Alice et le Maire, ce que j’en pense

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J’ai vu hier Alice et le Maire de Nicolas Pariser. C’est un film qui vous explique avec beaucoup de subtilité pourquoi on ne peut plus faire de politique en France aujourd’hui. La démonstration est implacable. Je vous encourage à aller le voir : c’est très bien fait. Fabrice Luchini est très convaincant en maire découvrant les limites de sa fonction. Anaïs Demoustier nous montre comment une personne ayant « des idées » – c’est tout ce qu’on lui demande – suffit à faire exploser la politique comme on la fait aujourd’hui. Quant à Thomas Chabrol, il incarne à la perfection un « grand intellectuel » creux comme un tambour, comme il se doit.

Mais en nous montrant comment écrire ce qui serait un vrai discours politique (dont les spectateurs constateront que j’aurais pu l’écrire moi-même), Nicolas Pariser nous explique mine de rien comment on peut faire de l’excellente politique aujourd’hui : en faisant un film comme le sien. M’offrant au passage la possibilité de faire moi-même de l’excellente politique en vous recommandant d’aller voir son splendide petit film (pas de course-poursuite) où l’on dit, comme je viens de le dire, ce que je n’arrête pas de vous dire.

Faites de la politique, comme Nicolas Pariser et moi : allez-voir Alice et le Maire ! Et parlez-en !

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18 réflexions sur « Alice et le Maire, ce que j’en pense »

  1. Nous revient-il, « humble.s » et modeste..s « inculte.s », « exclu.e.s », « pécheur.e.s », en « Fin de droit »… d’inventer une IA qui soit en capacité émotionnelle et suffisamment intelligible, pour décrypter, et diffuser hors le système de « reproduction de classe », de « l’endogamie », de la concentration des lieux de pouvoirs de la « culture », et « contre-culture », dont la défiance pèse plus encore que n’importe ou ailleurs (chaines de l’audiovisuelle publique, et) ce qui semble flatter un égo, le votre jouant la discrétion modeste en l’occurrence dont il reste persistant de suspecter de vivre au dépend de celles et ceux qui l’écoutent…?

  2. Etant en ce moment à l’étranger, j’aurais aimé en savoir un peu plus sur ce film et en quoi il montre la difficulté de faire de la politique aujourd’hui. Merci de votre éclairage.

  3. J’ai vu et j’ai aimé Alice et le maire.
    Ce film est une fiction politique à la fois intelligente et désespérée.
    Intelligente car on aimerait être dans ce rôle de cette petite souris anonyme qui souffle à un dirigeant politique le formidable discours qu’on aimerait tant entendre.
    Désespérée car ça n’arrivera pas. Ça n’arrivera pas car, comment dire ?, si une telle chose devait arriver, il n’y aurait pas eu besoin de l’inventer sous la forme d’une fiction.

    Pas de happy end d’ailleurs. Le discours n’est pas lu. Le miracle n’a pas lieu. Alice revient de ce côté-ci du miroir et le maire redevient un simple quidam.

    C’est là le plus terrible des temps que nous traversons. Nous savons, plus ou moins certes mais nous savons, collectivement parlant, ce que nous devrions dire et faire, mais nous ne le disons pas et nous ne le faisons pas. Nous faisons semblant.

  4. n’allant jamais au cinéma (ben vi !) je le verrai sans doute à la télé un jour…

    Pour faire passer le temps je vais vous dire 2 mots d’un feuilleton que je suis (avec assiduité) chaque jour (vous avez le droit de vous moquer mais vous auriez tort car il traite tout le temps de problèmes de société chaud : (homosexualité, transsexualité, infirmité, mongolisme, etc) : Plus belle la vie sur la 3

    Actuellement il y est question de la campagne d’un candidat maire, et on voit tous les gens du quartier le prendre en grippe car, d’après eux, il ferait tout uniquement dans son propre intérêt pour se faire élire.
    C’est donc le sujet, en ce début de la campagne des municipales (pour lesquelles je milite… pas pour mon élection !)
    pour montrer ou démontrer que la politique « devrait » intéresser tout un chacun car il s’agit bien de notre vie quotidienne… les politiques seraient-ils tous pourris ? d’après moi ce sont ceux là qui s’étalent sur les réseaux sociaux ou dans les médias, et qui em… le monde, mais les honnêtes sont la majorité, et quand nous n’aurons plus de candidats maires comment fera-t-on ? (oui je sais qu’il y a des fidèles ici que militent pour la politique faite en commun – sans s’écharper… est-ce possible ? chacun a le droit à son rêve).
    En effet les maires ont sans doute de moins en moins de pouvoir, mais surtout risque la justice (comme les enseignants) à chaque geste.

    hier ou avant hier Arte nous a repassé « Quai d’Orsay » : édifiant, mais finalement le voir une 2ème fois m’a vraiment barbé je n’ai pas regardé jusqu’au bout.

  5. Mieux vaut revoir Borgen rediffusé sur Arte (et sur leur site). Moins pleurnichard et éclairant sur les démocraties nordiques (pour faire simple).

  6. Aucune comparaison possible entre un « petit Maire » dont le travail pour sa commune commence à ressembler à une activité sacrificielle et les professionnels d’une profession où seuls les plus défaillants moralement et psychologiquement peuvent espérer être nommés à un quelconque poste de pouvoir par la corruption désormais systémique.

    Ces soi-disant « élites » nous mènent droit au génocide planétaire, entre guerres et famine généralisées, lorsque le climat basculera pour de bon. Selon les dernières projections du Giec, ils nous restent encore une poignée d’années pour éviter l’enfer qui nous est promis. Une poignée d’années pour établir la démocratie, pour reprendre à l’argent le contrôle du personnel politique.

    Le compte à rebours entre dans sa dernière séquence et personne ne discute avec les lois de la thermodynamique.

  7. J’avais été frappé îl y a 11 ans par ce système différent de vote dans les petites communes (- de 3500 âmes, je crois). Il n’y avait qu’une liste du maire sortant, et un homme militait à la porte de la salle de vote pour qu’on rature un nom et mette le sien à la place. Comme opposition symbolique. Dans un futur conseil de bénis-oui-oui ? Un peu, car le maire était dictatorial mais très actif ; mais aussi un peu non : car les élus des petites communes sont des bénévoles aux tâches ingrates. Il faut les solliciter… et lui l’opposant ne l’avait pas été.
    C’est ce système différent, inconnu (j’arrivais de Belgique), de la rature de nom qui m’avait surpris. Et en fait on peut raturer des noms dans la liste sans les remplacer : donc on compte toujours le nombre par les lignes intactes.
    En belgique, il y a une case devant les noms et il faut les cocher. Toutes les listes sont sur un même papier. En France chaque liste est sur un papier différent et c’est la liste choisie qu’on met dans l’urne, après l’avoir raturée de quelques lignes éventuellement.
    Je suppose que c’est l’illetrisme qui est à l’origine de ce système ?

    1. chabian
      j’ai du mal à vous comprendre : normalement en France il est interdit de militer durant un vote !
      d’autant si c’est le principal concerné !

      dans ma commune (50 000 habitants) j’ai vécu au moment où je venais déposer mon bulletin dans l’urne les préposés bénévoles toujours, me demander si « je votais bien » en me donnant désignant et me nommant la « bonne personne » (évidemment)
      je leur ai rappelé qu’il était interdit de « faire de la politique » durant un vote.

      Un peu plus tard à l’occasion d’un autre vote il se trouve que j’étais assesseur ; je me suis retrouvée avec cette même bande, ils m’ont tout interdit (surveiller, contrôler l’identité des votants, dépouiller, décompter les votes etc) ils étaient dans l’illégalité totale. Je me suis plainte auprès des services de la mairie (du même côté qu’eux) à ma connaissance « la bande » à été « démontée » dans ce bureau de vote (qui est celui où je vote)

  8. Merci Paul !
    je suis allée voir Alice et le Maire grâce à vous (pour les fauchés il y a une séance à 6 euros en matinée dans un cinéma de ma ville, vous trouverez certainement un moyen, pass culturel, carte sénior ou chômeur dans la votre ?)
    Comment dire ? Allez le voir vous vous sentirez plus intelligent, humain et lucide quoique pas forcément mieux. J’ai revu également Quai d’Orsay récemment et si vous voulez, le parallèle est diamétralement opposé : du remue-ménage chaotique du cabinet au discours flamboyant pour le premier, de la raison et la lumière émergeant des dialogues très explicites, cette Alice est formidable ! mais cette parole est impossible pour l’autre.

  9. Depuis que le genre homo est descendu de son arbre, il se sent obligé d’avoir un (ou des dirigeants). Et depuis ces temps anciens, il est incapable de placer à la tête de sa tribu un chef qui se préoccupe davantage de ladite tribu que de lui-même.
    Sans doute peut-on trouver au fil de l’histoire quelques exceptions rapidement écarté du pouvoir plus ou moins pacifiquement…

    Quoi qu’il en soit, comme le dit Audiard : s’il existe bien des poissons volants, ils ne constituent pas la majorité du genre.

    Cette incapacité à placer au pouvoir des dirigeants « dignes » ou d’avoir appris à se passer de dirigeants nous met au bord de l’extinction. A titre personnel, j’ai du mal à m’en affliger.

    1. Les tribus du genre homo comme vous dites qui ne se sont donné ni chef, ni rituels, ni interdits n’ont pas fait long feu. Elles ont péri sous l’effet de leur propre violence.
      Le chef est là pour polariser les accusations et, en succombant, faire l’union de tous contre lui.
      Ça a assez bien marché, puisque nous sommes là pour le raconter, pendant quelques dizaines de milliers d’années.
      Mais maintenant que nous savons et que nous nous piquons de rationalité, sans aller au bout ni de notre savoir ni de notre raison, tout se détraque…

      1. Denis
        Dans la tribu France notre chef actuel est tout puissant et même fait l’inverse de ce dont il se vante au plan écologique.
        Tout ça parce qu’il est élu pour 5 ans, et non 7, et qu’il ne pense plus qu’à sa propre réélection, et pas du tout aux « Aborigènes » habitant la France.
        là je crois que nous allons périr à cause du chef.

  10. @ Annie Stasse

    Non, quels que soient les torts ou surtout les insuffisantes de Macron, on ne peut pas honnêtement tout lui mettre sur le dos.
    Entouré de conseillers et de ministres, il n’est ni seul ni tout-puissant. Ses prédécesseurs n’ont pas fait mieux. Et puis « nous » les avons élus, lui et ses prédécesseurs. Sans oublier l’Opinion, l’Idéologie, le Parlement, la Presse, l’Europe, la Finance, nos « alliés »…
    L’intérêt du film est là : malgré ces innombrables contraintes, inextricable nœud gordien, un discours de vérité est possible !
    Rêvons un peu : peut-être Macron le dira-t-il, ce discours…

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