Compte-rendu de Paul Jorion, Misère de la pensée économique. Paris, Flammarion, 2015, par Giacomo di Tollo

L'auteur de ce compte-rendu (paru dans les Cahiers internationaux du symbolisme N° 143-45, 2016, pp. 464-65) me le communique en exprimant le souhait qu'il soit mis en ligne ici pour ouvrir une discussion. Je rappelle qu'il s'agit de l'édition de poche de Misère de la pensée économique, parue chez Flammarion en 2015, l'édition originale ayant été publiée chez Fayard en 2012. Ouvert aux commentaires.

Les éditions Flammarion proposent un nouvel ouvrage consacré à la crise, à la nécessité de changer le système capitaliste, et à la fin inévitable de l’espèce humaine, si nous continuons à malmener l’environnement et si le capitalisme ne devient pas « vertueux ».

Paul Jorion, anthropologue et économiste belge, a consacré de nombreuses publications à l’économie et à la finance, et maîtrise donc parfaitement son sujet. Dans ce cas précis, son raisonnement est le suivant : en 2005 déjà, il avait prévu la crise des « subprimes », et avait conseillé diverses mesures, jamais prises en compte. Les premières pages de l’essai rappellent comment Jorion avait alors pu anticiper la catastrophe. Le premier chapitre, Le cadre général, replace les choses dans leur contexte : après les premières apparitions de vie sur Terre, l’être humain s’est développé. Doté d’un cerveau plus complexe que le cerveau reptilien, l’homme a rapidement pris conscience de sa mortalité, et a développé des comportements sociaux. Il a créé des institutions, codifié le droit et développé la (les) morale(s). Et c’est à travers ces moyens qu’il faut aider la finance à devenir « vertueuse ». Jorion parcourt ensuite son expérience professionnelle dans la finance et dans d’autres milieux exotiques (communautés de pécheurs en Afrique et en Bretagne), et expose plusieurs théories économiques et financières, à la fois celles qui ont servis de base de ses propres idées, et celles qui s’y opposent. Aussi parvient-il, à la fin du livre, à formuler clairement ses réponses non pas à la crise, mais à la « misère » du système capitaliste actuel : il faut adopter les principes de respect pour la planète, de redistribution de la richesse et de gestion adéquate de la complexité. Bien plus, il parvient également à identifier des moyens techniques pour y arriver : harmoniser les salaires et diminuer l’accès au crédit ; bannir la spéculation ; mettre « hors d’état de nuire » les paradis fiscaux, abolir les privilèges des personnes morales par rapport aux personnes physiques ; redéfinir l’actionnariat comme créance et non comme propriété ; éliminer, en bourse, les opérations à haute fréquence, le concept de « prix de transfert » et les « stock options ».

Jorion maîtrise parfaitement, nous l’avons déjà indiqué, les sujets abordés dans son essai. Une maîtrise qui rend son exposé non seulement convaincant, mais passionnant. Plusieurs incursions biographiques dans la finance montrent que la réalité peut se révéler aussi intéressante qu’un film sur le sujet, et les théories économiques – de Smith à Marx – sont exposées de manière à susciter l’intérêt à la fois du « practitioner » expérimenté et du néophyte, soucieux de s’intéresser aux grandes questions d’actualité économique et financière.

Mais comme tant d’auteurs expérimentés, Jorion désire aussi se présenter comme « celui qui a prévu la crise des subprimes ».  Il faut néanmoins remarquer que les signaux de crise (ou, au moins, les indicateurs de baisse des valeurs du marché) avant 2008 ont été repérés par de nombreux scientifiques. Nous-même, dans des travaux menés avec l’Université de Genève, avons bien montré une diminution des valeurs des portefeuilles, due à l’utilisation de « short-selling ».  Il convient donc de nuancer les affirmations de Paul Jorion : l’émergence de la crise est chose bien argumentée et partagée dans la communauté scientifique. Dans notre « système », les crises font partie du processus, elles n’en constituent pas la négation. Et Jorion le sait très bien, puisqu’il s’appuie précisément sur le paradigme de la propriété, dont l’effet est la concentration de la richesse. La Révolution Française n’a pas souhaité modifier ce paradigme, et toutes les expériences qui ont voulu le supprimer ont amené à des conséquences bien pires, voire catastrophiques. Par conséquent, y a-t-il réellement « misère » dans la pensée économique ? Le livre, en proposant ses solutions, dénonce plutôt la misère de la pensée politique, qui n’a pas voulu considérer les mises en garde de Jorion, toutefois bien connues dans les milieux financier et économique.

Nous le comprenons aisément : Misère de la pensée économique offre au lecteur d’intéressantes pistes de réflexion, mais ne le convainc pas de la faillite de la pensée économique. Le capitalisme trouvera certainement une solution pour maintenir son existence, sans en arriver à une guerre ou à une révolution.

Nous regrettons également que l’ouvrage n’ait pas répondu à certaines questions. Jorion, généralement considéré comme un expert de la complexité, rapporte : « nous, organismes végétaux et animaux, constituons les solutions extrêmement variées que l’organisation a trouvées pour se perpétuer en dépit de l’entropie » (p.18). Ce concept mériterait davantage d’explications, puisque les organismes végétaux ont pour effet de réduire l’entropie, contrairement à tout autre processus. De même, Jorion précise : « en 1885 a été abrogée l’ordonnance de 1629 sur l’exception de jeu, qui prohibait de fait la spéculation en interdisant au gagnant d’un pari de se tourner vers la loi pour que justice lui soit rendue au cas où le perdant refuserait de lui verser l’enjeu promis » (p.13). Certes, le fait est avéré. Toutefois, ces dispositions concernent uniquement la France : en Italie, par exemple, les dettes de jeu sont encore « non protégées » par la loi. Si la complexité joue un rôle si important, nous ne pouvons, dès lors, limiter l’analyse à un seul pays. Nous espérons donc vivement que Jorion reprendra la discussion sur son blog.

Giacomo di Tollo
Université de Venise

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34 réflexions sur « Compte-rendu de Paul Jorion, Misère de la pensée économique. Paris, Flammarion, 2015, par Giacomo di Tollo »

  1. Cher monsieur,

    Vous écrivez, je cite : « Si la complexité joue un rôle si important, nous ne pouvons, dès lors, limiter l’analyse à un seul pays. »

    Eh bien si !

    Un système complexe observé parfait ne doit pas présenter le moindre agent autonome. Dès lors qu’un agent du système se simplifie, se radicalise, se complique (hasard), inutile de perdre son temps à regarder tout autour puisque l’intégrité même de ce système tout entier est d’ores et déjà rompue du fait de la mise en évidence de ce seul agent !

    Et c’est bien là l’essentiel que nous apprend l’analyse systémique globale en « temps réel » ! Et c’est bien là aussi, hélas, ce que ne comprennent toujours pas, TOUS ceux qui croient être actuellement aux commandes dudit système d’ores et déjà en proie depuis trop longtemps, à un choc de complication/simplification sans précédent, et ceci, quel que soit le sujet abordé : géologie, chimie, biologie, énergie, climatologie, économie, stratégie, philosophie, psychologie, etc…

    Rq. De la même manière d’ailleurs, qu’un organisme végétal ne présente en rien les comportements d’une cellule cancéreuse…

    Aussi, face une telle diminution de l’entropie en découlant, à défaut de pouvoir ici atomiser la France entière (ce qu’aucun lecteur du Blog de Paul Jorion ne souhaite bien évidemment), l’Italie partage bel et bien avec la France, qu’elle le veuille ou non, le même système complexe observé devenu hélas bien compliqué depuis trop longtemps…

    Dit autrement, le repli sur soi n’est PAS la solution !

    Il ne le sera JAMAIS !

    Bien cordialement,

    Philippe Soubeyrand

    1. « Un système complexe observé parfait ne doit pas présenter le moindre agent autonome »
      Définition d’un système qualifié de « complexe » :
      Un système complexe est un ensemble constitué d’un grand nombre d’entités en interaction qui empêchent l’observateur de prévoir sa rétroaction, son comportement ou évolution par le calcul. Aucun rapport donc avec l’autonomie supposée d’une entité parmi d’autres, puisqu’il y’a forcément interaction entre-elles.

      Notez bien que Mr Soubeyrand, Dieu du climat parmi les siens, sait lui ce qu’est un système complexe imparfait, ça lui permet surtout de raconter n’importe quoi pour faire valoir son nom sur le blog de Paul Jorion.

      1. Les structures complexes de parenté rassemblent les systèmes de parenté qui ne déterminent pas par des règles positives le choix du conjoint, mais se contentent d’édicter des règles négatives qui précisent les limites des impossibilités de mariage.

        C’est une définition basique, qui offre une prédictibilité concernant les règles négatives, et statistiquement de probabilité pour les règles positives. Mais le sujet est réputé libre-arbitre, autonome, j’en passe et des meilleures…

    2. Bonjour monsieur
      je cite: « Vous écrivez, je cite : « Si la complexité joue un rôle si important, nous ne pouvons, dès lors, limiter l’analyse à un seul pays. » Eh bien si ! »
      et: « Dit autrement, le repli sur soi n’est PAS la solution ! »

      ça me semble que les deux choses ne vont pas trop ensemble, ou bien je me trompe?

      1. Oui, ça fait mal aux yeux hein ? Question d’accoutumance. C’est que vous ne connaissez pas suffisamment l’auteur des lignes, un amoureux de la simplissime complexité dont vous, mauvais esprit embrouilleur, vous acharnez à ravaler la délicate harmonie vers les tréfonds de la binairissime complication.

  2. « Nous-même, dans des travaux menés avec l’Université de Genève, avons bien montré une diminution des valeurs des portefeuilles, due à l’utilisation de « short-selling ». »

    Oui certainement, je ne suis pas le seul à avoir constaté que les choses n’allaient pas bien en 2006. Mais je suis, à ma connaissance, le seul à avoir rédigé un ouvrage (de 250 pages) publié en janvier 2007, Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte) consacré essentiellement au secteur immobilier américain subprime, et affirmant que ce secteur allait causer « une crise majeure du capitalisme américain ».

    Je ne prétends donc pas que personne n’a parlé de crise possible en 2006 ou 2007 (il y a tous les jours des gens qui annoncent une « crise possible ») mais je continue de revendiquer le titre de « celui qui a prévu la crise des subprimes », en affirmant clairement : « subprime va causer crise ».

    VERS LA CRISE DU CAPITALISME AMÉRICAIN ?, de Paul Jorion

    LE MONDE ECONOMIE | |Par A. de T.

    Anthropologue, économiste et spécialiste de l’intelligence artificielle, l’auteur, qui vit en Californie, décrit la crise qui menace le capitalisme financier américain : endettement excessif des ménages et de l’Etat, déficit extérieur abyssal, bulle immobilière en voie d’éclatement.

    L’auteur rappelle aussi les affaires de manipulations de cours et des comptes qui ont secoué le capitalisme outre-Atlantique au début de la décennie. Il analyse sans concession le fonctionnement de la société américaine, son orientalisation individualiste née de décennies de prospérité et sa dureté à l’égard des plus faibles. S’il reconnaît à l’économie américaine sa capacité exceptionnelle d’innovation, Paul Jorion souligne que la crise guette et il en analyse les enchaînements probables. La Bourse ne représente en fait que 20 % de l’enrichissement des ménages américains depuis les années 1980 contre 60 % pour l’immobilier, soutenu par un ensemble de politiques gouvernementales, en fait extrêmement interventionnistes. « La spéculation immobilière touche à ses limites dès lors que l’augmentation des prix de l’immobilier décolle par rapport à des revenus qui stagnent et que se multiplient les faillites personnelles. Si l’Amérique s’écroule, le monde tremblera », met en garde cet Américain d’adoption.


    (La Découverte, coll. « Recherches/Mauss » – Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales -, 256 p., 20 €).

    A. de T.

    1. Je ne connais pas en effet d’autres ouvrages, mais l’opinion que les subprimes pouvait causer des crises était prise en compte (évidemment, avec beaucoup d’autres et leur contraire) par les practicioners, et aussi par la presse, voir par exemple

      http://www.economist.com/node/8424086

      Vous avez sans doute (Paul Jorion) le grand mérite d’avoir bien formulé des prévisions en vous basant sur des données et non pas sur des idées a priori, ce qui est de moins en moins le cas dans le milieu et dans des milieux voisins.

      Mais je me (vous) demande: est-ce que l’intelligence artificielle vous a aidé dans ce parcours? et: est-ce qu’il y a d’autres prévisions qui se sont avérées moins vraies?

      1. Bien entendu, à mesure que l’on se rapprochait de la crise, des articles commençaient à mentionner les subprimes. L’article de The Economist est publié 6 semaines avant l’effondrement du prix des ABS à la mi-février (mon premier billet ici). Mais vous trouverez un article publié dans la Revue du MAUSS en 2005, qui annonce la crise des subprimes et cet article est alors un chapitre de mon manuscrit Vers la crise du capitalisme américain ? qui ne trouve pas d’éditeur.

        Sur la question de l’intelligence artificielle, quand je quitte ce domaine en janvier 1990 pour entrer dans une banque où l’on me demande de créer un logiciel de trading automatisé (le précurseur du High frequency trading), j’utilise bien entendu toutes les techniques de mathématiques appliquées qui sont dans ma boîte à outils, mais il n’y a pas de transposition du logiciel ANELLA que j’avais mis au point pour British Telecom.

        Ai-je fait d’autres prédictions du même genre que la crise des subprimes, et qui se serait révélées fausses ? Dans trois semaines paraît Se débarrasser du capitalisme est une question de survie, le recueil de mes chroniques dans Le Monde et Trends-Tendances, on y trouve beaucoup de phrases du genre : « La BCE doit prendre des mesures immédiates, sans quoi l’euro est en péril », mais ce n’est évidemment pas de cela que vous parlez. La seule prédiction que je fasse avec le même degré de conviction qu’une crise provoquée par les subprimes, est celle où j’annonce l’extinction de l’humanité dans deux ou trois générations.

  3. C’est proverbiale, « Avec des si on mettrait Paris en bouteille », à Venise où Giacomo di Tollo exerce on use du tonneau des Danaïdes.
    Si ma tante en avait on l’appellerait mon oncle, et si mon oncle en était on l’appellerait ma tante, tranchait DAC, qui aurait ri de « si le capitalisme ne devient pas « vertueux ».
    La droiture du capitalisme en acte volens nolens, c’est le tableau qu’offre notre monde.
    À « Misère de la pensée économique », Jorion aurait pu ajouter « richesse de l’économie politique » ça aurait coupé court à questions…
    Si les femmes peuvent être de petite vertu, les hommes jamais.
    Son antonyme le « vice » dit bien le moralisme ambiant, bien/mal, et enjeux de jouissance sous-jacent. La terminologie moderne voisine serait psychopathe, sociopathe, et aucune société à structure complexe de parenté n’y échappe, pas plus qu’à produire quelques fous.
    C’est dire que la classification Vice/vertu – normopathe/psycho-sociopathe est relative à sa temporalité géopolitique. Sans doute quelques scandinaves protestants ont-ils le culte d’une discipline de soumission aux règles sociales en vigueur qu’on retrouve mal plus au sud, mais ça ne règle pas pour autant chez eux la concentration du capital, même si c’est apaisant façon souhaits keynésien.

      1. Monsieur Giacomo di Tollo,
        Très gentil à vous de prendre le temps de lire + de répondre, tous n’ont pas cette courtoisie.

        Si les propositions théoriques de Jorion (que vous nommez solutions) ne m’étaient pas sympathiques et ses tentatives pédagogiques dans les cercles décisionnels louables, comme me touche aussi son souhait d’être occupé à temps plein + sa demande justifiée de reconnaissance,+ sa volonté de sauver le monde de sa disparition, j’aurai cessé toute curiosité.

        Cependant dès ma prise de conscience de sa stratégie de faiseur d’opinion à haut bruit pour atteindre « les masses » via propagande en ligne, conférences, interventions audio video, enseignement public, éditions (j’en oublie…), et à niveau plus feutré dans les cercles de pouvoir politico-économique, j’ai douté non pas du succès à venir de ses analyses et de leur popularité partagée (et des traces semblent lisibles dans certains programmes politiques) mais de l’incidence en acte pour ceux qui sont aux commandes politiques et/ou économiques.
        De ce point de vue le bilan semble poli et maigre pour le moment, et ça confirme à mes yeux que le système capitaliste n’est pas réformable en terme de morale vertueuse, car ce n’est pas dans ses fondements, au contraire du système annoncé dès la fin du 18ème sous le terme de socialiste, ce qui suppose quelques ruptures qu’en aucun cas nos élites aux manettes ne sauraient proposer comme « solution », j’ajoute aux malaises, pour reprendre votre terme.
        Le hiatus à mes yeux est lisible récemment dans les déclarations de P. Jorion considérant que le programme d’un candidat aux élections présidentielles françaises est « excellent » mais s’attachant plus ensuite à douter de la qualité de celui qui le porte pour le compte de ses supporters, jusqu’au point d’appeler semble-t-il à voter pour un autre programme et candidat. Est-ce que dire encore que ce que j’ai lu de Jorion à propos de Keynes semble relever du même schize présent chez Keynes lui-même, vous éclairera ?
        La révolution française n’a jamais été seulement française, et la révolution russe n’a jamais été seulement russe. L’imperméabilité des cloisons nationales est un mythe et si les idées circulent à la vitesse de la lumière, leurs effets subjectifs restent lents. Soyons patient, l’avenir est toujours devant nous…

  4. « …les organismes végétaux ont pour effet de réduire l’entropie,… »
    Non !
    Comme tout processus utilisant l’énergie, la vie la dégrade, ce qui se mesure par l’entropie.
    M Tollo confond la réduction d’entropie avec l’augmentation de la complexité, que la vie (pas seulement et pas seulement végétale) produit (lire Prigogine, les structures dissipatives).
    Ceci dit, j’ai lu ce livre de P Jorion ( ainsi que d’autres -y compris le « dernier.. »). M Tollo le résume bien. Mais je voudrais parler d’un fait essentiel: PJ étudie les crises chez les africains et chez les pêcheurs: il s’agit de crises démographiques: l’agrandissement de la tribu comme de la famille oblige à se séparer vers de nouvelles terres ou un nouveau chalutier. PJ observe que JAMAIS, la vraie cause de la séparation (= la démographie) n’est évoquée par les intéressés qui préfèrent accuser des disputes: mauvais sorcier, méchant frère.
    Ce phénomène existe au niveau mondial comme, en particulier, sur ce blog et chez PJ qui , dans le même ordre d’idées compare très souvent l’humanité aux lemmings. mais n’aborde jamais la démographie comme facteur principal de l’extinction.
    Mais, rien n’y fait, le tabou nataliste est trop fort: vous refusez de voir la surpopulation comme cause majeure et préférez vous en prendre aux libéraux/capitalistes voire, comme un quelconque populiste, « au système ».

    1. @ Hadrien,

      Si la surpopulation est LE problème, commençons par éliminer les plus riches des occidentaux, puisque ce sont eux qui ont la plus forte empreinte écologique.
      Avec les ressources accaparées par 8 milliardaires, on pourrait faire vivre environ 3 milliards d’humains …

      1. Non Gagnot, avec les 480 milliards des 8 tu donnes 140 $ à chacun des 3,5 milliards, une fois. Avec les 5 % moyens de rendement annuel des 480 milliards tu lui donnes 7 $, par an.

      2. @ vigneron

        Gagnot ?? Peut être, mais ça permettrait de doubler leur capital. C’est énorme de doubler!

        Mais, c’est pas ça l’important.
        Je voulais surtout mettre en évidence le fait que certains gaspillent (c’est le terme le mieux approprié), beaucoup (c’est peu dire) plus que d’autres n’ont pour vivre.

        Si tous les habitants de la Terre consommaient autant que les 8 plus riches, combien pourraient vivre?… quelques milliers ?!! (je vous laisse le soin de compter…)

        Plutôt que de vouloir d’emblée réduire la population, on pourrait peut être voir s’il n’y aurait pas moyen de gérer/exploiter les ressources plus intelligemment…

        Vu le monstrueux gaspillage engendré par l’actuel capitalisme,
        qui n’est qu’une course à la maximisation du gaspillage de précieuses ressources, (plus con tu meurs, et ce sera déjà le cas: disparition de l’espèce) pour cause de croissance…,
        ça ne doit pas être difficile de faire mieux.

      3. @vigneron

        « avec les 480 milliards des 8 tu donnes 140 $ à chacun des 3,5 milliards, une fois. Avec les 5 % moyens de rendement annuel des 480 milliards tu lui donnes 7 $, par an. »

        Vous montrez là toute l’arnaque du capitalisme.

        Ce système ne s’intéresse qu’au rendement financier d’un investissement. Il en en ignore les aspects sociaux, écologiques, humains. (avec 480milliards, on pourrait en faire des choses dans les pays pauvres!….)

        Le pompon étant la disparition prochaine de notre espèce, car la valeur financière de notre planète est nulle! Notre planète n’est pas rentable, et peu importe donc qu’elle soit détruite du point de vue capitaliste! C’est hallucinant de bêtise, non?

        Les contre pouvoirs potentiels sont systématiquement combattus, car rien ne doit nuire aux affaires, (il n’y a rien de mieux que le libéralisme économique, comme vous savez…).

        Comme dit Jorion, des catastrophes surgissent de partout, mais on ne fait aucun lien entre elles, et surtout pas avec le capitalisme!
        Car la religion capitaliste dirige aussi notre système de pensée. Il faut croire. Les athées sont écartés par les croyants, qui partout dominent et contrôlent la pensée.

        Quel est votre avis là dessus?

    2. Faut revoir les cours de physio végétale, anabolisme et catabolisme, avant de causer entropie des végétaux.
      La source de néguentropie du végétal, par photosynthèse, est extérieure à la biosphère terrestre, et à la terre tout court. Les végétaux augmentent bien l’entropie, mais celle du système solaire, pas celle de la planète. Le bilan entropique du végétal est négatif dans le système terre.

      1. C’est vrai, comme toute forme de récupération d’énergie solaire, directe ou indirecte.

        Un barrage aussi a un bilan d’entropie négatif : il récupère l’énergie potentielle de l’eau remontée dans l’atmosphère par une évaporation dont le soleil fournit l’énergie.

    3. Bonjour monsieur
      non, je ne crois pas confondre la réduction d’entropie avec l’augmentation de la complexité, voir
      https://www.google.be/?gfe_rd=cr&ei=q9WcWNXWLJT98wfU8paoDA#q=Photosynthesis+entropy

      et c’est bien sur ce sujet que je voulais quelque réponses, car j’ai l’impression que dans des milieux similaires on donne pas la mm signification au terme « entropie ». Si bien que « réduction d’entropie » pour moi c’es  » réduction de la complexité », dont les organismes vegetaux sont résponsables par la Photosynthèse. Ce passage dans le livre me semblait un peu ambigu et j’ai voulu le signaler.

      1. La notion d’entropie ne nous aide de toute façon pas dans ce débat sur l’extinction. Les sciences s’empilent:
        La physique (avec l’entropie) soutient la chimie, qui soutient la biologie qui soutient …

      2. « La notion d’entropie ne nous aide de toute façon pas dans ce débat sur l’extinction. »

        C’est justement de cette notion là que nous avons le plus besoin pour résoudre le problème, la démographie étant un problème sous-jacent.

        Merci à vigneron d’écrire ceci « Le bilan entropique du végétal est négatif dans le système terre. »

        La biosphère est une structure dissipative d’énergie qui dissipe le plus possible, le mieux possible et le plus rapidement possible l’énergie solaire en la transformant de diverses manières (exsudas racinaires, évapotranspiration, transformation de la structure des plantes en humus). La biosphère évacue son entropie dans l’univers en créant de la négentropie (de l’information) et en ajoutant des poupées russes à chaque évolution.
        L’homme s’acharne à faire le contraire en découvrant le sol par l’urbanisation, la déforestation, la non couverture du sol en agriculture et la destruction des grands troupeaux d’herbivores.
        Un champ de maïs en conventionnel ne capte que 40 à 60% de l’énergie solaire qui alimente la parcelle.
        Si on veut sauver le genre humain il faut capter le plus possible et le mieux possible l’énergie solaire, en l’occurence par l’agroécologie.
        C’est la nourriture disponible qui décide du nombre d’humains sur terre.
        Par l’amélioration de l’agriculture le capitalisme agraire a augmenter le nombre de paysans, une partie a pu être utilisée dans les villes en vue de l’industrialisation. ( pas de bras, pas d’industrialisation)
        Avant l’industrialisation de l’agriculture (vers 1900) l’énergie solaire était prépondérante dans le domaine agricole et nourrissait 2 milliards de bons hommes.
        C’est l’industrialisation qui en remplaçant l’énergie solaire par les fossiles a augmenter les rendements et occasionner la croissance démographique (je passe le fait que le payement des rentes de toutes sorte à besoin de croissance)
        On sait que l’industrialisation de l’agriculture est dans l’impasse, il faut aller vers autre chose dépendant exclusivement de l’énergie solaire en adaptant la technologie actuelle.
        Ne connaissant pas l’efficacité de cette « nouvelle agriculture » personne ne peut dire à l’heure actuelle combien la terre peut porter d’humains.
        Si on en réduit le nombre à un milliard qui ne veulent pas voir l’importance de la thermodynamique de la biosphère, on est pas rendu. Il faut aussi savoir que la biosphère se fout de nous comme une guigne.
        Il y a déjà eu des extinctions, la nature s’en est chaque fois remise en prenant son temps et en créant du nouveau, ne pourrions nous pas nous y mettre aussi?

      3. Michel Lambotte,

        Aujourd’hui, l’agriculture n’est responsable que d’une « petite » partie du saccage.
        La plus grande vient de la production d’une incroyable quantité de choses nuisibles, inutiles, ou redondantes. (armement, publicité, transports, et tout le reste), qui n’est indispensables que au système.

  5. « Dans notre « système », les crises font partie du processus, elles n’en constituent pas la négation »

    Déjà là on est dans l’horreur économique, un système capitaliste entre autre responsable de deux guerres mondiales ne peut être érigé en « système pérenne » qui aurait vocation a être observable et démontrable par des lois de sciences économiques, le mot crise au lieu de guerre est tout à fait évocateur de la fausse science. Comme si la suppression d’un groupe de chimpanzé par un autre aidait vraiment à la conservation de cette espèce ! Ou comme si le mâle Ursus maritimus surpris en train d’éventrer un autre mâle aidait à la conservation d’un ours bien blanc sur la banquise. Ce que vous trouvez naturel est en réalité déplorable et n’a pas vocation à faire de la statistique morbide, que cela soit en haut de l’échelle du vivant, ou bien en bas : une crise économique signifie suppression de la vie et pas processus agencé chimiquement pour la fin de vie, ce qui était autrefois la mort qualifiée de naturelle.

    1. Monsieur,
      une « crise économique » signifie « crise économique ». Chacun y donne la signification qu’il souhaite, mais assimiler « crise économique » à « suppression de la vie » signifierait que les individus donnent à l’économie un rôle trop important. Et si cela est le cas, on ne peut pas s’étonner du fait que les acteurs économiques prennent la place des acteurs politiques.

      1. Pas faux, sans compter que réduire les trois décades de la guerre civile européenne, l’effondrement des vieux empires et les deux guerres mondiales subséquentes à une crise économique (laquelle d’ailleurs en 1914 ?), c’est un Everest d’économicisme indépassable.

  6. A propos d’entropie, cette grandeur thermodynamique ne peut que s’accroître qu’on la considère du point de vue classique(Clausius) ou statistique(Boltzman). C’est souvent la vision de Boltzmann qui est reprise. En généralisant on peut dire que l’entropie d’un système est d’autant plus élevée que ce système comporte d’éléments indépendants. Autrement dit l’entropie mesure le degré de complexité d’un système. On peut donc rapprocher, abusivement à mon sens l’état instable de la société capitalisme du nombre d’individus indépendants constituant cette société.
    Résumer cette instabilité à une démographie « excessive » est un abus intellectuel : c’est réduire, dans une vision très libérale, la société à une collection « d’états indépendants »(= êtres humains ).
    Il va falloir pourtant admettre que cette vision réductionniste est fausse par essence.
    Le modèle HANDY(produit par la NASA) met en évidence dans l’apparition des crises 3 types de facteurs :
    – a) la démographie ( qui possède un rôle effectivement)
    – b) la capacité de la planète à supporter les prélèvements qu’on lui fait subir (carrying capacity)
    – c) le gradient des richesses possédées entre les différents étages de la société. (plus le gradient est élevé plus le risque de collapsus est grand).
    Le modèle HANDY n’est pourtant d’une complexité outrancière mais suffisamment bien conçu pour faire apparaître des éléments non plus de portée statistique mais aussi sociaux bien que lus à travers un modèle mathématique.
    Réduire au seul a) la probabilité d’un collapsus est refuser de prendre en compte les facteurs humains et écologiques qui entrent en interaction.

    1. A Maris:
      « …Réduire au seul a) la probabilité d’un collapsus est refuser de prendre en compte les facteurs humains et écologiques qui entrent en interaction »

      Refuser au seul a)…aussi.

      Or c’est bien cette attitude (cad le refus de prise en compte du facteur démographique) qui reste majoritaire chez les « élites » – dont les jorionnistes. C’est pourquoi j’insiste sur ce facteur au risque que des « sages » y voient en mirage un abus intellectuel…

      Les autres facteurs me semblent suffisamment évoqués pour que j’en rajoute.

      Citons HANDY:
      « The two key solutions are to reduce economic inequality so as to ensure fairer distribution of resources, and to dramatically reduce resource consumption by relying on less intensive renewable resources and reducing population growth:  »
      https://www.theguardian.com/environment/earth-insight/2014/mar/14/nasa-civilisation-irreversible-collapse-study-scientists

      J’ajoute que je crois la NASA optimiste.

      1. Hadrien,

        Imaginez une communauté dont les ressources sont en voie d’épuisement, composée
        pour une petite partie, d’obèses qui bouffent absolument tout ce qui se trouve à leur portée, et
        pour la plus grande part, de miséreux qui ne consomment quasi rien, si ce n’est pour produire des choses pour les obèses.

        Vous aurez beau éliminer les miséreux que les obèses continueront de tout détruire.

        Ou est l’urgence:

        1- Changer le système qui régit le comportement de ceux qui bouffent tout ?

        2- Empêcher les miséreux de se reproduire ?

        En quoi le point 2 dissuaderait il les obèses de poursuivre leur œuvre de destruction?

      2. En fait, pour la plupart des gens, un système économique différent de ce qu’ils ont toujours connu est inconcevable. D’autant plus qu’ils sont âgés. Le niveau d’éducation ne change rien à l’affaire.

        Comme le disait un philosophe, les gens vivent et meurent avec le logiciel qu’on leur a mis dans la tête.

        Par contre, le désastreux spectacle du monde dans lequel ils naissent, fait que les jeunes adoptent spontanément un autre logiciel.

  7. A propos de l’article dans Nature Climate Change cité dans le temps qu’il fait. Le message n’est pas exactement celui annoncé dans la vidéo. Il serait plutôt de dire que les énergie renouvelables ne suffiront pas pour ne pas dépasser les 2°. Rien de neuf en fait.

    We find the recent slowdown in global emissions growth is due to reduced growth in coal use since 2011, primarily in China and secondarily in the United States. The slowdown is projected to continue in 2016, with global CO2 emissions from fossil fuels and industry similar to the 2015 level of 36 GtCO2. Explosive and policy-driven growth in wind and solar has contributed to the global emissions slowdown, but has been less important than economic factors and energy efficiency. We show that many key indicators are currently broadly consistent with emission scenarios that keep temperatures below 2 °C, but the continued lack of large-scale carbon capture and storage threatens 2030 targets and the longer-term Paris ambition of net-zero emissions.

    http://www.nature.com/nclimate/journal/v7/n2/full/nclimate3202.html
    Citations :
    http://www.nature.com/nclimate/journal/v7/n2/nclimate3202/metrics
    Reprises dans les médias grand public :
    http://www.nature.com/nclimate/journal/v7/n2/nclimate3202/metrics/news

  8. Rien à voir mais à propos du billet sur le club des 27, deux mots.
    1) Un suicidé est un suicidé, pas une victime d’overdose alcoolique ou autre ou d’accident consécutif à la prise d’alcool ou d’un autre stupéfiant quelconque. Aucun des membres du club exposés dans le billet n’est un suicidé excepté Cobain. Juste alcooliques et/ou toxicos.
    2) On observe bizarrement, et contrairement au message du billet, beaucoup de moins de suicidés en proportion dans le club des 27 que dans la population générale morte dans cette tranche d’âge. Il y a seulement 3 suicides avérés parmi les 31 membres du club des 27. Soit moins d’une mort pour dix. C’est le double dans la population des 25-34 ans en France (20 % des décès soit la deuxième cause de mortalité). Les accidents de bagnole et les OD font deux quarts des décès.
    Voilà, c’est tout.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Club_des_27
    http://www.unps.fr/le-suicide-en-france-2.html#_ftnref1

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