La voiture automobile. Bien vu mais… (I), par Michel Leis

Billet invité. À propos de La voiture automobile, par Jacques Seignan.

Bien vu, mais… il y a quelques questions connexes intéressantes :

Primo, il faut trouver un modèle industriel pour produire des voitures durables et écologiques en petites séries, sûrement sur le modèle aéronautique, une transition intéressante, mais dont je doute qu’elle s’opère naturellement.

Deuxièmement, la chaîne de valeur automobile prise dans son ensemble, de la production à la distribution et la réparation est l’un des gros employeurs mondiaux (30 millions d’emplois dans le monde à la louche entre emplois directs et indirects, estimation basse).

Tertio les transports en commun et l’auto-partage ne fonctionnent pas mal en milieu urbain densément peuplé, mais quid des zones rurales ? La voiture, c’est aussi le lien qui évite la désertification totale de certaines régions… Point supplémentaire, avec la flambée des prix de l’immobilier, une partie des ruraux ne le sont pas par choix, mais par nécessité. Une transition vers moins d’automobiles ne peut se limiter à penser moyens de substitution, elle doit penser aussi schéma directeur d’aménagement du territoire (ce qui n’est pas insurmontable).

Ceci mis à part, il existe pas mal de moyens techniques qui sont en train de se construire autour de l’auto-partage, et pas mal de constructeurs commencent à avoir un œil (et même des expérimentations en cours) dans ce domaine. Reste que si les constructeurs suivent ce domaine, ce n’est pas par philanthropie…

Petite rectification sur le Toyotisme : ce n’est pas la robotisation qui en est le principe de base, c’est le juste à temps (entre autres), ce sont historiquement les Américains qui ont introduit les robots sur les lignes de montage et le taux de robotisation des usines des constructeurs japonais a longtemps été inférieur à celui des constructeurs européens et américains.

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