Déposition de William Taylor, ambassadeur des États-Unis par intérim en Ukraine

Je viens de lire les 15 pages de la déclaration écrite préalable de William « Bill » Taylor avant sa déposition à huis-clos hier devant la commission du Congrès chargée d’une enquête pouvant déboucher sur une destitution (impeachment) du président Trump.

Je me pose la question sur ce qu’il a pu déclarer de plus que ce qui se trouve dans ces 15 pages en texte serré car tout est dit : les élus US votent une aide militaire à l’Ukraine, son versement est bloqué par un ordre donné directement à l’OMB (Office of Management and Budget) par le président Trump, lequel a sur le terrain ce que Taylor appelle une « seconde équipe », constituée de l’envoyé spécial Kurt Volker, Rick Perry, ministre de l’énergie et Gordon Sondland, ambassadeur auprès de l’Union européenne, équipe supervisée par Rudy Giuliani, avocat personnel de Trump. Cette « seconde équipe » subordonne le déblocage des fonds à la promesse par le président ukrainien Volodymyr Zelensky de découvrir des faits compromettants sur les affaires en Ukraine de Hunter Biden, fils de Joe Biden, Vice-président sous Obama et candidat en ce moment à l’investiture démocrate à la présidentielle de 2020, et des informations pouvant confirmer l’hypothèse que ce seraient les Ukrainiens et non les Russes qui auraient commis des ingérences dans la campagne présidentielle de 2016 (hypothèse répandue dans l’entourage de Trump).

Comme on le sait, la lettre du « lanceur d’alerte » en date du 12 août révélant les faits mettra fin aux activités de la « seconde équipe », une fois que le blocage de cette lettre par le ministère de la Justice aura été levé le 26 septembre.

Maintenant que nous avons entendu le 11 octobre Mme Masha Yovanovitch ex-ambassadrice en Ukraine, Mme Fiona Hill, ex-conseillère à la Maison-Blanche sur la Russie, le 14 octobre, et M. William « Bill » Taylor, ambassadeur des États-Unis par intérim en Ukraine, le 22 octobre, nous pourrions conclure (comme je n’hésiterai pas à le faire moi-même) que le « lanceur d’alerte » pourrait très bien avoir été ces trois là réunis autour d’une table…

« Il ne vous aura pas échappé en effet, mon cher Watson, que l’ambassadeur William Taylor orthographie de manière inhabituelle le nom du président ukrainien avec un double ‘y’ : ‘Zelenskyy’, au lieu de l’orthographe plus habituelle en anglais de ‘Zelensky’, et qu’il partage cette particularité avec le ‘lanceur d’alerte' ».

P.S. Une question qu’il faut se poser maintenant c’est, dans quels autres pays Trump a-t-il de même une « seconde équipe » travaillant directement sous ses ordres ?

2h15 :  Une réaction à chaud de la Maison-Blanche au témoignage de Taylor, celle de la secrétaire de presse Stephanie Grisham : « une campagne coordonnée de calomnie de la part de députés d’extrême-gauche et de bureaucrates radicaux non-élus en guerre avec la Constitution ». 

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