13 réflexions sur « Suisse : « Les dangers liés au réchauffement sont tels qu’ils justifient des actions qui vont contre la loi » »

  1. Humm ! Ce n’est peut-être pas gagné à terme, l’exemple du pognon dépensé par Carlos Ghosn (14 millions d’€) pour faire un doigt d’honneur à la justice japonaise

    1. Essaie d’installer l’extension Ublock Origin (en lieu et place d’Adblocker) sur Firefox (ou Chrome, gloups !), et tu devrais pouvoir accéder à l’article

  2. Chère toutes, cher tous,

    J’ai sur le feu un papier sur l’importance de la notion de réputation et son utilisation par et pour l’activisme pour un futur vivable dans un climat acceptable pour les jeunes et les autres qu’humain.
    Même comme le disait un journaliste sur France Inter ce matin expliquant que les joueuse et les joueurs sont tenu(e)s par les sponsors et tout le business autour de ces méga-évènement, un méga feu leur tient tête.
    Dans n’importe quel groupe, groupe de niveau local, international il y a la recherche de « j’aime » de like de share.
    Et là Roger après toute ses « attaques de réputation » dont une de ma Sainte Gréta, et là qu’est ce qu’il fait :
    Il va dans le sens du courant.
    Celui des Winners, les ceusses qui agissent et beaucoup pour le futur.
    C’est plus que vrai de jour en jour que nous avons gagné.

    A bientôt avec toute ma joie et ma tendresse vers vous humains et autres qu’humains, Pierre de la tribu des Quel Art’s

  3. «La justice a reconnu le droit à la vie comme étant supérieur aux intérêts financiers»
    Par Emmanuel Borloz
    Énorme coup de théâtre ce lundi en fin d’après-midi à Renens: les douze activistes du mouvement Lausanne Action Climat, qui avaient occupé une succursale lausannoise de Credit Suisse pour dénoncer les investissements du géant bancaire dans les énergies fossiles et leur impact sur l’environnement en novembre 2018, ont été acquittés. Le tout sous un tonnerre d’applaudissements et les larmes de nombreux militants présents dans le public, médusés à l’heure d’un dénouement sur lequel aucun observateur n’aurait osé parier. Les jeunes prévenus, des étudiants d’une vingtaine d’années, ont certes été reconnus coupables de violation de domicile et d’infraction du règlement de police. Mais «l’état de nécessité», plaidé par les treize avocats de la défense qui ont défendu les activistes bénévolement, a été retenu par le président, Philippe Colelough.

    Pas d’autre choix

    Pour comprendre ce verdict qui fera date, il faut savoir que le Code pénal stipule que «quiconque commet un acte punissable pour préserver d’un danger imminent et impossible à détourner autrement un bien juridique lui appartenant ou appartenant à un tiers agit de manière licite s’il sauvegarde ainsi des intérêts prépondérants» (Art.17). Or, selon le Tribunal de police de Lausanne, les conditions de l’article en question sont remplies. «Le danger réside dans les conséquences du réchauffement climatique et il est imminent», a détaillé le président. Pour forger sa conviction, Philippe Colelough a retenu les nombreux rapports produits par la défense, en particulier celui du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur le réchauffement climatique à 1,5°. «Il évalue et synthétise l’ensemble des travaux scientifiques sur le sujet et souligne que le réchauffement climatique, qui relève de l’activité humaine, est trop rapide et dangereux», estime le magistrat, que le témoignage de Sonia Seneviratne, une climatologue spécialiste des événements extrêmes, professeure à l’EPFZ et auteure principale pour la Suisse du rapport du GIEC, a achevé de convaincre. «Sa précision a emporté la conviction du tribunal.»

    De la fonte des glaciers qui menacent de nombreuses villes côtières — San Francisco, Miami ou Shanghai en tête — à l’acidification des océans en passant par l’augmentation de catastrophes naturelles, «l’existence d’un danger doit être retenue, son imminence est établie».

    «La justice a reconnu le droit à la vie comme étant supérieur aux intérêts financiers. C’est la décision la plus importante de toute ma carrière»
    Le jugement s’est ensuite penché sur la solution choisie par les militants pour faire passer leur message: une partie de tennis sauvage. Grimés en Roger Federer pour interpeller l’homme aux vingt titres du Grand Chelem qui associe son image à Credit Suisse — une stratégie payante (lire en encadré) —, les activistes ont évidemment agi sans autorisation. Une violation du règlement de police de Lausanne qui trouve grâce aux yeux du magistrat. «Pour faire réagir la banque, alerter l’opinion publique et attirer l’attention des médias, cette action était le seul moyen efficace», poursuivait Philippe Colelough, ajoutant qu’aucun moyen plus traditionnel n’avait obtenu de résultat.

    Dans la salle, le public, qui entend encore le président du Tribunal de police qualifier les activistes de personnes sincères aux explications convaincantes, commence à réaliser la portée du verdict qui tombe dans la foulée: les joueurs de tennis du climat sont acquittés. Le tribunal tentait tant bien que mal de mettre en garde les nombreux activistes contre «les perspectives pas souhaitables» qui pourraient découler de son jugement, beaucoup l’ont à peine entendu. Une partie du public ne retient pas ses larmes. Les prévenus se lèvent sous les applaudissements.

    Ovation pour ce dénouement historique. Activistes et avocats sortent pour faire une déclaration à la presse pic.twitter.com/rvT2cvZWNu

    — Aline Ecuyer (@alineecuyer) January 13, 2020
    «La justice estime que ces militants n’avaient pas le choix! Ce verdict, on osait à peine en rêver», glissait Me Raphaël Mahaim en quittant la salle. «C’est l’euphorie», soulignait à ses côtés l’ancien bâtonnier Christian Bettex dans un sourire ému. Avocate des activistes de la première heure, Irène Wettstein est l’une des deux femmes de loi à avoir convaincu ses confrères de s’embarquer dans l’aventure climatojudiciaire. «La justice a reconnu le droit à la vie comme étant supérieur aux intérêts financiers. C’est la décision la plus importante de toute ma carrière.»

    Se jetant dans les bras de leurs proches, les acquittés, qui se réjouissent que le verdict soit entendu dans le monde entier, n’en reviennent pas non plus. À l’image de Paul Castelain, étudiant de l’EPFL qui passe un examen de théorie des probabilités ce mardi. À combien estimait-il la probabilité du verdict du jour? Il sourit. «À pas beaucoup…»

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