L’Écho, Le Brexit, le « Peuple » et les parlementaires, le 10 septembre 2019

Ouvert aux commentaires.

Le Brexit, le « Peuple » et les parlementaires

Les États-Unis et le Royaume-Uni se trouvent aujourd’hui en situation périlleuse pour la même raison : les deux nations ont à leur tête un dirigeant décidé à étendre son pouvoir, celui que lui confère le fait d’être le chef de l’exécutif, au détriment du pouvoir législatif traditionnellement réservé aux parlementaires, désignés constitutionnellement comme un contre-pouvoir.

Seule différence entre eux aujourd’hui, Johnson essuie revers après revers, alors que Trump a eu l’habileté de prendre à contre-pied le Congrès, le parlement de son pays, grâce à une tactique dont il fait un usage systématique. Le président américain tire ainsi parti du fait qu’il existe une importante zone de non-dit dans le fonctionnement ordinaire des institutions démocratiques. Cette zone muette doit son existence au présupposé que l’on ne peut devenir Président si l’on ignore la common decency, les bonnes manières. Trump feint l’ignorance et s’engouffre dans la brèche de ce non-dit. Ainsi quand il s’enquiert s’il lui est possible de s’accorder la grâce présidentielle à lui-même. S’entendant confirmer qu’aucun texte n’interdit explicitement une hypothèse aussi loufoque, il laisse entendre qu’il n’hésitera pas alors à s’en faire bénéficier.

La justification qu’offrent Trump et Johnson de leurs incursions est la même : la revanche du « peuple » injustement spolié. Les parlementaires auraient négligé leur devoir de représentation pour se consacrer à la défense seulement des intérêts de leur « clique », ou dit de manière moins polémique : du groupe socio-économique auquel ils appartiennent.

Un tel reproche ne date pas d’hier, il fait partie de l’arsenal de propagande du populisme de tous les temps. Au début de l’occupation allemande, Henri de Man, principal conseiller de Léopold III, déclare : « La guerre a amené la débâcle du régime parlementaire et de la ploutocratie parlementaire dans les soi-disant démocraties. Pour les classes laborieuses et pour le socialisme, cet effondrement d’un monde décrépit, loin d’être un désastre, est une délivrance ».

Ce qui ne veut pas dire pour autant que le reproche d’égocentrisme adressé à la classe des parlementaires soit entièrement injustifié. Les enquêtes menées à l’occasion de la récente jacquerie des Gilets jaunes ont mis à jour un véritable délitement des classes moyennes, débouchant sur une société « en haltère » où s’observent en chiens de faïence, d’un côté, une frange importante de nantis et de l’autre, une population considérable d’individus à la dérive, sans qu’il n’y ait plus grand monde comme trait d’union entre les deux groupes. D’où le sentiment qui se développe parmi les laissés-pour compte, que les parlementaires ne s’occupent que des petits soucis des « élites », les gagnants du monde d’aujourd’hui, alors qu’ils négligent leurs gros soucis à eux, victimes d’un nouveau « Malheur aux vaincus ! ». 

Un conflit violent entre exécutif et législatif n’est pas une nouveauté pour les Britanniques puisque c’est l’affrontement entre Charles 1er et son parlement qui fut à l’origine de la grande Révolution anglaise (1642-1651), débouchant sur le gouvernement d’Olivier Cromwell. Mais le rappel de cette tragédie historique souligne à quel point de telles luttes de pouvoir sont rares et reflètent des périodes hors du commun sous de multiples aspects. Tel est bien le cas aujourd’hui : un réchauffement climatique unique dans l’histoire récente voit se succéder sur un même été plusieurs canicules, événement décennal autrefois ; des îlots en Europe auront connu en 2019 des températures dépassant les 40°, seuil à partir duquel la végétation « rôtit » littéralement ; ces jours derniers l’ouragan Dorian a pratiquement rayé de la carte plusieurs îles des Bahamas.

Dans un tel contexte, profondément fragilisé, à la merci de moissons médiocres et de la dévastation causée par des événements météorologiques extrêmes, les sursauts d’un monde politique passablement déboussolé trouvent un terrain où l’onde de choc qu’ils créent peut se répercuter loin de son point d’origine.

Si l’on évoque désormais le risque d’un effondrement généralisé, on oublie que ce sont de réels événements qui le précipiteront. Accordons du coup toute l’attention qu’il mérite au Brexit dans sa capacité de déclencheur éventuel d’une catastrophe. Géré de manière calamiteuse par des apprentis-sorciers, rien ne l’empêche d’être « l’étincelle qui met le feu à la plaine ». Soyons vigilants !  

Partager :

27 réflexions sur « L’Écho, Le Brexit, le « Peuple » et les parlementaires, le 10 septembre 2019 »

  1. Trump et Johnson (sans omettre naturellement notre géante gazeuse nationale) ne sont pas les causes de l’effondrement politique en cours, mais leurs conséquences.

    Le vieux monde de la démocratie « représentative » s’effondre, non sous les coups d’un quelconque ennemi extérieur mais sous les coups de ses propres dirigeants, BoJo, Cameron ou Macron étant de purs produits du système élitiste local (et Trump est né milliardaire).

    De toute évidence, aux nuances nationales près dues à des histoires politiques différentes, la séparation des pouvoirs en France, RU ou USA n’a plus grande signification dans un monde où les intérêts privés imposent leurs dictats aux politiciens professionnels.

    Et je doute fort que les aboiements des chiens de garde ou la distribution tout azimut de l’étiquette « populiste » à toutes celles et ceux qui s’opposent à ce système totalement corrompu suffisent à éviter l’effondrement.

    Le TINA marquant tout à la fois l’impuissance et la privatisation du politique, il serait finalement logique que le feu à la plaine parte du pays de Margaret Thatcher.

    Qui sème le vent…

    1. @ Roberto Boulant.

      J’ai apprécié votre commentaire. Espérons le moment venu que le peuple britannique saura alors se dépasser en renversant sa monarchie et sa classe aristocratique débilitante d’où naissent notamment les Boris Johnson et consort. Je m’étonne parallèlement que la Cour Pénale Internationale n’ait toujours pas arrêté le criminel de masse M.Tony Blair, responsable avec les barbares « Néoncons » US, de plus d’un million de morts civiles en Irak lors de l’invasion américano-britannique de ce pays en 2003.

  2. Trump et Johnson : on les compare, on les met dans le même panier, on les vouent aux mêmes gémonies, quelle erreur ! À part la couleur et l’allure de leurs tignasses, tout les sépare.

    Trump est une vedette de la télé-réalité égarée en politique. Johnson tout au contraire est, corps et âme, un homme politique.

    Trump n’a que faire de la signature de son pays ; que ce soit lui ou Obama qui ait tenu la plume, il est prêt à la renier sur un mouvement d’humeur. Johnson, lui, à l’opposé, est décidé à faire en sorte qu’une décision souveraine du peuple britannique soit honorée.

    Trump se moque des institutions et sans doute les connaît-il mal, Johnson les connaît sur les bouts des doigts et sait s’en servir avec audace à son avantage.

    Trump est un Américain parvenu, Johnson un Anglais de la haute société. Il y a entre eux un abîme.

    Les Usa sous présidence Donald Trump pourraient bien être jetés à bas de leur piédestal, le Royaume Uni de Boris Johnson devrait sortir grandi de l’épreuve en cours.

    Ce qui est vrai des hommes l’est aussi des nations : les aïeux, même vieux, ont une sagesse que leurs jeunes descendants n’ont pas…

      1. Vous en concluez ce que vous voulez sur moi. Sur ces deux personnalités il faut en conclure qu’elles n’ont rien en commun sinon leurs tignasses, comme déjà dit, et la qualification honteuse dont elles sont affublées, « populiste », et en conclure aussi que ce qualificatif honteux a un synonyme, «escroc».

        Affubler les gens d’un qualificatif et les juger sur ce qualificatif ne donne jamais rien de bon.

        Les USA vivent un fin de règne (leur règne sur le monde) et ont élu, en désespoir de cause, cet olibrius de Trump qui ne va que précipiter le déclin.

        Le Royaume Uni, déchiré entre sa souveraineté et l’adhésion à la secte Europe, se débat à la fois contre lui-même et contre elle. Dans un sursaut il a voté pour rester lui-même. Johnson je crois l’a compris.

      2. Nous pourrions peut-être conclure que le parti des millionnaires – Trump & Johnson & Obama & Clinton & Bush & Poutine & Macron & le Pen & etc – n’est pas le meilleur parti politique pour la défense des peuples, des citoyennes et des citoyens et concomitamment pour la défense de la planète d’où ce parti minoritaire et puissant exhale de lourdes senteurs méphitiques. Aux dernières nouvelles et sous d’autres latitudes, M.Netanyahou, premier ministre de l’Etat d’Israël promet d’annexer la vallée du Jourdain en Cisjordanie palestinienne, s’il est réélu. Voilà qui promet. Cela fait beaucoup trop d’évènements dessinant une bien triste perspective.

      3. @Hervé, @Denis Monod-Broca,
        faudrait-il en conclure que « que les pauvres pour être honnêtes »

        donc que pensez-vous de Zemmour et de Drumont tous deux d’origines modestes ?

      1. @Annie Strasse

        Outre votre formulation quelque peu boiteuse, quel est le rapport entre ma modeste contribution ici et vos présupposés alambiqués voire vos préjugés ?

        Une lecture que je vous recommande pour ne pas tomber – vous & moi – dans les niaiseries d’usage que l’on voit un peu partout sur les sites divers et avariés dans la rubrique  » commentaires « .

        Livre :  » Les Guerres du Climat  » par Harald Welzer – éditions Folio.

        Bonne lecture à vous Annie Strasse.

    1. mettre Obama et Trump dans le même sac est assez curieux, même si je n’ai pas suivi l’enthousiasme par millions pour Obama sur FB avant son élection, j’attends en général des preuves, et n’attends jamais tout d’un politique quel qu’il.elle soit.
      Cependant concernant Trump je ne le prenais pas au sérieux avant son élection, et j’ai eu tort.

      Quant au reste vous faites dans l’originalité ici. Ce n’est pas la première et sans doute pas la der.

  3. Pour ma part voici mon avis (ou plutôt mon questionnement).

    S’il est impossible à un peuple et à un Etat de sortir d’un Etat fédéral dans lequel il s’est imbriqué (engagé), par un referendum (et considérant que cette union n’est plus dans son intérêt), alors ce peuple n’est plus souverain. Et donc cet Etat n’est plus ce qu’on nomme une démocratie.

    Si l’on observe en plus que des représentants du peuple (qui sont élus et normalement devraient être parmi les meilleurs individus de ce peuple) s’évertuent à utiliser les institutions pour aller à l’encontre de ce que le peuple a voté… ce qu’on observe c’est au mieux, une collision entre les dimensions aristocratiques et démocratiques des institutions de cet Etat (et au pire entre les dimensions oligarchiques et démocratiques dans la mesure de la corruption vénales des-dits représentants).

    Partant, ne faut-il pas assumer tout simplement une préférence pour les institutions aristocratiques (sinon oligarchiques) si l’on prend dans cette dispute le parti des parlementaires qui prétendent agir à l’encontre du peuple et pour son bien contre son avis?

    Ou bien encore, peut-être s’agit-il tout simplement de cesser de qualifier nos oligarchies de l’adjectif démocratique. Par soucis de franchise et de sincérité. La démocratie ne peut pas être réduite à un art de bien manipuler les opinions…

    Ou bien enfin il faut tout à fait laisser tomber cette idée qu’une courte majorité soit suffisante pour gagner le vote qui engage une nation dans telle ou telle direction cruciale…

    Quoiqu’il en soit, j’avoue que je m’étonne de votre position Monsieur Jorion (je vous lis souvent, depuis longtemps). N’êtes-vous pas dans une sorte d’angle mort sociologique vous qui faites pour ainsi dire partie de nos élites (je le dis sans haine)?

    Dîtes-moi je vous prie si j’écris des bêtises…

    Amicalement

    Manuel

  4. L’Union européenne va céder… comme d’habitude.

    Boris Johnson fait partie de l’establishment comme vous le dites si bien (C’est un faux rebelle). A la différence de T. May, il bénéficiera des » coups de fil » qui font systématiquement plier Bruxelles.

    Le royaume_uni aura tous les avantages de l’Europe sans les inconvénients. Et la démocratie anglaise sera sauvée !

  5. Référendum, parlement, légitimité démocratique…
    Je pense qu’il serait bon de revenir sur ces questions.
    Le référendum pour la Brexit a été pratiquement truqué puisque les Brexiters ont volontairement avancé des chiffres faux et que le débat ne s’est pas fait en profondeur (mais était-ce possible ?). De plus une propagande intensive pour l’Exit a été assurée par une presse de caniveau très puissante (les tabloids). Un autre point : en Suisse les votations s’accompagnent de taux minimaux de collecte et de participation. Pour ma part il me semble plus démocratique pour des questions aussi fondamentales que l’approbation se fasse à plus de 60 %. Les 52 % pour le Brexit dans les conditions soulignées ne m’impressionnent pas du tout, pas plus que l’élection de Macron au 2d tour, essentiellement un vote contre Le Pen dont il se prévaut pour imposer sa politique ultralibérale.

    Pour ce qui est de la représentation parlementaire, je veux évoquer le film de Ken Loach « I, Daniel Blake » comme une clé explicative. Un chômeur est « assassiné » par les lois scélérates mise en place par Thatcher (et jamais abolies par le blairisme !). Donc démocratiquement votées car les Conservateurs avaient la majorité des sièges et donc la légitimité pour le faire et ainsi indirectement détruire des vies. On peut même imaginer que des gens tombés dans la situation kafkaïenne de Daniel Blake aient auparavant voté pour les Tories et ce pour d’autres raisons (la Grandeur britannique…). On a appelé ça l’aliénation mais je trouve que c’est un concept réducteur pouvant appeler à un certain mépris de la part de certains libérateurs marxistes et mal adapté aux réalités humaines. La réalité politique est toujours complexe et nos intérêts souvent très contradictoires, il serait évidemment plus raisonnable de pouvoir exercer la délégation de souveraineté (cf. le RIC ?) et examiner les sujets au cas par cas.
    Alors que peut penser un électeur britannique de son parlement ? Il y a un direct de la télé parlementaire (House of Commons live) et je me suis mis à suivre de temps à autre les débats. Le lieu est incroyable et admirable : le Premier ministre parle juste à portée de postillons du chef de l’opposition ; les députés sont inconfortablement assis (et donc ils peuvent moins utiliser PC et smartphones) au coude à coude sur les bancs ; même pour quelqu’un comme moi dont l’anglais est moyen, la langue utilisée et la perfection rhétorique sont un grand plaisir que je vous conseille à la réouverture du show.
    Et je reste songeur : quel intérêt ces gens, éduqués, cravatés, élégants, ceux qui ont soutenus les gouvernements successifs des Blair et autres Cameron ont pour leurs concitoyens pauvres ? Il est facile de voir le vote pour le Brexit comme un bras d’honneur à cette élite politique. J’estime qu’en effet ce Parlement (dans ses majorités) n’a rien à foutre des classes populaires que par conséquent il me paraît inexact de ramener ce fait crucial à un simple « sentiment » comme le dit Paul Jorion. Idéalement il faudrait tester le désastre pour les Britanniques modestes suivant le Brexit (créer un Singapour/e Tamise !!) et refaire un référendum, pour voter en connaissance de cause.
    Cela étant impossible, je suis donc résolument contre le Brexit (sachant que mon opinion vaut celle d’un lombric dans un champ anglais).
    Dire que le Brexit est « impossible » dépend de ce dont on parle. Certes il est impossible sur tous les plans rationnels concernant tous les intérêts (citoyens de RU et EU) et techniques, mais il est immédiatement (=au 31.10.2019) possible comme le fut la Grande Guerre civile européenne de 1914 à 1945 ─ personne n’a su (ou voulu) à l’époque empêcher ce fatal engrenage. J’espère me tromper.
    J’admire et je respecte Jeremy Corbyn aussi parce qu’il est lui à gauche et veut représenter l’intérêt du peuple, mais pourra-t-il modifier le cours des choses à temps ?

    1. Il y a eu propagande intensive en faveur du Brexit mais une propagande encore plus intensive contre le Brexit.
      Les Britanniques étaient déchirés et le sont encore mais le résultat du référendum est ce qu’il est.

      Le Brexit est-il impossible ? Pourquoi la sortie de l’Ecosse du Royaume Uni semble-t-elle si facile et la sortie du Royaume Uni de l’UE si impossible ? Pourquoi un lien de 3 siècles et une intégration complète seraient-ils plus faciles à rompre qu’un lien nettement plus récent et une intégration nettement plus partielle ?

      Peut-être parce que l’idéologie est pire que le religion et que, si l’UE peut être comparée à une secte, le Royaume Uni peut l’être à une église, respectueuse de la liberté de ses membres…

      1. « Le Brexit est-il impossible ? Pourquoi la sortie de l’Ecosse du Royaume Uni semble-t-elle si facile et la sortie du Royaume Uni de l’UE si impossible ? Pourquoi un lien de 3 siècles et une intégration complète seraient-ils plus faciles à rompre qu’un lien nettement plus récent et une intégration nettement plus partielle ? »

        Faites-moi l’amabilité d’au moins faire semblant d’être au courant de ce que je dis ici depuis juin 2016
        – Expliquez-nous comment vous entendez modifier les accords du Vendredi-Saint 1998 dans le cadre d’une sortie de l’Union européenne
        – Expliquez-nous pourquoi la sortie de l’Ecosse du Royaume Uni est « si facile »

      2. – La Croatie est dans l’UE et hors espace Schengen comme l’Irlande ; la Serbie est hors UE, comme le sera le Royaume Uni et donc l’Irlande du Nord après le Brexit. Elles se font fait une guerre longue et épouvantable et ont aujourd’hui entre elles une frontière et ne se battent plus. Pourquoi n’en serait-il pas de même entre Irlande et Irlande du Nord ? Les gens trouvent toujours des raisons de se battre, mais aussi parfois des raisons pour ne pas se battre. Aussi dramatique que soit cette question irlandaise, en l’affaire elle est secondaire. Et elle est du ressort de Dublin, Belfast et Londres, pas de celui de Bruxelles
        – sur l’Ecosse je me suis exprimé de façon trop succincte. J’ai voulu rappeler que l’indépendance de l’Ecosse était envisagée d’un cœur léger par beaucoup d’européistes, qui se disent même déjà prêts à l’accueillir au sein de l’UE…

        Je lis ce que vous écrivez depuis 2016 et je crois que vous vous trompez, que le Brexit n’est pas impossible, et je crois même nécessaire, démocratiquement parlant qu’il ait lieu.

      3. Il faut noter que les indépendantistes écossais souhaitent couper les liens politiques avec l’Angleterre tout en voulant rester dans l’Union européenne ─ sans remettre en état le mur d’Hadrien ─ ce qui faciliterait bien sûr l’opération mais cela à condition que le Brexit n’ait pas lieu. De plus leur chef d’État serait toujours la reine (ou le prochain roi) tout c’est le cas pour des pays comme le Canada, la Nouvelle Zélande. Dans ces conditions le retour à l’indépendance me semble virtuellement plus « facile » que le Brexit. Mais l’Histoire est faite de paradoxes et actuellement un des meilleurs soutiens des Remainers est le SNP (et c’est la cour d’Edimbourg qui leur a peut-être apporté un point important dans leur lutte). Paradoxes !

    2. @Jacques Seignan
      Comme vous j’ai été surpris par la configuration de la Chambre des Communes, très éloignée des amphithéâtres auxquels nous sommes plus habitués .
      La disposition des groupes parlementaires face-à-face, avec le speaker/arbitre entre les deux sur sa chaire, le ministre qui descend dans la fosse pour présenter ses textes, la proximité physique des représentants sur leurs banquettes, l’exiguïté des lieux (au point que tous les élus ne peuvent siéger en même temps à moins de rester debout) tout cela est étonnant et parait moins « guindé » que dans d’autres parlements. La démocratie ne se résume pas à ces considérations architecturales, mais quand même, j’éprouve comme une sorte de sympathie pour ce lieu et pour la façon dont les discussions s’y déroulent.
      Je n’exclue pas cependant que mon aversion pour l’architecture gréco-romaine antique et mon goût pour le style néo-gothique altère mon jugement 😉

  6. Democratie mot passe partout depuis quand uk est une democratie qui nomme la chambre des lords La reine monarchie constitutionnelle aristocratie oui mais pas democratie le brexit ne profiteras qu a establishment et a la city c est tres bien de faire fabriquer au peuple la cagepour l’enfermer lhydre democratique se repaît du sang de ses enfants

  7. « Et ceux qui gouvernent l’Angleterre
    Et en conclave font la guerre,
    Hélas, hélas pour l’Angleterre !
    Ne reposent pas encore au cimetière. »

    Ces vers de G.K. Cheterton écrit à propos de la guerre de 14-18 pourraient bien s’appliquer en ces jours funestes.

  8. L’issue d’une lutte entre deux souverains (ou entre deux niveaux de souveraineté) dépend moins de l’état présent ou antérieur de leurs rapports juridiques que de la puissance de l’investissement affectif et passionnel de leurs parties en faveur de la pré-éminence de l’une d’entre elle. Ce qui rend tout possible, même si au prix d’une catastrophe…

    Enfin l’avenir nous le dira…

    C’est un usage récurrent de notre temps que d’utiliser la certitude de l’imminence d’une catastrophe (elles arrivent de partout) pour argumenter des possibles et impossibles (et du souhaitable)

    Puisque les catastrophes arrivent, brexit or not brexit, bien malin qui dira a priori, si l’on est mieux loti pour y survivre en dehors ou dans l’UE.

    Mais certes si j’étais mieux informé… je serais d’accord avec ce qui se dit sur le blog! 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.