Robert Mueller témoignera devant le Congrès le 17 juillet, le 29 juin 2019 – Retranscription

Retranscription de Robert Mueller témoignera devant le Congrès le 17 juillet, le 29 juin 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le mercredi 26 juin 2019 et, ce matin, au réveil, je tombe sur un email, un mail qui m’est envoyé par l’un de vous, qui dit : « Vous avez sûrement vu ça : M. Robert Mueller parlera devant le Congrès américain le 17 juillet » et je lui réponds : « Non, la nouvelle est tombée à 4 h du matin. À ce moment-là, je fais quand même comme tout le monde, je dors ! ». Merci à cette personne qui me l’a signalé. Je l’aurais bien entendu vu dans les minutes qui suivaient.

Vous savez aussi sans doute qu’à cette réunion avec M. Robert Mueller, qui témoignera devant 2 comités du Congrès, c’est-à-dire donc de l’assemblée nationale américaine, les députés, il parlera devant le Comité des affaires judiciaires et devant le comité du renseignement, des affaires de défense. Et, les Démocrates américains sont très très contents. Je vais vous expliquer pourquoi. Les démocrates du monde entier sont contents aussi, pourquoi ? Parce que je vous l’ai dit : le problème que nous avons avec M. Mueller est que c’est un monsieur extrêmement poli, qui respecte vraiment les règles, etc., et qui, du coup, parle un peu en périphrases puisqu’il ne peut pas inculper dans son rapport comme Special counsel, M. Trump, il ne dit pas que M. Trump est coupable.

Qu’est-ce qu’il a dit ? Il dit : « Si M. Trump avait été innocent, je l’aurais dit ». Les Républicains, qui ont un peu du mal avec les phrases un peu complexes, mais surtout qui sont de très mauvaise foi – je vais revenir là-dessus… Allez, en vitesse, un petit aparté. Dans un pays où il y a deux grands partis comme les Etats-Unis, on dit du coup qu’il n’y a pas d’extrême-droite, pas d’extrême-gauche mais si, bien sûr ! L’extrême-gauche est comprise à l’intérieur du Parti démocrate et l’extrême-droite est comprise à l’intérieur du Parti républicain. Donc, il y a effectivement, à l’intérieur du Parti républicain, quelque chose qui serait l’équivalent par exemple du Rassemblement national en France aux Etats-Unis – à l’intérieur du Parti républicain. Et ces gens-là, bien entendu, sont les soutiens militants de M. Trump.

Que va dire M. Mueller quand il sera là ? On lui posera la question. On lui dira : « M. Mueller, quand vous dites ‘Si M. Trump avait été innocent, je l’aurais dit !’, est-ce que cela veut dire la même chose que les gens ordinaires quand ils disent : ‘M. Trump est coupable’ ? » et là, M. Robert Mueller va dire : « Oui, la traduction paraît excellente ! ». On lui dira encore : « M. Mueller, si vous aviez voulu encourager les Congressistes, les députés, à lancer une procédure d’impeachment, de destitution du président, est-ce que vous auriez procédé différemment de la manière dont vous l’avez fait dans ce rapport (qui, dans ma version à moi, fait 730 pages) ? Est-ce que vous auriez fait différemment que vous ne l’avez fait si vous aviez voulu nous encourager à lancer la procédure de destitution ? » et M. Mueller répondra : « Non, c’est exactement ce que j’aurais fait ! ». Il y aura encore quelqu’un, un Démocrate, qui fera la traduction de ce qui vient d’être dit en disant : « M. Robert Mueller nous encourage à lancer la procédure de destitution ». C’est à ça que ça va servir.

Alors, il n’y a rien de neuf. Je vous parle de ça depuis un an – deux ans, etc. Quand on me pose la question : « Vous voyez bien, vous vous êtes trompé sur Trump ! », non ! attendez Messieurs-Dames ! j’ai procédé avec Trump exactement de la même manière que je l’ai fait avec la crise des subprimes : je l’ai annoncée en temps utile. De la même manière que quand j’ai parlé de l’extinction. C’est en 2016 que j’ai publié un livre dont le bandeau en-dessous était « Essai sur l’extinction ». La manière dont je procède fait que j’ai au moins une longueur d’avance. Parfois, j’en ai deux. Parfois, j’en ai trois. Parfois, j’en ai quatre. C’est comme ça que ça marche mais je ne vais pas dire que, sur M. Trump, je me sois déjà trompé. Un peu de patience !

Le problème, c’est, comme je vous le dis, quand les choses prennent du temps et que, pendant ce temps-là, on pourrait avoir une guerre avec l’Iran. Heureusement, on ne l’a pas encore eue parce que M. Trump écoute surtout les présentateurs de télévision plutôt que ses conseillers autour de lui. Là, on peut le remercier de s’intéresser aux opinions de tout le monde autour de lui plutôt que celles des prétendus experts ou spécialistes.

Donc, voilà ce qui va se passer. Voilà ce qu’il va y avoir : le 17 juillet, M. Mueller va mettre les points sur les I. Il l’a fait, je vous le rappelle, il l’a déjà fait. Il est intervenu lui-même, de son propre mouvement. Il a fait une intervention de 9 minutes pour souligner… Il ne l’a pas dit comme ça non plus parce que, je vous le dis, c’est un monsieur poli, qui respecte les institutions mais, ce qu’il voulait faire, c’était montrer de manière claire et évidente que la manière dont M. William Barr, le ministre de la Justice, avait défini, avait résumé ses propos était fallacieuse, était fausse. Alors, qu’est-ce qu’il a fait, Robert Mueller ? Il s’est contenté de lire des passages de ceci [projet brandit un exemplaire du rapport Mueller] en ajoutant, après qu’il ait lu chaque phrase : « Je le pense vraiment et c’est vraiment ça que je dis. D’accord ?  » [plusieurs clins d’yeux de PJ].

Ici, il ne va pas le faire de son propre mouvement, donc il ne pourra pas être encore poli. Il ne pourra pas se contenter de clins d’yeux. Il va devoir répondre à des demandes de traduction en termes clairs de ce qu’il a dit.

Est-ce que cela va faire avancer les choses ? Non, parce qu’en face d’une procédure d’impeachment, il y a toujours le fait qu’il y ait une majorité, Républicaine au sénat, et que le problème du Parti républicain, maintenant, est de savoir s’il doit continuer à suivre de manière servile l’extrême-droite qui est à l’intérieur de lui. C’est le problème quand on a un système biparti et tous ceux qui veulent se présenter et tous ceux que l’on veut élire doivent se retrouver à l’intérieur de cet environnement.

Est-ce que cela fera avancer les choses ? Probablement, parce qu’il y a quand même, quand on regarde les intentions de vote pour les présidentielles, les prochaines, ça nous fait quoi ? Je ne sais plus, elles auront lieu à la fin de l’année prochaine, 2020 [le 3 novembre], donc pour 2021 c’est ça ? [Oui, correct] Ne m’en voulez pas, on est tôt le matin !

Des sondages ont déjà lieu à propos de ces élections et qui nous montrent des majorités pour la quasi-totalité des candidats dont vous avez entendu parler, Mme Elizabeth Warren, Mme Kamala Harris, M. Joe Biden, [M. Bernie Sanders]. Il y a des majorités substantielles de l’ordre de 5, 6, 7 % qui se dégagent en faveur du candidat Démocrate.

Mais Trump est toujours là ! Les dames qu’il a violées, qu’il a violentées se [dévoilent] de plus en plus, en parlent de plus en plus ouvertement. Ça commence quand même à faire de très très gros dossiers. La manière dont il essaye de traiter la géopolitique comme un margoulin, on commence, du côté des militaires, à se dire que ça commence à faire un peu peur parce qu’il lance une attaque sur l’Iran puis, 10 minutes plus tard [effectivement], il dit : « Non, j’ai changé d’avis » et on ne sait pas si c’est un simple coup de fil de Poutine ou si c’est le présentateur de la télé qui lui a dit ceci ou cela. Le personnage est dangereux. Il n’y a pas que nous qui le considérions. Il a fait établir ce que Mme Ocasio-Cortez appelle des « camps de concentration » à la frontière mexicaine. Regardez les photos, regardez les vidéos : ce sont bien des camps de concentration. Du côté Républicain, on pousse des cris d’orfraie. Non, c’est à ça que des camps de concentration ressemblent. Ce matin, il y a dans l’actualité, un petit peu comme le cadavre du petit garçon qui avait quand même fait réfléchir les gens sur les problèmes des migrants, ce matin, à la une des journées américains, le cadavre d’un monsieur dont on ne voit pas le visage. Il est le nez dans la boue et on voit sa petite fille [P.J. hésite longuement] accrochée à lui. Je vais quand même mettre cette vidéo en ligne. Ça m’arrive un petit peu que mes opinions profondes apparaissent en surface mais ce n’est pas grave.

Voilà, je vous tiens au courant bien entendu. Comme je vous l’ai dit, ce sont des choses dont j’ai déjà beaucoup parlé donc je ne vais pas encore m’étendre. Tout ça se trouve déjà dans les billets que j’ai faits au sujet de M. Trump et qui sont en voie d’être rassemblés pour faire des volumes le jour où le titre que je leur ai donné sera entièrement justifié : « La chute de la météorite Trump ».

À bientôt !

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8 réflexions sur « Robert Mueller témoignera devant le Congrès le 17 juillet, le 29 juin 2019 – Retranscription »

  1. Je fais partie des démocrates du monde entier et franchement, je m’en fous. Depuis le début avec Trump vous prenez vos désirs pour des réalités. Trump sera réélu et c’est tant mieux pour nous qui ne sommes pas américains. Avec un autre, les US seraient déjà en guerre conte l’Iran. Obama a fait plus de guerres que quiconque, il n’a jamais interdit la possession d’armes à feu, il n’a pas eu de politique ambitieuse sur le climat etc etc. Arrêterez de croire qu’avec une Clinton ça aurait été mieux…
    Je vous suis sur bien des points mais là-dessus vraiment pas.

    1. @Franck. J’ai tendance à être d’accord avec vous. Trump fout les jetons, mais effectivement, pour l’instant il a évité pas mal de grosses conneries que certains personnes plus « raisonnables » auraient faites.

      « Parce que je vous l’ai dit : le problème que nous avons avec M. Mueller est que c’est un monsieur extrêmement poli, qui respecte vraiment les règles, etc., et qui, du coup, parle un peu en périphrases puisqu’il ne peut pas inculper dans son rapport comme Special counsel, M. Trump, il ne dit pas que M. Trump est coupable. »

      Mais cela, c’est quand même un problème. Quelque part, il faudrait quand même arriver à harceler les électeurs républicains pour qu’ils arrêtent leurs grosses conneries et cessent de croire n’importe quoi. La politesse n’est pas la solution à tous les maux.

      « Il a fait établir ce que Mme Ocasio-Cortez appelle des « camps de concentration » à la frontière mexicaine. Regardez les photos, regardez les vidéos : ce sont bien des camps de concentration. »

      Effectivement. Pour prendre un peu de recul philosophique sur les camps, j’ai beaucoup aimé la vidéo d’Oliver Thorne sur Philosophy Tube:

      https://www.youtube.com/watch?v=yyzd_a6vLWY

  2. Je dois dire Mr Jorion qu’ en ce moment je suis un peu énervée après vous, car j’ai dit à mes proches que pour Trump ça allait faire un scandale et pour le moment niet ! je passe pour une imbécile qui « croit » aux delires d’internet. J’ai déjà eu mon lot de moqueries en leur disant que nous risquons un krach economique ou une guerre. Et voilà que cette affaire Mueller Trump n’aboutit pas, pas d’arrestation, pas de démission. A l’heure actuelle je me demande si il ne va pas finir son mandat tranquillement. Par contre de mon coté je me retrouve encore à être le mouton noir de la famille car rien ne se passe.

    1. Ah ! si on pouvait toujours avoir raison dans les 10 minutes qui viennent, la vie serait beaucoup plus simple, je vous l’accorde.

      Mais souvenez-vous de ce que j’ai dit au moment du dépôt du rapport Mueller : maintenant cela ne dépend plus du ministère de la Justice, mais du contrespionnage. Or le 17 juillet, Mueller sera auditionné – pour partie publiquement et pour partie à huis clos – par DEUX commissions du Congrès : affaires judiciaires et renseignement. La partie huis clos on n’en saura rien, mais on pourra décrypter à partir des mesures que prendront aussitôt ces deux commissions.

      Ne désespérez pas, il y a sûrement des gens qui ont dit : « Hitler ? Il finira ses jours paisiblement à la Côte d’Azur ! », ils n’étaient sûrement pas le mouton noir de la famille, mais voudriez-vous avoir été à leur place ?

    2. @ sydney

      J’ai éclaté de rire, ma femme aussi.
      Si rare, votre humour sans ostentation.

      Rien. Il ne se passe rien. Et cependant tout arrive.
      Et malheureusement, c’est loin d’être indifférent.

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