CORPS ROMPUS, par Albert Mince

Billet invité.

Hasard des vacances et du travail, pendant quelques semaines j’ai coupé presque tout lien avec l’actualité, juste après l’affaire Bygmalion. Courant septembre, en renouant avec mes flux d’information, voilà, pêle-mêle, les déclarations surréalistes de Macron, la honte Thévenoud, l’indigne Morelle, le douteux Cambadélis, le feuilleton de mœurs Hollande et Valérie, la surprise Andrieux, Moscovici soupçonné, l’indépassable Flosse, l’encore plus indépassable couple Balkany (!), les affaires Sarko (épisode numéro…?), et encore cette semaine, le cas Yves Jégo examiné, le maire de Bobigny en difficulté…

À quelques jours de la rencontre publique organisée par Mediapart au Théâtre de la Ville, le 19 octobre, force est de constater que la question des effets de la corruption en politique ne perd pas en intensité.

Aussi loin que je m’en souvienne, c’est-à-dire les années 1980, ce n’est pas nouveau : les « affaires » sont incessantes. Pourquoi ne choquent-elles pas plus ? La corruption, c’est un signal, une information très forte, ou qui devrait l’être.

À mon sens, c’est parce que le phénomène de la corruption ne peut pas être traité en soi, il est entièrement relatif au contexte.

Or, plusieurs phénomènes connexes se cumulent depuis une bonne trentaine d’années (avec de rares et brefs interludes) : des cas de corruption surviennent sans interruption, sanctionnés par de rares décisions de justice, l’alternance politique est quasi automatique, la montée du FN est constante, le chômage est en perpétuelle augmentation.

Ce qui change aujourd’hui, c’est que le personnel politique est endommagé comme jamais, en raison de la corruption mais pas seulement et, surtout, la sanction n’a jamais été aussi proche, ni aussi dangereuse pour nous, citoyens : l’arrivée du FN au pouvoir est chaque jour plus crédible.

Je propose quelques esquisses d’analyse du phénomène sous le prisme de la communication, en se concentrant sur les représentants des partis modérés. Le portrait est rapide et cède à quelques généralités, mais il me semble que c’est aussi le reflet d’un maelström dans lequel la finesse est condamnée.

 

Premier constat : un message de moins en moins audible, un émetteur en perdition

Les messages politiques

Le monde est aujourd’hui bien plus complexe, mais pourtant les luttes idéologiques pour l’expliquer sont bien plus simplistes.

Le consensus sur l’économie sociale-libérale évite désormais aux partis de gouvernement de réfléchir en profondeur. L’effort à fournir dans la formulation du message est moindre. On se garde d’inventer trop fort. Au nom d’un prétendu réalisme et/ou en vue de ratisser large, les messages alternent, schématiquement, entre des incantations politiquement correctes creuses et inopérantes (« préserver notre planète durablement », « l’éducation est au cœur de l’innovation »), des discours de « pédagogie » autour de petites réformes sectorielles (faire évoluer tel ou tel dispositif de x ou de y%), et des slogans ou « petites phrases » qui tiennent lieu de programme (« travailler plus »… « le changement »…).

Plus aucune volonté de « changer le monde » : le message porté par les politiciens a perdu en intensité et en intérêt.

Par ailleurs, non seulement les ambitions exprimées sont en berne, mais en outre elles restent, le plus souvent, lettre morte : les promesses politiques ne sont pas tenues.

 

Les émetteurs

Pour autant, le personnel politique est globalement auto-satisfait de sa production. Les politiciens sont très fortement guidés par leur ambition personnelle et par un égo surdimensionné, deux sentiments nourris par l’appartenance à un milieu social très favorisé (pour la plupart, ou, pour les autres, par un fort sentiment de revanche), par des études souvent brillantes, et par une carrière passée à apprendre à dominer son camp et à vaincre ses adversaires.

Les politiciens sont portés par une élection : ils croient d’ailleurs que cela fait d’eux des « élus », terme horrible pour des représentants.

Ils n’ont aucun souci matériel, aucun doute sur leur avenir, très peu de motivation pour faire mieux une fois qu’ils sont élus : même la perspective de ne pas être réélu n’est pas une vraie menace, à haut niveau, le recasage étant automatique (pour le petit élu local, la pression est plus grande – et, d’ailleurs, les réalisations sont plus concrètes).

Par ailleurs, leurs principales sources pour comprendre le monde extérieur et vérifier la pertinence de leurs messages et actions sont la presse, les sondages et les déplacements de « terrain » (mais celui-ci est toujours extrêmement balisé, ou biaisé par la présence-même de l’élu), autant de filtres très, très fortement déformants. Leur entourage est constitué de conseillers, de flatteurs et d’ennemis (au sein de leur formation et en dehors), autant de facteurs supplémentaires de distorsion de la réalité.

De même, parce qu’ils sont sans cesse entourés de rivaux, de conseillers et de journalistes, ils croient que leurs actions sont disséquées. Que les gens sont passionnés, rivés à leurs lèvres. Ils surestiment dramatiquement l’intérêt qu’on leur porte, à eux et leurs messages. Or, la réalité est la suivante : les gens sont inquiets, ou fatigués, ou occupés, ou heureux : ils ont, en tous cas, d’autres chats à fouetter. La politique n’est pas leur vie, elle doit juste l’enrichir.

Malgré leurs échecs répétés, combien parviennent à une autocritique ? Les mines déconfites sur les plateaux télévisés les soirs d’alternance – qui sont aussi des journées d’abstention – leurs plaintes éternellement répétées, « nous avons manqué de pédagogie », « notre action n’a pas été comprise », démontrent tous les ans ce sentiment d’infaillibilité (mais pourtant, quels maigres bilans ils défendent…) et d’incompréhension mutuelle sur le message.

 

LE RÉSULTAT DE CE DOUBLE CONSTAT : L’IMAGE VÉCUE PAR LES CITOYENS, CIBLES DE LA COMMUNICATION POLITIQUE

En miroir, au fil des années, la perception par les cibles se cristallise sur une image perçue catastrophique, à l’opposé de l’autosatisfaction de l’émetteur.

 

Les politiciens ne font aucune différence.

De fait, depuis trente ans que le chômage est invincible, la gauche et la droite, c’est la même chose. C’est en tout cas le sentiment perçu, corroboré par les grands indicateurs braqués en guise d’analyse : la courbe du chômage, le déficit, la croissance, le financement de l’assurance-maladie ou des retraites, la pauvreté, l’illettrisme, la délinquance… les trains de problèmes économiques passent sous leurs yeux sans que leurs actions donnent le sentiment d’avoir prise.

Ils ne portent presque aucune politique européenne, encore moins d’ambition mondiale. Ont-ils seulement compris ce que veut dire mondialisation ? Que les réformettes de politique intérieure ont aujourd’hui dix fois moins de portée, dans un contexte de concurrence internationale ouverte. Où sont les idées ? « Travailler plus » ? les « Contrats de génération » ? C’est ça, les solutions proposées à la plus grande crise de l’Occident ? Ils n’ont aucune ambition, aucun sens de l’histoire ! Alors, ils réforment sur la sécurité, sur les mœurs, sur des sujets plus simples que la mondialisation.

Mais ça ne sert à rien : It’s the economy, stupid !

Ils sont, c’est un fait indéniable, perçus comme globalement inefficaces (pour ne pas dire incompétents).

On ne peut pas, c’est peu dire, les admirer.

 

Ils sont déconnectés.

Ils vivent en vase clos. Ils constituent, ou donnent l’impression de constituer, une caste sociale, une élite isolée. Une ancienne ministre de Hollande « issue du privé » rappelait récemment cette évidence : ils n’ont jamais eu un vrai travail.

Les jeunes, les pauvres, les habitants des banlieues sont rarissimes parmi eux, les femmes, au prix de quels efforts, commencent enfin à figurer sur la photo.

Or, c’est un problème : eux qui sont inefficaces, ne sont même pas représentatifs.

Non seulement on ne peut pas les admirer, mais on ne peut même pas être en empathie avec eux.

 

Ils sont corrompus.

Et en plus, donc, ils se servent. C’est dingue. Eux qui incarnent la Loi, ils sont plus que tout autre tenus de la respecter… Et pourtant, c’est un fait, beaucoup d’entre eux sont corrompus. Pas tous, certes, mais les autres ferment les yeux, font semblant de découvrir le problème, ou n’exercent pas une pression sur leurs pairs suffisante pour décourager les plus déviants.

Comment tolérer la légèreté avec laquelle certains élus ont rempli, au printemps dernier, leur déclaration de patrimoine ?

Par ailleurs, à la différence de certains pays dotés d’une plus grande culture de la responsabilité politique (les pays anglo-saxons, notamment), ils mettent des semaines à démissionner ou à être démis, ils ne sont pas jugés avant des mois, et ils reçoivent souvent des peines symboliques ou perçues comme telles, entretenant le sentiment d’un milieu qui se protège.

Alors, eux qui sont inefficaces, eux qui ne sont pas représentatifs, ils ne sont même pas exemplaires.

Même cela, c’est trop leur demander : être dignes ?

C’est parce qu’elle s’ajoute aux phénomènes précédents que la corruption choque « si peu ».

Dans un monde vertueux, un cas de corruption ferait tache.

Dans un monde de compétence, la corruption serait peut-être pardonnée.

Là, elle s’ajoute au reste, au ras-le-bol, mais elle ne fait que s’ajouter, elle n’est pas un phénomène en soi. Ce qui choque, c’est la rupture, pas l’accumulation. La corruption passe dans l’épaisseur du trait.

 

LES RÉPONSES

Face à cet écart terrible entre l’image émise et l’image perçue, entre les discours de promesses et l’absence perpétuelle de preuve de réussite, les électeurs répondent en toute logique par trois comportements que l’on regarde progresser tous les ans (jusqu’à quand ?) :

  • l’alternance, d’abord : mais aujourd’hui, à forces d’alternances successives, on peine à imaginer qui ferait beaucoup mieux que l’équipe en place. Notons tout de même que nous sommes en train de franchir un nouveau palier, car l’écart créé par Hollande entre le discours de « changement » et la politique ultra-conservatrice mise en œuvre va faire de sérieux dégâts et renforcer encore, si besoin était, le sentiment de « c’est tous les mêmes ».
  • le renoncement, ensuite : l’abstention bat de nouveaux records à chaque scrutin
  • et la nouveauté, demain : voter Le Pen). Voter Le Pen n’est plus seulement un vote sanction, c’est devenu voter pour un message nouveau, simple, vendeur dans les médias. C’est devenu, de fait, la seule possibilité d’alternance, le Front de gauche peinant à rassembler.

 

C’est d’autant plus inquiétant que le contexte médiatique se prête très mal à l’amélioration de la situation. Les médias proposent une plateforme d’expression de moins en moins adaptée à la réforme ou aux discours complexes : obsession des enjeux de personnes (qui sera candidat… pour quel projet, on s’en moque…), de l’immédiateté (le scoop, l’actu… et de plus en plus sous l’effet du numérique, et de la twitterisation de bulle médiatique…) et de l’émotion (les faits divers, micro-trottoirs et petites phrases n’ont jamais eu tant de place, l’infotainment est en route…). Comment porter le changement dans ces médias ? Les journalistes sont fascinés par le scoop permanent que constituent les Zemmour, Dieudonné et Le Pen, les méchants contre les gentils, c’est tellement vendeur, maintenant que les méchants sont aussi présentables que des bandits hollywoodiens…

 

QUELQUES PISTES POUR CONCLURE

À ne pas vouloir entonner le « tous pourris » pour ne pas être taxé de poujadisme, on ne cesse de minimiser l’impact désastreux, catastrophique, impardonnable des indélicatesses répétées. Comment croire à nouveau, comment restaurer la confiance ?

La corruption n’est pas un mal impardonnable : dans tous les systèmes, tous les milieux, il existe des déviations, des indélicats, des tricheurs. À plus forte raison en France, pays latin, on peut se montrer compréhensif avec les « petits arrangements ». C’est la vie, tout n’est pas parfait.

 

Les punitions individuelles des personnalités reconnues coupables de corruption ne changeraient rien au problème de fond : plus que le « tous pourris », c’est le « tous nuls » qui prévaut aujourd’hui.

Le salut ne passera que par un choc profond. Il serait bon également que ce ne soit pas en réponse à une nouvelle affaire : se réformer de soi-même, en reconnaissant ses défauts et en agissant dessus.

Critiquer l’ensemble du système, en l’absence d’alternative crédible, c’est aussi prendre un risque terrible au profit du Front National. Il faut donc construire les conditions de l’alternative pour permettre aux acteurs de s’exprimer dans un système plus vertueux. ll faut aussi que le choc vienne de l’intérieur du système.

Quelques pistes.

 

Rendre le pouvoir moins attractif et plus responsable

L’obsession de la Ve République pour l’élection présidentielle a créé un climat détestable de compétition de tous pour le même poste.

Pour cela, je suggère de voter pour élire les principaux postes de l’exécutif, et pas seulement le Président, et de cantonner le rôle de ce dernier aux affaires étrangères et à la défense.

On pourrait ainsi dissocier, notamment, le débat économique du débat sur les autres politiques.

On élirait des candidats sur un vrai programme par politique, et non pas sur une solution attrape-tout généraliste (plus personne, de toute façon, ne porte d’idéologie). On éviterait de confier tous les pouvoirs à un parti, un courant, qui ne représente pas la complexité démocratique. En limitant le nombre de ministres à une dizaine, on responsabilise et on favorise la cohésion gouvernementale, à plus forte raison si les ministres viennent d’horizons divers. On organise également les conditions de leur révocation.

 

Rendre les élus plus humains

Pour agir sur l’élite, il faut diminuer son pouvoir : moins de pouvoir, moins de pression, moins de spécialisation, pour moins de corruption. Il faut désacraliser pour mieux responsabiliser. Il faut dé-professionnaliser la politique. La spécialisation n’a pas démontré une plus grande efficacité pour ce « métier » (les ministres issus de la « société civile » ne sont pas moins bons que leurs collègues).

La limitation doit être de deux ordres : interdire tout cumul des mandats, et limiter fortement les renouvellements de mandats (trois ou quatre fonctions électives dans une vie, deux mandats consécutifs maximum). Cela permettra par ailleurs de faciliter le renouvellement des générations.

 

Renouveler l’offre

Les partis existants sont trop « attrape-tout » pour être crédibles dans notre société complexifiée. Pour mieux expliquer le monde contemporain, il faut une offre adaptée.

Le PS comme l’UMP abritent des courants trop éloignés pour être crédibles, il faut reconstruire l’offre en profondeur.

Les grands partis ne sont que des machines à promouvoir des élus. Les clubs de réflexion évoluent en parfaite autonomie, et à l’heure d’internet, la promotion des candidats peut s’exonérer de la logistique partisane.

 

Changer les acteurs

A la faveur de la refonte des partis, il faut impérativement organiser un grand mea culpa collectif, que l’on ne découvre plus de nouvelles casseroles et, pour cela, définir les conditions d’une amnistie.

Se débarrasser, une fois pour toutes, des indélicats, pardonner une fois puis être impitoyable ensuite.

C’est-à-dire, notamment, en renforçant les déclarations préalables, en renforçant les contrôles, en renforçant l’indépendance du parquet et des juges d’instruction, en supprimant les cours d’exception et les immunités attachées aux mandats.

Dans cette nouvelle donne, la sanction des comportements individuels serait plus simple et plus efficace.

 

A l’instar du système néo-libéral, le système politique est-il capable de comprendre qu’en s’accrochant à ses prérogatives, en s’isolant chaque jour davantage de la population, il organise les conditions irréversibles de sa chute prochaine ? Saura-t-il se réformer pour survivre ? Saura-t-il, a minima, se discipliner pour, au moins, être irréprochable ? A l’heure du retour de Sarkozy, mis en cause dans combien d’affaires, l’optimisme n’est malheureusement pas le premier réflexe…

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72 réflexions sur « CORPS ROMPUS, par Albert Mince »

  1. Antoine Peillon sur France Inter – http://www.franceinter.fr/emission-service-public-la-france-le-scandale-de-la-corruption
    Et Gauchet et Badiou chez Taddéi: la Démocratie est historiquement dévoyée par le Kapital et la transparence jusqu’où ?
    J’ai la mauvaise impression que nous sommes deux individu très différent celui qui ne veut surtout pas voir que Gaïa est une et limitée et qui qu’il faudrait être « responsable », en être responsable et l’entretenir en conséquence car plus nous sommes nombreux, plus ce sera difficile – et c’est un long apprentissage que d’en prendre conscience, un travail sur soi de citoyenneté. Et, bien que je ne donne pas dans la psychanalyse, l’enfant qui sommeille en nous (Rock’n roll, San Francisco et Everly brothers) qui voudrait en tirer profit tant qu’il y a quelque chose à en tirer. Sans chercher à voir ce que cette situation détruit, le scientifique réapparait avec les limites du système : rien ne se perd Rien ne se crée mais tout se transforme dans ce monde aussi.
    Et là intervient la « Transmission des savoirs » qui nous dit que pour gérer un œillet dans un marais salant artisanal, les lois générales apprises à l’école sont de peu d’utilité. Les lois physicochimiques sont bien les mêmes dans un marais salant de 1000 ha que dans une exploitation d’un seul ha divisé en parcelles, mais elles n’y sont d’aucune aide car ce sont des évènements locaux qui gèrent l’évolution de ce micro climat. On peut alors avoir l’impression qu’elles sont inutiles ou fausses et qu’elles peuvent être transgressées.
    Et de là il est tentant de rêver avoir été plus malin que Gaïa : vendre des maisons et arriver à détruire une partie de l’économie mondiale par ricochet, et l’économie en tout le système, par ricochet suivant c’est quand même un record ! La fin du ricochet sera-t-elle une meilleure définition des conditions initiales, une citoyenneté capable de défendre l’intérêt général et une lutte systématique contre la corruption ? C’est encore l’enfant qui rêve ? Badiou posait la question du régulateur – lui-même soumis à la corruption ? Si le Citoyen n’est pas capable de résoudre ce problème somme tout simple, Peste et choléra deviennent alors l’évolution naturelle ; aucun régulateur ne saura les retenir ! L’histoire bégaie mais ne repasse pas les plats mais si riche de nos expériences, nous en étions capables de prendre les mesures hygiéniques simples qui conviennent, alors Champagne !

  2. Bonjour,
    Il y a peut-être une donnée d’ordre psychologique qui expliquerait les phénomènes comme la corruption, et donc les comportements immoraux de nos dirigeants.
    Un « acteur » politique joue un rôle, une partition (il est formé dans des écoles spécialisées). Je pense que l’on peut parler de théâtralité. J’insiste sur le mot « acteur » car il révèle un détachement de la personnalité (du « moi »). Nous pourrions imaginer qu’ils sont constamment dans la dissociation de la personnalité : l’impersonnel avant tout.
    Parfois, nous avons l’impression qu’ils ont plusieurs personnalités auto-entretenues (multiples facettes). Ils vous diront que la fonction impose cette caractéristique (déshumanisée). Cependant, ils perdent ce qu’ils ont de plus humain : l’identité profonde et personnelle.
    Un moyen de ne pas affronter ses responsabilités, c’est d’être détaché (endossé n’est pas approprié). Ce n’est pas le pouvoir qui conduit à cette distinction (dissociation de la personnalité) mais les distinctions qui mènent au pouvoir (la formation d’un être à plusieurs personnalités afin d’assurer une fonction). Je pense que cette distinction est considérée à tord comme une qualité, un atout. Ainsi, il n’y a plus de honte, d’aveu, de culpabilité, de satiété,….ressentis (un constat) puisque il suffit d’extraire de la partie profonde de notre personnalité (par dilution), les états d’âme. Nous pouvons alors parler de troubles de la personnalité ? Lorsque vous vous adressez à un politique, vous parlez à un groupe de personnalités… Peut-on réellement parler d’ouverture d’esprit ? La personne se définie par des personnalités ? Ce n’est pas « moi » mais une partie de « moi » ou un « autre moi »….D’où la formule : responsable mais pas coupable ! Approfondissons…….Ils ne sont plus humains (singulier) mais l’humanité (pluriel) ?
    Pour ma part, je pense qu’il est difficile d’être intègre si l’on ne se retrouve pas soi-même (ne faire qu’un dans la mesure du possible, le singulier). Chacun tente d’être soi-même tant bien que mal (malgré les normes) lorsque nos dirigeants essaient d’être autrement ? Se connaitre soi-même uniquement à travers l’autre ? Excessif, non (sachant que l’autre n’a pas les mêmes conditions) ? Ils jouent alors les différentes personnalités adaptées aux situations sous la forme d’un rôle (tous les traits de caractère sont exploitables). L’ingénierie sociale permet d’anticiper des scénarios, le casting suit. Bien évidemment, les autres ont un impact sur nous (et heureusement)…. Pourquoi en abuser ? Comment croire un homme si il n’a plus sa personnalité mais les ou des personnalités ? La liberté, c’est le pouvoir que l’on a sur soi et non sur les autres (raison et réflexion).
    Enfin, l’espoir est une chance pour vaincre sa peur de la mort. Le dépassement des considérations matérielles (corporelles) favorise le passage d’un au-delà potentiellement et intellectuellement plus riche. La paix de l’esprit est une condition nécessaire afin d’éteindre ou de limiter les dangers de la peur. Une ou des dimensions cachées pourraient probablement nous relier à un savoir énergétique jusqu’alors inconnu. Notons que tout se transforme ? Lorsque l’on connaît le pouvoir énergétique d’un atome, on peut se demander si…..
    ps : malgré nos différences passagères de vue (heureusement profitables), je n’oublie pas….On ne pourra pas vous reprocher de ne pas promouvoir les lieux de rencontre et d’émancipation.
    Amicalement.

  3. Bonjour à vous lire je perçois enfin une bonne nouvelle un changement peut être personnel et cela s’enchaîne d’une autre bonne nouvelle qui viens tout droit de science popo: « Je suis tout content : un économiste – ou plutôt un philosophe humaniste – que j’aime beaucoup, Jacques Généreux, défend (enfin) les idées qui sont pour moi les plus importantes. » à voir ici ou sur le cercle des volontaires : http://cequelesmediasnenousdisentpas.over-blog.com/2014/10/bonne-nouvelle-jacques-genereux-parti-de-gauche-defend-l-idee-d-un-processus-constituant-populaire-et-du-tirage-au-sort-en-politique .
    Combien d’entre vous on plus d’idée commune que quelque point divergeant cela me pose toujours question ce manque de débats entre vous tous qui avait de beaux parcours pas comme le mien de simple exécutant technicien de tout et de rien mais certainement pas de ce sur quoi il a été formé .
    Encore merci Paul jorion.

    1. Combien d’entre vous on plus d’idée commune que quelque point divergeant cela me pose toujours question ce manque de débats entre vous tous qui avait de beaux parcours pas comme le mien de simple exécutant technicien de tout et de rien mais certainement pas de ce sur quoi il a été formé .

      Ce n’est pas bien de se dévaloriser ainsi, les beaux parcours (ou ceux que vous croyez beaux) ne font pas les grands hommes,et votre perception des choses est tout aussi précieuse au débat .
      Ainsi, je trouve comme vous que ce « Monsieur Jacques » économiste-humaniste au patronyme si adapté, à une vision généreuse et ouverte de ce que devrait être notre société.
      Et si nos débat se focalisent souvent sur des points de divergence, cela tient essentiellement à une très forte exigence de chaque participant, exigence générée par un manque de confiance en « l’autre » dû aux dérives actuelles de nos dirigeants.
      Je pense que cela devrait s’arranger avec un soupçon de respect mutuel.
      Cela pourrait commencer ici en écoutant aussi témoigner des gens simples qui ne soient ni économistes, ni scientifiques, ni philosophes, mais qui contrairement à ce que certains peuvent penser, ont un bon sens souvent plus précieux que des savoirs plus élitistes.

    2. Je pense que les sociétés s’organisent (ou devraient s’organiser) pour atteindre des buts qu’elles se sont fixés: dans les sociétés c’est la fonction qui crée l’organe et non l’inverse, les sociétés sont (ou devraient être) lamarckiennes. Tout le contraire de notre société qui fonctionne sans but ni projet en imposant dogmatiquement au préalable un type d’organisation (le capitalisme financier).
      Pour moi l’organisation des sociétés devrait être un problème de logistique. Et je n’imagine pas des logisticiens s’organiser sans s’être fixés au préalable un objectif à atteindre. En logistique c’est « évidemment » la fonction qui crée l’organe; les logisticiens, même adeptes du darwinisme social le plus féroce, sont des lamarckiens qui, parfois, s’ignorent.
      En préambule à toute constitution devraient figurer les objectifs à atteindre, la constitution jetant les bases de l’organisation permettant d’atteindre ces objectifs.
      Je pense qu’à tous les niveaux le système bottom-up qui consiste à élire par ceux qui leur obéiront celui/celle ou ceux/celles les plus aptes à diriger et de mener à bien la réalisation des objectifs fixés est préférable à la méthode (qui pour moi est loin d’avoir l’efficacité optimale) qui consiste à élire bottom-up un président de la République qui nomme top-down ses collaborateurs. Je ne suis donc pas du tout favorable à l’élection par tirage au sort ni pour organiser la société ni pour contrôler que l’organisation va bien dans le sens de la réalisation des objectifs fixés, mais au contraire pour un système démocratique bottom-up qui tend à placer à tous les niveaux les bons hommes/femmes aux bonnes places.
      Par contre je suis tout à fait pour le tirage au sort d’un « président du conseil démocratique » (ou quelque chose de ce genre) ayant un rôle de contrôle symbolique (le conseil démocratique, sorte de conseil constitutionnel+cour des comptes+…, ayant, quant à lui, un pouvoir de contrôle effectif) sur l’appareil de l’état analogue au rôle des rois/reines des monarchies constitutionnelles occidentales. Rappelant ainsi en permanence que l’exécutif reçoit son pouvoir du peuple pour exécuter les objectifs fixés par lui. Et y voyant en outre un moyen (un peu démagogique, je le reconnais) de réintéresser les citoyens à la politique.
      Pourquoi pas un tirage au sort mensuel, le lauréat présidant pendant ce laps de temps le conseil démocratique, ayant ainsi accès aux « dorures de la république » avec, cela va de soi, les émoluments en rapport avec sa fonction symbolique? J’imagine assez bien que l’audience lors de ce tirage au sort télévisé mensuel pourrait dépasser celle du loto.

    1. Et pour notre bon Cahuzac? et pour notre Ex Futur Ministre phobique du commerce extérieur ?
      Toujours rien…
      Il s’agit de délits qui devraient être traités par la haute cour de justice puisqu’il s’agit d’élus et/ou de hauts fonctionnaires au service de l’état dans l’exercice de leurs fonctions.
      Il y a là atteinte à la sûreté de l’état, ou au choix haute trahison, et peut-être les deux.
      Dans l’armée c’est le peloton d’exécution, il me semble… Certes barbare et expéditif, mais dissuasif!
      Pourtant un petit stage de quelques années à Fleury-Mérogis suffirait, à condition de prononcer une inéligibilité à vie… Mais non, rien …
      Tout cela montre bien l’ampleur du pourrissement de nos institutions.

      PS: Réponse à Lucas: Surtout pas de psychanalyse! Il suffit d’utiliser son pied… Si,si,vous verrez, ça marche! Et ça fait tellement de bien!

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