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62 réflexions sur « « La gratuité, contre la logique économique ? » – Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin »

  1. Waouh !…

    Quand un jeune de l’ENSAE s’allie avec un vieil anthropologue , il se passe des choses !

    A chaud , je me garderai bien d’analyser trop vite , car il y a là de quoi interpeller et faire utilement phosphorer sur la place publique , bien plus largement que sur ce seul blog .

    S’il s’agit de se soumettre à la critique pour vérifier ce qui résiste et ce qui est faible , les angles « d’attaque » seraient plutôt , pour ma seule sensibilité , les suivants :

    – 1: analyse et critique des éléments de structures de la démonstration : raison d’être de la société , l’indispensable , , classification de Max Neef , superflu/ nécessaire ,classification de Paul Samuelson , exclusivité /rivalité

    – 2: en terme de « méthode » et prémisses , faire le recensement et l’analyse rapide de ce qui a déjà pu être :

    – dit ou écrit ( exemple : ce que Jacques Attali avait déjà pu raconté dans « la voie humaine « ),

    – réalisé ou non réalisé dans les faits antérieurement : vision anthropologique « économique  » des sociétés archaïques ou modernes , services publics ou d’intérêt général « , système anglo-saxon , système français , expériences et systèmes « locaux » en cours de par le monde , « indispensable implicite  » selon l’affectation des taux actuels de TVA , critique des approches européennes ou internationales .…

    -3: repérage des approximations hâtives , ou erreurs manifestes , ou contre-exemples dans les affirmations faites . Quelle réponse réelle apportée au soliton ( s’agissant de la complexité par exemple )? Est ce que les gratuités ne peuvent pas être des subventions paradoxales à l’économie de marché ( exemple actuel , s’agissant des « déplacements » , du prix de l’essence jugé « abusif » alors que l’essence n’est pas assez chère ?)

    Liste non exhaustive , mais ça fait déjà du boulot pour les esprits aiguisés de l’ENSAE et bien au delà , jusqu’aux élections européennes !

    De mon côté , je vais essayer de retrouver du paracétamol , pour confronter Max Neef à mon moteur à quatre temps .

    1. Cette confrontation ne m’a pas révélé d’incompatibilité , et je retrouve dans « mes  » propres cases multiples , l’ensemble des cases à Max-Neef .

      La différence pourrait venir du fait que dans mon mécano perso , les « besoins », que ce soit en ligne ou en colonne , n’ont pas le même poids final , selon les individus ,et selon les groupes .
      On en fait un « apprentissage  » dans un ordre qui semble exclus ici , et c’est d’ailleurs les conditions de cet « apprentissage » allié à l’inné de départ , qui fait la personnalité finale ( au moins provisoire) autour de l’âge « adulte » , là où tel qu’exposé Max-Neef semble en faire un bagage donné dès le départ .

      Ce que j’appelle position de progrès ou de survie pourrait aller chercher sa correspondance dans le dualisme (non( rival/(non ) exclusif , mais ça mérite d’y regarder de plus près .

      Je me pose aussi des questions , si on admet le « système » Max-Neef sur les véritables forces d’ interactions entre ledit système ( « humain » vivant en l’occurrence ) et « l’environnement global » .

    2. La clé de voute des sociétés consommatrices n’est pas la gratuité , mais la bagnole .

      La clé de voute des sociétés citoyennes ? A trouver dans l’effondrement .

  2. Suite à d’autres discussions où je disais « mais avec cette gratuité, le Lidl ou le LeaderPrice du coin vont fermer ! », on m’a répondu une suggestion à méditer :
    Les magasins de ces biens seraient peu ou prou nationalisés, même si la structure locale serait différente (une coopérative fournissant une partie du personnel et distribuant une partie des marchandises dans une moitié du local ?)
    C’est le petit bout de la lorgnette, mais je ne vois pas du premier coup comment il colle dans la classification. A moins de considérer la distribution de biens comme un autre bien qui lui entrera dans une des cases ?

    1. Depuis les mouvements mutuellistes du XIX ème siécle , ou l’abbé Pierre , ou Coluche , on ne manque pas d’expérience pour généraliser tout ce qui pourra l’être .

  3. J’allais oublier :

    l’introduction rappelle bien que la gratuité est en fait adossée aux impôts et taxes , mais on pourrait s’attendre à voir alors réapparaitre un paragraphe sur ces derniers avec rappel de la taxe Sismondi , ou d’autres sur les tractations financières . Un développement qualitatif et quantitatif de ce domeine ne serait sans doute pas …superflu .

    Par ailleurs , un examen particulier des régimes de retraite ( répartition-solidarité VS capitalisation ) , qui, au passage pourraient aussi être envisagés au regard des taxes dont Sismondi et du mode de considération du travail , au même titre que la santé , manque sans doute au mécano général .

    1. Pour repérer et « peser » les grands domaines et gros os à ronger , il sera bon d’avoir dans la réflexion des spécialistes (un peu sociologues) de la comptabilité nationale ( déjà pour s’imprégner des unités et secteurs institutionnels ) .

      Il n’est sans doute d’ailleurs pas neutre de remarquer que ce type de comptabilité a surtout été mise au point … juste pendant et après la cata de 1930 !

      1. Comme Macron semble découvrir aussi qu’on est dans une situation comparable à 1930 , il va sans doute en tirer, au delà de de ses velléités de résistance , que les vraies solutions passent par fiscalité-gratuité-équité- activité VS travail , force …, plus surement que par un espoir de réélection .

        Pour l’Europe , qui était la seule issue , comme , ni lui, ni Merkel n’ont compris et battu le fer avant la fin 2017 , c’est bien compromis sauf miracle .

        Nous voilà contraints à subir les turpitudes et stupidités du monde ,à sa traine , avec la seule solidarité de proximité pour supporter les coups . Quel gâchis .

      2. Je suis près à parier que les français ne verront dans le massacre annoncé (sans doute même pas par voie parlementaire ) du statut de la Fonction Publique ( statut dont j’ai pu écrire il y a quatre cinq ans qu’il était la dernière digue en France contre l’ultra-libéralisme institutionnalisé ), qu’une affaire de fonctionnaires enfin privés de leurs « avantages » , et « d’optimisation » des ressources pour « une plus grande efficacité  » de « l’Etat » enfin confondu avec une multinationale .

        Alors , leur parler de « gratuités » , de façon plus sérieuse qu’au niveau de plaintes exutoires , de conversations de bistro ….

        D’ailleurs , combien de contributions à ce billet, si j’enlève les miennes ?

      3. @Juannessy
        On érigera une statue au statut de la Fonction Publique, ci-gît…
        Vu le tapage, le lavage, l’essorage médiatiques depuis des décennies, la non-réaction ou faible réaction des français « dans le massacre annoncé » ne serait pas étonnante, le terrain ne cesse d’être préparé !
        Mais on ne sait jamais, les peuples n’auront peut-être pas vraiment envie de vivre dans un pays assimilé à un produit ‘pur marketing’, une ‘marque’, comme la « Marca España », ou la « Marque France » ! 🙂
        J’ai vu ça quelque part…

      4. « Je suis prêt à … » ou  » près de …. »

        Mais les temps présents et à venir sont bien sombres , pour ceux qui les verront .

      1. Je vais lire attentivement , mais est-ce que je peux raisonnablement imaginer que ce développement « professionnel » , vaut début de mise en œuvre du point 7 de ma proposition d’utopie réaliste du 29 novembre 2011 ?

        « L’ensemble des ressources mondiales est le capital mondial commun .La communauté mondiale en assure la gestion , les échanges . La richesse créée ou nécessaire à la création de nouvelles sources de richesse, est monétisée par la Communauté mondiale , qui , en assurant parallèlement la gratuité telle que dit en 3 , assure et gère la circulation monétaire avec des opérateurs publics ou privés , dont elle mesure aussi les résultats . »

        Cette rédaction n’avait d’ailleurs pas suscité la curiosité ou la critique à l’époque , soit qu’elle était stupide , soit qu’elle soit passé inaperçue .

      2. @Juannessy,
        Le paradigme monétaire keynésien dont je propose l’application appuyée sur la scalabilité multinationale de l’État du local au global et du particulier au général, a effectivement pour but d’interdire par la monnaie l’appropriation privative des ressources naturelles communes. Concrètement, en attribuant et en établissant monétairement le statut de personne morale aux communautés incarnées vivantes de droit qui définissent et font appliquer les règles de valorisation et d’exploitation des ressources naturelles, l’Etat de droit entre toutes les personnes physiques est constitué en capital public réel commun dont les intérêts particuliers ne peuvent pas disposer sans contribuer à la croissance par sa juste répartition et son bénéfice universel gratuit.

      3. @PSDJ:

        Merci de l’écho .

        Vigneron n’étant plus des nôtres pour réagir , au delà du concept , je me pose cependant des questions sur la faisabilité de la « scalabilité » .

      4. La scalabilité de l’État en tant qu’acteur collectif de la loi, du droit et de la justice signifie que tous les problèmes de loi, de droit et de justice puissent être posés, délibérés et résolus à l’échelle de collectivité adéquate. Par exemple, la qualité de l’eau par le réseau d’adduction local est un problème d’échelle distincte de la gestion de l’eau dans l’ensemble d’un bassin fluvial de l’amont à l’aval. L’indexation des monnaies par les États et des États par les monnaies rend les échelles de droit et de justice différentiables pour une même matière selon les tailles de collectivité active efficace. Les échanges de valeur ajoutée sont rendus cumulatifs et cohérents entre des États distincts par des monnaies distinctes mais convertibles dans un État confédéral commun d’arbitrage judiciaire. L’action collective de l’État est scalable par la monnaie qui est scalable par la différenciation des États dans un système fédératif.

      5. @PSDJ :

        Si vous cherchez un jour du travail ,au moins en France , vous en trouverez toujours pour appliquer correctement la scalabilité idéale que vous esquissez , afin de venir à bout du casse tête de la répartition des compétences ( et du pognon ) entre l’état et les collectivités locales , tout autant qu’entre les CL elles mêmes .

        Au plan interétatique rapprochée ( Europe) , faute de fédéralisme ou confédéralisme ( j’ai bien noté le terme confédéral dans votre commentaire ) , je ne suis pas sur que le principe de subsidiarité ait bien suffit à parer à la tare originelle du non -confédéralisme , et je retiendrai de votre « vœu » que si l’euro ( qui aurait pu et pourrait peut être encore avoir l’ambition de constituer monnaie convertible dans le cadre d’un arbitrage judiciaire commun , comme vous l’écrivez ) , n’est viable et utile que si l’Europe a vraiment envie d’exister comme projet politique global .

        Faute d’une guerre , les USA sont condamnés à perdre le leadership de la monnaie mondiale .
        Les européens ne comprennent rien à rien .
        L’inde et l’Afrique sont en explosion démographique .
        L’Amérique du sud sombre dans l’obscurantisme.
        Les espèces vivantes s’effondrent .

        Reste plus qu’Aristote et Confucius pour faire Loi , Droit et Justice ?…. Survie ?

        Je ne sais plus trop ce que l’un et l’autre auraient pu dire de la « gratuité » dans l’acception où elle est mise en avant dans ce billet , sauf , peut être , pour Confucius que la « gratuité  » pure n’existe pas et que tous nos actes ont un impact vers l’aval – ce qui pourrait permettre d’extrapoler que toute gratuité apparente est adossée à une ressource à l’amont . Confucius et Octobre n’auraient pas fait bon ménage ensemble .

      6. Je ne crois pas. Je crois que nous aurions pu regarder ensemble la beauté des couleurs d’automne. Par delà l’espace , le temps, les concepts ou les images et cela sans nous chamailler.

      7. Je suis sur aussi que Confucius aurait fait ça aussi .

        Mais pas que .

        PS : l’Afrique ne manque pas de couleurs splendides , et pourtant les soirs de cafard , lors de mes deux années gabonaises ( sous l’équateur , donc pas d’automne , ni vraiment de saisons , sauf en gros une « sèche » et une « humide ») , je trouvais un instant de « out » en regardant un poster de forêts du massif central en automne .

  4. @ Juannessy et Timiota:

    Vos réflexions laissent penser que nous ne ferons pas l’économie d’une réorganisation politique. Si on admet que le projet de Paul est d’ordre infra-structurel, la superstructure commande l’ensemble. Il me semble donc que « quelque chose » manque.
    Autre question : pourrions-nous mettre en place ce projet par touches progressives ou peu sensibles, le domaine politique et social s’adaptant en douceur aux évolutions ? La pseudo-économie de casino financier va renâcler sérieux. Ne pas la soumettre à un choc existentiel semble prudent. Nous ne sommes plus à l’époque du grand Maximilien.

    Restons sur terre et gardons notre petit bout de la lorgnette: Lidl est hors projet et sans avenir. Je vais devoir stocker des boites de lentilles cuisinées aux lardons!

    1. Dans un effondrement ( thème souvent débattu ici ) , c’est une structure qui s’effondre plus ou moins vite , et par définition , le rythme n’est pas vraiment surement prévisible .

      https://www.pauljorion.com/blog/2014/09/12/comment-rehabiliter-laction-politique-par-francois-leclerc/#comment-452406

      L’ébauche de  » construction  » ( que vous qualifiez d’infra -structure ) , mise ici en grand ( énorme) débat , participe de ce que l’on pourrait appeler la « fabrication » des éléments à la fois récupérés de la déstructuration et redessinés dans leur matière , leur forme , leur agencement , pour mieux répondre à  » l’objet de la société  » , sa raison d’être , la trace temporelle du « désir » que j’invoque souvent comme l’éternel oublié , à l’encontre de l’action et de la communication .

      C’est « l’objet de la société » qui doit déterminer la « structure » et en garantir la cohérence insérée dans notre environnement . Je m’étais essayé a poser cet « objet » , sans doute de façon plus obscure et large , dans ce qui a pu être appelé ailleurs une « utopie réaliste » .

      http://web.archive.org/web/20130424091822/http://www.pauljorion.com/blog/?page_id=31407#comment-263569

      Car c’est bien en recueillant , d’abord et avant tout, l’accord sur la « raison d’être » , que l’on peut faire « structure » et « système » humain en progrès . Si ça n’est pas « politique » , on se demande ce que serait la politique et à quoi ( à qui ?) elle sert !

      Dans ce billet , il n’est d’ailleurs pas étonnant de trouver mentionnée cette raison d’être au début ( l’alpha) et à la fin ( l’oméga ) du texte !

      1. Autre oubli que je corrige aujourd’hui , et je pars me coucher :

        Liberté , Egalité , Fraternité étendue au vivant !

    2. Il faut se poser la question : À qui appartiennent les ressources d’existences ?

      Tout ce qui est indispensable à la vie est une propriété commune à la société entière. Il suffit à partir de ce concept de trouver un moyen juste de partager ces ressources, ce moyen est le revenu de base en transition vers un nouveau système économique, incontournable, et la gratuité par la suite. Le revenu de base n’a pas être financé puisque les ressources nous appartiennent à tous suffit de les partager.
      À l’intérieur du système économique actuel un revenu de base universel et/ou gratuité doit être financé par les impôt et taxes donc en bout de ligne il n’y a pas de gratuité.
      Le revenu de base doit être émit par la société représenter par son gouvernement responsable de la juste répartition des ressources desquelles il aura l’obligation d’en assurer également la pérennité avec tout ce que cela implique en terme de gouvernance.
      Via le système économique actuel une minorité d’individu se sont accaparé, en douce, de l’ensemble des ressources de propriété commune nous devons récupérer de droit ces biens essentiels à la vie. L’être humain est le seul être vivant sur la planète qui doit acheter sa nourriture….

      1. Est ce que l’accaparement de ressources n’a vraiment que les attendus et effets que vous pointez en pointant :
         » via le système économique actuel, une minorité d’individus se sont accaparés de …. » ?

        N’y a -t-il pas aussi forme d’accaparement par des nations ou « états », bénéficiant éventuellement d’effets d’aubaines ( pétrole , terres rares , espace , accès à la mer, forêts ….), pour un exemple , et qui en font une condition de leur autonomie sinon existence ?

        ( même si le capitalisme privé ou d’état , et/ou le colonialisme direct ou diffus sont évidemment , dans l’histoire récente , au rendez vous de cet accaparement …accru ).

        Qui tient la comptabilité et la nature des biens et ressources accaparés et qu’il faut rendre à l’indispensable commun ?

      2. La notion de territoire , n’est ce pas déjà de l’accaparement ?

        Combien de guerres au nom de l’espace vital ?

      3. Est ce parce que les océans sont  » à tout le monde » et « gratuits  » , que nous y envoyons tous nos déchets ,dont continent plastique ?

  5. Je pense qu’il faut aussi ajouter à ce texte son frère jumeaux qui traite du travail, comme une activité qui génère du superflue et le bénévolat du commun, du gratuit.
    Le capitalisme prospère dans l’abondance de ressources et produit essentiellement du superflue. C’est bon, on sait maintenant que d’autres formes de vie existent ailleurs.
    Le ??? s’accommode de la rareté, nous permet en symbiose avec le vivant de relevé le défi de notre survie, pour que notre progéniture ai la possibilité de faire de nouvelles découvertes.

    1. Votre « ??? » serait une civilisation « syntechnique », petit mot que je forge avant que l’extinction de mes neurones le condamne au néant.

      Explication niveau « journal TV de 20h » : mon premier est « syn » comme syndicat (ensemble , « dicat » se rapportant à justice, diké), et mon second est technique comme technique sans plus ni moins.
      Mon tout est un mode de vie où les techniques sont appréhendés au sein de « communs », qui en régulent la pratique, et retransmettent les débats à composante technique dans toute la société. A l’échelle locale, ce serait du « stewardship » de quartier : susciter la permanence de métiers dont a réellement besoin : plombiers, isolation des maisons, …, avec mise en commun des expériences dans les bâtis similaires. A l’échelle globale, les enjeux sont maintenant très « riches en science », et les politiciens ne disent que des bêtises quand ils alignent plus de 6 mots (Qu’on se rappelle l’admiration pour Trudeau, à front renversé, pour deux phrases sur le calcul quantique) . Les forces scientifiques actuelles pourraient former en masse des gens comme les professeurs de collège qui eux auraient une position intermédiaire dans la société (en miroir de celle qu’ils ont dans le système éducatif, disons) et qui pourraient jouer un rôle d’organisation des arbitrages, ce qui redorerait au passage leur blason. Le collège est la nouvelle école publique, ….

      1. Je pense ( donc il doit me rester quelques neurones ) que même au journal de 20 heures , ça devrait décourager de l’effort de suivre , pas loin de 90 % de la population française , et à condition que les 10 % restant soient bien installés sur leur canapé .

  6. Je trouve très bien la gratuité dans les transports en commun parce que j’étais fonctionnaire. D’autres ne l’étaient pas. Imaginons qu’un indépendant se déplace pour aller à son boulot en transport en commun. Comment doit il procéder pour avoir 50% de gratuité ?

    1. Il l’a déjà , dans pas mal de communes , pour autant qu’il a plus de 65 ans .

      Mais en général , il préfère sa bagnole .

      1. Non, j’avais pensé depuis longtemps déjà qu’un service de bus dans les campagnes allant vers la gare la plus proche ou vers la grande ville où vers d’autres villes périphériques serait une innovation au service de tous et toutes et pour tous les âges (scolaires et autres).
        Il est difficilement imaginable qu’il n’y ait aucune évolution. Les campagnards ont besoins d’évoluer à la ville et avec elle parce que la ville concentre beaucoup de « services » utiles à la collectivité. Pour moi, il devient urgent de relier les campagnes aux villes et vise versa.

      2. J’espère que votre aide ménagère ne vient pas de la ville , et qu’elle habite à moins d’un kilomètre de chez vous .

  7. La logique des prolétaires d’antan est celle de la caisse collective pour protéger ceux d’entre nous qui sont atteints par l’adversité. Caisse souvent secrète et s’opposant à « l’organisme de bienfaisance des riches » pour protéger ceux etc, mais avec des critères bourgeois (était un bon travailleur, sobre, pas volage, fréquentant l’Eglise, etc.). C’était la Belle/folle époque de la bonne fortune bourgeoise et presque pas d’impôt. On avait ses pauvres, ses assistés, et on pensait qu’ils étaient plus ou moins fainéants (comme les nouvelles conceptions d’après la crise de 1979 et suivantes). Dans les mvts ouvriers, il fallait distribuer avec modération, vu la valeur des contributions bien perçues par chacun.
    En ce sens la gratuité fondée sur l’impôt est une formule vide : qui décide de la contribution de chacun, de la progressivité, quelle solidarité avec qui ? (Après Piketty, travaillons sur une fiscalité de gauche : on en parle peu, non ?).
    Et puis : combien de dirigeants PS (Belgique) ont déclaré sans vergogne et sans calcul que la gratuité des transports allait amener ces salauds de pauvres à « gaspiller le bus » ! (années 80-90, expérience de Hasselt, et réponses dans les sociétés publiques de T.E.C.). Il y a encore du boulot sur « l’indispensable », le superflu, l’entre-deux, et sur les récompenses symboliques…

    1. Il y a une solidarité heureuse qui n’a rien à voir avec la solidarité morbide et calculatrice de Piketty. C’est un fait.

      Parfois je me dis John Maynard Keynes plonge après Virginia Woolf dans un immense chant de douleur. La poésie c’est le corps jusqu’à l’engloutissement final.

      Dans notre cœur de français ( je prends l’esprit avec ) il y a aussi du Baudelaire, du Rimbaud, du Antonin Artaud, du Mozart… oui bien-sûr Mozart qui fut enterré dans une fosse commune.

      Il serait peut-être temps pour les travailleurs d’expérimenter la première, par exemple avec des artistes qui eux-mêmes restent fidèle au très fameux : Connais-toi, toi-même.

      Arrête de fabriquer de la merde avec Pôle Emploi tout en pleurant que tu es une victime d’un système, car ça, c’est ta dernière prière. Ou bien prends une quelconque carte Syndicats des victimes.

      1. Après « Poète et paysan » ,  » Poète et sans travail » ?

        Je ne vois pas ce qui a jamais pu empêcher la solidarité  » non calculatrice » .

      2. Pas besoin , j’étais , je suis , je serai poète dans tous mes états . Enfin , poète selon moi , ce qui est le plus souvent la conviction intime des poètes .

        Mais là , j’avais cru comprendre qu’il s’agissait de la relation du poète à l’autre .

        Car , pas plus qu’il ne peut y avoir d’extra-territorialité du système économique , ou des religions , ou de …. il ne peut y avoir d’extraterritorialité de la poésie qui n’a d’ humain que lorsque est le sel sans se prendre pour la soupe ( je n’ai pas trouvé de substitut poétique à « soupe » !)

      3. Selon la classification de Manfred Max-Neef avancée dans ce billet , on peut trouver la poésie au rayon loisir et au rayon créativité , soit 2 /9 du total ce qui me parait un dosage un peu fort pour saler la soupe , si on ne s’en tient qu’à la poésie pour remplir ces deux rayons .

        Je vais garder mon image du sel cependant , sans imposer de « calculs » au chef-poète .

      4. Autant pour moi , la poésie émarge aussi ( mais pas toujours ) au rayon « affection » .

        Avec 3/9 potentiels de territoires d’expression , c’est bien le diable si elle n’arrive pas à influencer le toutim .

      5. « Car , pas plus qu’il ne peut y avoir d’extra-territorialité du système économique , ou des religions , ou de …. il ne peut y avoir d’extraterritorialité de la poésie qui n’a d’ humain que lorsque est le sel sans se prendre pour la soupe ( je n’ai pas trouvé de substitut poétique à « soupe » !) »

        Décidément les guillemets et la fabrique d’État, avec un égo qui dévore l’espace, qui dit mieux au tric-trac du ciel ? Manque plus que la jalousie sociale pour parfaire le tableau de cette si belle République.

  8. Ce serait plutôt dire que  » la gratuité fondée sur l’impôt est une formule vide » , qui est une formule vide !

    Les trois questions qui suivent sont plus intéressantes , mais on ne peut pas dire qu’elles soient restées sans essais et erreurs , depuis déjà quelques millénaires . Les actualiser en conscience et sérieusement aujourd’hui , via la solidarité , aurait l’immense avantage de remettre les bœufs avant la charrue en disant le pourquoi , l’objet , la raison d’être de la société humaine ,comme déjà évoquée plus haut .

    Entre régime d’esclavage , panem et circenses , corporatismes ,compagnonnages , contrat social à la JJ Rousseau, mutuellisme , syndicalisme , associations , économie sociale et solidaire , auto-organisations spontanées plus ou moins durables , voire même ( horreur !) discussion parlementaire … on ne manque pas d’ateliers expérimentaux pour faire à la fois sens , relation , action .

    Relevant dans cette panoplie , l’affaiblissement du syndicalisme , ce qui m’inquiète profondément , c’est en fait la privatisation égoïste ( corporatiste) , la parcellisation , l’incohérence , et le non sens de plus en plus envahissant de la « prise en compte » du bien commun .

    L’agonie du travail comme élément structurant , entre autres , n’y est sans doute pas étrangère, et ça rend d’autant plus nécessaire de redonner sens à un système où la relation au mode de production de biens et de services s’effondre , alors que ces biens et services produits ne font plus sens que pour ceux qui en font de la monnaie pour la monnaie , en nous expliquant qu’ils ont décrypté l’avenir souhaitable à notre place .

    1. Si le travail par opposition au bénévolat génère essentiellement du superflu, il est logiques que dans une société capitaliste (de consommateur) tout est fait pour en crée, quitte à ce qu’ils soient « à la con ».
      Les job à la con sont la preuve de la disparition du travail, du vrai, celui qui fait/faisait société (de consommateur de biens superflus/travailleur).

      1. Pas bien compris votre toute dernière parenthèse à la place où elle est mise .

        Un bon capitaliste conclura de votre énoncé , qu’il faut et il suffit de supprimer la notion de connerie . C’est d’ailleurs ce qu’il s’évertue à faire avec succès pour pas mal d’esprits , mais il y a de la résistance vertueuse .

        Ce qui est paradoxal , car ce sont donc des gens intelligents qui défendent la notion de connerie .

  9. « Imaginons des transports en commun gratuits : allons-nous passer notre journée à faire des tours en bus ? »

    La notion de gratuité n’est pas une valeur positive dans notre système de pensée basé sur de l’échange.

    La gratuité, c’est ce qui n’est pas payant. La gratuité, c’est le « a-payant », du même « a » privatif que dans « athée » (a-thée, sans Dieu).

    L’athée était l’exception, l’orphelin de Dieu dans un système de pensée basé sur l’omniprésence de Dieu.
    Ne pas croire en Dieu n’est devenu une valeur positive qu’après nombre de « révolutions » conceptuelles dites « coperniciennes » (Kant) qui se sont produites durant un long processus de vulgarisation et de développement de sciences qui a progressivement fragilisé la notion d’une vérité divine indéfectible. Cette mort de Dieu prend des siècles pour devenir le point de vue dominant (et ce n’est pas fini).

    Combien de crises et de révolutions « coperniciennes » économiques seront elles nécessaires à ce que le gratuit ne soit plus perçu comme du simple non-payant dans notre système de pensée dominé par la notion d’échange ? C’est à dire comme une faiblesse à la merci d’opportunistes, une parenthèse bobo un peu hors du monde, une manne pour profiteurs, feignants…

    C’est pour cela que la possibilité d’un revenu minimal d’existence, même co-produit par le fait que les rentiers veulent plutôt aujourd’hui se débarrasser de la charge d’être patron, me parait une hypothèse politique de travail bien naïve aujourd’hui.

    En effet, quand bien même une prise de conscience politique quant à l’urgence et la nécessité de pallier à l’effondrement de notre civilisation faisait consensus (on prend le chemin inverse), les lobbyistes, prêtres féroces de la nouvelle religion économique, laisseraient ils faire sans réagir ?

    Il est urgent de commencer par le début, c’est à dire mettre en échec la pensée utilitariste, y compris dans ses éléments que l’on retrouve chez Marx. C’est assez facile à dire et même à penser, mais comment faire ?

    1. Commencer par n’user que d’un discours compréhensible par tout un chacun , croyant ou athée . Vous perdez les 95 % de l’assistance en appelant Copernic et Marx à la barre .

      Pour ce qui est du revenu universel , je crois que le taulier , après un temps d’esprit brouillé par enthousiasme fraternel , est assez clair sur ses préférences gratuitophiles ..

    2. « La notion de gratuité n’est pas une valeur positive dans notre système de pensée basé sur de l’échange »
      Ah ben c’est ça, pour pas mal de choses, faudrait tendre le plus possible vers:
      « La notion d’échange n’est pas une valeur positive dans notre système de pensée basé sur la gratuité » ! 🙂
      Il y a du chemin à faire…

    3. Mon dieu, le revenu universel d’existence, qui défend ce machin aujourd’hui ? Balancer 400, 600 ou 800 euros aux travailleurs comme si c’était des chiens, avec les moyens de production qui sont les nôtres aujourd’hui, franchement faut avoir une vision rétrograde de l’histoire et du progrès : la bourgeoisie est capable du pire. Je puis vous assurer qu’en Inde, ils en ont par dessus la tête des castes. Et je reste poli.

  10. Quid du cocktail gratuités-propriétés- échange – blockchain- biens -services – Bien/Mal -écologie- Monnaie mondiale ?

  11. Je viens de lire les dernières nouvelles du site http://www.greekcrisis.fr/ , qui figure dans le blog roll d’ici. Lecture très agréable au demeurant mais je m’inquiète.

    Un exemple : http://www.greekcrisis.fr/2018/10/0688.html#deb du 20 Octobre. Ouh la-la ! (Ou-la est réservé à mon côté anti-démocratique (?)), quel festival !
    Voyez plutôt :
    1) Soros, oui le même Soros évoqué ici récemment ( https://www.pauljorion.com/blog/2018/06/15/et-si-on-sauvait-leurope-par-george-soros/#comment-662883 ), décrit comme corrupteur de certains politiques grecs dans plusieurs affaires pas nettes dont celles de Macédoine, très sensible aux grecs.
    2) Une ode à l’Italie, populiste en diable, perçue favorablement.
    3) A l’appui de la thèse d’une Italie salvatrice, un très long extrait de Jacques Sapir, l’ami de Poutine et habitué de RT, ex Russia Today.
    4) « Bruxelles » assimilé à « Berlin » et « Francfort ». Mais oubli de rappeler le rôle de l’Allemagne comme bourreau de la Grèce et des sommes qu’elle devait à titre de compensation, assez pour « sauver » la Grèce du désastre qui se confirme.
    5) Une condamnation des orientations « écologistes »de GreenPeace.
    6) Refus du progrès, passéisme… Refus du progrès, passéisme… Refus du progrès, passéisme…
    7) François Hollande, habillé en hussard noir furtif, la bannière étoilée au vent et petite main stipendiée des USA, Obama regnante.

    On en conclura qu’une situation économique difficile à des conséquences sérieuses sur le mal-être d’une société et de ses membres. Une autre conclusion, peut-être ?: Un petit pays est le jouet des grands. Une troisième ?: Petits pays, ne vous endettez-pas!

    A toute fin utile : Ces textes sont informatifs . J’approuve et suis de tout cœur avec Panagiotis Grigoriou.

      1. « Blog de Panagiotis Grigoriou vaut mieux que blog de Paul Jorion ? »

        Je ne répondrai qu’en présence de mon avocat!

        Vive la diversité. Pas de classement , arbitraire en l’état. Ils ne jouent pas dans la même cour. Ce qui permet de célébrer à nouveau l’ouverture et la bienveillance de Paul. Avez-vous remarqué combien le blog (semble-t-il unidirectionnel) du Yéti est lui aussi hors des chemins de la bien-pensance paulinienne?

    1. Un oubli.
      Des expériences renouvelées sur la longue durée de la cruauté d’un chat face à une musaraigne ou des oisillons tombés du nid font que je ne peux approuver la présence constante de chats sur ce blog, adespotes ou pas. Y’a une limite à tout. Restons positifs : vive les oiseaux! Ils ont besoin de notre protection… La Grèce aussi, et beaucoup d’autres. Les chats ? En civet quand les temps seront venus…

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