La finance ne veut plus de nous, apprenons à vivre sans elle, par Jean-Paul Vignal

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

La crise de 2008 est généralement attribuée, à fort juste titre, aux excès du capitalisme financier spéculatif. La logique aurait voulu que l’on en prenne acte et que l’on en revienne au plus vite à une conception moins acrobatique du financement de l’économie. Il n’en a rien été, ou presque, et les algorithmes spécialisés continuent joyeusement à faire varier le prix affiché de tout ce qui passe à leur portée au rythme endiablé de la milliseconde, comme si de telles variations avaient un sens économique.

Plus grave sans doute, tout le monde fait semblant de ne pas voir que cette aberration est en train de tuer l’économie réelle à petit feu, en appliquant aux capitaux investis dans l’économie productrice de biens et de services des taux d’actualisation comparables aux taux de rendement interne que l’on obtient en spéculant sur la valeur virtuelle générée par les transactions à haute fréquence. Quand le retour sur investissement dans les acrobaties virtuelles peut se chiffrer en % par jour alors qu’il n’est au mieux que de quelques % par an pour les investissements d’utilité publique, il est particulièrement hypocrite, – ou totalement stupide, au choix -, de se demander gravement pourquoi les tombereaux d’argent déversés sur les marchés par les banques centrales s’investissent plus volontiers dans la création de valeur virtuelle que dans celle de valeur réelle. Ce déni de réalité sonnante et trébuchante est d’autant plus choquant et révoltant que l’on nous répète par ailleurs à l’envi que la priorité des priorités est la transition écologique, dont tout individu sain d’esprit a compris depuis longtemps qu’elle exige des investissements en infrastructure à très long terme : quand on remplace le panier et l’arc du chasseur/cueilleur par l’outil de production de l’agriculteur et de l’éleveur, l’investissement initial est forcement important, sauf miraculeux hasard pour confirmer la règle.

Marcher sur la tête, – et même sans les mains pour les plus audacieux -, n’est pas un exercice simple pour une espèce optimisée par des générations d’évolution pour fonctionner au mieux de ses possibilités lorsqu’elle marche tête haute, debout sur ses pattes arrière. Il est donc temps de remettre les choses « à l’endroit » comme disait le bon St Eloi.

C’est d’autant plus urgent que les progrès exponentiels des connaissances et des technologies perturbent considérablement l’ordre économique et social établi. Salués comme les avancées qu’ils sont véritablement sur le plan technique, automatisation et logiciels sont désormais capables de remplacer les humains dans la plupart des postes de travail répétitif qui ont été le fondement des avancées sociales des trente glorieuses. Tout porte à croire que ce n’est qu’un début, car il reste encore beaucoup de chefs, grands et petits, pour qui le nombre de subordonnés est l’alpha et l’oméga de la réussite sociale, avant même le bulletin de paye, surtout dans le cas des petits. Mais le mouvement est irréversible, et qui plus est, salutaire ; la paresse intelligente est une des meilleures qualités humaines : pourquoi passer notre temps à exécuter des taches que les automates et les logiciels font mieux que nous quand nous les programmons bien ?

Une autre menace pèse également sur le marché du travail tel que nous le connaissons : la désintermédiation que permettent les progrès fantastiques accomplis dans le domaine de la collecte, du traitement, du transport et du stockage de l’information. Elle s’est manifestée assez violemment aux Etats-Unis dès la fin des années 80, avec l’irruption de l’ordinateur individuel dans les entreprises : elle a englouti la plupart des emplois de cadres intermédiaires, et d’assistants personnels: finis les chefs de bureau, les secrétaires et les pools de dactylographes, gone with the PC… Elle s’est manifestée plus lentement dans le secteur commercial, mais elle arrive. Non, Uber, Airbnb ou BlaBlaCar ne sont pas des maladies honteuses, ce ne sont que la conséquence logique, – regrettablement sous forme marchande dans leur cas -, de cette révolution qui permet à tout le monde, ou presque, de parler avec tout le monde, ou presque, à l’échelle planétaire.

C’est d’autant plus une menace pour l’emploi que nos sociétés dites modernes créent de plus en plus de valeur ajoutée, et donc d’emplois, sous forme de services d’intermédiation, aux dépens des secteurs productifs qui sont progressivement réduits à la portion congrue dans le partage de la valeur ajoutée, l’exemple le plus criant étant l’agriculture et les industries d’extraction et de première transformation. Dans notre économie néolibérale, plus on est proche du cash du consommateur final, plus on « marge », et malheur au producteur de la matière primaire indifférenciée qui permet cette marge; il doit non seulement financer les investissements importants indispensables à cette production dite primaire, mais en plus s’exposer aux variations du prix de produits standardisés indifférenciables au gré des caprices de la rumeur des marchés.

Accessoirement, il convient aussi de noter que les spécialistes du recyclage, qui sont avec les producteurs de biomasse et d’énergie renouvelable, les piliers de notre future économie durable, ne sont guère mieux lotis, leur seul avantage étant qu’un citadin au nez et à la vue sensibles paye plus volontiers les services de celui qui nettoie les « insupportables » pollutions devant sa porte que le travail de celui qui produit son pain quotidien loin de chez lui sans jamais oser envoyer la facture des pollutions qu’implique cette production de peur de ne plus être compétitif.

Mais cette désintermédiation tueuse d’emploi est aussi et surtout une formidable opportunité encore très peu explorée à ce jour. Nos ancêtres ont vécu pendant des générations de leur travail pour eux mêmes bien plus que de la rémunération de leur travail pour autrui. En quelques générations, nous en sommes venus à considérer qu’avoir un emploi pour autrui était devenu la nouvelle norme, certains allant même jusqu’à exiger un « droit au travail », alors que le seul droit que la nature nous suggère vraiment de revendiquer est le droit à la paresse : pourquoi faire 35 ou 40 heures « pointées » par semaine si l’on peut n’en faire aucune ?

La désintermédiation peut et va probablement radicalement changer notre mode de vie en créant un marché mondial transparent et fluide des actifs productifs. EBay a ouvert la voie. Uber, Airbnb, BlaBlaCar et les autres l’ont suivi en adoptant un modèle d’entreprise à but lucratif. Rien n’empêche de multiplier les créations de structures à but non lucratif, dans lesquelles le capital investi ne sera pas rémunéré en argent, mais en nature, sous forme de biens ou de services tels qu’éducation, santé, sécurité, eau, énergie, kilos de nourriture, litres de boisson, kilomètres parcourus ou vêtements et chaussures prêts a porter. Toutes ces prestations « personnalisées » sont de plus en plus accessibles au plus grand nombre grâce à l’ubiquité d’internet mais aussi, entre autres, aux nouvelles technologies de production 3D par addition qui permettent non seulement de casser les économies d’échelle au niveau de la production, mais aussi de collectiviser les activités de R&D et d’industrialisation. On le sait peu, mais un logiciel libre permet par exemple « d’imprimer » des mains artificielles en 3D.

Le capitalisme financier souhaite se débarrasser d’une main d’œuvre qu’il considère comme un coût. Très bien, qu’il se débarrasse de ce boulet d’un autre âge. Il se privera ainsi progressivement des consommateurs sans lesquels il ne peut exister, et disparaîtra rapidement, surtout si nous sommes collectivement capables d’inventer en substitution un système de production décentralisée mais partagé globalement en mode open source pour la création, la conception et le développement des produits et des services. Est ce un rêve ? Non, certainement pas, ces systèmes fonctionnent déjà à de nombreux exemplaires dans le monde, et pas seulement dans les communautés hippies héritières de la génération « peace & love ». Les partenaires consommateurs des associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) ou les actionnaires de vignobles rémunérés en caisses de vin ne portent pas tous cheveux longs et chemises à fleurs.

Pourquoi ne pas extrapoler ce modèle à d’autres domaines, comme celui de la mobilité, dans lequel on pourrait créer des sociétés qui vendent non plus des automobiles, mais le droit à en disposer d’une. Ce droit serait comptabilisé comme une part de capital d’une société à capital variable ou d’une coopérative. L’usage des voitures serait facturé aux clients/partenaires de cette structure juridique à capital variable avec un rabais sensible par rapport à la location ou au leasing classique afin que le système soit incitatif pour les clients/partenaires. L’avantage évident pour le client serait de ne plus passer par pertes et profits une part significative de l’amortissement de chacun de ses véhicules, et, pour la structure de production et de commercialisation, de lever l’essentiel des fonds nécessaires pour financer son activité, tout en fidélisant le client. Ce dispositif aurait en plus l’avantage écologique d’inciter ces structures à maximiser la valeur d’usage extraite de chaque unité de matière première utilisée, plutôt que de les inciter à vendre toujours plus de matière première comme c’est le cas aujourd’hui.

Le capitalisme financier ne veut plus de nous. Soit. Au lieu de pleurnicher qu’il nous doit des salaires, montrons lui que nous pouvons vivre sans lui. Et gare aux Etats qui croient encore que l’entreprise est la poule aux œufs d’or et doit faire l’objet de toutes les attentions aux dépens des citoyens/contribuables. Si à force de réduire le salariat à temps plein à la portion congrue, d’une part, et de rechercher l’optimisation sociale et fiscale, de l’autre, les entreprises condamnent un grand nombre d’entre nous à redevenir autonomes et économes de nos échanges monétaires, les premiers perdants seront les états collecteurs d’impôts.

La finance de marché a voulu tuer le futur et vider la démocratie de son sens en imposant sa loi spéculative et courtermiste au politique, sachons leur redonner vie. Ce sera de toute façon plus motivant que d’attendre figés de peur que la prochaine crise nous tombe sur la tête.

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54 réponses à “La finance ne veut plus de nous, apprenons à vivre sans elle, par Jean-Paul Vignal”

  1. Avatar de Claude Maurier

    Ce texte est exemplaire parce qu’il évoque la possibilité d’issues à cet enfer financier qui traduit nos limites personnelles et sociales et signale que les repères d’un temps ancien sont vraisemblablement déjà dépassés. Nous sommes dans une transformation dont nous ne voyons que le début et qui nous fait craindre le pire si nous n’en restons qu’à regarder derrière nous. Facile à dire, délicat à réaliser.

  2. Avatar de lapintux

    Il suffit peut-être d’ajouter que créer des objets ne doit servir qu’à une nécessité, et qu’elle doit remplir son but le plus longtemps possible. Ainsi on supprime les sommes colossales gaspillées en publicités, fléau qui ne fait que consommer de l’espace des ressources, mais aussi l’intelligence des concepteurs et celle des acheteurs- mais pas de la même façon- et on économise les matières premières et donc de l’énergie…
    Bref une société oùle temps sert à se culmtiver et partager.
    bien des auteurs de SF l’ont pensé il y a longtemps…sans être économistes ou politiciens…

    1. Avatar de MerlinII

      Dépenses publicitaires en France en 2014: 29,6 milliards d’euros
      (Source France Pub-Irep)

      1. Avatar de vigneron

        C’est le total des budgets communication des annonceurs en 2014, en baisse régulière d’ailleurs depuis 2000, passé de 2,08 à 1,40% du PIB, eh oui.
        La pub médias dans ce total c’est 12,8 milliards en 2015, 0,6% du PIB.
        http://www.irep.asso.fr/_files/marche_publicitaire/communique_de_presse_MPF_2015.pdf

  3. Avatar de Stop

    « Et gare aux Etats « …

    Oui, bon, il n’y a même plus besoin de les mettre en garde.

    En fait, même en coupant le jus, la robovolution est déjà en place.

    Cela va tellement vite que nous n’avons même plus le temps de lever le petit doigt.

    « Cui-cui-cui » fait l’oiseau sur sa branche. C’est beau.

    « Meu » fait la vache en regardant le train qui passe. C’est bof.

    Revenons à la Fontaine, le lièvre et la tortue …

    « Rien ne sert de courir, il faut partir à point. »

    Nous ne sommes toujours pas partis, mais certains sont déjà arrivés ! Donc, pas tout le monde, là, c’est un sacré problème.

    Stop !

    1. Avatar de jeff

      Et certains n’en sont pas revenus.
      La création monétaire repose sur pas grand chose, le labeur mal rétribué dans une société d’abondance en un espace limité. Le 0 est infini, néant, des désirs et des désillusions. Un jeu d’écriture qui fait beaucoup de perdants. Tout compte fait, une création destructrice ou une destruction créatrice.

  4. Avatar de Didier

    Excellent billet. Merci.

  5. Avatar de some

    on y vient. Doucement, lentement.

    Il faudra passer par des crises longues, pleines de souffrances pour que le changement s’opère.
    Par contre il faut mettre en garde sur le fait qu’ignorer un monde de la finance, du pouvoir en définitive, suffirait à le faire s’évanouir.
    Il faut croire que parmi ceux pour qui ce futur peut se dessiner, il y en aura toujours pour courber l’échine devant les pratiquants de la religion féroce.
    Étant donné cela, il faut imaginer qu’un futur à deux vitesses adviennent. Un monde où les plus nantis seront physiquement reclus dans leurs entre soit, se maintenant par la force et jouant de nos faiblesses devant leurs allégresse.
    Il n’auront pas besoin d’être très nombreux, les robots policiers feront le jobs, ils leur suffira simplement d’échanger un peu de leurs richesse à quelques personnes pour que l’organisation puisse se maintenir.

    L’audace visionnaire du texte, tranche avec sa naïveté.

    Je me réjouis tout de même de sa lecture.

    Pour ma part j’invite à regarder l’histoire, illustre lieu des luttes de pouvoirs pour constater qu’à priori il n’y a pas de raisons à ce que sont bégaiement, sa tare congénitale, n’ait lieu une fois de plus.

    Si l’on veut bien constater le monde d’aujourd’hui, j’émets l’idée que la science et l’accumulation des connaissances n’ont pour la plupart du temps servit qu’à dominer.
    Et que si celle peut être une source renouvelée de solution, elle saurait aussi être la source de nos maux.

    Alors, par quel truchement ce pourrait il que demain nous puissions choisir la plume qui écrira L’ Histoire établit et rétablit de son mal ?

    1. Avatar de vigneron

      ignorer un monde de la finance, du pouvoir en définitive

      Si c’est le monde du pouvoir alors c’est celui du pouvoir de la multitude.
      A ce propos, de multitudes, à lire,
      http://rue89.nouvelobs.com/2015/06/14/colin-verdier-processus-selection-elites-est-problematique-259758
      https://www.amazon.fr/L%C3%A2ge-multitude-Entreprendre-r%C3%A9volution-collection-ebook/dp/B007YIFW40/ref=asap_bc?ie=UTF8

      1. Avatar de some

        Pre-scriptum: Par avance désolé de la longueur de la réponse, et peut être de sa vindicte. Les propos optimisto-naïf des intervenants de cette interview m’ont fait taper du clavier. C’est simplement l’état actuel de ma réflexion sur ce sujet. Qui pourra bien sûr évoluer.

        « La multitude » et ses étendards numériques, devrions nous prendre quelques exemples pour constater combien elles ne seraient être porteur de changements utiles et raisonnées tant leurs substances motrices n’aspirent pas à cela ?

        Qu’au mieux elles mènent la danse d’un changement qui s’opère par le chaos et la confrontation laissant de nombreux laisser pour comptes.

        Commençons par leur inutilité à produire un changement de paradigme, l’exemple le plus parlant et le plus ancien, le noyau linux.
        Fruit de la collaboration ouverte (open source) d’initiatives à la fois personnelle et moralement intéressée, mais aussi professionnelle et financièrement intéressée.
        Il a su aujourd’hui se positionner dans le secteur professionnel comme la pile logiciel omnipotente et omniprésente.
        L’exemple à suivre pour de nombreux projets professionnel.
        Dans le secteur publique, celui qui consomme l’ordinateur qui ne le façonne pas, et cela malgré les aspirations profondément sociale du projet, c’est encore et toujours le géant microsoft et son modèle tyrannique qui mène le bal.
        Il faut par là constater l’échec de cette initiative à changer notre vivre ensemble, et au delà, constater qu’ il est devenu un rouage du système.

        Prenons un autre exemple d’étendard numérique de la multitude, github, un réseau social, une plate forme de collaboration participative à la réalisation de logiciel.
        Il est pétrit de bonne intentions, et c’est effectivement la meilleure plateforme de travail collaboratif que nous n’ayons jamais eu.
        Par contre, cela ne change absolument pas les dynamiques motrices des participants, ou même de la plateforme. Ils ne font que consommer/produire un outil qui s’inscrit dans le besoin de chacun des acteurs, à savoir, résoudre un problème pour produire plus et produire mieux.
        Je ne vois pas ici de quoi profondément révolutionner notre vivre ensemble.
        Je vois parfaitement cependant comment les entreprises s’inscrivent dans cette initiative pour en tirer meilleur profit.
        Il a bien quelques projets ici où là qui feront me contre dire, ils ne sont pas la majorité loin de là, des exceptions disséminées au gré des rares initiatives personnelles.

        Faisons plus court au sujet d’Amazon, autre exemple de multitude, avec sûrement des exemples de réussites personnelle qui ont pu créer leurs magasins en ligne et en subsister. La majorité restante ? Travailleurs exploités, rêvant à des jours meilleurs que ce système ne pourra leur octroyer car par la mise en compétition du ROI ils étaient déjà perdant en commençant si tardivement.

        Google, Facebook, Twitter ? Ils permettent effectivement à certaines personnes d’initier une réflexion au changement, de produire des rassemblements, de partager et diffuser des idées.
        Cependant je ne les ai pas vu défendre la liberté d’expression au prix de leur existence.
        Si tel devait être le prix à payer, ils préféraient se plier pour que le business model perdure.
        Car c’est la substance motrice de leurs existences.

        La révolution numérique est advenu, nous sommes déjà hyper communiquant, elle à déjà raccourcit les circuits d’échanges économique, elle à déjà fait le constat de ce monde, et produit des solutions pour celui ci.
        And so what ?
        du brouhaha au milieu duquel les états en profitent pour re devenir dictature, les lanceurs d’alerte sont mis en prisons, les gens informés du danger écologique ne changent pas leurs habitudes, les dominants sont encore et toujours érigées en modèle.

        La substance motrice de cette révolution n’est pas de changer le monde, ce changement est une conséquence imprévue qui ne fait déjà qu’ajouter de l’huile sur le feu des déséquilibres de ce monde qui ne fait pas honneur à ces capacités intellectuels depuis longtemps déjà.
        Tant que la substance motrice de ces changements d’outils restera d’imposer sa réussite personnelle pour s’élever socialement, il ne peut advenir autre chose qu’un honteux bordel mondialisé.

  6. Avatar de Jean-Paul VIGNAL

    Merci beaucoup pour vos commentaires. On parle beaucoup de décroissance en oubliant qu’une bonne part de la croissance correspond simplement à la marchandisation de nombreuses activités qui ne l’étaient pas. Commençons par interdire toute nouvelle privatisation de services publics et par ramener les activités marchandises au niveau familial (prise en charge des jeunes et des anciens), associatif (sante, éducation, etc…) et/ou dans les communs. Contrairement à la légende répandue par les néolibéraux et leurs poissons pilotes économistes patentés, nous pourrions être surpris du résultat, à la fois en terme de performances, de cout et de qualité de vie pour les participants.

    1. Avatar de vigneron

      Commençons par interdire toute nouvelle privatisation de services publics et par ramener les activités marchandises au niveau familial (prise en charge des jeunes et des anciens), associatif (sante, éducation, etc…) et/ou dans les communs.

      Merci d’avoir condensé une si si belle contradiction dans une seule phrase ; c’est plus facile à repérer et à copier/coller.
      Sinon le principe de trois à quatre générations par foyer et un salaire maxi par foyer, bon ça t’a un p’tit air indien ou grec, p’t’êt même que Gary Becker adorerait, mais…

    2. Avatar de Juannessy

      Si privatisation veut dire DSP, il y avait eu vers 2004 un rapport sur les conditions dans lesquelles une délégation pouvait être intéressante pour une collectivité .Elle était parue dans le Moniteur des travaux publics, sans que mes neurones ne soient plus précis sur la référence .

      Je crois cependant me souvenir que le groupe de travail qui l’avait pondu , était cornaqué par un inspecteur des finances qui aujourd’hui doit encore être conseiller référendaire à la cour des comptes .

      C’était assez large ,avec cependant à peine dix lignes sur les attendus éthiques et socio-politiques, et tout le reste sur une analyse assez bien foutue de type avantages-inconvénients , et qui avait l’honnêteté de signaler que si les CL étaient très tentées par les DSP , c’était principalement parce que les élus ( ces fameux maires qu’on aime tous )n’étaient pas assez gestionnaires pour peser tous les paramètres d’une délégation et de ces risques potentiels, trop heureux de régler un problème en faisant un chèque .On a vu la suite .

      Perso ,j’ai plusieurs fois fait la démonstration à mes donneurs d’ordre , qu’un service public, toutes choses égales par ailleurs( dont TVA), avec des managers dignes de ce nom ( id est pas des marionnettes des élus), pouvaient faire mieux que le privé,en particulier structurellement ,car il n’a pas l’appât du gain qui l’oblige à gérer une volonté d’amortissement des investissements sur moins de 20 ans , là où il n’y a aucun danger à le faire sur35 ou 40 ans .

      Je me souviens aussi qu’un seul syndicat avait été auditionné par le GT . Le Medef .

      1. Avatar de Juannnessy

        A la non demande générale , j’ai retrouvé les coordonnées de ce pré-rapport paru comme cahier détaché du Moniteur des TP du 26 novembre 2004 , intitulé :

        Gestion directe ou délégation ? Les conditions de compétition entre les modes d’exécution des services publics . Rapport de l’Institut de la gestion déléguée ( machin mis lui même en place en février 2003)

        Machin cornaqué par Christian BABUSIAUX, alors président de section de la cour des comptes ( dont , au passage , vient de démissionner Fleur Pellerin) .

        http://www.ticsante.com/Christian-Babusiaux-va-quitter-l-Institut-des-donnees-de-sante-NS_2898.html

        L’une des dernières recommandations du rapport , constatant le flou plus ou moins artistique des nombreuses situations intermédiaires entre les deux archétypes théoriques, visait à éclaircir ces situations juridiquement afin que les délégations de fait , agrémentées de garanties directes ou indirectes trop « généreuses » apportées par la collectivité , soient supprimées . A l’époque l’ordonnance sur les PPP était en préparation .

  7. Avatar de vigneron

    aux dépens des secteurs productifs qui sont progressivement réduits à la portion congrue dans le partage de la valeur ajoutée, l’exemple le plus criant étant l’agriculture et les industries d’extraction et de première transformation.

    La captation de marge n’a certes pas attendu le néolibéralisme pour fleurir – cela dit c’est tellement reposant de se contenter de produire ou d’extraire, mais voir Agrimer pour se faire une idée plus précise dans le secteur agri.
    http://www.franceagrimer.fr/fam/content/download/38097/350584/file/Rapport2015_ObservatoirePrixMarges.pdf

    En 2010, dans 100 € de dépense alimentaire (en magasins, hors restauration hors foyer – RHF -) :
     la production agricole nationale nécessaire représente 19 €
     les valeurs créées en amont de l’agriculture (industries, commerces, transport) totalisent 58 €
     les aliments importés pèsent 13 €
     et les taxes sur les produits se montent à 10 €.
    La décomposition des deux premiers agrégats ci-dessus (production agricole nationale nécessaire,
    valeurs créées en amont de l’agriculture) fait apparaître que 100 € de dépenses alimentaires en 2010
    génèrent :
     des valeurs ajoutées, pour 63 €, réparties dans les différentes branches de l’économie nationale :
    o 8 € pour l’agriculture,
    o 10 € pour l’industrie alimentaire,
    o 18 € dans les services,
    o 21 € dans les commerces ;
     des importations de produits intermédiaires (pétrole, par exemple), pour près de 14 €
     et les importations d’aliments (13 €)
     et les taxes (10 €) déjà citées.
    Les calculs permettent aussi d’analyser l’origine du revenu agricole par type de demande :
     la demande de produits alimentaires (hors RHF) concourt pour 36% à la formation de l’EBE de la
    branche agricole
     la demande adressée à la branche des hôtels et restaurants, pour 5%
     les autres demandes nationales (dont en produits agricoles pour usage non alimentaire) : 9%
     les exportations de produits agricoles et alimentaires : 26%
     et les subventions : 29%

  8. Avatar de Steve

    Bonjour à tous
    Ah! Ah! Ah oui vraiment,
    La finance est très bon enfant!
    Comment cela a t’il pu se produire?
    Où ki zétaient les politiques, l’état, le peuple, les bons quoi!
    C’était pas les Dalton, c’était Bill Clinton, le bon démocrate!
    L’ami du peuple qui dérégule à fond la caisse!
    a) qui signe le Gramm-Leach-Bliley act qui annule le Glass-Steagal act.une des pierres de touches de la régulation financière.
    b) qui signe le Commodity Futures Modernization act qui exempte les CDS de toute régulation
    c) qui réécrit le Community Reinvestment act et met la pression pour que les banques prêtent plus aux bas-revenus.
    Et c’est parti mon kiki!

    Ô Bill, joyeux fermier, t’as trop fumé,
    Ôté la clôture de ton poulailler,
    Renard s’est invité, et tu pleures tes poules croquées,
    pleurnichant, faisant l’étonné!
    Et te voilà jouant les innocents, battant la campagne pour ta moitié
    Qui rêve de recommencer, avec ses associés.
    Quo usque tandem abutere, Catilina Clinton, patientia nostra?
    Cordialement

  9. Avatar de vigneron

    les actionnaires de vignobles rémunérés en caisses de vin

    C’est défiscalisé ou tu payes tes impôts et taxes en pinard. Sinon, le marché secondaire, par exemple pour tes enfants qui tournent à la Vichy Célestins, il est liquide ?

  10. Avatar de daniel

    http://www.pauljorion.com/blog/2016/07/31/la-city-et-lenjeu-des-produits-derives-par-francois-leclerc/

    François Leclerc conclue son maître article sur les enjeux des négociations financières résultant du Brexit par un suave « Faisons leur confiance, ils vont jouer petit. ». Le « ils » étant les négociateurs européens, l’autre partie étant en charge de la défense de la place londonienne.

    François Leclerc est trop poli. Les négociateurs européens seront écartelés: soit défendre la Finance a-nationale et la City gagne le pactole. Soit défendre les intérêts continentaux européens et les places de Francfort et Paris ont des chances de croissance. Dans les 2 cas, les intérêts des peuples seront négligés.
    Trahir ses intérêts se dit donc « la jouer petit ».

    On peut rêver: Pas de négo pour reconduire le pactole et savoir à qui il échoira. Profiter de l’occasion pour « […] l’interdiction pure et simple d’instruments financiers spéculatifs et nocifs […].

  11. Avatar de Germanicus

    Ce genre d’articles ont le mérite d’exister, mais ils m’agacent un peu, si vous permettez ma franchise.
    Car vous votez pour des gouvernements qui ont capitulé depuis de longue date devant « la finance ». Cela est entouré d’une hypocrisie infinie, voir, comme beaucoup d’exemples parmi d’autres, l’actuel locataire de l’Elysée (« la finance est mon ennemi »). Les gouvernements européens, peut-être à l’exception de l’Islande, acceptent la domantion par « la finance » et se mettent à leur service, idem en ce qui concerne les effets destructurants de la mondialisation économique. Si certains idéalistes fantasment encore d’une « gouvernement mondial », celui-ci existe déjà en quelque sorte, c’est « la finance ». Alors si les électeurs acceptent cela en votant toujours pour les mêmes, alors pourquoi se lamenter au sujet de « la finance »?

    1. Avatar de vigneron

      L’Islande ? Mais elle voudrait n’avoir que des Islandais comme clients la finance !

      1. Avatar de ThomBilabong

        Pourquoi ? Pour leur saine gestion des dettes ?

      2. Avatar de Germanicus

        @Vigneron
        L’Islande a échappé à la pieuvre, elle a tout fait pour. Un observateur si bien informé comme toi devrait le savoir.

      3. Avatar de vigneron

        Elle paye, tout baigne.

      4. Avatar de daniel

        Les Islandais se sont battus. C’est-à-dire qu’ils ont refusé toute culpabilité. Rien à attendre de moins que des descendants des Vikings, j’aime à penser; les Vikings, un peuple de marins-commerçants et pilleurs sans pitié pour les détenteurs d’or, de là leur utilité: remettre en circulation l’or stérilisé par les monastères.Mais je m’égare.
        Des banquiers ont été mis en prison. Les Islandais ont payés, et payent encore je crois. Mais l’économie du pays a été remise sur pied. Comparer avec la Grèce, pillée et humiliée, rendue à l’ état de pays du tiers-monde et en sous-développement. Et sans fin en vue, un vrai Danegeld! hou-hou les vikings…
        Quant à l’argument de la petitesse du pays qui lui donnerait un avantage incomparable, à d’autre. Il ne tient pas la route, au contraire: assommer un petit pays n’exige pas de grands efforts. A moins que l’état dépendant de la Grèce ne soit maintenu que pour son climat estival ( pour les négociateurs de la Troika… qui ne payent pas). Sûr qu’ils doivent veiller à ce que la déconfiture générale du pays n’atteigne pas leurs hôtels.

        La leçon des Islandais est qu’il faut toujours se battre. Rien n’est figé d’avance.

      5. Avatar de vigneron

        Avis de pirate viking.

        like any other miracle, it’s a big lie. It is perhaps the most successful PR con-job our nation has pulled and what makes it worse is that the international community has fallen for it.

        http://blog.piratar.is/arnaldur/2014/09/25/the-miraculous-economic-recovery-in-iceland-is-a-lie/
        Mais bon, si ça a permis cette invasion des terres vikings par les armées de touristes qui les font vivre aujourd’hui (c’est près d’un million et demi cette année qui y sont attendus, comme si 300 millions de couillons venaient mugir dans nos campagnes…).

  12. Avatar de Caleb Irri

    Bonjour, et merci pour cet article revigorant. Je ne sais pas si d’autres y ont pensé aussi à sa lecture mais les visions que vous proposez me semblent assez compatibles avec les propositions de Bernard Friot autour du salaire à vie… non ?

  13. Avatar de Alain A

    Plusieurs fois votre texte m’a fait penser aux idées d’André Gorz. Hélas, ce qu’il proposait, comme vous aujourd’hui, il y a près de 15 ans déjà, ne s’est guère réalisé. Mais les initiatives que l’on rassemble sous le nom de mouvement de la Transition se multiplient… Pas encore assez pour faire un véritable mouvement social mais cela pourrait être un début.
    Vos idées me font aussi penser à Gustav Landauer qui, avant d’être assassiné par le corps francs en 1919, avait imaginé le « retrait » qui, là aussi, espérait pouvoir affaiblir le système en le désertant. Retenons les leçons du passé pour faire le moins d’erreurs possible aujourd’hui.

  14. Avatar de Stop

    La finance est devenue un concept.

    Un concept est immortel.

    Il peut toutefois être détrôné ou fusionné par d’autres concepts.

    Comme l’Art, ce n’est plus le produit qui rapporte, c’est l’idée du concept.

    La virtualisation de la finance est certainement le concept le plus redoutable qui s’impose ce jour.

    Changer le cadre, c’est faire évoluer le concept en dehors des sentiers battus.

    Oublions le troc, et proposons les étoiles comme monnaie d’échange. Il y en aura “presque” pour tout le monde…

    Si nous trouvons que cette idée n’est pas sérieuse, pourquoi trouvons-nous la finance plus sérieuse pour gérer nos existences ?

    Ou faisons payer les morts, avec un intérêt rétroactif, c’est aussi un concept à la mode en ce moment.

    Stop !

  15. Avatar de Hippolyte Bidochon

    Jean Paul Vignal,
    Dans la société que vous décrivez, il faudra tout de même disposer de choses issues d’outils industriels, propriété du « grand capital » :
    Automobiles, trains, ordinateurs, infrastructures de communication, équipements divers de haute technologie (pour la santé, la production d’énergie, l’éclairage … )

    Comment y aurait on accès, ou sinon, comment s’en passer ?

    1. Avatar de octobre

      – Allo ? Dominique Gagnot… t’es où là ?
      Parce qu’un Bidochon, qui me semble pas ressembler à un bisounours, pose une question grave de chez grave, on fait quoi là ? 🙂

  16. Avatar de ThomBilabong

    Cet article ouvre des perspectives idylliques que je critique sur 2 aspects :

    1) Aucun Etat ne tolérera (ne peut tolérer) longtemps des activités économiques, fussent-elles en circuit court, troc, échange, autonomes, etc. sans les taxer. Et il est illusoire de penser que ces taxes seront faites de blés ou de poireaux plantés sur le lopin privé de chacun. Rétablir des taxes en nature ne résoudra rien puisque la majeure partie des valeurs ajoutées se fait désormais sur l’immatériel (voir contribution de Vigneron plus haut)

    2) La quasi autarcie couplée au troc présentés comme avenir de nos sociétés me semble limités pour ce qui est des nécessaires développements et investissements sous-jacents. Admettons tout de même que l’on parvienne à ce genre de modèle, où situer alors la frontière entre les 2 systèmes capitalistes et celui décrit ici ?

    1. Avatar de Alain A

      He oui, Thom, l’Etat ne supporte pas qu’on s’échappe du système dominant. Un bon exemple est l’interdiction de l’habitat non classique, ces yourtes, tentes, baraques, cabanes et autres roulottes dans lesquelles certains partisans du retrait osaient échapper aux taxes sur le foncier. L’Etat français a même été jusqu’à édicter un réglement qui sanctionne ceux qui ne dénoncent pas de tels habitats « précaires » alors qu’ils en connaissent l’existence. La délation obligatoire sous peine d’amende…. Vous avez dit démocratie?

      1. Avatar de vigneron

        Les maires seulement étaient tenus de signaler les habitats précaires selon la Loppsi 2. Retoqué par le Conseil Constit.

      2. Avatar de Juannessy

        Heureusement que l’obligation de dénonciation existe .

        Pour moi , elle existait pour tous les crimes et délits , et j’y ai eu recours .

        http://www.cabinetbrechard.com/wp-content/uploads/2012/10/Obligation-de-dénonciation-VS-notification-des-failles-de-sécurité.pdf

      3. Avatar de daniel

        Réponse à côté, Juan. On parle de crime potentiel constaté dans l’exercice de ses fonctions par un employé de l’Etat.
        Pas d’une famille qui ne fait de mal à personne en cachant sa yourte derrière une haie, ou d’un groupe de pièces rondes façon Stroumph perchées dans un gros chêne) .
        Il me semble que Brassens a chanté sur les types qui ne pensent pas droit, menaçant ainsi la bonne bourgeoisie…

      4. Avatar de Juannessy

        @Daniel :

        Et c’est bien pour ça que le CC a coupé court .

        Où est le problème ?

    2. Avatar de 20100

      « Aucun Etat ne tolérera (ne peut tolérer) longtemps des activités économiques, fussent-elles en circuit court, troc, échange, autonomes, etc. sans les taxer »

      La TVA sur les produits financiers; elle est ou ?

  17. Avatar de xavier37

    La société que vous proposez est déjà un peu en marche parce « nécessité fait loi ».
    L’économie, que les économiste disent « informelle » dans les pays en voie de développement, existe aussi en France et en Europe. Le fait d’être « informelle » la fait échapper aux comptes nationaux.
    Cette économie comprends aussi bien, les échanges de services entre amis en famille ou entre amis et voisins, les échanges sur les services internets (Le Bon Coin), les trafics en tout genre….
    Les populations exclues du « système » ne se laisseront pas mourir de faim sans réagir. Elles ont plusieurs options, lutter contre le système, le détourner ou en inventer un autre. Plus, il y a aura d’exclus, plus y aura de solutions alternatives, pour le meilleur ou pour le pire. Cela peut être la jungle ou une société de coopération.
    Sachant que 80% de la population vit en ville, il faut penser que l’autonomie de fortes concentrations humaines est impossible sans un territoire autour. La voie d’une relative autonomie est de reconnecter les villes et les campagnes environnantes, freiner la désertification rurale et l’inverser idéalement.
    La principale difficulté est politique, au sens où les citoyens doivent apprendre à s’occuper de leurs affaires et non plus à déléguer aveuglément. Pour compliquer, ils doivent s’occuper de la satisfaction de leurs besoins primaires (manger, s’abriter…) et de la sauvegarde du biotope.
    Un beau chantier qu’il ne faut pas tarder à engager.

    1. Avatar de Hippolyte Bidochon

      Le beau chantier que vous envisagez là, Xavier, c’est un bond de 2 siècles en arrière, à l’époque pré-industrielle.

      Car comment envisagez vous de disposer de la moindre chose issue de l’industrie moderne?

      Il semble que vous soyez persuadé que tout ce que le système capitaliste actuel produit, à commencer par ses poubelles bien garnies qui approvisionnent les organisations marginales type Emmaüs, Resto du cœur, etc. , sera disponible même après l’effondrement de celui-ci…

      Mais non !

      1. Avatar de xavier37

        Je n’ai pas écrit que l’industrie allait disparaitre, je ne l’ai simplement pas évoquée. Il faudra toujours de l’acier, des microprocesseurs, etc… ou alors l’humanité sera retournée effectivement à l’état de survie et dans ce cas bien moins nombreuse.
        Après, vu la tournure des événements, il faudra plus de recyclage, des objet durables et réparables, surement abandonner des technologies et des usages…

  18. Avatar de mianne

    De plus en plus de gens achètent les légumes et les fruits de saison par les AMAP, sans perte de temps, d’argent ni d’énergie dans des intermédiaires, des allées d’hypermarchés ou des publicités inutiles .
    Mais il faut aussi se libérer d’un autre problème et se sortir de la logique du tout jetable : les appareils utiles sont conçus aujourd’hui pour avoir une durée de vie extrêmement limitée . Je sais bien que, dans mon enfance, mes parents n’avaient pas de frigo, conservant les aliments dans le saindoux, le sel, et surtout en effectuant les achats au jour le jour. Mais pour moi, le frigo est indispensable . Ainsi, je viens de remplacer mon frigo de 35 ans, SANS ELECTRONIQUE, qui vient de me lâcher, et que j’avais maintenu dans un état correct à coups d’anti-rouille et de peinture émaillée appliqués très localement tous les 5 ans environ, par un beau frigo tout neuf qui, quels que soient sa marque et son type, ne durera pas au-delà de 5 à 7 ans, m’a dit le commerçant, durée de vie maximale de la carte électronique de tout appareil électro-ménager actuel. Désolant!
    Même si elle n’est plus acceptée dans Paris – une aberration de la nouvelle loi pro-consommation, mais peu m’importe, je vis en province- , ma vieille voiture de 32 ans, petit modèle bas de gamme acheté neuf en 1994, SANS ELECTRONIQUE, et qui roule encore impeccablement aujourd’hui, me causera le même problème dès qu’une pièce qui n’est plus fabriquée lâchera.
    Pourquoi ne trouve-t on pas aujourd’hui des petites entreprises d’électronique qui referaient à l’identique les cartes électroniques à la demande quand les services SAV vous disent : « désolé, la carte électronique de ce modèle « ne se fait plus » ». C’est valable pour tous les appareils.
    Il faudrait aussi des petits ateliers qui referaient à l’identique la pièce mécanique devenue « obsolète » d’un véhicule, sans que l’on soit obligé de jeter tout l’appareil ou tout le véhicule en panne .
    Ce sont des entreprises d’avenir dans la situation actuelle .
    Il faut se limiter à l’essentiel et se donner les moyens de le faire durer le plus longtemps possible .

    1. Avatar de vigneron

      Commande de suite une carte de rechange, tu trouveras ça partout, t’en auras pour 50 euros et ta conscience sera allégée de 100 kilos.

      1. Avatar de mianne

        C’est déjà fait, mais le problème se posera quand même cinq ans plus tard : il faudrait disposer d’un énorme budget pour accumuler à l’avance ces cartes électroniques sans savoir si un autre élément de l’appareil ne lâchera pas aussi . Il faut briser cette logique du tout jetable et relancer la fabrication d’appareils ménagers et de véhicules simples et résistants . La plupart des propriétaires des anciennes 2CV réparaient eux-mêmes leur voiture . En levant le capot, tout le moteur était accessible et la voiture en panne se démontait et se remontait quasiment comme un Lego au bord de la route.

    2. Avatar de xavier37

      La technologie sait parfaitement faire des frigos durables et réparables, avec des pièces de rechanges disponibles sur des 10aines d’années. La question est de savoir pourquoi ce n’est pas son intérêt ? C’est ça qu’il faut commencer par changer.
      De la même façon pourquoi une voiture qui donne satisfaction ne pourrait voir son moteur replacé par un moins polluant, ou même par une propulsion électrique lorsque ce sera disponible.
      Les activités de réparation et de mise à niveau des équipements représentent potentiellement beaucoup d’activité.

      1. Avatar de Hippolyte Bidochon

        Oui, tout cela va dans le bon sens, si ce n’est que c’est en contradiction avec la sacro sainte liberté de faire n’importe quoi pourvu que ça maximise le profit financier immédiat.

        Que les entreprises ne soient plus sous le contrôle d’intérêts privés voraces, mais de représentants de l’intérêt collectif.
        En clair, on parle de Révolution. (car les capitalistes n’accepteraient jamais ça)

      2. Avatar de Baygonvert

        Parce que tout évolue, il n’y a pas que le moteur: normes de sécurité et sécurité active, équipement, tenue de route, aérodynamisme, matériaux nouveaux moins polluants. Je possède une 2cv et j’adore rouler avec. Sa légèreté lui permettra peut être un jour de recevoir un moteur électrique (une « dyane » en possède déjà un) ou à hydrogène. Par contre, en terme de sécurité, ce véhicule restera, quoi qu’il advienne, assez dangereux sur parcours professionnel (la moyenne routière en km/h a bien évoluée depuis les années 60: les automobilistes ne comprennent plus que l’on puisse rouler lentement, ne pas doubler…)

  19. Avatar de Juannessy

    Ce que vous évoquez comme La piste pour échapper au monstre financier, comme il a été dit par certains commentateurs ,est partiellement à l’œuvre .

    Hélas .

    Car, à se contenter de tenter d’échapper à un système vicié et vicieux, on ne fabrique pas forcément un système sain ,qui se pose et résout tous les enjeux qu’un système économique doit porter .

    Demandez à PSDJ comme c’est facile .

    Mais, si on trouve le moyen de marier et confronter recherche(s) expérimentale(s) et recherche(s) théorique(s) ,ça peut le faire .

    1. Avatar de xavier37

      La dernière phrase mériterait un développement.

      1. Avatar de Juannessy

        Plus que ça !

        Des suites . Et c’est le plus long et pénible .

  20. Avatar de Gudule

    @ Mianne

    Avez-vous entendu parler des Repair ‘café ? Des ateliers de réparation gratuite où viennent se retrouver particuliers, comme vous et moi, avec leur bazar en panne et des bénévoles qui leur réparent gratuitement leur appareil. Appareils qui, comme vous le soulignez, sont créés pour durer seulement quelques années. Une voisine dans mon village à amener son imprimante et est revenue toute fiérote et toute contente qu’elle soit réparée. C’est elle qui m’en a parlé. Perso je n’ai pas encore eu besoin de leurs services gratuits et paraît-il très convivial. Voilà, je vous donne l’info, de bon coeur et avec le sourire. Je pense que ça fait partie, comme les accorderies et autres systèmes D solidaires, d’initiatives en plein essor. Oui, les Amap, aussi, c’est sympa et convivial et au moins on a des fruits et légumes de saison et de trés bons oeufs et de bons fromages de chèvres aussi. Il faut prendre le temps d’y aller…
    Merci pour votre témoignage sympa. 🙂

    http://repaircafe.org/fr/
    http://www.kaizen-magazine.com/repair-cafe-nen-jetez-plus/
    http://www.francetvinfo.fr/economie/tendances/consommation-a-la-decouverte-du-repair-cafe_1406739.html

    http://www.accorderie.fr

    1. Avatar de mianne

      C’est une excellente idée, merci . Comme il n’y a pas de repair café près de chez nous, l’idée d’en créer un plaira sans doute aux bricoleurs et bricoleuses retraités ou privés d’emploi que nous connaissons.

  21. Avatar de Joko

    Le problème, ce n’est ni le néolibéralisme ni la finance, mais ce sont les lois existantes et celles absentes que les états néodémocrates promulguent ou évitent de passer aux votes. Si nous voulons contrôler ce qui nous contrôle, il faut reprendre la main et décider de notre bien. Revenir en démocratie. Lire Souvarine sur Staline : ce n’est jamais simple en effet. Et si l’homme devait à jamais échouer à établir un système politique juste, honnête, paisible et respectueux des intérêts de chacun et de tous (y compris la Terre) ? Qui étions-nous ?

    1. Avatar de Hippolyte Bidochon

      La démocratie suppose que le peuple soit propriétaire des moyens de production, (et pas seulement d’ailleurs), car le pouvoir est avant tout économique. Le Politique est soumis à l’économique, et non l’inverse.

      Et ça c’est incompatible avec le néolibéralisme…

      Bien sur on peut mettre des lois à n’en plus finir pour contraindre les propriétaires actionnaires…, mais imaginez l’ampleur de la tâche, si toutefois c’est possible!

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