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6 réflexions sur « CRISPER-Cas9 : un sondage, trois réactions »

  1. La première chose qu’il me semble nécessaire de faire, c’est de poser directement la question à Emmanuelle Charpentier….. Vous pouvez la trouver dans son labo à Berlin au Max Planck Institut . Il me semble qu’elle est très très réservée pour ce genre d’aventure et de bricolage. Et, il me semble qu’ils se contentent de chercher des solutions contre les bactéries très très pathogènes… De là à bricoler le génome des gamins….. https://www.emmanuelle-charpentier-lab.org/

    La deuxième chose à propos de ce sondage est de savoir quelle crédibilité l’on peut apporter à l’avis de personnes dont je suis persuadé que 99% n’ont jamais entendu parlé de CRISPR CAS9.
    Pour ce que j’en ai lu du fonctionnement de ces ciseaux, certains en font n’importe quoi et beaucoup d’expérience sont loin d’être stabilisées dans la reproduction des objets de recherche.

    Science sans conscience…..

  2. Après avoir lu le « Tous entrelacés » de Eric Bapteste (Ed. Belin je crois), sur la compréhension récente du pâté d’alouette et de truffe qui s’agite dans nos cellules, je suis assez sceptique sur la possibilité de progrès rapides dans la modification génétique de masse des embryons humains, et même sur la version thérapeutique.

    Surtout, comme le montrent les récentes tendances (i) en Chine de gérer les inidvidus en faisant le « ranking » de leurs gestes socio-économique très quotidiens par le truchement des smartphones (pour lesquelles la Chine propose à son bon peuple des versions « unifiés » qui incluent le paiement en monnaie, tout un système qui permet à des banques choisies de se servir amplement du résultat, cf. article récent dans MediaPart) (ii) en Occident de mettre en place un ranking du « degré de fiabilité » des usagers chez GAFA (chez FB surtout) de façon à compiler « correctement » les signalements desdits usagers (donc de reconnaitre les « bons » et « ceux qui ne sont rien » qu’on amalgamera avec les hackers russo-turco_nord_coréo-empiredumaliens), je pense que le contrôle social ne va pas beaucoup s’embarrasser de la fabrication incertaine de jeunes dociles « par voie inné » s’il peut le faire « par vois acquise ».
    Je parie donc sur l’usage médical de niche pour le cripsr et ses successeurs. Sans doute y a-t-il un effet de buzz, quelques années après les premiers grands succès du CRISPR, a le prendre comme clé magique, cela arrive dans pas mal de domaine de la science (des bulles, comme la « plasmonique » par exemple en opto-électronique). De fait, les effets sociaux majeurs en « génétique générale » existent déjà et leurs ravages sont documentés: l’échographie qui a permis de déséquilibrer le « sex ratio » (filles/garçons) jusqu’à -10% (Inde ou Chine suivant les régions), ce qui est énorme (même si vous avez l’impression de croiser déjà 30% de jeunes célibataires dans la rue et que 35% ne semblerait pas bien pire). D’où des trafics de femmes entre pays asiatiques notamment.
    Le principal « problème » de la génétique humaine est que nous ne sommes mêmes pas adultes en deux ou 3 ans comme la brebis Dolly, mais en 20 ans, et qu’on voudra des « preuves » à 40 ans avant de faire plus que du travail de niche. Je ne vois pas de solution simple à ce nœud gordien du temps pour tester, puisque une partie du matériel génétique n’entre en marche (expression) qu’après la puberté par exemple, et que le fonctionnement en change doucement mais sûrement (le vieillissement, les télomères qui changent presque aussi vite que Fox News change de titre, etc.).

    Les méthodes génétiques restent assez des études de listing et pas des études d’expression, grosse nuance, les secondes sont les seules qui diront si le « programme modifié  » buggue ou ne buggue pas trop (les études d’expression demande la capture des ARNs émis au cours du vrai fonctionnement de la cellule ou de l’organisme, on ne peut pas beaucoup tricher avec cela, l’étude in silico ou in vitro de l’expression de gènes ne se fait que pour les quelques cas de cellules cultivables (levures, pathogènes, et sans doute quelques lignées dans les cellules humaines mais pas l’ensemble d’immense biodiversité qui fonctionnent dans nos tripes par exemple , et sans lequel nous n’aurions quasiment plus de nutriments).

  3. Bonjour,
    En répondant aux questions proposés par le sondage, je me retrouve dans les 7 sur 10….
    En gros, ce sondage me choque pas. Il dit quoi? Que la majorité des gens sont prêts à utiliser des traitements génétiques pour les maladies réellement détectés ou à fort risque de développement et qu’en même temps ils se refusent de les utiliser pour du gadget (bon d’accord, j’y vais fort ….l’intelligence n’est pas un gadget….quoi que quand je vois certain de mes contemporains….;-).
    Après, on voit que cela varie suivant la religiosité des sondés…..Les religieux sont moins enclin à ces technologies….Ouah, le scoop! J’aurais pas crû….Incroyable!!!!Cela mérite le prix Nobel ce genre d’info….
    Puis, on retrouve des questions plus épineuses mais dont les réponses n’étonnent pas. Mettre au point ces technologies en utilisant des embryons humains….beurk, c’est pas bien dit la majorité des Américains! On retrouve la même chose avec les tests de médicaments sur les souris….Moi même, j’aurais répondu la même chose, tout en me disant mais alors comment on fait si on n’a pas le choix de faire autrement??? Je ne sais pas!!!
    Bilan: rien de neuf, sondage reflétant l’air du temps!

    En revanche, cela m’a fait pensé à autre chose. A cette course que l’homme mène contre la mort.
    Mais où allons nous? Si tous les processus naturels qui permettent de réguler notre population deviennent obsolètes.
    J’ai cherché la définition de cancer sur wikipedia et j’ai mis entre parenthèse certains mots.
    Cancer= « Un cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire (HUMAIN) anormalement importante au sein d’un tissu normal de l’organisme (ÉCOSYSTÈME), de telle manière que la survie de ce dernier est menacée.  »
    La nature a engendré un organisme tellement performant dans sa survie qu’il en devient dangereux!
    A l’avenir, il faudra choisir: l’immortalité ou nos enfants!

    1. Quand j’étais étudiant en génétique moléculaire (il y a longtemps 🙁 ), on nous disait que grâce aux dévelopement des techniques de manipulation des gènes, on pourrait insérer dans le blé le gène des papilionacées qui permet de faire du NO3 à partie du N2 de l’air en symbiose avec les bactéries et qu’ainsi on pourrait se passer de bien des engrais et mettre fin à la faim dans le monde. En fait, comme dit plus haut, ce qu’on a fait c’est insérer des gènes de résistance aux herbicides, ce qui a permis de vendre plus de ces poisons.
      Les sciences et techniques ne sont, de toute évidence, plus au service de l’humanité mais à celui des capitalistes productivistes.
      Les folies qu’ils préparent auront peut-être des effets négatifs sur la santé de ceux qui les subiront mais elles auront surtout pour effet de déstabiliser complètement nos sociétés. Il n’est que de voir les dégâts que commencent déjà à faire les conséquences de la procréatique développée sans réflexion préalable. Le principe de précaution imposerait de ne pas se lancer dans ces comportements d’apprentis-sorciers. Mais, au nom de la satisfaction des désirs les plus fous de quelques-uns, au nom de la « réparation » de handicaps que l’humanité a toujours pu gérer par la solidarité, les techno-furieux financés par les avidadollars (cherchez l’anagramme) déboussolent 4.000 années de civilisation et 250.000 années d’humanisation. Bientôt, le magazine Kairos sortira un numéro spécial sur les « illimitations » qui risquent fort de mettre fin à l’aventure humaine. Le dernier qui s’en ira soufflera la dernière bougie..

  4. Je pose que , si l’on parle de « thérapie » , c’est que l’on parle de la médecine et des médecins et uniquement de ça .

    Dès lors , excluant tous les intérêts » parasites , il me semble que la réponse éternelle à la question du soin , ne résulte pas d’un sondage . Elle est toute entière dans le serment d’Hippocrate . Elle est toute entière dans  » le geste de la petite fille qui pose la main sur le bobo de son frère; c’est le fait de se pencher sur le pâtir quelconque d’un autre être humain . »

    Elle est toute entière dans ce « rendre grâce » de Michel Serres aux médecins :

    « Amis médecins , vos têts me fascinent .Elles ne ressemblent à nulle autre . J’ai longtemps cru que vous n’en aviez qu’une , comme tout le monde ,mais si originale et mêlée que je la reconnaissais de loin . Or , à bien y regarder , je vois que vous en portez deux au bout du cou . L’obligation où vous met votre pratique de tenir un cap difficile entre les forme canoniques d’une maladie et le corps toujours inattendu de cette patiente ou de ce malade , entre l’apprentissage abstrait de votre jeunesse et une expérience humaine dont le profil ne cessant de fluctuer vous à douter de cet enseignement pourtant toujours là ; bref , les vibrations subtiles entre l’idée générale et la personne concrète, la notion stable et la mouvance de la singularité irréductible , font de vous des Aristote indéfiniment contemporains, je veux dire des sages qui savent que l’individu résiste en substance aux idéalités pourtant nécessaire à sa compréhension et que nous ne pouvons saisir la vie sans ce double rapport contradictoire . D’où votre bizarre bicéphalie entée sur tige bifide :quelques uns , parmi vous , les jeunes surtout , montrent un gros crâne scientifique et un petit , empirique et attentif, alors que les plus âgés ont tendance à inverser la proportion ……Pourtant sur les épaules savoir et pitié, le Tiers -Instruit , c’est vous . »

    Ailleurs :

    « Même devenue biomédecine ,la médecine ( le soin , c’est moi qui ajoute ) n’est pas une science, mais reste un art , une « tekhnè » » une science du particulier fondée sur la relation toujours singulière entre deux personnes uniques  »

    La médecine se perdra et nous nous perdrons avec elle ,en même temps , si nous sortons du « soin » dans toutes ses acceptions , emportés par des idéologies parasites .

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