SPÉCIALITÉS PHARMACEUTIQUES ET EUROPE DES MARCHANDS, par Pierre Bousquet

Billet invité.

Je suis pharmacien. Le mois prochain, je me rends à Athènes à l’invitation d’une consœur grecque pour constater de visu les conséquences sanitaires de la politique instaurée par la Troïka.

Avez-vous entendu parler des Importations parallèles de spécialités pharmaceutiques ? et de ce dont elles témoignent de l’attitude des autorités au sujet de la libre circulation des médicaments dans l’Union Européenne ?

Des laboratoires pharmaceutiques ont accepté de vendre des médicaments moins cher à des pays en difficulté : Irlande, Espagne… Les grossistes les achètent donc dans ces pays, les reconditionnent et les revendent dans les pays où ils sont plus chers avec, pour conséquence, une pénurie dans le pays auquel ils étaient destinés.

On peut comprendre, à défaut d’admettre, que les grossistes veuillent « optimiser » leurs gains. La France autorise la distribution de ces « importations parallèles » à la condition que ces médicaments soient vendus moins cher que ceux qui nous étaient initialement destinés.

Nous avons donc ainsi dans nos rayons, le même médicament avec deux prix différents, seule la vignette diffère (marquée IP pour « importation parallèle »). En quoi une autorisation de la vente dans de telles conditions se distingue-t-elle d’une simple caution accordée à ce trafic ?

L’Union Européenne qui affirme vouloir abolir les nations ne se contente-t-elle pas encore une fois de les précipiter les unes contre les autres ?

 

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