La Belgique, terre de dialogue et de luttes, par Madeleine Théodore

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

L’éditorial du Monde en date du 24 octobre 2016 : Échec du CETA : l’isolement de l’Europe est un contresens, tire l’oreille de la Belgique, petit pays récalcitrant « qui a organisé le démantèlement de son État au profit des régions, en leur donnant un pouvoir exorbitant » : la Belgique a répondu aux sirènes du populisme et de la vetocratie. Refusant la belle offre du marché, elle risque la marginalisation de l’Europe et il faut la mettre au coin avec le bonnet d’âne, si ce n’est déjà fait.

Que peut-elle répondre à ce mauvais bulletin?

Tout d’abord, fédéraliser un État n’est pas une opération destructrice, ainsi que le suggère le terme « démantèlement ». On peut de l’extérieur s’interroger avec perplexité sur le conflit immémorial entre Wallons et Flamands, voire en rire. On doit cependant s’accorder sur le constat d’un dialogue entre les régions et de la volonté générale de respecter leurs différences.

À cet endroit se profile la singularité de la Belgique. Elle est un État que certains qualifieront d’« artificiel », regroupant des communautés culturellement très différentes. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles, là où il n’y pas vraiment de regroupement « territorial », le rôle de la culture et du dialogue doivent être prédominants. Ce principe va à l’encontre de celui du populisme, niant les disparités pour mettre en relief un prétendu « bon sens ».

Ensuite, comme l’a bien souligné Paul Magnette, Ministre-Président de la Région wallonne, l’engagement politique en Wallonie est vivant, fécond, les gouvernants se doivent de prêter l’oreille au grand mouvement porteur de celui-ci. Il n’est pas inutile de rappeler que des villes comme Liège ou Charleroi ont participé prioritairement au mouvement d’industrialisation qui a fait la gloire de la Belgique au 19ème siècle, mais leur population en a aussi beaucoup souffert suite à l’exploitation démesurée de sa capacité de travail. La terre de Wallonie est effectivement un berceau de luttes ouvrières, comme le fut à la même époque celle du Jura, et on peut lui être reconnaissant des acquis sociaux que ces luttes ont apportés.

Le mot « démocratie », revendiqué à juste titre, prend justement dans ce contexte tout son sens, dans son rôle fondateur de l’État et de revendication populaire.

Ainsi, la Belgique est bien un petit pays fabriqué de toutes pièces, dont les habitants ont cependant porté l’Histoire de manière courageuse, et ce serait leur faire déshonneur aujourd’hui de faire fi de cet héritage. Si la notion de « populisme » est négative, celle de « peuple », cependant, distinct en lui-même par ses valeurs et traditions, peut être fondatrice d’entente et de rassemblement.

À l’heure où beaucoup s’accordent à dire que le monde ne peut plus être perçu que sur deux plans, celui de la localité et de la globalité, la Wallonie par sa volonté d’exister et d’être consultée nous ramène à un sens de l’Histoire bien contemporain. Sinon, il n’y aura plus place pour personne et nous n’aurons plus qu’à nous fondre dans l’immense loi du marché, que notre avis n’intéresse pas.

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48 réflexions sur « La Belgique, terre de dialogue et de luttes, par Madeleine Théodore »

  1. Bravo et merci aux Wallons.
    Quant au Monde, plus que jamais, il démontre qu’il n’est plus un journal d’information, ni même un journal d’opinion, tout au plus le bulletin de communication des idées de MM. Bergé, Niel et Pigasse.

    1. Le Monde est aussi favorable au CETA que les capitalistes qui le contrôle. Et ce n’est pas le seul: la liberté d’expression est un droit qui ne peut plus s’exercer dans les grands médias.

      Par contre, l’information se répand sur la toile, et il faut la diffuser. Ici un grand choix de munitions : http://www.anti-k.org/?s=CETA&asl_active=1

      Il faut enfoncer le clou, car le CETA met la lumière sur 28 gouvernements qui travaillent non pas pour leurs peuples, mais pour le capital.

      Mais attention, il faut faire vite car ce n’est pas la Wallonie seule qui peut résister. Dirigée par des réformistes, elle risque de céder en quelques jours au chantage, sur révélations de scandales de sa gestion, menaces sur les investissements promis ou les financements des infrastructures.

      Il ne faut donc pas la laisser seule. Il faut faire payer par tous les moyens aux 28 gouvernements leur complicité, jusqu’à ce qu’un ou plusieurs pays de plus grand poids politique renonce à signer. Vive la Wallonie ! Bataillons avec elle.

  2. Cette heureuse décision, soutenue par le pouvoir d’un droit de veto des wallons ne serait-elle pas possible grâce à un gouvernement de type fédéral en Belgique ?

      1. @Armelle :

        Ça doit vouloir dire que « Marianne » , la pas très bien nommée , préfère les conclaves à huis clos entre happy few , même s’ils durent 7 ans , sur des accords dont j’ai déjà pu écrire qu’ils étaient les véritables Constitutions ( écrites en petit comité de salut pas très public ) , qui rendaient vaines toutes les élections présidentielles , et toutes politiques budgétaires ( et donc fixaient des rails aux politiques de toutes catégories de tous pays ) .
        Vous avez le droit de voter pour élire le syndic déjà désigné .

        Si encore les résultats étaient au rendez vous …

      2. C’est dire comme ce débat est difficile quand la verve est si cinglante pour l’écarter avant même qu’il ait lieu.

      3. Au fait c’est qui le nouveau poulain de Brustier ? A l’époque (2010) c’était Montebourg, après Seguin et Chevènement, mais là ? Son confrère en politologie Magnette ?

      4. @Vigneron :

        A le lire ( un peu trop vite , je l’avoue) , on pourrait croire que Jouyet et Barnier sont parmi ses inspirateurs !

        Deux personnes éminemment intéressantes d’ailleurs , quand elles restent dans ce qu’elles possèdent le mieux , la connaissance , et la capacité de poser les bons problèmes dans un cercle trop confiné pour être démocratique malgré tout , à mon goût .

  3. Y a un os!
    L’ultra libéralisme vient de se casser une dent sur la Wallonie qu’il espérait croquer à l’intérieur d’un vulgaire hamburger constitué des 28 états européens.
    Cet événement sera-t-il le début d’une « glasnost » concernant la négociation des traités, la fin d’un blanc-seing accordé à la Commission Européenne ?
    Dans le même ordre d’idée, pourquoi ne se posent-on pas la question de la non appartenance de la Confédération Helvétique à l’U.E.?
    Eh bien, par 2 fois, en 1994 et 1996, les suisses ont votés par référendum contre l’adhésion de leur pays à l’UE, essentiellement en raison de l’imposition de la « primauté du droit européen » sur le droit local.
    Des tentatives de relances ont été faites mais en juin de cette année 2016, la Suisse a retiré de manière définitive sa demande d’adhésion, préférant négocier des accords au coup par coup (bilatéralisme)
    Concernant les accords sur le commerce, il serait probablement plus judicieux de se pencher à nouveau sur la charte de La Havane signée en 1948 et torpillée par les USA, – bien qu’ils l’aient signée -, préférant promouvoir des accords uniquement commerciaux (GATT).
    Cette charte abordait tout ce qu’impliquait le commerce au niveau mondial: mouvement des capitaux, les déséquilibres, le bien-être des populations, le travail, les normes sociales, etc…

    1. Personne n’a ratifié la Charte de la Havane puisque le Congrès US l’a systématiquement et très « wallonement » repoussée entre 1948 et 1950, de la même façon qu’il avait rejeté le traité de Versailles trente ans avant.

  4. Il n’y en eu qu’un et ce fut la Wallonie. Quand j’habitais Mouvaux en banlieue de Lille, la seule respiration sous l’ère Sar..sie était de s’évader chaque week-end en cette merveilleuse contrée où souffle un vent de liberté, de gentillesse, de convivialité comme dans ma France d’enfance des années 70. Un choc et une révélation! A trop rester dans l’hexagone, on en oublierait que la liberté existe encore…tout près.

    1. J’en conclus qu’en Wallonie l’herbe est plus verte qu »en banlieue lilloise et qu’on s’y sent comme un enfant en Pompidolie permanentée ; appétissant effectivement.

    1. En quoi ça te troue? Regarde l’intervention de Magnette et reviens vers nous nous dire (précisément si possible, pas évasivement comme d’hab…) ce qui t’y chagrine la choucroute ? Au moins on saura à qui on a affaire.

  5. 1. Nous sommes fiers de notre Wallonie,
    Le monde entier admire ses enfants.
    Au premier rang brille son industrie
    Et dans les arts on l’apprécie autant.
    Bien que petit, notre pays surpasse
    Par ses savants de plus grandes nations.
    Et nous voulons des libertés en masse :
    Voilà pourquoi l’on est fier d’être Wallons !
    2. Entre Wallons, toujours on fraternise.
    Dans le malheur, on aime s’entraider :
    On fait le bien sans jamais qu’on le dise,
    En s’efforçant de le tenir caché.
    La charité visitant la chaumière
    S’y prend le soir avec cent précautions :
    On donne peu, mais c’est d’un cœur sincère :
    Voilà pourquoi l’on est fier d’être Wallons !
    3. Petit pays, c’est pour ta grandeur d’âme
    Que nous t’aimons, sans trop le proclamer.
    Notre œil se voile aussitôt qu’on te blâme
    Et notre cœur est prêt à se briser.
    Ne crains jamais les coups de l’adversaire.
    De tes enfants les bras te défendront
    Il ne faut pas braver notre colère:
    Voilà pourquoi l’on est fier d’être Wallons !

    Nos-èstans fîrs di nosse pitite patrèye,
    Ca lådje èt long, on djåse di sès-èfants.
    Å prumi rang on l’ mèt’ po l’ industrèye
    Et d’vins lès-årts èle riglatih ot’tant.
    Nosse tére èst p’tite, mins nos-avans l’ ritchèsse
    Dès-omes sincieûs qu’anôblihèt leû nom.
    Et nos-avans dès libèrtés timpèsse:
    Vola poqwè qu’on-z-èst fîr d’ èsse Walon!
    Et nos-avans dès libèrtés timpèsse:
    Vola poqwè! Vola poqwè qu’on-z-èst fîr d’ èsse Walon!
    2. Di nosse passé, qwand c’èst qu’on lét l’istwère,
    On s’rècrèstêye vormint à chaque foyou,
    Et nosse coûr crèh’ qwand c’èst qu’on tûse al glwère
    Di nos vis péres qui n’avit måy pawou.
    C’est gråce a zèls qui n’djouwihans dèl påy,
    Il ont språtchî l’inn’mi d’zos leû talon;
    On l’z-a r’clamé lès pus vaillants qu’i-n-åye
    Vola porqwè qu’on-z-èst fîr d’èsse Walon!
    On l’z-a r’clamé lès pus vaillants qu’i-n-åye
    Vola porqwè! Vola porqwè qu’on-z-èst fîr d’èsse Walon!
    3. On s’veût vol’tî inte frés dèl Walon’rèye
    Et l’on-z-èst prèt’onk l’aûte a s’diner l’main;
    On s’fait plaisir bin sovint sins qu’on l’dèye,
    Nouk ni s’hågnêye qwand c’èst qu’i vout fé l’bin
    Li tcharîté qui mousse èl mohinète
    N’î va qu’al nut’ avou mèye précôcions;
    Li pô qu’on done on nèl donne qu’è catchète:
    Vola porqwè qu’on-z-èst fîr d’èsse Walon!
    Li pô qu’on done on nèl donne qu’è catchète:
    Vola porqwè! Vola porqwè qu’on-z-èst fîr d’èsse Walon!
    4. Pitit payîs, vos qu’a tant d’grandeûr d’âme,
    Nos v’s-inmans bin, sins qu’nos l’brèyanse tot haut;
    Qwand on v’kidjåse, ås-oûy montèt nos låmes
    Et nos sintans nosse coûr bate a gros côps!
    N’åyiz nole sogne èt vikése è liyèsse
    Di vos èfants lès brès èt l’coûr sont bons,
    Et nos avans lès dj’vès fwèrt près dèl tièsse:
    Vola porqwè qu’on-z-èst fîr d’èsse Walon!
    Et nos avans lès dj’vès fwèrt près dèl tièsse:
    Vola porqwè! Vola porqwè qu’on-z-èst fîr d’èsse Walon!

    1. Très jolie réponse, aux talents, dirais-je, dignes d’un meilleur objet.
      Car le patriotisme quel qu’il soit est un poison, et j’ai Brassens avec moi: « Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part. »
      S’il est humain et souhaitable que chacun aime son pays, de naissance ou d’adoption, il est un devoir de discrétion et de modestie qui devrait s’imposer quand ce pays reçoit par instant la grâce d’une réalisation d’exception.

  6. ….Et si ce soir, il y a une chose qui me soulage, c’est de voir les artisans de la destruction de notre pays tous occupés à manger leur chapeau…
    Le doigt sur la couture de leur pauvre froc ils sont tous prêts à renier leur âme et ce qu’ils nous ont imposé…. Pour le veau d’or….
    Jamais je n’aurais imaginé lire ceci :

    Pour Stefan Cornelis, une nouvelle réforme de l’Etat est nécessaire
     
    Le député bruxellois Stefan Cornelis (Open VLD) a estimé que «le Ceta a montré que nous nous sommes heurtés aux limites de l’état fédéral. Pour éviter cela à l’avenir, nous devrions re-fédéraliser lors d’une prochaine réforme de l’état la procédure de ratification des traités internationaux. Avec éventuellement un avis non-contraignant des régions».

    Le ministre flamand de la Mobilité et des Travaux publics, Ben Weyts (N-VA), blâme le système de la Belgique. «Le bon côté des choses maintenant, c’est que le monde connaît le problème du pays Belgique, à savoir qu’il y a deux pays», a-t-il écrit sur Twitter.

    Alexander De Croo: «Une erreur historique»
     
    Le vice-Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) craint un scénario qui se révélerait «pire que le Brexit». Pour lui, ce serait une «erreur historique» de ne pas signer le Ceta. « Et ça pour un pays qui a été l’un des fondateurs de l’Europe et qui a toujours appelé à une plus grande intégration européenne», a-t-il souligné.
    «Il faut comprendre ce qu’on fait», a continué De Croo. «Cela signifie que l’Union européenne ne peut plus mener des discussions au nom des pays membres, parce que chaque accord peut être remis en question par une des régions»…….

    Bande de clowns SCHIZOPHRENES !!!!
    Vola porqwè qu’on-z-èst fîr d’èsse Walon!

    1. Une erreur historique? Non, une opportunité de passer à l’Europe des Régions la seule qui soit capable de décentraliser le pouvoir, de relocaliser la production en donnant du pouvoir au citoyen.
      C’est l’occasion de dépasser cette économie exclusivement de marché qui ne fait que de grossir à l’infini, ce qui est impossible tout le monde en conviendra.
      Ces accords ne feront que de concentrer encore plus l’argent dans les mains d’un nombre restreint, c’est cela qu’il faut combattre.
      Les Wallons ont la chance d’avoir eu tôt cette liberté, il ne faut pas la galvauder.
      « Et nos-avans dès libèrtés timpèsse: »
      Et tôt nous avons des libertés (avant les autres). Aidez nous à les garder.
      Je souhaite à chaque département Français à avoir de telles libertés.

      Nous devons passer de la hiérarchie au réseau.
      https://www.youtube.com/watch?v=JcYKFs6uCSo
      Sur le coup, Marc Halévy a raison.

      1. Fédéralisme ne veut pas heureusement dire régionalisation ( les régions sont des proies idéales pour la logique « économique » du moment).

        Mais ( encore faudra – t-il dire de quelle forme de fédéralisme on parle ,car la panoplie est large), le fédéralisme sur lequel les anarchistes ont travaillé sans trouver la bonne « cuisine », est un des outils principaux pour articuler le passage des nations à l’état-monde , qui lui est un « passage obligé » .

        Si l’on veut que la démocratie y survive et même l’anime , ce qui ne semble pas être dans les missions que s’octroient nos dirigeants mal élus .

      2. « passer de la hiérarchie au réseau »

        Marc Halévy parle ici du travail (qui disparaît…). Pour l’Europe, la question est davantage de définir quel type d’Etat et quel fonctionnement, fédéral ou non, ou autres. Le problème est que l’Europe n’est pas un Etat, pas plus un Etat fédéral, par certains côtés une sorte de confédération.

        Une puissance publique fonctionnant en réseau, je ne vois pas très bien : qui avec qui ? Et surtout quels organes de pouvoirs participent aux décisions et comment ? Le fonctionnement en réseau me paraît n’être qu’un moyen. Un Etat fédéral fonctionne par « étages superposés » d’organes institutionnels qui participent aux décisions, avec une souveraineté partagée (ce dernier point est certainement une difficulté).

        Nous n’allons pas rejoindre le rêve de Lénine qui voit disparaître l’Etat au prétexte que, naturellement, l’homme s’habitue graduellement « à respecter les règles élémentaires de la vie en société, (….), à les respecter sans violence, sans contrainte, sans soumission, sans appareil spécial de coercition qu’est l’Etat ». N’est-ce pas ? Ce miracle sera possible, selon lui, dès que les hommes seront « délivrés de l’esclavage capitaliste ». Vu d’ici et maintenant, c’est un peu drôle;-) J’évoque le projet de Lénine car « le réseaux » me fait penser à un autre fil de discussion où il était question que tous les citoyens votent chaque décision par les réseaux sociaux. Mais ce n’est sans doute pas votre idée.

    2. Quand la danse ne convient pas aux multinationales, elles obligent les politiques à changer de musique.
      Pour le veto wallon, cette région a été tellement saccagée par le capitalisme tout puissant que le moment est arrivé de ruer dans les brancards; pas de rétorsion possible, cette région n’a plus rien à perdre et tout à gagner par une lecture attentive d’un traité léonin, le CETA, qu’elle refuse.

    3. « Bande de clowns schizophrènes », bravo Martine, en plein dans le mille. Parfois le langage imagé supplée parfaitement aux vaines analyses…

  7. S’il ne s’agissait que de répondre au Monde, cela ne serait pas très important. Mais on peut s’attendre à des mesures de rétorsion des financiers et des marchés, ce qui serait plus grave : le rapport de force serait totalement inégal, et la solidarité des autres européens improbable. Je n’ai pas de moyens d’évaluer ce risque de rétorsion. Mais effectivement, notre région est déjà un citron pressé puis jeté, de l’industrialisation, à commencer par le Borinage, puis le sillon Charleroi-Liège. Doit elle encore montrer patte blanche pour espérer des cadeaux ?
    Et il faut souligner que les Régions belges sont celles dont le pouvoir est le plus proche d’un Etat, davantage que les Lands allemands et les Régions espagnoles. C’est sans doute l’effet d’un état central se transformant en fédéralisation a posteriori, dans un mouvement centrifuge. D’où l’incompréhension (stupide) des médias étrangers.
    C’est ainsi la région la plus dotée de pouvoir, mais aussi n’ayant pas grand chose à perdre (bien que : elle a un commerce important avec le Canada), qui a pu et dû assumer le rôle de caillou dans la chaussure.
    Enfin, non, le conflit linguistique n’est pas immémorial et l’Etat belge n’est pas « artificiel » : ce sont les résultats d’une histoire (qu’on ne réécrit pas) qui font notre réalité. Les Pays-Bas surgissent comme « refuge huguenot » après 70 ans de résistance, l’Alsace-Lorraine reste dans un ballotement dont la Belgique parvient à sortir à un moment propice.

  8. Juste pour dire qu’ILS ne renonceront pas.
    C’était au siècle dernier de 1995 à 1998. Ci dessous les principales critiques adressées à l’A.M.I. ( Accord Multilatéral sur l’Investissement) à l’époque.

    Texte Wikipedia :
     » Ci-dessous, la liste non-exhaustive des critiques faites à ce projet qui permettait :

    – à une multinationale d’assigner en justice des gouvernements pratiquant le protectionnisme ou la préférence nationale, établissant des différences de traitement suivant la nationalité de l’investisseur ou créant des conditions de concurrence déloyale ;

    – à une entreprise de tenir le gouvernement pour responsable de toute entrave à son activité (ex : manifestations, grèves…) ; l’État se retrouve donc le responsable légal et est obligé d’indemniser l’entreprise.

    Il remet en cause :
    – diverses lois d’aides aux régions en retard de développement ;
    – certaines lois d’aide à l’emploi, pour les travailleurs handicapés par exemple ;
    – des lois sur la protection de l’environnement ;
    – des lois favorisant le développement local, notamment dans les pays du Sud ;
    – la Convention de Lomé favorisant les anciennes colonies d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique ;
    – le principe de souveraineté nationale.
    L’AMI introduit diverses obligations pour les gouvernements mais aucune pour les investisseurs. »

    Le texte à été abandonné en 1998 suite à l’opposition de la France de l’époque (gouvernement Jospin).
    Les choses ont bien changé… pour la France.

  9. Bande de clowns SCHIZOPHRENES !!!!

    Oh que c’est bon à lire Martine-Brxl!
    Et peut-être n’y a-t-il qu’un wallon (ou une wallonne) que pour s’exprimer aussi franchement.
    Je signale à nos lecteurs français, que des Wallonie il y en a beaucoup et que celle que j’ai quittée n’avait rien d’ouvriériste mais alors rien du tout. A fuir! C’est ce que j’ai fait.
    Je suis un mi-bruxellois mi -wallon et me trouve mieux au-delà de la frontière, allez savoir pourquoi.
    C’est un pays que j’aimais.

  10. Ils ne renonceront pas. Je suis d’accord. Une fois encore Dracula a été Brûlé par un peu de lumière. Ce qui m’étonne c’est qu’un seul non ait été prononcé. Pourquoi? Et aussi pourquoi le non vient il du bas . Pourquoi les super puissants de l’Europe sont ils d’accord avec ce traité? Ils sont censé défendre l’Europe non?
    J’espère que ce non est bien un non de fond et qu’il sera durable. J’espère que la prise de conscience de nos politiques qu’ils sont en train de perdre le contrôle de leurs pays respectifs, juste bons à faire respecter les lois et a jouer le mauvais rôle pendant qu’au dessus les rires fusent, hors la loi eux. Le politique a deux choix ou bien soutenir le citoyen ou bien vivre pépère encore quelques années avant d’avoir perdu presque toute vraie responsabilité.
    Il faut du courage pour oser créer. Il faut du courage pour enfin prendre des risques politiques. De vrais risques. Ceux qui conçoivent ce genre de traités sont des gens d’affaires habitués aux stratégies Des Mittals..
    Et puis, même si je suis pour le commerce, comment pensez vous qu’il soit possible de concurrencer une ferme qui dispose d’un économie d’échelle cent fois supérieure aux nôtres ici en Belgique ou dans chacun de nos pays vus répartements?
    Si cela se signe, je parie que nous allons créer des fermes ( je ne parle que d’agriculture) gigantesques avec des superficies couvrant plusieurs pays pour faire baisser les prix .
    Ce traité est une forme de robotisation c’est de l’huile pour les rouages. Faut que ça glisse.

    1. @ Etienne dit : 24 octobre 2016 à 22 h 25 min

      « J’espère que la prise de conscience de nos politiques qu’ils sont en train de perdre le contrôle de leurs pays respectifs, juste bons à faire respecter les lois et a jouer le mauvais rôle pendant qu’au dessus les rires fusent, hors la loi eux. Le politique a deux choix ou bien soutenir le citoyen ou bien vivre pépère encore quelques années avant d’avoir perdu presque toute vraie responsabilité. »

      Je partage votre avis. Par contre je ne pense pas que tous nos politiques, et que tous ceux qui les élisent, aient pu prendre conscience de ce qui se passe, pour la bonne et implacable raison qu’ils n’ont pas compris les mécanismes de base (physiques et biophysique) qui font marcher le monde vivant auquel nous appartenons, tout en étant soumis aux dures lois de la nature.
      Beaucoup de gens, et même l’immense majorité, qu’elles appartiennent à la catégorie des politiques ou à celle de leurs électeurs, basent leur comportement et leurs actions en fonction des croyances et idéologies souvent simplistes auxquelles ils se rallient. Or, ils devraient au préalable chercher à comprendre par eux-mêmes en s’en faisant une représentation réaliste, quels sont les mécanismes (physico chimique) qui gouvernent la transformation et l’évolution du monde en le faisant progresser sur l’échelle du temps vers son inexorable extinction.

      Le schéma et pourtant simple et facile à comprendre.

      Au départ de tout il y a « l’environnement » accessible. Il constitue « le capital » des êtres vivants qui, d’une façon ou d’une autre, l’exploitent plus ou moins à leur profit, pour vivre et se perpétuer, c’est-à-dire pour évoluer et progresser sur l’échelle du temps vers leur inexorable extinction, individuelle d’abord, puis collective lorsque l’espèce humaine disparaîtra.
      Ces exploitations de l’environnement ne peuvent se faire qu’en transformant le milieu par la mise en jeu, plus ou moins efficace, d’une certaine quantité de travail pendant un certain temps, ce qui correspond à une certaine quantité d’énergie et de matières irrémédiablement consommées.
      Ceux qui prônent de travailler plus et non de travailler moins, dans une semaine (exemple semaine de 35h payées 39) ou dans une vie(retraite à 60 ans au lieu de 65) et ce, dès le plus jeune âge, se donnent plus de chance de rester compétitifs et de survivre dans un monde vivant qui depuis toujours sélectionne ceux qui sont les plus forts et les moins vulnérables.

      http://www.scienceshumaines.com/ecole-cette-fois-le-niveau-baisse-vraiment_fr_23509.html

      Les pays qui prônent l’amélioration continue de la productivité, y compris dans les travaux de gestion, d’administration et de management, en développant de grosses structures efficaces, se donnent de meilleures chances de survivre avec un bon niveau de vie (travaux agricoles sur de grandes surfaces et des moyens de production performants, par exemple)
      Mais tous les espaces ne conviennent pas à ce modèle. Il appartient donc à chaque pays de cultiver ses atouts de sorte à ce que par son travail il se démarque favorablement de ses concurrents mondiaux. C’était encore bien compris par certains politiques qui avaient connu les 30 glorieuses.

      http://www.dailymotion.com/video/x7hahj_georges-pompidou-1er-ministre-1967_news

  11. Depuis 7 ans que dure cette mascarade du CETA, et que l’on nous vante les avantages de ce projet, personne parmi nos dirigeants européens ne s’est posé la question de savoir qui de l’UE ou du Canada avait vraiment besoin de cet accord.
    L’argument du bon accord équilibré qui nous est servi par les politiques de tous bords et les médias est en fait terriblement déséquilibré.
    Population de UE : 510 millions
    Population du Canada : 36 millions
    PIB de UE : 16 210 milliards de dollar US
    PIB du Canada : 1 550 milliards de dollar US
    Nous allons ouvrir un marché de 510 millions d’européens au business nord américain alors que nous aurons accès à seulement 36 millions de canadiens (14 fois moins de potentiel client).
    Pour le PIB le rapport est de 1 à 10.
    Ce simple constat de base devrait inciter tout négociateur européen à ne rien céder sur les valeurs, les normes et les principes qui font l’Europe.
    Le canada et surtout les multinationales nord-américaines ont beaucoup à gagner dans cette affaire, par contre, l’UE très peu.
    Le simple fait d’accepter la justice arbitrale, qui est par définition discrète, voire opaque (affaire Tapie est la pour nous le rappeler), montre que nos négociateurs et nos élites européennes ont capitulé devant les lobbies du business alors qu’ils avaient tous les atouts en main pour s’imposer.
    Sont-ils naïfs, incompétents, corrompus, ou les trois à la fois ?
    Une chose est certaine, ils sont franchement anti-démocratiques quand on observe les pressions que subissent actuellement les élus de la Wallonnie.
    Espérons qu’ils tiennent bon.

    1. On préfèrerait que vous nous parliez chiffres pour des choses dont vous avez une expertise reconnue, ceux de la CCAS, du PCF ou de l’Huma par exemple.

      1. Ou bien les chiffres sont justes et la remarque est hors propos , ou ils sont faux ou incomplets et on aimerait connaître les bons .

        Vigneron ne se cantonne pas lui même au vin ( même rouge)…

      2. Les calculs d’épicier pseudo-machiavélien d’un ex-trésorier du PCF sur les avantages d’un accord kantien ou pseudo-kantien avec plus petit que soi me laissent tout à fait froid.
        Mais on lui saura gré de ne pas avoir vendu la Joconde à moustache du PCF.
        http://www.humanite.fr/node/372476

    1. Si c’est le camionnage sans chauffeur qui est visé , je crois que l’affaire est beaucoup plus ancienne ( au moins 20 ans) aux States avec les convois de camions sans chauffeurs avec inter distance contrôlée électroniquement sur des « autoroutes » plus ou moins dédiées . Je ne sais pas si ça existe encore .

    2. AB Inbev est une multinationale belgo-brésilienne dont le centre de décision belge est Leuven, berceau Stella Artois, en… Flandre! Bon, on peut comprendre qu’un expert en vin se plante sur les questions de la bière… 🙂 .

      1. Je pense que le moment Magnette anti-Ceta va permettre de réaligner les intérêts de AB Inbev et autres avec ceux de la Commission, de Magnette et de Michel, si Vestager met un peu de Stella Artois flamande dans le cognac ou le pineau charentais qu’elle sirote probablement sur l’île de Ré.
        http://www.lemonde.fr/evasion-fiscale/article/2016/01/11/le-regime-fiscal-belge-favorisant-les-multinationales-juge-illegal-par-l-ue_4845172_4862750.html

  12. Quand je vais en Belgique, à Bruges par exemple, ville que j’adore, j’y vais régulièrement, j’évite par prudence de parler francais (j’ai déjà eu des petites problèmes à cause de ca), mais comme je ne parle pas un mot flamand, je me débrouille en allemand ou en anglais.
    Je trouve qu’il faut saluer le courage civique des Wallons. Les peuples de l’UE ne savent pas ce que les traités enveloppent.
    En résumé, il s’agit d’une guerre économique de facon « douce », silencieuse, une guerre menée des Etats-Unis contre l’Europe. L’objectif des Etats-Unis est la domination idéologique et surtout économique du monde, les traités font partie des armes pour y parvenir.

    1. L’objectif des Etats-Unis est la domination idéologique et surtout économique du monde,les traités font partie des armes pour y parvenir.

      Et donc, comme ils ne veulent plus entendre parler de traités commerciaux avec quiconque, Reps comme Dems, on peut conclure qu’ils souhaitent ardemment être dorénavant dominés.

    2. Le problème , ce n’est pas les traités , ils sont une grande partie de la solution .

      Le hic , c’est l’identification entre idéologie et économie .

      Vivent les traités politiques ,qui rendent compatibles les idéologies entre elles ( au moins celles qui signent), et les règles commerciales avec celles ci .

      Explicites , pas « implicites » et secrets .

  13. La Wallonie ne veut pas des normes unifiées entre l’UE et le Canada mais Magnette et Colmant vont pouvoir apprécier que l’UE envisage d’étendre à l’Union entière la norme fiscale wallone (belgo-wallone ?) de la déduction d’intérêt notionnel. Comme quoi, Magnette a bien fait de tarder à la faire disparaitre de la fiscalité belge… AB Inbev appréciera, Juppé aussi.
    http://www.lecho.be/economie_politique/europe_economie/Les_interets_notionnels_pourraient_etre_etendus_a_toute_l_Europe.9823493-3167.art?ckc=1&ts=1477429965

  14. Le mois dernier, ok pour Hinkley Point, 18 milliards de £ venant de France et de Chine, aujourd’hui, ok pour l’agrandissement de Heathrow, 16 milliards de £ venant d’Espagne, du Quatar, du Québec, de Singapour, de Chine et des USA. C’est l’automne portes ouvertes aux capitaux dits « the kindness of strangers » (comme les nomme Carney) au pays en exit de Miss May…

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