Pour un État-providence écologique, par Vincent Burnand-Galpin

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Aujourd’hui l’offre politique nous est restreinte. Deux grandes idéologies se proposent à nous : le néolibéralisme et le populisme. Le néolibéralisme est l’offre « business-as-usual » : selon cette mouvance, le capitalisme est compatible avec la transition écologique. Quelques taxes et quelques subventions suffiront pour « internaliser les externalités » et quelques chèques aux plus pauvres suffiront pour assurer « l’acceptabilité sociale » des mesures. Mais nous l’avons vu, cela ne suffit pas pour endiguer le changement climatique en plus du fait que ces mesures ne sont pas en accord avec les aspirations fondamentales des citoyens.

L’autre option est celle proposée par les populismes. Elle mise sur la négation de la menace existentielle ou du moins le déplacement de la menace sur quelques boucs-émissaires, dont les étrangers ou les plus fortunés sont une cible facile. C’est le repli sur soi qui prime et cela permet d’entretenir l’illusion que le populisme répondra aux besoins fondamentaux des citoyens. La sécurité matérielle serait garantie par la sécurité policière. Le besoin de justice serait satisfait par l’expulsion des étrangers. Et le désir de « vie bonne » serait satisfait par un pseudo retour à un passé fantasmé.

Mais ce n’est que manipulation des opinions. Aucun fascisme des années trente n’a apporté une réponse satisfaisante aux aspirations du petit homme. Tous ont prospéré par la peur et la haine qu’ils entretenaient dans la population. Or, aujourd’hui, comme hier, cette haine peut se transformer en colère destructrice, voire fatale, pour l’humanité.

Comment transformer cette colère destructrice du monde en moteur de l’histoire ? Comment faire pour que le petit homme ne soit pas celui qui précipite la chute de l’humanité mais celui qui la sauvera ? La première chose est de garantir les besoins fondamentaux du petit homme et pour cela nous appelons au retour de l’État-providence et à l’élargissement de ses compétences. Cet État-providence serait à la fois une réponse aux besoins fondamentaux du citoyen mais aussi un vecteur de transformation de la société un monde plus écologique.

Pour assurer le besoin de sécurité matérielle, nous proposons la gratuité pour l’indispensable (alimentation, santé, éducation, vêtement, logement, transport et même connectivité). Il s’agit de libérer le corps des soucis matériels les plus élémentaires pour libérer l’esprit. Nous distinguons le nécessaire du superflu et le faisons relever de deux régimes économiques distincts. D’un côté, le régime économique de l’indispensable serait fondé sur la mise en commun des biens, et leur gestion par la collectivité. De l’autre côté, en parallèle, le régime économique du « superflu » resterait fondé sur les mécanismes de prix.

Si la gratuité répond à des exigences sociales, elle peut également répondre à des exigences écologiques : la gratuité peut être un puissant outil de redirection des habitudes de consommation des individus vers des comportements plus écologiques. Ainsi, pour l’alimentation, les « restaurants municipaux » servant de la nourriture gratuite à tous, pourraient choisir des aliments biologiques et locaux ; pour le transport, l’accent serait mis sur les transports en commun les plus efficaces au niveau énergétique (bus hybride, train, vélo, trottinette…) ; pour le logement, les nouveaux logements sociaux seraient construits selon les meilleurs standards énergétiques. Nous y reviendrons

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46 réflexions sur « Pour un État-providence écologique, par Vincent Burnand-Galpin »

  1. Cette adresse, tout à fait pertinente et fondée sur de très légitimes aspirations s’adressent – ne s’adressent – qu’à celles et ceux qui nous gouvernent, ou prétendent le faire : gouvernements, à peu près tous en ce bas (très) bas monde, au service des milieux d’affaires et autre financiers retors qui dictent leurs lois à l’oreille de la prétendue élite. Je vois mal par quel miracle les foules en détresse en arriveraient à formuler de telles audaces ; même, rares doivent être celles et ceux à qui de telles aspirations pourraient venir. Bref, l’intention est louable, je le répète, ces propositions scandaleusement enthousiasmantes mais dans quelles oreilles disposées à les entendre vont-elles bien pouvoir tomber ?

    1. Un élément de réponse que je donne déjà à un commentaire ci-dessous.

      « Je vois mal par quel miracle les foules en détresse en arriveraient à formuler de telles audaces »
      Ce n’est malheureusement pas un miracle qui peut faire germer ces idées dans les esprits des foules et des gouvernements. C’est plutôt l’enfer sur Terre a déjà permis à certains Etats de mettre des systèmes dirigistes de la sorte, tout en garantissant les droits fondamentaux individuels… c’était en temps de guerre.
      Le Royaume-Uni entre 1941 et 1945 reposait sur un système fortement étatisé pour nourrir toute la population tout en la mobilisant pour la guerre. Quand les citoyens et les gouvernements se rendront enfin compte que ce n’est pas quelques mesures éparses mais un véritable effort de guerre qu’il faut pour lutter contre le dérèglement climatique, peut-être serons-nous obligés de nous inspirer de ces moments de l’histoire.

      Nous développerons tout cela plus en détail dans l’ouvrage qui sortira en mars-avril 2020.

  2. Voilà une proposition qu’elle est bonne… Sauf que l’État-providence est comme son nom l’indique une émanation de l’État (particulièrement dans la formule jorioniste/pikettiste qui repose entièrement sur l’impôt), et que jusqu’à preuve du contraire l’État est selon les circonstances laissé aux gouvernants ultralibéraux ou populistes (pour le cas spécifique de la France, exclusivement aux ultralibéraux depuis des décennies, sinon plus). Cette proposition ne repose donc concrètement sur rien et ne peut probablement reposer sur rien en l’état actuel des institutions.

    On appréciera en outre, dans la description populiste, l’assimilation du sort des plus fortunés à celui des étrangers, comme si leurs situations respectives étaient comparables de quelque manière que ce soit, alors que les plus fortunés disposent en fait du pouvoir économique, c’est à dire du pouvoir qui gouverne tous les autres en régime capitaliste, tandis que les étrangers ne disposent d’aucun pouvoir particulier et selon les cas disposent même de beaucoup moins de droits que les autres.

    Ainsi à trop vouloir rejeter le marxisme par principe, vous produisez une idéologie parfaitement inoffensive face aux forces adverses, et qui même pourrait les favoriser à votre corps défendant. La gratuité peut être un puissant outil de redirection des habitudes de consommation dites-vous. Effectivement, mais elle peut alors également rediriger ces habitudes dans des directions qui ne vous plairaient pas du tout: Dans un contexte capitaliste inchangé par exemple, vos restaurants gratuits pourraient ainsi généraliser encore plus la diffusion de la malbouffe, pour raison d’économies. C’est d’ailleurs ce que font déjà certaines cantines scolaires.

    Pour le logement, vous réfléchissez à aménagement du territoire constant, c’est à dire celui du modèle actuel qui participe au problème (des métropoles surpeuplées et ultra-dépendantes de productions agro-industrielles distantes, pour la faire très courte). Vous voulez généraliser le bio local? Très bien, mais alors comptez sur une redéfinition totale de l’aménagement du territoire, parce que moins de mécanisation et moins de chimie suppose beaucoup plus de main d’œuvre. Quels modèles d’énergie ou de transports dans un tel contexte? Mystère et boule de gomme.

    Dans un modèle de société où la majorité de la population est domiciliée dans des villes de quelques milliers d’habitants, les contraintes n’ont plus le moindre rapport avec celles d’un modèle à quelques métropoles de plusieurs centaines de milliers/millions d’habitants. Rien de cela n’est pensé dans ce billet, malheureusement.

    1. Malheureusement, le format du billet est un peu court pour pouvoir répondre à tous les impensés que vous notez. Nous tâcherons de répondre à toutes ces questions dans notre ouvrage qui sortira en mars-avril 2020.

      Un élément de réponse déjà. Vous dites que « cette proposition ne repose concrètement sur rien ». Mais certains Etats l’on déjà fait… en temps de guerre. Le Royaume-Uni entre 1941 et 1945 reposait sur un système fortement étatisé pour nourrir toute la population tout en la mobilisant pour la guerre. Quand les citoyens et les gouvernements se rendront enfin compte que ce n’est pas quelques mesures éparses mais un véritable effort de guerre qu’il faut pour lutter contre le dérèglement climatique, peut-être s’inspirons-nous de ces moments de l’histoire. Encore une fois, nous développerons tout cela plus en détail dans l’ouvrage et j’espère vous convaincre à ce moment là.

      1. @Vincent Burnand-Galpin

        Le sens de ma remarque sur l’assise de votre proposition était plus ou moins similaire à ce que dit Yvan Sobolewski un peu plus bas dans le fil: Il n’existe à ce jour aucun parti susceptible d’accéder au pouvoir pour porter le type de propositions que vous faites. Pire encore, il n’y en a probablement même pas le moindre désireux d’aller dans cette direction. Tous restent paresseusement installés sur des logiciels datant dans le meilleur des cas d’après-guerre, qu’ils « patchent » tout juste au gré de l’actualité.

        De très bonnes propositions existent depuis des années tant sur le plan social qu’écologique. J’ai dit depuis longtemps déjà ma préférence personnelle pour le modèle socio-économique de Bernard Friot, qui en a produit les grandes lignes depuis au moins une demi-douzaine d’années, si ce n’est plus. L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix fut exprimée par Paul Jorion ici-même depuis peut-être plus longtemps encore. Aucune de ces propositions n’a jamais eu le moindre écho dans quelque parti politique que ce soit. Tout juste Hamon a-t-il vaguement repris l’idée d’une taxe robot aux présidentielles sans grande conviction, et vu le carnage qui s’en est suivit pour lui, on est pas près de l’y reprendre de sitôt à mon avis.

        Il faut ici se déciller un peu et reconnaître ses adversaires pour ce qu’ils sont: La précarité dans laquelle est plongée une part grandissante de la population n’est pas un accident ou un dommage collatéral que la classe politique tenterait de résorber maladroitement et sans grand succès. Non, elle a voulu et orchestré cette situation de A à Z dans une inféodation totale à l’ordre capitaliste libéral depuis plusieurs décennies (mettons que ça ait commencé sous Pompidou). Il en va de même sur le plan écologique. S’attendre alors à ce qu’elle opère un virage à 180° procède du vœu pieu car tel n’est pas son intérêt.

        Une simple analyse des politiques publiques relatives à l’emploi suffit pour s’en convaincre. La mission de Pôle-Emploi n’est pas et n’a probablement jamais été (pas plus que celle de l’ANPE auparavant), contrairement à la fable ressassée à l’envie, l’accompagnement des chômeurs vers un retour à l’emploi (même ses agents n’en sont plus dupes, avec 1 poste disponible pour 10 candidats en moyenne, la conclusion est facile à tirer) mais l’organisation méthodique de l’armée de réserve du Capital, avec radiation – et donc suppression des revenus – à la clé pour tous les récalcitrants.

        Le RSA, comme son ancêtre le RMI ont été instaurés pour des montants ne dépassant jamais la moitié du seuil de pauvreté. On ne saurait dire les choses plus explicitement. La tendance est d’ailleurs en cette matière à considérer que les bénéficiaires devraient s’acquitter d’une contrepartie à hauteur de rien moins que 35h/semaine de T. I. G., tel que le dispositif a été mis en place dans l’Aisne au début de l’été. Autant dire que l’objectif visé est de dynamiter le smic et produire encore plus de pauvreté plutôt que de permettre aux gens de manger, de se vêtir ou de se loger à l’œil. Il ne suffira pas d’un peu de bonne volonté et de sourires aimables pour infléchir ce mouvement.

      2. @Dissonance
        Le président du conseil départemental de l’Aisne, étiqueté UDI, est un ancien prof de sport de collège, ancien maire d’un chef-lieu de canton perdu dans une des cambrousses les plus pauvres de France au sein d’un département non moins pauvre, constamment au bord de la faillite et de la mise sous tutelle. Le gars n’est pas une lumière en matière de conscience politique mais pas mauvais bougre non plus. Il vous a peut-être échappé qu’à l’occasion du centenaire de 1914, le Président de la République s’est beaucoup baladé dans ce département et notamment dans l’ancien « fief » du bonhomme. M’est avis que ce département est devenu un laboratoire de la macronie. Le deal: « mon petit Nicolas je renfloue les caisses de ton département, tu échappes à la tutelle, tu restes peinard à ton poste et en échange tu me fais bosser ces feignasses qui nous coûtent un pognon de dingue ».

      3. @arkao

        Loin de moi l’idée de stigmatiser un élu en particulier, je les mets volontiers tous dans le même panier. Sarkozy avait déjà lancé un ballon d’essai en 2011, preuve que l’idée n’est pas neuve. Le principe « des droits et des devoirs » est récité comme un mantra jusque chez les assistantes sociales des conseils départementaux.

        J’ai « séché » la dernière que j’ai eu en face de moi en lui rappelant que selon l’article 5 du préambule à la constitution de 1946, l’emploi n’était pas un devoir mais un droit. L’idéologie du mérite vérole les esprits depuis tellement longtemps que ces dispositifs passent comme une lettre à la poste dans des populations disposées à jalouser quiconque semble s’extraire de l’exploitation, fut-ce au prix de la misère.

      4. Pas faux Dissonance,

        Mais tout dépend comment on lit l’article 5 :

        « 5. Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. « 

      5. @Cloclo

        Je ne pense pas qu’il y ait 50 façons de lire l’article 5. En tout cas pour ma part je le lis ainsi: On y exprime d’une part une distinction entre devoir et droit et d’autre part une distinction entre travail et emploi. Le travail est un devoir, l’emploi un droit (c’est juste littéralement ce qui est écrit, sans en passer par quelque interprétation que ce soit). Existe-t-il alors une ou plusieurs différences entre travail et emploi pour qu’une telle distinction soit opérée (et opérable)? Cela ne semble pas aller de soi dans une société où l’on a tendance à utiliser les deux termes indistinctement.

        Or sur ce sujet en particulier, Friot nous apporte une réponse que je crois valide: « L’emploi est un travail subordonné à un capital » nous dit-il. Mais quand bien même on adhèrerait pas à cette définition en particulier, on peut au moins concevoir que l’emploi ne soit pas un parfait synonyme du travail mais en soit une variété particulière s’exerçant selon ses modalités propres, qui ne sont pas nécessairement celles de tout travail. On pourrait par exemple aussi dire que l’emploi est le travail en tant que marchandise, celui qui s’échange donc sur un marché. C’est d’ailleurs par ce biais qu’on peut entrevoir toute la perversité des politiques publiques menées autour de l’emploi depuis des décennies, à mon avis.

      6. @Cloclo

        De deux choses l’une: Soit l’on fournit à ces bénéficiaires du RSA un « emploi » à temps plein (ce qui est bien le cas pour 35h/semaine), et ces gens n’ont plus à être rémunérés 500 euros environ mais au minimum au smic (c’est à dire un peu plus du double), soit on les maintient à 500 euros mais alors on ne peut leur imposer 35 heures d’activité par semaine. Jouer sur les deux tableaux au désavantage exclusif des chômeurs est une escroquerie et un coin majeur dans le système de protection sociale.

      7. Cloclo,

        ça ne me poserait aucun problème d’oeuvrer aux fins collectives déterminées démocratiquement dans le cadre du « contrat social » moyennant les avantages mutuels issus de cette coopération (éducation, santé, retraite, infrastructures, etc) pour autant que la détermination de ces fins ne soit pas laissée au seul marché et au profit.

        La participation de tous étant requise pour que le sentiment de justice règne (cf les études sur la perception des inégalités ou sur « l’effort climatique » à fournir, accepté, pour autant qu’il soit harmonieusement partagé), l’impératif ne me heurte en aucune manière.

        Faisons-nous société ou pas ?

        Merci pour la définition de Friot sur travail et emploi, la subordination, de fait, à un capital m’apparaît effectivement essentielle. Aliéner l’essence même de notre existence, notre temps, au détenteur de l’outil de production, c’est un truc de malade… avec tous les raffinements possibles : de l’esclavage – emploi sans rémunération – au contrôle du désir même, avec alignement sur le désir du maître – 75% des gens épanouis dans leur emploi selon des chiffres récents… Pffffffffff ! Qu’est-ce qu’on est allé leur fourrer dans le crâne à tous ces bons petits soldats ?!

      8. Merci 2casa de nous ramener dans la bonne voie suite à ton erreur d’aiguillage. 😛

        Et si tu veux bien admettre le flou artistique qui entoure ta notion de « La participation de tous étant requise pour que le sentiment de justice règne », tu ne m’en voudras pas de garder une certaine distance quant à moi avec ton enthousiasme de travailleur stakhanoviste mon grand. D’ailleurs, si tu réfléchis deux secondes ta phrase, elle donne un drôle d’écho étrange à ce que Dissonance dénonce dans le projet de certains politiques qui veulent obliger une contre partie effective aux versements des minima sociaux…

        @ Dissonance,

        Il est tout à fait évident que la manière dont tu présentes la chose est totalement intolérable si cela était le cas, à savoir faire travailler des individus 35 heures par semaine, pour 500 balles par mois. Sauf que ce n’est pas exactement qui est proposé par le CD de l’Aisne par exemple. Qui dans l’article que tu cites précises :

         » Exemples : effectuer des heures au sein d’une association caritative, apprendre à écrire ou suivre des formations. »

        On s’approche plus d’une activité rendue obligatoire qui permet soit de maintenir un lien social, là où c’est le bénévolat qui s’exerce habituellement, pour continuer à fournir un rythme horaire régulier (un peu à la base du monde du travail) , soit de se former et ou d’augmenter ses propres compétences.

        Ce qui ne semble pas être exactement sur le même plan que tu le présentes, à savoir un boulot de production « normale » qui serait de fait maintenant effectué par des actifs sous payés. Ce qui par voie de conséquence n’est pas en opposition aussi flagrante que tu le soulignes avec l’article 5. Bref, je vois bien aussi comme toi le risque que ce type de « machinerie sociale » peut amener sur le « vrai » monde du travail.
        Mais au nom d’une crainte légitime, gaffe aussi à ne pas mettre sous le tapis la réalité du décrochage et d’exclusion d’une partie de la population laissée seule enfermée dans un système de minima sociaux.

      9. Quel flou artistique ?

        Même les singes sont sensibles à l’injustice et arrêtent de collaborer quand ils en sont les victimes. Mécanisme psychologique simple dont nous ne sommes pas dispensés.

        « A chacun selon ses moyens » sinon ça ne fonctionne pas, voir les revendications de « justice fiscale » par les gilets jaunes (et pas de « baisse de la pression fiscale » comme on essaie de nous le faire gober maintenant cf l’inénarable Lechypre hier sur FI par exemple) ! Ou encore l’effort proportionnel à fournir en matière de réduction des GES – qui varie selon les estimations de 1 à 3 (Hadrien ici sur le blog), de 1 à 40 (hier ici aussi) – selon les CSP.

        Quant aux références précises, je te laisse dans les griffes de goobels… petit flemmard ! 😎

      10. Relativement à mes deux secondes de réflexion, j’y discerne plutôt en filigrane ce que suggère Jorion, à savoir que du taf il y en a, dans la restauration de l’environnement par exemple, mais que les fins étant laissées au seul marché et au profit, ben c’est pas rentab’, vois-tu ?

    2. Tout d’abord, merci Dissonance, de vos commentaires en général et d’être encore là malgré la nouvelle formule ! Depuis le départ de vigneron, vous êtes, avec Jacquot, parmi les contributeurs les plus charpentés et les plus synthétiques, pas grand-chose à ajouter ou à retirer de ce que vous avancez. Merci !

      Cloclo… Cloclo… toutes ces belles déclarations ne valent rien dans notre société où, quand vous n’êtes pas nés au bon endroit, ne vous reste que le choix d’aller vous faire exploiter pour enrichir des porcs ! « Chantage quotidien aux conditions matérielles de subsistance ».

      Ce sera un devoir dans une société juste. En attendant, ce n’est que du vent, du pipeau, de la trompette ! Ce en quoi, d’ailleurs, je ne suis pas d’accord avec la notion « d’effets de structure » développée par monsieur Jorion. Ces structures ne se mettant pas en place toutes seules et nécessitant de bons petits opérateurs, la plupart du temps, et de gentils organisateurs, à l’occasion – cf Macron en ce moment – pour tout ajuster par le bas… et on repart pour un tour d’exploitation !

      « Devoir de travailler » quand il n’y a plus d’emploi, de surcroît, si c’est pas de l’injonction contradictoire ça… de quoi rendre marteau tout chômeur qui entend se respecter un peu, encore, malgré pôle-emploi !

      Sans doute votre situation vous aura-t-elle épargné tout cela ainsi que vous l’avez déjà suggéré, sans quoi vous ne tiendriez pas de tels propos – sans même vouloir ergoter une énième fois sur « travail » et « emploi ».

      Sinon, merci pour l’humour et la fraîcheur, souvent, et le bon sens aussi ! 😉

      1. @ Dissonnance,

        Certes, pas 50, mais peut-être pas exactement aussi la façon dont vous la lisez puisque quand vous écrivez en parlant de certains politiques :

        « La tendance est d’ailleurs en cette matière à considérer que les bénéficiaires devraient s’acquitter d’une contrepartie à hauteur de rien moins que 35h/semaine de T. I. G.,.. »

        Et qu’on définit l’emploi, dans les dictionnaires, comme étant un « travail rémunéré dans une administration, une entreprise, chez quelqu’un », « un emploi, en économie, consiste à utiliser des personnes actives de la population à des activités économiques », « ce à quoi s’applique une activité rétribuée » . Alors, malheureusement, vous avez bien petit 1 : devoir de travailler, puisqu’on vous « fournit » petit 2 un emploi comme c’est votre droit…

        Vous pensez bien qu’ils le lisent ainsi. Donc nous avons bien au moins 2 lectures possibles. Mais comprenez moi bien, je ne sais pas lire.

        @ 2casa,

        Même dans une société juste, mais qui s’organise comme l’actuelle, je ne vois en quoi c’est un devoir de travailler, quelle horreur ! Je ne goûte pas trop aux injonctions et impératifs moraux de ce type venant des sociétés, même justes.

    3. Dissonance,

      Cette proposition de gratuité ne vaut bien entendu que si l’on sort du cadre. IL ne sert à rien donc de chercher des tas d’objections qui s’adressent au cadre actuel, ce cadre dont il faut sortir, parce que c’est vital.
      Est-ce parce qu’une proposition n’a pas le « moindre écho » dans les partis politiques, qu’elles ne seraient pas viables et nécessaires ? C’est au contraire parce que les partis refusent de les envisager sérieusement qu’il faut redoubler d’effort et en infuser l’idée dans toute la société. Un parti politique ne peut pas représenter le tout d’une société. Ainsi l’on est cohérent avec l’idée qu’il faut changer de cadre ; le cadre ne change que si en profondeur il y a un désir général de passer un seuil qui est la transformation de la société par elle-même. Il y aurait beaucoup d’exemples à donner, un me vient à l’esprit : me-too, mouvement qui vient de la société, qui n’a été initié par aucun parti politique.

      Vous me répondrez la gratuité avec passage de seuil : ce n’est pas gagné ! Mais oui, ce n’est pas gagné, et c’est pour cela qu’il faut mener ce combat.

      Les Gilets jaunes aujourd’hui encore adressent ce message. Ils donnent des coups de boutoir, et disent, non, on en veut pas de votre politique inique MM. Macron et compagnie ! D’aucuns disent, leurs revendications sont confuses, mais non, ce n’est pas ça dont il s’agit. Leur caractère supposé confus de leurs revendications, c’est en réalité un refus de s’enfermer dans un revendication catégorielle, car il s’agit bien de sortir de la précarité, de l’inégalité systémique, c’est donc bien le cadre qui est remis en cause, certes ce n’est toujours conscient chez tous les Gilets jaunes, mais cela revient à cela. Evidemment cela gêne des gouvernants qui préfèreraient avoir des interlocuteurs qui négocient des petits bouts de gras, alors que c’est le cadre qu’il faut changer.

      C’est donc une question de seuil, cette proposition de gratuité qui semble aujourd’hui non envisageable parce que tout s’y refuse dans le contexte actuel, contexte que vous décrivez d’ailleurs fort bien, pourra possiblement l’être demain, c’est une question de survie. Le problème c’est donc le cadre, pas la gratuité.

      AU lieu d’anticiper des effets pervers dans un avenir lointain, concentrons-nous sur ce qu’elle peut amener avec elle d’effets positifs.
      Un des effets positifs, serait déjà qu’on croisse différemment. C’est à dire que dans de nombreux secteurs, tout ce qui en fait est en train de détruire nos milieux naturels, avec la gratuité, nous fermerions des gisements de croissance des plus néfastes pour notre survie sur Terre. C’est un pas qu’il faut absolument franchir.

  3. Dans le chapitre 7 de son  » Manuel de Transition  », Rob Hopkins écrit :

     » C’est une chose de faire campagne contre le changement climatique et une autre de présenter une vision irrésistible et attachante du monde de l’après carbone, qui donne aux autres l’envie d’y aller. Nous commençons à peine à explorer la puissance d’une vision positive d’un futur resplendissant qui soit frugal en énergie, riche en temps, moins stressant, plus sain et plus heureux. Il est essentiel de savoir associer des images à la vision précise d’un avenir où la consommation d’énergie est fortement réduite.  » (…)
     » Les écologistes ont souvent commis la faute d’offrir aux gens des images mentales peu désirables.  » (…)  » Il faut créer un champ de narration alternatif. Fabriquer de nouveaux mythes et imaginer des histoires qui esquissent un monde viable et séduisant.  » (…)
     » Il faut rassembler des activistes, des journalistes, des écrivains, des artistes qui inventeront de nouvelles histoires pour notre époque.  » (…)
     » Notre espèce à fait preuve de créativité, d’adaptabilité et d’habileté manuelle pour créer l’âge du pétrole : elle devrait survivre à l’effondrement par les mêmes moyens. » (…)

    J’invite à lire les chapitres 7 et 8 du Manuel, très riches et qui éclairent la réflexion d’un jour nouveau. Les quelques extraits cités précédemment n’en rendent pas assez compte.

    1. Chères toutes, cher tous,

      J’arrive un peu tard dans la discussion comme dab, je me suis pas connecté pendant quelques jours.

      Il faut rassembler des activistes, des journalistes, des écrivains, des artistes qui inventeront de nouvelles histoires pour notre époque. » (…)

      Oui le récit à fond, c’est à nous d’écrire la prophétie autoréalisatrice de demain.

      Oui c’est à nous de créer de nouvelles normes et valeurs qui donnent le sens, la direction.

      La puissance du récit est toujours inégalée, mes enfants on grandi avec des comptines « La pub c’est pour les gogos, les 4×4 c’est pour les patates »,

      Aujourd’hui comme la pub des paquets de cigarettes un slogan à améliorer du style :

      « Le tabac tu, les regrets tuent aussi, les regrets de n’avoir pas agi pour un monde vivable pour nos enfants etc … »

      Envahissons l’espace public de nos slogans que nous exprimons de partout, homme sandwitch, sur nos voitures, nos vêtements etc …, exposons nous, oui exposons nous au risque de gagner l’impossible !!!

      Comme toujours avec mon infini tendresse, Pierre de la tribu des Quel Art’s.

  4. « .. ces mesures ne sont pas en accord avec les aspirations fondamentales des citoyens. »
    En êtes vous si sûr ? Je crois constater que l’aspiration fondamentale reste le pouvoir d’achat. Seul le libéralisme économique a su le donner à de plus en plus de gens (qui rouspètent néanmoins).

    1. Croyez constater ce qu’il nous faut (changer les aspirations), EHPAD c’est dans quoi nous sommes empêtré, ça c’est du passé monsieur.
      En effet Dans un modèle sans concurrence Et En osmose ( ou même symbiose ! ) avec la terre, le pouvoir d’achat est une donnée tout à fait secondaire.

    1. Mais où est passé Bernadette…?

      Gratuité des transports qui a un coût : l’agglo de Dunkerque 8 millions d’euros. Et quelques effets secondaires à prendre en compte, comme le risque de paupérisation du système de transport gratuit Et qui n’incite pas plus Dque cela les automobilistes à utiliser ce mode de transport collectif. Les évaluations positives et le contexte, cependant, sont propices à son développement.

      La gratuité des transports en commun, une idée qui progresse en Europe
      Par David PaugetPublié le 25-01-2019 Modifié le 14-02-2019 à 17:26
      http://www.rfi.fr/europe/20190111-gratuite-transports-commun-idee-progresse-europe

  5. Les choses se sont compliquées un peu, car le néo-libéralisme est lui aussi devenu un populisme : faux débats participatifs, l’immigration comme sujet dérivatif …
    Le ‘en même temps’ macronien pour n’évoquer que ce qui nous est le plus familier, loin d’être la politique du juste milieu, est une politique qui consiste surtout à enfumer les administrés en usant d’un double langage quasi permanent, qui fort heureusement trompe de moins en moins de monde. A tel point que le rejet touche maintenant la séquence qui permis à ce président populiste de prendre son élan : Hollande conspué cette semaine à Lille par des étudiants, sur les terres socialistes.

  6. Aucun parti susceptible de développer la gratuité pour l’indispensable n’est en mesure d’accéder au pouvoir prochainement. Une ville moyenne pourrait  » donner l’exemple » et provoquer une contagion des idées. La santé, l’éducation jusqu’au bac et la connectivité me semblent les pistes les moins coûteuses. Il est encore temps pour ceux que cela intéresse de monter une liste pour les élections municipales.

      1. Tout n’est pas gratuit en France, loin s’en faut.
        Par exemple les soins ne sont pas véritablement gratuits si l’on considère les dépassements d’honoraires qui ne sont pas remboursés par la sécu et compte tenu du fait que tout le monde ne peut se payer une mutuelle haut de gamme. Or des bénéficiaires de la SMU sont parfois refusés chez les spécialistes, c’est illégal, mais c’est une réalité.

        Le lien entre Etat providence et écologie ?
        C’est que des services gratuits font reculer la croissance des services et bien inutiles au bien être général. C’est donc bénéfique pour la planète.

  7. Dans le cadre actuel, ce genre de programme ne peut que couler économiquement un pays qui s’y lancerait en solo, par la grâce de la concurrence et de la Zone euro réunies. Ce serait certes un bon moyen d’en réduire les émissions de gaz à effet de serre, comme la Russie en a fait la démonstration il y a 25 ans !

    Voulez-vous commencer par un Frexit, pour retrouver un peu de liberté d’action ? Parce qu’avant de vendre ça à l’Allemagne, aux USA et à la Chine, il va falloir un méchant chapelet de catastrophes, c’est-à-dire entrer dans la zone d’effondrement.

  8. @ Vincent, je complète ici ma critique sur l’utilisation des concepts généraux.
    Le populisme ne signifie pas grand chose selon moi. Je pourrais même avancer que c’est justement un mot employé par les néolibéraux pour rendre le combat politique plus confus, à leur profit. On voit bien ce que sont les néolibéraux (que pour ma part je nomme ultralibéraux) mais quid des « populistes » ?
    Dans le cadre de votre billet vous les réduisez à des fascistes, ou du moins une nouvelle forme [j’ai déjà dit ce que je pensais de W. Reich et son « petit homme », notion faiblarde] et je suis d’accord avec Dissonance : confondre les plus fortunés et les étrangers dans l’hypothétique vindicte du conglomérat populiste n’a pas de sens : qui le fait effectivement ?
    Je ne nie pas que les néo-fascistes puissent évidemment se parer du qualificatif de populistes mais en résumé, pour moi, il faut jeter ce concept aux oubliettes car il empêche de faire des analyses politiques conséquentes, celles qui sont basées sur les rapport de de force et sur la lutte des classes ─ eh oui, je suis comme W. Buffet, je crois que c’est là un concept parfaitement opératoire !

    1. Jacques, si ! les populistes existent ! Et ils jouent un rôle essentiel comme comparse, comme Gnafron à Guignol.

      Ici, un autre extrait du livre que Vincent et moi sommes en train d’écrire :

      Dans le monde occidental : en Europe, aux États-Unis, en Grande-Bretagne – dans la mesure où elle a cessé d’être dans l’Europe ou tente en tout cas de ne plus l’être, nous connaissons désormais un régime où notre type de gouvernement se limite à un choix entre ultra-libéraux de diverses obédiences et ce que l’on appelle le populisme, où des dictateurs en puissance se prévalent de parler au nom du « vrai Peuple » et d’être seuls à proposer des mesures capables de remédier radicalement à ce qui est perçu comme l’incurie, l’inefficacité crasse, des gouvernements se déclarant « centristes » mais en fait, ultra-libéraux, dont l’activité se limite à la maintenance et la protection des privilèges d’une frange de nantis.

      La discours populiste radical affirme que sa motivation profonde est l’éradication des tares de notre système. Dans la réalité, sa pensée est simpliste, focalisée sur l’hypothèse de comploteurs tirant les ficelles dans l’ombre, et du coup, xénophobe et en quête permanente de pseudo-responsables pour jouer le rôle de boucs-émissaires dont l’histoire démontre à suffisance qu’ils finiront un jour en victimes expiatoires.

      Comme on le constate en ce moment en Grande-Bretagne et aux États-Unis – un démagogue se prétendant être l’authentique représentant du « Peuple », met en réalité à l’avant-plan le profit, autrement dit la philosophie spontanée des hommes d’affaires, si bien que dans la pratique, le populisme débouche sur une variété « en col bleu » du même ultra-libéralisme que celui dont les gouvernements prétendument « centristes » offrent la variété « en col blanc ».

      1. @ Paul, je ne nie pas les analogies dans les mouvements apparus au R.-U. aux É.-U. ou ailleurs, loin de moi, et que de cette manière oui ils existent.
        Tout ce que vous écrivez (fachos col bleu/blanc), je le partage et depuis que j’ai découvert tes livres et ton blog.

        J’aimerais bien connaître l’historique du terme populiste et comment il est apparu dans le discours politique depuis quelques années. Au fond je ne vois pas ce qu’apporte ce concept par rapport à néo-fascisme, sauf à éviter des points Godwin. Pour moi le problème est que populiste est le mot passe-partout souvent employé par nos ennemis. Dès que le peuple lève la tête, il est populiste aux yeux des chiens de garde.
        Avec ce mot-valise, on court le risque de tout mélanger ce qui permet ainsi de jeter l’opprobre (méritée pour ceux que tu désignes de la sorte) sur des gens qui eux, ne la méritent pas (cf. Ruffin). Pierre-Yves a fait une remarque intéressante dans un commentaire : Macron a une attitude populiste mais on doit bien conserver la qualification ultra pour lui.
        Dans votre livre le concept est bien défini, j’admets, mais dans le débat politique, il ne l’est jamais ─ et pour cause !

    2. Sur la question des plus fortunés, ajoutons ceci: Il est bien difficile de ne pas les pointer du doigt, quand Jean Gadrey nous explique par exemple qu’en France, les plus riches polluent 40 fois plus que les plus pauvres tandis que ces derniers payent 4 fois plus de taxe carbone en proportion de leurs revenus, ou quand à l’échelle mondiale, Piketty et Chancel nous parlent d’un différentiel de plus de 2000 entre les émissions d’équivalent CO2 des 1% les riches face aux 10% les plus pauvres. Ces gens sont-ils populistes pour autant ?

    3. Je veux rappeler l’apparition de Berlusconi, comme premier élu à la stratégie « populiste ». Milliardaire, homme de médias, faisant campagne sur ces bases en proposant des solutions simplistes et anti-système (je ne connais pas son positionnement dans les détails), dans le contexte de condamnation du système de corruption impliquant plusieurs partis (opération mains propres). Wikipedia dit qu’il a été arrêté dans sa troisième présidence du conseil par les milieux financiers (« néo-libéraux »?).
      Et il faut une analyse fine. Obama, souvenons-nous en, a fait campagne sur le thème « contre les gens de Washington » sans être populiste selon moi.

  9. « Aujourd’hui l’offre politique nous est restreinte. Deux grandes idéologies se proposent à nous : le néolibéralisme et le populisme. » Cette entame m’a découragé. C’est une présentation de marché. Avec demande de plus de choix, etc. N’oublions pas que vouloir sortir de la politique spéctacle est sans doute un acquis des mouvement sociaux et de jeunes de l’an passé, sans parler des abstentions grandissantes dans le monde entier. Et quelques bonimenteurs agressifs ne vont pas changer l’impression.

  10. Bonsoir,

    Le blog de Paul Jorion, que je consulte depuis 2008, ressemble de plus en plus à une galerie d’art, notre hôte nous présente une pensée pertinente, enrichie de multiples strates d’expériences dans une foultitude de domaines, dans le même temps cette pensée est dynamique, cette œuvre est toujours en cours et il nous invite à y participer – un fab lab ? –
    Mais, pour en revenir à l’analogie avec la galerie, l’impression est que nous évoluons en microcosme, de bonnes volontés, bien éduqués & instruits pour la plupart, nos contributions tombent sous le sens commun d’une intelligence/sensibilité largement partagée par les visiteurs du blog – & nous voulons changer le monde qui contient au moins 80% d’opinions très éloignées de nos préoccupations débattues sur cette plateforme numérique –
    Si les idées les plus raisonnables/justes/équitables pour que la vie de la grande majorité des habitants de cette planète atteigne un optimum de satiété/liberté/épanouissement – s’étaient imposées par leur seule évidence dans la gouvernance du monde – depuis longtemps le phénomène se serait présenté – jamais le monde n’a porté autant de philosophes, de spécialistes du comportement humains, de professionnels de l’ergonomie sociale/individuelle (psy-coach en tout genres, etc…) & pourtant on ressent de la détresse partout parmi nos congénères comme jamais on en a connu en temps de paix –
    Le défi du changement climatique va chasser toutes nos anciennes références culturelles de luttes – tout le monde sera concerné – évidemment que les classes sociales les moins favorisées morfleront en premier – mais personne n’échappera à la contrainte que de vivre dans un monde sans croissance, avec moins d’apport énergétique et avec un nécessaire re-déploiement de tout notre système économique – la rupture du cycle systémique – énergie fossile/ flux financier – courroie de distribution de notre économie – provoquera un collapse – et nous devrons tout reconstruire à la force de nos bras – littéralement.
    En réalité, il n’est plus l’heure de discuter du sexe des anges, de vanter un monde plus juste ou d’exhumer les mérites de la permaculture, de l’agroécologie – il n’est plus l’heure de faire le cuistre ou de tenir salon – Seule une économie de guerre pourra nous faire tenir les engagements signés par l’accord de Paris – donc exit la démocratie, plus le temps pour la sensibilisation des consciences – c’est malheureusement l’horizon qui se profile au fur et à mesure de l’inertie du monde politique – car seul les politiques pourront obliger l’économique à mettre un frein à son appétit de croissance –
    La démocratie va mourir, car le temps du débat ne sera plus permis, c’est cela qui nous guette, plus sûrement qu’une prise de conscience universelle des enjeux en question –

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