Débattons-en : L’effondrement, parlons-en. Les limites de la collapsologie, par Jérémie Cravatte

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L’effondrement, parlons-en. Les limites de la collapsologie, par Jérémie Cravatte

Extrait :

Les discours de l’effondrement s’inquiètent avant tout du devenir de « notre » civilisation et ils assimilent la fin de celle-ci à la fin du monde. Pour être plus précis, ils s’inquiètent avant tout de l’avenir des classes moyennes des pays industrialisés – c’est-à-dire de moins d’une personne sur cinq dans le monde. C’est l’effondrement de « nos » modes de vie qui est mis au centre des préoccupations par les discours collapsos. Nous sommes en pleine « complainte de l’homme blanc » comme le fait remarquer Émilie Hache. Cette réaction ethnocentrée est compréhensible, mais il faut l’assumer et situer ce récit. Or, les collapsos (avec certaines exceptions, comme Renaud Duterme) préfèrent le présenter comme une analyse totalisante, globalisante.

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28 réflexions sur « Débattons-en : L’effondrement, parlons-en. Les limites de la collapsologie, par Jérémie Cravatte »

  1. Jérémie Cravatte n’a visiblement pas compris le discours des collapsologues. Si leur analyse est globalisante, c’est parce que toute la planète est concernée. Mais ils n’arrêtent pas de répéter que ce sont les populations les plus fragiles qui souffriront le plus et en premier, et que nous n’avons pas d’autre choix que la solidarité. Solidarité planétaire comme solidarités locales. S’entraider ou s’entre tuer. Voir Arthur Keller, Vincent Mignerot, Yves Cochet,
    Pablo Servigne pour les plus connus.

  2. Je n’ai que commencé à le parcourir, mais c’est un ensemble de textes intéressants, merci.

    Il me semble qu’il pose beaucoup de remarques justes, notamment :
    – Le centrage sur l’expérience non tellement des « Blancs » mais de l’ensemble des classes moyennes des pays les plus riches – les Japonais et autres Sud-Coréens sont à l’évidence inclus – qui est un point de vue valide en lui-même mais incomplet, limité à environ 20% de la population mondiale
    – Le risque de « naturalisation » des rapports sociaux c’est-à-dire d’hypothèse explicite ou implicite comme quoi les rapports sociaux, l’acceptabilité de telle ou telle politique aux yeux d’une population ou d’un groupe social, a une souplesse très limitée et ne changera pas « c’est comme ça et pas autrement »
    – Le centrage très dangereux en plus d’être désespérant sur l’espoir d’un rebond « après » – après une période d’effondrement qui pourrait durer plusieurs générations – alors que sans parler du coût humain de ce genre de période, un véritable effondrement risquerait de mettre gravement à mal les outils dont nous disposons pour construire une civilisation humaine à la fois durable et vivable pour tous ses membres. Je pense en particulier à l’innovation technologique, et aussi à la capacité à coopérer à l’échelle internationale
    – En conséquence de cette naturalisation et de ce centrage sur un hypothétique futur rebond, il y a de fait un renoncement à imaginer, décider puis accomplir le genre de transformations qui nous permettrait d’échapper à un effondrement au sens plein du mot

    Cela dit, il y a une erreur énorme page 28 : l’affirmation comme quoi « plus de 80% des « richesses » produites par la destruction des écosystèmes (êtres humain·e·s compris·e·s) et que l’émission massive de gaz à effet de serre le sont pour satisfaire 1% de la population mondiale ». C’est absolument faux : ce que dit le rapport Oxfam International de janvier 2018, c’est que 82% de l’augmentation du patrimoine mondial est allé aux 1% les plus riches. Or, une augmentation n’est que la différence entre deux valeurs successives de la même quantité – le patrimoine mondial – ce n’est pas cette quantité elle-même, et le patrimoine mondial (dont une bonne partie est financier) est différent de la production, sachant que c’est la production qui est directement liée à l’émission de gaz à effet de serre !

    Le problème, c’est que cet énorme contre-sens semble – sans avoir encore lu tout – la base d’une bonne partie de la suite du texte…

  3. Déjà qu’il n’y a qu’un petit nombre de convaincu de l’effondrement dans les pays dits avancés , il manquerait plus qu’on s’occupe de l’effondrement d’une culture qui n’est pas la nôtre.

    On fait déjà assez d’ingérence comme ça non ?

    D’autant plus que ceux qui n’utilisent pas encore beaucoup de ressources seront avantagés. Enfin c’est difficile à dire mais quand même .

    Ne vous inquiétez guère chacun pensera à sa survie en temps voulu.

    C’est au sommet qu’il faut que ça se passe si on veut rééquilibrer le tout.

    Ou alors allez prêcher en Afrique centrale pour la filia d’Aristote.
    Ça servira pendant le 22ieme siècle.

  4. En désaccord total, et même c’est faire de l’ethnocentrisme de parler ainsi.

    les premiers qui souffrent (car pour eux ça a déjà commencé et sévèrement) sont quelques îles du pacifiques qui voient les eaux les submerger (ils n’ont pas les moyens de faire des travaux tels qu’aux Pays-Bas)

    Ceux qui souffrent déjà sont les pays d’Afrique ou d’ailleurs qui dépendent totalement de l’eau qui tombent (ou pas) pour leur champs, leurs bêtes, etc.

    les Inuits qui n’ont plus de quoi bouffer parce que leur source vient directement des eaux de l’Océan (poissons en tout genre, mammifères des eaux) et changer de régime alimentaire ne se fait pas en 1 génération.

    Ils vont tous se retrouver dans les banlieues de grandes villes à fouiller les poubelles ou se prostituer … où (pour les plus « riches » à essayer d’émigrer vers des contrées qu’ils croient plus accueillantes… on sait ce qu’il en est.

  5. Pour un collapsologue sérieux, on trouve certainement 10 dilettantes qui surfent sur la vague et 1000 journalistes qui noircissent du papier sans rien comprendre au sujet.
    Les collapsologues jusqu’à nouvel avis étudie l’effondrement mais ne prétende pas avoir les solutions pour l’éviter.

    1. La sortie du « cadre » se fait par un effondrement, c’est maintenant plié.
      Personne ne connaît la teneur du nouveau « cadre » puisque l’effondrement en cours se fait dans la cacafonie la plus totale avec une sensibilité extrême à des événements climatiques, politiques et technologiques (Soliton).
      La première tâche, nous autres les plus ou moins comprenant, c’est de faire en sorte que nous soyons le terreau du futur cadre et, le plus important, d’en garantir l’existence, sans quoi, tout ça c’est du blabla dans le vide sidéral.

  6. vraiment n’importe quoi ce papier. Il n’a absolument rien compris. Beaucoup d’amalgames… il met tout le monde dans le même sac, et se trompe de cible en s’en prenant aux messagers.

  7. On peut raisonner par symétrie :
    Est-il scientifique de « projeter le progrès » ?
    Certains précédents dans le genre sont fâcheux (le marxisme à l’école soviétique : le « matérialisme scientifique »).
    Mais une grande majorité des écrits de science managériale et politico-économique depuisTocqueville, Montaigne voire les commentateurs gréco-romains projette des progrès politiques : ce qu’il faudrait faire pour pallier telle ou telle faiblesse de la démocratie et autres commerces des hommes, de leurs divisions en « conditions » (classes), etc.
    Dès lors, du moment qu’il est question dans ce vaste corpus du « recâblage » des tuyaux écono-civilisationnels en vue d’un progrès (mot très « construit » socialement), il me semblerait délicat de bannir l’approche symétrique ou réciproque : quel recâblage va arriver (si « business as usual », ou si autres hypothèses) dans un délitement, et non un progrès.
    Pour me convaincre que ce soit une discipline d’un sous-champ de la sociologie, il suffit que la construction / déconstruction soit envisagée avec un appareil de connaissance adéquat :
    => qu’est-ce qu’une construction d’un délitement (réponse brève : le néolibéralisme, d’abord à ses franges, puis de plus en plus près de son centre au fur et à mesure que les citrons pressés pourrissent sur les bords du terrain de jeu, faute de philia) ? Question annexe, quelle symétrie (ou pas) avec la construction d’un progrès (le Comte est bon, Auguste ? ) ?
    => Comment gérer les horizons de temps différents, on n’a en effet pas besoin de la saison 12 de l’apocalypse, mais de petites idées sur les saisons 1 et 2 (entamées) et les saisons 3 et 4:
    Et de là : quels signes de sensibilité nous donne l’histoire, par exemple, sensibilité des règles démocratiques en présence de la toxine brexitium cameronii, ou bolsonarium sojaflorii, sans parler de dombassium poutinii et autre caucase-têtes…
    Bref, je dirais non pas « Et la tendresse, Braudel », mais je dirais que la collapsologie pourrait être une vision « en longues périodes » (donc braudélienne) des lignes de fragilités.

    1. @ timiota
      « le néolibéralisme, d’abord à ses franges, puis de plus en plus près de son centre  »
      Théorie ‘Peau de chagrin’ du néolibéralisme…? 🙂
      Quelle Comédie !

      1. Malentendu (?) : le néolibéralisme délite d’abord sa périphérie. Puis quand tous les citrons de ladite périphérie sont pressés, il passe à un anneau plus proche de son centre, etc. C’est las partie présentable qui est en peau de chagrin.

    2. @Timiota
      Sacré Auguste, il était superbement logé pour l’époque (150m² dans le 6e Arr de Paris!), cela évacue déjà une bonne partie des soucis concernant le mode de vie et les conditions de vie !
      Dissertation:pour un sdf, comment aborder le positivisme ?
      Vous avez 2h00…

  8. C’est quoi « l’homme blanc »? Perso je ne croise que des métèques et des bâtards (déjà tous les matins dans le miroir). Si vous combattez l’essentialisme (big up, man!), sachez que le fait premier de l’intersubjectivité vous impose de débuter par la réciprocité = je ne suis pas moins autre que l’autre… ça pourrait vous guérir de l’héliocentrisme de vos formules à la con (mais « tellement hype »!).

  9. La toxine dombassium poutinii n’existe pas; c’est un détail construit de toute pièce par fausses nouvelles (i). D’ailleurs un blague ukrainienne le montre sans fioritures:
    Pourquoi l’armée ukrainienne n’attaque pas le Donbass? Parce qu’il y a des russes.
    Pourquoi l’armée ukrainienne n’attaque pas la Crimée? Parce qu’il y a vraiment des russes.

    A part ça, Braudel, Wallerstein, Timiota?

    /********************************/
    (i): sauf ces détails( 2015, Debalstevo, nombre et durée limités):
    https://www.youtube.com/watch?v=C66mAkS1ZfM
    et
    https://www.youtube.com/watch?v=2zssIFN2mso
    Simon Ostrovsky , journaliste : un nom à retenir.

    1. Euh, tout en pas de deux, vos commentaires, Daniel.
      Je suis passé à Kharkiv (Kharkov) en 2012, simple pékin.
      Pour un « occidental », déjà on mesure que les grandes villes  » façon occident » existent au-delà de Vienne et Kiev.
      Voir cette partie d’un monde parfaitement civilisé sombrer à son tour dans une guerre est pour moi un petit signe d’effondrement. La guerre si proche de Yougoslavie pouvait passer pour un fâcheux transitoire en 91-92, mais quand elle s’est enkystée, s’est révélée la vraie nature géopolitique de la mécanique de cette chose (Braudel ou Wallerstein je ne sais pas): un « trou économique » comme les Balkans peut s’auto-abaisser. Et du coup cela le condamne à persister pour les 60 années qui suivent.
      En effet, les pays riches d’Europe centrale (Autriche Allemagne, on peut y coller la Slovénie dans une certaine mesure) vont extraire leur richesses de leurs voisins plus pauvres (gpe de Visegrad) à main d’oeuvre bien éduqué, et assez peuplé pour suffire à tous les besoins. Dès lors, qui a besoin des Balkans ? Même le tourisme sur l’Adriatique ne draine pas encore des immenses masses (Dubrovnik : 30 000 habitants, 40% d’Antibes). D’où cette logique du « trou économique », qui s’auto-amplifie.
      Et à partir d’un monde d’inégalité croissante, qu’est-ce qui fixe la taille de ces « zones mortes » ?(un peu analogues aux zones mortes en bord de mer, par eutrophisation si j’ai bonne mémoire : un grand coup d’algue et plus d’oxygène, et puis plus rien au coup suivant) J’ai commis ailleurs sur ce blog une « théorie économico-territoriale » justifiant notamment les 30 Glorieuses par un moment d’optimum où les ressources (en capital et un peu en minéraux) restent majoritairement locales, à l’échelle d’une nation, et où la mondialisation joue à la fois pour apporter certes du pétrole mais aussi, du fait de la fin des colonies, pour recentrer les ressources humaines en Europe, ce qui mettra Bordeaux en sommeil. Bref, j’y ajoute maintenant, dans une perspective peut-être un peu collapsologique, la question de la distribution de taille des morceaux du miroir qui se briseront. On a maintenant quelques exemples au sein d’un capitalisme développé, on doit pouvoir en dire quelque chose (Yougoslavie, Ukraine, Caucase, toutes les conséquences des printemps arabes activés par les hubris et déliquescence intellectuelles des acteurs guerriers du Golfes (EAU et le prince MBS)).
      L’économie inégalitaire n’est-elle pas forcément plus « en réseau à grandes mailles » que les économies oins inégalitaires qui précédaient ? Il suffit de maintenir quelques autoroutes pour tirer le profit. Même la France des TGV permet de voir cela. Les « bretelles de la soie » de la Chine (:;) ne sont-elles pas une traduction poétique pour faire passer comme un développement harmonieux ce qui est au fond une logique d’oléoduc généralisée à tout le transit des choses et des hommes (aux poches chargées surtout) ? Et la caricature des grands hubs (aéoroports, projet de nouvelle gare du Nord) où l’on veut presser le citron du voyageur au passage vers son train rapide, forcément rapide, va dans ce sens de valoriser « l’homme/femme aux poches chargées » : zone « duty free » ou équivalent dans les gares, à des prix de bobos flambant, avant de pouvoir accéder à son quai.
      La suite sera sans doute un canal « seigneurial » et un canal pour les « simples courtisans » que nous sommes tous sommés de devenir.
      Bon, je me suis échappé un peu, mais les flammèches, ça peut aussi se répandre dans les neurones comme dans les routes économiques

  10. Le vivant s’effondre (dois-je absolument employer un autre mot? « Meurt »? « Disparaît »? C’est mieux?). Pas demain ni après-demain. Aujourd’hui. Pas « ici » ou « ailleurs ». Partout. Le végétal. L’animal. Tout. Faut-il réellement donner des exemples? La vie sur Terre s’effondre. Oui, mais c’est la faute de notre « civilisation occidentale ».
    Ouf! Nous voilà rassurés. Sans écriture « inclusive » (la seule que l’on ne puisse pas lire à haute voix).

  11. Il faut savoir que c’est sur le site de Barricade que Servigne et Stevens ont, durant des années, ébauché, élaboré, construit peu à peu… leur pensée collapologique. Lire par exemple http://www.barricade.be/publications/analyses-etudes/resilience-temps-catastrophe . Étonnante la dureté de Jérémie Cravatte envers ses anciens condisciples…
    Il y a dans son texte beaucoup d’affirmations subjectives et l’on y retient les passages qui soutiennent sa thèse très critique envers la collapsologie.
    En fait, les constats de la catastrophe qui vient ne sont pas remis en cause, mais seulement la manière d’agir face au constat. Servigne and Co intègrent, dans leurs perspectives, les manières d’agir du Mouvement de la Transition (le vrai, celui né à Totnes en 2006) et la nécessité d’un changement personnel, intime, quasi philosophique face aux sombres perspectives qui sont à l’horizon (proche). Le retrait (Gustav Landauer), la résilience (se préparer à dépasser les chocs) sont au centre de cette option.
    Jérémie Cravatte, lui, fait plutôt partie de ceux qui voient « le salut » (nécessairement partiel) dans une résistance collective, organisée, bien plus politique (au sens noble du terme). La filiation marxiste est plus évidente dans ce type de scénario.
    Je crois que la rupture s’est produite avec la parution de « Une autre fin du monde est possible » où est apparue la notion de collapsosophie (s’adapter au monde post et même y trouver de la joie de vivre) et un accent plus poussé sur les aspects spirituels (avec des référence à Jung, ce qui à provoqué l’ire assumée de certains). Ce qui sépare peut-être nos deux visions extrêmes, est la colère de l’un (une des phases du deuil, la 2ème) et l’acceptation des autres (une autre phase, la dernière).
    Personnellement, vu que je baigne dans le constat de l’effondrement qui s’approche depuis 40 ans, j’en suis plus au stade des collapsologues non effondrés mais réactifs sans colère. Je me sens donc plus proche de Servigne et Stevens, mais je trouve que le dossier de Jérémie est brillant et mérite, notamment vu sa biblio et ses références fouillés, d’être lu par tous ceux qui veulent comprendre ce que signifie l’effondrement (je préférerais le terme naufrage, c’est plus progressif mais ce n’est pas moi qui ai choisi…) trop souvent déformé par des médias dont le but est de discréditer car cette perspective conduit, en bout de cheminement intellectuel et sensible, à s’attaquer à la cause première de tous ces maux: le système capitaliste.dominant.

    1. « Jérémie Cravatte, lui, fait plutôt partie de ceux qui voient « le salut » (nécessairement partiel) dans une résistance collective, organisée, bien plus politique (au sens noble du terme) »

      Je rejoins Jérémie Cravatte lorsqu’il refuse la « collapso-sophie » de Servigne, Stevens et Chapelle dans « Une autre fin du monde est possible », dont le sous-titre est « Vivre l’effondrement (et pas seulement y survivre) ».

      Il n’y a pas d’issue dans l’acceptation d’une catastrophe, même si on la maquille d’un peu de sauce « spirituelle ». Car cette catastrophe emporterait l’existence de nombre d’entre nous, et il nous est tout simplement interdit de l’accepter.

      Non, je ne me résigne pas à accepter un effondrement comme si tout était joué d’avance – ce qui n’est tout simplement pas vrai, même si le chemin pour l’éviter est difficile et escarpé. Cravatte non plus ne se résigne pas, et il a raison.

      Là où je ne le suis pas, c’est lorsque je dois bien faire remarquer que pour éviter un effondrement, il ne suffira certainement pas de « résister ». Oui, l’action est forcément collective et organisée, oui elle a une dimension politique… mais surtout parce qu’elle ne peut être que l’action d’un ou de plusieurs Etats.

      Il y faut le dirigisme.

      L’action coordonnée et de long terme en faveur du bien commun – et quel meilleur instrument que les Etats ? – pour développer les technologies, concevoir et mettre en oeuvre les réorganisations, qui permettront d’assurer la survie d’une civilisation qui ne sera plus thermo-industrielle – car les énergies fossiles nous mènent au désastre – mais qui devra forcément être industrielle. Et avancée. Davantage que celle d’aujourd’hui.

  12. On lit: « L’approche est occidentalo-centrée ».
    Oui et alors ?
    La relativité, la quantique, la médecine……., 99.9x % de la science, aussi !
    M Cravatte nous livre sa vérité émotive, pas la vérité objective. Sans intérêt.

    1. Ce qui est décrit dans cette vidéo c’est les effets (avec des détails) et les causes possibles (de manière plus succinte, mais les causes possibles sont multiples) de l’effondrement du réseau électrique. La fin de l’exposé, qui porte sur la question de savoir pourquoi on en parle jamais, m’a semblé tout particulièrement intéressante…

    2. Merci beaucoup Michel pour avoir mis en ligne cette vidéo : elle est très importante et elle vaut largement la peine d’être vue.
      Je suis en effet étonné que l’on n’évoque pas davantage les tempêtes solaires de grande magnitude. Grégoire Chambaz répond à cette interrogation et explique parfaitement où nous en sommes.
      Comme le souligne GL les conclusions finales sont « particulièrement intéressantes » car elles éclairent une question fondamentale de la collapsologie. Il parle du «biais anthropique» qui s’applique tout autant à l’individu qu’aux sociétés et je le cite de mémoire :
      « si aujourd’hui aucun élément n’a amené à notre destruction, il n’y en aura jamais aucun».

      Une solution pourrait être suggérée par ce que Jared Diamond appelle dans son livre « Le monde jusqu’à hier » la «paranoïa constructive », attitude des chasseurs-cueilleurs dans l’environnement dangereux de leurs forêts en Papouasie Nouvelle-Guinée. Désormais c’est le monde entier où nous habitons qui est devenu dangereux par les risques d’effondrement, de collapse, ceux synthétisés par P. Jorion avec le concept de Soliton.

    3. Excellente vidéo qui tien compte de beaucoup des objections de Cravatte, en partant de notre quotidien immédiat pour dresser le tableau d’ensemble des fragilités de nos systèmes techniques à l’heure des systèmes globaux complexes.
      Grégoire Chambaz ne fait pas de politique, mais en filigrane c’est tout notre système qui est remis en cause : l’argent qui ne va pas là où il faudrait, des décideurs qui se taisent pour conserver leur statut social….
      Vidéo à regarder en bouche dans les ministères (hum), ou qui devrait être inscrite au programme de tous les concours de la fonction publique.

  13. Chacun voit midi à sa porte.

    À chacun son effondrement…

    À chacun ses coupables désignés…

    C’est mal parti pour trouver ensemble le bon chemin.

    Il est toujours difficile de « penser contre soi-même ». Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Comment renoncer à nos idoles (Argent, Progrès, Réussite…) ? Comment parvenir à échapper à leur emprise mortelle ?

    Comment s’en sortir sinon en cessant de montrer du doigt, d’accuser, de chercher à éliminer… autrui ?…

  14. Il y a un manque majeur dans les références du document de JC (Jérémie Cravatte), c’est celui du Rapport Meadows (« The limits to Growth », 1972, mis à jour en 1992 et 2004), la 1re étude formelle de l’état du monde sous l’emprise de la société thermo-industrielle. C’est une caractéristique que partage grandement le livre de PS (Pablo Servigne) et RS (Raphaël Stevens), « Comment tout peut s’effronder » qui, de fait, n’accorde qu’une place minimale au rapport Meadows. Voilà quelque chose qui les rapproche, mais il n’y a là aucune satisfaction à tirer. Je n’ai que des hypothèses sur le pourquoi, en voici trois :
    1) Les précités n’ont simplement pas lu ce rapport ou, du moins, pas suffisamment attentivement.
    2) La question de la démographie et de la surpopulation y a trop de place et cela dérange. On voit la difficulté pour JC d’appréhender complètement cette question lorsqu’il laisse entendre que ceux qui s’en préoccupent seraient tous des « angoissé-e-s de la démographie » et qu’il croit nécessaire de faire référence à un article de Renaud Duterme « Non, nous ne sommes pas trop nombreux !!!!!! », un titre significatif et particulièrement inapproprié(1).
    3) Le rapport Meadows est la 1re et une des rares études globales et scientifiques sur l’effondrement dont, pour rappel, la seule et certaine conclusion est que toute société basée sur la croissance est condamnée à la disparition(2). Et donc, si la collapsologie est une science, comme l’affirment encore PS et RS dans le dernier numéro de la revue Imagine(3), le rapport Meadows en est une des rares références, bien avant et contrairement à leur ouvrage « Comment tout peut s’effronder ».
    ___
    (1) « On estime que les 500 millions de personnes les plus aisées sont responsables d’environ la moitié des émissions de GES. On peut ainsi réduire drastiquement la population, les crises écologique et climatique ne seraient pas résolues pour autant ». Un argument boiteux qui ne dit rien de la durabilité d’une humanité qui comprendrait 7 ou 10 milliards de membres et qui consommerait 5 ou 10 fois moins d’énergie par individu que la moyenne d’aujourd’hui. C’est oublier aussi que la chute de la biodiversité, c’est-à-dire la destruction des écosystèmes et l’extinction des espèces, s’observe dans toutes les parties du monde y compris les plus pauvres du fait de l’emprise spatiale de l’espèce humaine.
    (2) Ce n’est évidemment pas ce qui en fait son intérêt premier, car tout le monde peut ou devrait comprendre qu’une croissance infinie dans un monde fini est impossible.
    (3) Imagine demain le monde, septembre-octobre 2019.

    PS
    Sur la vidéo sur le blackout, j’aime beaucoup la fin, minute 56 (je ne l’ai pas vue en entier…) :
    « Pourquoi est-ce qu’en fait on n’en parle pas du tout… je vous propose quatre facteurs premiers
    – la socialisation
    – la culture professionnelle du milieu de l’électricité
    – les raisons économiques
    – le biais général comme quoi s’il n’y a aucun évènement qui a mené à notre destruction il n’y en aura jamais aucun à venir.
    … »
    À lire absolument ce livre : «Black-out : Demain il sera trop tard » de Marc Elsberg.

  15. Il y a un manque majeur dans les références du document de JC (Jérémie Cravatte), c’est celui du Rapport Meadows (« The limits to Growth », 1972, mis à jour en 1992 et 2004), la 1re étude formelle de l’état du monde sous l’emprise de la société thermo-industrielle. C’est une caractéristique que partage grandement le livre de PS (Pablo Servigne) et RS (Raphaël Stevens), « Comment tout peut s’effronder » qui, de fait, n’accorde qu’une place minimale au rapport Meadows. Voilà quelque chose qui les rapproche, mais il n’y a là aucune satisfaction à tirer. Je n’ai que des hypothèses sur le pourquoi, en voici trois :

    1) Les précités n’ont simplement pas lu ce rapport ou, du moins, pas suffisamment attentivement.

    2) La question de la démographie et de la surpopulation y a trop de place et cela dérange. On voit la difficulté pour JC d’appréhender complètement cette question lorsqu’il laisse entendre que ceux qui s’en préoccupent seraient tous des « angoissé-e-s de la démographie » et qu’il croit nécessaire de faire référence à un article de Renaud Duterme « Non, nous ne sommes pas trop nombreux !!!!!! », un titre significatif et particulièrement inapproprié(1).

    3) Le rapport Meadows est la 1re et une des rares études globales et scientifiques sur l’effondrement dont, pour rappel, la seule et certaine conclusion est que toute société basée sur la croissance est condamnée à la disparition(2). Et donc, si la collapsologie est une science, comme l’affirment encore PS et RS dans le dernier numéro de la revue Imagine(3), le rapport Meadows en est une des rares références, bien avant et contrairement à leur ouvrage « Comment tout peut s’effronder ».
    ___
    (1) « On estime que les 500 millions de personnes les plus aisées sont responsables d’environ la moitié des émissions de GES. On peut ainsi réduire drastiquement la population, les crises écologique et climatique ne seraient pas résolues pour autant ». Un argument boiteux qui ne dit rien de la durabilité d’une humanité qui comprendrait 7 ou 10 milliards de membres et qui consommerait 5 ou 10 fois moins d’énergie par individu que la moyenne d’aujourd’hui. C’est oublier aussi que la chute de la biodiversité, c’est-à-dire la destruction des écosystèmes et l’extinction des espèces, s’observe dans toutes les parties du monde y compris les plus pauvres du fait de l’emprise spatiale de l’espèce humaine.
    (2) Ce n’est évidemment pas ce qui en fait son intérêt premier, car tout le monde peut ou devrait comprendre qu’une croissance infinie dans un monde fini est impossible.
    (3) Imagine demain le monde, septembre-octobre 2019.

    PS
    Sur la vidéo sur le blackout, j’aime beaucoup la fin, minute 56 (je ne l’ai pas vue en entier…) :
    « Pourquoi est-ce qu’en fait on n’en parle pas du tout… je vous propose quatre facteurs premiers
    – la socialisation
    – la culture professionnelle du milieu de l’électricité
    – les raisons économiques
    – le biais général comme quoi s’il n’y a aucun évènement qui a mené à notre destruction il n’y en aura jamais aucun à venir.
    … »
    À lire absolument ce livre : «Black-out : Demain il sera trop tard » de Marc Elsberg.

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