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18 réflexions sur « Guy Debord ou le portrait de la révolte, par Jacques-Ėmile Miriel »

  1. Merci,

     « Là où était le ça économique doit devenir le je »
    Guy DEBORD, La société du spectacle, chapitre II
     
    Si c’est pas radical ça !

  2. Plutôt l’original du Commentaire.

     

    GUY DEBORD
    COMMENTAIRES SUR LA SOCIÉTÉ DU SPECTACLE
    1988 ÉDITIONS GÉRARD LEBOVICI

     

    Debord aujourd’hui, serait à prendre au plus sec, c’est-à-dire « le spectacle », comme dispositif formel et  matériel de production d’une image volontairement faussée de la réalité politique, puis en suivre la généalogie concrète… par exemple sur la mise en scène ukrainienne croisée, entre l’oligarchie kleptocratique centralisée « poutinienne«  et l’oligarchie kleptocratique diffuse de la Chambre de Commerce des Etats-Unis ;  dans nos démocraties (pluricraties kleptocratiques diffuses) ceci est désormais, et pour longtemps, complotiste et bien vivant.

  3. Debord nous laisse une analyse remarquable de la société capitaliste moderne. Cependant à l’aune du temps, ses faiblesses apparaissent.

    La nostalgie mortifère qui se dégage d’In Girum, peut faire penser aux élucubrations d’un vieil ivrogne ressassant un passé magnifié à jamais disparu  que « les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître ». Et point de salut dans un avenir irrémédiablement compromis. A quoi bon entreprendre une subversion puisque de toutes façons tout est foutu…

    Guy Debord est un littéraire qui ne s’intéresse pas aux crises qui peuvent toucher le système capitaliste. Celui-ci, pour les situationnistes d’alors, se régénère sans cesse et ne peut être atteint par une crise économique, vieille lune des archéo-marxistes, toujours selon nos penseurs-poètes.

    La crise qui touche ledit système, indéniable aujourd’hui, contredit la vision situationniste.

    1. Debord, par delà sa grande lucidité de stratège, est de toute évidence resté « inconsolablement » nostalgique de ses années de jeunesse.
      Sentiment qu’il décrit si bien dans cette phrase-clé du Panégyrique :
      « Entre la rue du Four et la rue de Buçy, où notre jeunesse s’est si complètement perdue, entre quelques verres, on pouvait sentir avec certitude que nous ne ferions jamais rien de mieux. »
      Pas banal, le mot « sentir » chez Debord. Habituellement, il tranche, il affirme, il bistourise. Tout son drame est résumé ici, générateur d’une réelle force poétique, grandie du fait que l’aveu émane d’un homme qui a mis toute sa vigilance – et quelle vigilance ! – à rester intouchable.

  4. oui, après tout, pourquoi pas.

     « Il est vrai, écrira-t-il encore dans dans son Panégyrique, cinq ans avant de conclure son existence rebelle et non conformiste, que j’ai goûté des plaisirs peu connus des gens qui ont obéi aux malheureuses lois de cette époque. » 

    Le confort est ainsi.

    Ici aussi:

    https://www.youtube.com/watch?v=EXy7lsGNZ5A

    Antonin Artaud, POUR EN FINIR AVEC LE JUGEMENT DE DIEU 
     

  5. comme une dérive dans la poursuite de Guy Debord, vous pouvez lire le génial bouquin de Francis Cousin : « L’être contre l’avoir ». Cousin est aussi un spécialiste de Marx, on ne peut pas lui reprocher. Bien à vous.

  6. Un des éléments de l’autoportrait de Debord présente le sentiment de l’écoulement du temps ressenti par l’auteur, à travers deux de ses passions dominantes, l’alcoolisme et la guerre. Le dernier trait semble justifier le développement ultérieur d’une personnalité, à partir d’un dessein ancien. Les traits qui définissent le genre du panégyrique dessinent une grande part du portrait de son auteur : ils révèlent, par touches successives, l’identité d’un être, le “Je” d’une personnalité.

    Mais “Panégyrique” est aussi à classer dans le régime des Mémoires. Or, ceux-ci sont souvent un genre subversif, c’est-à-dire le signe d’une vie en marge (cf. ceux du cardinal de Retz) ; les panégyriques, au contraire, sont un genre officiel (cf. les panégyriques gaulois des IIIe & IVe siècles), soit l’expression de la majorité. Intituler ses Mémoires “Panégyrique” revient à proposer de réinvestir son contenu, soit la vie poétique de Debord, dans la vie quotidienne des autres hommes.

    Il y a donc une opposition chiasmique et incomplète entre le titre d’un livre qui reprend l’appellation d’un genre officiel mais dont le contenu est subversif ; et l’absence du titre du genre subversif qui qualifierait la vie des autres hommes. “Panégyrique” propose donc un glissement de sens entre son titre et son contenu. Comme les mémorialistes aristocrates, Debord revendique pour son texte le statut d’œuvre d’historien hétérodoxe.

    Enfin, le style de Debord, qui utilise les règles de la rhétorique classique (mais en les subvertissant, notamment dans les glissements syntaxiques – mais ce serait un point trop long à développer ici), manifeste la vérité d’un être en l’opposant à la société de son temps. Il intègre en lui le procédé de l’épidictique, comme expression raisonnée, à travers son autoportrait, de l’essence d’une personnalité, et comme condamnation implacable du spectacle régnant. Il propose donc un autre glissement de sens entre sa propre réussite insurrectionnelle et l’ordre dominant.

      1. Merci Vigneron pour ce commentaire, je me suis permis de le copier/coller chez Passou. J’espère que vous ne m’en voudrez pas.

  7. Je me souviens de mes efforts pour lire jusqu’au bout « la société du spectacle », en dépit de mon manque d’appétence pour cette prose prétentieuse (imitant, bien mal, et surtout hors de propos, le brillant Marx du 18 brumaire). Je me souviens des situationnistes qui nous faisaient bien rire en 1968 au quartier latin : 1968, la grève de dix millions de travailleurs qui n’ont rien su du « situationnisme » et qui ont dû, hélas, s’en passer.

  8. Un des traits qui caractérise Debord et les situationnistes est le scepticisme. Hormis les sentences du maître à penser, le reste, les tentatives imparfaites des autres sont souvent l’objet de sarcasmes. On reste, quoiqu’on dise, dans la position confortable du…spectateur critique.

    Ce scepticisme nous renvoie à l’image d’un Voltaire au sourire dubitatif, à ce qui constitue peut-être aussi un fondement de la pensée française.

  9.  
    Dans “In Girum…”, Debord dit & écrit que « C’est une société et non une technique qui a fait le cinéma ainsi. Il aurait pu être examen historique, théorie, essai, mémoire. Il aurait pu être le film que je fais en ce moment. » La critique générale du cinéma passe justement par ce que lui, Debord, a fait (filmer la théorie du Spectacle, film où les chapitres du livre sont redistribués & se concentrent en une spirale concentrationnaire) ou fait justement en ce moment-là, à la façon des considérations inactuelles, de toujours.
     

     
    “In Girum” est donc un examen historique, une théorie, un essai, des mémoires (tous genres omniprésents dans son œuvre – refus du romanesque, sinon réinvesti & réapproprié dans le film) et autre chose si l’on veut, par exemple un dépliement pictural – il cite la peinture comme le plus grand des arts, avec un autoportrait de Rembrandt, et lui-même se montre à différents âges de sa vie via des photographies, signe enfin son film à la fin par la formule relevée par Jacques-Ėmile Miriel : « il n’y aurait pas de succès ou d’échec pour Guy Debord, et ses prétentions démesurées. » Il a donc essayé par son art cinématographique toutes les formules que ne pratique pas d’habitude le cinéma dominant, essayant par lui d’atteindre à une forme artistique qu’il jugeait la plus grande.
     

     
    Mais son film n’est pas seulement celui d’un véritable artiste ; le contenu, explicite & implicite, invite toujours à l’insurrection de la vie. Ainsi, il le conclut, après les travellings des canaux, sur la lagune de Venise, avec ce que tout l’élément aquatique ainsi ouvert recèle de dangereux & d’aventureux pour l’époque à venir.
     

     
    Il y aurait tant à dire de ce film, que je considère comme son chef-d’œuvre pour ma part.
     

  10. Qu’est-ce que ça voudrait dire un artiste adhérant au récit du réel imposé par le capitalisme ou tout autre système politico-économique ? Un producteur de merde ni plus ni moins.

    Un artiste doit mettre sa peau sur la table et il le payera très cher. Très peu de candidats.

  11. L’I.S.: combien de divisions?

    Un peu comme les Verts. Anathèmes et schismes ont fait leur quotidien jusqu’au bout.

     

    Dommage car l’analyse de la « société du spectacle » dans laquelle nous vivons à présent de plain-pied était visionnaire.

     

    Michéa parle souvent de Christopher Lash et de son analyse du rôle du narcissisme dans la société ultra-libérale. Est-ce que quelqu’un ici l’a lu? Des pistes de lectures?

    1. « La culture du narcissisme » C.Lasch  Champs-Flammarion

      C’est un livre publié en 1979 aux Etats-Unis. Il tente d’expliquer par le narcissisme grandissant des individus les évolutions de la middle-class américaine, le repli sur soi, l’argent source de bonheur et toute une théorie d’évolution de l’individu vers le Moi, le Narcisse. Critique incontournable de la société.

      Sur un sujet semblable mais dans un autre style : « Festivus Festivus » P.Muray Champs-essais Flammarion , au vitriol.

      Je les ai lu il y a assez longtemps et dois m’y repencher.

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