Les choses se précipitent… ce n’est pas moi qui le dis, le 23 août 2018 – Retranscription

Retranscription de Les choses se précipitent… ce n’est pas moi qui le dis, le 23 août 2018. Merci à Olivier Brouwer, Eric Muller, et au Retranscripteur Masqué ! Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le jeudi 23 août 2018, et aujourd’hui ma petite causerie s’intitulera : « Les choses se précipitent, et ce n’est pas moi qui le dis ».

Avant-hier, le 21, c’était mardi, deux événements ont eu lieu simultanément aux États-Unis, qui ont un impact sur l’avenir de M. Donald Trump comme Président. Le verdict du jury du procès de M. Paul Manafort, qui fut à une époque son directeur de campagne électorale pour la présidentielle, et le fait que M. Michael Cohen, son ancien avocat, a plaidé coupable d’un certain nombre de chefs d’accusation, et en particulier, d’avoir commis des infractions au financement des campagnes électorales sur injonction de M. Trump.

Alors, je vous ai parlé longuement de tout ça, vous pouvez le voir. Il y a une vidéo consacrée au verdict du procès de M. Paul Manafort et une autre consacrée au plea deal, il n’y a pas vraiment d’expression en français pour ça, l’accord passé entre M. Michael Cohen et le tribunal qui le jugeait, en échange d’un traitement favorable. Le traitement favorable, je vous le rappelle, c’est que pour les 65 ans de prison que les inculpations impliquent, il ne devra passer qu’une période qui est calculée de l’ordre de quatre à cinq ans en prison. On avait souligné qu’il n’y a pas à proprement parler de « collaboration » : il a plaidé coupable, mais sans promettre des informations supplémentaires, ce qui a paru un petit peu bizarre, d’autant plus que l’avocat de M. Michael Cohen, Lanny Davis, a promis de tous côtés que M. Michael Cohen allait faire de nouvelles déclarations qui pourraient être intéressantes pour la commission Mueller qui s’intéresse à la collusion éventuelle de l’équipe Trump avec la Russie, et sur d’autres sujets. Et en particulier, il avait fait allusion au fait qu’il existe en ce moment une plainte, non pas au niveau fédéral, mais au niveau de l’État de New York. Or ce sont des juridictions spéciales qui ne relèvent pas du pouvoir fédéral, et en particulier – la presse et les commentateurs le soulignent – que des condamnations au niveau des États individuels ne sont pas susceptibles de bénéficier d’un pardon présidentiel.

Alors, nouveau développement par rapport à une plainte, donc, qui a été déposée dans l’État de New-York contre la fondation charitable de M. Trump. C’est la procureur de l’État, Mme Barbara Underwood – j’ai l’impression que c’est un nom dont on reparlera et c’est pour ça que je le mentionne – qui, donc, inculpe cette fondation pour des activités illégales. La presse avait déjà mentionné le fait que des paiements qui n’ont rien à voir avec une fondation charitable avaient été déjà faits par cette fondation, comme payer l’inscription de boy-scout du fils, Barron Trump, les 100.000 dollars qui ont été utilisés pour déplacer une hampe d’un drapeau dans une des propriétés de M. Trump, et de s’acheter, bien entendu – on parle de M. Trump – un portrait de lui-même de deux mètres de haut.

Là, il s’agit de bien d’autre chose dans la plainte par Barbara Underwood, parce qu’il est question de paiements de cette fondation, là aussi dans le cadre de la campagne électorale de M. Trump, et là aussi, susceptibles, donc, d’infraction aux sommes qui peuvent être payées dans le financement des campagnes électorales. Et là, développement de la journée d’hier : M. Michael Cohen – à son incitation, souligne tout le monde – a reçu un subpoena, c’est à dire une citation à comparaître. Donc M. Michael Cohen est sur sa lancée : il veut non seulement vendre la mèche, spill the beans comme on dit en anglais, non seulement il veut le faire, mais il se précipite partout où il peut le faire et incite même les gens à l’appeler pour raconter des choses. Il y a sûrement un petit peu de la stratégie de son avocat, M. Lanny Davis, et je vous l’avais déjà signalé il y a pas mal de temps : quand M. Michael Cohen avait tenu à se présenter en public invitant à diner le révérend Al Sharpton, connu comme une personnalité noire d’extrême-gauche, pour manifester, je dirais, son renversement dans sa stratégie, au moins de changer sa persona, de changer l’image publique qui est la sienne.

Alors, pourquoi est-ce que cette chose en particulier, qui peut paraître relativement mineure, pourquoi est-ce qu’elle énerve tout particulièrement M. Trump ? Parce que, parmi les gens qui représentent cette fondation, il y a essentiellement, dans le comité de direction, son fils Éric, son fils Donald Jr. et sa fille Ivanka. Une condamnation dans ce cadre-là ne tomberait pas sous la juridiction de son pardon personnel, présidentiel, et comme tout le monde le sait, c’est particulièrement sur des questions de sa famille, de l’implication de sa famille que M. Trump perd son sang-froid. Je ne sais plus quand c’était exactement, mais je me souvenais d’une époque où il avait tempêté en disant : « Qu’on ne mêle surtout pas ma fille Ivanka à ces histoires ! » Or, malheureusement pour lui, sa fille Ivanka est liée, associée, à pas mal de choses quand même très proches de lui, en plus d’être une de ses conseillères à la Maison Blanche.

Si on s’en prend à ses enfants, son entourage a déjà laissé entendre que c’est ce genre de choses qui pourraient le conduire à une démission. Donc, cette précipitation de M. Michael Cohen à dire à Mme Barbara Underwood, attorney en chef de l’État de New-York : « Invitez-moi, invitez-moi, j’ai des choses à dire ! », ça fait partie de la campagne, sans doute, à laquelle l’incite son avocat, M. Lanny Davis.

Quoi encore ? M. Trump, disent des gens proches de lui – et là encore je souligne le fait qu’on a de plus en plus de communications de ce type-là, ce n’est pas vraiment des fuites mais des informations qui viennent vraiment de son dernier carré, des gens tout à fait autour de lui, qui communiquent avec la presse pour dire s’il est de bonne humeur ou s’il ne l’est pas, etc. – et pour la première fois, la nouvelle, c’est que… et on le voit d’ailleurs au niveau de ses tweets, qui ont baissé en volume et sont plutôt de l’ordre de l’humour noir que de l’attaque, par exemple quand il dit à propos de M. Michael Cohen, au lieu de l’appeler « une salope », « un salaud », « une crapule », etc., il a dit à propos de M. Michael Cohen : « Si vous avez besoin d’un avocat, n’hésitez pas, prenez M. Michael Cohen ! » sur le ton ironique, bien entendu, mais on est très très loin des insultes, des bordées d’injures qu’il envoie d’habitude aux gens qui le critiquent. Donc il est démoralisé. Alors, il y a des gens autour de lui qui disent : « Ça ne durera peut-être pas », mais en tout cas, c’est la première fois, c’est la première fois qu’il apparait démoralisé.

Dans le cas de M. Manafort, rien n’est dit à propos de Trump, je l’ai souligné quand j’ai parlé de ce verdict. C’était un jugement, c’était un procès qui visait essentiellement à miner le moral de M. Manafort en lui faisant refléter, déjà, miroiter, le fait qu’il y a déjà beaucoup d’années de prison qui sont accumulées maintenant sur ce cas-là. Il va y avoir un autre procès aussi, au niveau d’un État, je l’ai déjà dit, à propos du fait qu’il n’était pas accrédité comme représentant d’une puissance étrangère alors que son lobbying était essentiellement de cette nature-là. Donc, le système va encore essayer de l’affaiblir d’avantage, et puis il y aura, il y aura sans doute – et là, à ce moment-là, on arrive au niveau de la commission Mueller – une inculpation autour des liens qu’il a dû créer entre les intérêts russes et Trump. Et là, ce n’est pas de la spéculation, puisqu’on sait – ça n’a jamais été mis en doute – que M. Paul Manafort se trouvait, en juin 2016, parmi les personnes, une délégation où se trouvaient le fils, Donald Jr., et le gendre, Jared Kushner, d’une réunion qui avait eu lieu dans la Trump Tower, dans le building, le bâtiment de M. Trump, avec une représentation russe dont on sait, par les mails qui ont été échangés autour de ça, qu’il s’agissait de donner, de transmettre des informations dommageables à Mme Hillary Clinton.

Donc, M. Trump sait que M. Michael Cohen a encore beaucoup d’enregistrements de conversations avec lui. Ce n’est pas parce que M. Michael Cohen a dit qu’il allait les diffuser, c’est parce qu’ils ont été saisis chez lui sous formes diverses, sur des ordinateurs et aussi sur des téléphones portables, sur un nombre d’iPads également, etc. Beaucoup d’informations, d’enregistrements de conversations entre le président et M. Michael Cohen.

Donc il y a ça, il y a ce que M. Manafort pourrait dire, il y a tous les enregistrements que Mme Omarosa Manigault-Newman a enregistrés et dont on ne sait pas la nature, on ne sait pas combien il y en a, mais elle dit qu’il y en a à peu près 200. Là aussi, il y a sûrement des choses, vu les tensions qui sont montées entre M. Trump et elle, il y a sûrement des choses qui peuvent l’incriminer aussi.

Et puis cet évènement de la semaine dernière qui était aussi un coup pour la Maison-Blanche et pour Trump en particulier, la découverte que M. McGahn, le conseiller juridique de la Maison-Blanche – pas conseiller juridique de M. Trump en tant que personne mais de la Maison-Blanche – avait discuté avec la commission Mueller pendant 30 heures pour répondre à toutes les questions qui lui ont été posées.

Et dans ce qui apparaît, c’est que M. McGahn ne s’est pas véritablement porté volontaire à cela. Ce sont essentiellement des erreurs faites par les avocats de M. Trump, M. Ty Cobb et M. John Dowd, qui, par leur stratégie imprudente, ont acculé M. McGahn à devoir se défendre contre le statut de fusible dans lequel on l’avait mis.

Donc, pas étonnant que M. Trump ne soit pas de bonne humeur. Il n’y a pas que lui. Le Parti républicain, pour la première fois, commence à montrer des signes d’inquiétude. Il ne s’agit pas tellement de la base. Quand on fait des sondages parmi ceux qui se disent Républicains, il y a encore 90% de gens qui ont une excellente opinion de M. Trump. Mais ce qui se passe, c’est qu’il y a des élections le 8 novembre. Ça ne porte pas sur toutes les circonscriptions mais sur certaines, et si les personnes du Parti républicain qui sont sûres de repasser continuent d’assurer leur soutien complet à M. Trump – puisque, bien entendu, ils ont intérêt à être en accord avec leur base – dans le cas de ceux qui sont en difficulté dans les sondages, les instances du Parti républicain leur ont donné une consigne de soit s’exprimer clairement sur leur position – parce que là, dans ce cas-là, l’honnêteté, c’est-à-dire prendre du recul par rapport à M. Trump, pourrait payer – soit de ne rien dire du tout, ni dans un sens ni dans l’autre – comme disent les personnes qui les conseillent, parce qu’il pourrait encore se passer beaucoup de choses d’ici au 8 novembre.

On est dans une atmosphère, pour employer l’expression américaine, waiting for the second shoe to drop, attendre que la deuxième chaussure tombe. Alors, c’est quoi cette expression ? C’est une expression – je suis allé regarder de quand elle date – apparemment des années 1900. C’est une histoire qu’on raconte, c’est le type qui n’a pas su dormir dans l’hôtel parce qu’il était dans sa chambre, il a entendu une personne qui rentrait dans la chambre au-dessus, et il a entendu la godasse jetée violemment sur le sol, et il n’a pas pu dormir parce qu’il a attendu tout le reste de la nuit que la seconde godasse tombe, et voilà ! Donc une atmosphère où on sait qu’il va encore se passer des choses et où on préfère ne pas s’avancer.

Du côté des Démocrates, on fait la même chose. C’est-à-dire qu’il y a une consigne de leur côté de ne pas parler d’impeachment, de ne pas parler du côté des candidats de la possibilité, si une majorité démocrate apparaît dans les deux chambres, de lancer une procédure de récusation, de limogeage de M. Trump. « N’en parlons pas, on ne sait pas ce qui va encore se passer. Et ne lançons aucun mot d’ordre qui pourrait mobiliser la base de M. Trump. Faisons semblant qu’il ne se passe rien ». Et là, le calcul des Démocrates, il est finalement le même que celui des Républicains : « La seconde godasse va tomber, pas la peine d’en faire trop. Les choses roulent en ce moment dans notre sens. » Et l’état dépressif de M. Trump est sans doute la même chose, c’est-à-dire le sentiment qu’il va encore se passer des choses, il y a encore des choses qui vont sortir, ne serait-ce que du fait de toutes ces informations qui peuvent encore venir du côté de M. Michael Cohen, du côté de Mme Omarosa Manigault-Newman, du côté de M. McGahn, du côté de M. Manafort qui pourrait décider dorénavant de « penser à sa famille », comme dit M. Michael Cohen.

On en a su un peu plus à propos de cette déclaration de M. Michael Cohen, qu’il allait vendre la mèche en raison d’un souci pour sa famille et pour sa patrie. Les commentateurs sont allés voir de quoi il parlait exactement : dans beaucoup des documents falsifiés, ces éléments de fraude qui lui sont reprochés du côté des impôts, beaucoup de ces documents sont co-signés avec son épouse, et on a sans doute dû lui faire comprendre, parce que c’est le cas, ce qu’on peut observer, c’est que son épouse n’est mentionnée dans aucun de ces documents [judiciaires de sa reconnaissance de culpabilité], et cela fait sans doute partie de cet arrangement entre M. Michael Cohen et la justice : « Si je parle des choses dont vous aimeriez bien que je parle, que ma femme ne soit pas inquiétée. »

Et là, une dernière remarque pour finir. C’est sur cette procédure quand même un peu curieuse des plea bargains aux États-Unis, de ces discussions entre les accusés et la possibilité de dire des choses à propos d’autres personnes, et qui conduisent à des réductions de peine. Ce qui m’a frappé dans le procès de M. Manafort, c’est le fait que certains témoins disent la « vérité » – et je vais mettre la vérité entre guillemets parce que justement je vais revenir là-dessus – pour avoir une réduction de peine. Ça a été mentionné de manière militante par les deux camps. C’est sans doute le cas aux États-Unis dans la plupart des cas, c’est que les procureurs ont dit : « N’oubliez pas que ce témoin qui va venir a fait un plea bargain, c’est-à-dire qu’il s’est engagé à dire la vérité en sachant que, voilà, on ferait passer par exemple les cinq ans à soixante-cinq si on découvrait qu’il y a eu une erreur ou un mensonge délibéré dans ce que ce témoin – ou cette témoin – a pu dire ! »

Et en même temps, les avocats de la défense disent : « Regardez ! Faites attention à ce que va dire cette personne parce qu’elle a un plea bargain : elle a négocié une réduction de la sentence et donc elle a dit tout ce que les procureurs veulent qu’elle dise. Elle a menti délibérément pour obtenir cela ! » C’est-à-dire qu’il y a une ambiguïté fondamentale – quand on y réfléchit, c’est vrai – c’est que l’intérêt d’une personne qui fait une telle négociation, ça peut être de diminuer le risque pour lui ou elle, mais ça peut être aussi un encouragement à dire le faux. Je pensais, voilà, ces situations où la torture est utilisée dans les procès, comme ça a été historiquement chez nous, comme ça existe, malheureusement sans doute, encore ici ou ailleurs, et où c’est une arme à double tranchant. On peut dire : « La personne craint tellement qu’on la remette à la question qu’elle dit certainement la vérité », et les autres qui disent en face : « Non parce que quelqu’un, pour éviter ça, dira absolument n’importe quoi ! ».

Ça me paraît – la question a dû produire des débats à l’infini au sein de la justice américaine – elle me paraît très, très ambigüe. Elle pousse à mon avis dans les deux sens. L’intérêt de la justice, c’est d’obtenir des renseignements supplémentaires sur des choses qu’on ne connait pas. Mais le rapprochement que j’ai fait avec la torture montre que c’est quelque chose qui a sans doute une ambiguïté en tant que telle.

Voilà, c’est une remarque qui m’est venue parce qu’on parle beaucoup de ces plea bargains ces jours-ci, à la fois dans l’acceptation de M. Michael Cohen de plaider coupable, et dans le procès de M. Manafort où il y a eu pas mal de témoins qui sont des gens qui effectivement ont obtenu des réductions de peine en échange de produire une information supplémentaire.

Voilà, allez, à bientôt.

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27 réflexions sur « Les choses se précipitent… ce n’est pas moi qui le dis, le 23 août 2018 – Retranscription »

  1. Cher Monsieur Jorion,
    vous semblez vous acharner à mordre fermement Trump. Je n’ai rien contre, ceci n’est pas une critique, mais j’estime qu’il y a des thèmes plus importants que ce showmen. De toute facon il ne partira pas, sauf si les démocrates réussiront, après les élections, à mettre en ouevre une procédure d’impeachment, qui est une action politique, voilà la difficulté qui s’imposera dans ce cas. Au contraire, les suiveurs de Trump diront et disent dèjà: voyez, ils nous veulent une crasse, tout cela est monté, une mise en scène pour faire chuter Trump…..et cétera.
    Au-delà de ces considération, on peut dire la droite nationaliste gagne partout en terrain, même en Scandinavie (en Suéde); le vent souffle de droite.

    1. Pas d’accord : il faut déboulonner Trump le plus vite possible. Ce type est un danger nucléaire, il a des pouvoir très importants en matière militaire, je crois même qu’il peut se passer du congrès en la matière.

      Cependant John Brenan se trompe quand il dit « He’s deviding us » (il nous divise). La division (économique) a précédé l’arrivée de Trump, et il s’appuie sur elle pour faire et dire n’importe quoi.

      1. Vincent Rey,
        il me semble que le président de la République Francaise a plus de pouvoir direct en matière nucléaire que Trump, il existe de nombreux instances de contrôle aux Etats-Unis pouvant freiner des actions présidentielles. Et puis: Trump est un personnage burlesque, inculte, impulsif, mais il n’est pas fou.

  2. Je n’ai aucun commentaire (comme beaucoup d’autres, apparemment ?) relevant à publier ici au sujet de ces événements tout à fait passionnants grâce à la relation circonstanciée que nous livre régulièrement Paul. Chaque jour, j’attends un nouveau rebondissement comme on attend la suite dans une série TV américaine, avec le sentiment que l’histoire va bien se terminer et que le méchant sera puni sévèrement comme il se doit. Ainsi, la morale sera sauve et l’Amérique se remettra de cette crise, avec d’autant plus de dynamisme qu’elle vit en ce moment un drame véritablement existentiel (qui pèsera aussi sur notre futur…).
    Faute d’avoir la moindre prise sur ces événements et comme je crains d’avoir déjà trop écrit pour ne rien dire, je vais me coucher.

    1. J’ai déjà écrit en commentaire d’un autre post pourquoi je ne vois pas comment une éventuelle procédure de révocation de Trump pourrait aboutir à son terme.

      Plus important encore : il faut être conscient que même si Trump disparaissait demain, le problème qu’il représente serait toujours là : Trump est une conséquence, pas une cause. Si la boule de démolition que 40% des Américains ont lancé sur le Système devait échouer, ils ne tarderaient pas à en lancer une autre.

      Quant à ne serait ce que commencer à résoudre ce problème, je suis loin d’avoir toutes les réponses, mais j’ai une forte conviction : seul un président dans le moule d’un Sanders aurait une chance. Et seulement donc à partir de 2020. L’enjeu des élections américaines de mi-mandat ne doit pas être exagéré.

  3. Si on écoute/regarde les médias français : déjà je ne lis aucun journaux, pour les radios France-Inter s’est décidé à en dire quelques mots, France-Culture aussi. Concernant les télé : 0 pointé sur la 2 ne les intéresse que ce qui se passe en France ! ou en Italie concernant les immigrés bloqués mais ça encore intéresse directement la France pour le chantage de ne plus rien verser à l’Europe. Par contre sur Arte c’était en entrée d’infos avec détails.

    Moi je crois que la Planète entière est concernée. Il se trouve que sur Arte un docu sur le début des civilisations, le n° 4/4 de ce soir était sur le commerce… et justement j’ai pensé à Trump qui ralentit le commerce international et donc contre la civilisation, le commerce étant affaire de confiance, Trump refuse de faire confiance à qui que ce soit : c’est comme ça que les guerres commencent et que les civilisations arrivent à leur extinction. Les habitants des EU n’ont pas une grande considération pour le reste de la planète déjà dans leur culture, alors un chef d’état qui en rajoute ne peut qu’aller dans le sens du poil. Simplement ils n’ont pas bien compris que le temps avait tourné et que leur influence n’est plus ce qu’elle était !

    C’est tellement jouissif que Trump s’écroule que j’espère que Paul Jorion a le bon prognostique et que sa fin est prochaine (celle de Trump pas celle de P.Jorion à qui je souhaite longue vie et bonne santé !), car c’est symboliquement aussi la fin d’un certain libéralisme.

  4. John Mc Cain, qui représentait ce qui reste de dignité chez les républicains vient de mourir.
    Les républicains continuent de soutenir Trump parce qu’ils craignent pour leurs fesses (elections de mi-mandat….) à cause de ses tweets ravageurs et du soutien de Fox Tv. La chaine la plus regardée aux USA tient un nouvel os à ronger : Mollie Tibbetts assassinée, probablement par un mexicain. Ils vont faire tourner ce meurtre en boucle en essayant du même coup de faire passer Cohen, Manafort et Cie au second plan, pour passer le cap crucial des élections à leur avantage.

  5. Voici en image une raison pour laquelle, non seulement je crois qu’une procédure de destitution de Trump ne saurait arriver à son terme, mais je ne le souhaiterais pas même si c’était possible.
    https://3.bp.blogspot.com/-7qUbkSjEFjc/WvP8DJzJxqI/AAAAAAABwMg/rE3-mLm0umQsbzesK8ZLhfQ9tQC4bFXsgCLcBGAs/s1600/bb1.png

    Ce panneau, situé sur une propriété privée donc non illégal, a fait beaucoup réagir. Voir par exemple https://www.youtube.com/watch?v=61jnveeBgxg Beaucoup l’entendent sans doute dans un sens métaphorique. Je soupçonne que ce n’est pas le cas de tout le monde.

    Les choses les plus stables ne le sont pas toujours autant qu’on pouvait l’imaginer. Les exemples historiques sont légion. Et enfin seriez vous si surpris ? Imaginez qu’une faille temporelle mette tout à coup dans vos mains un livre d’histoire de l’avenir et que vous aperceviez dans son sommaire un chapitre « Guerre civile américaine 2019-2028 » et le premier sous-chapitre « La destitution du président Trump »… seriez-vous stupéfait ?

    Il peut être dangereux de prendre certains raccourcis. Il n’y a qu’une seule bonne manière pour les Démocrates de mettre fin à la présidence Trump, c’est de remporter l’élection de 2020. Et avec un candidat à la manière de Sanders, car un candidat à la Clinton soyons clair n’aurait guère de chance de l’emporter contre Trump.

      1. Peut-être.

        Peut-être pas.

        Enfin il est vrai que la révocation de Trump étant politiquement impraticable – deux tiers des voix au Sénat ne se trouvent pas sous le pas d’un cheval – ce risque qu’il soit grand ou petit reste de toute façon seulement théorique. Il ne sera pas couru.

        Reste le plus important : quel candidat les Démocrates présenteront-ils en 2020 contre Trump ? Mais il est beaucoup trop tôt pour cela, la campagne interne au parti démocrate ne devrait commencer que dans un an à peu près.

  6. Quelqu’un a t-il une liste des gens qui ont démissionné ou ont été débarqués de l’entourage de Trump depuis son élection ? J’ai toujours l’impression d’en découvrir de nouveaux…

    1. Bien sûr : on trouve tout sur l’Internet !

      Si vous suivez mon actualité ici, vous saurez que Mme Omarosa Manigault-Newman ne considère pas qu’elle ait « démissionné » mais qu’elle a été lourdée.

  7. France-Culture dans son émission de 11h https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/culturesmonde-du-lundi-27-aout-2018
    nous informe que : nous Occidentaux; nous informons principalement avec les médias de l’Est tous pro-démocrates et ceux de l’Ouest idem pro-démocrates, alors qu’il faudrait que nous nous informions sur d’autres médias qui soutiennent « corps et âmes » Trump ! Et qu’il gagnera les élections de mi-mandat haut la main.
    et pour une destitution, voire un forçage de sa démission (comme pour Nixon) il faudrait que 80 % de la « chambre » vote pour… ce qui paraitrait plus qu’improbable.

      1. Ne tirez pas sur le messager.
        Contact nous informe que France-Culture nous informe, par la voix de Florian Delorme, que Trump etc…

        Je n’écouterai pas cette émission. Je fais donc confiance à Contact pour son résumé. Dont la teneur semble bien en phase avec la « légèreté » de l’ensemble de la chaine. Peut-être place-t-elle sa « différence » à aller à contre-courant? Si oui, pas trop non plus, faut pas exagérer. Un sous titre de présentation dit en effet: « Malgré tout, les affaires judiciaires continuent d’étioler le soutien à l’égard du président. » Y’a de l’espoir: toutes les options restent ouvertes.

        Va falloir que les News pro-Trump, donc ni de l’ouest ni de l’est, fassent assauts de fake-news pour remonter le moral des troupes. Ça nous promet une belle presse, à l’est, au centre et à l’ouest. On peut en avoir une idée par les dithyrambes quasi-générales à l’occasion de la mort d’un sénateur aux mains pleines de sang.

    1. daniel
      27 août 2018 à 21 h 08 min

      Merci pour l’extrait. Je n’avais rien lu, uniquement écouté, et l’écrit contredit en partie le dit, car en début d’émission je me souviens que venait un agriculteur de soja, ex-votant Trump, et se plaignait que le prix d’achat de son soja avait perdu 10 à 20 % (j’ai oublié le chiffre) qu’il trouvait conséquent. Forcément, cette blague, en inondant un marché d’un même produit la règle est que le prix baisse !

      Paul Jorion
      27 août 2018 à 19 h 24 min
      Moi soutenant Trump ? il y erreur je me cite plus haut « C’est tellement jouissif que Trump s’écroule que j’espère que Paul Jorion a le bon prognostique et que sa fin est prochaine (celle de Trump pas celle de P.Jorion à qui je souhaite longue vie et bonne santé !), car c’est symboliquement aussi la fin d’un certain libéralisme. »
      Le « notre » est parti dans un cycle de baisse du pouvoir d’achat/baisse du PIB qui parait sans fin vu ses dernières mesures annoncées !

  8. H.S. Je ne sais pas pourquoi mais ces PDG et autres gens à responsabilité au visage un peu trop bronzé et au sourire freeddnt blanc mal agencé commence à me perturber sérieusement.

    1. Ouais !

      En quoi leurs sourires montrant des dents blanchies au dentifrice sont-ils mal agencés ?

      Le bronzage, toute une histoire.
      Selon les oukases actuels de la mode, le bronzage de la peau est signe de bonne santé. Il tend à indiquer que son porteur est sain, à tendance dynamique, et si naturel, il est témoin de temps libre.
      Préféreriez-vous que les objets de votre ire se présentent à nous, souffreteux, blancs comme un cachet médical laqué à l’oxyde de titane? Seriez-vous moins perturbé ?
      La dictature de l’image a donc encore frappé.

      Un dicton Britt nous rappelle que si «la beauté ne dépasse pas l’épiderme, la laideur, elle, va jusqu’au plus profond des os».
      Pour ceux des politiques supposés laids de la tronche, il «suffit» de s’attarder à leurs déclarations et surtout leurs actes. Là se trouvent leur os, ou plutôt leurs tripes.
      Et c’est pourquoi nous avons besoin de bons journalistes, et non d’amplificateurs orientés.

      La tronche ? Essentielle. Rihanna le dit.
      Love On The Brain :
      https://www.youtube.com/watch?v=0RyInjfgNc4

      1. Cohérence de traits, ceux dont la racine est au cœur je présume.
        Pour ceux dont l’instinct est fade, les bonnes infos sont très importantes c’est vrai.
        Merci, lovons lovons.

      2. Quant au bronzage, c’est qu’il suffit d’avoir l’œil pour reconnaître les séances d’UV, ou une surabondance de produits du à un repos exagéré du guerrier bien mérité en plein cagnard, pour ensuite donner des leçons à ceux qui ne partent qu’une fois tous les 5 ans ou jamais. Avant de s’enfuir à la montagne refaire leur bronzage.
        et faire des séances d’ uv en 2018 pour aucune raison de santé valable c’est être un tout petit peu crétin, généreusement votre Daniel.

    1. Oui enfin quelqu’un d’un peu plus conséquent il n’y serait juste pas allé.

      Mais quelque chose me dit que quand on a au milieu de sa vie fait des documentaires en hélicoptère sur les grandes chaînes pour une marque avec comme thème l’écologie, en gros quand on commence un conséquent, on finit en conséquence. on ne change pas comme ça.

      Et il ne se serait pas fait convaincre de voter pour ce gouvernement Qui est encore une fois le pire.
      par son ami et ses blog , c’est vrai balayons devant notre porte.

  9. Nicolas Hulot – Ouf il l’a fait ! et sans prévenir le gouvernement qui l’en aurait dissuadé comme ils l’ont fait précédemment… et il se sentait mal de rester !
    Sur une goutte d’eau de trop : les mesures récentes pour favoriser la chasse qui ne tiennent pas compte de l’environnement.

    1. si il ne l’a pas dit au gouvernement en face c’est qu’il n’osait pas tu parles d’un courage. Car pour lui semble-t-il,pour lui, ils en imposent tu parles d’un homme politique …

  10. Sénateur McCain.

    J’ai cherché des infos discordantes sur notre héros, activiste va-t-en-guerre forcené, éclaboussé de sang. Et j’ai trouvé. Plusieurs, en fait. Une seule suffira.
    Inutile de donner l’adresse du site. Il est tenu par un vieux (80 ans: «20 ans d’âge et 60 ans d’expérience») béret vert US, scrogneugneu de la droite pacifique, c’est-à-dire isolationniste. Pas exactement la tasse de thé par ici. Mais dans son domaine, ses infos sont souvent de première main.

    L’auteur rappelle que McCain est petit-fils et fils d’Amiraux. Or, il a culminé au grade de Captain ( Capitaine de vaisseau, un niveau en dessous des étoiles) et il conclut :
    «Il semblerait bien sûr mesquin d’observer que l’ingrédient essentiel dans la promotion de O-6 (Captain, US Navy) à O-7 (Contre-amiral ou Commodore) est le parrainage par le club des Amiraux. Il avait donc de sérieux atouts et cependant l’ USN ne l’a jamais promu. Cela en dit long. »
    Dans la même veine:
    «La bravoure est une chose. Un bon jugement en est un autre. Il a eu un très mauvais jugement toute sa vie.»

    Que le Sénateur ait récusé la présence de Trump à ses funérailles ( Washington, cathédrale nationale) reste compréhensible, et qu’il ait réclamé celle de Mike Pence ne surprend pas.
    La fiche signalétique Wikipédia de Pence est chargée au point d’en être accablant pour le client , presque un casier judiciaire transposé en politique. Certes, il n’a rien fait, sauf s’opposer, mais il en abuse, représentant quasi officiel du ‘Tea Party’ oblige. La même lignée que Sarah Palin, c’est dire.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mike_Pence

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