Fermez le ban, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Il y a un peu plus de 5 mois, on pouvait déceler, bien que de manière hypothétique, qu’une dynamique européenne pouvait se faire jour au travers d’un certain nombre de points d’accroches, de conflits potentiels ou de processus possibles.

5 mois plus tard, et sans que cela ne réduise non plus l’avenir en sens inverse, force est de constater que la dite dynamique européenne est rangée sur l’étagère des potentialités, celle déjà surchargée de toutes celles qui « auraient pu mais n’ont pas pu » depuis l’instauration d’un véritable régime de crise, laquelle suit désormais un régime de croisière : stable.

Stabilité est en effet le maître mot.

L’élection du Land de Hambourg à la mi-février 2015 ? Elle n’a pas permis à l’AfD de percer comme le parti le souhaitait et comme les observateurs le décrivaient alors, laissant la victoire au SPD comme attendu mais sans remettre en cause sur sa droite le pouvoir de Mme Merkel ni sur sa gauche l’alliance de la CSU/CDU avec le SPD au niveau national. Stable, donc.

La loi Macron ? Certes, le gouvernement Valls a bien utilisé le 49-3, in extremis, face à la fronde d’une partie des députés socialistes symbolisée par un Benoît Hamon refusant de voter la loi. Mais le seul débouché naturel politique pour ces frondeurs était évidemment hors de l’Assemblée nationale, au Parti Socialiste. Et de fait, dès le mois de mars 2015 et de manière aboutie après les élections départementales, un accord avait été scellé entre l’exécutif et Martine Aubry, laquelle aurait pu par son poids politique remettre en cause les équilibres internes et mettre en porte-à-faux la politique gouvernementale.

Mais pour quelques centaines de millions promis pour l’investissement des entreprises et de vagues promesses d’inflexion à venir, celle-ci intégra sans mot dire la motion Cambadélis, celle de l’exécutif, la faisant ainsi devenir majoritaire. Sans oublier le fait que Karine Berger, poisson pilote de l’Elysée, avait déjà créé sa mouvance et sa motion et que Benoît Hamon ne fut finalement pas retenu comme premier signataire de la motion des frondeurs (Christian Paul, un proche de Martine Aubry ayant été finalement désigné), le vote des militants devait donc finir, comme il le fit hier, par conforter la stabilité, maître-mot au PS, dans des proportions confortables (60 %).

Dès lors, le congrès de Poitiers entérinera probablement dans les jours qui viendront la politique en cours et l’exécutif avec, laissant les frondeurs à leur guérilla interne sans véritable objet, si ce n’est que de négocier d’éventuelles positions ici ou là.

L’élection départementale en France elle-même fut finalement aussi stable à ce compte là : on s’attendait à une poussée de l’abstention et du FN, et ni l’une ni l’autre ne développèrent leurs dynamiques jusque là engagées, sauf sans doute pour le FN qui réussit pour une fois à une élection territoriale à s’implanter durablement. M. Valls en fut tout à son soulagement qu’il s’oublia et se permit de fumer un bon cigare en regardant un match de foot, preuve ô combien le second tour était pour lui dans les rails et les bons. Des pertes massives de départements et surtout de postes ne produisirent pas plus d’effets au sein du PS que les vaines tentatives des frondeurs : les cadres locaux se sacrifièrent en masse, comme des lemmings dans leur course folle.

Le FN, lui, ratait l’occasion historique de conquérir des départements, notamment dans le Vaucluse ou dans l’Aisne, qui aurait immédiatement menacé les élections suivantes, à savoir les régionales. En l’absence d’un tel risque et d’un remaniement ministériel qui finalement devrait se produire après le congrès du PS en juin, si toutefois il était nécessaire (on ne sait jamais, autant le préserver pour les régionales), on revint au rythme habituel : normal.

L’élection d’un gouvernement Syriza en Grèce ? Il donna certes lieu à un affrontement politique immédiat entre celui-ci et le gouvernement allemand notamment, dans une tentative de guerre de mouvements menée par le gouvernement grec et son flamboyant ministre des Finances M. Varoufakis, mais une offensive qui finit par se transformer dans la guerre de tranchées financières et budgétaires que l’on connaît actuellement et dont on ne sait pas même si ils en sortiront au mois de juin, à la fin de l’année 2015 ou même jamais. L’épuisement, voilà l’ennemi et l’allié ! De fait donc, une des dynamiques européennes qui semblait la plus porteuse vint s’enliser dans les marais mouvants de l’UE et des institutions multilatérales, enlisant ainsi aussi les espoirs portés sur cette dynamique par les forces politiques et sociales en opposition à la politique d’austérité généralisée à l’Europe entière.

Podemos en Espagne ? Porteur lui aussi d’une dynamique spécifique, il échoua à prolonger sa dynamique propre engagée aux européennes lors des dernières élections locales en Andalousie, qui virent conforter le pouvoir enkysté du PSOE. Il est vrai que la controverse puis le départ d’un des membres fondateurs du mouvement, Carlos Monedero, par ailleurs sur une ligne différente de celle de Pablo Iglesias, fit accroire à un certain nombre d’Espagnols que finalement Podemos était un parti « comme les autres », d’autant que le mouvement centriste Ciudadanos est venu occuper l’espace politique laissé vacant au niveau national par le PP et le PSOE.

In fine, la dynamique issue du mouvements des indignés s’est elle aussi retrouvée confrontée sinon à une impasse du moins à une limitation de son champ d’expansion qui fait l’affaire du système politique espagnol, toujours pour préserver sa propre stabilité : tout changer (bipartisme/quadripartisme) pour ne rien changer (même politique reconduite, mais par des alliances). Les municipales d’abord (la semaine prochaine) puis les élections générales en décembre devraient instituer ce nouvel ordre politique qui viendrait renforcer le défaut de soutien politique au gouvernement grec dont celui-ci a tant besoin en Europe, une Europe qui aurait ainsi stabilisé sur ces deux fronts sud les offensives politiques qui étaient en cours, de manière différente mais néanmoins avec le même résultat : stabilité.

Les élections locales en Italie et les élections générales au Portugal, au vu de cet enlisement, ne devraient guère apporter plus de transformations sur le champ politique, d’autant que les élections générales en Grande-Bretagne ont conforté les conservateurs au pouvoir, malgré un bilan calamiteux, même si l’UKIP, mieux que le FN, a conforté une très forte progression en voix mais néanmoins insuffisante au regard des objectifs préétablis en sièges. Le risque d’un débordement par la droite des conservateurs, en Angleterre comme en Allemagne, et en France également d’une certaine manière, a donc été contenu, confortant les conservateurs dans leurs visions de l’Europe et des politiques néolibérales menées.

Last but not least, la gauche de la gauche continue de parler aux Allemands comme avant, avec la dernière charge de M. Mélenchon contre Mme Merkel et son gouvernement, sans oublier son positionnement sur Poutine, qui continuent de produire les tensions nécessaires à l’impossibilité d’une dynamique politique alternative, EELV étant suspendu à l’attente d’un remaniement pour intégrer (ou pas) le gouvernement comme dans un supplice chinois et le PCF srutant le positionnement du PS post congrès pour définir ses très nécessaires alliances pour sa survie politique aux régionales.

À ce tableau d’un paysage politique dévasté – mais stabilisé – avec des positions prises ou perdues sans changer la ligne de front, il faudrait évidemment ajouter un élément essentiel, celui des attentats islamistes. Avec ceux de janvier à Paris, de février à Copenhague et d’avril à Tunis, sans oublier les tentatives d’attentats et la résilience puis la progression de Daech en Irak et en Syrie, on ne peut que constater que la menace perçue comme extérieure, provenant du monde musulman, a participé à conforter la stabilité politique des conservateurs au pouvoir, sans que l’extrême droite (pour l’instant) n’en tire profit en Europe.

Preuve sans doute de l’habileté politique des dits pouvoirs à récupérer la peur et les réactions massives des citoyens (notamment en France le 11 janvier), avec des lois liberticides désormais réprouvées… aux USA. Mais preuve sans doute aussi, comme le montre Emmanuel Todd dans son opus Qui est Charlie ? qui fait actuellement débat, qu’une alliance sociale et politique entre ce qu’il dénomme les MAZ (classes moyennes – personnes âgées – cathos zombies, dont une part est au pouvoir actuellement) et ces conservateurs est en cours de consolidation.

Une alliance pour la stabilité : celle d’un pouvoir renforcé des élites en Europe, celle du pouvoir politique actuel qui reflète ce conservatisme, celle des classes moyennes, malgré les impacts des politiques d’austérité, du moment que les classes moyennes continuent à rester ce qu’elles sont comparativement aux classes populaires, qui elles s’enfoncent dans la croissance des inégalités, celle des personnes âgées, dont les retraites continueront ainsi à être versées même au prix d’une réforme des dites retraites que les seuls actifs d’aujourd’hui et de demain paieront au seul bénéfice des retraités actuels, lesquels sont beaucoup plus enclins à voter (conservateur) comme on le sait que les dits actifs, qu’un tel conservatisme conduit pour une part d’entre eux à préférer de plus en plus l’abstention au vote.

Devant une telle sclérose sociale et politique, celle de la stabilité conservatoire (stabilité qui permet le conservatisme, conservatisme qui permet la stabilité), on serait tenté de dire « fermez le ban », ou « pliez les gaules » (ou « sortez les gaules », pour ne plus aller voter). Car si rien n’est réglé mais bien stabilisé, il s’avère que l’objectif principal des élites au pouvoir (politique, économique, financier) est de préférer une crise de basse intensité qu’ils n’ont pas ou plus les moyens de résoudre, plutôt que de risquer de laisser se développer des dynamiques qu’ils ne peuvent pas forcément maîtriser.

Néanmoins, cette politique conservatrice est à courte vue, car si la force de l’inertie a permis de créer une force de rappel dépassant les dynamiques potentielles décrites fin 2014, son propre mouvement devrait créer d’autres dynamiques. Ainsi, les conservateurs britanniques se sont pris à leurs propres pièges, d’abord en promettant monts et merveilles aux Écossais lors du référendum sur l’indépendance, promesses qu’ils devront tenir, mais aussi un référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne en Europe avant 2017, dont on ne connaît pas par avance les résultats, pour le référendum et pour le pays.

De même, il est à noter que si l’exécutif français a une nette marge de manœuvre au sein du PS, ce dernier est exsangue avec des dizaines de milliers de départs (qui ont dû ainsi conforter le rapport de force interne) et seulement 70.000 votants sur les 130.000 restants, soit un nombre très faible pour qui veut ensuite reconquérir l’électorat pour 2017. Rien ne dit non plus que les prochaines élections régionales, avec un mode de scrutin cette fois très différent, ne viendront pas bouleverser ce conservatisme politique et social avec l’émergence d’un FN en embuscade.

Rien ne permet non plus de prédire les résultats par avance de la guerre de tranchées que se mènent le gouvernement allemand et le gouvernement grec, dans un sens ou dans un autre : un grexit viendrait évidemment à nouveau déstabiliser cette belle stabilité politique et économique. Et si Thomas Piketty s’en est allé effectivement parler aux Allemands très récemment, pour leur dire notamment qu’il est temps de parler d’effacement de la dette grecque publique comme ce fut le cas pour l’Allemagne en 1953, on ne peut pas dire qu’au SPD, par-delà l’écoute polie et attentive (qui est mieux qu’un refus), on puisse déceler une quelconque dynamique en cours qui permettrait de remettre en cause un tel statu quo.

À dire vrai, les véritables dynamiques qui apparaissent ainsi relèvent quasiment toutes d’une possible conflagration future, qu’elle soit politique, économique ou monétaire, soit par faiblesse des forces conservatrices restantes face aux dynamiques qu’elles auront elles-mêmes instaurées, soit à l’inverse par excès d’hybris de ces mêmes forces. Ce qui est certain néanmoins, c’est qu’une telle alliance socio-politique se fait au détriment croissant des classes populaires et au bénéfice croissant des élites au pouvoir, en détruisant peu à peu ce qui faisait la spécificité des classes moyennes en Europe ces dernières décennies, à savoir un relatif souci quant aux inégalités réelles et un positionnement équilibré entre des libertés individuelles revendiquées, l’égalité potentielle et la fraternité proclamée.

Considérant la marge de progression de l’extrême droite, que les effets d’une telle alliance devraient produire, les réactions au livre d’Emmanuel Todd qui confortent l’analyse d’un bloc MAZ, le reniement par les classes moyennes de l’égalité pour les promesses inégalitaires individuelles toujours à venir du néolibéralisme, la fraternité schizophrénique potentiellement excluante et in fine la perte des libertés individuelles (loi sur le renseignement), on aurait beau jeu de dire alors : « fermez le ban ».

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28 réflexions sur « Fermez le ban, par Zébu »

  1. Stabilité? je dirai glissement lent,façon plaque tectonique, de gauche à droite des opinions européennes à quelques exceptions près,MAZette!

     

     

  2. Merci pour ce billet .
    Forts de ces constats lucides, qu’en est il de l’esprit de résistance ?
    http://blogs.mediapart.fr/edition/complices/article/200511/lesprit-de-resistance-rencontre-avec-raymond-aubrac-et-pascal-
    « Pascal Convert a réalisé le Monument à la mémoire des résistants et otages fusillés au Mont-Valérien. Sculpteur, mais aussi auteur de films documentaires, il interroge les relations entre la mémoire et l’oubli. Sa biographie de Raymond Aubrac s’ouvre sur cette citation de Baruch Spinoza dans son Ethique: « Un homme libre ne pense à aucune chose moins qu’à la mort, et sa sagesse est une méditation non de la mort mais de la vie »
    Et
    comme le soulignait Memnon dans un précédent billet sur la quantité et les nombres :
    « Serions-nous devenus des créatures sans passions ni engagements, voire incapables d’inventer de nouveaux rêves ? « 
    Merci aussi pour le Manicouagan, un peu de douceur……et de poésie 🙂

    1.  @Gudule

      « Serions-nous devenus des créatures sans passions ni engagements, voire incapables d’inventer de nouveaux rêves ?

      Cette réflexion que j’ai reprise, sous forme de question, est en fait issue du petit livre “Quelques réflexions blasphématoires”, (paru récemment), du philosophe Slavoj Žižek. Il écrit, page 16 : “ Il y a longtemps, Friedrich Nietzsche s’est rendu compte que la civilisation occidentale allait droit vers le Dernier Homme, créature apathique sans passions ni engagements. Incapable de rêver, fatigué de la vie, il ne prend pas de risques, ne recherche que son confort, sa sécurité et la tolérance entre les hommes : Un peu de poison de-ci de-là, pour se procurer des rêves agréables. Et beaucoup de poisons enfin, pour mourir agréablement.”

      1. @Memnon

        merci de me faire découvrir ce philosophe : Slavoj Cizek.

        Je reconnais bien là, la pensée Nietzscheenne. Cette réflexion-constat me semble lucide mais trés défaitiste , cela s’apelle la MISERE psychique ou être misérable tout simplement.

        En effet, il y a plus de passion et de rage de vivre chez un indivivdu qui se bat pour sa survie (sauf quand il est abattu et au bout du rouleau genre sdf ..quoique là aussi on peut avoir des surprises, rares , mais ça arrive) que chez un citoyen lambda qu vit dans son petit confort et n’a plus ni passion ni de rêves autre; que celui de continuer à refaire le monde devant un de ses écrans le cul sur sa chaise …..et continuer à mouliner ses délires devant le décor en carton pâte qui est en train de disparaïtre ….HA !

        « Un peu de poison de-ci de-là, pour se procurer des rêves agréables. Et beaucoup de poisons enfin, pour mourir agréablement »

        La morphine psychique ou physique pour seul horizon ??????

        Pour avoir taffé dans un service d’urgence hospitalier, je peux vous dire que je le conçois trés bien en cas de souffrance intense.

        Mais au quotidien; à part ça; je crains fort pour ceux et celles qui ont adopté cette dérive légumière (et encore eux au moins ont encore quelques vitamines et un peu de jus ….. :-)) que cela ne les mène vers leur propre anéantissement…..de junkie du système ?

        Effectivement, la vie est une maîtresse exigeante….quoique…
        Quand on pense comme une huître et qu’on a décidé de se comporter comme une huître; on reste tranquillement sans que rien ne se passe et à la première tempête… hop…finished.. pulvérisée l’huître, y a plus !

        et pourquoi ?

        Peut être par ce que la vie n’aime pas la lâcheté, et les dilettantes…et là je rejoins la pensée de Nietzsche :

        – serions nous venus ci bas pour rester à brasser du petit, du court, de l’étroit ,du mesquin, de l’ordinaire, du pti jus de noyau ???

        – serions nous incapables d’incarner ou tout du moins essayer au moins, d’incarner le meilleur, l’essentiel , l’amour, la beauté, l’intelligence du coeur et de l’esprit, la connection profonde à la nature en actes ?

        Changeons de focale : et si ces crises, n’étaient pas des hasards mais des épreuves pour BOUSCULER DE LEUR TORPEUR les  zombies en cours de momification et de fossilisation ?

        Qu’en faisons nous de ces crises ?

        Il y a là de la matière visible et invisible à alchimiser que diable !!! (c’est un ami ….;-) )

        Ce n’est pas le taf qui manque et c’est quelqu’un qui ne devrait même plus être en vie qui vous le dit !!!

        Tout est cuit ? Tout le monde se jette dans le fleuve ? on va tous mourir ???  C’est la fin….ouin ouin…

        Ou

        REVEILLEZ VOUS ? dont acte ? Bref soyez VIVANTS  ! INCARNES !

        Et surtou surtout en parole ça ne mange pas de pain comme dirait l’autre……un peu court et petit bras pour résumer  !

        Oui on souffre comme des lions en cage mais, pas seulement,  on se sent plus vivant qu’une huître par ce que l’on découvre Ô surprise que nous ne sommes pas des huîtres !

        Et là ça devient interessant !
        ET ça c’est bandant !!!!

        Après il y a aussi des huîtres heureuses… alors , à chacun de voir ..

        Au plaisir , merci à vous.
        Pour ceux que cela interesse : Rupert Sheldrake ; Le biologiste Rupert Sheldrake propose sept expérience fascinantes qui pourraient bouleverser notre vision de la réalité

        http://www.amazon.fr/Sept-Exp%C3%A9riences-peuvent-changer-monde/dp/2268018679

        ou
        « Le Messie récalcitrant

        Le Messie récalcitrant (Illusions : The Adventures of a Reluctant Messiah, dans la version originale en anglais américain) est un livre de Richard Bach, publié en 1977, qui remet en question notre vision de la réalité. L’histoire est basée sur le principe que le monde qui nous entoure est fait d’illusions que nous créons pour notre apprentissage et notre amusement.

        Tiré d’un roman de Nevil Shute, Round the Bend, ce livre écrit après Jonathan Livingston le goéland est une histoire d’aventure mystique entre deux pilotes qui sillonnent l’Amérique.

        Donald Shimoda est un messie qui quitte son rôle (ainsi que son travail de mécanicien dans un garage) après s’être aperçu que les gens préfèraient être divertis par ses miracles plutôt que d’en comprendre le message. Il rencontre Richard, un pilote également, et commence à lui transmettre ses connaissances et lui apprendre à réaliser des « miracles ».

        De nombreuses citations sont tirés du Manuel du Messie dont la particularité est qu’il n’a pas de numéro de pages. La raison est que ce livre va s’ouvrir à la page où le lecteur trouvera conseil ou les réponses aux doutes et aux questions qu’il se pose. »

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Messie_r%C3%A9calcitrant

  3. La gauche a effectivement un problème en Europe. Elle s’est déjà largement droitisée, notamment en GB et Allemagne, le PS francais tente de résister en apparence, mais a pris de facto la même direction. Labour a pris une claque parce que les électeurs se méfient des discours trop « socialisants », des promesses qui de toute facon ne seront pas tenues.

    Le SPD allemand a profondément changé depuis une trentaine d’années et noramment depuis le chancelier Schröder qui a mené une politique libérale, inspiré par les Chicago Boys (alors qu’il se disait « sociale-démocrate »). SPD et la CDU agissent unisono concernant la Grèce. Il n’y  plus de différence notable entre la droite et la gauche « classique ». Même « La Linke » est pour le maintien de l’Allemagne dans la zone euro.

    Il est possible que nous assistons à un changement du paysage politique, dû aux mouvements sociologique au sein des pays européens: chômage de masse, précarité et paupérisation rampante d’un côté, l’autre côté la conservation des statuts et acquis sociaux. Ceux qui ne votent plus par découragement ou votent pour le FN/FdG, opposé à ceux qui sont contentés par le système et qui continuent à influencer le gouvernement pour défendre leurs intérêts.

    Il est possible, à mon avis, que cela va forger l’avenir des partis politiques en Europe. La naissance d’une sorte de darwinisme social organisé et légitimé, si l’on veut.

  4. Le maître mot -stabilité-montre que l’avenir est  indifférent.
    L’avenir à court terme est écrit: du même au même avec variation à la marge.
    C’est vrai partout en Europe sauf en Grèce : elle porte les espoirs potentiels d’une rupture, comme l’avaient fait les Printemps arabes. La Grèce peut faire plier l’orthodoxie libérale bruxelloise et troikaiste. Que le FMI adopte un jeu légèrement différent est un leurre. L’espoir réside dans la détermination grecque. Et notre soutien.

    Stabilité.
    C’est vrai sauf en Ukraine: rupture confirmée, et majeure.
    Le gouvernement a fait adopter une loi singulière l’exonérant de respecter les droits de l’Homme en Novorussia. Elle ne fait que constater un état de fait : la guerre civile est sans pitié .
    Exemple: récemment un groupe d’activistes -faisant allégeance à Kiev- a pendu un homme et une femme enceinte. La vidéo existe, elle est non datée, elle semble véridique.  Des  membres d’un même groupe avait crucifié un opposant avant de le brûler. Véridique ? des spécialistes avaient conclu à la véracité avec une forte probabilité.
    Un seul mot: atroce. Tout ceci se fait avec notre soutien et avec nos subventions. Les chefs politiques de ces assassins sont reçus avec tapis rouge dans le palais de la République.
    Le chef, reçu à l’Elysée et à la sortie de l’entretien a « reconnu » poursuivre un génocide en Novorossia. Stupidité, inconscience, balourdise ? Peut-être pas.

    Que la probabilité ne soit pas nulle est terrible : la violence est devenue innée. Il faudra des années pour la faire rentrer dans la bouteille. Et des années pour pardonner et oublier les meurtres et destructions systématiques dont sont victimes les habitants de la Novorussia.

    Là est la rupture et c’est en Europe. Autre rupture: aucune information, pas de gros titres, un sevrage presque complet de nouvelles sur la région. Les services de renseignements allemand font fuiter l’info. selon laquelle le nombre de morts serait de l’ordre de 60000 selon leur estimation, et non 5500 comme le dit l’ONU: silence francophone assourdissant. C’est une nouveauté: l’équilibre de l’information n’est pas respectée.

     

  5. @ germanicus

    « Il est possible, à mon avis, que cela va forger l’avenir des partis politiques en Europe. La naissance d’une sorte de darwinisme social organisé et légitimé, si l’on veut. »

    Le darwinisme social est institutionnalisé dans les traités européens par « la concurrence libre et non faussée ». Il me paraît donc naturel que les partis politiques évoluent en conséquence vers les deux attracteurs: les « pour » et les « contre ».

    Pour moi les « contre » l’actuel TINA finiront par se fédérer pour devenir des « pour autre chose ». Lorsque ce « pour autre chose » mettra le « pour darwinien » en position défensive, c’est-à-dire lorsque le « pour darwinien » deviendra un « contre », alors, et seulement alors, il y aura un basculement de la société.

    @ Zébu

    Pour moi l’inconvénient du « pour darwinien » actuel est que c’est un « pour rien », un « pour sans finalité », alors que l’avantage d’un « pour autre chose » est que c’est un « pour quelque chose », un « pour finalisé ».

    On se trouve donc face à l’opposition entre le darwinisme social et le lamarckisme social, techniquement face à l’opposition entre la croyance en la supériorité de l’auto-organisation (main invisible du marché, destruction créatrice en économie, chaos créateur en politique, etc.) et la croyance en la supériorité de l’organisation finalisée.

    Il ne fait pour moi aucun doute que la fonctionnalité est un facteur important de la stabilité sociale, se mettre d’accord sur ce que l’on veut est un puissant facteur de cohésion sociale.

    Sous le IIIème Reich le (néo)darwinisme biologique était dogme d’état (barrière de Weissman, pureté de la race, etc.), alors que le lamarckisme était dogme d’état en URSS (affaire Lyssenko…). Avec les progrès de l’épigénétique les choses évoluent actuellement rapidement en faveur du lamarckisme, tant théorique qu’expérimental. Je suis convaincu que ces progrès vont (re)mettre à la mode le lamarckisme social¹ et qu’il finira par s’imposer².

    1: https://www.youtube.com/watch?v=B1t_o_CMA_E 39’35

    2: Le « système » fait tout pour étouffer le lamarckisme comme il fait tout pour étouffer toute pensée économique hétérodoxe, non darwinienne.

  6. Beaucoup de vérités, sauf à propos d’ E. Todd qui bien que prétendant avoir une démarche scientifique, a réalisé dans son dernier livre un pamphlet truffé de contre- vérités. Quant à la gauche, je crains fort que tout ce qui la divise (économie, politique extérieure, écologie, laïcité, etc.) soit bien plus fort que ce qui la rassemble. Le point de vue de Todd (avec celui de bien d’autres) illustre assez bien cette situation qui semble inextricable et qui donne de beaux jours aux conservateurs dans notre pays.

    1. Todd: « pamphlet truffé de contre- vérités »
      Ah! Et lesquelles s’il vous plait? L’avez-vous lu? Ou bien faite-vous référence a cet article du Monde par les chiens de garde de science Po et autre?
      En ce qui concerne « la gauche » – La vraie gauche – Ne vous faite pas de soucis,un jour viendra ou elle saura se faire entendre.

      1. Je ne le lirai pas (et plus), mais je l’ai (hélas) suffisamment entendu défendre ses arguments dans les médias audio visuels (France Inter, chez Taddéi, etc.). Il est à noter que jusque à présent, j’avais une opinion favorable d’ E.Todd, au point d’avoir presque lu tous ses livres. Il faut également savoir que j’ai n’ai pas participé aux grandes manifestations, du 10 janvier, car je ne voulais pas participer au même rassemblement  que des dirigeants dont j’exècre les politiques et leurs conséquences. Je regrette aujourd’hui de ne pas avoir participé à ces manifestations (a l’instar des membres de ma famille, mes amis et beaucoup de mes connaissances), et c’est une contre vérité de dire que Hollande est l’instigateur de ces rassemblements. Je ne crois pas une une minute que les manifestants étaient racistes ou « islamophobes » (bien que je conteste le terme), alors qu’ils étaient dans leur grande majorité tout le contraire  de cela. Je pense que dans leur grande majorité, ils voulaient d’abord  exprimer leur refus de voir des gens être assassinés en plein Paris pour leurs opinions, ou tout simplement parce qu’ils étaient Juifs. Pour E.Todd ces crimes ne peuvent s’expliquer que par une maladie mentale (est-il psychiatre?) ou par les discriminations dont sont victimes les Musulmans dans notre pays, ce qui est à mon avis un argument un peu court (les discriminations existent mais elles n’expliquent pas plus ces crimes qu’elles les justifient). E. Todd ne tient pas compte de la montée de l’

  7. Daniel, sans enlever la moindre parcelle d’horreur au conflit stupide en Ukraine, vous n’avez pas un peu l’impression de présenter les choses un peu partialement et avec des observations légèrement sourcées ?

    Basic Rabbit, prenez un peu de vacances mon lapin. Vous délirez avec vos oppositions permanentes Darwin/Lamarck d’un autre temps.

    1. @ cloclo

      « avec vos oppositions permanentes Darwin/Lamarck d’un autre temps ».

      Permanence = hors temps.

      Pour moi on ne peut réfléchir sans cadre de réflexion. Métaphoriquement (à peine?) la pensée s’évade, telle un marin saoul, puis se réfléchit sur le bord du cadre, créant à l’intérieur de ce cadre des chemins privilégiés, des foyers, des caustiques, qui organisent la pensée en une pensée rationnelle parce que rationalisée par le cadre de rélexion.

      Je suis convaincu qu’on ne pourra trouver d’alternative au TINA sans changer de cadre de réflexion. Et que des « think tanks » comme ce blog sont faits pour trouver de nouveaux cadres de réflexion (ou pour réactualiser les anciens).

      J’ai appris en lisant ce blog qu’il y avait au début du XIXème siècle plusieurs cadres de réflexion concernant la science économique, cadres qui sont devenus progressivement confidentiels face à celui de la « théorie économique orthodoxe » qui règne actuellement sans partage.

      Il y avait à la fin du XIXème siècle en France (et aussi ailleurs) une véritable effervescence intellectuelle concernant le darwinisme social et le lamarckisme social. J’ai trouvé ceci sur le net:

      http://books.openedition.org/editionscnrs/1712?lang=fr

      où j’ai découvert que l’éventail complet de l’échiquier politique français (et pas que), de l’extrême droite à l’extrême gauche, se revendiquait à la fois du lamarckisme et du darwinisme, dans un joyeux bordel conceptuel:

      « Si Nietzsche est darwinien sans le vouloir, on peut presque dire qu’il est lamarckien sans le savoir » …

      « Ouvrez le ban? »

  8. « le reniement par les classes moyennes de l’égalité pour les promesses inégalitaires » 

    Vraiment ? J’ai beau chercher, je vois pas qu’il y ait jamais eu de « classes moyennes » se définissant autrement que par inégalité avec les « classes inférieures »…

  9. « Néanmoins, cette politique conservatrice est à courte vue, car si la force de l’inertie a permis de créer une force de rappel dépassant les dynamiques potentielles décrites fin 2014, son propre mouvement devrait créer d’autres dynamiques.  »

    Des nouvelles de podemos en espagne :

    « Dimanche électoral en Espagne, où on vote pour les communes, les régions et les provinces. Des élections qui devraient voir une percée des nouveaux partis: Podemos et Cuidadanos. Les partis d’extrême gauche réunis en une seule liste pourrait même enlever la municipalité de Barcelone.  »

    http://geopolis.francetvinfo.fr/elections-locales-en-espagne-podemos-et-cuidadanos-en-pointe-62566

    et       http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20150524.AFP8579/elections-municipales-et-regionales-en-espagne-ou-des-indignes-esperent-gouverner.html

  10. Une réaction postée ici , en écho au billet de Michel Leis : je suis en totale osmose avec son analyse sur l’impasse historique où se trouvent les syndicats .

     

    C’est cette même vision qui m’avait fait écrire ici , venant à la défense des syndicats  , pour souligner qu’ils n’avaient plus à faire preuve de compromis  » intelligents »:

     

    « Faîtes moi de la bonne politique , je vous ferai du bon syndicalisme . »

    Le déclin du PC sinon sa disparition sous le soliton néo libéral , a d’ailleurs signé le début de la dégringolade pour la CGT , car on avait bien compris là qu’entre politique et syndicalisme , le dossier commun du travail était la base sociale  » commune » .

    Mais de quoi le travail est il aujourd’hui la base « commune » ?

  11. « La chronique mensuelle de Michel Onfray | Avril 2015 – N° 119
    NOMMER LE MAL – 
    Les contempteurs de Mai 68 fustigent souvent cette époque en confondant « Mai 68 » qui fut anarchique et hétérogène, plurivoque et multipolaire, dionysiaque et festif, sans ligne idéologique directrice en dehors d’un désir d’en finir avec le vieux monde, avec l’idéologie structuraliste qui produit ses effets un peu en amont (Les structures élémentaires de la parenté de Lévi-Strauss date de 1949) jusqu’à tard en aval (le même  meurt en 2009). »
    et
    « Dès lors, la politique s’est faite sans les projets et sans l’histoire, mais avec la Loi de la langue (merci Saussure), elle s’est faite sans les hommes (merci Foucault 66), sans le sujet (merci Lacan), sans le prolétariat (merci Althusser), sans la raison (merci Derrida). L’incantation suffisait. Les mots sans les choses, le verbe insoucieux du réel. Raflant la mise et les prenant aux mots, Marine Le Pen devint le Logos féminin, la structure sans l’histoire, l’icône sans phallogocentrisme. Et tout ça nous fait d’excellents français !
    Michel Onfray©avril 2015 »

    http://mo.michelonfray.fr/chroniques/la-chronique-mensuelle-de-michel-onfray-avril-2015-n-119/

  12. @ gudule

    Onfray: « en finir avec le vieux monde, avec l’idéologie structuraliste »

    « La pédagogie a pu ainsi se faire sans le souci des élèves réels ; la théorie du genre sans aucune considération pour la nature et la biologie ; l’histoire sans les faits ; la démographie sans les hommes ; la géographie sans les territoires ; la lecture sans les livres ; l’avenir sans le passé ; la pensée sans le réel. »

    Remplacer l’idéologie structuraliste par l’idéologie fonctionnaliste?

    Je suis pour. Ne serait-ce parce qu’il me semble plus facile pour une société de se structurer, de s’organiser, si elle se pose au préalable la question de savoir en vue de quoi elle se structure.

    Structure sans fonction = canard sans tête?

    Je vois ainsi la période actuelle: nini, ni structurelle ni fonctionnelle, une période du néant sémantique, dominée par l’idéologie de lia destruction créatrice en économie (Schumpeter?) et du chaos créatif en politique (Ukraïne, Libye, Irak, Syrie, etc.).

  13. @BasicRabbit basque

    Super !

    j’ai découvert que Thom était inclus sur wikipédia dans les structuralistes et ça m’a interloqué , je ne l’aurais pas du tout inclus dans ce courant, mais bon.

    1/ « Structure sans fonction = canard sans tête?

    Je vois ainsi la période actuelle: nini, ni structurelle ni fonctionnelle, une période du néant sémantique, dominée par l’idéologie de lia destruction créatrice en économie (Schumpeter?) et du chaos créatif en politique (Ukraïne, Libye, Irak, Syrie, etc.). »

    le problème est la faiblesse d’opposition sémantique et argumentaire et CONCRETE face à tous ceux qui continuent d’avancer dans leur petit rêve d’un monde meilleur de m…rde » néonazifié :

    « L’objectif assumé de Google est d’augmenter nos sens, de créer le cerveau 2.0, et enfin « d’uploader le cerveau dans la matrice« . Raymond Kurzweil, directeur développement et ingénieur en chef chez Google, est convaincu qu’en 2045, l’intelligence artificielle sera un milliard de fois plus puissante que les 8 milliards de cerveaux humains réunis. Pour lui, l’avenir est à la pensée hybride, mélange de notre cerveau et de connexions électroniques intracérébrales »

    http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20141021.OBS2699/hacker-le-cerveau-la-menace-ultime.html

    et

    2/ le grand vide intersidéral de pensée et philosophique créé aussi par les désilusions idéologiques et politiques en tout genre .

    C’est aussi un combat de l’esprit , tel qu’entrepris par M Jorion (entre autres) et il me semble plus que jamais nécessaire d’occuper le terrain , pas seulement en s’opposant et en argumentant mais également en recherchant et en faisant la place à d’autres possibles en rapport avec  ce qui est soulevé avec lucidité à mon humble avis et qui je pense est en train de naître http://www.noocafe.com/  comme souligné dans cet article  par James bernard.

    En outre; Thom et Grothendieck ont pondu une oeuvre phénoménale, qui si je la considère simplement pour ce qu’elle est avec sa trame et sans a priori idéologique, peut parfaitement s’insérer dans cette vision du monde qui est en apparence plus dispersée mais qui en fait est plutôt multipolaire dans sa manifestation mais qui existe autour d’un axe centrale  comme par exemple dans l’image d’une galaxie,

    Qu’en pensez vous ? comment articuler cela ?

    « Il y a catastrophe dès qu’il y a discontinuité phénoménologique. PNPE p28

    Ce que l’on appelle usuellement une forme, c’est toujours, en dernière analyse, une discontinuité qualitative sur un certain fond continu. PNPE p35

    L’essence de la théorie des catastrophes c’est de ramener les discontinuités apparentes à la manifestation d’une évolution lente sous-jacente. PNPE p62

    Mais il ne fait guère de doute que la distinction continu-discontinu est à la base de notre perception du monde. MM p10

    Or, d’où provient cette division de l’expérience (Physique, Chimie, Biologie), sinon d’une décomposition de notre champ perceptif en « chréodes  » apparemment disjointes ? C’est bien en vain qu’on opposerait à notre modèle qualitatif les modèles quantitatifs, considérés comme seuls scientifiques et utiles. Car tout modèle quantitatif présuppose un découpage qualitatif de la réalité. MM p264

    L’idée a un illustre parrainage, à savoir le mythe de la caverne de Platon : nous ne voyons jamais que la projection des choses sur un écran plat, le mur de la caverne, et jamais les choses elles-mêmes. MM p203″

    http://jeanzin.fr/ecorevo/philo/pretapen/thom.htm

    je suis sure que on peut taffer  là dessus tous les 2 (ou même avec d’autres why not ?ce serait génial et vraiment trés stimulant :-)), pas forcemment sur le blog d’ailleurs si ça dérange trop , voilà au plaisir de dialoguer avec vous

    3/ chaos créatif en politique (Ukraïne, Libye, Irak, Syrie, etc.). »

    Haaaa lapino; Non, ça s’appelle la guerre et c’est plus destructeur que créatif, le chaos peut déboucher sur le néant AUSSI, attention à l’usage des concepts et à leur finalité , science sans conscience……….:-)

    1. @ gudule

      Pour moi il n’y a pas photo entre les citations thomiennes répertoriées par Jean Zin et celles répertoriées par Michèle Porte:   http://www.maths.ed.ac.uk/~aar/papers/thom/data/citations.pdf

      Mon objectif n’est pas de faire l’apologie du chaos créateur. Main invisible du marché, destruction créatrice, chaos créateur, …, tout ça est pour moi lié à l’idée d’auto-organisation.

      Il me semble clair que l’auto-organisation est possible, l’exemple du fleuve qui, par érosion, se canalise lui-même entre ses rives montre que des effets de canalisation peuvent apparaître naturellement après un temps assez long d’activité fonctionnelle.

      PJ écrit dans l’introduction de PSI:i la pensée résultait de l’auto-organisation d’un univers de mots ? C’est cette dernière hypothèse qui sera explorée ici. »

      1. @ la modo

        Le bouton « modifier » n’a pas l’air de fonctionner chez moi…

        @ gudule (suite)

        « et si la pensée…

        J’ai l’impression que PJ ne veut pas aller au-delà, ne veut pas faire d’hypothèse métaphysique en prenant en considération des centres organisateurs qui ne seraient pas auto-organisateurs.  Il ressort de ce que j’ai compris de l’oeuvre de Thom que ce dernier n’a pas cette retenue*; mais on rentre là dans le domaine des idées platoniciennes … que PJ refuse énergiquement.

        « je suis sure que on peut taffer  là dessus tous les 2 (ou même avec d’autres why not ?ce serait génial et vraiment trés stimulant :-)), pas forcemment sur le blog d’ailleurs si ça dérange trop , voilà au plaisir de dialoguer avec vous »

        Si vous connaissez un forum qui, mieux que tolère comme ici, accueille les platoniciens en général et les thomiens en particulier je suis preneur!

        * cf. la longue citation thomienne de mon commentaire du billet de Roberto Boulant.

      2. @BasicRabbit  ; grandes zoreilles 🙂

        mes excuses, je réponds avec un peu de  retard , et merci à vous pour ces citations de René Thom.

        Important ; faisons court et concis  (texte) SVP,  par respect pour PJ ; pour épargner JA,  les lecteurs et trices du blog PJ

        Un clin d’oeil en passant , merci à vous j’ai adoré ça  (entre autres …)

        « Quand on sait où l’on va, on va rarement très loin. »

        « Pour atteindre les limites du possible, il faut rêver l’impossible. »

        « En pliant un être dans un cadre conceptuel trop pauvre pour l’exprimer, on ne saurait s’étonner d’aboutir à des incompatibilités et des paradoxes
        apparents. (1968) »

        « Au moment où tant de savants calculent de par le monde, n’est-il pas
        souhaitable que d’aucuns, qui le peuvent, rêvent ? (1968, SSM) »

        au plaisir,

        amicalement votre 🙂

         

         

  14. @Basic Rabbit

    « Si vous connaissez un forum qui, mieux que tolère comme ici, accueille les platoniciens en général et les thomiens en particulier je suis preneur! »

    Non, je vais pas sur les forums, pas le temps du tout, donc je ne sais pas où campent les thomiens et les platoniciens entre eux sur le web ou ailleurs .

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