plutôt à mes clientes qui toutes se révélaient gourmandes.
      Mais offrir un cadeau à un banquier ! Voilà quelque chose qui ne m’est pas venu à l’esprit. Je me suis contenté de recommander un ou deux livres, parmi lesquels L’ARGENT, mode d’emploi d’un certain Paul Jorion (pour ceux qui ne suivent pas)

      Les taux du crédit immobilier sont décidés non par la fumeuse loi de l’offre et de la demande mais par des décisions prises de commun accord par les plus hautes instances bancaires et étatiques.
      Pensez donc à la catastrophe économique qui pointe son nez dans notre beau pays : l’éclatement, plus ou moins violent (les pronostics sont partagés) de la bulle immobilière.

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