« Sommes-nous dans le très inhabituel ? »

Hier j’étais à Paris, j’ai signé 150 exemplaires de « Mes vacances à Morro Bay », à envoyer à des journalistes, tâche épuisante mais signe de confiance très appréciable de la part de l’éditeur.

J’avais invité quelqu’un à déjeuner. Nous avons mangé dans le quartier, au boulevard Montparnasse (les bureaux de Fayard sont dans la rue du Montparnasse), on nous a placés à une table jouxtant la devanture. La vitre en avait été brisée la veille, et le trou avait été comblé par un montage assez astucieux de menus du restaurant. La dame expliquait que pendant que ça castagnait à quelques mètres, les clients s’étaient massés devant la vitrine, inconscients du danger. Les mammifères sont des animaux « scopiques » comme disent les savants. Cela nous intrigue quand il s’agit d’une biche ou d’un lapin dans les phares d’une auto, curieux de voir ce qui va se passer.

Dans le train du retour, j’ai rédigé un papier intitulé du titre que vous voyez en haut : « Sommes-nous dans le très inhabituel ? », revenant en particulier sur le pseudo-assaut de la Pitié-Salpêtrière. Je l’ai terminé tôt ce matin et l’ai envoyé à L’Écho en Belgique qui, jusqu’ici, a toujours publié ce que je lui envoie, et à un journal français – je ne dis pas lequel parce que j’aurais l’air de vouloir faire pression. Pour la première fois, j’ai voulu me prévaloir du fait d’être rattaché à un département d’éthique : j’ai signé « Paul Jorion, professeur associé au département d’Éthique de l’Université catholique de Lille », parce que le jour où l’on ne croira plus à rien, on continuera de croire à des symboles. On va bien voir.

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