CORPS ROMPUS, par Albert Mince

Billet invité.

Hasard des vacances et du travail, pendant quelques semaines j’ai coupé presque tout lien avec l’actualité, juste après l’affaire Bygmalion. Courant septembre, en renouant avec mes flux d’information, voilà, pêle-mêle, les déclarations surréalistes de Macron, la honte Thévenoud, l’indigne Morelle, le douteux Cambadélis, le feuilleton de mœurs Hollande et Valérie, la surprise Andrieux, Moscovici soupçonné, l’indépassable Flosse, l’encore plus indépassable couple Balkany (!), les affaires Sarko (épisode numéro…?), et encore cette semaine, le cas Yves Jégo examiné, le maire de Bobigny en difficulté…

À quelques jours de la rencontre publique organisée par Mediapart au Théâtre de la Ville, le 19 octobre, force est de constater que la question des effets de la corruption en politique ne perd pas en intensité.

Aussi loin que je m’en souvienne, c’est-à-dire les années 1980, ce n’est pas nouveau : les « affaires » sont incessantes. Pourquoi ne choquent-elles pas plus ? La corruption, c’est un signal, une information très forte, ou qui devrait l’être.

À mon sens, c’est parce que le phénomène de la corruption ne peut pas être traité en soi, il est entièrement relatif au contexte.

Or, plusieurs phénomènes connexes se cumulent depuis une bonne trentaine d’années (avec de rares et brefs interludes) : des cas de corruption surviennent sans interruption, sanctionnés par de rares décisions de justice, l’alternance politique est quasi automatique, la montée du FN est constante, le chômage est en perpétuelle augmentation.

Ce qui change aujourd’hui, c’est que le personnel politique est endommagé comme jamais, en raison de la corruption mais pas seulement et, surtout, la sanction n’a jamais été aussi proche, ni aussi dangereuse pour nous, citoyens : l’arrivée du FN au pouvoir est chaque jour plus crédible.

Je propose quelques esquisses d’analyse du phénomène sous le prisme de la communication, en se concentrant sur les représentants des partis modérés. Le portrait est rapide et cède à quelques généralités, mais il me semble que c’est aussi le reflet d’un maelström dans lequel la finesse est condamnée.

 

Premier constat : un message de moins en moins audible, un émetteur en perdition

Les messages politiques

Le monde est aujourd’hui bien plus complexe, mais pourtant les luttes idéologiques pour l’expliquer sont bien plus simplistes.

Le consensus sur l’économie sociale-libérale évite désormais aux partis de gouvernement de réfléchir en profondeur. L’effort à fournir dans la formulation du message est moindre. On se garde d’inventer trop fort. Au nom d’un prétendu réalisme et/ou en vue de ratisser large, les messages alternent, schématiquement, entre des incantations politiquement correctes creuses et inopérantes (« préserver notre planète durablement », « l’éducation est au cœur de l’innovation »), des discours de « pédagogie » autour de petites réformes sectorielles (faire évoluer tel ou tel dispositif de x ou de y%), et des slogans ou « petites phrases » qui tiennent lieu de programme (« travailler plus »… « le changement »…).

Plus aucune volonté de « changer le monde » : le message porté par les politiciens a perdu en intensité et en intérêt.

Par ailleurs, non seulement les ambitions exprimées sont en berne, mais en outre elles restent, le plus souvent, lettre morte : les promesses politiques ne sont pas tenues.

 

Les émetteurs

Pour autant, le personnel politique est globalement auto-satisfait de sa production. Les politiciens sont très fortement guidés par leur ambition personnelle et par un égo surdimensionné, deux sentiments nourris par l’appartenance à un milieu social très favorisé (pour la plupart, ou, pour les autres, par un fort sentiment de revanche), par des études souvent brillantes, et par une carrière passée à apprendre à dominer son camp et à vaincre ses adversaires.

Les politiciens sont portés par une élection : ils croient d’ailleurs que cela fait d’eux des « élus », terme horrible pour des représentants.

Ils n’ont aucun souci matériel, aucun doute sur leur avenir, très peu de motivation pour faire mieux une fois qu’ils sont élus : même la perspective de ne pas être réélu n’est pas une vraie menace, à haut niveau, le recasage étant automatique (pour le petit élu local, la pression est plus grande — et, d’ailleurs, les réalisations sont plus concrètes).

Par ailleurs, leurs principales sources pour comprendre le monde extérieur et vérifier la pertinence de leurs messages et actions sont la presse, les sondages et les déplacements de « terrain » (mais celui-ci est toujours extrêmement balisé, ou biaisé par la présence-même de l’élu), autant de filtres très, très fortement déformants. Leur entourage est constitué de conseillers, de flatteurs et d’ennemis (au sein de leur formation et en dehors), autant de facteurs supplémentaires de distorsion de la réalité.

De même, parce qu’ils sont sans cesse entourés de rivaux, de conseillers et de journalistes, ils croient que leurs actions sont disséquées. Que les gens sont passionnés, rivés à leurs lèvres. Ils surestiment dramatiquement l’intérêt qu’on leur porte, à eux et leurs messages. Or, la réalité est la suivante : les gens sont inquiets, ou fatigués, ou occupés, ou heureux : ils ont, en tous cas, d’autres chats à fouetter. La politique n’est pas leur vie, elle doit juste l’enrichir.

Malgré leurs échecs répétés, combien parviennent à une autocritique ? Les mines déconfites sur les plateaux télévisés les soirs d’alternance — qui sont aussi des journées d’abstention — leurs plaintes éternellement répétées, « nous avons manqué de pédagogie », « notre action n’a pas été comprise », démontrent tous les ans ce sentiment d’infaillibilité (mais pourtant, quels maigres bilans ils défendent…) et d’incompréhension mutuelle sur le message.

 

LE RÉSULTAT DE CE DOUBLE CONSTAT : L’IMAGE VÉCUE PAR LES CITOYENS, CIBLES DE LA COMMUNICATION POLITIQUE

En miroir, au fil des années, la perception par les cibles se cristallise sur une image perçue catastrophique, à l’opposé de l’autosatisfaction de l’émetteur.

 

Les politiciens ne font aucune différence.

De fait, depuis trente ans que le chômage est invincible, la gauche et la droite, c’est la même chose. C’est en tout cas le sentiment perçu, corroboré par les grands indicateurs braqués en guise d’analyse : la courbe du chômage, le déficit, la croissance, le financement de l’assurance-maladie ou des retraites, la pauvreté, l’illettrisme, la délinquance… les trains de problèmes économiques passent sous leurs yeux sans que leurs actions donnent le sentiment d’avoir prise.

Ils ne portent presque aucune politique européenne, encore moins d’ambition mondiale. Ont-ils seulement compris ce que veut dire mondialisation ? Que les réformettes de politique intérieure ont aujourd’hui dix fois moins de portée, dans un contexte de concurrence internationale ouverte. Où sont les idées ? « Travailler plus » ? les « Contrats de génération » ? C’est ça, les solutions proposées à la plus grande crise de l’Occident ? Ils n’ont aucune ambition, aucun sens de l’histoire ! Alors, ils réforment sur la sécurité, sur les mœurs, sur des sujets plus simples que la mondialisation.

Mais ça ne sert à rien : It’s the economy, stupid !

Ils sont, c’est un fait indéniable, perçus comme globalement inefficaces (pour ne pas dire incompétents).

On ne peut pas, c’est peu dire, les admirer.

 

Ils sont déconnectés.

Ils vivent en vase clos. Ils constituent, ou donnent l’impression de constituer, une caste sociale, une élite isolée. Une ancienne ministre de Hollande « issue du privé » rappelait récemment cette évidence : ils n’ont jamais eu un vrai travail.

Les jeunes, les pauvres, les habitants des banlieues sont rarissimes parmi eux, les femmes, au prix de quels efforts, commencent enfin à figurer sur la photo.

Or, c’est un problème : eux qui sont inefficaces, ne sont même pas représentatifs.

Non seulement on ne peut pas les admirer, mais on ne peut même pas être en empathie avec eux.

 

Ils sont corrompus.

Et en plus, donc, ils se servent. C’est dingue. Eux qui incarnent la Loi, ils sont plus que tout autre tenus de la respecter… Et pourtant, c’est un fait, beaucoup d’entre eux sont corrompus. Pas tous, certes, mais les autres ferment les yeux, font semblant de découvrir le problème, ou n’exercent pas une pression sur leurs pairs suffisante pour décourager les plus déviants.

Comment tolérer la légèreté avec laquelle certains élus ont rempli, au printemps dernier, leur déclaration de patrimoine ?

Par ailleurs, à la différence de certains pays dotés d’une plus grande culture de la responsabilité politique (les pays anglo-saxons, notamment), ils mettent des semaines à démissionner ou à être démis, ils ne sont pas jugés avant des mois, et ils reçoivent souvent des peines symboliques ou perçues comme telles, entretenant le sentiment d’un milieu qui se protège.

Alors, eux qui sont inefficaces, eux qui ne sont pas représentatifs, ils ne sont même pas exemplaires.

Même cela, c’est trop leur demander : être dignes ?

C’est parce qu’elle s’ajoute aux phénomènes précédents que la corruption choque « si peu ».

Dans un monde vertueux, un cas de corruption ferait tache.

Dans un monde de compétence, la corruption serait peut-être pardonnée.

Là, elle s’ajoute au reste, au ras-le-bol, mais elle ne fait que s’ajouter, elle n’est pas un phénomène en soi. Ce qui choque, c’est la rupture, pas l’accumulation. La corruption passe dans l’épaisseur du trait.

 

LES RÉPONSES

Face à cet écart terrible entre l’image émise et l’image perçue, entre les discours de promesses et l’absence perpétuelle de preuve de réussite, les électeurs répondent en toute logique par trois comportements que l’on regarde progresser tous les ans (jusqu’à quand ?) :

  • l’alternance, d’abord : mais aujourd’hui, à forces d’alternances successives, on peine à imaginer qui ferait beaucoup mieux que l’équipe en place. Notons tout de même que nous sommes en train de franchir un nouveau palier, car l’écart créé par Hollande entre le discours de « changement » et la politique ultra-conservatrice mise en œuvre va faire de sérieux dégâts et renforcer encore, si besoin était, le sentiment de « c’est tous les mêmes ».
  • le renoncement, ensuite : l’abstention bat de nouveaux records à chaque scrutin
  • et la nouveauté, demain : voter Le Pen). Voter Le Pen n’est plus seulement un vote sanction, c’est devenu voter pour un message nouveau, simple, vendeur dans les médias. C’est devenu, de fait, la seule possibilité d’alternance, le Front de gauche peinant à rassembler.

 

C’est d’autant plus inquiétant que le contexte médiatique se prête très mal à l’amélioration de la situation. Les médias proposent une plateforme d’expression de moins en moins adaptée à la réforme ou aux discours complexes : obsession des enjeux de personnes (qui sera candidat… pour quel projet, on s’en moque…), de l’immédiateté (le scoop, l’actu… et de plus en plus sous l’effet du numérique, et de la twitterisation de bulle médiatique…) et de l’émotion (les faits divers, micro-trottoirs et petites phrases n’ont jamais eu tant de place, l’infotainment est en route…). Comment porter le changement dans ces médias ? Les journalistes sont fascinés par le scoop permanent que constituent les Zemmour, Dieudonné et Le Pen, les méchants contre les gentils, c’est tellement vendeur, maintenant que les méchants sont aussi présentables que des bandits hollywoodiens…

 

QUELQUES PISTES POUR CONCLURE

À ne pas vouloir entonner le « tous pourris » pour ne pas être taxé de poujadisme, on ne cesse de minimiser l’impact désastreux, catastrophique, impardonnable des indélicatesses répétées. Comment croire à nouveau, comment restaurer la confiance ?

La corruption n’est pas un mal impardonnable : dans tous les systèmes, tous les milieux, il existe des déviations, des indélicats, des tricheurs. À plus forte raison en France, pays latin, on peut se montrer compréhensif avec les « petits arrangements ». C’est la vie, tout n’est pas parfait.

 

Les punitions individuelles des personnalités reconnues coupables de corruption ne changeraient rien au problème de fond : plus que le « tous pourris », c’est le « tous nuls » qui prévaut aujourd’hui.

Le salut ne passera que par un choc profond. Il serait bon également que ce ne soit pas en réponse à une nouvelle affaire : se réformer de soi-même, en reconnaissant ses défauts et en agissant dessus.

Critiquer l’ensemble du système, en l’absence d’alternative crédible, c’est aussi prendre un risque terrible au profit du Front National. Il faut donc construire les conditions de l’alternative pour permettre aux acteurs de s’exprimer dans un système plus vertueux. ll faut aussi que le choc vienne de l’intérieur du système.

Quelques pistes.

 

Rendre le pouvoir moins attractif et plus responsable

L’obsession de la Ve République pour l’élection présidentielle a créé un climat détestable de compétition de tous pour le même poste.

Pour cela, je suggère de voter pour élire les principaux postes de l’exécutif, et pas seulement le Président, et de cantonner le rôle de ce dernier aux affaires étrangères et à la défense.

On pourrait ainsi dissocier, notamment, le débat économique du débat sur les autres politiques.

On élirait des candidats sur un vrai programme par politique, et non pas sur une solution attrape-tout généraliste (plus personne, de toute façon, ne porte d’idéologie). On éviterait de confier tous les pouvoirs à un parti, un courant, qui ne représente pas la complexité démocratique. En limitant le nombre de ministres à une dizaine, on responsabilise et on favorise la cohésion gouvernementale, à plus forte raison si les ministres viennent d’horizons divers. On organise également les conditions de leur révocation.

 

Rendre les élus plus humains

Pour agir sur l’élite, il faut diminuer son pouvoir : moins de pouvoir, moins de pression, moins de spécialisation, pour moins de corruption. Il faut désacraliser pour mieux responsabiliser. Il faut dé-professionnaliser la politique. La spécialisation n’a pas démontré une plus grande efficacité pour ce « métier » (les ministres issus de la « société civile » ne sont pas moins bons que leurs collègues).

La limitation doit être de deux ordres : interdire tout cumul des mandats, et limiter fortement les renouvellements de mandats (trois ou quatre fonctions électives dans une vie, deux mandats consécutifs maximum). Cela permettra par ailleurs de faciliter le renouvellement des générations.

 

Renouveler l’offre

Les partis existants sont trop « attrape-tout » pour être crédibles dans notre société complexifiée. Pour mieux expliquer le monde contemporain, il faut une offre adaptée.

Le PS comme l’UMP abritent des courants trop éloignés pour être crédibles, il faut reconstruire l’offre en profondeur.

Les grands partis ne sont que des machines à promouvoir des élus. Les clubs de réflexion évoluent en parfaite autonomie, et à l’heure d’internet, la promotion des candidats peut s’exonérer de la logistique partisane.

 

Changer les acteurs

A la faveur de la refonte des partis, il faut impérativement organiser un grand mea culpa collectif, que l’on ne découvre plus de nouvelles casseroles et, pour cela, définir les conditions d’une amnistie.

Se débarrasser, une fois pour toutes, des indélicats, pardonner une fois puis être impitoyable ensuite.

C’est-à-dire, notamment, en renforçant les déclarations préalables, en renforçant les contrôles, en renforçant l’indépendance du parquet et des juges d’instruction, en supprimant les cours d’exception et les immunités attachées aux mandats.

Dans cette nouvelle donne, la sanction des comportements individuels serait plus simple et plus efficace.

 

A l’instar du système néo-libéral, le système politique est-il capable de comprendre qu’en s’accrochant à ses prérogatives, en s’isolant chaque jour davantage de la population, il organise les conditions irréversibles de sa chute prochaine ? Saura-t-il se réformer pour survivre ? Saura-t-il, a minima, se discipliner pour, au moins, être irréprochable ? A l’heure du retour de Sarkozy, mis en cause dans combien d’affaires, l’optimisme n’est malheureusement pas le premier réflexe…

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72 réflexions sur « CORPS ROMPUS, par Albert Mince »

  1. Monsieur,
    Je lis régulièrement et usuellement passivement votre blog.
    Par ce message, je tiens à vous indiquer que je suis en phase avec votre approche ( auto-suffisance, endogamie, absence de rectitude, parfois cupidité, hubris exacerbé ).
    Par ailleurs l’idée de segmenter la fonction présidentielle – qui est clairement innovante – mérite réflexion et fait avancer les choses.
    En bref, merci, Cher Monsieur, pour cet intéressant support de réflexion.
    Bien cordialement,
    Jean-Yves ARCHER.

  2. Cette vieille expression reste d’actualité : «  Nous avons les politiciens que nous méritons » .

    Nos institutions démocratiques, si elles ne sont pas parfaites, sont suffisamment saines pour qu’arrivent au pouvoir, sans trop de corruption, les hommes et les femmes légalement élus .

    Ce qui me semble beaucoup moins sain c’est nos sociétés occidentales; endormi sur sa richesse, le consommateur égocentrique moderne ne veut pas abandonner son confort(cauchemar) climatisé .

    Une transition était possible vers un autre avenir, sans prétendre qu’ils avaient raison en tout, cela fait des lustres que les différents partis écologistes proposent des solutions démocratiques, mais pas toujours faciles . La majorité des électeurs n’en veut pas .

    Un seul exemple le tout à la  « bagnole » . Il y a pourtant urgence à les sortir des villes .

    Est-ce un cycle qui conduit les civilisations au suicide, manque de courage et de vision vers des solutions pour un avenir de l’humanité sur terre ?

    Comme vous dites, les électeurs voteront pour des gens qui apportent des solutions simples .

    Dinosaures – humains même avenir ?

    À longue échéance de toutes façons .

    Pour moi il y a encore des raisons d’espérer :

    http://blogs.lecho.be/quartier_europeen/2014/06/lamberts-le-premier-de-classe-belge-qui-succ%C3%A8de-%C3%A0-daniel-cohn-bendit-leurod%C3%A9put%C3%A9-belge-philippe-lamberts-prend-la-su.html

     » L’eurodéputé belge Philippe Lamberts prend la succession de Daniel Cohn-Bendit comme co-président du groupe des Verts/ALE au Parlement européen. Un défi de taille pour un homme ambitieux. »

  3. Devant une porte fermée que l’on souhaiterait ouverte, on peut, comme Albert Mince, exprimer le désir que cette porte s’ouvre d’elle-même.
    L’histoire, cependant, montre que ces portes là ne s’ouvrent que lorsqu’on les enfonce, ou lorsque l’on menace de les enfoncer.

  4. Bonsoir,
    Vous l’écrivez très justement: la corruption n’est pas un phénomène en soi. La corruption passe dans l’épaisseur du trait. Vous citez quelques affaires au début de votre billet qui sont risibles et minables le plus souvent. Ce que vous montrez ensuite c’est que c’est une certaine idée de probité, de compétence, de service; un idéal républicain, disons cela, qui est corrompu dans et par la parole et les actes des hommes politiques, dans et par leur vie professionnelle, dans et par la communication dont ils s’entourent (et qui est le prisme par lequel vous avez choisi de nous exposer votre point de vue).
    La question que je me pose en vous lisant est la suivante: est-il temps de mettre cet idéal républicain au rencart? Parce que qui, se targuant d’être républicain et vertueux, et l’étant vraiment, à fait un score intéressant à une élection nationale depuis Charles de Gaulle? Qui avons-nous élu d’à la fois compétent, au service de la France et respectueux de ses engagements depuis lors?
    Vous notez que les hommes politiques se disent qu’ils sont des élus alors qu’ils sont des représentants. Le problème c’est bien qu’ils sont des représentants. Nous nous défaussons sur eux de nos responsabilités. C’est là le principe « corrupteur » de notre démocratie que Castoriadis appelait je crois oligarchie représentative. (On pourrait parler de ploutocratie).
    Réduire le nombre de mandats dans le sens de la dé-professionnalisation de la politique, c’est bien.
    J’ai rencontré des gens qui sont partis dans les années 7O, après le Larzac, s’installer dans les Corbières. Ils n’étaient pas nombreux à le faire. Au Larzac je ne sais pas ce qu’ils ont fait, mais après ils ont fait de la politique. « Tu as des enfants, tu veux qu’ils aillent à l’école? Organise le ramassage scolaire. » « Tu n’as pas d’eau? Bats-toi pour obtenir du conseil régional les subventions pour construire une retenue. » « Tu n’as aucun soutien dans tes demandes? Joue au rugby, bois du pastis et fais toi des copains. » Etc… Une vie extrêmement dure. Pas d’argent pour acheter de la musique ou pour changer les pneus de la fameuse 504 mais on organise un stage avec Babeth Kontomanou
    et on a des chevaux parce qu’on a créé un parcours équestre des châteaux cathares. Les enfants de ces gens connaissent la politique. Ils vont lutter parce qu’ils sont éduqués et parce que cela les concerne. Ils ont une lecture du monde qui ne dépend pas du journal. La corruption des élites ils ne s’en fichent pas complètement. Ils sont républicains à la base.

    http://www.dailymotion.com/video/x8hyc3_elisabeth-kontomanou-go-back-to-my_music

  5. Tout le monde est corrompu .
    On se tait parce qu’on veut construire une cabane dans son jardin , ou obtenir un minuscule marché publique dans son village ou parce qu’ on paye sa femme de ménage ou son plombier au black .
    Lors des dernières municipales des gens sont venus dire à des candidats de petites listes volontaires ( témoignage ) :
     » on est d’ accords avec vous et vos idées de partage et de responsabilité mais qu’ est ce que vous avez à m’ offrir à moi ? je ne pourrais pas voter pour vous , vous êtes trop minoritaires…. » cqfd

  6. Je vous cite :  » la réalité est la suivante : les gens sont inquiets, ou fatigués, ou occupés, ou heureux : ils ont, en tous cas, d’autres chats à fouetter. La politique n’est pas leur vie, elle doit juste l’enrichir.  »
    Exit, donc, la démocratie participative, nécessitant un temps d’observation, un temps de réflexion, puis, peut-être, un temps d’action.
    Bienvenus, les régimes vendeurs de solutions anesthésiantes ou euphorisantes clé en mains.
    Jusqu’à ce que la réalité « politique » vienne heurter « les gens » jusque dans leur vie quotidienne.

    Sinon, élire les ministres ?
    Comment gérer les luttes d’influence ?
    Comment concilier les programmes antagonistes ?
    Élire des jongleurs ou des menteurs ?

    Non. Le souverain, pour peu qu’il s’en donne la peine, décide de la politique après avoir étudié la situation.
    Et les « ministres », choisis pour leurs compétences avérées plutôt que pour leur bonne mine déclarée, appliquent cette politique du mieux qu’ils peuvent … ou cèdent la place à d’autres.
    Ça n’a jamais fonctionné autrement.
    Bien entendu, le peuple peut être souverain, ou pas.

  7. Bonjour Monsieur

    A l’instar du commentaire précédent, je lis fréquemment votre blog d’une manière un peu détachée, n’étant pas un professionnel ni même un amateur convaincu. j’avoue mon peu d’intérêt pour la chose économique gouvernementale si ce n’est qu’elle commence sérieusement à m’agacer. Je dois dire que votre billet me laisse un sentiment bizarre. J’ai des sensations de froid dans le dos et pourtant je persiste à croire que vous êtes dans le vrai.
    Je soutiens votre point de vue car il a le mérite de se placer au-dessus de la mêlée politique et je suis frappé par cette simple réflexion.
    J’aurai au moins une fois lu un texte pour lequel je serais prêt à voter les yeux fermés s’il pouvait être mis en place. J’ai bien peur malheureusement que ces envies simples et raisonnables ne le soient trop pour la classe politique, hélas.
    Il existe certainement d’autres idées et d’autres auteurs dont je n’ai pas connaissance qui délivrent également ces messages thérapeutiques et médicamenteux de la fonction politique telle qu’elle devrait être mise en place. La chose économique n’étant pas mon fort, j’avoue humblement ma faiblesse sur ce sujet qui ne devrait pourtant pas échapper à la plus simple analyse.
    Merci également cher monsieur pour ce idées qui redonnent confiance dans l’intelligence humaine et qui se lavent de la part financière qui gouverne aujourd’hui nos représentants politiques.
    Sans être extrémiste dans mes idées, un gros krach financier ne serait-il pas l’antibiotique nécessaire (certainement très douloureux) à une refondation et une remise en perspective de ces valeurs foulées aux pieds par une bonne partie de la classe politique, de ceux qui le fourvoient aussi bien de ceux qui la laisse grossir par leur indifférence ?
    Peut être est-ce exagéré, mais soigner le fruit demanderait des années voir des siècles. Couper le fruit abimé et le faire repousser avec un bon engrais et beaucoup de soins serait la garantie d’une bonne floraison et d’une excellente récolte…
    Bien à vous.
    C. Delmas

  8. Bonjour,et merci pour cette vision un peu triste mais honnête du monde politique,néanmoins vous dramatisez un peu mais ce n’est pas grave vous décortiquez bien la situation, les politiques sont devenus ridicules a partir du moment où ils se sont mis a faire du tout communiquant et puis les partis ne représentent que des castes de privilégiés combien de membres déjà? A l’UMP où au PS pour les grosses enseignes

    Les politiques ne représentent que leurs mondes a eux et quelques niveaux élevés socialement gravitent autour d’eux.Le peuple lui est apolitique la télé c’est plus plus mieux …

  9. C’est parce qu’elle s’ajoute aux phénomènes précédents que la corruption choque « si peu ». Dans un monde vertueux, un cas de corruption ferait tache.
    Dans un monde de compétence, la corruption serait peut-être pardonnée

    . Merci de cette belle argumentation.
    Le laxisme est toléré quand tout va bien car la Nature ( Gaïa) récupère le laissez aller. Mais vient le moment où Gaïa est débordé et ne peut plus récupérer des pollutions autrefois marginales, devenus omniprésentes : et c’est ce qui permet au FN d’en réclamer sa part.
    Je n’ai jamais compris que toutes les corporations admettent un pourcentage de « pathogènes » qui profitent des « membranes de protection » pour en abuser. La membrane ou le plafond de verre, invisible mais efficace naît par coalescence des mauvaises habitudes : elle peut être totalement transparente et rester très efficace : notre cornée en est un bel exemple.
    Du point de vie évolutif, la membrane n’est pas créée pour séparer deux milieux ; elle naît d’une différence de tension naturelle entre des environnements qui ont pu être homogènes mais dont l’évolution a provoqué une hétérogénéité croissante. Cela surprendra la majorité mais l’océan est un milieu très hétérogène – c’est pour cela qu’il y a des courants. C’est sans doute cette évolution commune qui bloque le retour sur les mauvaises habitudes ?

  10. Croyez vous vraiment que le FN gouvernerai seul, si ce parti arriverai au pouvoir ?

    Je crois plutôt que nos politiciens et notre classe médiatique, dans un bel ensemble, trouveraient d’excellentes raisons pour nous convaincre que finalement, ce n’est pas si grave, et qu’il est très important qu’ils participent… D’après ce que j’entends et lis, cela a déjà commencé.

    Le problème ne vient pas du personnel politique, qui ne changera pas, et qui malheureusement attirera toujours les mêmes personnalités un peu névrotiques.

    Modifions en profondeur les conditions dans lesquelles les pouvoirs s’exercent: tirage au sort, mandat unique et non-renouvelable, révocation possible à tout instant (Un internet libre et non contrôlable serai un bon outil pour cela).

  11. Si notre société arrive à un tel état de corruption, peut-être est-ce dû au fait que sa génération a été mal conçue? Et peut-être cette mauvaise génération est-elle due au fait qu’elle est conçue au sein d’un système de pensée inadéquat?
    Dans notre système de pensée occidental tout effet doit avoir une cause. Il ressort de la complexification rapidement croissante de notre façon de percevoir le monde que ce mode de pensée conduit à une dilution des causes et non à une unification simplificatrice escomptée.
    Si on accepte l’idée que l’aporie discret/continu domine la pensée, alors il me semble clair que le mode de pensée occidental « ordinaire » postule l’antériorité ontologique du discret sur le continu. Dans ce système de pensée l’indépendance est concevable (la banque centrale européenne, les agences de notation, l’indépendance/isolation de systèmes physiques qui seule permet leur observation objective, etc.). Elle ne l’est pas dans un système philosophique qui postule l’antériorité du continu sur le discret car dans un tel système philosophique tout agit sur tout, l’indépendance et l’isolation y sont impossibles.
    Il revient au mathématicien-philosophe René Thom d’avoir vigoureusement réimpulsé un tel système philosophique initié par Aristote, selon Thom le premier penseur du continu (cf. « Esquisse d’une sémiophysique »).
    Dans un système de pensée où l’on postule l’antériorité du discret sur le continu, il est par essence très difficile d’établir un lien entre des entités discrètes, séparées, pensées comme isolées, il est très difficile d’être intelligent. Dans le système de pensée philosophique où il y a antériorité ontologique du continu sur le discret, l’intelligibilité (au sens étymologique -lego latin=lien) est postulée et la philosophie se ramène à une conquête de l’intelligible par la parole.
    En mathématiques le discret renvoie immédiatement à l’algèbre et le continu à la géométrie. Pour Thom les mathématiques sont une (lente!) conquête de la géométrie par l’algèbre: cf. à ce propos mon commentaire du récent billet de Franck Richard sur Jean Tirole.

    1. Discret ou continu, j’attends que l’on me prouve que la société et/ou la classe politique de ce pays (ou d’un autre) sont plus corrompues qu’il y a trente, cinquante, cent ans.

      1. Voir ma vidéo de ce jour : le problème n’est pas là ! On peut poser la même question sur le trafic de drogue, d’armes, etc. sans que la réponse « oui » ou « non » présente le moindre intérêt.

      2. Peut etre que ce qui a change depuis trente ou cinquante ans,c’est que avant quand ils etaient pris la main dans le pot de confiture,ils se faisaient petits.Maintenant ils sont tellement deconnectes des realites et du peuple que par exemple Thevenoud ne voit pas ou est le mal de venir juste le mercredi a l’assemblee nationale pour continuer a toucher la totalite de ses emoluments..Et on ne peut pas dire qu’il y ai une reaction tres virulente de ses collegues a son egard.,ou du moins pour denoncer cela.

      3. Effectivement ce n’est pas plus corrompu ce jour qu’il y a 100ans mais Paul Jorion a raison, la peur de la mort joue un grand rôle dans l’affaire.
        Si nous avons peur de la mort c’est que nous ne comprenons pas le vivant et que la vie ne peut se perpétuer et évoluer sans la mort. Sans la mort pas de vie.
        C’est pourquoi le transhumanisme n’est qu’un mythe
        http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20140408.OBS3079/micro-etats-villes-flottantes-le-projet-fou-des-nouveaux-maitres-du-monde.html

        A écouter Friedman et ses amis, en effet, seul le système politique sclérosé et ses vieilles lois terrestres empêchent de résoudre les grands problèmes de notre civilisation. Selon eux, repartir d’une « feuille blanche », comme les pères fondateurs, permettrait de « libérer le génie inhérent à la race humaine ». Des « esprits éclairés formeraient des centaines de cités-laboratoires, pour expérimenter », ils inventeraient de nouvelles formes de gouvernance et développeraient les technologies permettant de « nourrir les gens qui ont faim, enrichir les pauvres, guérir les malades, restaurer les océans, nettoyer l’atmosphère, se débarrasser des énergies fossiles. »

        Rien que le terme de pères fondateurs ma donne le tournis, on ne va pas nous refaire le coup du paternalisme!
        Rien que pour construire toutes ces villes flottantes il auront besoin du restant de pétrole, et il veulent se débarrasser des énergies fossiles, c’est vraiment du grand n’importe quoi.
        Voici quelqu’un qui dénonce radicalement ce mythe.
        http://www.noetique.eu/articles/communication/transhumanisme/view

    2. J’en profite pour rebondir sur le « Si nous avons peur de la mort c’est que nous ne comprenons pas le vivant » de Michel Lambotte pour faire une fois encore du prosélytisme thomien.

      Le système de pensée occidental ordinaire, réductionniste, rend extrêmement difficile d’expliquer la vie à partir de la mort, l’apparition de la vie à partir de la matière inerte. Thom prévient: « La synthèse [qu’il entrevoit] des pensées « vitaliste » et « mécaniste » n’ira pas sans un profond remaniement de nos conceptions du monde inanimé. » (Une théorie dynamique de la morphogénèse)

      La révolution/coupure galiléenne incite à tenter d’expliquer scientifiquement la vie à partir de l’inerte, le vital à partir du mécanique et il est alors naturel, de ce point de vue, d’invoquer le hasard et de privilégier l’adaptation a posteriori, sélective, qualifiée de darwinienne*, par rapport à l’adaptation a priori, instructive, lamarckienne.

      L’une des idées centrales de Thom est de postuler puis exploiter pour le vivant l’existence de champs morphogénétiques, de chréodes, analogues vitalistes du champ d’attraction universelle de Newton pour l’inerte. Ce qui lui a été reproché et ce à quoi Thom a rétorqué: « L’opposition à la finalité comme à l’hypothèse instructionniste ressortissent à la même métaphysique. Celle qui nie a priori la possibilité d’une causalité formelle -indifférente à la flèche du temps. En Physique, dès qu’on écrit l’équation d’une loi on adopte et on exploite la causalité formelle. Pourquoi serait-ce inadmissible en Biologie? » (Structure et fonction en biologie aristotélicienne). Ce reproche pourrait également être adressé à PJ puisque le concept de chréode est central dans PSI. Mais puisque c’est accepté depuis si longtemps en Physique, pourquoi serait-ce inacceptable en linguistique?

      Dans le système de pensée occidental « moderne », « efficient », dans lequel tout effet doit avoir une cause, nous marchons « évidemment » parce que nous avons des jambes et nous voyons « évidemment » parce que nous avons des yeux. Ce n’était pas l’opinion d’Aristote, lamarckien avant l’heure, pour qui « nous avons des yeux pour voir ». Et il n’y a qu’un petit pas à franchir (et franchi par notre société de consommation) pour que nous mangions pour ne pas mourir et non mangions pour vivre. Ce n’était pas l’opinion de Molière.

      Je suis de plus en plus convaincu qu’une alternative au TINA ne peut se trouver qu’en sortant du cadre de pensée occidental « main stream ». PJ (« Comment la vérité… », PSI, pensée symétrique vs pensée antisymétrique, …) et Thom nous proposent de tels nouveaux cadres de pensée. Je suis de plus en plus convaincu que seuls de tels cadres nous permettront de desserrer l’étreinte du barbare dogmatisme qui est en train de nous « corps rompre », c’est-à-dire de nous réduire en esclavage.

      * Darwin ne rejetait pas le lamarckisme: cf. sa théorie des gemmules.

      1. Je continue en réagissant ici au billet « Prix Nobel 2014 d’économie ».
        Les nouvelles écoles d’économie telles que Toulouse School of Economy » (TSE) illustrent pour moi la corruption des esprits qui se met en place actuellement dans l’enseignement (supérieur mais pas seulement, en France mais sans doute pas seulement): financements sur projets, le critère de recevabilité des projets revenant in fine « évidemment » à ceux qui les financent. Grassement financé par les banques et les assurances, un enseignant/chercheur « junior » de TSE reçoit environ 40.000€ mensuel contre 3000€ à son homologue ayant un financement public (source*: un article d’Anne-sophie Bellaïche dans « L’usine nouvelle », dispo sur le net). Le directeur, Jean Tirole, reçoit donc vraisemblablement (beaucoup) plus. Bien entendu tous ces gens justifient ces hauts salaires par la loi de l’offre et de la demande. Mais s’ils sont si bien payés est-ce parce que (cause efficiente) ce sont les meilleurs ou bien sont-ils seulement recrutés et payés par ceux qui les financent pour (cause finale) qu’ils apparaissent comme les meilleurs aux yeux du monde?
        Il y a déjà longtemps (années 1970) le mathématicien Alexandre Grothendieck avait centré sa leçon inaugurale au collège de France sur le problème du financement de la recherche. Quarante ans plus tard on ne peut, je crois, que constater que le problème reste d’une brûlante actualité.

        * Cf. aussi l’article « Economistes, institutions, pouvoirs » du 21/11/2012 par F. Lordon, dispo sur le net.

      2. Suite. Corruption du prix Nobel?
        Prix Nobel parce que ou prix Nobel pour que?
        Je crois qu’au début la question ne se posait pas: c’était parce que les travaux du récipiendaire le justifiaient (et j’espère que c’est encore le cas dans les sciences dites dures).
        Puis il y eut les prix Nobel de la paix où le parce que et le pour que s’interpénétraient (Ex: Walesa), le pour que apparaissant parfois seul (Ex: Obama* qui n’avait rien fait puisqu’il venait d’être élu). Bien que je n’y connaisse rien en économie je pressens de même fortement que nombre de prix « Nobel » d’économie (dont les anglo-saxons sont les principaux récipiendaires, ceci ayant à mon avis à voir avec cela) sont des mixtes de parce que et de pour que et je subodore que celui de Tirole est beaucoup plus un pour que qu’un parce que.
        A ce propos quid du prix Nobel de la paix décerné à Al Gore et au Giec? Jouzel vs Courtillot et Tirole vs Jorion même combat? Ce qui est certain c’est que l’on sait dans les deux cas sans aucune ambiguïté pour qui sont grands ouverts les robinets de la finance et pour qui ils sont hermétiquement fermés.

        * Dans son récent discours à l’ONU Obama a placé la Russie à la deuxième place des plus importantes menaces contre l’humanité, derrière Ebola premier et devant Daesh troisième. C’est presque une déclaration de guerre! Pas mal pour un prix Nobel de la paix! Ce qui a amené Medvedev à se demander devant les caméras d’une chaîne américaine de grande audience si Obama n’était pas mentalement dérangé.

  12. Merci
    Je partage votre constat . J’ai vraiment l’impression d’avoir affaire (en étant gentil ) à une bande d’autistes , ou , ( en étant réaliste ) à une bande de malfrats .
    La limite de la critique , c’est que ces gens , c’est nous qui les élisons .
    Certains préconisent le tirage au sort des représentants , mais dans un pays de 60 millions d’habitants , ça parait difficile à organiser .
    Espérer des élus vertueux ? Peut -on être vertueux dans un système qui favorise les plus forts et les plus « méchants » .
    On peut aussi attendre que ça se casse la gueule , mais avec le FN à l’affut …
    On peut aussi aller vers une société totalitaire et déshumanisée , les séries , films et autres romans d’anticipation sont là pour nous en donner un avant goût .
    Nous nous trouvons surtout confronté à notre propre limite ( la mort ) qui peut nous inciter à jouir de l’instant présent sans trop se poser de questions ( tant que ça va bien pour moi / après moi le déluge … )

  13. Dans notre système de pensée occidental tout effet doit avoir une cause.

    Je reviens sur un thème évoqué précédemment celui de la glissade inexorable vers la peste ou le choléra. Peste et choléra sont une évolution naturelle dans une nature « corrompue » au sens premier, putride, polluée. On a su en limiter l’impact grâce à un certain « niveau de civilisation ». Nous n’avons donc pas les mêmes standards dans d’autres domaines d’activité ? En fait, craindre Peste et Choléra, c’est craindre une régression moyenâgeuse. La nature en évolution provoque sans cesse de nouveaux virus de la grippe et d’autres herpes virus. Mais les laisser se répandre dépend de notre « gestion » (cf. Ebola). Il en va de même pour tous les corps plus ou moins rompus à différentes compromissions : c’est une question d’entretien de la santé de la démocratie ou pas. Pour autant que ce thème ait encore du sens?
    Le juridique qui constate que les grosses entreprises savent éviter les impôts et le politique constate qu’il est plus facile de se rattraper sur les petites entreprises et les retraités qui n’ont pas les mêmes « cliquets »- sauf fuir sous d’autres latitudes. La corruption n’existe que parce qu’elle est encouragée par ceux qui ne font pas leur boulot mais qui font quand même carrière et qui sont donc trop payés pour le peu qu’ils font : surtout ne pas faire de vague ni ne déranger personne à l’étage au-dessus où ils auront accès s’ils sont suffisamment sages et sans aucune initiative

    1. Julio Béa, à propos des « grosses entreprises » qui « savent éviter l’impôt », sauriez-vous nous dire le taux d’imposition de Total SA par exemple au Nigeria, en Norvège ou au Congo ? Et le taux effectif global d’imposition sur le bénéfice de ce même Total SA au niveau mondial en 2013 ou 2012 ?

  14. L’ensemble de vos propositions , est un programme dans la seule perspective d’une démocratie représentative maintenue . On revigore le vivier des représentants et les outils de contrôle .

    En quoi les nouveaux représentants seraient ils représentatifs et pourquoi les « contrôles » a posteriori les rendraient ils plus vertueux que leurs prédécesseurs ?

  15. Les hommes changent trop lentement… ce qu’il faut c’est des règles réfléchies, claires et simples et faire de son mieux pour qu’elles soient respectées! Il n’y a pas un programme de ‘télépathie convaincante’ pour leurs rentrer dans l’esprit que cette parodie, ça ne peut qu’être fini.

  16. L’appétit de nos élites pour tout ce qui brille devrait inciter le peuple à s’immiscer davantage dans la gestion des affaires publiques. La conception libérale de la vie en société a largement atteint toutes les couches de la société, et un individualisme de repli sur soi éloigne le citoyen d’une prise en compte de l’intérêt général. La politique ne rassemble plus, ce n’est plus une lutte contre les injustices, le personnel politique est si arrogant et méprisant qu’il ne s’aperçoit qu’à peine de cette haine que le peuple entretient envers lui, et l’inertie et le dédain que les politiques de droite ou de gauche incarnent si bien ne resteront pas sans conséquences sur le déroulement de leurs carrières d’élus, le FN grimpe et il y a de quoi leur en vouloir encore plus pour le danger qu’ils représentent. Ils détruisent ce qui est si long à réparer, la confiance s’effrite, plus personne n’est crédible pour porter un projet de rassemblement.
    De cette corruption parfois encore difficile à dissimuler, j’en garde un dégoût très prononcé pour ce petit microcosme qui ne laisse aucune place pour l’espoir et qui semble incapable de résister à la moindre tirelire. Une remise en cause de notre système de représentation politique s’impose, et le non cumul des mandats et la limitation de leurs renouvellements peut s’accompagner d’une autre mesure forte: faire rentrer le citoyen lambda dans l’assemblée par le tirage au sort, et peut-être que le fait de côtoyer des gens plus modestes qu’eux les influencera un peu.
    Le jeu démocratique actuel ne favorise que les tricheurs, les menteurs et les voleurs, et l’influence de ces gens est néfaste sur nos vies. Ps, Ump, quel débat passionnant, quand on sait que le Fn va finir par arriver au pouvoir. Qu’ils comprennent l’infamie de leurs comportements, c’est tout le mal que je leur souhaite, qu’ils dégagent très vite de leurs fauteuils, et regardent un peu mieux l’état du monde et de ce pays, comment osent-ils se pavaner de la sorte devant nous?

  17. C’est devenu, de fait, la seule possibilité d’alternance, le Front de gauche peinant à rassembler

    Aidez les à rassembler alors. Il est sûr qu’avec une telle absence de soutien et un tel défaitisme, on ne va pas faire avancer le schmilblick.

    C’est bien de gueuler. Il faut le faire. Il faut aussi montrer que beaucoup se battent tous les jours et les soutenir.

    Je vous aide : http://www.m6r.fr

    1. [ Répétitions, désolé]
      La constitution de la 6.ième, la der des der, la bonne, celle que tout le monde attend, est un cul de sac diversionniste.
      Faire confiance au papier est la dernière des niaiseries politiques.

      Elargir une question sous prétexte d’aider à la résoudre, c’est la zénitude assurée.

      S’il faut attendre un consensus sur une 6.ième République pour lutter contre la corruption, préserver l’oxygène de l’air, éviter que la Camargue ne soit noyée par la montée des Océans, mettre fin au nucléaire, préserver notre Etat social, réorganiser L’Europe, approcher le plein emploi en reconstruisant une Economie au service de tous, construire 500000 logements sociaux par an, ou bien lutter contre la « spéculation nue » et la spéculation immobilière, et j’en oublie, va falloir attendre à toute vitesse une éternité dans le calme et la sérénité.

      Entre 1970 et 2010, l’ Espagne est passée d’une corruption classique latine à une rectitude exemplaire. Il s’agit de dates très approximatives et d’une perception populaire non chiffrée, basée sur l’impression et le on-dit. Ce pays l’a fait sans renverser les tables ni casser la vaisselle.
      Il y en a d’autres dans l’est de l’Europe qui en fait autant. C’était une condition pour adhérer à Bruxelles. Et si il y a revirement en Espagne -Corruption : LE LAIT DÉBORDE DE PARTOUT, par François Leclerc du 16/10/14 – c’est la preuve qu’il s’agit d’une lutte sans fin, comme toute lutte contre une sérieuse addiction…
      La corruption est un crime, la Justice de la plupart des Etats modernes ont les moyens théoriques d’y faire face, sous réserve qu’elle ne soit pas entravée. Volonté politique et adhésion populaire , deux ingrédients imparables.

      1. Faire confiance au papier est la dernière des niaiseries politiques.

        Du papier la constitution? Vous plaisantez j’espère.

        La constitution de la 5 èm république bloque le système politique,
        et la sacralisation de la propriété privée (qui permet la rente) nous emprisonne dans le système.
        Pour en sortir il faut nécessairement que les citoyens, et personne d’autre, et surtout pas les politiques, écrivent une nouvelle constitution.

        Si vous connaissez un moyen qui n’en passe pas par là, dites le nous. Par ailleurs l’un empêche pas l’autre.

  18. Ce n’est plus tellement ce que font les élites qui importe, c’est ce que nous faisons nous. L’incurie des gouvernants et leur propension à la corruption ne doit jamais dissuader l’humble citoyen de rester honnête et de s’intéresser à la politique, ni d’agir pour le bien commun, aujourd’hui si peu valorisé face aux réussites individuelles.
    Après, quelle peine pour les délinquants de la politique? Il est dangereux de se laisser porter par la haine et de s’en prendre exclusivement à ces élites alors que rien n’indique que ce comportement ne se retrouve pas maintenant chez les couches populaires. La haine n’est pas la réponse, l’entropie démocratique amène cette éclatement du corps social si rien ne favorise une cohésion par le sentiment d’appartenance à une communauté. le délitement de l’intérêt général concerne tout le monde, il faut le prévenir par le rétablissement d’une décence commune.

     » Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs »-Constitution du 24 juin 1793 article 35

    1. Certes , mais ce codicille a très vite disparu des versions suivantes de la Constitution , dès le Directoire et la version 1795 ;

      Ce qui me remet en tête que le directoire avec ses 5 directeurs était un peu de la veine d’une des propositions d’Alain Mince ( pseudo clin d’œil , j’imagine ) , mais qu’on a vu que cela n’a pas empêché un certain 18 brumaire et l’arrivée d’un consul .

      Ce que toutes nos constitutions ont par contre comme une tare originelle , c’est le caractère sacré de la propriété , alignée sur la liberté , l’égalité et la …sureté .

      La corruption ne reculera pas principalement par des améliorations dans l’exercice du pouvoir .

      Elle reculera quand la ( les ) constitution(s) aboliront le caractère sacré de la propriété .

      La propriété corrompt l’Egalité et la Fraternité .

      1. La corruption et la fraude peuvent reculer par des changements simples mais ils impliquent une autorité juste et sans faille, une autorité peut être exigeante, bienveillante tout en étant d’une honnêteté irréprochable. Le parlementarisme actuel ne peut garantir cette autorité, et il faut chercher ailleurs pour un modèle de sobriété d’émoluments en tout genre. Qu’ils soient nuls nous le voyons bien, cela n’empêche pas d’être exemplaire et de ne pas frauder, surtout pour un ministre.
        La corruption, c’est aussi le besoin de s’affranchir, et cela concerne les classes dirigeantes dans des proportions inquiétantes. Alors que recherchent ces gens? Comprendre leurs besoins permet aussi de comprendre les méfaits de l’argent-roi et de cette soumission qui en résulte, et ils nous démontrent qu’il est vain de chercher la satisfaction matérielle, et qu’il est hasardeux de confier sa représentation politique à des gens aussi vaniteux.
        Pour une nouvelle Constitution, l’insurrection est nécessaire, pour le peuple et chaque portion de peuple.

  19. Tout à fait d’accord avec votre article, « impéritie de nos dirigeants » c’est bien le mot clé pour comprendre pourquoi on nous a mis dans une telle situation depuis 40 ans…

  20. Ce qui change aujourd’hui, c’est internet. Les gens ne sont plus lobotomisés par la télé et leur journal papier. On vit la même chose que lors de l’invention de l’imprimerie. Il va en sortir du bon et du moins bon, mais pour les élites ça va chauffer pendant un petit moment. Le temps qu’il leur faudra pour cadenasser l’internet et que ça ressemble à une lecture du journal « Le Monde »…

    1. Oh c’est vrai que ça pourrait être comparable à l’invention de l’imprimerie, vu sous cet angle c’est encourageant, vive la liberté virtuelle ! (malgré tout encore une fois) 🙂

  21. Deux reportages télé récents ont très bien illustré une partie du problème, que je résumerai ainsi : nos institutions elles mêmes organisent la corruption. Je ne parle pas ici de la grande corruption sur les marchés de l’armement, le financement occulte des partis politiques, des campagnes électorales ou des grands travaux d’aménagements.
    Certains députés européens ont expliqué le plus naturellement du monde devant la caméra du journaliste qu’ils transmettent tels quels des amendements tout rédigés par les lobbys, destinés à saboter des lois allant contre leurs intérêts financiers. Ces personnes élues pour représenter l’intérêt général, utilisent leur mandat pour défendre des intérêts privés, ceci alors même qu’il s’agissait dans le cas présenté de problèmes graves de santé publique.
    Des députés récemment interrogés ont expliqué comment leur indemnité représentative des frais de mandat perçue chaque mois en plus de leur salaire et des avantages pratiques annexes, contribue en grande partie à de l’enrichissement personnel, d’une part par la prise en charge de dépenses personnelles (vêtements coiffeur, restaurant etc…) d’autre part, à travers l’achat de leurs locaux de permanence, par la constitution d’un patrimoine personnel avec des fonds publics.
    Ne parlons pas de ceux qui conservent un travail rémunéré dans le privé parallèlement à leur mandat, ou des cumulards en tous genres, rabaissant leur responsabilité de représentants du peuple au rang de travail à mi temps, voire de petit boulot annexe bien rémunéré.

    Tout cela le plus légalement du monde. Les plus lucides d’entre eux expliquent que ce n’est pas normal. Ils réfléchissent (lentement) à la façon de faire évoluer les choses.

    Ma conviction est qu’une bonne constitution permettrait de mettre de l’ordre dans tout cela, qui n’est pas forcément gravissime en soi, mais qui contribue à cette ambiance délétère qui dissout les valeurs nécessaires à la qualité de notre vivre ensemble.
    Une nouvelle constitution devrait permettre entre autres, une incitation forte à un comportement éthique de nos représentants par des sanctions sévères, des possibilités de révocation, des inéligibilités à vie pour les corrompus, l’abandon de cette indulgence coupable pour les conflits d’intérêts dont on a le sentiment actuellement qu’ils sont partout.

  22. Plus aucune volonté de « changer le monde » : le message porté par les politiciens a perdu en intensité et en intérêt.

    Jusqu’à il y a une trentaine d’années « changer le monde » c’était d’abord et surtout changer la France. Ce n’est plus le cas. Le projet des partis de gouvernement n’est plus que d’adapter la France au contexte européen, occidental et mondial. Résultat: seuls ceux, peu nombreux, qui espèrent tirer profit de cette adaptation sont réellement intéressés. Aux autres, les partis cherchent à faire croire que les choses vont redevenir comme avant s’ils acceptent de faire suffisamment de sacrifices mais ils n’y croient pas eux-mêmes et ne parviennent à convaincre qu’un nombre de plus en plus restreint d’électeurs.

    Que ceux dont le programme consiste a préparer leur pays à acueillir la Troïka en profitent pour se constituer quelques réserves à l’etranger me semble tout à fait cohérent 🙂

    Dans un tel contexte il n’est pas du tout surprenant que le FN, qui promet lui aussi un retour vers le passé mais en isolant la France de l’Europe et du reste du monde, rencontre un succès croissant.

  23. C’est drôle,la lecture de ce billet m’a amené ce matin à KANT et la nécessité de croire en Dieu (ou l’idée divine) pour donner sens à sa vie.

    Puis je lis à l’instant la transcription de la vidéo du jour de Monsieur JORION, qui associe la corruption à la peur de la mort.
    Bon, je défends ma paroisse, certains diront…

    1. Paroisse ? Avec les saints Antoine on a le choix .

      Il me semble que  » le grand » était plutôt orthodoxe et fondateur de l’érémitisme .

      Ce qui est une certaine façon d’échapper aux tentations de la corruption .

      1. La mienne est polythéiste et je n’ai pas la prétention ni l’ambition d’être un saint 😉

        Mais vous me faites découvrir un Saint Antoine devant lequel je m’agenouillerais quand même volontiers.

  24. Un mandat obtenu par tirage au sort et le problème de la professionnalisation des la vie politique est réglé. Celui de la corruption en grande partie aussi.
    Et ne dites pas qu’il faut des compétences pour être politique. Ceux qui nous gouvernent sont parmi les gens les plus incompétents qui puissent se trouver. Avec le tirage au sort, on ne pourrait pas faire pire et il y a de grandes chances de pouvoir faire beaucoup mieux.

    1. Pour aller dans ce sens, on pourrait réfléchir à l’idée qui consiste à supprimer le sénat et le remplacer par une chambre du peuple, tirée au sort. Ça ferait un équilibre intéressant entre élus et tirés au sort, ou dit autrement, entre ceux qui ont recherché le pouvoir sans forcément l’exercer, et ceux qui exercent le pouvoir, sans l’avoir recherché. Etant précisé que le tirage au sort n’est pas le système simpliste dont parlent ses détracteurs, mais un système sophistiqué qui prévoit des filtres. Les anciens étaient loin d’être bêtes.

    2. On connait . Est il bien sur que ça ne pourrait pas être pire ?

      En fait , plus que le mode de délégation , pour éviter la corruption ( en grande partie , restons sur terre ) du moins dans les rapports de pouvoirs , je pencherais plus volontiers vers :

      – ré-écriture de la Loi des lois ( la constitution) qui définisse si la propriété doit être conservée comme sacrée , et sinon quel système lui substituer ( cf constitution de l’économie).

      – réécriture des règles d’élaboration démocratique amont des décisions , de leur contrôle in itinere et ex post .

      – réaffirmation absolue de la prééminence de la Loi et de la force publique sur toute autre ( ni dieu , ni dollar! )

      – révision des contrepouvoirs selon la mécanique chère à Montesquieu ( compléter la liste , se montrer plus précis sur leurs prérogatives au regard du peuple gardé souverain)

      – interdiction de la spéculation .

      – destruction des paradis fiscaux et zones de non droit.

      …pour commencer .

      On notera aussi que la corruption est aussi bien passive ( on est corrompu) , qu’active ( on corrompt) et qu’elle peut concerner tous les niveaux institutionnels du pouvoir .

      Et que le corrompu n’est pas toujours celui qu’on désigne dans l’instant , comme le chantait Brel :

       » ..pour nous faire oublier ,
      que les putains , les vraies ,
      sont celles qui font payer ,
      pas avant , mais après. »

      1. Gauchet : « La situation est la même qu’avant 1929, mais il ne faut pas négliger que la richesse globale a significativement augmenté », pendant cette intervention, il ne lui vient pas à l’esprit d’ajouter que ce fut au mépris total de notre environnement; qu’en un siècle, la nature a pris un sacré coup et que le temps est contre nous! grrr

      2. J’ai visionné le débat Badiou/Gauchet. J’ai été déçu par Gauchet que je découvrais. J’ai trouvé Badiou meilleur, plus convaincant sur le fond comme sur la forme; avec un sens de la répartie qui lui a permis de déstabiliser (de mon point de vue) le jeune économiste-libéral-récitant-son-catéchisme qui leur a été opposé (séquence sur l’industrie pharmaceutique). A propos de Badiou (mais sans rapport avec l’émission) je n’ai pas compris la fascination (c’est ainsi que je le perçois) qu’exerce sur le Badiou philosophe l’algèbre au sens large, incluant la logique mathématique, la théorie des ensembles et la théorie des catégories: pour moi, s’il y a des points de convergence entre mathématique et philosophie, ce n’est pas là qu’ils se trouvent.

  25. Bonjour a tous, ici en Espagne on a certainement le record de corruption ; avec l’habitude on est plus tant choqué par la corruption sinon par la totale désinvolture avec laquelle elle se pratique et la quasi impunité qui en ressort une fois qu’elle est étalée au grand jours. Le dernier cas en date ici (jusqu’a… demain? pas sur qu’il n’es sorte pas un nouveau avant minuit lol) c’est les visa fantôme distrubées aux dirigeants de Caja Madrid : provision a volonté pour « les faux-frais » = 15 millions d’euros ou comment s’assurer une bonne majorité a un conseil d’administration… Pour ceux qui parlent español un cas de référence :

    https://www.youtube.com/watch?v=hEzpVfglOy4

    Pour les autres ne cherchez surtout pas a traduire ça n’a aucun sens, mais vous pourrez toujours sentir le malaise. Au fait cette justification a du être suffisante vu qu’ils sont encore au pouvoir malgré la révélation de paiements au black mensuels de plusieurs milliers d’euros durant 15 ans… Plus que les paiements en eux même c’est qu’ils s’en foutent d’être pris la main dans le sac et qu’ils ont raisons car ils ne subissent aucune conséquences et se foutent carrément de notre g….le à l’heure de répondre aux questions qu’ils ne peuvent pas esquiver éternellement.

  26. Ou donc commence la corruption…?
    J’ai le souvenir d’une anecdote à laquelle j’ai bien malgré moi été mélé à l’occasion d’un rendez-vous d’affaire sur Paris ou je devais ce jour là préciser les modalités d’un contrat avant signature.
    J’avais à cet effet été convié chez le principal signataire, et à mon arrivée, c’est une enfant de 8 ou 9 ans qui m’a ouvert et accueilli , m’expliquant que ses parents allaient arriver et qu’il me fallait attendre là, en m’indiquant un siège dans le salon.
    Elle s’installait non loin de moi tenant dans ses mains une souris blanche avec laquelle elle jouait ainsi qu’ une poupée.
    Les parents entrèrent dans la pièce alors que je surveillais du coin de l’oeil le jeu de leur fille et m’expliquèrent que cette année,celle-ci avait exigé une souris pour son anniversaire, très contents d’avoir échappé à la sempiternelle console à la mode.
    L’enfant continuait à jouer alors que je détaillais les articles du contrat, lorsqu’elle nous interrompit : » Maman! Papa! Regardez, elle ne marche plus, est cassée!
    Je n’ai pu réprimer ma réaction  » Tu sais, ce n’est pas une poupée, c’est une vrai souris! Tu as du la serrer trop fort dans ta main et tu l’a étouffée ». Sa maman lui enlevant des mains la souris
    devenue flasque, la gamine commença a sangloter.
    Le papa, la prenant dans ses bras lui dit alors:  » Ne pleure pas pour ça, on va t’en acheter une autre »… Et la gamine cessa immédiatement de pleurer.
    Je ne sais plus trop pourquoi, mais en fin de compte, le contrat n’a jamais été signé.

    La corruption peut prendre racine en chacun très tôt si les conditions sont réunies, et si personne ne réagit, elle se développe et finit par asphyxier toutes les pousses vertueuses.
    Si l’école, l’état, la justice, sont impuissants à corriger, c’est qu’ils sont aussi corrompus.
    Il suffira alors peut-être que l’abus soit légalisé ( ce qui est en train de se produire aujourd’hui) pour qu’enfin la vertu triomphe ! La corruption s’éteindrait-t-elle dans ses richesses, comme la chandelle s’éteint, se noyant dans sa nourriture? Cela ne devrait alors plus tarder .

    1. La corruption semble être une entité maléfique se propageant d’elle même à vous lire..
      C’est plus une conséquence d’un système ‘vicieux » mêlé à la psychologie et même ‘l’ethnologie’ humaine!

      Changement de cadre , règles—> moins de corruption.

      Révoltes , prise de pouvoir = corruption de toutes parts!

      1. Non, La corruption n’est que la manifestation d’ une sale mentalité acquise dès l’enfance grâce à des parents ou à un entourage qui en étaient déjà dépositaires. Il n’est jamais trop tard, même à l’âge adulte, pour lui botter les fesses pour l’exemple, le seul problème, c’est que les corrompus conscients de leurs vices se protègent les uns les autres en occupant désormais tous les niveaux de la société.
        La fessée et le coup de pied au cul ( et l’exigeance qui va avec ) sont depuis longtemps devenus subversifs, et maintenant l’enfant roi est devenu adulte…
        Et si vous saviez comme il méprise ses parents laxistes, égoïstes, absents, démissionnaires..!

      2. Et comment faîtes-vous pour lui botter les fesses? Faire une psychanalyse à chaque ‘enfant-roi-adulte…et enfant’??

  27. Tout l’argent qui inonde le système financier est maintenant adossé à la cupidité cumulée des citoyens du 2/3 monde. Quand vient le moment de se lever pour désigner la tête du Moloch à couper, on se réveille avec un ennemi intérieur.

  28. Antoine Peillon sur France Inter – http://www.franceinter.fr/emission-service-public-la-france-le-scandale-de-la-corruption
    Et Gauchet et Badiou chez Taddéi: la Démocratie est historiquement dévoyée par le Kapital et la transparence jusqu’où ?
    J’ai la mauvaise impression que nous sommes deux individu très différent celui qui ne veut surtout pas voir que Gaïa est une et limitée et qui qu’il faudrait être « responsable », en être responsable et l’entretenir en conséquence car plus nous sommes nombreux, plus ce sera difficile – et c’est un long apprentissage que d’en prendre conscience, un travail sur soi de citoyenneté. Et, bien que je ne donne pas dans la psychanalyse, l’enfant qui sommeille en nous (Rock’n roll, San Francisco et Everly brothers) qui voudrait en tirer profit tant qu’il y a quelque chose à en tirer. Sans chercher à voir ce que cette situation détruit, le scientifique réapparait avec les limites du système : rien ne se perd Rien ne se crée mais tout se transforme dans ce monde aussi.
    Et là intervient la « Transmission des savoirs » qui nous dit que pour gérer un œillet dans un marais salant artisanal, les lois générales apprises à l’école sont de peu d’utilité. Les lois physicochimiques sont bien les mêmes dans un marais salant de 1000 ha que dans une exploitation d’un seul ha divisé en parcelles, mais elles n’y sont d’aucune aide car ce sont des évènements locaux qui gèrent l’évolution de ce micro climat. On peut alors avoir l’impression qu’elles sont inutiles ou fausses et qu’elles peuvent être transgressées.
    Et de là il est tentant de rêver avoir été plus malin que Gaïa : vendre des maisons et arriver à détruire une partie de l’économie mondiale par ricochet, et l’économie en tout le système, par ricochet suivant c’est quand même un record ! La fin du ricochet sera-t-elle une meilleure définition des conditions initiales, une citoyenneté capable de défendre l’intérêt général et une lutte systématique contre la corruption ? C’est encore l’enfant qui rêve ? Badiou posait la question du régulateur – lui-même soumis à la corruption ? Si le Citoyen n’est pas capable de résoudre ce problème somme tout simple, Peste et choléra deviennent alors l’évolution naturelle ; aucun régulateur ne saura les retenir ! L’histoire bégaie mais ne repasse pas les plats mais si riche de nos expériences, nous en étions capables de prendre les mesures hygiéniques simples qui conviennent, alors Champagne !

  29. Bonjour,
    Il y a peut-être une donnée d’ordre psychologique qui expliquerait les phénomènes comme la corruption, et donc les comportements immoraux de nos dirigeants.
    Un « acteur » politique joue un rôle, une partition (il est formé dans des écoles spécialisées). Je pense que l’on peut parler de théâtralité. J’insiste sur le mot « acteur » car il révèle un détachement de la personnalité (du « moi »). Nous pourrions imaginer qu’ils sont constamment dans la dissociation de la personnalité : l’impersonnel avant tout.
    Parfois, nous avons l’impression qu’ils ont plusieurs personnalités auto-entretenues (multiples facettes). Ils vous diront que la fonction impose cette caractéristique (déshumanisée). Cependant, ils perdent ce qu’ils ont de plus humain : l’identité profonde et personnelle.
    Un moyen de ne pas affronter ses responsabilités, c’est d’être détaché (endossé n’est pas approprié). Ce n’est pas le pouvoir qui conduit à cette distinction (dissociation de la personnalité) mais les distinctions qui mènent au pouvoir (la formation d’un être à plusieurs personnalités afin d’assurer une fonction). Je pense que cette distinction est considérée à tord comme une qualité, un atout. Ainsi, il n’y a plus de honte, d’aveu, de culpabilité, de satiété,….ressentis (un constat) puisque il suffit d’extraire de la partie profonde de notre personnalité (par dilution), les états d’âme. Nous pouvons alors parler de troubles de la personnalité ? Lorsque vous vous adressez à un politique, vous parlez à un groupe de personnalités… Peut-on réellement parler d’ouverture d’esprit ? La personne se définie par des personnalités ? Ce n’est pas « moi » mais une partie de « moi » ou un « autre moi »….D’où la formule : responsable mais pas coupable ! Approfondissons…….Ils ne sont plus humains (singulier) mais l’humanité (pluriel) ?
    Pour ma part, je pense qu’il est difficile d’être intègre si l’on ne se retrouve pas soi-même (ne faire qu’un dans la mesure du possible, le singulier). Chacun tente d’être soi-même tant bien que mal (malgré les normes) lorsque nos dirigeants essaient d’être autrement ? Se connaitre soi-même uniquement à travers l’autre ? Excessif, non (sachant que l’autre n’a pas les mêmes conditions) ? Ils jouent alors les différentes personnalités adaptées aux situations sous la forme d’un rôle (tous les traits de caractère sont exploitables). L’ingénierie sociale permet d’anticiper des scénarios, le casting suit. Bien évidemment, les autres ont un impact sur nous (et heureusement)…. Pourquoi en abuser ? Comment croire un homme si il n’a plus sa personnalité mais les ou des personnalités ? La liberté, c’est le pouvoir que l’on a sur soi et non sur les autres (raison et réflexion).
    Enfin, l’espoir est une chance pour vaincre sa peur de la mort. Le dépassement des considérations matérielles (corporelles) favorise le passage d’un au-delà potentiellement et intellectuellement plus riche. La paix de l’esprit est une condition nécessaire afin d’éteindre ou de limiter les dangers de la peur. Une ou des dimensions cachées pourraient probablement nous relier à un savoir énergétique jusqu’alors inconnu. Notons que tout se transforme ? Lorsque l’on connaît le pouvoir énergétique d’un atome, on peut se demander si…..
    ps : malgré nos différences passagères de vue (heureusement profitables), je n’oublie pas….On ne pourra pas vous reprocher de ne pas promouvoir les lieux de rencontre et d’émancipation.
    Amicalement.

  30. Bonjour à vous lire je perçois enfin une bonne nouvelle un changement peut être personnel et cela s’enchaîne d’une autre bonne nouvelle qui viens tout droit de science popo: « Je suis tout content : un économiste — ou plutôt un philosophe humaniste — que j’aime beaucoup, Jacques Généreux, défend (enfin) les idées qui sont pour moi les plus importantes. » à voir ici ou sur le cercle des volontaires : http://cequelesmediasnenousdisentpas.over-blog.com/2014/10/bonne-nouvelle-jacques-genereux-parti-de-gauche-defend-l-idee-d-un-processus-constituant-populaire-et-du-tirage-au-sort-en-politique .
    Combien d’entre vous on plus d’idée commune que quelque point divergeant cela me pose toujours question ce manque de débats entre vous tous qui avait de beaux parcours pas comme le mien de simple exécutant technicien de tout et de rien mais certainement pas de ce sur quoi il a été formé .
    Encore merci Paul jorion.

    1. Combien d’entre vous on plus d’idée commune que quelque point divergeant cela me pose toujours question ce manque de débats entre vous tous qui avait de beaux parcours pas comme le mien de simple exécutant technicien de tout et de rien mais certainement pas de ce sur quoi il a été formé .

      Ce n’est pas bien de se dévaloriser ainsi, les beaux parcours (ou ceux que vous croyez beaux) ne font pas les grands hommes,et votre perception des choses est tout aussi précieuse au débat .
      Ainsi, je trouve comme vous que ce « Monsieur Jacques » économiste-humaniste au patronyme si adapté, à une vision généreuse et ouverte de ce que devrait être notre société.
      Et si nos débat se focalisent souvent sur des points de divergence, cela tient essentiellement à une très forte exigence de chaque participant, exigence générée par un manque de confiance en « l’autre » dû aux dérives actuelles de nos dirigeants.
      Je pense que cela devrait s’arranger avec un soupçon de respect mutuel.
      Cela pourrait commencer ici en écoutant aussi témoigner des gens simples qui ne soient ni économistes, ni scientifiques, ni philosophes, mais qui contrairement à ce que certains peuvent penser, ont un bon sens souvent plus précieux que des savoirs plus élitistes.

    2. Je pense que les sociétés s’organisent (ou devraient s’organiser) pour atteindre des buts qu’elles se sont fixés: dans les sociétés c’est la fonction qui crée l’organe et non l’inverse, les sociétés sont (ou devraient être) lamarckiennes. Tout le contraire de notre société qui fonctionne sans but ni projet en imposant dogmatiquement au préalable un type d’organisation (le capitalisme financier).
      Pour moi l’organisation des sociétés devrait être un problème de logistique. Et je n’imagine pas des logisticiens s’organiser sans s’être fixés au préalable un objectif à atteindre. En logistique c’est « évidemment » la fonction qui crée l’organe; les logisticiens, même adeptes du darwinisme social le plus féroce, sont des lamarckiens qui, parfois, s’ignorent.
      En préambule à toute constitution devraient figurer les objectifs à atteindre, la constitution jetant les bases de l’organisation permettant d’atteindre ces objectifs.
      Je pense qu’à tous les niveaux le système bottom-up qui consiste à élire par ceux qui leur obéiront celui/celle ou ceux/celles les plus aptes à diriger et de mener à bien la réalisation des objectifs fixés est préférable à la méthode (qui pour moi est loin d’avoir l’efficacité optimale) qui consiste à élire bottom-up un président de la République qui nomme top-down ses collaborateurs. Je ne suis donc pas du tout favorable à l’élection par tirage au sort ni pour organiser la société ni pour contrôler que l’organisation va bien dans le sens de la réalisation des objectifs fixés, mais au contraire pour un système démocratique bottom-up qui tend à placer à tous les niveaux les bons hommes/femmes aux bonnes places.
      Par contre je suis tout à fait pour le tirage au sort d’un « président du conseil démocratique » (ou quelque chose de ce genre) ayant un rôle de contrôle symbolique (le conseil démocratique, sorte de conseil constitutionnel+cour des comptes+…, ayant, quant à lui, un pouvoir de contrôle effectif) sur l’appareil de l’état analogue au rôle des rois/reines des monarchies constitutionnelles occidentales. Rappelant ainsi en permanence que l’exécutif reçoit son pouvoir du peuple pour exécuter les objectifs fixés par lui. Et y voyant en outre un moyen (un peu démagogique, je le reconnais) de réintéresser les citoyens à la politique.
      Pourquoi pas un tirage au sort mensuel, le lauréat présidant pendant ce laps de temps le conseil démocratique, ayant ainsi accès aux « dorures de la république » avec, cela va de soi, les émoluments en rapport avec sa fonction symbolique? J’imagine assez bien que l’audience lors de ce tirage au sort télévisé mensuel pourrait dépasser celle du loto.

    1. Et pour notre bon Cahuzac? et pour notre Ex Futur Ministre phobique du commerce extérieur ?
      Toujours rien…
      Il s’agit de délits qui devraient être traités par la haute cour de justice puisqu’il s’agit d’élus et/ou de hauts fonctionnaires au service de l’état dans l’exercice de leurs fonctions.
      Il y a là atteinte à la sûreté de l’état, ou au choix haute trahison, et peut-être les deux.
      Dans l’armée c’est le peloton d’exécution, il me semble… Certes barbare et expéditif, mais dissuasif!
      Pourtant un petit stage de quelques années à Fleury-Mérogis suffirait, à condition de prononcer une inéligibilité à vie… Mais non, rien …
      Tout cela montre bien l’ampleur du pourrissement de nos institutions.

      PS: Réponse à Lucas: Surtout pas de psychanalyse! Il suffit d’utiliser son pied… Si,si,vous verrez, ça marche! Et ça fait tellement de bien!

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