Bill Maher : La Russie, seul espoir des Américains blancs déclassés

Ouvert aux commentaires.

Excellente analyse de Bill Maher : « Pourquoi les Républicains américains – tout comme Trump, leur patron – adorent-ils la Russie ? » Parce que les Russes sont blancs et sont déterminés à ne pas cesser de l’être. Et j’ajouterais en mettant à la suite ici en « piqûre de rappel », un Temps qu’il fait de l’année dernière : « ni pas blancs, ni musulmans ».

6 janvier 2017

Je situe ici le programme de Donald Trump dans l’un des cadres qui est le sien : d’une croisade de la chrétienté contre le monde musulman. Je développe la problématique de la réciprocité telle que l’a proposée initialement Dominique Temple, laquelle sera reprise par moi dans mon Défense et illustration du genre humain (2018), où elle constituera l’un des thèmes centraux de l’ouvrage.

LE TEMPS QU’IL FAIT : Comprendre Donald Trump

Bonjour, nous sommes le vendredi 6 janvier 2017 et on me reproche gentiment de vous dire « Bonne année ! » parce que tout le monde sait qu’elle ne va pas être terrible celle-ci. Les nuages sont nombreux qui s’amoncellent. Il n’y a pas vraiment de choix, si : il y a des choix entre la peste et le choléra ; tout ça n’est pas brillant. Mais j’espère quand même que l’année sera bonne pour vous tous et pour chacun en particulier. On fera chacun de notre côté ce qu’on peut faire pour qu’elle ne soit pas trop mauvaise.

Je voudrais vous parler de M. Trump, de M. Donald Trump. Nous sommes le 6 janvier. Le 20 janvier aura lieu l’investiture de M. Donald Trump comme Président des Etats-Unis : la République fédérale des Etats-Unis. Ça ne sert à rien de dire simplement que c’est un fou furieux ou bien qu’il a donné un coup de pied dans la fourmilière, etc. : il faut expliquer comment fonctionne le monsieur parce qu’il sera probablement Président des États-Unis, une des grandes puissances mondiales, peut-être plus la première, mais en tout cas la seconde, et ces choses ne sont pas indifférentes. En plus, je l’ai déjà dit, j’ai de la famille aux États-Unis, j’ai des enfants américains, j’ai vécu là 12 ans. J’ai été bien accueilli dans ce pays vis-à-vis duquel je suis extrêmement critique. Je n’ai jamais caché mes critiques vis-à-vis des Etats-Unis : j’ai commencé en politique en m’opposant (pas très vieux) à la guerre du Viêt Nam. J’ai déjà parlé de cela. Quand j’étais aux États-Unis j’ai fait de la politique bien que n’étant pas Américain : vous pouvez deviner à quel bout du spectre.

Trump va être président des États-Unis pour 4 ans (à moins qu’il ne lui arrive quelque chose) peut-être même pour 8, donc il faut essayer de comprendre comment ça marche.

Alors pour comprendre comment ça marche je vais utiliser une grille de lecture que vous connaissez si vous lisez le blog de Paul Jorion parce que j’accueille toujours ici très, très volontiers des papiers, des textes de Dominique Temple que je connais depuis bien des années – bien bien avant le blog : à l’époque où nous fréquentions tous les deux le MAUSS (le Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales). Il y a là une grille de lecture que je vais résumer en quelques mots. Vous allez voir, ça marche très très bien quand on essaye d’expliquer M. Trump, ses adversaires supposés, ses amis et les gens qui dans nos pays européens raisonneraient comme M. Trump.

Alors voilà : la réciprocité. Il y a, dit Dominique Temple, et je résume et peut-être que je vais dire des choses qui ne sont pas exactement dans son texte mais enfin voilà, je prends ce cadre là : — Dans les sociétés humaines on peut imaginer des notions de réciprocité ou d’absence de réciprocité (que j’appellerai la non-réciprocité). La réciprocité, elle apparaît sous deux formes : c’est la réciprocité vis-à-vis d’autres êtres humains, que nous considérons comme des êtres humains, et nous pouvons vis-à-vis d’eux faire preuve de réciprocité négative. Qu’est ce que cela veut dire ? Eh bien, c’est de dire : « Tu es un être humain mais si tu te conduis mal je te rendrai le mal pour le mal ». Tit for tat dit-on en anglais. En français on dit la « loi du talion » : « œil pour œil, dent pour dent ». Ça c’est la réciprocité négative.

La réciprocité positive c’est de dire : « tu me fais ceci — et je ne répondrai peut-être pas immédiatement » : le bénéfice du doute, « tendre l’autre joue », voir s’il n’y a pas moyen d’amortir. Amortir ! parce que le problème avec la loi du talion, le problème avec « œil pour œil, dent pour dent », c’est que cela peut lancer des vendettas qui se poursuivent au cours des siècles, au cours des millénaires. « Ah ! tu m’as fais ça, et bien voilà je te ferai ça ! », « Et puis maintenant c’est ton tour ! » et ainsi de suite, et on ne sait plus comment tout ça a démarré et la réciprocité négative de la loi du talion, de l’œil pour œil, dent pour dent, peut se poursuivre à l’infini.

Si on adopte le « tu tendras l’autre joue » et, bien entendu, c’est le message du Christ, c’est le message de saint Paul. Mais on trouve ça déjà avant : on trouve ça dans l’Apologie de Socrate. Vous pouvez voir ça : c’est dit par Socrate lors de son procès qui le condamnera à mort. Il dit : « Tendre l’autre joue ». « On pourrait espérer que les sociétés fonctionnent comme ça mais ce n’est pas demain la veille ! » dit-il avec ses mots à lui, en grec ancien. Socrate est un pessimiste, Jésus Christ est beaucoup plus optimiste. C’est ça, la réciprocité positive.

Essayons d’amortir les choses : avec la réciprocité positive on peut s’échapper des spirales de la vendetta. Mais tout cela, réciprocité négative ou positive, a pour présupposé qu’on ait affaire à des gens en face de soi qui sont des gens qui comme soi-même peuvent comprendre : ce sont des êtres doués de raison : « Si je t’applique la loi du talion, si je dis œil pour œil dent pour dent pendant un certain temps, j’espère que tu comprendras qu’il faut arrêter : parce que tu es un être humain doué de raison comme moi-même. »

Mais on peut aussi jouer un autre jeu, le jeu de la non-réciprocité : considérer que les interlocuteurs qu’on a devant soi ne sont pas des êtres humains, que ce sont par exemple des chiens et qu’il faut les exterminer.

Alors la question se pose : comment fonctionne un monde, un monde global, dans lequel il y a des tenants de la réciprocité négative, d’autres de la réciprocité positive et encore des gens qui jouent le rôle de la non-réciprocité ?

Monsieur Trump a une réponse très simple à cela, il dit la chose suivante : « Nous, les gens de la réciprocité positive, les chrétiens, nous avons joué trop longtemps le jeu de la réciprocité positive, devant des gens qui jouent le jeu de la non-réciprocité, qui ne nous considèrent pas comme des êtres humains : et ces gens-là ont décidé de nous exterminer. Et bien il n’y a qu’une seule réponse possible : nous les exterminerons avant, voilà ! »

C’est très simplifié. Mais enfin  je crois que c’est un peu comme ça qu’il réfléchit.

C’est pour ça, c’est ça qui permet d’expliquer par exemple la poutinophilie délirante de M. Trump : de nier que les Russes soient intervenus de manière quelconque pour influencer les élections présidentielles aux États-Unis. Il dit :

« Les Russes et nous, nous sommes du même côté : nous sommes du côté des chrétiens, ne perdons pas notre temps à des querelles entre nous parce que nous avons en face de nous un danger beaucoup plus grand : celui des gens qui jouent le jeu de la non-réciprocité, qui ne nous considèrent pas comme des êtres humain et envers lesquels il n’y a qu’une seule méthode possible, c’est celle qu’ils s’apprêtent, qu’ils mettent déjà en œuvre pour se débarrasser de nous. Il n’y a qu’une réponse possible : c’est se débarrasser d’eux. Voilà ! Alors nos alliés, ce sont les gens qui comme nous considèrent que l’ennemi principal il est là et qu’il faut l’exterminer, l’éradiquer d’une manière ou d’une autre. »

C’est un type d’analyse envisageable. Ce n’est évidemment pas tout à fait le jeu de la réciprocité positive de dire « Maintenant on arrête parce qu’on a assez essayé… que ça n’a pas donné de bons résultats ». Non, tout ça doit se faire dans le long terme.

Alors que peut-on répondre à Monsieur Trump ?

On pourrait considérer que son analyse est excellente. Mais ce qu’il faut lui répondre, c’est la chose suivante : qui sont les gens que vous nommez en ce moment ministres dans votre gouvernement ? Ce sont en grand nombre des dirigeants d’entreprises, dirigeants de banque, etc. qui ne sont pas des grands partisans de la réciprocité négative ou positive. Vous avez vous-même parmi les gens qui sont vos amis et que vous avez nommé à des postes de ministre, vous avez de grands partisans de la non-réciprocité. Et cette non-réciprocité elle ne s’appelle pas l’islam : elle s’appelle l’ultra-libéralisme : mais c’est aussi un jeu du même genre où certains, certains qui se réclament de cela sont des gens du type malheur aux vaincus ! : « Faites place ! Si vous ne comprenez pas comment on peut faire beaucoup d’argent et devenir très riche, eh bien tant pis pour vous, on n’a pas besoin de vous, et vous pouvez aussi bien disparaître ! »

Donc Monsieur Trump, avant de faire de grandes analyses en terme de réciprocité ou de non-réciprocité, pensez à vos alliés, pensez que parmi vos alliés, il ne suffit pas de se dire chrétien, il faut encore avoir compris ce que disait Jésus-Christ et saint Paul. Il faut mettre en application ce que disait également Socrate, c’est-à-dire la réciprocité positive : tendre l’autre joue, comprendre que l’autre peut se tromper, d’aimer son voisin comme soi-même.

Il ne suffit pas de se dire chrétien pour être un partisan de cela, parce que nous savons que dans l’histoire de la chrétienté il y a des partisans farouches de la non-réciprocité : « Si tu n’es pas comme moi tu peux aussi bien disparaître ». Il ne suffit pas d’invoquer le nom du Christ ou de saint Paul, il faut encore comprendre ce qu’ils ont dit. Alors est-ce que ce jeu de dire : « Voilà, tu me traites comme un chien et je vais te traiter comme un chien moi aussi » est-ce que c’est ça la solution ?

Ce n’est probablement pas ça la solution parce que dès qu’on essaye de rassembler alors des gens dans son camp, on va retrouver des gens qui sont de ce type-là : le problème ce n’est pas celui d’une religion en général qui s’appellera l’islam ou la chrétienté ou la religion juive. Le problème c’est celui des intégristes. Et qu’est-ce que c’est les intégristes à l’intérieur de chacune des religions ? Ce sont ceux qui jouent le rôle de la non-réciprocité : ceux qui n’attribuent pas à l’autre le statut d’être humain qu’il faut respecter à ce titre-là. Et donc ce malheur qui peut ronger, cette maladie qui peut ronger chacune des religions : elle est là à l’intérieur de chacune.

Et parmi les partisans le plus enthousiastes de M. Trump : la droite religieuse aux Etats-Unis, se trouvent en majorité des gens qui ne sont pas des chrétiens au sens qu’ils auraient compris les Évangiles mais qui sont au contraire des gens de la non-réciprocité.

Alors l’approche de M. Trump n’est pas la bonne. Ceci dit, il ne suffit pas de dire : « C’est un fou furieux », il faut essayer de comprendre comment il fonctionne. Et c’est ce que je viens d’essayer de faire en quelques mots, comme on peut le faire dans une petite vidéo du vendredi. Le débat est lancé.

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37 réflexions sur « Bill Maher : La Russie, seul espoir des Américains blancs déclassés »

  1. « tu me traites comme un chien et je vais te traiter comme un chien moi aussi  »
    Je traite mon chien avec respect et amitié et réciproquement il me traite avec respect et amitié.
    Désolant d’assumer qu’on peut traiter les animaux comme s’ils n’avaient pas de ressemblance avec nous les humains. Peut-être est-ce la la source de la maltraitance entre nous.

    1. Vladimir,
      N’est-ce pas navrant de voir que lorsqu’on parle de la Russie, cela se résume toujours à parler de Poutine ?
      On dirait qu’il est tout seul là bas … Les russes sont-ils tous comme des veaux, à la suite de cet espion dégueulasse ? Parce qu’on peut faire semblant d’ignorer qu’il n’y a plus de journalisme en Russie, et que tout un tas de gens s’auto-censurent de peur d’être assassinés, mais ça ne trompe pas grand monde ici.
      C’est donc plutôt les Russes, qui souffrent d’un TOC poutinophile inexplicable, ou plutôt explicable à la manière de Bill Maher.

    2. Le Travail Obsessionnel Compulsif de PJ soulève quand même quelques lièvres (son coté prophète !) en bon connaisseur des States, mais contrairement à Sapir ou à Snowden il ne connait pas plus la Russie que Bill Malher. Les deux (Malher et Jorion) ne manquent pas d’humour mais comme d’habitude avec l’humour, pour un public complice. L’amusant, c’est la vision biaisée sur l’immigration en Russie, ou la blancheur slave. In the United States, the root term Caucasian has also often been used in a different, societal context as a synonym for « white » or « of European ancestry. Pour un russe, slave ou pas, « caucasian » ça doit faire drôle ! Pour trouver une homogénéité ethnique le Japon est bien meilleur, ou la Chine des Hans, même si quelques ethnie au sud et à l’ouest…mais pour la Russie l’homogénéité ethnique c’est un fantasme politique. Poutine est un produit inexportable, parce qu’élevé en URSS avec des restes de l’empreinte de ce qui était « valorisé » dans l’enseignement socialiste local et d’époque, mais devenu promoteur de l’appropriation privée des moyens de production initiée par Eltsine et les Chicago boys, appropriation bordée aux limites de l’intérêt supposé du pays, voire de ses habitants ! La poutinophobie sur le blog de Jorion n’est pas ce qui est à retenir de ce qu’on y lit, pour en faire à l’occasion son miel.

  2. Il est sympa Billy, car c’est vrai que le Sénat US est très coloré :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9nat_des_%C3%89tats-Unis#/media/File:US_Senate_Session_Chamber.jpg

    Comme la Chambre des représentants tout autant :

    https://www.lejdd.fr/International/USA/Dette-americaine-la-Chambre-des-representants-adopte-le-compromis-sur-la-dette-le-Senat-vote-mardi-366747-3230450

    Cliquer agrandir et chercher…

    Pour paraphraser à l’inverse d’un célèbre ancien ministre français :

    https://www.youtube.com/watch?v=AGmSQp22pQQ

    C’est pas pour dire, mais je vais éviter de coller celles de la fRance ou celle de nos collègues européens… Partout la blanchitude attitude dans TOUS les lieux de pouvoirs. Vi vi c’est ainsi. Ce qui n’excuse nullement Poutine, bien au contraire, juste faut pas trop se la raconter non plus devant une caméra avec quelque photos de rue ou de stade de foot, c’est un peu prendre les gens pour des gogos.

  3. Je ne commenterai pas l’analyse politique des républicains américains par Maher. Est-ce une simple plaisanterie, une analyse juste, ou la projection de fantasmes de Maher lui-même ? Je ne sais.

    Mais la Russie, Maher la connaît bien mal !
    – D’abord, si l’on excepte les pays majoritairement musulmans que sont Albanie et Bosnie, c’est à égalité avec la France le pays le plus musulman d’Europe
    – D’autre part, c’est un pays multiracial, ce depuis plus longtemps que l’Amérique. Une partie importante des habitants de la Fédération de Russie ont le type asiatique et les yeux bridés. Il faut être bien ignorant de la réalité de ce pays pour ne pas le savoir
    – Enfin, il faut apprendre à qui l’ignorerait – au hasard, Maher – que le plus grand écrivain russe, l’équivalent pour ce pays de ce que sont Shakespeare pour l’Angleterre ou Dante pour l’Italie, j’ai nommé Pouchkine, était lui-même en partie d’ascendance africaine noire. Ce que tout lycéen russe sait, merci pour eux
    L’explication en est simple : le tsar Pierre le Grand, grand modernisateur de la fin 17ème, convaincu que c’est l’éducation qui fait les différences et non le sang, décida de le prouver en faisant acheter en Turquie un jeune garçon noir fraîchement réduit en esclavage, puis en le faisant élever comme un jeune noble russe. Le tsar fut son parrain, et l’enfant élevé en noble russe devint… eh bien un noble russe bien sûr. Plus précisément un général russe, et un bon. Et Alexandre Pouchkine n’était autre que son arrière petit fils.

    Bien sûr, à l’époque où Pierre le Grand faisait sa démonstration, d’autres achetaient des Africains réduits en esclavage – au hasard, les Anglais d’Amérique et futurs Américains. Mais ce n’était pas pour les élever comme enfants du pays…

    Maher peut bien critiquer Poutine tout son saoul, mais quand il répand le fiel sur un pays et un peuple entier – c’est bien différent de la moquerie d’un autocrate ! – il ne réussit qu’à se ridiculiser par son ignorance crasse du pays même qu’il entend traîner plus bas que terre.

    1. Commentaire étayé comme toujours avec Jacquot , qui montre que l’humour trop rapide peut être contraire au combat juste que l’on mène ,car les « réactions  » sont le plus souvent sans réel rapport avec la vraie cible .

      S’agissant de « vivre entre soi » , que ça se manifeste par la couleur de peau ,, ou le nom , ou la religion ,ou les « coutumes » … l’atavisme raciste est assez universel , et , je radote , chaque fois que l’on parle de racisme , en citant cet interview de Samy Davis Junior qui disait :  » Raciste ? oui je crois que je le suis , et c’est en le sachant que j’aurai la chance ( car c’est un chance , c’est moi qui ajoute ) de l’être moins  » .

      Ceci étant les affichages trop rapides qu’ils soient ceux des télés américaines ou ceux des illustrations
      tsaro-Pouchkiniennes , sont à examiner avec beaucoup de circonstancielles .

      Dans la rubrique affichage , la finale du mondial de foot entre France et Croatie ( et je ne parle pas des serbes qui ne supportent même pas les croates-ic !), devrait elle pour autant nous laisser dire qu’il n’y a pas de racistes et « identitaires » en France ,?

      Mais , au moins on cause et on rigole ensemble:

      https://www.bing.com/videos/search?q=henri+salvador+nos+ancetres+les+gaulois&ru=%2fsearch%3fq%3dhenri%2bsalvador%2bnos%2bancetres%2bles%2bgaulois%26pc%3dMOZI%26form%3dMOZSBR&view=detail&mid=4464DC4BA34DCA843C0D4464DC4BA34DCA843C0D&&mmscn=vwrc&FORM=VDRVRV

  4. Plutôt que dans « l’accord pour sauver les bipèdes blancs et chrétiens », je vois dans les relations Poutine – Trump, un Poutine qui est en train de foutre le bordel chez les occidentaux pour se venger de qu’ils ont fait subir à l’URSS puis à la Russie dans les années 90 et un Trump qui se fait enfumer. Une forme de réciprocité historique. D’où également la tendance au rapprochement avec la Chine et l’activisme au Moyen Orient opéré par la Russie.

    1. Trump ne se fait pas enfumer, il essaie de sauver les meubles, avant que sa vidéo à poil avec deux fausses prostituées russes n’arrive sur le devant de la scène. La photo produite par Bill Maher ne vous parle-t-elle pas ? Trump est manifestement comme un chien en laisse… regardez, il y a des photos qui en disent long parfois.

    2. Est ce l’endroit pour rappeler un billet de Alexis Toulet , il y a (un peu plus ) d’un an sur Poutine et ses armes « nouvelles  » ?

  5. Mais Monsieur Paul Joron, il ne vous ai pas parvenu à l’esprit que le refus de Trump de voir une intervention Russe dans son élection, c’est que pour lui cela remettrait en cause sa légitimité?
    Si vous gagnez à un jeu et que quelqu’un vous dit qu’on vous a aidé, vous allez être touché dans votre orgueil et vous n’allez pas l’accepté? Non??

    Pourquoi toujours voir des choses incroyables….. et alors je passe le côté analyse: Russe=Blanc=raciste=gros méchant + Blanc Américain du Kansas=cow-boy analphabète= écouteur de country=nostalgique de l’esclavage donc Blanc Américain aime Russie……non mais où on va là???? Mais là encore, vous ne vous dites pas que la première cause de la victoire de Trump c’ était la nullité de Clinton? Si on avait pu avoir un match Trump/Obama qui aurait gagné d’après vous? Obama aurait certainement foutu une branlé mémorable à Trump , la pire défaite de l’histoire des Républicains sans aucun doute….Alors l’analyse des Blancs, noirs, jaunes, rouges, Chrétien, juif ou musulman….ouais, à revoir…
    Un conseil: arrêtez de rester que sur des médias qui ont la même vison du monde que vous! Allez sur le terrain de vos supposés « adversaires » et essayez de vous mettre dans leur tête. Par exemple, pourquoi Poutine est arrivé au pouvoir ? Qu’est ce que cherche les Russes à travers lui? Pourquoi, l’OTAN existe il encore? Pourquoi c’est la Russie qui a accueilli Edward Snowden? Pourquoi? Pourquoi?Pourquoi? Il y a des milliers de questions. Ne tombez dans le piège de deux qui vous force à choisir un camp! Ils ont les mains aussi sales que le camps adverses. Il n’y a pas de gentils et de méchants dans cette histoire et dans l’Histoire en général. Alors pour moi, le couplet de la méchante Russie qui a truandé les élections de la gentille Amérique, permettez moi d’avoir un doute…c’est comme les armes de destructions massives en Irak,on les attends encore. Il est permis d’avoir le doute mais apparemment vous, vous ne l’avez plus?
    Personnellement, j’ai envie de rester neutre vis à vis de ces histoires car il y a beaucoup de choses que l’on ne sait pas. Je n’ai pas envie d’être la marionnette de gouvernement quelque qui soit…et vous devriez faire de même et prendre de la hauteur avec ces sujets.

    1. Votre approche est tout à fait compréhensible pour quelqu’un qui n’a ni l’intérêt, ni le loisir peut-être, d’aller rechercher les informations fiables. Votre intuition fondée sur une ignorance de bonne volonté vous paraît tout aussi valable que mon investigation bien informée.

      Pour une fois – juste pour une petite pique humoristique à votre intention – je vais paraphraser ma tête de Turc favorite :

      « Ah oui, Pierrot, et alors pourquoi, explique-moi, c’est moi l’analyste respecté, et toi le commentateur en risque de modération ? » *

      C’est la première et la dernière fois, promis-juré ! 😀

      * La vérité et M. Trump, le 27 mars 2017 : “Écoutez, en attendant, il me semble que je ne me débrouille pas si mal puisque je suis Président et que vous ne l’êtes pas”.

      1. P.S. Au risque de me répéter : M. Donald Trump représente un risque majeur d’extinction pour le genre humain. MM. Macron, Poutine, Xi Jinping, Mmes Clinton, Merkel, May ne jouent même pas dans la même division !

      2. C’est un peu d’humour mais vous le pensez quand même un chouia….Hein Paul 😉 Ah,Ah,Ah! C’est de bonne guerre , rien de grave 😉
        Bon, il ne me reste plus qu’a trouvé un bunker pour affronter la WW III!
        Non plus sérieusement, je ne crois pas que nous ayons trouvé notre prochain destructeur du monde . Mais ceci dit quand je regarde ce qui se passe, il y a pas mal de sujets qui feraient de bon terreau pour des idéaux totalitaires. En passant, je vois bien l’écologie ou le transhumanisme….Suivant les événements, on pourrait avoir qqch de bien gratiné…Enfin, ceci est une autre histoire, on verra bien ou bien on sera plus là d’ailleurs….
        bon dimanche

    2. Pierre (en 2005), s’adressant à Paul Jorion :

      Pourquoi toujours voir des choses incroyables… Bien sûr que les banquiers essaient de truander leurs clients avec les prêts subprimes ! Et vous croyez que les emprunteurs subprimes n’essaient pas eux de truander la banque ?

      Ne tombez dans le piège de ceux qui vous forcent à choisir un camp ! Ils ont les mains aussi sales que le camp adverse. Il n’y a pas de gentils et de méchants dans cette histoire et dans l’Histoire en général.

      Personnellement, j’ai envie de rester neutre vis à vis de ces histoires car il y a beaucoup de choses que l’on ne sait pas.

      Eh bien moi, je cherche précisément à savoir.

      1. A trump is a playing card which is elevated above its usual rank in trick-taking games. The English word trump derives from trionfi, a type of 15th-century Italian playing cards, from the Latin triumphus « triumph, victory procession », ultimately (via Etruscan) from Greek θρίαμβος, the term for a hymn to Dionysus sung in processions in his honour. Trionfi was the 15th-century card game for which tarot cards were designed. Trionfi were a fifth suit in the card game which acted as permanent trumps. Still in the 15th century, the French game triomphe (Spanish triunfo) used four suits one of which was randomly selected as trumps. It was this game that became extremely popular in Western Europe in the 16th century and is ancestral to many modern card games.
        The English word is first documented in 1529 as the name of a card game which would develop into Ruff and Honours and ultimately Whist.[1] In German, the term is attested as Triumph in 1541; the modern German spelling Trumpf is recorded from 1590.[2] In French, triomphe remained the name of the game, while the trump suit was called atout, from à tout (as it were « all-in »).[3] Some European languages (Hungarian, Greek) adopted the French term. Russian козырь kozyr’ is of unknown etymology, possibly a loan from a Turkic source.[4] Polish variously uses atut, trumf and kozer adopted from the French, German and Russian respectively.

        Modi rend apatrides les bengalis des territoires du nord-est n’ayant pu prouver qu’ils étaient là avant 1971, ça rappelle les Arierparagraph… Ne pas confondre le « Triomphe de la volonté » cher à Leni, et « La volonté de savoir » pas écrite par Charles de Foucauld, ou le Triomphe dont l’auteur n’a pas de droits d’auteurs https://en.wikipedia.org/wiki/Triomphe, avec la volonté de gagner.
        Entre SDN et Société Des Multinationales, la différence est d’une lettre, mais entre effets de concurrence et de collusion, et les Internationales de paranos (façon « Clans de la lune alphane de Philip K Dick) abusant du numérique comme tambour et encartage, il existe quelques ponts problématiques. Les parents mentent tous plus ou moins aux enfants, ils dissimulent et c’est inévitable, ça laisse des traces quand au traitement des informations reçues plus tard : sont elles fiables ? Les gogos qui gobent sont-ils les produits des enfants qui restent dupes, ceux dont l’idéalisation du couple parental est quasi indemne ? Les riches, ça produit parfois un Siddhârta Gautama ou un Trump. Dans les 2 cas il y a des suiveurs…

      2. Je pensais que « Triomphe » était plutôt issu du grec du nom d’un chant en l’honneur de Bacchus

        Pour la meilleure version du « savoir « , le champ expérimental est sans doute le moins source d’erreurs , mais j’aime toujours bien celle de Pascal :
        « Puisqu’on ne peut être universel et savoir tout ce qui peut se savoir sur tout ,il faut savoir peu de tout .Car il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d’une chose.. »

        Reste à  » savoir » ce que l’on s’accorde à considérer comme beau , mais à défaut de divin , il y a du lien dans le savoir .

      3. Tiens , je n’avais pas encore fait le lien avec le début de l’avant dernière strophe de Rudyard Kipling :

         » « Si tu peux rencontrer Ttriomphe après Défaite
        Et recevoir ces deux menteurs en même temps … »

  6. Comme dit Macrorkozy, « le sanglot de l’homme blanc, ça commence à bien faire ».

    C’était, je crois, au salon de l’aculture que des mots de ce type ont été dit.

    Non ?

  7. Ainsi donc, il y a au moins deux dirigeants qui font courir un danger mortel à l’humanité…
    L’un à l’Ouest (dans tous les sens du mot…)
    L’autre à l’Est, si je comprends bien …
    On est mal barrés…

  8. Clin d’œil de Trump à Poutine, rictus de Melania, regard d’Ivanka… Ces « détails » ont-il tant d’importance ?
    Derrière ce rideau de fumée, la vraie question est bien peu abordée. Elle est celle-ci : où en sont les relations entre les USA et la Russie ? En 2001, les USA sont sortis du traité dit ABM, fait pour limiter les capacités balistiques des signataires. Se sentant menacée par cette décision US unilatérale, la Russie a développé, avec succès, de nouveaux armements. Les USA, victimes de leur arrogance, empêtrés dans les rivalités internes de cet Etat dans l’Etat qu’est leur gigantesque, grotesquement démesuré, complexe militaro-industriel (Eisenhower dixit), se sont laissés distancer. Poutine a donc de solides cartes en mains. Il n’est pas impossible que Trump l’ait compris et vise, contre « l’Etat profond » US, à rétablir une certaine forme d’équilibre diplomatique entre les deux puissances, ennemies d’hier. Hypothèse farfelue ? Illusion ? Une chose est sûre, la recherche d’un tel équilibre irait dans le sens de l’intérêt des USA comme du nôtre. Ne voir dans les actions de Trump que collusion et traîtrise me semble erroné et stérile.
    Abandonnons les funestes dissertations sur clin d’œil, rictus et regard. Passons aux choses sérieuses, aux choses géopolitiques sérieuses.
    L’Europe si elle était capable d’avoir une politique non atlantiste devrait se positionner. Elle ne le fera pas. La France, puissance nucléaire, signataire du traité ABM, devrait le faire.

    1. « Il n’est pas impossible que Trump l’ait compris »

      Cela aurait une certaine plausibilité dans la cadre d’une Maison-Blanche de type classique, c’est-à-dire de la manière dont elle fonctionne depuis ses débuts, à savoir où un staff, un cabinet de conseillers entoure un président qui le consulte en permanence et ne prend aucune décision sans avoir son accord, mais à l’époque Trump, il n’y a plus qu’un Président isolé, ultra-confiant dans ses intuitions géniales (il n’hésite pas à le dire) :

      « Je suis passé d’homme d’affaires TRÈS prospère à Top vedette de la télé, à président des États-Unis (à mon premier essai). Je pense que cela vous qualifie non pas comme intelligent, mais comme génie… et pour tout dire, un génie très équilibré ! » Tweet du 6 janvier 2018

      Ces jours derniers, voir mon billet d’hier, sa femme Melania et (plus grave encore sans doute à ses yeux), sa fille Ivanka, l’ont laissé tomber.

      Démission, suicide, tentative de coup d’État ? Je ne veux pas m’aventurer trop…

  9. Ils avaient eu Reagan, acteur de série B, ils ont Trump, vedette de la télé. C’est aussi surprenant qu’inquiétant, je vous l’accorde.
    Mais le président des Etats-Unis d’Amérique n’est pas un homme seul pouvant décider seul de tout. Les Institutions US sont là et elles sont solides. Enfin, il me semble.

    Mettre toute la faute, toute la folie, sur le dos d’un seul est, en tout état de cause, forcément une erreur, une facilité, sinon une folie.

    Définition du mot folie de l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert : « S’écarter de la raison, sans le savoir, parce qu’on est privé d’idées, c’est être imbécile ; s’écarter de la raison le sachant, mais à regret, parce qu’on est esclave d’une passion violente, c’est être faible ; mais s’en écarter avec confiance & dans la persuasion qu’on la suit, voilà ce me semble, ce qu’on appelle être fou. Tels sont du moins ces malheureux qu’on enferme, & qui peut-être ne diffèrent du reste des hommes, que parce que leurs folies sont d’une espèce moins commune, & qu’elles n’entrent pas dans l’ordre de la société. »

    Certes la folie de Trump est « d’une espèce moins commune », certes « elle n’entre pas dans l’ordre de la société ». Pour autant l’enfermer, ou l’éliminer d’une manière ou d’une autre, ne guérira pas la société américaine de sa propre folie.

    J’ai le sentiment comme vous que nous courrons à l’abîme. Ça ne date pas d’hier, ni de Trump…

    1. « Mais le président des Etats-Unis d’Amérique n’est pas un homme seul pouvant décider seul de tout. Les Institutions US sont là et elles sont solides. »

      J’adore les optimistes, il faudrait une sorte de musée Grévin, consacré seulement à eux. Les robots y amèneront gravement leurs enfants.

  10. Optimiste, naïf… vous m’affublez d’un qualificatif et vous vous estimez quitte.
    Ce n’est pas fair-play.
    La question de la Loi, et en particulier des Institutions, est centrale.
    Certes nos chers dirigeants, pas seulement Trump, d’un côté ou de l’autre de l’atlantique, ont une fâcheuse tendance à s’asseoir dessus, ou pire…
    Il n’empêche, elles existent, nombreux sont ceux qui y sont encore attachés, et elles nous sont indispensables. À condition de nous vouloir encore être un tant soit peu civilisés.
    Ne les méprisons pas, ne les sous-estimons pas. Au contraire. Croyons en elles. Elles sont notre rempart contre le déchaînement de la violence.
    Est-il trop tard ? Suis-je optimiste de penser qu’il y a encore quelque chose à sauver de ce côté-là ? Peut-être. Mais je ne vois pas d’autre voie.

  11. L’ « individu » D. TRUMP :
    … » Donald Trump a bâti sa carrière sur le principe que tout est renégociable.
    Une fois un immeuble terminé, le promoteur [D.T.] invoquait la piètre qualité des travaux (ou d’autres prétextes) pour éviter d’honorer ses engagements. Il imposait alors de nouvelles conditions aux divers corps de métier, en leur déclarant par exemple : « Je ne vous paierai que 75 % du montant dont nous avions convenu. » C’était à prendre ou à laisser. ..Ceux qui refusaient sa proposition n’avaient qu’à le traîner devant les tribunaux, prenant ainsi le risque de procédures judiciaires coûteuses et à l’issue incertaine face à des avocats aussi retors que coriaces.
    Dans son livre Trump : Think Like a Billionaire (« Penser comme un milliardaire »), en 2004, il conseillait à ses lecteurs de « toujours contester les factures ». Ses procédés de mauvais payeur étaient bien connus des fournisseurs et des banquiers, dont beaucoup refusaient de traiter avec lui (1).

    Dans Think Big and Kick Ass : In Business and Life (« Être ambitieux et déchirer en affaires comme dans la vie », 2007), il dit aimer « écraser l’autre camp et encaisser les profits », et bien se moquer des banquiers qui ont perdu les sommes qu’ils lui avaient avancées. « C’est leur problème ; pas le mien. Je leur ai dit qu’ils n’auraient pas dû me les prêter. »
    La Deutsche Bank, seule grande institution qui continue de traiter avec l’entreprise Trump, a connu une expérience édifiante. En 2008, au plus fort de la crise financière, elle avait poursuivi le promoteur en justice pour un impayé de 40 millions de dollars. Celui-ci contre-attaqua, réclamant en retour la coquette somme de 3 milliards de dollars… Son argument : ses problèmes de liquidités s’expliquaient par la crise financière ; or la Deutsche Bank comptait au nombre des responsables de la crise… La banque lui accorda un répit de cinq ans (2). Le futur président n’a pas tardé à comprendre que la menace d’un recours devant les tribunaux pouvait avoir des effets dissuasifs. On estime qu’il a été impliqué, comme plaignant ou comme accusé, dans plus de 3 500 procès
    « .
    dans : https://www.monde-diplomatique.fr/2018/06/WARDE/58766 .

  12. Une analyse grotesque de Bill Maher au secours de la poutinophobie et de l’obsession Trumpienne du maître de céans , analyste auto proclamé ès ingérences russes . La vieillesse est un naufrage, disait le Grand Charles, qui en connaissait un rayon .

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