La décroissance au tournant ? par Thierry Brulavoine et Michel Lepesant

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Quand toutes les puissances du monde sont unies pour se revendiquer du dogme de la croissance et que nulle part la décroissance n’est reconnue comme une puissance par toutes les puissances économiques et politiques du monde, il est grand temps que les décroissants exposent leurs conceptions, leurs objectifs et qu’ils opposent à l’illusion de la croissance un manifeste (1)  de la décroissance.

C’est à cette fin que des décroissants français se sont réunis depuis deux années avec pour objectif de poser les fondations les plus solides, donc les plus radicales, d’une critique générale de la croissance et de son monde. Ce lent processus tirait d’ores et déjà deux leçons quant aux échecs des stratégies passées pour rompre avec le capitalisme et le productivisme.

Sortir de l’impasse de la convergence pour la convergence.

L’état de marasme idéologique dans laquelle se trouve aujourd’hui la pensée critique du capitalisme se manifeste par des mouvements qui ne se rassemblent plus que sur des appels de convergence toujours construits sur le même canevas en 3 temps : annoncer la mort imminente du capitalisme, pressentir ensuite le frémissement d’une insurrection finale, pour enfin ignorer les divisions de fond au nom d’une union d’autant plus sacrée qu’elle est fragile. Marasme idéologique dans lequel végète aussi l’écologie politique, arc-boutée sur les mensonges du développement durable et de la transition énergétique, ou bien égarée dans la mystique de l’écologie intérieure et du développement personnel.

Choisir la décroissance, l’objection de croissance ne suffit plus.

Pourtant même la mouvance se réclamant de la décroissance n’a réussi le plus souvent qu’à véhiculer l’image d’un individualisme de la simplicité volontaire, ou celle d’un catastrophisme (démobilisateur) de l’apocalypse qui vient, ou bien encore d’une décroissance autoritaire, voire d’une haine malthusienne de l’humanité.

Alors que tant de plafonds de la soutenabilité écologique sont aujourd’hui largement dépassés – dérèglement climatique, effondrement de la biodiversité, eutrophisation des cours d’eau et acidification des océans, guerre généralisée de l’industrie contre la nature, pics des « ressources » minières et énergétiques – beaucoup des critiques de la croissance continuent de se croire au millénaire précédent, dans ces années 1970 où pour la dernière fois l’humanité connaissait une empreinte écologique soutenable. Ils continuent de ne pas voir la différence entre l’objection de croissance – arrêter la croissance – et la décroissance : repasser sous les plafonds de la soutenabilité écologique, et sociale. Quand ils ne se pincent pas le nez parce que le mot de « décroissance » serait mal choisi.

Pour l’année 2017, c’est depuis le 2 août que l’humanité consomme à crédit (2) , et de plus en plus inégalitairement. Si l’on veut faire reculer ce jour du dépassement alors on ne peut pas se contenter d’arrêter la croissance, il faut opérer un retour sous les plafonds de l’insoutenable et de l’indécence. Si ce retour est démocratique, il s’appelle la décroissance.
Faute d’une telle définition aussi claire, radicale et cohérente, la décroissance ne deviendra jamais une puissance assez dangereuse pour inquiéter réellement le monde absurde de la croissance, de l’accélération permanente, de la connexion généralisée.

Une exigeante Maison commune de la décroissance.

Conscients de cela les bâtisseurs de la Maison commune de la décroissance (MCD) ont tenté depuis octobre 2015 une voie exigeante : à partir d’une invitation envoyée à tous les partisans politiques de la décroissance, s’engager d’emblée dans la voie de la solidité idéologique, aller au plus enfoui du monde de la croissance que nous critiquons pour en débusquer les racines les plus profondes. Quelle est l’hypothèse politique qui justifie une telle exigence ? C’est que tout manque de radicalité en amont ne pourra s’attaquer qu’à des symptômes et non seulement laissera intactes les causes mais ne fera que les renforcer : c’est évident si l’on accepte enfin de tirer leçon des échecs répétés tant du côté de la gauche de la gauche que du côté des écologistes. Il en résulte deux façons opposées de construire le « commun » d’une « Maison commune » : par le toit ou par les fondations. Par le toit, pour abriter tout le monde et renforcer cette conception libérale selon laquelle une société résulterait d’abord de l’addition volontaire des individus qui la composent. Par le sol, celui des fondations et de la solidité, et qui se justifie d’abord par un travail de réflexion critique sur les fondements du monde de la croissance, tout particulièrement l’individualisme et l’historicisme du progrès.

Sans surprise donc, en cours de processus, faute d’une rupture suffisante avec l’individualisme libéral ou avec les mythes des mobilisations collectives, quelques-uns se sont éloignés de ce qui se construisait pourtant tout à fait démocratiquement et pour une fois progressivement et collectivement.

Dommage, ou peut-être tant mieux car sinon comment enfin reconnaître l’échec de l’histoire assez récente des groupuscules politiques de la décroissance ? Le Mouvement des objecteurs de croissance (MOC) s’est entêté dans une stratégie de convergence antiproductiviste, incapable de s’avouer que trop d’anticapitalistes ne sont pas prêts à renier leurs bases travaillistes, progressistes, leur écologisme malgré-soi. Quant au Parti Pour La Décroissance (PPLD), cette coquille (d’escargot) devenue rapidement vide fut opportunément occupée par des individualismes nourris de quelques clichés ou idées repiqués çà et là.

Un principe de réalité et un principe espérance

Rien ne dit que la MCD va réussir mais au moins aura-t-elle tenté une vraie voie de rupture avec les précédentes tentatives, non seulement en critiquant le capitalisme mais aussi en critiquant les critiques du capitalisme. Et d’ores et déjà, elle peut être jugée sur des résultats idéologiques tangibles. Nous en mettrons deux en avant.

– Tout d’abord, a été posée une nette démarcation entre politique de la décroissance et élection : sans présenter de candidats à aucune élection, la MCD ne s’interdira absolument pas de soutenir des candidats dont les propositions seront en accord avec les ruptures programmatiques telles qu’elles auront pu être élaborées à partir des travaux idéologiques de la MCD.

– Ensuite, mais c’est peut-être aujourd’hui plus un espoir qu’une réalité, la MCD va devoir approfondir la relation qui peut articuler écologie et société. L’écologie fournit un principe de réalité, un domaine de définition : il faut respecter les conditions de possibilité d’une soutenabilité de la vie humaine. Ces conditions sont des limites (des seuils, des bornes, des frontières, des effondrements). Mais l’écologie – même politique – ne fournit aucun paradigme de ce que serait une vie véritablement humaine, car c’est là une question sociale : celle du vivre ensemble. Les décroissants ajoutent donc un principe d’espérance : que vivre humainement, c’est d’abord vivre pour vivre ensemble, à proximité les uns des autres ; que les hommes ne vivent pas en société parce qu’ils ont des besoins naturels à satisfaire, c’est la vie sociale qui est un besoin humain en tant que tel, un « besoin de haute nécessité » (3)  ; que la liberté n’est pas une propriété privée qui s’arrête là où commence celle des autres mais qu’elle est d’abord le partage d’un espace commun, d’une vie commune, d’un monde commun.

Thierry Brulavoine, Michel Lepesant, (p)artisans de la décroissance

Thierry Brulavoine, chroniqueur au journal La Décroissance
Michel Lepesant, philosophe-essayiste

(1)  En forme de pastiche de l’introduction du Manifeste du parti communiste, manière d’honorer un texte encore aujourd’hui si puissant.

(2)  https://www.wwf.fr/overshoot-day-2017

(3)  Référence au Manifeste pour des produits de haute nécessité 18 février 2009
Sur le site de la Maison commune de la décroissance tous les comptes-rendus de sa naissance.

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48 thoughts on “La décroissance au tournant ? par Thierry Brulavoine et Michel Lepesant”

  1. Ne reste plus à la MCD de nous expliquer comment, avec un outil (la monnaie) obligatoirement basé sur la rareté relative, on va pouvoir sortir des habituels conflits d’intérêt, des habituelles raréfactions artificielles (obsolescence programmée, destructions de production trop abondante pour faire remonter les prix).

    Le modèle économique de la décroissance, c’est la désargence, c’est ce que porte les différents collectifs post-monétaires. Et vivement qu’il y ai des débats sur ce sujet dans les milieux « alternatifs » et « écologistes ».

  2. Si ce texte fait avancer grandement quelque chose face à l’urgence des effondrements en cours pour ses acteurs, cela me reste malheureusement obscur.

  3. Bonjour Thierry et Michel,
    Vos avez posté votre message un peu trop tôt :
     »Pour l’année 2017, c’est depuis le 2 août que l’humanité consomme à crédit (2) , et de plus en plus inégalitairement … je rajouterai que les 3 dernières années furent les plus chaudes jamais enregistrées.
    http://www.rtl.fr/actu/environnement/les-trois-dernieres-annees-sont-les-plus-chaudes-jamais-enregistrees-7791893472

    Vous écrivez  »toutes les puissances économiques et politiques du monde … ».
    Ce soir je regardais les inondations à la Réunion, les tempêtes en Europe du Nord. Les puissances économique et politiques du monde sont des nains face à l’évolution rapide du climat et aucun mur que ce soit à la frontière du Mexique ou ailleurs ne stoppera les évolutions en cours.

    J’ai bien consicence que mon message n’apportera pas grand chose au débat mais pour ma part, je n’attends plus rien des politiques. Je crois plus à une prise de conscience individuelle mais malheureusement, il faudra une catastrophe majeure dans un pays développé pour que le traumatisme en résultant permette de modifier nos comportements collectifs.
    Faudra t’il une canicule en Europe avec 200000 morts en 2 mois pour que les opinions publiques évoluent ? Je le crains.

    Bon, pas le moral, je vais me coucher.

    1. @ jeanpaulmichel
      « Bon, pas le moral, je vais me coucher. »

      Vous auriez comme qui direz un moral dans les chaussettes !

      Il ne faut pas camarade, les échéances, les grandes batailles sont devant nous.

      Il y a ceux qui prônent la baisse de l’activité humaine dans ce même système du profit capitaliste. Ce sont les décroissants.

      Il y a ceux qui prônent un plan de production rationnel, social, écolo et mondial. Ce sont les socialistes, révolutionnaires et internationalistes. Ce plan n’est réalisable qu’une fois refermé la parenthèse historique du capitalisme.

      Entres eux il y a les milliards de terriens, beaucoup ne peuvent espérer vivre et survivre, qu’à partir du moment où la société génère de l’activité.

      Les uns en proposent, les autres non. Le résultat est grandement prévisible. Une fois dissipé les illusions de l’argent roi et de l’économie casino, la tendance historique va aller vers une recherche frénétique de socialisme.

      Vous n’attendez  » plus rien des politiques », croyez bien que vous n’êtes pas le seul, plus personne n’a beaucoup d’illusion sur les politiciens actuels, mais ceux ci sont le produit du moment que nous vivons.

      Savez-vous que début 1789, la grande masses des français ne savaient rien des personnages historiques qui allaient faire la révolution française ?

  4. Approfondir la relation entre écologie et société ?

    C’est une des principales raisons d’être de … l’économie et de … la politique . Il suffit de remonter à l’étymologie de « économie » .

    Je ne connais d’ailleurs qu’une façon d’approfondir sainement la relation : la démocratie , et une devise :

    Liberté , Egalité , Fraternité étendue au vivant .

  5. « Rien ne dit que la MCD va réussir mais au moins aura-t-elle tenté une vraie voie de rupture avec les précédentes tentatives, non seulement en critiquant le capitalisme mais aussi en critiquant les critiques du capitalisme. »

    A un certain moment il faut peut-être s’interroger de l’immense faculté qu’on les décroissants, à travailler à la croissance exponentielle des mots qui ne veulent absolument rien dire, et des concepts creux.

    On est proche du seuil critique, ou plutôt critique critique de la critique critique capitaliste et anti-capitaliste !

    1. J’ai dis plus bas que vous aviez raison mais peut-être avez-vous tort par la même dans la mesure où la critique de la critique s’avère utile pour comprendre la multiplicité du sens d’un concept aussi creux que « développement » ou « décroissance », les auteurs peuvent ainsi développer une critique de la critique du développement durable: décroissance de l’emploi et des salaires ou du PIB, développement durable du temps libre ou des intérêts capitalistes.

      1. @ Ploc

        Marxiste, vous prêcher un convaincu lorsque vous écrivez : « … (la) critique de la critique s’avère utile pour comprendre la multiplicité du sens d’un concept … »

        Mais il ne suffit pas de critiquer pour critiquer, il faut avoir un bon sens critique, et mon sens critique me laisse penser que sur le sujet de la décroissance, il n’y a même pas matière.

  6. Vous devez vous sentir seuls les gars!!!
    Votre démarche est digne de sens,elle est saine et même religieuse, ce retour à un monde propre que beaucoup souhaitent,une « humanité » intelligente,c’est beau!

    Mais seulement voilà,nous sommes des abrutis nous préférons l’eau croupie et puante, de la bouffe dans des hangars de merde,des déchets en guise de décors.Manger ses excréments et boire sa pisse,Voilà comment « l’humanité » finira.

    1. @ L’ouvrier.
      « Manger ses excréments et boire sa pisse,Voilà comment « l’humanité » finira. »

      Changer de « paf » monsieur l’ouvrier, et appelez-vous plutôt « dame pipi », vous me semblez en connaitre un rayon sur le sujet !

      1. Venez bosser dans l’usine qui m’emploie et vous changerez rapidement de point de vue,la décroissance reste une blague de riche,venez vous plonger dans le monde des ouvriers français,le vrai monde,le monde de ceux qui s’échinent,femmes et hommes qui enrichissent les déjà riches.la décroissance, les ouvriers la connaissent déjà depuis longtemps avec des salaires aux rabais.
        Si vous voulez décroître commencez par ne plus prendre d’avion,vendez votre 4×4 allemand,manger local et modérément mais par pitié ne venez pas me donnez de leçons sur ce sujet…

      2. @ L’ouvrier.
        « Venez bosser dans l’usine (…) plonger dans le monde des ouvriers français »

        Dans le monde des ouvriers français ou dans le monde des ouvriers travaillant en France camarade mauvais coucheur ?

        Un jour, nihiliste comme un petit bourge, tu nous invites à manger nos excréments et boire notre pisse, un autre tu nous fais l’apologie de la lutte des classes limitée à l’hexagone « manger local ».

        Voilà pour la leçon d’internationalisme camarade !

        Maintenant si tu peux assimiler que le sort de l’humanité n’est pas scellé, et que l’alternative historique devant nous et la barbarie ou le socialisme, tu comprendras que ton affirmation : « voilà comment « l’humanité » finira », a quelque chose de démobilisateur dans nos rangs.

        A quoi bon se grouper puisque qu’il n’y a plus de demain !

        No futur ! Voilà la doctrine que tu empruntes à un monde qui n’est pas le tien, en pendant ce temps les 4X4 pullulent.

        Quand le chat prolo n’est pas là les souris capitalistes dansent !

      3. @ L’ouvrier

        Comme presque tout le monde, vous confondez « décroissance » avec « déclin ». Et je ne cherche pas à vous donner de leçon !
        La décroissance ne peut qu’est voulue et organisée. Le déclin, il est subi et synonyme de complet chaos.

        La seule référence qui vaille désormais est notre consommation d’énergie. Il faut qu’elle décroisse très considérablement et tout de suite.
        Les ouvriers doivent s’en rendre compte d’urgence.
        En le comprenant, parce qu’ils se seraient réellement informés pour aboutir à ne plus consommer bêtement, à jardiner dans les espaces publics dont ils auraient repris possession, en rétablissant de l’entraide et de la solidarité, en boycottant les objets inutiles, ils ont tout à gagner : les riches ne sont riches que par la consommation de masse, c’est-à-dire la consommation des masses de familles de pauvres, d’ouvriers et de petits employés.
        Boycottons ! et la décroissance énergétique viendra toute seule. Et peut-être pourrons-nous éviter le déclin.

    2. @ L’ouvrier
      Vous faites un amalgame entre décroissance et diminution des revenus du travail. La décroissance est un mauvais terme, parce qu’on a l’impression d’un retour en arrière technologique, et aussi d’une baisse de revenu, ce qui vous fait réagir.

      Les revenus de la croissance qu’on appelle le PIB sont des cumuls de bénéfices, qui n’ont pas de sens, lorsque par exemple, on comptabilise le retraitement d’une bouteille en plastique, totalement inutile, ou l’essence consommée dans un embouteillage.

      Rien ne dit, qu’en travaillant moins, avec plus de technologie, et à des choses plus utiles, nous abaisserions notre confort collectif, ce que vous amalgamez aujourd’hui votre revenu. Il ne s’agit pas forcément de revenir en arrière, mais plutôt de décider de ce qu’on fait, et de quelle manière on le fait.

      Un exemple : Denis Papin avait inventé dès 1685 une machine à conserver sous vide. Une pompe à vide, qui s’actionne au pied, un seau, un peu d’eau, quelques manipulations faciles, et on mettait jus de fruits, conserves, poissons et viande sous vide à volonté.

      Maintenant prenez le PIB de la vente de tous les emballages consommés en France en un an, puis celui de leur ramassage et de leur destruction ou recyclage*, et soustrayez les du PIB.

      Dans une deuxième temps, ajoutez au PIB l’activité de mise sous vide, selon le procédé ancien, qui ne réclame pas de plastique jetable.

      Bref en faisant tous ces calculs, est-on certain d’arriver à un solde négatif par la technologie de 1685 ? Votre revenu personnel serait-il inférieur ? Moi je ne m’avance pas là dessus, mais j’aimerai bien que les économistes, au lieu de parler des taux d’intérêts, fassent quelques calculs là dessus.

      * également comptés dans le PIB, puisque le secteur public y contribue au montant de ce qu’il coûte.

      http://de869.ispfr.net/findutravail

    3. « Manger ses excréments et boire sa pisse,Voilà comment « l’humanité » finira. »

      L’humanité fait cela depuis la nuit des temps mais en passant par la case bactérie il n’y a rien de mal à cela. Les toilettes sèches ne sont rien d’autre que cela.
      Pour moi le mot décroissance ne veut rien dire je lui préfère le mot sobriété dans le sens de faire mieux avec moins. L’agroécologie et son pendant l’agriculture de conservation pour lesquelles je milite vont dans ce sens. Certes il y a encore beaucoup à faire, beaucoup d’évolutions en perspective mais les choses avancent.
      La gauche ferait bien d’oublier son grand soir et dépasser pour une fois son sempiternel combat binaire mais surtout idéologique que c’est avec la lutte des classes qu’on en sortira

  7. Ce qui me gêne dans le concept de « décroissance », c’est qu’il valide implicitement le concept de « croissance », en s’adossant fondamentalement sur la notion de PIB qui semble être un indicateur totalement biaisé. Ce serait comme vouloir réaménager un édifice existant dont les fondations seraient totalement défectueuses…

  8. Emmanuel a raison. Les termes de croissance et décroissance sont biaisés. Croissance et décroissance de quoi?
    Si l’on pense que la démocratie électorale est le moins mauvais des systèmes politiques, il faut pouvoir convaincre la majorité des électeurs. Allez sur le terrain confronter votre logiciel avec la réalité des gens! Pour l’instant les listes de décroissance ont obtenu quelques centaines de voix. Ce n’est peut-être pas un hasard?

  9. Un exemple de la perturbation des tenant.e.s de l’ancien monde qui prônent le développement économique, fut-il étiqueté de durable, qui prônent l’emploi alors que celui-ci disparaît (on pourrait dire : bon débarras ! Si nous parvenons à continuer de déconstruire cet ancien monde), qui prônent la démocratie participative, à grand renfort d’expert.e.s pour mieux museler la contestation (fabriquer du consensus dans leur novlangue).
    Ilelles doivent désormais savoir, après la victoire contre l’aéroport, qu’ilelles ne seront plus tranquilles pour nous gouverner et nous faire accepter leurs dominations politiques et économiques qui nous font perdre notre vie à essayer de la gagner.
    Un exemple donc vers 6′ qu’il y a des grains de sable dans les rouages :
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20/l-invite-de-8h20-19-janvier-2018

    Nous devons les traquer partout et tout le temps jusqu’à ce qu’ilelles acceptent de reconnaître, bien obligé.e.s que nous sommes désormais ingouvernables.

    1. Vincent, vous êtes un nihiliste vert, vous souhaitez la chute de la société, de la démocratie, et puis sans doute après, en découdre…car ce que vous n’avez pas, vous voulez que tout le monde en soit privé, avant de reconstruire…

      On peut comprendre la colère face au chômage de masse, je suis en colère aussi, ceci-dit je préfère nettement l’idée d’une constitution économique, qui change en profondeur les choses, sans tout foutre en l’air.

      http://de869.ispfr.net/findutravail

      1. Diantre, Xavier Beulin, sort de ce corps ! Lui, c’est djihadistes verts qu’il avait utilisé, pas très différent, vous en conviendrez.

        Alors quoi Vincent, parce que je vois partout des élus petits et grands dérouler des tapis de bitume à la moindre promesse d’emplois, parce que je vois partout des grandes régions compétitives et attractives se développer, parce que je vois partout des métropoles (ou plus nécropoles à l’heure du grand collapse) elles aussi compétitives et attractives écraser des terres agricoles sous des kilomètres (des hectares) de ruban gris, de quartiers nouveaux pour cadres moyens dûment estampillés de label BBC et autre green machin tout propre…
        Ce que je n’ai pas dites vous.
        J’ai eu. J’ai possédé, pour ce faire pendant presque 20 ans je suis allé au travail tous les matins, et j’en suis rentré tous les soirs (enfin quand la nécessité de production n’imposait pas de dormir sur un canapé d’accueil), dans des tas de belles et grosses boîtes, dont aujourd’hui je peine à trouver une quelconque utilité réelle, autre que faire du pognon sur un marché.
        Parce que désormais je ne désire plus avoir, mais être, non Vincent, je ne me sens pas, mais alors pas du tout nihiliste. Même s’il m’arrive d’être désespéré, ce dont je m’efforce de me soigner, devant la grande difficulté qu’il y a à faire comprendre aux gens que ce qui les constitue, les identifie, leur donne une place et une classe dans la société n’est bien trop souvent qu’une perte de temps et de vie en acceptant de se soumettre à l’ordre économique et politique.
        Rassurez vous, je n’ai pas le couteau entre les dents, mon arme préférée s’est l’amour.

  10. MCD, MOC, PPLD…, on aime bien les sigles en France. Çà donne un coté « officiel »
    Bon, sérieusement, sortir du capitalisme, sortir du travail salarié, sortir de notre dépendance au pétrole, à l’argent…, qui peut encore y croire ? Le réveil des consciences ? Foutaises.
    Le changement aura bien lieu, il est déjà en cours (pic pétrolier, extinction massive / ou pas…).
    D’abord progressif comme depuis les 50 dernières années, puis, l’effondrement du réseau en cascade, genre panne électrique géante aux USA, mais à l’échelle mondiale. (écosystèmes, finance mondiale, réseaux d’approvisionnement, énergie (pas d’électricité: pas d’eau potable), pillages en règle..)
    Là le chaos et la décroissance, ce ne sera plus une option ou une discussion de club.
    De là qu’est-ce qu’il en ressortira ? Une nouvelle donne, un monde à la Mad Max, à la Stephen King ? Un mix des deux ? Des communautés paysannes armées et en guerre perpétuelle genre « Les sept samouraïs » ?
    Je ne vivrai probablement pas assez vieux pour voir cela (quoique), mais je suis très inquiets pour mes petits enfants

    1. Mais non Merlin !

      Qu’est ce qu’il y a de si compliqué, à faire les choses autrement ? (voir mon post plus haut). Pendant l’occupation par exemple, on a été contraint de faire les choses autrement, je pense aux voitures à gazogènes par exemple…

      Il suffit d’être nombreux à le vouloir. Si chaque personne convaincue qu’il faut faire les choses autrement en convainc 2 dans la semaine, il suffit de 6 mois pour convaincre toute la population française, retraités et enfants compris. (67 millions).

      Alors c’est bien parce que nous ne le voulons pas, que nous ne le faisons pas.

      http://de869.ispfr.net/findutravail

  11. La presse nationale , ces jours ci :

    – Croissance 2017 ( on dit aussi parfois « reprise » ) : +1,9%
    – Emplois créés : 239 000
    – chômage : 10 , 1 % ( en hausse légère ).

    Question : pourquoi quand on « croît » ( même assez proche du fameux 2% qui parait-il doit vider pôle emploi ) le chomage ne recule-t-il pas ou plus ?

    Les raisons invoquées varient selon la couleur du journal , mais je n’en ai pas lu qui prennent vraiment à bras le corps la numérisation comme la lame de fond structurelle .

    1. Bientôt 28 h/sem en Allemagne ?
      En fait le problème n’est pas la numérisation de l’économie ou la robotisation, le problème c’est que les gains de productivité induits sont confisqués :
      1/ aux salariés aux sous-traitants et aux agriculteurs
      2/ aux consommateurs
      3/ aux États

  12. L’état de l’écologie politique en France est assez catastrophique, mais ce problème d’organisation politique n’est que la partie émergée du problème.

    En Belgique, et en particulier en région wallonne, le parti écologiste a fait entre 8% et 20% à toutes les élections depuis 20 ans, et s’est retrouvé à dans l’exécutif à différents niveaux de pouvoirs (national, régional) à plusieurs moments.

    Ayant vécu cela de l’extérieur, mais connaissant beaucoup de gens de l’intérieur du parti, je peux témoigner que:
    – le message de l’écologie politique, même relativement soft, ne convainc à l’heure actuelle que 10-12% des électeurs. C’est un fait, et aucune « bonne stratégie politique » ne pourra changer cela.
    – Si l’élection se passe juste après une « crise écologique » (quelle qu’elle soit), le score monte à 15-20%.
    – Si l’on prend cette minorité comme donnée, il ne faut pas s’attendre à des changements radicaux rapides, sauf juste après une catastrophe majeure.
    – Le parti ecolo est le seul à avoir une véritable vision pour l’avenir. Cela a par exemple été très utile lors des négociations pour la formation d’un gouvernement pour la région de Bruxelles en 2009: les écologistes ont réussi à négocier un texte hyper à leur avantage, parce que sur beaucoup de sujets ils étaient préparés: ils savaient réellement ce qu’ils voulaient, et ce qu’ils pouvaient laisser tomber.

    Ma conclusion c’est que la seule stratégie réaliste est la suivante:
    – au niveau politique, construire le programme le mieux charpenté, le plus clair, et un programme court terme-moyen terme avec une vision très claire de la société que nous voulons à long terme.
    – Construire un parti politique organisé avec une vision claire et structurante.
    – Soutenir le + possible tous les mouvements de la société civile qui vont dans la bon sens
    – POUR: le jour où une élection majeure se déroule juste après une crise écologique, être capable de profiter au maximum de son avantage autant au sein des réseaux citoyens qu’au niveau politique . Une stratégie du choc à la Naomi Klein en quelque sorte.

    Alors à court terme, cela veut dire ronger son frein et faire un (gros) travail de l’ombre pas très excitant, mais je pense qu’il faut juste être réaliste: le basculement de société n’est pas encore pour tout de suite. Mais il ne faudra pas rater le coche quand une occasion se présentera…

    1. L’état de l’écologie politique n’est pas catastrophique en France, puisque celle-ci est devenue une part intégrante des programmes de tous les partis ou presque. Je suis assez âgé pour avoir connu l’époque où l’écologie politique était marginale, moquée même. Désormais tous les français sont convaincus du bien fondé de la nécessité d’adopter un autre modèle. Et ça c’est éminemment politique. Le réchauffement climatique est passé par là.
      Un signe parmi bien d’autres : Elise Lucet est la personnalité que les français voudraient voir plus souvent à la télé d’après un sondage tout récent. Lucet n’affiche aucune attache partisane, mais il suffit de voir ses enquêtes, ses pétitions, pour comprendre que sa vision des choses est assez radicale, s’en déplaise à vigneron qui ne la porte pas dans son coeur ;-). Si effectivement tout ce qui est dévoilé dans ses reportages était suivi de politiques y remédiant, c’est tout le modèle actuel qui devrait être remis en cause, elle ne le dit pas, pas folle la guêpe, c’est impossible à la télé à des heures de grande écoute, mais c’est implicite. Les français sont donc plus radicaux qu’ils ne le pensent, ils s’accordent sur la profondeur du mal, ils ont seulement encore du chemin à faire pour remonter jusqu’aux causes premières.

      Je vous rejoins donc dans votre conclusion, il faudra des évènements catastrophiques pour qu’une politique à la hauteur des enjeux soit appliquée, car la vision du modèle à mettre en avant demeure confuse pour la plupart de nos concitoyens, et les Verts sont la traduction de cette situation : un parti qui réunit en son sein le libéral Danny Cohn Bendit et Noël Mamère, en passant par Nicolas Hulot qui prend fait et cause pour le gouvernement lorsqu’il déclare que l’évacuation par la force de la ZAD est nécessaire alors même les zadistes sont de par leur existence et leur combat la preuve vivante que des alternatives sont possibles et que le courage et la vision large déplacent des montagnes. (hum je m’emporte, mais il y a de ça !)
      Pour mon père de 83 ans, pas vraiment de gauche pourtant, à Notre Dame des Landes s’est constitué une sorte de République. Et je n’ai pas perçu dans sa remarque un quelconque mépris même s’il n’approuve pas. Et j’ajoute, en écho aux propos récents de Juan Nessy, que la République, toute république digne de ce nom c’est, il ne me contredira pas au moins sur ce point : liberté égalité fraternité, valeurs qui sont une réalité sur le terrain. Pourquoi devrions nous alors nous plaindre que s’instaure une petite République qui ne dit pas tout à fait son nom au sein de la République française quand cette petite République a des choses à nous apprendre, du courage à revendre pour que la République française aille de l’avant ! Voulons-nous réellement réformer le droit de la propriété ?

      1. @ Pierre-Yves Dambrine

        « Voulons-nous réellement réformer le droit de la propriété ? »

        Pour la ZAD de NDDL, il existe déjà des instruments juridiques que permettraient aux zadistes et aux agriculteurs historiques de créer leur petite « République »!

        Voir https://reporterre.net/Et-si-Notre-Dame-des-Landes-devenait-un-bien-commun

        Extrait : « Thomas Dubreuil, l’un des juristes qui apportent leur aide aux opposants à l’aéroport, juge cette solution des communs « très intéressante » : « On pourrait imaginer la création d’une société civile type SCI [société civile immobilière] qui serait chargée de réguler les usages. L’État resterait propriétaire des terres tout en permettant aux occupants de les utiliser. On se rapprocherait de la distinction entre nue-propriété (posséder un bien mais ne pas avoir le droit de l’utiliser) et usufruit (avoir le droit d’utiliser un bien sans en avoir la propriété) », explique-t-il. Cette société se chargerait alors de rendre leurs parcelles aux agriculteurs historiques, expulsés par l’État pour construire l’aéroport, et de mettre le reste des terres en commun. »

      2. Rendre leurs biens aux agriculteurs historiques ?

        Je ne vois pas pourquoi ils ne les rachèteraient pas aux prix où ils les ont vendus éventuellement actualisés et avec coefficient de dépréciation ( ou appréciation d’ailleurs ) . Les services fiscaux savent très bien faire ça , mais reste à savoir sous quel statut les terrains avaient été achetés , et l’état précis de la domanialité .

        Comme j’ai pu connaître le milieu rural , à moins que les choses aient bien changé , l’état ne sera pas forcément l’acteur le plus chiant dans ces tractations éventuelles .

      3. @ Pierre-Yves Dambrine dit : 19 janvier 2018 à 16 h 32 min

        « L’état de l’écologie politique n’est pas catastrophique en France, puisque celle-ci est devenue une part intégrante des programmes de tous les partis ou presque. »

        Le seul problème c’est que cette politique, comme toute autre, arrivera bien trop tard, parole de l’écologiste Yves Cochet

        http://www.liberation.fr/debats/2017/08/23/de-la-fin-d-un-monde-a-la-renaissance-en-2050_1591503

    2. Mathieu, mille excuses d’être un peu sévère, mais lorsque les partis politiques ne se préoccupent que de la façon dont ils vont prendre le pouvoir, c’est souvent qu’ils sont un peu creux à l’intérieur. On a ici en France l’exemple du parti socialiste pour ça.

      1. @Vincent Rey
        Désolé, mais je ne vois pas trop le lien entre ce que j’ai écrit et ce que vous écrivez.

        Evidemment qu’un parti politique ne doit pas se soucier uniquement de la manière de prendre le pouvoir (où ai-je suggéré cela?).

        Mon point est que je ne pense pas que la situation soit mûre pour un changement majeur de société (alors qu’à mon avis cela est nécessaire, pour des raisons sociales et biophysiques).
        Et que la seule stratégie réaliste est de se préparer au mieux pour pouvoir être efficace pour que ce soit le cas.

        Une autre manière de dire les choses: dans les grandes lignes, on sait bien ce qu’il faudrait faire (on en parle depuis 40 ans…). Le problème secondaire qui reste est comment réaliser cela concrètement à l’échelle d’une société. Vous pouvez appeler cela « prendre le pouvoir », mais c’est une question qu’intellectuellement, je ne vois pas comment éviter…

  13. Quand on s’est planté dans une direction, souvent, on prend la direction exactement opposée. Même image avec les deux pièces d’une même monnaie, renforçant l’ironie des croissantistes placardant sans relâche l’image d’un temps inversé jusqu’au Moyen-Age voir même d’une préhistoire.

    Si la MCD a « posée une nette démarcation entre politique de la décroissance et élection : sans présenter de candidats à aucune élection » ce n’est pas tant que les citoyens ne seraient pas prêts, ni que les croissantistes pèseraient de tout leur poids de dollars. Non, les programmes écolos jusqu’ici ne vont pas assez au fond des choses. Lorsqu’il est radical il est empreint d’autoritarisme, quand d’autres ne sont que des aménagements à l’intérieur du productivisme proposant des moyens de défense.

    Il faudra bien construire un réel projet politique avec proposition de candidats et il faut faire aussi vite que possible.

      1. C’est ce que j’écrivais plus haut. Il y a un problème spécifiquement français pour l’écologie politique: il n’y a pas de programme et de candidats. Mais ce n’est pas le cas partout.

        Le problème, même si on a un programme et des candidats, c’est qu’on se rend compte qu’on ne récolte que 12-15% des voix max, ce qui n’est souvent pas suffisant pour infléchir nettement la tendance.

  14. Cela fait plus de vingt ans que l’économie verte est pédagogiquement enseignée aux écoliers et aux étudiants, tous ou presque finissent par s’endetter pour aller en école de commerce, pour rembourser les dettes ils travaillent avec les grandes entreprises, qui elles aussi prétendent faire des efforts pour protéger la nature (ce qu’elles font peut être plus que les PME?). Eninel plus haut a raison sur ce point, la critique a des limites, il faut des exemples, du coaching personnalisé, des stages de formation à la citoyenneté économiquement décroissante, de l’entraide et du social. Une appli peut-être pour mesurer en temps réel notre empreinte écologique, avec un bip au seuil d’alerte. Ce sont des cas pratiques qui pourraient aider.

  15. Productivisme et consumérisme de masse sont incompatibles avec la sauvegarde de l’environnement. C’est une vérité qui dérange !

    Le capitalisme lui, quels que soient ses variétés (autoritaire d’Etat à la chinoise, libéral-corporatiste à l’américaine, ou libéral-autoritaire comme dans l’UE), s’appuie sur ce productivisme/consumérisme de masse, mais se caractérise surtout par sa très grande tolérance aux inégalités et à leur accroissement.

    Plus l’environnement se dégrade et plus les ressources non renouvelables se font rares, plus il devient difficile de partager équitablement le gâteau. D’où l’utilité d’une idéologie fondée sur une concurrence généralisée et la loi du plus fort. L’inégalité des conditions est dans ce contexte la planche de salut des strates de la population -toujours plus minoritaires- qui coûte que coûte veulent continuer à vivre sans se limiter dans leurs désirs et leur « standing » de vie. Au niveau mondial cela se traduit par « Notre mode de vie n’est pas négociable » tel que l’avait énoncé un président américain.

    Bien évidemment, cette évolution vers toujours plus de rareté des ressources, toujours plus de dégradation de l’environnement, et toujours plus d’égoïsme tant individuel, que des Etats-Nation, n’est pas un facteur de paix, ni au plan social, ni entre les Etats.
    Par contre cela fait la fortune de toutes les industries de l’armement et du maintien de l’ordre, et donc des oligarchies qui en sont actionnaires. Rien de nouveau sous le soleil en fait, si ce n’est que la mare s’assèche de plus en plus vite avec l’élévation globale de la température du globe. Ce dernier facteur augmentant l’agressivité des animaux qui veulent accéder à la mare, dans un effet de rétro-action négative.

    1. « Plus l’environnement se dégrade et plus les ressources non renouvelables se font rares, plus il devient difficile de partager équitablement le gâteau. D’où l’utilité d’une idéologie fondée sur une concurrence généralisée et la loi du plus fort. L’inégalité des conditions est dans ce contexte la planche de salut des strates de la population -toujours plus minoritaires- qui coûte que coûte veulent continuer à vivre sans se limiter dans leurs désirs et leur « standing » de vie. »

      Plutôt que de ne voir en Trump qu’un imbécile il serait peut-être plus utile de le voir comme quelqu’un qui utilise les méthodes qui lui ont si bien réussi jusqu’ici (le bluff essentiellement) pour continuer coûte que coûte à vivre dans l’opulence que lui et ses semblables affectionnent.

      1. @ G L dit : 20 janvier 2018 à 23 h 41 min

        « D’où l’utilité d’une idéologie fondée sur une concurrence généralisée et la loi du plus fort. ……….Plutôt que de ne voir en Trump qu’un imbécile il serait peut-être plus utile de le voir comme quelqu’un qui utilise les méthodes qui lui ont si bien réussi jusqu’ici »

        Pourquoi focaliser sur Trump ?

        L’exploitation de méthodes, quelles qu’elles soient, et surtout si elles ont été longuement validées par l’expérience, donnent un avantage concurrentiel à ceux qui voient dans la situation présente une certaine similitude de possibilités d’action compte tenu ce qu’ils ont déjà longuement vécu sur plusieurs générations, au point d’en avoir influencé leurs aptitudes génétiques.

        La difficulté réside dans le fait que l’évolution de toute situation est multifactorielle et qu’en conséquence, les actions visant à faire évoluer les facteurs les plus influents sur la vie de notre planète, nécessitent la mise en oeuvre de plus en plus de puissance, donc d’énergie disponible rapidement, pour transformer la matière (notamment vivante) dans le peu de temps qui reste pour agir.
        L’effondrement naturel étant annoncé à une échéance de quelques dizaines d’années ( cf Yves Cochet), il semble bien qu’il soit trop tard pour agir globalement. Il ne resterait donc pour notre espèce, qu’à espérer de survivre à partir de foyers plus résilients que les autres et donc pas nécessairement les plus forts.

  16. Les auteurs de ce billet expriment avec brio la nécessité de définir un manifeste de la décroissance.
    La pensée de Walter Benjamin, constitue un formidable point d’appui, pour enrichir cette réflexion.
    Ses apports seraient immenses.
    Je vous engage à consacrer un peu de votre temps, à l’écoute d’une intervention donnée par Jean Lacoste, traducteur français de Benjamin, au Collège de France, en 2016 sur « La figure du chiffonnier chez Walter Benjamin ». Le chiffonnier, métaphore du recyclage perpétuel qui ne résout rien. (http://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon/seminar-2016-02-02-17h30.htm)

    Voici, également, tiré d’un de ses livre « Sur le concept d’Histoire », chez Payot, un aphorisme, « Angelus Novus » , portant sur la notion de progrès.
    Ce court texte est inspiré par la réflexion que lui inspire le tableau éponyme de Klee.

    Il existe un tableau de Klee qui s’intitule Angelus Novus.
    Il représente un ange qui semble avoir dessein de s’éloigner de ce à quoi son regard semble rivé.
    Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte, ses ailes déployées.
    Tel est l’aspect que doit avoir nécessairement l’ange de l’histoire. Il a le visage tourné vers le passé.
    Où paraît devant nous une suite d’événements, il ne voit qu’une seule et unique catastrophe, qui ne cesse d’amonceler ruines sur ruines et les jette à ses pieds.
    Il voudrait bien s’attarder, réveiller les morts et rassembler les vaincus. Mais du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, si forte que l’ange ne peut plus les refermer.
    Cette tempête le pousse incessamment vers l’avenir auquel il tourne le dos, cependant que jusqu’au ciel devant lui s’accumulent les ruines.
    Cette tempête est ce que nous appelons le progrès.

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