Un coup de pouce pour la taxe Sismondi

Ouvert aux commentaires.

Ma suggestion d’une « taxe Sismondi » sur la valeur ajoutée par les machines date d’une chronique que j’avais publiée en 2014 dans Le Monde : La grande transformation du travail. Benoît Hamon avait repris la proposition dans son programme de campagne présidentielle. Depuis, il avait aussi été question d’en débattre au Parlement européen mais après moult roulements de tambour, le moment venu, la rapporteuse de la proposition l’avait retirée, en raison du tollé qu’elle aurait causé, avait-elle alors déclaré.

Dans une tribune libre du quotidien financier belge L’Écho, l’économiste belge Étienne de Callataÿ en reparle. Il écrit ainsi, le 8 février, dans Assurer la sécurité sociale :

Le financement du futur pour la sécurité sociale devra incorporer une taxe Sismondi sur la valeur ajoutée non humaine, une responsabilisation des employeurs pour les métiers pénibles et le reclassement des employés remerciés, l’internalisation du coût de la pollution et un ajustement fiscal aux frontières pour empêcher la course au moins-disant social et environnemental.

« Petit à petit, l’oiseau fait donc son nid… »

Partager :

17 réflexions sur « Un coup de pouce pour la taxe Sismondi »

  1. Je vous fait confiance pour la taxe Sismondi.
    Mais, horreur! Si on lit presque jusqu’au bout, on trouve:
     » un ajustement fiscal aux frontières « .

    C’est du protectionnisme, pur et simple. Impensable et inacceptable, comme un diable dans le bénitier. Habituellement, le bénitier est réservé aux ébats des grenouilles.
    Donc, il faut choisir: soit la taxe Sismondi, soit  » un ajustement fiscal aux frontières « .

    Et le choix est idéologiquement difficile.
    D’abord et avant tout, une taxe Sismondi vaut-elle le prix d’un tarif douanier? Un tarif douanier signifie le début du commencement du démantèlement de l’Europe, une de ses fondations mise à mal, un reniement idéologique suicidaire, la Religion et ses dévots devenus hérétiques , rien de moins qu’une invitation au schisme . Là se trouve le point dur.
    Le marbre va-t-il céder?

    Tout ça, pour financer les soins de pauvres gens, qui n’en demandent peut-être pas tant.

    Perso, je choisis les deux, mais d’abord un ajustement fiscal aux frontières « . Le reste viendra de surcroît. Et pas seulement la taxe Sismondi. Car ce point dur pourrait être le grain de sable salvateur. ( Je choisis les pauvres gens, parce que j’en suis…). De plus, une taxe Sismondi n’a pas beaucoup de chance de perdurer sans  » un ajustement fiscal aux frontières « , à défaut de généralisation mondiale de la taxe. Étienne de Callataÿ a bien réfléchi à ses propositions.

    Je viens de faire un rêve d’enthousiasme. Revenons sur le plancher des vaches. Nous n’aurons ni l’un , ni l’autre. On peut déconner et se bourrer le mou mais faut pas exagérer. A se revoir dans 30 ans, aussi bien une éternité.

      1. Vous plaigniez-vous?
        Pour ma pomme, vous m’avez fait rêver. Un trop court instant mais je vous en remercie.
        Mais le principe de réalité….
        Tiens , The Gardian en personne nous en rappelle la nécessité:
        https://www.theguardian.com/commentisfree/2020/feb/13/french-police-violence-gilets-jaunes-victims
        Bien sûr, je mélange tout et ça n’a rien, rien, rien, rien, mais alors pas du tout, à voir. D’abord un torchon conspirationniste, comme l’hirondelle, ne saurait faire le printemps.
        Voyez la conspiration à l’œuvre:
        « The recent changes in police violence are part and parcel of the neoliberal restructuring that started in the early 1970s with the launch of global security and defence markets. » ou »Whether they face demonstrators or banlieue youths, police officers perpetrate the forms of violence that the upper classes deem necessary to prop up an increasingly unequal social order. »

        Bien entendu, je suis remonté à bloc. Normal, je suis en train de lire le dernier de E. Todd, célébré ici par Timiota.

  2. Arf c’est pas avec une taxe qu’on réformera le capitalisme, l’ancienne taxe professionnelle prenait déjà en compte la valorisation des immobilisations inscrites au bilan des entreprises, ça n’a rien changé au problème et depuis elle à été réformé au non de la non incitation à l’investissement.
    Bien sûr sa mise en place sera surement effective, ça donnera bonne conscience au système, par derrière on augmentera les taux d’amortissements des mêmes biens et personne n’y perdra –
    Cela fera t’il augmenter les salaires, cette manne financière, largement érodé par une comptabilité accomodante, nourrira t’elle une bonne cause ?
    Rien n’est moins sûr, les taxes, cela fait bien longtemps que cette arme fait feu et ses victimes sont toujours les mêmes…le consommateur final.

    1. @naroic

      « Arf c’est pas avec une taxe qu’on réformera le capitalisme, l’ancienne taxe professionnelle prenait déjà en compte la valorisation des immobilisations inscrites au bilan des entreprises, ça n’a rien changé au problème et depuis elle à été réformé au non de la non incitation à l’investissement. »

      Nous n’avons pas besoin de réformer le capitalisme, nous avons besoin de l’abolir. Or Piketty lui-même admet dans une conférence relative à son dernier ouvrage que l’impôt, même à des taux extrêmement élevés comme sous Roosevelt aux États-Unis, n’avait remis en cause le capitalisme américain, laissant à penser que ce qui est vrai pour eux devrait l’être à peu près pour tout le monde en la matière.

      Et pourtant sur ce blog sur lequel on prétend volontiers que « se débarrasser du capitalisme est une question de survie » on ne propose encore et toujours que des mesures qui loin de se débarrasser de quoi que ce soit, se contentent de coller des rustines là où le système dysfonctionne.

      1. Un taux d’impôt élevé n’avait pas pour but de faire effondrer le capitalisme. Il s’agit simplement de justice sociale. ( et à mon avis morale, dans le sens où les riches doivent leur richesse à autrui, très peu à eux-mêmes.)
        Bizarre que Piketty affirme implicitement le contraire…
        Gros tirage= grosse tête?

        Notons, pour ce qui est de la notion si judicieuse d’ « un ajustement fiscal aux frontières » chère à Étienne de Callataÿ, que la période de taux d’impôt ‘confiscatoire’ ( de 1935 à fin de présidence de Johnson, environ) correspond aussi à un commerce internationale contrôlé par des tarifs douaniers non négligeables.
        Un vécu:
        J’étais gosse et j’en ai horriblement souffert. C’était l’enfer. Par exemple, je ne pouvais pas m’ acheter un maillot de corps à manche courte (dit T-shirt) fabriqué au Bengla-Desh par des femmes exploitées jusqu’à l’os dans un immeuble destiné à s’effondrer (sur elles).
        Mais tout cela à changé. On approche le paradis.

  3. Cet économiste a dû relire Keynes dans le texte, minimiser le ressentiment, puis se rappeler que l’économie est normalement au service des gens, qui eux se trouvent être encolonné avec les machines dans les livres comptables, pour carrement plonger dans les profondeurs de l’histoire pour en ressusciter d’outre-tombe du bon sens sismondien, pour que l’essentiel à ses yeux soit préservé, sa sacro-sainte religion scientifique.
    Alleluia, Osana aux plus grands des Cieux.
    Je lui laisse 1 semaine avant que ses petits copains de silo tirent la chasse.

  4. Combien de personne l’article va-t-il toucher ?
    Combien de personne vous on écoutez lors de votre dernier passage chez Aude Lancelin ?
    Pourquoi on ne vous entend plus chez France Culture ?
    Pendant ce temps là, Gaëlle Giraud & Bernard Stiegler font des millions de vue chez Thinkerview… Chapeau l’artiste votre complotisme vous a définitivement aidé à porter votre message auprès du publique 😉

    1. Je n’ai jamais été invité a Thinkerview !!! Et j’en pleure tous les jours, croyez-le bien ! Et à chaudes larmes. Comme une Madeleine ! Et ce n’est rien de le dire !

      P.S. Poutine met les anti-fascistes en prison, vous avez vu ? Je ne sais pas pourquoi je dis ça, ça n’a aucun rapport.

    2. Les gens n’aiment pas qu’on leurs donnent des leçons, et tant pis pour la cause, ils rejettent ceux qui sont les plus susceptibles de leurs en donner.

      C’est normal c’est l’ego De l’homme.
      Moi je n’ai trouvé que ça.

      1. Après il y a déjà des taxes sur l’appareil productif. Si vous suivez l’actualité, c’est le combat en cours du medef de les réduire. Avec l’oreille attentive de notre ministre de l’économie, celui qui voudrait devenir le premier.

      2. Ne soyez pas de mauvaise foi. Bien avant l’introduction d’une taxe Sismondi sur la valeur ajoutée créée par les machines, il y aura d’autres taxes sur l’appareil productif, ces fameuses taxes à payer « avant d’avoir fait le 1er euro de chiffre d’affaire » qui seront réduites, voire annulées. C’est pour 2020.

  5. En voilà une idée qu’elle est bonne…, il ne faut pas laisser tomber.
    A l’image inversée de ce que l’on a appelé ‘les Chicago boys’, je suggère de créer un groupe comprenant Mrs Etienne de Callataÿ, Luc Leruth, Pierre Pestiau, Olivier Lefebvre et… Paul Jorion l’initiateur de cette idée de taxe Sismondi, groupe d’influence que l’on intitulerait ‘les belgo-boys’ ☺

  6. C’est LA solution efficiente pour minimiser la goinfrerie des actionnaires et le ressentiment des yellow jacket.
    Trop fort ce Sismonrion. ( au point où on en est HEIN )

Répondre à daniel Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.