Trump, ennemi public N°1 du genre humain, le 29 juillet 2018 – Retranscription

Retranscription de Trump, ennemi public N°1 du genre humain. Merci à Éric Muller et Yves Hurtel ! Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le dimanche 29 juillet 2018, et une différence, deux différences par rapport à mes vidéos récentes : je porte un pull parce qu’il ne fait pas très chaud dehors, et l’éclairage est artificiel parce qu’il fait très très noir et il pleut. Voilà. On ne va pas se plaindre parce que les vaches ont besoin de brouter, et ça faisait un moment qu’il ne pleuvait pas et il faisait très très chaud. Je ne reviens pas là-dessus…

Aujourd’hui, je vous parle de deux choses, principalement : pourquoi M. Trump est bien l’ennemi public N°1 de l’humanité dans son ensemble, et, qu’est-ce qui fait courir M. Michael Cohen, anciennement avocat de M. Trump, ces jours-ci. J’ai parlé de M. Michael Cohen et de ses motivations dans une vidéo récente, en particulier à propos de son déjeuner avec M. Al Sharpton, mais il y a d’autres éléments, neufs, et je reviendrai là-dessus également.

Pourquoi est-ce que M. Trump est véritablement l’ennemi public N°1 de l’humanité dans son ensemble ? Je divise ma petite démonstration en deux parties, en fonction des thèmes qui me sont proposés par ceux qui m’envoient des mails.

Première partie : « Mme Hillary Clinton est pire que M. Trump ! ». Ça, c’est les attaques, je dirais, frontales. Et les attaques un peu latérales : « M. Trump n’est pas pire que Mme Hillary Clinton ! ». Parce que, voilà, il y a un point commun – vous l’avez déjà repéré – les gens qui me critiquent sur le fait que je parle de M. Trump ces jours-ci, dans les mails qu’ils m’adressent, ils parlent en réalité à peine de M. Trump : ils parlent essentiellement de Mme Clinton. Soit pour me convaincre que, si je suis contre M. Trump, c’est probablement…, non pas « probablement » : c’est certainement, c’est sûrement et certainement parce que je suis en faveur de Mme Hillary Clinton, ou bien : « En fait, ils se valent, tout ça, c’est kif-kif : dans un monde comme le nôtre, l’un n’est pas pire que l’autre ! »

Je commence par « Si vous êtes contre M. Trump, vous êtes en faveur de Mme Clinton ! »

Alors, pour dire ça, d’abord, il faut n’avoir pas lu mon blog, mes livres pendant des années et des années. Je ne crois pas que vous trouverez où que ce soit (j’en doute profondément : je vous mets au défi de trouver) une parole aimable, sous ma plume, pour Mme Hillary Clinton. Mme Hillary Clinton, effectivement, représente ce qu’il peut y avoir de pire, dans son identification aux « élites », entre guillemets.

Steve Bannon, l’autre jour (pour lequel je n’ai aucune sympathie) a parlé de lancer une crypto-monnaie qui s’appellerait « les déplorables », parce que c’est une expression qu’a utilisée Mme Clinton pour parler des gens défavorisés : « les déplorables ».

Voilà un propos qui n’est pas entièrement négatif sur M. Steve Bannon 🙂 Regardez bien, retenez-le parce que vous n’en trouverez pas souvent ici : c’est un fasciste au sens classique du terme, suprémaciste blanc et ainsi de suite, xénophobe. Mais voilà, il a raison d’attaquer Mme Clinton quand elle emploie une expression comme « les déplorables » pour une partie de la population, en disant que ces gens-là vont certainement voter pour Trump. Ça rejoint un petit peu le mépris qu’avait Karl Marx pour le lumpenproletariat, le prolétariat en haillons, dont il disait, à juste titre, que c’était souvent une armée de recrutement pour les réactionnaires. Pourquoi ? Parce qu’on pouvait leur proposer un boulot pour des œuvres de basse-police, on peut les recruter pour faire une armée contre la véritable classe ouvrière, et des choses de ce type-là. Mais vous ne trouverez pas chez moi des propos méprisants pour une partie quelconque de l’humanité, de nos sociétés. Je ne crois pas que ce soit une chose qu’il faille faire.

Alors voilà : « Si vous êtes contre Trump, c’est que vous êtes pour Hillary Clinton ». Non ! C’est un personnage antipathique, son caractère n’est pas sympathique non plus. Elle a tendance… comment dire … à être caractérielle dès qu’elle se fâche un peu… Elle est obsédée par l’argent. J’ai parlé du fait, quand j’ai expliqué, il y a longtemps, pourquoi probablement elle a utilisé un serveur personnel plutôt qu’un serveur de l’État pour faire passer certains de ses courriers quand elle était ministre des Affaires étrangères, et la raison dont je la soupçonne, c’est pour qu’il n’y ait pas d’embargo sur certaines choses qu’elle a envie de mettre dans des livres, qu’elle vendrait en un très grand nombre d’exemplaires. Donc aucune sympathie pour Mme Clinton. Vous ne trouverez jamais – enfin, vous pouvez chercher… et il y aura sans doute un prix pour vous si vous trouvez des propos aimables envers Mme Clinton sur mon blog depuis une dizaine d’années. Donc, ce n’est pas ça qui me motive.

Alors, « M. Trump-Mme Clinton, kif-kif, chou-vert, vert-chou : il n’y a pas de raison de préférer l’un par rapport à l’autre ». Je suis entièrement d’accord, entièrement d’accord. Si vous regardez mes commentaires depuis le début, j’ai attiré, à l’époque de la campagne électorale et même avant la présidentielle aux États-Unis, j’ai attiré l’attention sur le fait que c’étaient deux candidats extrêmement impopulaires. Ils avaient chacun de l’ordre de 60% d’opinions négatives. C’est la première fois dans l’histoire des États-Unis qu’une élection présidentielle a opposé deux candidats qui avaient 60% d’opinions négatives dans le public. Alors, en fin de compte, on devait se retrouver, bien entendu, avec l’un des deux.

Est-ce que ça aurait été pareil d’avoir Mme Clinton ? Je ne pense pas, pour la raison suivante : c’est que, malheureusement, on a l’habitude d’avoir des gens comme ça qui dirigent les affaires : ça arrange le milieu bancaire, ça arrange le milieu des affaires, ce sont des gens qui ne font pas de vagues. À mon sens, il n’y aurait pas eu de différence très très nette entre Clinton au pouvoir et Obama. Vous savez qu’Obama, je ne l’ai jamais attaqué comme j’attaque Trump en ce moment. Le problème d’Obama : c’était quelqu’un de faible, mais sa politique c’était une politique middle of the road, ne pas faire de vagues, rendre tout le monde content… ce n’est pas ça : ne rendre personne fou furieux, ce qui n’est pas une mauvaise idée, mais sans faire avancer les choses. Obama a trahi le peuple américain. Il a été élu en (hésitation) 2008, à la fin 2008, commençant son mandat en 2009, avec un mandat de New Deal, de faire l’équivalent de Roosevelt (j’en parlais à l’époque) et il ne l’a absolument pas fait. M. Obama est la personne qui, dans ses cent premiers jours, a fait le moins qu’on puisse imaginer.

Alors, Mme Clinton aurait fait une politique centriste. Comme c’est une personne caractérielle, ce n’est jamais une bonne idée de l’avoir à la tête des affaires, mais elle n’est pas… il ne se serait pas passé la chose suivante au moment de sa nomination – peut-être même au contraire – que la Doomsday Clock, L’horloge de l’Apocalypse, qui est tenue par un groupe, par une société de scientifiques américains, des chercheurs autour du nucléaire, ça avait été lancé en 1947 si j’ai bon souvenir [correct], par des gens qui avaient travaillé autour du projet de la bombe atomique aux Etats-Unis, le projet Manhattan, et, conscients de ce qu’ils avaient fait, ils avaient inventé cette idée d’une horloge de l’apocalypse, qu’ils avaient mise, si j’ai bon souvenir, à quatre minutes et demi avant l’apocalypse, au moment de la création. Pourquoi ? Parce que c’était le début de la guerre froide et d’une course à l’armement nucléaire entre l’URSS et les Etats-Unis. Où est ce qu’on en est maintenant ? On en est à deux minutes maintenant, et avec Trump on s’est rapproché deux fois, à deux occasions, d’une demi-minute supplémentaire. D’abord en raison de sa politique erratique et belliqueuse, et ensuite en raison de son attitude vis-à-vis du changement climatique : « Parler de ces affaires de changement climatique, c’est mauvais pour le business ! », et c’est la vue, absolument à court terme, que la main invisible du profit va nous sortir de toutes nos difficultés, et que, voilà, c’est comme ça que ça marche ! Et ces savants du nucléaire ne sont pas de cet avis-là. Ils sont convaincus qu’il faut absolument essayer d’inverser le réchauffement climatique, empêcher l’eau de monter, et un certain nombre de problème de l’environnement.

Voilà pourquoi, à mon sens, M. Trump constitue un danger. C’est un danger et il augmente de manière considérable ce qui est ma préoccupation principale ces années récentes. Vous m’avez vu écrire deux livres sur le problème de l’extinction humaine : Le dernier qui s’en va éteint la lumière et Défense et illustration du genre humain, deux ouvrages qui relèvent au sens large de ce qu’on appelle la collapsologie, et qui nous mettent en garde contre le danger d’extinction.

En ce moment, M. Trump est le facteur principal du danger d’extinction pour l’humanité. Il met entre parenthèses entièrement, pour des raisons de lucre (personnel et des gens qu’il aime bien), le sort de l’être humain à la surface de la Terre. Il représente bien pour l’espèce humaine, pour le genre humain, l’ennemi public en ce moment. Et ça ne veut pas dire qu’il faille l’attaquer avec des arguments ad hominem, avec des arguments qui ne tiennent pas debout, non ! À la différence de certains de mes détracteurs, je n’envisage pas le monde en termes de noir ou blanc, d’être pour l’un ou contre l’autre, ou dire qu’ils sont kif-kif, parce qu’on pratique la politique du pire.

Je ne pratique absolument pas la politique du pire. Je ne divise pas le monde en noir et blanc, en disant « si vous êtes pour le blanc, vous êtes contre le noir » et ainsi de suite. Je fais des analyses qui sont poussées, et parfois je m’énerve un petit peu contre mes contradicteurs en disant « Mais Monsieur, ou Madame, vous ne connaissez absolument rien au dossier. Allez lire un peu plus et revenez moi alors ! » Mais je le fais très rarement – vous savez que je suis très pédagogue, j’essaye d’expliquer les choses de manière claire.

Trump est un danger pour le genre humain. Sa nomination a précipité le danger de disparition de l’être humain, et il doit être combattu pour ces raisons-là. Mais pas par des arguments spécieux, pas en disant n’importe quoi, pas par des fake news, non non ! en analysant l’information de manière précise. Et pour ça, il faut regarder beaucoup de choses, il faut lire beaucoup, il faut être prêt, comme je le fais depuis plusieurs années, à travailler treize heures dans une journée ou même davantage, pour accumuler, assimiler toute l’information pertinente.

Alors, deuxième partie de mon exposé : qu’essaye de faire Michael Cohen ?

Je vous l’ai dit l’autre jour, il s’est affiché délibérément avec quelqu’un qu’il avait invité, au milieu d’un restaurant : le restaurant de l’hôtel dans lequel il a un appartement pendant que l’on refait le décoration chez lui – et il avait invité le Révérend Al Sharpton, dont je vous rappelle qu’il est non seulement baptiste, ce qui n’est pas tout à fait pertinent 🙂 mais c’est une personnalité noire très militante du mouvement des droits civiques de la population d’origine africaine aux États-Unis et c’est quelqu’un que ses positions classent manifestement, très clairement, sans ambiguïté, à l’extrême-gauche. Alors j’avais posé la question : Pourquoi est-ce que M. Michael Cohen – qui a été pendant des années et des années l’avocat de M. Trump – a insisté pour se faire voir en compagnie de ce personnage ? Pour montrer (je l’avais dit à l’époque) qu’il avait changé de camp.

Je vais m’intéresser quand même, aujourd’hui, à deux éléments supplémentaires par rapport à M. Michael Cohen, parce que si vous regardez ce dont on discute dans les journaux américains en ce moment, à la télévision américaine, on parle surtout de ces deux choses : la diffusion de l’information par lui… par une fuite dont on soupçonne que c’est lui – mais il y a des gens qui disent non : c’est peut-être la partie d’en face qui a fait fuir cette information – mais il est probable que c’est lui qui a fait savoir qu’un enregistrement d’une conversation qui porte sur les 150.000 $ qui ont été versés à la centerfold, la playmate 1998 Karen McDougal, au départ pour lui assurer l’exclusivité d’une interview, d’un long entretien dans la publication, dans le journal de caniveau, dans le tabloïd, National Enquirer. Pour ceux qui ne connaissent pas ça, c’est un truc où on trouve parfois en première page des choses du genre : « J’ai épousé un extraterrestre mais sans savoir qu’il était homosexuel ». Je ne plaisante pas, on trouve des choses de cet ordre-là. Enfin voilà, Mme Karen McDougal avait pensé que c’était une publication où il était digne d’elle d’avoir un long entretien. Il faut dire que cette publication roule pour M. Trump depuis le début de sa campagne électorale, au point que la publication pourrait avoir des ennuis dans les jours qui viennent pour contributions cachées à la campagne électorale de M. Trump.

Et donc, est diffusé un enregistrement où il y a une conversation entre M. Michael Cohen et Trump (et là il n’y a aucun doute que ce soient bien les deux personnes), et c’est à propos de ce virement de 150.000 $ qui ont été payés par la publication, et on semble comprendre qu’en fait Trump va rembourser ce journal et que c’est lui personnellement qui va payer les 150.000 $, qui servent essentiellement de hush money, c’est-à-dire d’argent pour faire taire, parce qu’apparemment, le National Enquirer n’avait aucune intention de publier l’information : c’était juste une manière de faire taire Mme Karen McDougal sur ce qu’elle dit avoir été, je ne sais pas, huit ou neuf mois de vie commune, enfin pas vraiment de vie commune, de relation suivie avec M. Trump [10 à 12 mois en 2006 et 2007] – pas de vie commune puisqu’il était marié à l’époque, et en fait, il venait d’avoir un enfant depuis pas très longtemps [Barron Trump, né le 20 mars 2006].

Mais, toute la discussion… à quoi ça sert de savoir toute cette histoire-là, finalement ça n’a aucun intérêt, si ce n’est que, aussitôt cet enregistrement diffusé, M. Giuliani, ancien maire de New York mais avocat de M. Trump, se précipite pour dire partout : « Ce n’est pas M. Trump qui dit le mot cash, ce n’est pas lui, c’est M. Michael Cohen ! ». Alors du coup, vous le savez, c’est toujours comme cela qu’on découvre quelque chose d’intéressant dans une histoire : c’est quand quelqu’un se précipite pour dire « Non il n’est pas question de ceci ou de cela dans cette histoire ! », du coup cela attire évidemment votre regard au bon endroit. Donc c’est de cela qu’il s’agit, et pourquoi s’agit-il de cela, parce que d’après ce que l’on croit comprendre, et ce que les experts vous disent qui décomposent la bande sonore, que c’est bien M. Trump qui parle de cash. Et pourquoi est-ce que c’est dangereux ? Parce que le cash, l’argent liquide, c’est en général, quand ce sont des sommes importantes – et même quand ce sont des sommes pas importantes – c’est en général de l’argent sale, c’est à dire de l’argent qu’on essaye de recycler, de l’argent qui vient de la drogue, de la prostitution, de la corruption etc. etc. Mais tout cela vous me direz finalement, c’est relativement anecdotique, eh oui ! c’est mon opinion aussi, d’où le fait que dans ma conclusion, vous allez le voir, je n’attache pas trop d’importance à savoir s’il s’agit d’argent liquide ou d’un chèque ou de je ne sais quoi.

Deuxième partie, et cela c’est récent, cela date d’il y a deux jours, la nouvelle qui circule, que M. Michael Cohen va dire publiquement que M. Trump était au courant de la réunion à la Trump Tower le 9 juin 2016 entre des gens proches du gouvernement russe et en particulier son fils Donald Trump Jr., son beau-fils Jared Kushner et Paul Manafort, à l’époque son président de campagne présidentielle ou qui allait le devenir, enfin un personnage déjà central dans la campagne présidentielle de Mr Trump [il commence à participer à la campagne en mars 2016 et en devient le président officiel le 20 juin], qui disparaît ensuite [le 19 août 2016] et qui est en ce moment inculpé d’un nombre considérable de méfaits : d’avoir travaillé pour une puissance étrangère, en particulier pour les intérêts russes en Ukraine. Et personne qui, s’il est condamné pour les choses dont il est véritablement accusé (qui n’ont pas grand rapport d’ailleurs avec l’affaire Trump, c’est une manière de faire pression sur lui essentiellement) pourrait passer plusieurs centaines d’années en prison, car vous savez qu’il y a ce système en Amérique où on additionne simplement les peines de prison, et qui vous permet de vous retrouver en prison avec des peines de 250 ans ou des choses de ce ordre là.

Michael Cohen dit en fait : « Trump savait que la réunion allait avoir lieu, d’ailleurs écoutez le, le 7 juin, 2 jours avant, il dit la chose suivante [« Je ferai une allocution très importante, probablement lundi de la semaine prochaine et nous allons discuter de toutes les choses qui se sont passées avec les Clinton. Je pense que vous trouverez cela très informatif et très très intéressant]. Et donc le lundi en question, c’est le 13 juin, apparemment, il ne se passe rien ; le 13 juin, il ne parle absolument pas de cela. Il y a quelqu’un qui fait une petite remarque en-dessous de la vidéo, qui dit la chose suivante : en arrière-plan, on voit la femme de Trump, Melania et on voit sa fille Ivanka, et la personne fait une remarque tout à fait pertinente – je ne l’avais pas vu malgré mon « œil de psychanalyste » [sourire], je n’avais pas vu : elle dit « regardez l’attitude d’Ivanka pendant que son père dit ‘Vous allez voir lundi prochain, je vais dire des trucs sur Clinton, vous allez voir !’ » et on voit effectivement Ivanka smirking, je ne sais pas comment on dit [elle a un rictus, un sourire crispé], sa bouche se tord dans plusieurs directions et on voit ses yeux qui s’écarquillent et c’est vrai, ce n’est pas très visible mais elle est de plus en plus mal à l’aise ; elle est en train de se dire dans sa tête : « Mon père est en train de creuser sa tombe ! » – ce qui prouve que c’est une femme intelligente parce que c’est probablement ce qu’il était en train de faire, à ce moment là.

Alors imaginons, voilà, que M. Cohen nous dise, dans les jours qui viennent, qu’il a les preuves, parce qu’il était là au moment où Trump dit « Je veux savoir. Je veux que vous vous rendiez à ce rendez-vous » à son fils et à son beau-fils, « et vous m’expliquerez ce qui s’est passé ». Et d’ailleurs, quand Donald Jr. sort du meeting, il appelle quelques personnes en Russie, et il appelle aussi un numéro masqué. Il appelle un numéro masqué…

Voilà : deuxième nouvelle sensationnelle sur laquelle les gens glosent à l’infini, et qui aussi ne semble pas très très importante. Je crois que c’est significatif simplement par rapport à M. Michael Cohen. Pourquoi a-t-il voulu dire ça, pourquoi est-ce qu’il laisse « fuiter » des trucs comme ça ? C’est ça qui est important.

Michael Cohen se rend compte que la fin est proche de cette histoire, et il veut se retrouver dans le bon camp. Il ne croit pas (on dit que c’est un imbécile mais je ne crois pas que ce soit un imbécile à ce point-là) que les choses qu’il avance ne soient pas déjà connues de la commission de M. Robert Mueller.

Robert Mueller, il doit connaître déjà tout ça par cœur, et il a les dossiers. Il sait qui était… Il a tous les moyens pour savoir qui était la ligne masquée, il sait certainement l’identité de cette personne-là ; il sait si le versement a été fait en cash ou pas, il n’a pas besoin de demander à 14 ingénieurs d’essayer de décrypter la bande sonore. Il sait tout ça !

Donc, voilà, puisqu’on me soupçonne d’être du côté des uns ou des autres : les Démocrates sont furieux après Michael Cohen (« Il est en train de saboter Robert Mueller ! », « Peut-être qu’il va laisser filer Trump involontairement ! », etc.). Tout ça n’a aucune importance. Toute cette agitation n’a aucune importance : la personne qui fait du bon boulot en ce moment, en arrière-plan, c’est M. Robert Mueller. Pas parce qu’il est de droite ou qu’il est de gauche, parce que c’est une personne intègre. Tout revient finalement à ça.

Quand vous me dites « Si vous êtes contre Trump, vous êtes pour Clinton ! », eh bien, je vais vous dire : « Non, moi je suis pour M. James Comey ».

Je ne suis pas un partisan systématique (je n’aurais pas reçu le Prix des Reclusiennes si j’étais un partisan systématique de l’armée ou de la police, etc. [sourire]) mais j’ai un respect absolu pour les gens qui s’identifient à l’intérêt général, et ce M. James Comey, c’est l’ennemi personnel de M. Trump. M. Trump l’a renvoyé, l’a limogé, et M. Comey a écrit un livre en réponse, qui s’appelle A Higher Loyalty : une loyauté d’un type plus élevé, où il explique ce que c’est le sens de l’État, où il explique ce que c’est que d’être au service de l’intérêt général.

Mais M. James Comey c’est aussi l’ennemi personnel de Mme Clinton, parce que Mme Clinton est persuadée que c’est M. Comey qui lui a volé la nomination à la présidence, parce que M. Comey continuait de travailler sur ce dossier, justement, du serveur privé de Mme Clinton, à quelques jours encore de l’élection présidentielle.

Donc, de quel côté je suis ? Je suis du côté de Robert Mueller, je suis du côté de M. James Comey, ennemi personnel ET de Mme Clinton ET de M. Trump, je suis en faveur de l’intérêt général. Parce que si nous voulons empêcher l’extinction, c’est sur cela qu’il faut mettre l’accent maintenant, c’est sur cela qu’il faut se focaliser : sur l’intérêt général.

Parce que l’espèce humaine, c’est un gros machin : c’est « Nous ». Il ne faut pas que ce soit de nouveau, tout de suite « Nous contre la nature autour de nous », « Nous contre les autres animaux », et ainsi de suite, non. Il faut que le Nous englobe le plus possible, mais il faut commencer par les êtres humains.

Et ce qui me motive à m’attaquer à M. Trump en ce moment, c’est parce qu’il est l’ennemi public N°1 du genre humain. Et c’est à ce titre-là que je l’attaque, mais pas par des moyens déloyaux : en travaillant treize heures par jour pour trouver toute l’information, et vous en parler, et en faire un livre, dont je suis content que, non seulement j’aie déjà trouvé des gens très aimables pour m’aider à le publier en français, et que nous sommes en train de discuter, (et là aussi nous avons un accueil favorable) de le publier simultanément en allemand.

À bientôt !

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11 réflexions sur « Trump, ennemi public N°1 du genre humain, le 29 juillet 2018 – Retranscription »

  1. Bonjour,
    Merci d’apporter ces précisions concernant votre positionnement vis à vis de Madame Clinton. Je savais qu’elle n’était pas votre tasse de thé mais cela me rassure de voir que vous aviez conscience du choix oh combien difficile de l’électorat Américain en 2016. La peste ou le choléra comme on dit….

  2. Quand le président américain regarde la France avec admiration : Donald Trump demande à son ministre de la justice de s’inspirer des méthodes de l’Assemblée nationale pour stopper l’enquête russe
    http://www.legorafi.fr/2018/08/02/donald-trump-demande-a-son-ministre-de-la-justice-de-sinspirer-des-methodes-de-lassemblee-nationale-pour-stopper-lenquete-russe/

     » (…) « Regardez, ils ont fait une commission d’enquête, le président a décidé qui la dirigeait et à la fin cela a prouvé que leur président était innocent, c’est exactement cela qu’il faut faire », félicitant Emmanuel Macron pour son efficacité. « Il a été très intelligent, très intelligent. Et cela a duré à peine deux semaines alors que l’enquête sur la fake news collusion Russe dure depuis plusieurs mois ! ». Donald Trump a annoncé en outre l’envoie d’observateurs en France pour mieux comprendre comment enterrer efficacement une affaire. (…)  »

    (Attention, c’est bien un extrait du seul et unique Gorafi ! Méfiez-vous des pâles imitations fèque-niouze, comme le « Figaro » !)

    1. Ça montre au passage que Trump est bien en pleine confusion mentale , s’il assimile justice et parlement .

      La séparation des pouvoirs , c’était pas au programme de sa formation , s’il en a eu une .

      1. Le Gorafi a encore frappé!
        Mais quelqu’un comme Chamfort, approximativement:  » Tromper un trompeur est un fin plaisir ».
        ( Google dit : « C’est un plaisir double de tromper le trompeur. » Machiavel)

      2. Vous êtes laxiste à votre égard.
        En l’espèce, le Gorafi ne montre, ni ne montrerais rien, absolument rien concernant notre anti-héros.
        Tout au plus l’ imagination des auteurs, d’ailleurs pas terrible. Difficile de faire de la bonne littérature avec des pratiques de caniveau. Celles de Trump, pas la presse …

  3. J’admire Madame Karen McDougal. ( Si les infos sont exactes.)
    J’espère qu’elle va lui faire suer son pognon. Et beaucoup plus si possible.

  4. Moi, j’aime bien Trump parce qu’il sème la confusion et la discorde partout où il passe montrant clairement le ridicule de la plupart des dirigeants européens, ( et les autres ? ) surtout des dogmatiques néolibéraux, majoritaires dans les institutions européennes. Vous avez noté que Juncker , dans les négociations commerciales avec les USA vient d’accepter de nous empoisonner avec le maïs OGM américain en échange d’une diminution des taxes sur l’acier et l’aluminium. Ainsi va le monde.

    1. Oui votre attitude a un nom : « la politique du pire ». Il faut être désespéré pour l’adopter. Ça en dit long sur les dirigeants traditionnels d’un pays quand une majorité de ses citoyens votent pour la politique du pire : Royaume-Uni, Italie.

      Le regard optimiste, c’est celui de Ocasio-Cortez : « La majorité dans nos pays, ce sont les abstentionnistes, et ils voteraient pour un.e « socialiste démocratique » s’il y en avait un.e parmi les candidats – et en général, il n’y en a pas ».

      Ceux qui se disent « socialistes » chez nous sont aujourd’hui soit des « rouges-bruns » (fascistes honteux) soit des ultralibéraux honteux.

      1. On a donc la cible pour les prochaines européennes : les abstentionnistes .

        Je crois que c’est aussi le credo de Hamon et les siens , mais peut être pas que .

        En tout cas , un projet pour les abstentionnistes ( et éventuellement quelques ex-votants honteux ) ce sera forcément un projet inédit .

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