Échange à propos de « Vers un nouveau monde »

Vers un nouveau monde

Ouvert aux commentaires.

Le 3 septembre, 2017 à 23h28

Bonsoir Paul,

A propos de votre dernier livre « Vers un nouveau monde ».

En le lisant, j’ai ressenti la même impression que certains de vos lecteurs dont la réaction vous a déçu : je l’ai déjà lu. Vous y reprenez vos thèmes favoris, ordonnés d’une manière plus didactique. En caricaturant un peu, c’est moins un essai qu’un manuel. Mais il ne m’a pas déçu ! Seulement, à mon sens, il n’est pas vraiment destiné à votre lectorat habituel.

Dans votre vidéo « Le temps qu’il fait » du 25 août, vous donnez une explication au comportement adopté par certains de vos « pré-lecteurs ». Cette explication m’a fait sursauter. J’ai souri lorsque vous dites que (je vous cite) que « L’explication est dans le fait que pour la personne qui m’avait dit qu’elle avait arrêté de lire et baissé les yeux en le disant , […] c’est parce que ce sont des choses qu’ils savent déjà mais qu’ils ne veulent pas nécessairement se l’admettre ». Souligner de surcroît le fait que cette personne ait baissé les yeux pour appuyer votre propos est un argument bien faible. Pour vous avoir observé quelques fois, je sais que vous pouvez avoir des réactions tranchantes qui peuvent intimider.

Lorsque vous ajoutez que « On n’est pas à l’aise. En fait, on a honte ! On a honte… »,  je ne résiste pas au plaisir d’utiliser une formule que vous affectionnez ces derniers temps : « Freud, sors de ce corps ! ». Le registre de la culpabilisation, je le connais bien : j’ai été élevé dans un milieu très catholique, avec le péché originel en héritage. La honte comme explication, cela ressemble fort à une tentative de culpabilisation chrétienne à l’ancienne.

Le questionnement concernant le public-cible de votre ouvrage va rester d’actualité… Il devrait être analysé de manière moins subjective, ce me semble.

Cordialement,

Luc Baudoux

Le 4 septembre, 2017 à 6h43

Merci Luc,

Je suis en train d’écrire précisément le chapitre sur la culpabilité de « Qui étions-nous ? ». La culpabilité n’a rien à voir en fait avec une religion particulière, c’est le simple mécanisme qui nous permet de faire les choses assurant notre survie qui ne sont pas dans l’immédiat mais doivent être planifiées. L’homme est surpris et peiné de constaté sa culpabilité et sa honte s’il ne fait pas les choses planifiées, ou s’il est pris la main dans le sac de ne pas être la personne qu’il ou elle affirme être. Comme il ou elle ne comprend pas d’où vient cette culpabilité alors qu’il ou elle « n’a rien fait de mal », il ou elle inventera un jour le péché originel : nous avons mangé le fruit défendu, autrement dit nous payons pour un ancêtre ayant fauté. Même Freud croit à une fable de ce genre : les fils ont tué le père et l’ont mangé !

Oui, bien sûr, le dernier chapitre de « Qui étions-nous ? » sera de la plume de Jorion-psychanalyste, mais contrairement à Freud, il nous délivrera du péché 😀 : la culpabilité, c’est parce que pour survivre, nous devons nous battre. Dieu est mort et certains souhaitent notre mort à nous, alors nous devons lutter. C’est comme ça et pas autrement (la vie ce n’est pas de la tarte !) Nietzsche appelait cela « la tragédie ». Il avait raison. Heureusement certains nous aiment, et cela nous donne des forces.

Permets-moi de publier notre échange, il donnera déjà à certains le courage de lire « Vers un nouveau monde » et de retrousser leurs manches en vue de réaliser le paradis ici et maintenant !

Paul

Partager :

47 réflexions sur « Échange à propos de « Vers un nouveau monde » »

  1. Alors alors, Il me semble que l’être humain a une capacité folle à se distraire et à ne plus penser à ce qui le dérange. qui est pourtant très important si l’on veut que ça aille mieux.
    Si il n’y a guère de personnes comme Monsieur Jorion ou d’autres pour nous rappeler notre déroute quotidienne et faire ce travail désagréable alors tous les mégots serait jeté parterre sans « culpabilisation ».

    Si cette dernière, La culpabilisation, N à avoir qu’avec nous et nous-mêmes , Elle aura alors bien plus de chance d’être bénéfique que si elle provient d’un dieu ou d’un père.

    Il y a ensuite bien pire, le monde actuel nous a rempli de pulsions aussi vilaines les unes que les autres, compétition, femme pot de yaourt, paradis artificiels, superficialité travailler sans aucune profondeur, se détourner des problèmes des autres et des siens propres fabrique des individus inintéressant et inintéressés, qui n’ont de cesse de profiter comme ils peuvent de quelques plaisirs partiels en ne faisant attention qu’au contours de leurs nombrils.

    J’ai souvent tendance, quand je parle à de nouvelles personnes, à mettre directement le nez dans leurs caca ou dans le cacas qui les entourent, c’est alors qu’on m’évite.
    Les plus courageux revienne car ils savent que ce n’est pas pour leur mal.
    Je crois que c’est un peu pareil pour ce livre.

    Enfin bon personne n’a dit son dernier mot et c’est une bonne chose.

    Salut les cousins !

  2. Bonjour Paul,

    Pour ma part, j’ai déjà commencé à lire « Vers un autre monde », livre acheté lundi dernier (comme tu sais ! 😉 ) et, sur ton conseil à peine voilé, j’ai laissé de côté la première partie pour m’attaquer directement à la deuxième.

    Eh bien je peux le dire à tous ceux qui lisent ce blog régulièrement : C’EST UNE EXCELLENTE IDÉE DE FAIRE ÇA ! La première partie, tous les lecteurs réguliers du blog la connaissent par cœur – j’ose l’affirmer même si je ne l’ai pas (encore) lue, parce que j’en suis sûr et certain – et ils en ont marre de lire toujours la même chose, parce que ça les confronte à leur impuissance.

    La deuxième partie, par contre, est aussi connue, mais plus claire et plus didactique que jamais, tu y vas à l’essentiel et c’est ça qui est rafraîchissant.

    Mais, bien sûr, cette deuxième partie restera lettre morte tant que les membres de la Société du Mont-Pèlerin ou du groupe Bilderberg (qui sont probablement à peu près les mêmes) ne le liront pas et ne le prendront pas au sérieux. Bref, tant qu’une nouvelle « nuit du 4 août » mondiale n’aura pas lieu.

    En conclusion : ce livre – et en particulier sa deuxième partie – a le mérite d’exister. Quant à savoir si son existence va changer quelque chose… je l’espère mais ne le sais. Et ne compte pas sur moi pour tenter une probabilité : Keynes nous a montré que ça ne servait à rien ! 😉

  3. Absolument d’accord, le paradis est a réaliser ici et maintenant et ne se situe pas dans une quelconque promesse d’un hypothétique paradis situé dans une construction théologique qu’elle qu’elle soit !

      1. Ce qu’en dit Philippe Cornu ( ethnologue et écrivain français spécialiste du bouddhisme sous toutes ses formes et traducteur du tibétain) :
        « La foi et la croyance ne sont pas la même chose, mais on les confond souvent. La croyance est une construction mentale qui implique l’effort de se persuader de quelque chose dont on n’est pas vraiment sûr mais dont on cherche à se convaincre à tout prix. Elle est nécessairement fabriquée puisque c’est l’égo qui s’y engage, avec tout le côté aveugle et forcé que cela implique. Elle peut résulter de la fascination, ce qui n’est guère plus authentique. La croyance poussée à son extrême, confine au fanatisme.
        La foi est tout autre: elle jaillit de l’intérieur comme une certitude ressentie sans hésitation, et l’on pourrait davantage la rapprocher de l’intuition : dans sa nature profonde , elle n’est pas raisonnée parce qu’elle n’est pas de nature intellectuelle mais fait appel à quelque chose de plus fondamental en nous – ce qui ne l’empêche pas de s’allier a posteriori à la raison dans les traités bouddhiques comme dans la théologie chrétienne…
        Quand la véritable foi, non pas aveugle mais éclairée par ce feu intérieur, se manifeste, la croyance disparaît d’elle même pour laisser place à une confiance inébranlable. La foi s’accorde à notre nature profonde alors que la croyance est une manière égotique de se rassurer… »
        Extrait de : Le Bouddhisme : une philosophie du bonheur ?

      1. Le changement c’est maintenant 😉
        Laissons du temps au temps 😉
        Paroles de présidents prétendument socialistes.

  4. Je me rappelle avoir découvert dans le livre  » Antimanuel d’écologie  » d’Yves Cochet la notion d’interaction spéculaire empruntée au philosophe Jean-Louis Vullierme.
    Voici ce dont je me souviens : L’être humain est modelé par le monde qui lui préexiste et en même temps est modélisateur du monde par les actions qu’il entreprend. J’agis sur le monde selon le modèle que je m’en suis représenté et je réajuste ce modèle en fonction des réponses que je perçois. La nature humaine se réaliserait dans l’interaction avec autrui. La société serait donc un système de représentations croisées entre individus qui s’adaptent mutuellement à mesure que se multiplient les rapports sociaux et donc les occasions de réagir. Cela permet de prévoir et d’anticiper les actions et les réactions des autres. Si on examine la crise écologique en cours à la lumière de l’interaction spéculaire, on comprend que le citoyen lambda assez informé pour ressentir le besoin d’agir en changeant sa vie ne réfléchit pas à son seul comportement mais aussi à l’image qu’il donne à voir aux autres. Il ne se demande pas, face à la catastrophe, s’il veut changer sa vie mais seulement s’il le ferait au cas où un certain nombre d’autres individus le feraient aussi. Les dirigeants du monde se demandent si leurs amis et rivaux politiques partagent ou non la croyance de l’imminence
    de la catastrophe. Nous en sommes là. A croire et à affirmer que le système capitalo/productiviste est réformable parce que nous nous regardons dans l’attente de l’autre. Nous attendons que l’autre bouge. (Voir les conférences sur le climat notamment) La catastrophe peut être évitée non en fonction de la volonté de tous mais en fonction de leurs représentations croisées, c’est à dire en fonction des anticipations de chacun sur les capacités de ceux qui l’entourent à changer leur vie.
    Tout se passe comme si chacun, du haut de sa bonne foi, disait : Je fais de mon mieux pour que tout marche bien mais je n’y peux rien si cela va mal , ce n’est pas ma responsabilité.
    C’est le système qui est comme ça. Voyez les vrais responsables. Les autres…

    1. @Juan

      Sur un fil précédent, vous me demandiez avec quelles lunettes j’envisageais la responsabilité.

      Je ne prends pas en compte la « responsabilité » sous l’angle d’une « vertu morale », ni de sa traduction en termes juridiques, mais comme une position structurale liée à la réciprocité (dans un mode parallèle à celui systématisé D. Temple). Par contre la position de Sartre recoupe la conception de Castoriadis sur d’auto-institution imaginaire de la société, mais ici, il est davantage nécessaire de reprendre une approche systémique, et de montrer comment pour « sortir du cadre » l’idée de responsabilité doit s’opérationnaliser dans de nouvelles modalités pratiques, lesquelles, jusqu’ici, semblent inexistantes dans la proposition de Paul.

      Approcher la responsabilité d’un point de vue systémique demande de revoir chacune des instances associées « propriété » « abusus », subordination, hiérarchie, « triche » instinct de propriété, etc.

      L’innovation sociétale surprenante que constituerait la nécessaire autonomisation du peuple désoccupé par les robots résultera de la résolution que prendra la nouvelle de la bonne vieille dialectique du maître et de l’esclave. Aujourd’hui, le maître des robots croit vaincre en évitant le conflit avec ses esclaves, car cette fois, le maître se dispose à leur offrir la pitance de base gratuite (je sais c’est dur, tu rigoles … ce sont les robots qui trinques).

      Le mouvement de la gratuité proposé par Paul est un pas en avant, mais ce ne sera encore qu’une gratuité formelle, prise sur les bénéfices des propriétaires des robots, et ainsi, déjà castrée de la réciprocité du contre-don, elle perd toute réalité, sauf à la coupler à l’institution d’espaces d’autonomie sur lesquels créer le nouveau bien commun.

      Sans l’institution d’espaces d’autonomie, il y a tout lieu de craindre que la « gratuité de l’indispensable » ne serve qu’à préparer les conditions de reconduction la maxime du Prince Salina, et que, pour le superflu, nous continuerons d’aller bosser chez les autres, ce qui bien entendu est l’essentiel.

      1. Je crois comprendre que vous opter pour une responsabilité qui serait celle de Sartre revue et corrigée par la Réciprocité selon Dominique Temple .

        Je note au passage que l’idée que je me fais de la Responsabilité selon Sartre , c’est bien qu’il fonde la contrepartie à notre revendication de Liberté , qui n’est peut être pas autre chose que la Réciprocité rendue de façon que je trouve plus simple et sensible .

        Sur l’Issue par la matérialisation ( territoriale ou autre ) de la Réciprocité , je ne suis pas sur que ce soit le coup de grâce apporté au capitalisme :

        http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/01/25/pour-un-capitalisme-de-la-reciprocite-et-de-la-responsabilite_5068700_3232.html

    2. « Tous responsables , nul coupable ! », à partir du moment où on en parle, juannessy, on progresse.
      Albert Einstein : « le monde est un endroit redoutable. Non pas tant à cause de ceux qui font le mal qu’à cause de ceux qui voient le mal et ne font rien pour l’en empêcher ».
      Nous sommes tous le reflet du monde dans lequel nous vivons. Nous pouvons nous trouver presque n’importe où, il devient quasiment impossible aujourd’hui, de ne pas être informés sur cet « endroit redoutable ». Et, de rester encore insensibles – quelque soit notre façon de voir les choses – aux malheurs des autres, c’est se fermer à la réalité sensible du monde, et refuser de voir les maux qui l’affectent.
      Mais là où ça se complique davantage, c’est qu’il arrive malheureusement, que l’on fasse du mal en voulant faire du bien… Et même, si on reconnaît enfin nos erreurs, les solutions ne sont pas trouvées pour autant, car craignant que nos remèdes ne soient pires que le mal lui-même, le doute s’installe. Un sentiment d’impuissance nous envahit alors peu peu, pouvant rapidement déboucher sur du nihilisme et de l’immobilisme. Nous n’avons plus alors, comme derniers recours, soit de sombrer dans une sorte de schizophrénie, soit de faire appel à… une analyse lucide de qui étions-nous ? : hier encore, jugés coupables, mais hier, c’est deux jours avant demain, et parce que c’est le lendemain d’avant-hier, jugés responsables désormais.

      1. Et justement, à ce sujet, Alain Supiot commence le dernier chapitre « Comment en sortir ? » dans son livre « La Gouvernance par les nombres », par cette phrase : « Diagnostiqué déjà par Freud aux lendemains de la crise de 1929, le sentiment de « Malaise dans la civilisation » n’est pas nouveau, mais il a retrouvé aujourd’hui une intensité sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. »
        Mais, il tient à préciser que « L’analyse juridique ne permet pas d’atteindre les profondeurs explorées par la psychanalyse, mais elle peut cependant contribuer à identifier les mouvements de fond à l’œuvre dans une société donnée et à diagnostiquer les maux qui l’affectent. »
        Or, il se trouve que précisément, Paul Jorion, anthropologue et psychanalyste, est en train d’écrire un chapitre sur la culpabilité de « Qui étions-nous ?  Ces deux ouvrages vont donc se compléter magnifiquement.

      2. Mais ce qui me trouble le plus dans la réponse de Paul Jorion, c’est sa dernière phrase : « Heureusement certains nous aiment, et cela nous donne des forces », parce que là, on touche vraiment à quelque chose de profond…

      3. @ Juannessy
        Pourvu que M. Paul Jorion ne ferme pas trop tôt la fenêtre des commentaires, car il faut encore que je regroupe plusieurs petits éléments avant de pouvoir vous apporter une réponse à cette question : « À quoi… , selon moi, touche ultimement les derniers mots de Paul Jorion ? : « Heureusement certains nous aiment, et cela nous donne des forces ».
        Ça va pas être de la tarte ! surtout que ma réponse risque d’être un peu… étrange. Je touche du bois.

      4. « Heureusement certains nous aiment, et cela nous donne des forces ». Cette phrase est voisine de celle reprise par Freud, et qui dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Oui, heureusement certains nous ont aimés, et cela nous a donné des forces d’aimer à notre tour.
        Je ne reviendrai pas sur le contenu même du livre de Freud, qui nous conduit à nous interroger sur l’évolution de notre civilisation et ses impasses. Seulement, redire que dans « Le malaise dans la civilisation » en 1930, Freud pressentait déjà la possibilité d’une politique d’extermination.
        Et aujourd’hui en 2017, ne pressentons-nous pas quelque chose que Freud ne pouvait pas encore prévoir : la possibilité d’un prochain… quelque peu différent ?

        Comment voulons-nous que nos enfants nous voient, et comment nous verront-Ils à leur tour ?

        Artificial Intelligence: AI (2001)
        by Ian Watson and Brian Aldiss.

        ATLANTIC OCEAN

        NARRATOR
        Those were the years after the ice caps had melted because
        of the greenhouse gases, and the oceans had risen to drown
        so many cities along all the shorelines of the world.
        Amsterdam. Venice. New York. Forever lost.

        Millions of people were displaced, climate became chaotic.
        Hundreds of millions of people starved in poorer countries.
        Elsewhere, a high degree of prosperity survived when most
        governments in the developed world introduced legal
        sanctions to strictly license pregnancies, which was why
        robots, who were never hungry and who did not consume
        resources beyond those of their first manufacture, were so
        essential an economic link in the chain mail of society.
        LIBRARY-CYBERTRONICS CORP.

        https://youtu.be/h5e-7lnNNKQr

        Arriverons-nous à atteindre une plus haute forme d’humanité avec l’intelligence artificielle ?

      5. « Si vous soumettez un bébé (ou un tout jeune animal) à
         » l’instruction » , vous ne ferez que perturber son apprentissage car vous n’avez pas la moindre idée de ce qui se passe dans son cerveau/esprit. Faire usage de votre  » intelligence d’adulte » dans cette situation, c’est comme utiliser des forceps pour aider une cellule à se dupliquer correctement. »

        Les bactéries peuvent nous dire ce qu’est la vie .

        Pour le « réel  » et le « sens de la vie », c’est une autre  » paire de manches » …si l’on peut ainsi « habiller » les mystères dont j’ai renoncé à voir  » le fond » trop profond , en me contentant d’éviter de trop prendre les vessies pour des lanternes .

        Il m’est apparu par contre sans conteste , dans mon immersion dans ce monde , que les valises plus ou moins légères que les parents nous ont léguées , rendent le parcours plus ou moins direct et de longue distance .

      6. Je précise ( rappelle en fait ) pour Jducac que la pire vacherie que l’on peut faire à ses enfants , c’est de mettre du  » patrimoine capitaliste » , dans ces valises .

      1. « Disponibilité spatiale et temporelle. »…

        Comme c’est le capitalisme qui s’est le plus efficacement glissé dans cette fenêtre ,au point de s’être emparé de la fenêtre , et que sa « gestion » de cette disponibilité se fait de plus en plus démente , ce qui est recherché , il me semble, c’est le ou les nouveaux systèmes capables de satisfaire cette disponibilité sans tuer la bête pour tout un tas de raisons et par ligne de plus grande pente .

        Il y a la tentative de PSDJ pour relever le challenge , et l’énoncé « socialiste » de Paul Jorion en 6 ou 7 points .

        Et ?

  5. Eau, air, et ne pas oublier les sols :

    https://reporterre.net/Appel-pour-sauver-les-sols

    La couche d’humus est une fine peau qui recouvre la Terre en certains endroits.

    « Le sol est une ressource très faiblement renouvelable au sens où sa dégradation peut être rapide (quelques années ou décennies) alors qu’il lui faut plusieurs milliers d’années pour se former et se régénérer. »

    http://www.mtaterre.fr/dossiers/les-sols-pourquoi-et-comment-les-proteger/les-sols-menaces-par-les-activites-humaines

     » Le terme humilité est à rapprocher du mot humus, qui en est la source étymologique, et qui a donné par ailleurs le terme homme. »

    http://philo.pourtous.free.fr/Atelier/Textes/humilite.htm

    Problème : « homo oeconomicus » a perdu toute humilité, est en proie à l’ « Hubris » (« excès, démesure, orgueil »). . Les grecs avaient déjà compris que l’ « Hubris » mène à la tragédie.

      1. Tu m’étonnes ! Les Romains aussi.
        Heureusement qu’il y a eu effondrement et quelques siècles de stagnation pour la régénération de l’humus.

      2. Bon, en même temps ni les Grecs ni les Romains ni aucune autre peuplade de Sapiens Sapiens ne peuvent être désignés comme responsables de la dessiccation du Sahara vert y’a de ça 3 à 5 millénaires…

      3. La biosphère est une fine couche d’air, d’eau et de sol qui entoure la Terre. La différence avec les civilisations passées, c’est notre technologie qui fait de nous un acteur géologique. Et le système économique dominant dont la logique « croissantiste », conduit à toujours plus de destruction souvent irréversible de pans entiers de notre biosphère : la « sphère » dans laquelle la vie est possible, dont la taille est nettement bien plus petite que la taille de notre planète hôte. Mais je ne cherche pas à convaincre l’ « avocat du diable », rôle dont vous vous êtes fait une spécialité sur ce blog, ce serait temps perdu.

  6. Monsieur Jorion,
    (tant que nous n’aurons pas mangé du spaghetti ensemble, le tutoyement me parait prématuré, et je suis loin de Bruxelles),
    Je vous avais promis de « lire attentivement » votre livre, et je dois bien avouer que je ne l’ai pas fait. Les bras m’en sont tombés, et ce n’est pas seulement que le constat m’aurait été connu. En fait, selon mon souvenir de cette lecture il y a quelques semaines, c’est l’usage du « nous » que vous faites qui m’a choqué. J’ai tout de suite été perplexe. J’ai pensé : c’est la « Mutuelle socialiste » (Solidaris) qui parle et qui s’associe avec ses affiliés en parlant de « nous » ? Ce sont ses dirigeants qui en ont émis le souhait ? (Or j’ai un gros contentieux avec la direction partisane précédente de la M.S.).
    Outre ces premiers questionnements, le « nous » a fait problème en votre nom aussi. Vous êtes d’un statut hybride, pas tout à fait prof d’univ, pas tout à fait « titré », un peu indépendant, un peu « saltinbanque » avec vos prestations médiatiques, et vos lecteurs du blog sont aussi plus ou moins du même acabit (? question ouverte). Alors dire « nous souffrons du chômage, de l’austérité, de la précarité » , comment faut-il l’entendre ?

    Je suis personnellement très sensible à la différence des statuts, des classes sociales, je l’ai ressenti toute ma carrière. Je viens de regarder une vidéo d’un débat entre François Ruffin et Chantal Mouffe sur « Le populisme de Gauche », dans le cadre de l’Univ d’été de « La France Insoumise » à MArseille, qui aborde (surtout lui dans la 2e partie) la question de « représenter l’ouvrier », pour faire bref. Il rebondit sur le thème du « construire un Peuple comme un Nous contre le Eux qui suscitent notre colère » et qui soit un peuple de gauche contre les riches (les inégalités) plutôt qu’un nous nationaux contre les étrangers (je résume le cadre de Chantal Mouffe, je ne suis pas convaincu mais c’est une autre histoire).
    J’estime donc que votre « Nous » n’est pas clair, pas convainquant, pas stratégique. Ceci ne retire rien à vos travaux, au livre que vous écrivez, mais c’est pour autant une question que vous devez (mieux) vous poser. Or vous évoquiez l’atonie des « Amis de Paul Jorion » : je crois que c’est une vraie dépression, une vraie épreuve qui frappe les intellectuels au moment où le spectacle politique s’est ridiculisé. Les LR et le PS et un peu le FN ne s’en remettent pas, et « Nous » aussi. Nos attentes et nos espoirs se sont réduits en sable, mais qui est ce Nous et d’où parlons-nous pour quoi faire ? Du fait même que nous avons saisi une grille d’analyse dans nos lectures et dans nos idées, nous n’avons plus, sauf effort d’enquête, d’écoute, les pieds dans le terrain, dans les gens, dans le vrai « Nous » du vécu que nous voulons coopter.
    Allez, j’arrête ici, les idées sont évoquées, n’allons pas plus loin.

  7. « Réaliser le paradis ici et maintenant » ce n’est pas rien et annoncer l’extinction de l’espèce humaine tout en proposant la gratuité pour la sauver ne doit pas donner beaucoup de crédit pour passer dans les médias, car si on en est là c’est qu’il y a la raison (chacun ses raisons), mais peut-être est-il plus difficile de faire l’un sans l’autre (annoncer « purement et simplement » la fin de la vie sous forme humaine)?
    Le progrès et son histoire pousse l’individu à vouloir briller, la société des individus a constitué une étape pour trier le bon grain de l’ivraie mais bientôt l’homme n’aura plus besoin de société et si certains imaginent une société anti-utilitariste pour que le commun garde de sa force, la violence moteur de l’histoire ne se laisse guère facilement canaliser lors des guerre et des pénuries. Qui veut la paix prépare la guerre et vouloir le paradis c’est peut-être bien préparer l’enfer: comment imaginez-vous l’avenir alors que plus que jamais c’est la réussite individuelle qui peut permettre à chacun de subsister, à quelle réaction peut-on réellement s’attendre pour sauver sa peau et sa famille proche, ou alors comment se fait-il que les choses aient tournées ainsi, est-ce sans raison?
    La plupart des individus finiront comme ont déjà fini certains peuples, dans des réserves jusqu’à disparition. Le paradis se réalisera peut-être, il est dans la tête de nos maîtres, nous étions là pour les y aider et puis nous disparaissons, ou alors comment se fait-il que chacun ait peur d’arriver 5 mn en retard au boulot quand les signaux sont pourtant si visibles d’une catastrophe écologique majeure? Le paradis est un mot lourd de sens même s’il ne veut rien dire, si cela concerne le confort matériel alors nous sommes des dieux, si c’est l’apaisement moral alors nous serions des diables, c’est un concept flou dont seuls quelques ivrognes devraient pouvoir en parler. Cela dit vous en parlez aussi très bien, et avec du sens, si ce n’est que votre idée du paradis est bien personnelle dans ce monde individualiste puisqu’il consisterait à partager alors que l’idée occidentale de progrès dissuade de le faire pour espérer bien aléatoirement s’en tirer et vaincre.

    1. Il y a :

      – le paradis étymologique (persan-grec-latin) : lieu clos avec un verger .
      – le paradis de la genèse , de la divine comédie de Dante , ou l’Olympe , ou le paradis d’Allah , ou le Walhalla , ou …
      – les paradis artificiels et Baudelaire ,
      – le paradis fiscal ,
      – le « poulailler » au théâtre .

      Citons encore Hugo :
      « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches  »

      ou Voltaire :
      « Le paradis terrestre est où je suis  » .

      1. On a souvent pensé que pour aller au paradis il fallait une âme et en occident il est de coutume de penser que seuls les humains en possèdent une, pour la sauver il convenait de respecter la tradition et de suivre l’enseignement des prêtres (et non pas des livres saints qui pourtant font vivre la contradiction de l’âme). Une religion en plein essor, le (néo)protestantisme, permet de sauver son âme par la richesse et la réussite, et s’il permet de chanter tous ensemble dans des lieux conviviaux cela semble toutefois très individualiste, les miracles y sont des dons individuels et la hiérarchie est souvent très respectée jusqu’à défier parfois la loi nationale. Comment se sortir de la religion pour sauver son âme, individuelle mais pleine de contradictions comme l’indiquent les livres saints? C’est pourquoi parler de paradis peut paraître usité et contre-productif alors qu’une extinction massive a débuté, pouvons-nous construire un paradis en éliminant les autres espèces, celles qui profitent encore de la gratuité, ce don de la nature? Si oui, il semble logique qu’après avoir fait disparaître les animaux et végétaux (parler d’anthropocène indique que l’homme, qui fait partie de la nature, est bien à l’origine de cette disparition, la nature elle-même détruit ce qu’elle a créé) c’est la société humaine qui sera détruite puis l’individu tel que nous le connaissons, pour laisser place peut-être à une intelligence nouvelle, et si c’est le cas quand nous voyons le sort que nous avons réservé aux autres espèces devons-nous vraiment cohabiter avec elle (souhaitons qu’elle aura moins d’appétit que nous qui devons nous remplir le ventre 3 fois par jour)? Pour nous sortir de cette impasse il nous faudrait presque une intelligence contre-nature, « anti-utilitariste » pourrions-nous dire tant les droits universels consistent d’abord à vouloir posséder et donc à détruire, l’idée d’égalité favorisant même cet élan morbide mais naturel à avoir. Nous sommes pris dans la matière, nous sommes possédés, du lever au coucher nous pourrions passer pour des automates tellement nos gestes sont prévisibles, et à la mort une âme s’en détacherait pour aller au-delà de la matière vers un paradis. C’est d’abord à cela qu’évoque pour moi le paradis, au détachement céleste, cela n’existe pas, ou si cela existe je ne peux pas en percevoir le moindre signe et sitôt séparé de mon corps je ne serais plus moi, ce ne serait pas moi au paradis sans ma chair, et l’idée de résurrection n’a de sens que pour l’âme qui vit dans le monde et la matière, une autre manière de le percevoir et non dans le futur mais bien ici et maintenant comme dit Paul Jorion. Le terme de résurrection a t-il plus de sens que celui de paradis, peut-être que non, pourtant c’est un terme qu’il me plait d’employer comme salut nécessaire, de même le jihad peut porter sur soi ou sur le monde, mais il parait vain de changer le monde sans se changer soi-même, du coup il peut paraitre saugrenu de parler de paradis en pleine ère anthropocène quand les espèces vivant de gratuité disparaissent, mais c’est ainsi, un oiseau m’a dit un jour que le paradis c’était ici et je l’ai cru, c’était ici.

  8. @ DD & DH CHINE – Coup de chapeau à Monsieur le Consul…

    Magnifique, tout un livre en quelques lignes très sensibles.

    J’ai connu Bodard par son épopée de la guerre d’Indochine, l’héroïsme, les souffrances « inouïes » -un adjectif préféré de Bodard -, la défaite, toujours dans la rigueur du beau geste et de l’honneur. Sa fresque de la défaite de la RC4 -et plus précisément l’action dans les calcaires de CO-XA- est un incroyable tour de force journalistique et littéraire. Et aussi d’amour pour tous ces hommes promis aux massacre…
    Tout ce qu’il a pu reporter, et qu’il est possible de recouper, est exact malgré ses transes d’ halluciné.
    Bien content de rencontrer des admirateurs de cet homme courageux et d’une autre époque, d’héroïsme malheureux et mal employé, et bienheureusement malheureux pour la liberté des peuples.
    La vérité est que les militaires obéissent jusqu’à la mort si nécessaire, mais c’est la France qui est colonisatrice, pas les morts en puissance issu d’une Résistance plus qu’honorable pour la plupart, comme leur distant ami Bodard.

    1. Je ne prétends pas lever un secret ni provoquer un scandale,mais force est de le reconnaître,et de le savoir
      une bonne fois pour toutes:tuer semble être une source
      de jouissance,oui,de jouissance sexuelle .D’où l’expression
      « tirer son coup »,qui n’est absolument pas anodine.De là
      l’on peut comprendre que c’est (en gros) l’homme qui se
      confond avec le soldat.Et le fait que les guerres,avec armes blanches ou armes à feux sont résurgentes et
      invariables dans la longue Histoire des hommes.
      …En outre,la guerre,cela convient aux vendeurs d’armes(au « système militaro-industriel » en général),
      ,et par dessus le marché,ce peut être source,chose
      tout à fait dramatique,source,dis-je de jouissance
      au stade ultime de la violence,de sa réalisation finale.
      Un (petit) espoir? Ou une bonne nouvelle? Quand les
      armes deviennent des robots,l’humanité pourrait bien
      malgré tout y gagner quelque chose:le fait que sans
      doute les robots n’éprouvent pas de jouissance sexuelle.
      Quant à la question posée par la jouissance des femmes
      dans les actes de violence,j’en appelle à leurs propres
      aveux éventuels.Et je me sens encore plus dépassé…
      La question générale de la cohabitation,et plus encore
      de l’extrême proximité, de la violence et de la jouissance
      me semble devoir être abordée certes par les historiens,
      mais aussi par les clercs(eh oui!) et,naturellement par les psychiâtres.
      Dans l’incapacité des tenants du « capitalisme » pour faire court,à poser la question de la survie,de notre
      survie sur terre,il pourrait bien y avoir non seulement
      de l’ignorance,une ignorance crasse,mais un côté que
      j’appellerais volontiers profondément vicieux,pervers
      et tout à la fois alliant jouissance et cynisme.La question
      est ouverte. Elle concerne également les grands
      dictateurs du passé ancien et relativement récent,tout
      comme ceux de la période récente.On ne saurait certes
      pas négliger le côté « jouissif » du pouvoir,à fortiori
      quand il tend à devenir absolu(et ainsi ,comme on le
      sait,corrupteur.)(même le pouvoir du petit employé de
      base ,on le sait,peut avoir cette dimension dans laquelle
      le nuisible a quelque chose qui attire son auteur:c’est
      dire que le ver est dans le fruit,et pas seulement « au
      sommet » où son essor est encore plus dévastateur).

      1. Y’a une solution -l’éducation, comme toujours-, une école dans la montagne Kandil, en Kurdistan d’Irak, à la frontière avec l’Iran, fait partie de la chaine du Zagros.
        Là, des hommes jeunes et sains, sélectionnés « sur titre » par un comité féminin, apprennent à maîtriser leur masculinité. Le stage dure 9 mois, conditions matérielles sommaires, vie très dure. Outre une longue lettre de motivation, la condition essentielle est d’avoir montré une aptitude au combat de guérilla durant au moins 2 ans.
        C’est évidemment radical, hors de notre portée, mais les retours d’expérience sont positifs.
        Un reportage de Stefano Savona (2006-2008) « itinéraire d’un combattant Kurde » met en scène la co-présidente du PKK, Sakine Cansiz, assassinée à Paris en Janvier 2013 par un tueur turc, expliquant et organisant ces stages; et d’autres de formation idéologique, avec toujours comme base l’égalité absolue homme-femme.
        Loin des yeux, loin de notre compréhension…

      1. Erreur de placement. C’était une réponse à Vigneron pour son 8 septembre 2017 à 15 h 38 min .
        Bodard a aussi enquêté et écrit sur d’autres sujets, bien sûr, dont les tribulations des indiens d’Amazonie. Et précisons nettement que c’était un journaliste, fin enquêteur, et tout autant un grand écrivain, malgré sa prose parfois bizarre.

Répondre à Chabian Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.