Royaume-Uni : Vers la guerre civile ?

Quand j’avais déclaré en juin 2016, au lendemain du referendum qui avait vu une courte victoire du Brexit, que la sortie de l’Union européenne n’aurait pas lieu parce qu’elle était tout simplement irréalisable, pour deux raisons : économique et en raison du statut de l’Irlande, stabilisé de manière apparemment irréversible par les accords du Vendredi-Saint 1998, je n’avais pas réfléchi si le non-événement aurait lieu dans le calme ou dans le tumulte.

Nous le savons aujourd’hui, et la chose se confirme de minute en minute : c’est dans le tumulte.

Un groupe de parlementaires : une ex-Conservatrice, des Travaillistes, des Libéraux-Démocrates et la représentante Verte, ont produit hier la déclaration de Church House, qui affirme que le Premier ministre Boris Johnson constitue une menace à la « nature profonde » de la démocratie britannique, et que le parlement se réunira, même si Johnson le dissout pour faciliter le passage d’un Brexit « sans accord » :

« Toute tentative pour empêcher le parlement de se réunir, de faire passer en force un Brexit sans accord, trouvera devant elle une résistance démocratique forte et généralisée. »

À quoi Johnson a répondu ce matin à 11h33 par une lettre où il annonce une fin des travaux du parlement le 14 octobre, après la reprise des travaux parlementaires en septembre, alors que la date du Brexit est fixée au 31 octobre.

Nicola Sturgeon, cheffe de file du Parti nationaliste écossais (SNP), le troisième parti en nombre de représentants au Royaume-Uni (35), avait précédemment déclaré ce matin :

« Il semble donc que Boris Johnson soit sur le point de suspendre le Parlement pour faire passer de force un Brexit sans accord. À moins que les députés ne se rassemblent pour le stopper la semaine prochaine, la journée d’aujourd’hui s’inscrira dans l’histoire comme une journée tout particulièrement sombre pour la démocratie au Royaume-Uni. »

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