L’ère fractale du capitalisme, un voile sur la finitude qu’il nous appartient de déjouer, par Timiota

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Rentes et profits des uns se font sur l’exploitation des autres, Marx a mis un cadre là-dessus. On attend alors des exploités qu’ils s’emparent de la fonction « production », eux qui sont les seuls vrais créateurs de richesse, lors d’un Grand Soir ou d’un bras de fer idoine. Ceux qui amenaient le capital nécessaire à la mise en place des outils n’ont alors qu’à bien se tenir.

Le capitalisme 1.0 (1800-1960 en gros) est un moment d’affectation des ressources face à des masses salariées dans des grandes usines qui drainent les phases de l’exode rural (tardif en France). Ces masses ont la possibilité de peser sur le rendement du capital, et elles le font « en direct live », par la grève notamment, reformation de solidarités d’origine partiellement paysannes. L’apport des colonies est une sorte de carburant (littéralement pour le sucre que métabolisent les Anglais) qui « jette de l’huile » sur la chaudière et démarre la course vers la finitude de la Terre. L’économie de l’esclavage apporta un levier humain (humain animalisé hélas) au capital, sans demander qu’il se démultiplie tant que ça, surtout si le triangle de commerce se bouclait par un apport de métal précieux.

Depuis le milieu du XXe siècle, les temps sont différents de ceux du capitalisme 1.0 : Les distances se sont agrandies, le capitalisme a appris à faire avec des lieux lointains, des cultures différentes qui ne se sont pliées à l’esclavage massif que pour peu de générations en Asie. Ce que nous voyons, c’est que le vilain système sait re-distiller son affectation des ressources autrement (dans le temps et l’espace mondial). Il le fait au fur et à mesure des constructions emboitées que sont les crédits, les crédits de crédits et autres chaines de reconnaissance de dettes. Il « fractalise » l’ancien paradigme et le rend pour ainsi dire inopérant quand il passe au(x) nouveau(x), à l’échelle de quelques décennies, parfois moins, quand le silicium et le container l’aident à abolir les distances, quand les outils de crédits d’un cran plus loin que ceux d’avant masquent à répétition les tenants et aboutissants des capitaux ou des rentes.

Et cette fractalisation, le capitalisme la fait presque naturellement comme je respire, une vraie hydre de Lerne dont les têtes aux crocs acérés repoussent. Si l’on veut en donner une raison générale, on peut se placer aux débuts de l’agriculture et de la sédentarisation. On ne passe plus son temps à cueillir ou chasser ses ressources, on est collé à son champ. Il faut faire venir ce qui manque par d’autres, même le sel par exemple, grande matière d’échange anthropologique, dont le flux fut bien plus près de nous taxé par la célèbre gabelle. C’est cette logique du « ce qui manque » qui est le point d’appui du capitalisme. Il manque bien sûr des ressources consommables, mais il manque aussi ce dont on a envie parce qu’on a vu que le voisin l’a et moi pas encore (son aspirateur, etc. cf. la complainte du progrès de Vian). Parce que machin à des « twitto-suiveurs » et des « fb-amis » et moi pas.

Le capitalisme 1.xx et puis 2.xx s’est donc occupé de mettre des manques là où il avait sédentarisé des masses, pour exploiter d’autres masses sédentarisées un peu plus loin et auxquelles on n’apportera leur content qu’un peu plus tard (l’énergie nucléaire pour l’électricité arrive en Chine dans les décennies du moment, 40 ans après sa montée en France). Il y a un peu de la théorie du « punctum » de Boscovich, voir ce dessin ici sur le site wikipedia du savant du XVIIIe que fut Boscovich : dans un champ de force alternatif, il y a attraction à une certaine distance, répulsion un peu plus loin, et ainsi de suite (un ancêtre des théories atomiques expliquant les étapes noyaux/atomes/molécules dont Boscovich ne savait à peu près rien pourtant) . Et de la sorte il y a toujours quelque chose à gérer si on a su se placer au bon endroit entre ceux qui s’attirent (les sédentaires d’un lieu, disons) et ceux qui restent à plus grande distance (faute de pouvoir migrer le cas échéant). La brève durée de l’expérience soviétique et de ses mutations internes rapides suggère que le mécanisme n’est pas exclusivement le fait du « capitalisme des capitalistes », mais de tout système où la « gestion du manque » n’est pas ressentie de façon assez solidaire du producteur au consommateur pour rester en mode stable.

Alors si l’on s’en tient à cette hypothèse « fractale », avec des populations nouvelles (en lieu, âge, …) sans cesse prises en nasse dans les plis N+1 du capitalisme pour satisfaire les élus du pli N , n’y aurait-il pas de limite ? Si évidemment. Comme la division des branches sur les arbres qui est fractale sur quelques coups, on finit par tomber sur autre chose que des branches : les feuilles. Et les feuilles ont besoin d’eau, c’est ce qui limite notamment la hauteur des arbres (à environ 100m, bravo la pression osmotique).

On peut donc déporter le regard de la chaine d’endettement et de délocalisation pour voir « le bout des branches » du capitalisme fractal, son bord topologique. On ne peut pas se faire de film sur le monde extra-terrestre, lunaire martien ou autre, énergétiquement réservé à 0,00001%  de l’humanité dans un bon scénario : le bout des branches, c’est la Terre, et encore, seulement la Terre climatiquement, biologiquement, hydriquement et chimiquement acceptable. De ce fait, le capitalisme n’apparaitra comme ce qu’il est systémiquement — infiniment mesquin et humainement immoral de par sa « distillation fractionnée » du manque des uns avec l’exploitation des autres — que lorsqu’il rencontrera pour de bon des finitudes qui changeront nos regards à l’intérieur de nos plis. Ces finitudes sont les effets cumulés des « externalités négatives » du jargon économique (climat, pollutions, biodiversité, …). Quand les feuilles ne bourgeonneront plus en somme. Printemps très silencieux.

Il n’est pas exclu que ce soit déjà maintenant et que le regard des masses sur le capitalisme change déjà. La montée des régimes autoritaires est au moins un signe que sa version « heureuse » a un peu de mal, mais pas que la finitude soit déjà perçue. Cette perception de la finitude n’est apparente que dans les luttes écologiques, mais la logique qui en transparait semble limitée à celles de vigies locales.

Pour conclure, l’ère fractale du capitalisme a surtout le défaut de voiler longtemps et efficacement les finitudes qui rendront l’agonie très moche. Passer à une certaine conscience non pas de la finitude mais de l’omniprésence du voile qui la masque serait alors le premier grand pas nécessaire pour adopter une stratégie collective du « moins moche » dans le monde fini.

Soyons des hâteurs intelligents de la fin du capitalisme et des spasmes qui l’accompagnent.

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38 réflexions au sujet de « L’ère fractale du capitalisme, un voile sur la finitude qu’il nous appartient de déjouer, par Timiota »

  1. Le petit délinquant, qui vend sa came, l’auto-entrepreneur qui va à la pêche de ses petites affaires, pour 3 fois rien, ou le travailleur au noir,

    Tous ces gens ne sont-ils pas revenus à l’état du chasseur-cueilleur ?
    Ils en ont l’instabilité, le risque, la vie au jour le jour…

    1. chasseur-cueilleur
      A l’autre bout:
      « L’évasion fiscale est le produit de l’intelligence humaine. »

      Reste à accélérer le processus en impliquant l’IA !

    2. @Vincent Rey
      « Tous ces gens ne sont-ils pas revenus à l’état du chasseur-cueilleur ? »
      Clairement non, l’état de chasseur-cueilleur n’est pas si instable et risqué que ça. Pour argumenter mon propos il me faudrait écrire de nombreuses pages assorties de dizaines de liens et de références bibliographiques, ce qui nous emmènerait un peu trop loin du sujet (et moi un peu trop tard dans la nuit).

      1. «  l’état de chasseur-cueilleur n’est pas si instable et risqué que ça. »
        Tout dépend du moment. Actuellement, cet état est plutôt instable et risqué… Mais demain, comme il y aura du changement, c’est celui qui sera le plus adapté, pour un temps.
        Faisons en sorte que demain ne tarde pas trop !

      2. Tout à fait, par chez nous, il se pourrait même que l’état fût extrêmement stable et relativement sécurisé pendant des dizaines de millénaires, toutes choses étant égales par ailleurs et hors glaciation. A cette époque la faune et la flore était tellement étendue, les forêts couvraient quasiment toutes l’Europe, les grands mammifères, les cerfs, les sangliers, le petit gibier, les oiseaux, devaient pulluler, les oeufs étaient partout, les fruits, les baies, les racines, étaient à profusion et en abondance tout cela relativement aux populations humaines. Le seul système d’organisation véritablement pérenne en outre sur de très longue période de temps, mais c’est une autre (H)histoire.

      3. « toutes choses étant égales par ailleurs et hors glaciation. »

        Ben entre chaque glaciation quoi.

        Sinon je dirais à la louche entre, allez soyons large, au moins plusieurs fois entre – 600 000 à – 1000 ans pour donner une période couvrant la présence de « chasseurs/cueilleurs » et même à la fin la venue des premiers empires et leur ribambelles d’agriculteurs, éleveurs. Ca nous donne de belles fourchettes, de belles palettes où la quasi stabilité et le couvrement de l’Europe par les forêts était gigantesque sur des dizaines de millénaires. Bien entendu quasi ne veut pas dire 100% hein, ni un truc opaque et condensé infranchissable, mais une alternance aussi avec du bois, du marais, de la prairie. Comment pourrait-il en être autrement d’ailleurs, puisque dès que l’Homme cesse de travailler la terre, les végétaux reprennent leur part, et de fils en aiguille, les forêts regagne le terrain (très bien documenté un peu partout sur la planète actuellement).

        Jusqu’à que l’Homme (sapiens sa pince), ce nuisible selon certains points de vues, inventa la déforestation à grande échelle.

        http://le.mago.pagesperso-orange.fr/Acrobat/Histoire.pdf

      4. D’ailleurs vigneron, le lien que tu colles va exactement dans ce sens, si tu lis la première page, ce qui ne demande pas trop d’effort, y a une très zoli petite carte toute colorée dont la légende est éducative à ce propos. Je t’invite à la lire.

      5. Dis pas n’importe quoi Cloclo ; ou tu mens comme un arracheur de dents et/ou tu ne sais pas lire une étude. Nos ancêtres (Sapiens Sapiens) n’ont jamais connu de « forêts couvrant toute l’Europe pendant des dizaines de millénaires ». La carte forestière en question ne concerne que l’Holocène depuis ≈ 10 000 ans.

      6. Tssss, et alors, il y a eu d’autres périodes interglaciaires au Paléolithique qu’est-ce que tu nous chantes mon brave. Et avant l’Holocène on avait déjà des ancêtres tout comme nous vu que l’Homme moderne a environs non pas 30 mais au bas mot 200 000 années, et que certains on connu l’Eémien. Et je te passe Néander mon pote (il était pas chasseur/cueilleur hein, mais un citadin ventripotent libéral libertaire ?).
        Je sais bien que la carte parle de l’Holocène, mais les mêmes causes produisent les mêmes effets ===> réchauffement = extension des forêts partout. CQFD !

        Et je suis ravi que tu ne saches que coller les termes « chasseurs/cueilleurs » avec Homo sapiens. Ca démontre ton anthropocentrisme (y a que moi, moi,moi) chauvin absolu (qui m’étonne pas). Tous les hominidés, tous nos ancêtres étaient chasseurs cueilleurs mon grand, tous, et comme nos cousins et parents. Qu’est-ce que tu ne captes pas en fait ?

  2. La peur…
    De manquer, de mourir, de ne pas pouvoir assurer sa descendance, du père, du mépris de l’autre etc…
    J’ai presque tout compris ce qu’il était nécessaire de comprendre des ressorts qui aident l’humanité à se mouvoir depuis des centaines de milliers d’années. Et je me dis parfois :  » allez va pour une explication de plus que tu pourras relier aux précédentes pour une approche nécessairement holistique. »
    Mais parmi vous, parmi les lecteurs et contributeurs de ce blog qui comprenaient le mieux la chose économique, qui saura me dire pourquoi il est inévitable de faire appel à des investissements privés pour aider aux échanges entre les membres d’une même société, fut-elle considérée très largement. Je pense en effet que le moment est venu de ne plus nous en tenir à la compréhension des choses mais de trouver des solutions. Que cent milles d’entre elles s’épanouissent.
    Ainsi ne nous revient-il pas à nous qui consacrons nos jours à échanger entre nous de créer notre monnaie. De confier cette création et son contrôle à une structure collective ?
    Intéressons-nous enfin à la monnaie et surtout à la pertinence des systèmes monétaires. La crise actuelle du capitalisme – écologique, sociale, économique, financière, démographique, sanitaire – met en évidence les enchaînements mortifères d’un productivisme effréné, devenu essentiel au fonctionnement de nos sociétés. Mais que s’est-il donc passé ?
    J’ai l’intuition qu’il faut chercher la réponse à cette question du côté de la perversion de l’usage de la monnaie. Installée au cœur de nos activités et des relations entre les êtres
    humains, la monnaie est un moyen bien commode d’échanger et de faire des comptes en utilisant
    une unité commune et très tôt, nous en savons l’usage, conscients que nos économies ne peuvent fonctionner sans elle.
    Mais, instrument d’échanges à l’origine, n’a-t-elle pas été gravement pervertie au point que beaucoup ne la considèrent plus que comme une valeur en soi, une richesse à acquérir
    pour elle-même. La problématique principale, mère de toutes les compréhensions, pour moi, est bien l’instrumentalisation de la monnaie. Le choix de la dette et des remboursements effarants d’intérêts cumulés. Au 1er janvier 1974, la dette publique française était nulle. En 2009, elle s’élevait à près de 1 400 milliards d’euros alors que l’on avait déjà payé 1 300 milliards d’intérêts. Aujourd’hui elle a dépassé le montant du PNB si je ne me trompe pas.
    Mais, ne pourrait-on pas décider qu’un État n’a pas à emprunter, qu’il doit seulement produire la monnaie nécessaire pour favoriser les échanges. La question de la dette ne se poserait pas si les peuples pouvaient souverainement décider de créer leur monnaie sans intérêts. Regarder les choses de ce point de vue changerait tout. Les banques sont devenues des entreprises génératrices de valeurs abstraites. On peut produire de l’argent non en fabriquant des richesses mais en prêtant avec intérêts et en imaginant une multitude de produits divers (produits boursiers, produits dérivés, titrisation, cartes de fidélité, prêts divers à la consommation, crédits revolving et j’en passe…) La conception actuelle de la monnaie induit la dette et cela est extravagant. Voyons un peu…
    Imaginons un entrepreneur. Il a besoin d’argent, comme la très grande majorité des entrepreneurs, pour s’établir et travailler. Il emprunte une somme qui correspond à ses besoins. C’est à dire qu’il doit pouvoir ensuite s’installer et œuvrer pour payer son outil de travail, ses cotisations diverses, gagner de quoi vivre, entretenir son outil et se détendre, économiser un peu… Le problème ce sont les intérêts qu’il doit rembourser à la banque. Que nous tous devons rembourser aux banques. Oui, le problème. Car pour rembourser cette somme que rien ne justifie vraiment, il doit produire plus. Pour vendre plus et obtenir ainsi plus d’argent
    qu’il ne lui serait nécessaire s’il n’avait pas à rembourser les intérêts. Là est le dérapage. Produire plus et pour cela consommer plus de ressources non renouvelables, gaspiller, avoir à gérer plus de déchets etc… En principe, dans une société humaine qui souhaite l’harmonie, il devrait y avoir équilibre entre les besoins des uns et la production des autres, non ? Si l’on introduit, dans l’équilibre, des individus qui n’ont d’autres fonctions que de  » produire  » de l’argent, nous sommes confrontés à une perversion. Car, nous devons tous produire ou travailler plus qu’il n’est nécessaire et donc vendre plus. Alors qu’en principe les productions devraient équilibrer les besoins. Pour forcer la vente, pour déclencher une consommation surabondante, l’entrepreneur doit ou bien innover dans le domaine technique mais les limites sont nombreuses ou bien développer des artifices, comme le marketing, le merchandising, le packaging et autres frivolités sur lesquelles la publicité insistera pour l’aider à vendre (nous inventons des besoins aussi indispensables qu’inutiles ).
    Alors, évidemment, cet entrepreneur doit augmenter les prix pour intégrer toutes ces charges connexes. L’acheteur des produits paye dans le prix des sommes injustifiées et finit par se trouver confronté à un problème de pouvoir d’achat car lui, en principe ne travaille que pour subvenir à ses besoins. Dès lors, il remet en question son comportement et achète moins, ou plus du tout, ou des produits de mauvaise qualité. L’entrepreneur s’affole, essaie de réduire ses coûts, tire parti de tout. Il baisse les salaires de ses employés, licencie,
    délocalise, demande à l’État de baisser ses charges. On connaît la musique. ( Combien d’aides diverses ont été versées aux entreprises sans création d’emplois ? )
    On a bien un problème. L’argent n’a plus la fonction qui devrait être la sienne et surtout on n’apporte pas les bonnes solutions. Donc, nous travaillons pour les banques privées, pour les actionnaires des banques et pour les actionnaires de tous ces organismes qui se sont insérés, comme des parasites, dans les circuits économiques. Et nous détruisons notre planète. Les causes de cette croissance à tous prix et dont on nous rebat les oreilles en prétendant qu’elle est indispensable sont là, au cœur du système capitaliste. La croissance telle qu’elle est vécue depuis la fin de la deuxième guerre mondiale est absurde et mortifère. La productivité augmente à seule fin de payer les charges de nos dettes et non pour l’amélioration de la vie des gens. L’accroissement de la richesse est détourné. Nous sommes pris dans la spirale du crédit. Il faut rendre aux citoyens la maîtrise de la monnaie et nationaliser le système bancaire. Si l’État, l’Europe, n’empruntaient pas mais créaient leurs monnaies en fonction de leurs besoins pour faciliter des échanges et la détruisaient lorsqu’un emprunt est remboursé nous ne serions pas confrontés à la nécessité de rembourser les intérêts cumulés. La question de la dette publique vient se surajouter aux dettes privées et compliquer la prise de conscience. Nous savons qui a intérêt à la poursuite de ces pratiques et nous savons aussi qui n’y a pas intérêt.
    Pour venir à bout de nos peurs, ne conviendrait-il pas de nous appuyer sur l’entraide mutuelle dont nous savons qu’elle a de tout temps été l’architecture de l’humanité ? Surtout lors des périodes les plus pénibles de l’histoire des hommes.

    1. Vous en savez des choses si vous êtes capable de repérer les périodes les plus pénibles de l’histoire de l’humanité !

      Mais le reste devrait faire plaisir à PSDJ .

      ( j’ai oublié : la monnaie est elle fractale ?)

    2. Beau pavé mon Peska.

      Mais loupé, trompé de case mon Peska.

      Ici, c’est Intello Land et bonnes manières. On montre l’horizon du doigt avec l’oeil souriant mais grand ouvert. Pour le chemin, c’est Google Map. Pour les moyens, c’est Chez ma tante (qui si elle avait serait mon oncle).

      Y a des endroits pour tout, ici on réfléchit (enfin quand je dis « on »…).

  3. L’évasion fiscale est elle fractale ?
    La formation du prix à court terme est elle (seulement) fractale ?
    La spéculation est elle fractale ?
    Ets ce que la complexité est totalement résoluble dans les fractales ?
    L’univers est il fractal ?
    Dieu est géomètre et spécialiste des fractales ?

    Dieu nous a-t-il créé non pas à son image , mais à celle d’un chou de Romanesco ?!

  4. « Passer à une certaine conscience non pas de la finitude mais de l’omniprésence du voile qui la masque serait alors le premier grand pas nécessaire pour adopter une stratégie collective du « moins moche » dans le monde fini. »

    Dans vos plis et replis, il faudrait peut-être développer ça. Pour le plus grand bien du commun et pour vous.

    1. Je trouve que la démonstration du lien entre « manque » et « exploitation », qui constitue l’unité argumentative de base du propos, est un peu/beaucoup trop confuse.

      1. Certes. Mais voyez-vous que préciser (ou nier) ce lien lisse les « plis successifs » où le capitalisme joue son tour de bonneteau, ou bien au contraire renforce les ségrégations dans l’entre deux du « manque » et de « l’exploitation » ?
        En gros, tout ceci était ma version de la « loi de Hofstadter », qui dit pour n’importe quelle tache qu’on se fixe, « ça va prendre plus de temps qu’on le pensait, même en appliquant la loi de Hofstadter ». De la récursivité que j’ai baptisée fractalité pour disposer des analogies les plus condensées.

      2. Je croyais que c’était plutôt la loi de Murphy .

        Mais pour le blog , c’est plutôt la loi de Perls qui énonce que l’angoisse croît quand on ne vit pas le présent mais un futur supposé négatif .

        Celle que je préfère est malgré tout la loi de Swoboda-Fliees-Teltscher qui raconte que , chacun étant traversé de ses propres rythmes biologiques , nous avons pour réfléchir et/ou agir , des bons jours et bonnes heures , ou des mauvais . Moi , je n’ai en gros que deux heures de bonne forme par jour , ainsi que deux occasions de faire ma gymnastique :
        le matin en enfilant mes chaussettes ou entre 9 h et 10 h , et le soir en quittant mes chaussettes , entre 23h et minuit . ( en hiver ).

  5. Je peux cependant partager la « nécessité » ( d’autre chose) par la conscientisation des finitudes , car c’est en gros ce que j’évoquais dans un commentaire ancien , en avançant que ce siècle serait celui de cette conscientisation majoritaire , avec tous les espoirs possibles en balance avec tous les dénis , fureurs , tentatives d’échappatoires , stupéfactions , paralysies , délires …possibles .

    Bis :

    https://www.youtube.com/watch?v=H70qycTD4Lg

    1. Façon de dire que si voile il y a ( et il y a ) , je crois moins à sa « conscientisation » en bon ordre qu’à son déchirement plus ou moins brutal , pour passer directement de la phase conscience à la phase action , avec un conflit entre les modes d’agir .

  6. Votre vision fractale du capitalisme se déployant dans l’espace et le temps en conservant ces deux tensions que sont le désir et la reconnaissance pour en exploiter le flux m’a fait immédiatement penser au jeu de l’avion (Vente pyramidale sur wiki).
    Ces mécanismes d’exploitation de la cupidité/crédulité génèrent des profits en relation directe avec le bassin de pigeon.
    Le capitalisme assure la victoire au joueur qui initie le jeu sur le plus grand bassin. En l’occurrence, la Chine a déjà gagné. Mais je crois qu’elle préfère jouer la survie plutôt que la MacDonalisation/uberisation/micronisation.. de l’humanité.

    1. L’histoire des empires , pas tous vraiment capitalistes , tendrait à démontrer que la puissance ( la victoire ?) sur l’ensemble le plus large n’est pas forcément un gage de réussite .

      Je trouve que presque toujours les empires se sont lézardés parce qu’il n’avaient plus les moyens d’assurer le contrôle par la contrainte du « bassin » fût il de pigeons ou pas .

      Si le capitalisme est un impérialisme ( et il l’est ), il ne survivra que s’il continue à parvenir à mobiliser les ressources de toutes natures pour contrôler les flux d’informations , de ressources financières , des personnes , des armes ….On peut noter qu’il fait tout pour s’en donner les moyens ,comme d’autres impérialismes .

      Le bassin est et sera forcément mondial .

      Le sujet d’espérance , c’est de gérer le bassin autrement que par des impérialismes qui se combattent ou s’allient .

  7. @Timiota,
    Si une image du capitalisme systémique à l’instant t est une vue « fractale », elle est « organisée » et réponds à la théorie du marché, qui voudrait que tout fonctionne suivant des Lois mathématiques à découvrir. Comme vous tracez les limites aux bornes de cette nouvelle fonctionnalité (les limites bien physique de notre planète), on dira que la forme fractale du capitalisme, de structure invariable suivant les échelles, est le modèle mathématiques de l’anarcho-capitalisme. Les habitants de la terre ont raison de s’inquiéter.

    1. Si l’on rappelle la filiation entre sel et salariat , formation fractale du sel , filiation capitalisme/salariat , on tiendrait là la « démonstration » de la validité de l’association capitalisme /fractal opérée par Timiota .

      Mais on peu craindre davantage la finitude de l’eau consommable que celle du sel et du salariat .

    2. Merci arkao, le sujet risque de m’intéresser même du point de vue académique (la suite de mon modèle « Piketty-Gattaz » publié dans Physical Review E en mai dernier…)

      1. Merci, j’ai acheté le dernier livre de Demoule… avant-hier ! (dix mille ans …). Des collègues bien informés regardent si il peut avoir des choses intéressantes à dire au labo LIED (de U Denis Diderot)…
        A suivre…

  8. LES MÊMES ET LES DIFFÉRENTS
    Je ne vais pas parler des grands de ce monde, si peu nombreux, mais des petits, innombrables.
    Une des grandes différences avec les années 30, c’est que le communisme s’est effondré, en tant qu’idéologie, en tant que ligne de mire. Une autre grande différence, c’est que le matérialisme transformateur suit son cours, en particulier avec le numérique, les NTIC et la robotisation. Les NTIC induisent une autre transformation rampante, une transformation des rapports humains. C’est visible même, et peut-être surtout, au sein des entreprises, par exemple avec le management « agile » qui est à l’opposé des processus idéologiques. Les processus idéologiques cherchent « réfuge » dans les vieux modèles religieux, du fait de la panne des autres idéologies politiques. Une idéologie, c’est un processus collectif qui suscite et qui rassemble des « mêmes ». Alors que le management agile (pris comme exemple et manifestation de la transformation en cours) se nourrit au contraire des « différents ». Il est proche en cela du fonctionnement associé à la biodiversité.
    Pour résumer, les années 30 étaient encore dans une dynamique des « mêmes », alors qu’aujourd’hui, nous serions plutôt dans une dynamique des « différents ».

    1. Une dynamique des « différents » qui en définitive produit du même, ce que dit bien Timiota avec sa perspective fractale.

      Cette dynamique des différents flatte les différences, tout en étant la négation des différends, parce que ce sont des différences toujours appréhendées à l’intérieur du même cadre capitaliste. Même certaines sociétés financières se sont mises au management horizontal. Mais quelle différence pour l’éco-système global, le vrai, pas celui des entreprises ! Aucune, elles tuent la biodiversité. Tout changer (en superficie) pour que rien ne change.

      1. un peu de patience. Todd a vérifié que l’alphabétisation engendrait la révolution au dessus d’un seuil (je crois que c’est vers les 50% à vérifier), observation qu’il tirait d’une publication d’un de ses « maîtres ». Cette dynamique des différents, si elle existe bien, devrait bousculer ceux qui la favorisent par pure opportunité (les entreprises qui adoptent le management agile – pas du tout horizontal d’ailleurs, cf Olivier Zara par exemple), parce qu’il n’y a pas de raison que le capital, aujourd’hui exclu du périmètre de décision de ce type de management des « différents », ne finisse pas par y entrer.

    2. Pascal (du blog) pourrait y voir une illustration du duo identité /ipséité .

      Juannessy pourrait y voir une illustration du duo Lien / »Loi « , ou Fusion /Fission . Avec l’outil de la démocratie comme fléau de la balance .

      Un autre , une illustration du duo sédentaires /nomades .

      1. En version positive , le fléau de la balance , si ce n’est pas la démocratie ( et sa fin -pas finitude- républicaine : « Liberté , Egalité , Fraternité étendue au vivant « ) , ce pourra être la conscientisation des finitudes , fléau par évidence collective .

        Mais si l’on imagine que les deux plateaux sont respectivement chargés de  » néo ou ultra – libéralisme  » d’une part , et
         » populismes » d’autre part , il n’y a pas de balance , car ces deux plateaux n’en font qu’un . Il n’y a dans ce cas rien à mesurer . Fin de partie par suicide collectif .

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