Trump : une transnationale fasciste, le 20 juillet 2019 – Retranscription

Retranscription de Trump : une transnationale fasciste, le 20 juillet 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le samedi 20 juillet 2019 et vous savez, je parle parfois du marketing et vous savez que je n’ai pas beaucoup de respect pour les gens qui font du marketing parce que je les ai connus dans les entreprises et ce sont des gens qui, en général, n’ont pas de connaissance technique des problèmes.

Je vous ai raconté déjà cette histoire où je me trouve dans une banque. Je suis invité par les gens du marketing et on me dit : « Est-ce qu’on pourrait faire un prêt où on pourrait, comme ça, du jour au lendemain, passer d’un prêt à taux fixe à un prêt à taux flottant ou l’inverse ? ». J’ai dit que j’allais regarder s’il n’y avait pas une solution analytique. Une « solution analytique », ils n’ont pas la moindre idée de quoi ça parle parce que c’est des mathématiques. Cela veut dire : est-ce qu’il y a une formule que l’on peut trouver facilement qui transforme l’un en l’autre. Ils se regardent et je dis : « La première chose à faire est de voir s’il y a moyen de le faire ». Là aussi, ils se regardent avec consternation et je dis : « Il faut d’abord savoir si on peut faire ce que vous demandez ». Ils disent : « Ce n’est pas possible ? ». Je dis : « Pourquoi ce n’est pas possible ? » et la réponse est : « Parce que les dépliants, les brochures, sont déjà imprimés ». Voilà.

Si j’avais quelques notions de marketing – et cet incident que je viens de vous raconter ne m’encourage pas à en avoir – je ne ferais pas une vidéo maintenant, un samedi matin, parce que vous les regardez beaucoup moins. Ça passe sur le week-end et le lundi, vous avez autre chose à faire et, d’autre part, je n’annoncerais pas du tout que je veux parler de M. Trump parce que mes vidéos où je parle de Trump, vous les regardez beaucoup moins que les autres et là, vous avez tort. Vous avez vraiment tort et je veux vous le faire entendre, ne serait-ce que par le titre que je vais donner à cet exposé, c’est : « Trump : une transnationale fasciste ».

Vous savez que les mots comme « fasciste », les trucs comme ça, moi, je n’emploie pas ça dans toutes les phrases. Je n’appelle pas tous les gens qui ne sont pas d’accord avec moi « fascistes ». J’emploie ça comme un terme proprement technique.

Ces jours-ci, j’ai reçu les premières épreuves du premier volume, parce qu’il y en a déjà 3 qui sont prêts, sur Trump. Quand je regarde ça, je vois qu’en 2015, quand il n’est encore que candidat, je dis « un proto-fasciste ». Pourquoi ? Parce que j’ai déjà repéré le personnage parce que j’ai déjà bien regardé qui il était et je dis « proto-fasciste ». On est 4 ans plus tard. On peut enlever le proto. Le type s’est complètement dévoilé et, surtout, si vous suivez l’actualité, surtout les jours derniers.

Parce que, qu’est-ce qui apparaît surtout, c’est que ce type ne croit pas une seconde à la démocratie. C’est un croisé contre l’Islam, on l’a compris. Les 4 dames que l’on appelle « colored » en américain, parce que l’on regroupe dans la même catégorie aux Etats-Unis quelqu’un qui est Palestinien, quelqu’un qui est un descendant d’esclave amené de force aux Etats-Unis, une réfugiée somalienne, une Portoricaine -parce qu’elle parle espagnol, tout cela tombe dans la même catégorie de « non-blanc ».

C’est-à-dire que cette catégorie de « non-blanc » existe dans la société américaine depuis très très longtemps. Il ne faut pas être nécessairement un membre ou un sympathisant du Ku Klux Klan comme M. Trump, comme son père qui allait dans les émeutes du Ku Klux Klan à New York et le grand-père, on ne sait pas mais, en tant que tenant de bordel, ce n’est pas impossible non plus qu’il avait quelques sympathies de ce côté-là.

Cette catégorie de « non-blanc », on met absolument tout le monde qui n’a pas l’air laiteux sur son visage, elle est là, dans cette société, il y a ça en latence.

Et donc, ce monsieur, lui, se révèle de plus en plus comme un suprémaciste. Quand je regarde mon manuscrit, qui va de 2015 à avril 2018, le grand tournant, bien entendu, c’est 2017. C’est l’émeute à Charlottesville où un manifestant néo-nazi prend sa bagnole et se lance dans la foule. Il y aura une morte, c’est Heather Heyer dont c’était l’anniversaire de la mort tout récemment.

À ce moment-là, vous le savez, Trump dit à propos des néo-Nazis et des contre-manifestants : « Il y a des gens bien des deux côtés ! ». Vous vous souvenez de cela. Immédiatement, le tollé. Tous les gens qui sont dans les organismes consultatifs qu’il a mis en place – cela fait un peu plus de 6 mois qu’il est Président – démissionnent. Il est obligé de saborder ces trucs-là. Un certain nombre de généraux – je crois qu’il y en a 8 ou 9 – font des déclarations en disant : « Ce n’est pas ça l’esprit des Etats-Unis ».

D’une certaine manière, on s’habitue. Il n’y a plus de grande déclaration des généraux. Quand M. Trump, très satisfait de lui-même – il faut voir son visage, il est aux anges, il est au 7ème ciel – quand la foule derrière lui, à propos d’une députée somalienne d’origine, musulmane (elle porte un turban sur les cheveux), quand la foule qui vient à ces meetings scande : « Renvoyez-là chez elle, renvoyez-là chez elle ! », une femme qui est députée dans un pays où cette manière pour les blancs racistes suprémacistes identitaires de dire que les autres sont des immigrés alors que, oui, pourquoi ? Il faut voir les déclarations à l’époque : « Dieu nous a offert, à nous les blancs, ce continent ! ».

On n’attache pas la moindre importance au fait qu’il y avait des gens qui étaient déjà là. Non, c’est un cadeau de Dieu ! Quand il est écrit sur la pièce de monnaie « In God we trust », il y a cette conviction : « Dieu a donné à nous, les Blancs, ce continent supplémentaire ! » : il a pris des Blancs particulièrement élus pour les envoyer là. Les autres, ce sont les descendants d’esclaves et il y a eu un petit accident qui fait qu’il n’y a plus d’esclavagisme mais enfin bon, on ne va pas s’attarder sur des choses qui sont aussi accessoires. Vous le savez. On avait promis « une mule et 40 arpents [acres] » à tous les esclaves libérés. Ils ne les ont jamais eus. On leur a permis de devenir métayers avec un rapport de force tout à fait défavorable bien entendu, sur de grandes plantations. La vie quotidienne n’a pas changé énormément. Il y a eu tout de suite une sorte de restauration dans le Sud, dans un « esprit d’apaisement » n’est-ce pas. Les gens du nord ont dit voilà au point que les gens du sud ont immédiatement construit des monuments, de grandes statues équestres à leurs généraux ayant perdu la guerre.

Où est-ce que j’en étais ? M. Trump. Les Démocrates sont là à se gratter la tête depuis un certain temps : « Pourquoi est-ce qu’il n’essaye pas d’étendre sa base ? Pourquoi est-ce qu’il n’essaye pas d’avoir plus de gens derrière lui ? Pourquoi est-ce qu’il fait simplement des courbettes à sa base qui ne représente que 35 à 40 % des gens ? » 35 à 40 %, c’est déjà pas mal n’est-ce pas ? « Pourquoi est-ce qu’il n’essaye pas d’avoir, comme un président normal, plus de gens qui se rallient derrière lui ? »

Parce que c’est un séditieux messieurs-dames, il n’a pas besoin du reste. Souvenez-vous de ce qu’il avait dit juste avant les élections qui l’ont fait président. On lui avait demandé : « Est-ce que vous reconnaîtrez le résultat des élections si vous perdez ? ». Il a dit « Non, c’est qu’on aura triché ! ». Il dira la même chose la prochaine fois si on le laisse aller jusque-là. Il dira la même chose.

Vous le savez, il y a une différence entre ses partisans et les autres. Les autres sont plus nombreux mais ses partisans à lui, vous le savez bien, ce sont des gens sur-armés. Ce sont des gens sur-armés.

Je regarde ce manuscrit du 1er volume que je suis en train de relire. Il y a une organisation. C’est Move On si j’ai bon souvenir qui a dit : « Si on révoque M. Mueller, il faut que l’on se rassemble tous à tel et tel endroit ». Ils seraient allés là, à tous ces endroits-là. Ces endroits étaient indiqués. Ils auraient été très nombreux mais les autres avaient des kalachnikovs ou l’équivalent américain. Quand Mme Pelosi dit : « Mais tout ça va se régler par les tribunaux, il ne faut pas se presser, il ne faut pas essayer de faire un impeachment, etc. ». Si j’avais un conseil à donner aux Etats-Unis, aux Américains, je dirais que l’un n’empêche pas l’autre. On peut lancer une procédure d’impeachment et lancer les institutions dans le processus dont M. Mueller a laissé entendre, et il va encore le répéter dans quelques jours, le 24, que « Il a fait son rapport pour que l’on puisse lancer la procédure d’impeachment« . Mme Pelosi : « Non, tout cela va se régler devant les tribunaux, avec les trucs que M. Mueller a lancés ». Ça n’empêche pas du tout qu’on lance la procédure d’empêchement, de destitution du président.

Il y a eu un vote l’autre jour. On a dit : « Regardez, ceux qui vont proposer l’impeachment : ils n’ont eu que 95 gens qui ont voté, sur  un total de 400 quelque chose [435]. 95 personnes, tous des Démocrates, qui ont voté sur la proposition suivante : « Il faut destituer M. Trump non pas parce qu’il a fait collusion avec la Russie, non pas parce qu’il a fait obstruction, entrave à la justice, sur ceci ou cela, mais parce qu’il est indigne d’être président ».

95 quand même, presque un quart, sur simplement dire « Ce type est indigne » [mise à jour, le 2 août : 118 ; soit désormais plus de la moitié des Démocrates].

Il y a des commentateurs qui ont dit : « C’est un avertissement au Parti démocrate :  ça veut dire que, s’il y avait des raisons qui étaient données en plus, il y en aurait beaucoup plus ». La dernière fois que l’on a parlé d’impeachment, c’était 52 Démocrates qui étaient prêts à lancer la procédure.

Pourquoi est-ce que les Démocrates traînent les pieds de cette manière-là ? Si vous lisez ce premier volume quand il sortira, je ne sais pas, ce premier tome, « Un objet populiste mal identifié », en septembre ou en octobre, vous verrez. Tout était là. Mes analyses, ça ne se voit plus. Elles avaient 2-3 ans d’avance sur celles des commentateurs américains. C’est quoi ? C’est l’esprit de Munich : « Il va peut-être changer… Il va peut-être comprendre comment ça marche… Il va peut-être s’habituer… »

Encore hier ou avant-hier, quand il est là, tout satisfait devant sa foule qui hurle de renvoyer les gens qui ne sont pas blancs ailleurs, on dit : « Regardez sa fille, Ivanka – tout le monde sait que c’est une Démocrate – elle l’a obligé à dire 5 minutes plus tard qu’en fait, ce n’est pas ça qu’il voulait dire, qu’en fait, il avait essayer de faire taire la foule ». Il y a une station de télé qui a minuté combien de temps il réagit à ce que la foule qui crie « Renvoyez-les chez eux ! ». Est-ce qu’il l’a interrompue tout de suite ? Pendant 13 secondes, il est là aux anges, il est là au 7ème ciel parce qu’il a ses fascistes derrière lui qui sont en train de gueuler.

Pourquoi est-ce qu’il n’étend pas sa base ? Il s’en fout. C’est un séditieux. Il n’a pas besoin de plus de 35 à 40 %. Le jour où il perdra des élections, il dira : « C’est parce qu’ils ont triché. D’ailleurs, mon copain Poutine est d’accord avec moi et Mme Le Pen aussi est d’accord avec moi ». Je vais vous remettre cette photo de ce splendide tableau dans le style réalisme socialiste qui n’a rien à voir avec le socialisme mais c’est comme cela qu’on l’appelait pour la peinture académique du régime communiste russe, où on voit – si vous ne l’avez pas vu il y a 3 ou 4 ans, quand j’ai montré ça, non il y a 2 ans – regardant vers l’avenir, le regard fier, M. Poutine, M. Trump et Mme Le Pen. Splendide tableau, grande contribution à l’art pictural, à l’art de la peinture.

C’est une internationale. C’est une internationale fasciste. Il n’a pas besoin d’avoir plus que 35 à 40 %. Il est déjà d’accord avec Poutine. Il est déjà d’accord avec Mme Le Pen. Il est déjà d’accord avec M. Salvini, avec M. Orban et ainsi de suite. C’est une internationale. Ils se tiennent les coudes, vous le savez. Qui est-ce qui a organisé ça ? Son copain Steve Bannon qui est toujours là. Il a renvoyé Steve Bannon. Tout le monde a dit : « Ils continuent à se téléphoner ».

Steve Bannon, c’est le type aussi qui avait mis en place Cambridge Analytica, l’officine pour tricher dans les élections, pour cibler les électeurs susceptibles de changer de camp. Tout ça est très au point. On a ça. Regardez mes vidéos sur Trump s’il vous plait, ça nous touche de tout près. C’est une internationale. C’est une transnationale. C’est une transnationale fasciste. Le mot est le mot qui convient. C’est exactement ça. C’est les Aryens contre les autres. C’est les Blancs contre les autres. Les Blancs on peut dire « chrétiens », quoi que ça n’ait pas grand-chose à voir avec le christianisme. C’est les Blancs contre les autres.

Vous le savez, avec Hitler, c’était encore un peu plus compliqué. J’avais un oncle qui a été envoyé dans un camp de prisonniers en 40 ou 41, je ne sais plus. Parce qu’il était interne des hôpitaux : c’était un tout jeune médecin. Il m’a dit un truc et je le répète quand ça vient dans la conversation. Je peux vous le dire à vous. Il a dit : « Dans le camp où j’étais, il y avait encore parfois des médicaments pour les Juifs mais il n’y avait pas de médicament pour les Russes : les Russes, c’était encore un cran en-dessous ». C’est comme ça.

Dans le cas d’Hitler, il y avait encore des classifications plus subtiles que juste les Blancs. Si vous regardez, si vous vous intéressez à des choses aussi pointues que la correspondance entre Nietzsche et Cosima Wagner, et Wagner lui-même, Richard Wagner. Cosima Wagner, c’était la fille de Franz Liszt qui a été toute sa vie la maîtresse de Wagner en étant encore la femme de quelqu’un d’autre. Tous ces gens, ce sont donc les grands théoriciens de l’antisémitisme. Ils parlent d’un ami à Nietzsche entre eux en disant : « C’est pas un Juif mais il ne vaut guerre mieux parce que c’est un Slave ». C’est comme ça que ces gens raisonnent. Il y a des catégories de plus en plus proches. On élimine facilement les Arabes, les Juifs, les Tziganes… Mais à l’intérieur des Blancs, on fait encore des catégories s’il faut faire les choses d’un point de vue survivaliste. Les Russes n’ont pas oublié d’ailleurs. Vous savez, c’est eux qui ont pris Berlin.

Enfin bon, je m’égare un peu dans des digressions. C’est une transnationale fasciste. Ça nous concerne aussi. C’est pas parce que c’est en Amérique, c’est pas parce que c’est Trump. C’est pas un rigolo. C’est un séditieux. Il prépare son truc. C’est très clair pourquoi il n’a pas besoin de plus de 35 à 40 % des gens derrière lui. Il les chauffe à blanc, c’est tout. Et ce sont des gens surarmés. Dans une guerre civile, je ne donne pas cher des autres même s’ils sont beaucoup plus nombreux. Et ils ne sont même pas beaucoup plus nombreux à 60 à 65 %. Ils ne sont pas tellement plus nombreux que les autres.

La difficulté serait évidemment quand même que les trumpistes sont dans les campagnes et les anti-trumpistes dans les villes. Ça, c’est quand même un peu plus compliqué parce qu’il y a beaucoup de gens dans les villes et très peu de gens dans les campagnes. Ils sont très dispersés. Pour faire venir dans une même manifestation des gens d’Alabama et du Nebraska, ce n’est pas évident quand même. C’est un très très grand pays. Quand on essaye de le traverser en bagnole sans rouler toute la nuit, c’est quand même 10 jours, je vous le rappelle. C’est long. C’est grand.

Alors, moi, ça me fait plaisir de voir que 2-3 ans plus tard, les journalistes américains, les commentateurs commencent à faire des commentaires comme les miens en 2015 et en 2016 sur M. Trump mais c’est l’esprit de Munich. J’espère qu’ils en sortent, de dire : « Oui, ça va peut-être s’arranger ».

Vous avez vu, ça va paraître aux Editions du Croquant. Je ne vais pas avoir la méchanceté de vous dire tous les autres éditeurs avec qui j’ai discuté de la chose. Est-ce que c’est vraiment, comme ils me l’ont dit, parce qu’un livre sur Trump, ça ne se vendrait pas du tout en France ? C’est possible. Ou est-ce que, chez ces éditeurs, c’est là aussi l’esprit de Munich en disant : « On va pas faire de vagues. On peut le laisser publier des bouquins qui s’appellent Se débarrasser du capitalisme est une question de survie. On peut mettre des bouquins en disant « Livre sur l’extinction » parce que ce n’est pas très sérieux de toute manière. Ça ne mange pas de pain : ce n’est pas demain la veille que l’on se débarrassera du capitalisme ou qu’on lèvera le petit doigt véritablement pour lutter contre l’extinction. Mais dire du mal de Trump, on ne sait jamais, ça peut peut-être vous jouer un tour un jour ou l’autre. Il vaut mieux voir si on ne peut pas se mettre d’accord avec ce gars, etc. » Ceux qui ont voulu voir si on ne pouvait pas se mettre d’accord avec un gars comme Hitler, ils ne sont pas là pour le dire d’abord parce qu’ils seraient très très vieux mais, surtout, parce qu’ils auraient disparu très prématurément.

Voilà une petite vidéo qui s’appelle « Trump : une transnationale fasciste. » J’espère que vous la regarderez quand même. Ça nous touche nous ici aussi. Ce n’est pas une affaire qui concerne uniquement les autres.

À bientôt !

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20 réflexions sur « Trump : une transnationale fasciste, le 20 juillet 2019 – Retranscription »

  1. Question simple : au-delà des formules-choc, est-ce qu’être contre l’immigration pour conserver ses repères culturels et sécuritaires sans être dans une logique de haine raciale ou religieuse, est-ce être « fasciste » ?
    Merci !

    1. Cher Monsieur, les lecteurs de mon Blog ne manqueront pas de vous répondre.

      Mon grain de sel : on peut très bien être suprémaciste blanc sans être néo-Nazi, le Ku Klux Klan et le parti Nazi américain sont deux entités distinctes, même s’ils manifestent souvent conjointement.

      1. Paul Jorion
        Peut-être suis-je aussi un « suprématiciste blanc », mais j’espère que l’on ne verra plus jamais quelque chose comm la croix gammée (ma famille en a terriblement souffert, alors que nous ne sommes pas des Juifs).
        Mais je pense il se passe des choses depuis un certain temps: une lente articulation d’une nouvelle forme de « fascisme »: celle de ségregation par l’argent, par un système de distribution réservé aux priviligiés (logement, accès aux formations et aux emplois…….et ainsi de suite).
        La gauche comme la droite classique ont fait croire aux gens que nous pourrions vivre dans un monde de bisounours, un monde ouvert à tous les vents. Le « mérite » de Trump consiste à contéster cela par antithèse: un monde fortement concurrentiel où tous ne voyent que leur intérêt, un monde rude voire violent, contre lequel il faut être armé.

      2. Le « mérite » de Trump

        comme vous l’appelez, c’est de dire aux Afro-américains de rentrer « chez eux », alors qu’ils ont été amenés de force aux Etats-Unis, et aux Amérindiens qu’ils ne sont pas chez eux en Amérique. Qu’est-ce qui ravage les pays d’Amérique centrale dont ils sont originaires, si ce n’est l’addiction des US pour les drogues dures ?

      3. Le problème US est un problème multifactoriel, les causes sont connus. Trump est un phénomène du « revers de la médaille ». Et c’est ca qui fait peur à un grand nombre d’américains et qui déconcerte les européens. Depuis 2017, on assiste aux USA un accroissement spectaculaire de l’immigration illégale. En mai de cette année, on comptait 133 mille migrants venant du Mexique. Ce que vous et d’autres accusent, c’est-à-dire des conditions « camps de concentration » à la frontière est une conséquence de la masse de migrants; l’administration n’a pas été préparé à cet afflux, ni les instances habilités d’accorder le droit d’asyle. Et Trumps se voit reconforter avec sa demande d’un « mur » (« build that wall! »). Un sénateur US m’a dit qu’il craint un pull-effect: une politique trop généreuse (comme les Allemands l’ont pratiqué) encouragerait l’immigration illégale, avec des conséquences et suites ingérables pour les USA.

      4. « Qu’est-ce qui ravage les pays d’Amérique centrale dont ils sont originaires, si ce n’est l’addiction des US pour les drogues dures ? »

        Entres autres. La principale drogue dure dont les US (rep’s de fait et Dems itou), n’ont visiblement pas encore envie de se désaccoutumer est celle dont le principal fournisseur est la NRA.
        https://www.lesechos.fr/monde/etats-unis/pointee-du-doigt-apres-les-tueries-la-nra-est-affaiblie-1122843

        États-Unis : ces entreprises qui tentent de freiner les ventes d’armes
        https://www.lepoint.fr/monde/le-journal-de-trump/aux-etats-unis-des-entreprises-font-la-chasse-aux-vendeurs-d-armes-01-06-2019-2316311_3241.php

    2. @Intelclown
      En ce qui concerne les repères culturels culinaires, tout ce qu’il y a dans votre assiette aujourd’hui est le fruit des mouvements de population depuis des milliers d’années. La sacro-sainte baguette de pain française dont s’enorgueillissent certains (au point de demander son classement au patrimoine immatériel mondial de l’UNESCO) ne saurait exister sans la migration au Néolithique de populations en provenance du Proche-Orient (un exemple parmi tant d’autres, une liste exhaustive monopoliserait un nombre important de pages).

      1. Exactement, sans parler des tomates dont les variétés sont aussi colorées, que riches et variées.

        2ème légume au monde le plus consommé, après la pomme de terre, qui elle aussi est une grande migrante devant l’Éternel et qui continue, elle aussi, de faire la nique à Trump. Cool.
        « LYCOPERSICON PIMPINELLI FOLLIUM » ou comme renommée par le botaniste écossais MILLER, en 1731, ESCULENTUM qui veut dire « comestible »car déclaré comestible, bien après que les Aztèques qui eux en consommaient et, les appelaient plus sobrement « tomate ».
        Ainsi , de fait, nommée de nos jours tomate. Joli !
        Les faits ont ainsi démontré, s’il en était besoin, que les légumes, entre autres, n’ont que faire des ruminations et autres élucubrations stériles et superfétatoires d’un botaniste Écossais dont les faits confirment l’inanité, sauf pour la cornemuse, le mur d’Hadrien voire le mur d’Antonin.

        Bref, sauvage, rouge, jaune, noire, hybride ou pas, vous l’aurez compris, la tomate : ce n’est que du bonheur. Miam, miam.

        http://tomatologue.free.fr/Histoire_de_la_tomate.html

  2. Aussi fou que soit Trump, il convient de voir au-delà de sa petite personne…

    Macbeth, acte I, scène IV : « Mais il faut que cela se fasse, ce que mon œil craindra de voir lorsque ce sera fait ». Lady Macbeth, scène suivante : « Tu voudrais être grand, tu n’es pas sans ambition ; mais tu ne la voudrais pas accompagnée du crime : ce que tu veux de grand, tu le voudrais saintement ; tu ne voudrais pas jouer malhonnêtement, et cependant tu voudrais gagner déloyalement. »

    N’a-t-on pas là une description fidèle de la politique américaine et occidentale contemporaine ? Les USA ont l’ambition d’être grands et de l’être saintement, mais leur ambition est accompagnée de trahisons et de crimes, de toujours plus de trahisons et de toujours plus de crimes. Les Américains peuvent faire leurs les mots de Macbeth : « Mais il faut que cela se fasse, ce que nos yeux craindront de voir lorsque ce sera fait ». C’est ce qui est en train de se passer.

    Nous sommes les fidèles alliés et indéfectibles complices des USA.

    Avec eux nous sommes sur la voie de Macbeth. Comme lui nous tenons notre position d’une victoire sur le mal. Ayant triomphé de Cawdor, ennemi du roi et qui voulait lui prendre le trône, Macbeth devient lui-même Cawdor, devient lui-même ennemi du roi et, réussissant là où l’autre avait échoué, tue le roi et prend son trône. Comme Macbeth : ayant triomphé de l’Allemagne hitlérienne, nous avons fait nôtre son ambition, dominer le monde.

    À notre tour, ayant vaincu celle qui incarnait le mal, nous incarnons le mal.

    L’avenir est sombre. Ce que, avec nous, les USA font parce qu' »il faut que cela se fasse », ce que leurs yeux craignent de voir, tant c’est contraire à leurs principes, leurs yeux et nos yeux un jour le voient…

    A la suite de l’Allemagne hitlérienne vaincue, les USA sont devenus les apôtres de la force. N’est-ce pas cela qu’il faut voir en face ? N’est-ce pas cela que Trump, dans sa folie, exprime explicitement ?

  3. La remarque préliminaire sur la justification du terme fasciste est assez intéressante. Vous nous dites que vous ne l’employez pas souvent et vous la rapprochez des noms de Trump, Poutine, Le Pen, Salvini, Orban… on peut le comprendre. Mais par ce bref commentaire, je voulais vous exprimer à quel point je pense que cette façon de le limiter est contre-productive. Car pour lutter contre ce fascisme, il suffirait en définitive de faire barrage aux idées avancées par ces personnes.

    Prenons l’exemple des élections françaises, il aurait donc suffit de voter contre les idées avancées par Mme Le Pen pour le vaincre (le fascisme). Or il nous apparaît en définitive que son opposant de l’époque, M. Macron, se montre intransigeant dans l’application de mesures sociales et économiques considérées par nombre de français (une majorité?) comme injustes envers les faibles, portant à un accroissement des inégalités, paupérisant et divisant la population en détruisant le tissu social.

    Un programme appliqué de force, la répression policière (milicienne?), l’absence de remise en question du pouvoir, le culte de la personne autour de ce chef s’entourant de courtisans et d’institutions soumises ou montrant leur inefficacité critique face à ce chef d’Etat omnipotent ne doivent-elles pas être alors considérées aussi comme des symboles fascistes? La comédie autour du Grand débat, tribune lui permettant d’exprimer à son monde son omniscience ne doit-elle pas alors être considérée comme une prémisse à ces bains de foule tant prisés par ces autres noms de dictateurs que vous citez ou oubliez (en Italie en en connaît un rayon en matière de dictateur fasciste).

    Certes il n’y a pas de relents racistes dans ces discours mais le mépris de classe y est présent assez souvent avouons-le.

    Je pense pour ma part que cette haine de l’autre, ce mépris social (envers les Riens), le culte de la personne dirigeante, le répression dure de la contestation, sont bien les ingrédients nous confirmant chaque jour que nous ne parlons pas assez de fascisme. Peut-être aussi parce que nous le vivons déjà sous une forme plus raffinée et plus discrète, moins barbare mais de plus en plus violente lorsqu’il apparaît au grand jour.

    Savoir que l’on vit déjà dans un système nous permet selon moi de ne pas trop vite baisser la garde en nous disant que le monstre est vaincu … alors même qu’il vient de nous avaler… Je me rappelle une seule phrase de ce grand-père toscan qui faisait un raccourci assez simple mais très clair pour mettre en évidence qu’un système va au-delà de simples personnes… en gros ça faisait « Papa, Duce e Re, li ammazzo tutti e tre » ;). Bien à vous

    1. Merci pour vos commentaires. Ils me font penser que vous n’êtes pas au courant d’appellations que j’utilise depuis plusieurs années dans mes textes. Je parle de « fascisme en col bleu » pour le fascisme de type italien, nazisme, etc. et de « fascisme en col blanc » pour l’ultralibéralisme (que j’appelle parfois de manière plus imagée de « religion féroce »).

      J’espère avoir un peu clarifié.

      1. Tout à fait. Mais puisque vous parlez du fascisme ultra-libéral et même si une personne telle que le président français actuel réfuterait sans doute cette appellation (ultra-libéral) en jouant sur une certain nombre de nuances techniques, je ne pense pas qu’il réussirait bien longtemps à cacher cette attitude assez caractéristique de dénigrement de ceux qui lui ressemblent si peu, les riens, les traverseurs de rue, les réfractaires. Je pense pour ma part que cela doit découler de cette tendance ultra-libérale pour le coup à la quantification et à la hiérarchisation, à la déshumanisation par classement en fait. Il en ressort donc que pour un certain nombre d’entre nous, le seul choix offert actuellement par notre système électoral serait celui de décider de la couleur du col du prochain régime.
        Je ne sais si vous partagez cette opinion mais votre nuance est intéressante. Merci.

  4. « (Trump) est déjà d’accord avec Poutine. Il est déjà d’accord avec Mme Le Pen. Il est déjà d’accord avec M. Salvini, avec M. Orban »

    D’accord sur quoi ?
    – Une plus grande libéralisation de l’économie ? D’accord : Trump, Poutine. Dans une certaine mesure : Salvini, Orban. Contre : Le Pen
    – Une restriction de l’immigration ? D’accord : Trump, Le Pen, Salvini, Orban. Pas Poutine
    – Des embargos, pressions militaires voire guerres pour le maintien voire l’expansion de l’hégémonie (Iran, Venezuela) ? D’accord : Trump. Activement contre : Poutine. Modérément contre ou indifférents : les autres

    « C’est une transnationale fasciste. Le mot est le mot qui convient. C’est exactement ça. C’est les Aryens contre les autres. C’est les Blancs contre les autres. »

    Ce qui suppose donc que Poutine est fasciste / nazi. Alors que les Nazis – les vrais – ont tué plus de 25 millions de Russes et autres Soviétiques, principalement des civils. Je ne trouve pas ça très convaincant. A peu près autant que de dire que le premier ministre israélien Netanyahou est un nazi.

    C’est dire aussi que Poutine est raciste : les Blancs contre les autres. Ce qui serait un peu étrange aussi, étant que… beaucoup de Russes ne sont pas blancs du tout, ils sont de type asiatique et leur yeux sont plus ou moins bridés.

    Le mot « fasciste », qu’on l’applique aux « fascistes en col bleu » c’est-à-dire ceux qui souhaitent restreindre l’immigration comme Trump, Le Pen, Salvini ou Orban, ou aux « fascistes en col blanc » c’est-à-dire ceux qui souhaitent des transformations économiques dans un sens libéral comme Trump, Poutine ou Macron, c’est un mot de colère. Pas un mot d’analyse.

    Il obscurcit, alors qu’il s’agirait plutôt de clarifier.

  5. Sur ce que vous pensez de Trump, le personnage, je peux être d’accord. Ce qui ne me lasse de m’étonner C’est votre obsession à vouloir qu’il soit destituer. Je n’y crois pas du tout. Ce pense qu’il rend bien service à certains en prenant le rôle du bouc émissaire.
    Ceci dit les américains sont des champions pouf se faire déborder par leurs marionnettes.

      1. On dirait bien que l’esprit de Munich a de beaux restes.
        On pourrait sortir le slogan : « le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève « .
        Ou alors on peut donner la parole à Jean-Pierre Mocky : Mister Mocky présente… L’énergumène (https://youtu.be/LPPZamm0mQQ)

  6. La gauche (et donc P Jorion) utilise le mot « fascisme » comme qualificatif et insulte des politiques que la gauche déteste.
    Ce terme, devenu synonyme de méchant ne signifie donc plus grand chose dans ce cénacle.
    Pour moi, un régime fasciste implique:
    1) Un chef qui ne respecte pas les règles et droits de la démocratie ;
    2) Une adhésion populaire basée sur un nationalisme exacerbé.
    Si on suit cette définition, Trump (et encore moins Macron) ne sont pas fascistes. Ce qui ne signifie pas qu’ils soient sympas.
    Par contre, Poutine est sur la voie.
    Un autre amalgame se fait entre racisme et fascisme (voire nazisme). On oublie que les GI’s acclamés par nos parents étaient majoritairement ségrégationnistes.
    Ceci pour demander de respecter la précision des mots sans laquelle le débat devient difficile. et dégénère en invectives.

    1. Trop d’oublis…

      3) La contrainte sociale et la discipline (soit-disant autodiscipline).
      4) La coercition.
      5) L’ appareil répressif, multiforme et envahissant.

      1. Vous avez raison et on pourrait encore en ajouter ( embrigadement de la jeunesse, syndicats uniques et corporatistes…) mais cela ne change pas le principal de mon propos qui est de déplorer l’affadissement du vocabulaire.

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