Le Mal qui vient – Castel – pré-compte rendu de lecture, par Cédric Chevalier

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J’ai écouté attentivement l’excellent débat entre Pierre-Henri Castel, Jean-Baptiste Fressoz et Paul Jorion sur France Culture.

Comme toujours, 40 minutes de débat oral à trois, ça représente quelques pourcents seulement de l’information contenue dans l’essai de Castel, ceux de Paul Jorion, ceux de Pablo Servigne, Raphaël Stevens, Gauthier Chapelle, etc. C’est donc frustrant car on est très loin en 40 minutes d’avoir coupé consciencieusement toutes les branches argumentatives « pourries » de ce débat philosophique, pour ne garder qu’un arbre avec plusieurs grosses branches saines qui laisseraient apparaître les thèses non invalidées par des objections sérieuses.

Nous pourrions croire que Fressoz a perdu parce qu’il semble dire des énormités dignes d’un scientifiques matérialiste des plus frustes. Il donne l’impression que pour lui, la culture, les mèmes, les valeurs, les idées n’ont pas de force effective sur la matière et les corps humains dans le monde. Il suffirait de regarder les flux de matière et de régler ça comme un bon ingénieur, un peu plus de tel flux et moins de tel autre. Même s’il paraît caricatural sur sa « théorie du monde » qui exclut le monde des idées, de l’inconscient, etc. il a peut-être raison sur l’idée qu’il faudrait s’attaquer d’abord aux flux de matières, en pratique. C’est la thèse défendue récemment par Aurélien Barrau, l’astrophysicien qui émerge dans le discours écologiste : (contrairement à la logique de la pensée habituelle) « attaquons-nous d’abord aux conséquences et puis on en tirera des conclusions sur les causes » OU « plutôt que de se demander s’il faut être anticapitaliste ou anarchiste ou communautariste, ou que sais-je, agissons directement sur les vecteurs biophysiques de la dégradation de la Biosphère ». Je pense qu’on peut adhérer dans une certaine mesure à cette thèse. Pour le climat : isoler massivement le logement, diminuer drastiquement le nombre de km en moteur thermique, manger 90% moins de viande, interdire le plastique, financer massivement la transition, etc. Faisons ça sérieusement, et puis par effet domino tirons toutes les conséquences sur les causes initiales : que reste-t-il du capitalisme et du libéralisme quand on diminue de 90% la consommation de viande ? Barrau estime que, sans se focaliser sur les « conséquences », les différentes chapelles ne parviendront jamais à s’unir pour empêcher la « destruction » de la Biosphère.

Pour le dire autrement, je ne suis pas sûr que pendant le Blitz en 1940-41, Churchill faisait des débats byzantins sur la pensée nazie et britannique au moment où Londres était bombardée : il passait peut-être des coups de fil aux généraux pour s’assurer que suffisamment de Spitfires volaient avec suffisamment de pilotes et suffisamment de munitions pour abattre les bombardiers allemands. La preuve que s’attaquer aux conséquences est, au moins parfois si pas régulièrement, la meilleure éthique de l’action.

Fressoz écarte aussi d’une manière qui me semble irresponsable l’enjeu de la survie de l’Humanité (ou extinction c’est le même enjeu). Cette suffisance me semble une faute éthique grave selon moi, qui ne peut se justifier : la charge de la preuve incombe à celui qui « se veut rassurant ». Sans cette preuve, il doit rejoindre l’inquiétude, la peur légitime de ceux qui ont de fortes indications scientifiques que le scénario du pire est tout à fait plausible (une probabilité significativement différente de zéro, vu l’enjeu existentiel, suffit à rendre l’inquiétude obligatoire pour tout qui se pique de penser). Dire « non la survie de l’Humanité, ce n’est pas l’enjeu », c’est vraiment de nature à disqualifier l’interlocuteur selon moi. J’imagine que pour un « matérialiste » comme il semble être, il ne faut néanmoins pas trop le prendre au sérieux, c’est comme s’il disait : « non la survie de mon patient n’est pas l’enjeu, l’enjeu c’est d’abaisser cette fièvre de 40°C avec une aspirine ». Il n’a peut-être pas compris de la même manière la notion d’enjeu poussée à sa portée la plus englobante.

Pour revenir à Castel, il semble embarrassé des « horreurs » qu’il développe dans son livre. Moi je trouve qu’il devrait être fier, de mettre à jour un phénomène qui existe probablement déjà chez certains aujourd’hui (jouir de la fin du monde en cours, et de « retirer sa pierre à l’édifice » si j’inverse la formule…). On doit verser son essai au « manuel de combat » des Humains qui veulent lutter, si pas pour infléchir l’issue finale, au moins pour « l’honneur ».

Et là, tout occupé qu’il était à creuser le sinistre et le cynique, Castel n’a à mon sens pas vu suffisamment l’éclair de lumière à côté de lui. Même le bien, il l’a défini par rapport au mal : l’inintimidabilité, présentée comme la vertu suprême dans ces temps de la fin et lors de la fin des temps, cette capacité à ne pas craindre et à éliminer physiquement un individu humain vecteur du mal, cela peut certes paraître une vertu salutaire qu’on pourrait imaginer déjà cultiver aujourd’hui (et que cultivèrent les Résistants du passé), au moins à petite échelle. Faut-il aller jusqu’au meurtre auquel certains Résistants se sentirent contraints « en pratique » ?

Je suis convaincu que Castel a trop peu expliqué que le bien a une existence propre, indépendante, il a un peu négligé toute la grâce. Et j’emploie le mot « grâce » à dessein car il a un sens bien particulier dans le Christianisme, il a l’air d’oublier toute la grâce, la beauté pure, qui existe dans un acte de bien totalement désintéressé y compris et surtout lorsque « tout est perdu ». A sa décharge peut-être, il voulait tirer le fil « maléfique » de son raisonnement… Mais permettons à ses lecteurs de tirer un fil complémentaire, celui du bien.

Et là je vais rejoindre Pablo Servigne et Gauthier Chapelle (auteurs de L’Entraide) : il n’est pas vrai que l’homme n’est que « loup pour l’homme », surtout en situation de crise. Bien au contraire, l’observation empirique, sociologique, psychologique, historique des événements humains démontre à quel point les êtres humains, même et surtout lorsque « tout est perdu », sont capable d’actes d’héroïsme vertueux, de moments de grâce pure, d’une bienveillance totale, sans espoir aucun de rétribution.

Alors s’il faut peut-être, lors des temps de la fin et lors de la fin des temps, s’attendre à ce que certains fassent le calcul décrit par Castel, de la jouissance du mal, il faut tout autant s’attendre à ce qu’un certain nombre, peut-être bien plus considérable, de gens, fassent le calcul de la « jouissance du bien » (oui ça existe), et qu’on observe, lorsque tout est/sera perdu, une fréquence surprenante de gestes d’entraide, de bienveillance, d’amour.

Le film « The Road », avec cette relation de protection entre cet homme et cet enfant, puis la scène de fin du film que vous connaissez peut-être, met en image mon propos « d’actes de grâce », même quand tout est perdu.

Même si son ouvrage est passionnant et donne à penser, j’aurais aimé qu’il le complète par cette possibilité de la grâce, de la bienveillance, du bien, tout à fait documentée scientifiquement y compris dans des situations où tout est perdu.

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58 réflexions sur « Le Mal qui vient – Castel – pré-compte rendu de lecture, par Cédric Chevalier »

  1. Comme Churchill , j’aurais tendance à faire plus simple sur ce débat qui n’en était pas vraiment un , mais la juxtaposition de trois sensibilités différentes .

    Je ressens qu’on ne doit pas réduire Fressoz à la dimension « matérialiste » où le « rôle » qu’il tenait dans cet éventail pouvait le cantonner . J’ai approuvé sa remarque selon laquelle , dans les situations de stress ( « survie » ) , chacun recyclait la situation selon ses propres restrictions et qualités mentales .

    J’ai trouvé que Castel semblait s’éveiller à la vie vraie en découvrant que les hommes ( et les femmes aussi d’ailleurs ) deviennent « méchants » ou « hors limites » , quand la cata annoncée est forte et qu’on est persuadé que cette fois ci on ne pourra pas se planquer derrière les autres bien longtemps .(les derniers jours du nazisme à Berlin dont approchait l’armée rouge sont, par exemple, des sources d’enseignement ).

    J’ai eu de la peine , sans doute pour trop connaître ici ses positions , à repérer clairement ce que Paul Jorion avait eu comme intention de faire passer absolument , pris qu’il était sans doute entre le souci de donner sa vision et celui d’apporter des contre-points aux positions des deux autres .

    Je préfère le billet et l’ambition du jour portée avec Vincent Burnand-Galpin, que je me sens mieux partager avec Fressoz qu’avec Castel .

  2. Oui, la bienveillance et l’altruisme existent bel et bien, Cédric.
    Mais la « pensée », la doctrine néo-libérale a introduit dans nos consciences l’idée que l’égoïsme serait au coeur de l’homme, dans ces gènes même.
    M Ricard, dans « Plaidoyer pour l’altruisme » démonte, et démontre combien cette croyance, qui ferait de l’être humain un individu égoiste par nature, comme étant le fait d’une interprétation fausse de données scientifiques notamment dans le domaine de la génétique et d’une vision éronnée du darwinisme.
    Aujourd’hui, l’imagerie cérébrale nous montre au contraire que le potentiel altruiste de l’homme est au moins égal à son potentiel égoiste. Avec ce que nous savons aujourd’hui de la plasticité cérébrale et de l’épigénétique, l’altruisme attend en chacun de nous que nous le cultivions. Mais pour celà, nous devons developper notre capacité à nous sentir en sécurité, à nous aimer nous-même, à nous ouvrir aux autres, tout ce que la culture consumériste nous interdit.
    M Ricard reprend cette histoire de la tradition amérindienne : un viel homme dit à son petit fils « Une lutte impitoyable se déroule en chacun de nous. Une lutte entre deux loups. L’un est mauvais — il est haine, avidité, arrogance, jalousie, rancune, égoïsme et mensonge. L’autre est bon — il est amour, patience, générosité, humilité, pardon, bienveillance et droiture. Ces deux loups se battent en toi comme en tous les hommes ». L’enfant réfléchit un instant et demande : « Lequel des deux va gagner? » « Celui que tu nourris », répond le grand-père.

    1. « M Ricard reprend cette histoire de la tradition amérindienne : un viel homme dit à son petit fils « Une lutte impitoyable se déroule en chacun de nous. Une lutte entre deux loups. L’un est mauvais — il est haine, avidité, arrogance, jalousie, rancune, égoïsme et mensonge. L’autre est bon — il est amour, patience, générosité, humilité, pardon, bienveillance et droiture. Ces deux loups se battent en toi comme en tous les hommes ». L’enfant réfléchit un instant et demande : « Lequel des deux va gagner? » « Celui que tu nourris », répond le grand-père. »

      Jolie allégorie pleine de promesses constructives, mais qui ne doit pas faire l’impasse , sous peine de sombrer dans un angélisme malsain, irresponsable et dénué de toute lucidité, sur la liberté de choix inné que possède chaque être humaine de penser et d’agir librement avec ou sans Conscience d’ailleurs, pour le meilleur et pour le pire.

      « Mais pour celà, nous devons developper notre capacité à nous sentir en sécurité, à nous aimer nous-même, à nous ouvrir aux autres, tout ce que la culture consumériste nous interdit. »

      Vraiment ? « Qui » choisit de « nourrir » le « loup »ou le « dragon » que l’on préfèrerais voir croître ? Proposer n’est pas obliger, sauf dans les dictatures.

      1. « Vraiment ? « Qui » choisit de « nourrir » le « loup »ou le « dragon » que l’on préfèrerais voir croître ? Proposer n’est pas obliger, sauf dans les dictatures. »

        Effectivement…quand on entend certains dire que la spéculation n’est ni morale, ni immorale, mais AMORALE, alors on peut se demander qui nourrit ce méchant loup…

      2. C’est à chacun de nourrir le loup qu’il choisit et un peu aussi pour nos enfants.

        Mais le dogme néo libéral qui nourrit le loup de la compétition à mort, craque de toute part. Il n’y a plus que les Elus et nos Zélites dans leur tour d’ivoir qui ne le voient pas.

        Le loup de WallStreet ne fait plus rêver que quelques occidentaux dans les businesstowers ! Ailleurs, il n’ est perçu que comme un parasite dangereux.

        Malheureusement, le matracage TINA ne laisse de place dans les esprits nourris aux médias de masse qu’à l’alternative nationaliste d’extrème droite. Laisson de côté le mélanchonisme en mauvaise passe.

        L’alternative véritablement démocratique est baillonnée dans les médias mais ça ne l’enpèche pas de se nourrir d’espoir dans un fourmillement d’initiatives locales qui ne cessent de s’accroitre. Ce que l’on entend de plus en plus, c’est « le changement ne viendra pas d’en haut, c’est à nous de le faire ici, maintenant. »

        Et le vrai changement ne se fera pas dans un nouveau nouveau parti s’incrivant dans une logique guerrière, l’Italie nous le prouve. L’alternance démocratique se fera par le bas, pendant que l’édifice de la Vème République s’écroule tranquillement. Le XXème siècle a vu l’apogée des Etats Nations avec son passé colonial, le XXIème siècle voit les Etats Nations décliner (1989 l’URRS, qui sera le prochain ? USA, UE ?) car les Ubus Présidents sont nus et les Gouvernements ne gouvernent plus. Chacun peu voir chaque jour un peu plus, qui sont les vrais décideurs,. Le 1% si discret jusque là ne cesse de ce dévoiler au grand jour d’Internet.

        C’est sur ce terrain local mais dans un réseau international qu’il faut nourrir le loup de la fraternité. Nuit debout, occupy wall street, podemos… ont été des tentatives pour une fois visible mais leur disparition ne signe pas un échec, c’est une reconfiguration à l’oeuvre.

      3. « alors on peut se demander qui nourrit ce méchant loup »

        Que ce soit sur le plan allégorique ou concret, les problèmes ce ne sont pas les loups, ni la remise en cause de leur existence. C’est un fait.
        Quelle nourriture ? Intéressant. Peut-être, aussi, que ce sont les « loups », qui ont un « problème d’homme »…et non l’inverse.

        Idem pour la spéculation et l’argent, seraient-ils des « outils » qui « foirent » ?
        Quid de leur détournement et de leur perversion d’usage ?
        Quid des mains et du prolongateur humain existant au bout du bras qui s’en sert ? Et à quelle fin ?
        Quid des « donneurs d’ordre » et quid de leurs « petites mains » ?

        Peut-être que ce sont la spéculation, l’argent, qui ne sont que des outils, qui ont des « problèmes d’homme » et non l’inverse.

         » Dans leur lettre, les responsables de la CFTC défendent «l’utilité sociale» des produits dérivés, qui permettent par exemple à un agriculteur de fixer à l’avance le prix auquel il vendra son maïs à la fin de la récolte ou à une compagnie aérienne de lisser sur plusieurs années le coût du carburant. »
        « Ils «aident à stabiliser le prix des matières premières et des taux d’intérêt au niveau mondial d’une façon qui profite en particulier aux plus pauvres», affirment-ils. »

        https://www.lapresse.ca/affaires/economie/services-financiers/201807/23/01-5190558-speculer-cest-pecher-un-regulateur-repond-au-vatican.php

        « C’est ce qui s’est passé pour la Grèce notamment : au plus fort de la crise, des spéculateurs se sont mis à acheter des CDS en faisant le pari d’une faillite du pays, dans l’espoir d’encaisser la prime. Une spéculation qui a contribué à faire flamber les taux d’intérêt exigés d’Athènes, aggravant ainsi sa situation économique. »

        « Une régulation a certes été mise en place à l’issue de cette crise, « qui a interdit la vente de CDS ’’à nu’’, c’est-à-dire sans motif concret », précise Gunther Capelle-Blancard, spécialiste de la finance à l’université Paris 1. Mais cette interdiction, poursuit-il, « ne concerne pas les grandes banques qui continuent à émettre des CDS et à se les échanger, sans aucun contrôle. Le risque, prévient-il, n’a donc pas du tout disparu, compte tenu de la taille de ces banques ». »
        https://www.la-croix.com/Economie/Monde/financiers-americains-repondent-critiques-Vatican-2018-07-25-1200957650

    2. Selon Hobbes et son Léviathan , il n’y a même pas de « bon loup » , justes de méchants loups , et seule une force extérieure supérieure peut éviter qu’ils s’entredéchirent .

      Mais j’aime bien les amérindiens , tout en pensant qu’il est plus immédiatement efficace de priver le méchant loup de nourriture que d’engraisser le bon loup .

      La Constitution et la Loi ,quand on les fabrique , pourraient participer de la vision amérindienne , et , lorsqu’on les applique participer du Léviathan .

      1. Il y a du « bon loup » et du « méchant loup » en chacun de nous, n’en déplaise à monsieur Hobbes. Les tenants de l’homme mauvais par essence sont les mêmes qui fredonnent le refrain de TINA. Cela leur permet de justifier leur iniquité comme simple « nature humaine » et d’imposer leur domination comme résultat d’un certain darwinisme.

        Comment faire pour nourrir le « bon loup » ? Chacun à son rythme et dans l’ordre de préférence qu’il choisit :

        – jeter sa télé après avoir compris que le « divertissement » qu’on nous propose n’est qu’un gavage destiner, outre à violer nos cerveaux avec du neuromarketting, à nous rendre dépressif pour mieux compenser en consommant

        – ne plus écouter ou regarder les journaux qui n’exploitent que notre fascination et notre peur de la mort et nous faire croire qu’un terroriste nous attend à chaque coin de rue, qui participent activement à nous laisser croire que nous sommes impuissants face aux injustices écrasantes

        – prendre le temps de faire taire notre cerveau, et plus particulièrement nos pensées quelques minutes par jour. J’essaye de m’y tenir 30 min par jour et je peux témoigner des changements que ça entraine dans ma manière de percevoir le monde, la gestion de mes émotions et mon rapport aux autres. On appelle ça la méditation. Et que ceux qui ne l’ont jamais pratiqué aient la politesse de taire leurs a priori.

        – rejoindre des mouvements qui cessent d’être « contre » (la guerre, la violence, les injustices, la corruption…) en permanence pour privilégier la créativité d’être « pour » (la bienveillance, l’intelligence collective, le partage, la solidarité, la joie…)

        – faire des choix de vie en cohérence avec l’idée d’une société plus juste et équitable (économie solidaire, consommation locale et de qualité, tous les gestes du quotidien qui vont dans ce sens)

        – faire connaître autour de soit toutes ses possibilités de faire autrement, rechercher les loisirs qui apportent de la joie, partager avec des amis, avec ses enfants. Fuir le cynisme, l’ironie grinçante ou mordante qui compose une bonne partie de ce qu’on nomme aujourd’hui humour, les films d’horreurs…

        – cultiver aussi la vigilance vis à vis des institutions, des associations, partis et autres groupements humains qui même s’ils sont nés d’une bonne intention ne sont jamais à l’abri de dérives, vis à vis de nous même et souvent de notre inconscient

        Si déjà chacun de nous peut avancer dans cette direction et montrer par l’exemple cette autre direction, je crois qu’on pourra oublier monsieur Hobbes au fond d’un carton.

  3. Oui, bottom up au lieux top down reste à donner la finalité qui n’est aujourd’hui encore pas claire, mince de mince ! à savoir: La survie pour le plus grand nombre, et puis la vie.
    ça déblaye.
    Il vas falloir retourner les têtes de ceux qui jouissent du mal.

  4. C. Le Chevallier :  » Sans cette preuve, il (Fressoz)doit rejoindre l’inquiétude, la peur légitime de ceux qui ont de fortes indications scientifiques que le scénario du pire est tout à fait plausible (une probabilité significativement différente de zéro, vu l’enjeu existentiel, suffit à rendre l’inquiétude obligatoire pour tout qui se pique de penser) »

    Oui mais imaginons que tout le monde s’inquiète « à mort », à la suite d’un événement climatique majeur. Il y a alors de fortes chances que l’on se trompe, vu notre ignorance en matière climatique, et très brutalement, si bien que le remède pourrait être pire que le mal…

    C’est pourquoi il vaudrait mieux agir « mollement », et de bonne heure, plutôt que brutalement et tardivement, ce que l’on ferait inévitablement en essayant d’agir sur « les conséquences ». Sans parler de la contrainte qu’il faudrait nécessairement exercer sur la population, que cette option impliquerait, qui nous mènerait à la confrontation.

    Pour ce qui est de « l’intuition » de Castel, du MAL contre lequel on ne lutterait plus, on peut le redouter. Les nazis portaient une tête de mort sur leur casquette, et aux derniers jours d’Hitler, il n’était plus question de morale, pas même de morale nazie dans le Bunker. Il y avait disons, un certains relâchement des mœurs…

    Préparons-nous à agir dès que possible.

    Vincent Rey, findutravail.net

    1. Il manque une dimension à ce débat, c’est l’ENNUI.

      N’est-ce pas l’ENNUI qui fait que tout le monde « attend » que les choses s’aggravent ? Nos glorieux ancêtres, résistants, ont inscrit leurs noms dans la légende, en faisant sauter des trains, en partant dans les bois avec un fusil, ils ont attaqués des prisons où l’on torturait, risqué la mort à chaque instant, quelle aventure !

      Le combat climatique est moins romantique. Il n’y a aucune barbarie à vaincre, A MOINS D’ATTENDRE, JUSQU’A EN ARRIVER A LA SURVIE. Et alors là, les barbares seront partout, un peu comme ces pilleurs qui suivent certaines catastrophes. On pourra les flinguer « à tout va », façon « mad max » ! *

      Si on attend jusque là, ceux qui nous sortiront de ce « collapse civilisationnel » auront en effet leurs noms inscrits en lettres d’or dans l’Histoire de notre espèce. Georges Guingoin, ou même De Gaulle et Churchill pourront aller se rhabiller !

      Ne laissons pas les choses arriver jusqu’à ces extrémités. Formons un mouvement, pour intervenir en France dès que possible, SUR LE CAPITALISME. Pas de fusils ni de grenades, pas de héros grandiloquents, juste des lois.

      Ou alors c’est qu’on est vraiment des cons. Même nous, ici même…

      findutravail.net

      * cela rejoint un peu l’intuition de Castel

  5. Merci pour ce compte rendu.
    L’homme est solidaire « surtout en situation de crise » dit CC. Ma conviction est que, Avant la crise, l’égoïsme du Sauve qui peut domine, et que Dans la crise, quand le sauvetage isolé n’a plus de priorité ou plus de sens, l’empathie domine.
    Ce qui me fait question, c’est que « faire dominer le collectif » est une option plus difficile à atteindre que ces deux options individualistes. Pourtant c’est ce que les « sauveurs providentiels » mettent en avant tous les jours. Les mauvais aussi bien que les bons.

  6. Chères toutes, chers tous,
    Fais moi mal Johnny, Johnny,
    Tout ce mal qui rode, n’est ce pas Madame Michu,
    Alors prenons notre mal en peine,
    Pour que qu’honni soit qui mal y pense,
    Espèce de Male ‘otru’,
    De mal entendant,

    La fascination de l’extrême, de voir jusqu’où on peut aller, de repousser les limites de l’humain. Et bien c’est en cours et c’est bien curieux que ces curieux qui sont les touristes des catastrophes, qui vont faire l’état des lieux que la nature, la culture le mélange des genres inflige au paysage.
    C’est bizarre que d’aller plongé pour voir l’agonie tutoyer l’ignominie, ah oui c’est bien en cours et puis on rentre chez soi car il y a la clim et que tout va bien.
    Observé le mal, savoir qu’il existe et puis jusqu’à présent ne rien faire ou si peu.

    Une autre idée est que le mal est titrisé. Il y a tous en nous quelque chose du mal.
    Quand j’achète une chinoiserie qui ne sert qu’à assouvir ma pulsion consumériste pour me dire qu’enfin je le vaux bien, qu’enfin j’existe, je sais par la raison que c’est mal et pourtant je cède à la tentation et de fait je ne serais pas délivré du mal.
    Dans la prière chrétienne « Ne nous sommet pas à la tentation mais délivre nous du mal ».
    Comment puis je me délivrer quand il y a du mal partout. C’est comme la fuite des métaux en mini, micro et nano particule qui font qu’on les disperse de partout des quantités énormes (Thèse de Philippe Bihouix, Low tech »
    Il en serait ainsi du mal il est si petit présent partout qu’on ne peut le rassembler en lieu d’une même place.
    Sur le blog il question des valeurs, comment faire avec ce mal qui est partout dans d’infime quantité et qui se titrise avec de bonne actions. Comment extirper le mal d’un ensemble complexe ?
    Et si le mal est une information comme une autre, comment éviter qu’elle ne se réfléchisse ? Couper le faisceau comme la tête de l’Hydre afin qu’il ne repousse de plus belle ?
    Avec sa métaphore « Winter is comming » le mal semble s’installer comme nouvel horizon choisi par le Capitalisme pour survivre.
    Rien de nouveau sous les tropiques ni sur les tropisme des processus de domination.
    C’est juste une question d’échelle, l’ogre à besoin d’être plus gros mais pour quoi faire, pour être plus gros répondait la marionnette des Guigols de canal à effigie de Stalone.
    Le mal serait sans sens tout comme l’humanité qui n’a pas de sens en soit nous dit Paul Jorion.
    Alors après l’impensé du mal nous avons l’insensé du mal.
    C’est pire que je ne pensais, tout cela est absurde mais tout cela est.
    Avec toute ma tendresse de philosophe de campagne, Pierre de la tribu des Queralt’s.

  7. « Le combat climatique est moins romantique. Il n’y a aucune barbarie à vaincre, A MOINS D’ATTENDRE, JUSQU’A EN ARRIVER A LA SURVIE. »
    Pas si loin que ça :
    En France, en ce mois d’octobre 2018
    « Dans le nord, « il y aura des baisses de rendement de l’ordre de 15% à 20% » estime Philippe Touchais, chef de service production végétale à la chambre d’agriculture de la Somme. »
    Dans l’est, on manque d’herbe et nombre d’éleveurs ont entamé les stocks de foin normalement consommés en hiver par leur bétail. « Un hiver qui commence un 1er août va être très très long », soupire Philippe Clément, président de la FDSEA des Vosges.

    « Dans les zones qui n’ont pas eu d’eau du tout, c’est vraiment catastrophique, on additionne le manque d’eau et la chaleur, tout grille sur place », ajoute Franck Sander (FDSEA, Bas-Rhin), « c’est chaud pour les animaux aussi, ils mangent beaucoup moins et produisent moins de lait ».

    Dans le monde
    « La FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) considère que 80% des dégâts faits aux cultures sont liés à la sécheresse », rappelle-t-il.
    D’autre part, une « variabilité climatique » va mettre à mal l’agriculture de pays où elle est déjà fragile. « Les pluies deviennent moins prévisibles et plus intenses », précise Valentin Brochard. « Dans la bande sahélienne, 65% de la population vit de l’agriculture. Or, il n’existe qu’une seule saison des pluies. Si elle intervient trop tard, les semailles risquent de pâtir du manque d’eau. Et si elle a lieu trop tôt et qu’il pleut trop, les cultures peuvent pourrir. » Le même type de problème se pose pour « le pastoralisme transhumant qui fait vivre 30% de la population ». La difficulté pour les éleveurs devient alors de mener le bétail sur des terres où elles peuvent se nourrir. Tout cela, rappelle notre interlocuteur, sur « des sols sols déjà dégradés par des pratiques agricoles non durables ».

    Les conflits vont se multiplier

    Il ne faudrait pas oublier « les impacts indirects » sur ces populations, argumente aussi le chargé du plaidoyer. Au-delà de l’agriculture de subsistance, les pertes agricoles indues par le changement climatique engendrent pauvreté et volatilité des prix alimentaires sur les marchés, hypothéquant encore plus l’avenir des populations les plus vulnérables.

    En parallèle, ces difficultés liées au changement climatique attisent les tensions au sein des populations. « Pour chaque degré supplémentaire, les conflits entre personnes augmentent de 2,4% et les conflits entre groupes bondissent de 11,3% ». Cette réalité a aussi fait l’objet de rapports des instances onusiennes et de publications de l’Unesco.
    https://www.bfmtv.com/planete/le-rechauffement-climatique-aggrave-la-faim-dans-le-monde-1539692.html

    1. @ Pascal
      Oui, justement n’attendons pas trop longtemps pour au moins se préparer à agir

      La situation peut se dégrader rapidement, de plusieurs côtés : économique, si le baril passe à 130$ comme le prévoient quelques analystes, ou si la crise migratoire s’accentue, militaire si le proche orient s’embrase à nouveau, financière s’il y a spéculation sur les céréales… l’Europe peut aussi rapidement se disloquer, les signes ne manquent pas, réunissons nous au moins, nous qui reconnaissons l’analyse de Paul Jorion comme juste.

  8. Je crois que l’urgence est de faire.
    La solution est dans l’alliance du faire et de la communication
    Le faire : planter des forêts fruitières et des jardins permaculture… partout y compris en ville. Manger ce qui vient du Jardin principalement. Rouler à vélo et vélo électrique pour les moyennes distances. Renoncer à l’avion. Isoler les bâtiments
    Communiquer : faire savoir urbi et orbi que l’heure est très grave mais que la solution est là à portée de main. Et que cette solution est un mieux pour chaque humain ( matériel et psychique)
    Enfin organiser la solidarité sur une modalité qui donne du pouvoir aux gens sur leur vie et non qui les assiste.
    Faire plutôt que récriminer.

      1. Rien
        Je suis e train de planter un jardin fruitier et légumineux. Je roule vélo pour tout mes trajets courts (divisé par deux ma trace carbone).
        Je fais mais sans doute ne communique pas assez. Il faut me renforcer de ce côté et participer inventer l’empowerement de mes voisins.

      2. Votre véritable urgence ne serait donc pas de faire , mais de communiquer pour pousser au « pouvoir » pour les individus par les individus .

        Ça pourrait m’être recevable si de multiples exemples préexistants ne montraient pas que cette forme de « prise de pouvoir » n’était pas forcément plus satisfaisante que la pseudo-démocratie confisquée , et même, de ce que j’ai pu noté , plus aléatoirement dangereuse .

        Mais rechercher les nouvelles voies d’un pouvoir démocratique est l’un des deux piliers ( avec la propriété) qui doivent s’actualiser pour que , entre autres , les gratuités se fassent leur place . Raison de plus pour « chercher » à un niveau qui dépasse les jardins et les voisins , même si ça en fait partie .

        La pointe de flèche qui met le tout en cohérence , c’est le désir , l’objet , la « raison d’être » commune .
        L’action et la relation ( ou communication) sont les ailerons sustentateurs de la flèche .
        On a vite la résignation de faire jouer les ailerons quand on est paumé , et je crains bien que l’on en soit réduit à ça pour retrouver , en tâtonnant , où se trouve la pointe et le sens .C’est mieux que rien , pourvu qu’on ne croit pas trop vite être « arrivé » au bout .

    1. Manger ce qui vient du jardin ?

      Pollution des sols en Île de France

      L’urbanisation à même les sols pollués

      Le 15 octobre 2018, l’ARS a publié la synthèse d’une étude sanitaire portant sur les plaines d’Achères, Méry-sur-Oise et Pierrelaye, Carrières-sous-Poissy et Triel-sur-Seine, dans les départements des Yvelines et du Val-d’Oise. On y apprend qu’après avoir fait l’objet d’épandages massifs d’eaux usées brutes, entre 1895 et 1999, elles ont été en partie urbanisées.

      On y découvre ensuite que des établissements dits sensibles (écoles, crèches, collèges,…), mais aussi des jardins potagers ouvriers, des parcs ou encore des maisons individuelles avec des jardins, ont été aménagés dans ces zones. On pourrait logiquement penser que les terrains ont été dépollués préalablement, au moins en surface…

      Pourtant les résultats d’investigation des sols superficiels de ces jardins privés, crèches, écoles maternelles, collèges ou jardins ouvriers sont sans appel.

      La teneur en plomb est à l’origine de « risques sanitaires inacceptables » pour les enfants.

      L’ingestion de légumes « auto-produits » impactés par du plomb et du cadmium dans certains jardins ouvriers et résidentiels est également à l’origine de risques sanitaires pour les enfants et les adultes.

      Pour remplir son obligation d’information, l’ARS a également publié une notice à destination du grand public, vulgarisant les principaux résultats de cette étude et présentant des recommandations individuelles.

      Elle y conseille notamment aux parents de jeunes enfants de faire réaliser un dépistage du saturnisme.

      Comment a-t-on pu en arriver là ?

      Des centaines de questions restent en suspens…

      Comment se fait-il que les responsables politiques aient autorisé ces aménagements sans que des mesures de dépollution préalables adéquates aient été exigées et réalisées ?

      Pourquoi les citoyens ne sont alertés qu’en 2018, alors que les risques sanitaires sont connus depuis bien plus longtemps et qu’en 2009, une première étude sanitaire pilote avait été réalisée ?

      Combien de jardins individuels sont en réalité des sols pollués exposant les jeunes enfants au saturnisme ?

      Si ces récentes publications semblent vouloir afficher une certaine transparence, une infime partie seulement des informations a été communiquée.

      1. à lheure où la Chine développe son industrie charbonnière, où le cuivre sert à faire le bio et pollue pollue, où l’hiver ne sert qu’à prendre des bains, où l’on fait caca dans l’eau potable, où même moi je veux rouler pour ma mobilité, où les plu immondes démagogues et protofachistes prennent le pouvoir mieux vaut être sur un blog optimiste. 😉

    2. Je crois que c’est un des ‘conseils’ dans le livre de Marie-Paule Nougaret ‘La Cité des Plantes’, votre potager de jardin ‘urbain’ c’est bien, mais à consommer avec modération…
      Mais bon, peut-être que du côté de Vannes en bord d’océan, c’est mieux !? 🙂

    3. La solution est dans l’alliance du faire et de la communication

      A quoi sert de planter un arbre, et de le dire à 2 de ses voisins, lorsque des médias de masse incitent des millions de gens à s’acheter le dernier SUV à la télévision ? ça vous donne bonne conscience, mais c’est tout.

      faire savoir urbi et orbi que l’heure est très grave mais que la solution est là à portée de main
      Il me semble que c’est déjà fait, x rapports du GIEC, et 15000 savants lançant l’alarme…

      et pourtant rien de change, ni sur le plan social, ni sur le plan environnemental. Vous placez encore votre espoir dans l’action individuelle … eh bien vous ferez du vélo électrique jusqu’à la fin des temps, Benoît, et vous ne prendrez peut-être pas l’avion, mais 1 milliard de chinois et d’indiens s’en chargeront à votre place, quand on leur aura bien « vendu » la prestigieuse destinations touristique qu’est la France.

      S’il y en a quelques uns qui quittent le circuit touristique, il passeront peut-être du côté de votre expérience de permaculture…

      Ecologie individuelle et capitalisme : l’Anschluss,

      Vincent Rey, findutravail.net

  9. « Il suffirait de…. » comme Fressoz le préconise…

    Oui mais voilà, faire immédiatement, urgemment, en traitant les conséquences ne mobilise pas et le succès n’est pas au rendez-vous.

    Beaucoup, je pense, serait prêts à faire. Peut-être même n’attendent-ils que cela. Mais des individus ne font pas un collectif… organisé… C’est encore et toujours la même histoire.

    Partis politiques, syndicats, corps intermédiaires, grosses associations, rassemblement de communes ne veulent pas ou ne parviennent pas à conduire et mobiliser autour d’un plan d’action, si attractif soit-il. Y a un bug quelque part.

    1. « Bug »
      sans doute organisé: quand tout est fait pour que la méfiance des uns envers les autres s’installe, grâce aux peurs, jalousies, egos, etc.
      Vous rappelez-vous la suggestion qui aurait permis, lors des dernières présidentielles de « forcer » l’union de Hamon et de Mélenchon, par la base ?
      Écho nul, même ici !

      1. L’union , ça ne se « force  » pas . Comme le mariage , ça a une chance de marcher et être pertinent si « l’environnement » le permet et si , au delà des mamours , on se reconnait les mêmes « sur-soi » et buts finaux .

        Et que les lecteurs s’y reconnaissent pour , plus que suivre , porter et pousser cette espérance reconnue .

        On peut abuser les médias et en partie via les médias .

        On n’abuse pas facilement un peuple , qu’il vote ou refuse de le faire .

        Et , pour l’heure le deuxième groupe est plus nombreux que le premier .

        Ça n’est peut être pas Le bug , mais c’en est la signature .

      2. @ adoque
        « Écho nul, même ici ! »
        Vous êtes bien bon, très bon. Et trop lénifiant.

        Faudrait relire. Mes souvenirs du blog et peut-être ailleurs me disent que la réaction (réaction !) était plutôt un écho négatif, parfois horrifié. Le costard propre sur lui de l’ectoplasme de la rue de Solférino n’était pas compatible avec les bretelles trop larges de l’ harangueur de comices agricoles. Et lui faire perdre toutes ses chances de figurer en bonne place.
        Je crois mais pas sûr qu’à cette occasion j’ai écrit que Mélenchon ne représentait aucun danger pour la démocratie.
        Cette élection restera le signe que la droite, et la droite la plus dure, est notre refuge préféré face à un risque quelconque. Risque assez nébuleux, c’est-à-dire inexistant.
        Ce manque de courage ne passe pas.

      1. Juannessy, vous me forcez à réfléchir, pour vous répondre 😉
        Comment situer le bug alors qu’il y en a -probablement – plusieurs ?
        Effectivement, Armelle indique: « Partis politiques, syndicats, corps intermédiaires, grosses associations, rassemblement de communes… » pour « une seule et même histoire« .

        Alors que tout un chacun souhaite simplement vivre heureux, donc sans conflit avec son prochain, dès qu’il s’agit d' »organiser » un mouvement d’ensemble (qui paraît nécessaire), hop ! les bâtons dans les roues fleurissent. C ‘est un constat… peut-être le constat du bug?
        J’émets une hypothèse: que finalement, tout un chacun possède -à l’insu de son plein gré- un besoin d’individualité inéluctable l’empêchant de se fondre dans un « collectif » (pour reprendre la terminologie d’Armelle).
        Peut-être, peut-être, que l’efficacité maximale du plan « vivant » va de pair avec cette diversité: à chacun son job, différencié! Je citerais volontiers: « liberté, égalité, fraternité, étendues au vivant » 🙂
        Paradoxalement, les religions (dans un sens élargi) ont pour mission de relier, et elles tentent de le faire avec des méthodes qui ont fait leurs preuves: elles créent des divisions!!!
        Voyez, par exemple, comment le judéo-christianisme (un paradoxe de plus) impose dès la Génèse de s’abstenir de la connaissance du bien et du mal, imposant une obéissance sans faille à un seul et unique « dieu jaloux », n’impliquant ni plus ni moins que le génocide des infidèles…
        Aujourd’hui, dans la pratique, toutes sortes de « décodeurs » obligent à ostraciser les « pensances » déviantes…
        Franchement, je trouve « personnellement » tout à fait logique et cohérent que le « collectif » se heurte à ce bug.
        Même Saul de Tarse, l’autre Paul, malgré toutes ses circonvolutions, n’en n’est pas venu à bout…

      2. Je n’en sais trop rien.
        La poursuite d’intérêts personnels et autres joyeusetés ont été largement débattus déjà. Tant que ça reste un constat intellectuel, c’est vrai que ça ne risque pas de changer.
        N’oublie-t-on pas qu’on a eu peur quand l’anesthésie entre en scène éventuellement ? Quelque soit l’objet de la peur. Et puis la peur n’est pas trop bien considérée dans notre société.
        Pour qu’un individu sorte de son quotidien et s’engage au niveau collectif, concrètement, des faits nous montrent qu’il faut qu’il lui arrive un événement dramatique, expulsant l’anesthésie. Pour éviter ce phénomène ?

      3. J’attendais plutôt la réponse d’Armelle , mais je ne suis pas étonné , reprenant des notions anciennement mises en pâture par Paul Jorion , que vous rappeliez la fonction « initiatrice » de sens , des religions . Et c’est bel et bien au « sens » que j’appelle aussi pour redonner éfficacité et cohérence à nos « actions » temporelles .

        En rejetant le sens « donné » par les religions , sens d’opportunité qui ont eu leur prix et utilité dans les divers théâtres de l’aventure humaine , avec l’avantage de couvrir pas mal des 9 champs de la classification de Max-Neef . mais pas tous , et pas tous correctement .

        Le « sens  » dont je suis encore le seul défenseur !) est plus laborieux , non donné , à écrire à plusieurs mains . En l’état , je n’ai que la formule (qui a l’avantage de l’ancienneté historique , sous d’autres libellés , dans plusieurs régions du monde ) que vous avez rappelez et qui repose sur l’alliance de trois repères contradictoires :

        Liberté , Egalité , Fraternité étendue au vivant !

        – Liberté pour reconnaître l’individualité , la créativité et la multiplicité des désirs ,

        – Egalité pour faire « famille » , condition de l’action , coopération , droits et devoirs

        – Fraternité pour régler la flamme et les antagonismes entre les deux premiers , et faire désir et Sens « commun » , au travers de la « communication-relation » en particulier ( la poésie aussi , si possible) .

        – étendue au vivant : pour reconnaitre enfin après des millénaires de pillage d’aubaines , que nous sommes partie et pièce de notre environnement , et que le dégrader c’est nous suicider en tuant le vivant .

        Les bugs sont à chercher sur ces quatre niveaux au moins

        Mais la pointe de la flèche , chez nous et ailleurs , ne peut plus être la « Liberté » seule .

      4. @Armelle :

        Je suis d’accord que des catas personnelles peuvent être une incitation à plus de sens collectif , mais je ne vois pas là une condition strictement nécessaire ( et pas suffisante dans bien des cas , au contraire ) pour accéder à cet état .

        Quand bien même , la somme de catas personnelles alimentant des collectifs « parcellaires » ne fait pas forcément un collectif assez partagé pour être significatif et vivant .

        Par contre quand un ou plusieurs peuples se sentent « mal » , sans trop savoir pourquoi , le pire ou le meilleur peuvent advenir, selon le niveau de compréhension et d’accord sur le diagnostic des maladies , et selon la réception de l’ordonnance .

        La difficulté actuelle , c’est que les chirurgiens habituels politiques et financiers , sont eux même les plus mentalement malades, et que la masse des malades ne comprend pas encore vraiment pourquoi elle va mal
        ( et on peut donc douter de sa pertinence à s’auto-soigner ou à choisir son « guérisseur » ). Ce que Paul Jorion a traduit par le duel dramatiquement réduit entre l’ultra-libéralisme financier et le fascisme extrémiste .

        Et il semble bien , malheureusement que le seul trou de souris pour échapper aux mâchoires de l’étau infernal , soit a minima dans le « forcing » du « étendue au vivant » de ma devise étendard, qui serait bien inspiré de s’emparer aussi des autres parades au soliton et des gratuités .

      5. Juanessy

        La devise et l’étendue au vivant : oui.

        De colère, désormais, les Hommes choisissent les régimes autoritaires ! Peu leur importe qu’ils en soient les premières victimes : même pas peur ! Ah s’ils pouvaient pleurer à gros sanglots et se tordre de douleur !

      6. Qu’est devenue la petite étoile au fond du ciel, celle qu’on rêvait de rejoindre dans un élan de liberté, le cœur aimant, l’œil ébloui, par-delà notre misère ?

    2. Armelle
      je fais suite ici à votre réponse « individu » versus « collectif », pour faire simple, avec une remarque ou plutôt un constat:

      Quelques personnes émettent des idées novatrices (quelque soit le domaine), elles ont alors un choix: soit elles souhaitent « être entendues », et elles doivent faire des concessions, quand ce n’est pas allégeance, soient elles ne veulent pas édulcorer leurs idées, et elles sont ostracisées, d’une manière ou d’une autre.
      C’est un préalable: « alignez-vous d’abord, on verra alors quelle suite à donner ».
      Les exemples ne manquent pas, pour les citer, il faut passer par le même « philtre »…

      1. adoque
        Les idées novatrices (pertinentes de préférence) et leur mise en œuvres ne vont pas de soi car elles sont vecteurs de changements. Et tout changement implique conflit. Les étapes incontournables : savoir, comprendre, …, adhérer, s’engager, coopérer.

  10. Affirmer (a priori) que « l’enjeu est la survie de l’Humanité » ME FAIT BONDIR. Et quand je bondis, c’est toujours parce que mon intuition me dit qu’il y a une énorme absurdité tapie sous l’évidence.

    Cédric Chevalier écrit : « Fressoz écarte aussi d’une manière qui me semble irresponsable l’enjeu de la survie de l’Humanité (ou extinction c’est le même enjeu). Cette suffisance me semble une faute éthique grave selon moi, qui ne peut se justifier : la charge de la preuve incombe à celui qui « se veut rassurant ». »

    Ce n’est pas parce que Fressoz affirme que l’enjeu n’est pas la survie de l’humanité qu’il serait « rassurant ». Cédric Chevalier se plante en posant le postulat que l’enjeu ne peut être QUE la survie de l’Humanité. Non, l’enjeu est ce que l’on veut. Il n’existe pas dans la nature, ce n’est pas un fait pré-établi dont on peut montrer ou prouver l’existence. Cédric Chevalier confond la survie de l’Humanité, – effectivement menacée -, avec la représentation que l’on devrait s’en faire selon lui : celle d’un enjeu.

    Il met la morale AVANT les faits (bien réels) porteurs de la menace. Pour rétablir le bon ordre de son discours moralisant, il faut partir des faits et montrer que la morale implique de définir tel enjeu. C’est à lui qu’incombe « la charge de la preuve ».

    Il se trouve que mon dernier billet parle du JUGEMENT (moral ou autre). Les curieux peuvent lire, ils n’en mourront pas : https://onfoncedanslemur.blog/2018/10/26/principes-et-connaissances-generales/

    1. Je ne suis pas curieux , donc je n’ai pas lu , d’autant que je n’ai pas compris grand chose à la lecture du commentaire , à part que Cédric Chevallier aurait l’esprit brouillé et métaphysique .

  11. Le débat cause – conséquence d’Aurélien Barrau tient de l’oeuf et de la poule. Un peu hors-sol.

    Les connaissances scientifiques sur l’altruisme permettent-elles de qualifier de psychopathe celui qui n’en montrent pas ?

    Les soviets avaient-ils, finalement, de bonnes raisons de penser à la psychiatrie pour traiter les récalcitrants – ceux qui sont nourris de « mauvaises nourritures », plutôt que, comme Robespierre et Frédéric Lordon – https://blog.mondediplo.net/appels-sans-suite-1 – de se résoudre à couper des têtes ?

    Et est il un psychopathe le Jean Moulin qui fait le coup de feu, ou l’Anonymous lambda qui s’en prendra demain à Wall Street ou au banquier du coin de la rue ?

    1. Il ne doit pas manquer de psy pour répondre à vos questions ou apprécier votre texte .

      Il y en a au moins un , qui cherchait des clients il y a peu , et qui n’en ayant encore qu’un seul , doit pouvoir vous recevoir dès que la donation mensuelle sera bouclée .

  12. Pour beaucoup, nous lisons depuis des années les écrits de Paul Jorion, écoutons ses interviews, commentons en bas de page. Et…. Et ? Qu’en est-il du collectif ? Car, nous sommes des individus qui commentons, sans rien entreprendre ensemble. Plaisir intellectuel ? Stimulant réflexif ? Pêche aux bonnes idées ? Si l’adhésion aux idées semble effective de là à coopérer autour d’un projet…

    1. Chère Armelle

      Ce n’est pas sur un blog de réflexion que se joue l’action. Ici, c’est tout au plus une communauté de pensée. Mais l’action, c’est Paul avec ses livres et ses interventions lors de conférences, et c’est aussi, à mon sens, qui n’est pas partagé par tous, ce qui se passe en bas de chez nous. La perfection n’étant pas de ce monde, certains trouveront certainement à redire ici ou là sur les intentions des uns ou des autres :

      https://www.colibris-lemouvement.org
      https://www.latelierpaysan.org
      https://alternatiba.eu
      http://www.lescitoyensconstituants.org
      https://www.1083.fr
      http://reseau-amap.org
      http://www.lecarrefermier.fr
      https://repaircafe.org/fr
      http://jardins-partages.org
      https://cnvfrance.fr
      http://www.entransition.fr
      http://villesentransition.grenoble.fr
      – …. et quantité d’autres

      Et il existe plein d’autres exemples plus ou moins impliqués dans la transition qui se préparent et nourrissent leur « bon loup » dans les villes et les villages, sur le terrain avec des réseaux qui se constituent et grandissent tranquillement loin des sunlight médiatiques.

      Pour être plus complet et faire un panorama plus réaliste des enjeux en cours, je pourrais aussi lister tous les réseaux qui à l’extrême droite, comme à l’extrême gauche nourrissent leur « méchant loup » belliqueux qui ne conçoivent les relations humaines qu’au travers du conflit et du rapport de domination. Et eux aussi attendent l’effondrement du système pour activer leurs réseaux.

      La différence entre ceux qui nourrissent leur « bon loup » et ceux qui nourrissent leur « méchant loup » (mes excuses aux loups) réside principalement dans la manière de concevoir la société de demain.

      Si les idées défendues sont issues d’un dogme scientifique (économique, transhumaniste, historique à l’aune nationaliste, comme autrefois la théorie des races) ou religieux , il y aura toujours une élite autoproclamée pour constituer un clergé en charge de défendre la vérité du dogme révélé, en maintenant la société dans une verticalité hiérarchique, au sommet de laquelle l’ homme ou la femme providentielle trônera. Si ces idées gagnent, nous aurons aussi notre Bolsonaro. Mais au Brésil comme ailleurs, c’est la population nourrie au média de masse qui votera joyeusement pour l’élection de son tortionnaire. Avec cynisme, l’expérience brésilienne qui s’annonce pourrait participer de la décrédibilisation des mêmes partisans de la violence qui sévissent en Europe.

      Si les idées défendues font le pari de confier le nouveau projet de société à la créativité du maximum de la population organisée en réseaux, formée aux techniques de l’intelligence collective, à la communication non violente, nourrie, à leur demande, de la compétence des experts, avec un rapport pacifié à la nature et au monde du vivant, dans la perspective d’une société organisée horizontalement (lire « Voyage en Misarchie » d’Emmanuel Dockès), alors nous vivrons un vrai changement de paradigme avec l’espoir de poursuivre l’aventure de l’évolution humaine.

      1. Il faudra d’abord mettre fin à la propagande, et bannir l’existence de médias publicitaires. Comment on pourra le faire, je ne sais pas. Si quelqu’un a une idée…

      2. @Pascal :

        Preuve que le blog est pluriel et bienveillant , même quand ça le défrise , tous vos liens sont passés …..

    2. Je suis bien d’accord Armelle. Il faut réunir la communauté des gens qui se retrouvent spécifiquement dans l’analyse de Paul Jorion. Sur findutravail.net ou ailleurs, mais préparons nous à former un mouvement.

    3. @Armelle :

      Je rejoins Pascal pour dire que le but d’un blog , sauf s’il l’affiche comme tel et qu’il en fait sa raison d’être , n’est pas de fabriquer un projet politique ex nihilo , qui décline alors effectivement à la fois son analyse du monde et ses actions prioritaires pour faire mouvement .

      A mes yeux , les vertus de celui -ci , tiennent à la pertinence et créativité des analyses et diagnostics que le taulier peut mettre en pâture , à la pertinence et diversités contradictoires des échos des commentateurs , à la liberté d’expression globalement largement garantie même si ça n’est pas toujours simple .

      L’action , je préfère qu’elle soit laissée à la diligence de chacun , là où il est , avec qui il est ou aurait envie d’être , avec le sentiment cependant que ce qui peut sédimenter ici peut ( et doit?) percoler et se diffuser par ce biais , avec l’énergie et la puissance que chacun est capable d’y mettre .

      Ni parti , ni auberge espagnole , tout en notant qu’on se sent mieux , dans la diversité , sur ce blog que dans l’absence de conversation entre les partis ou mouvements , et que si c’est une auberge , celles et ceux qui passent la porte , sauf rares exceptions , s’y trouvent bien .

      Ce blog est le pari que l’intelligence et la bienveillance peuvent venir à bout de l’obscurantisme et de la violence des « plus forts ». C’est bien mieux qu’un programme électoral .

      Mais éminemment fragile et immortel à la fois .

      1. Juannessy, il est 12h47 et je fais suite à votre commentaire de 13h03 🙂
        (vivement l’heure universelle …)

        J’apprécie votre constat/analyse/objectif du blog utile: je trouve que ça va dans la bonne direction !

        S’associer avec un tiers pour atteindre un objectif demande une part de magie, de métaphysique… quelque chose qui dépasse la raison, genre « atomes crochus ». Il faut se sentir bien.
        Quand un tel regroupement, même minimal, voit le jour, il rayonne… cela devient perceptible.

        Préalable ou pas, c’est déjà bien si l’individu parvient déjà à être en paix avec lui-même, ce que le contexte ne favorise pas… premier combat !

      2. @Juannessy
        « Preuve que le blog est pluriel et bienveillant , même quand ça le défrise , tous vos liens sont passés ….. »

        C’est pour cela que j’apprécie ce blog .

        Par ailleurs, je fais confiance à chacun pour vérifier par lui même où il met les pieds. D’autant qu’une idée généreuse et bienveillante ne garantit jamais ni les gens qu’on y croise, ni les dérives potentielles d’un groupe.

        La vigilance et l’esprit critique toujours de mise.

  13. @ Paul Jorion :

    Pour que le débat devienne « grand » , il faudrait peut être inviter Nicolas Baverez , que vous allez bientôt « croiser » à Cannes , à faire part de ses contre-arguments et vision du travail .

    Bonjour à Saint Etienne de ma part le 29 novembre . Un conseil si vous faîtes le trajet Vannes -Saint Etienne par vos propres moyens : le moins crevant doit être par le train via gare Montparnasse – gare de Lyon – Lyon – Saint Etienne .

    Pour le moral et la météo c’est bien de faire le parcours dans le sens Saint Etienne –> Cannes, par contre , on doit beaucoup mieux savoir et comprendre ce qu’est ( était ?) le travail passé et disparaissant à Saint Etienne , qui vit dans sa chair et son âme cette vague secondaire du soliton depuis près de quarante ans .

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