D’un monde qui tousse à un monde qui cale, par Renart et Timiota

Ouvert aux commentaires.

La crise sanitaire actuelle questionne profondément nos sociétés sur tout le spectre de leurs organisations économique et politique. Nous argumentons ici que le soubassement de ces questionnements est l’usage et l’allocation que nous faisons des ressources énergétiques et matérielles, et que cette crise doit être une opportunité de les faire émerger à leur juste hauteur. En effet, toute activité humaine repose in fine sur la mise en œuvre de matière et d’énergie qu’il convient de recueillir, transformer, et nécessairement, pour une part en rejeter. Matière et énergie se doivent d’être en quantité suffisante, mais aussi en qualité suffisante. Chacun comprend en mars 2020 qu’une tonne de cellulose brute n’équivaut pas à la même quantité transformée en 250 000 masques respiratoires. Quantité, mais surtout qualité, sont des notions parfaitement définies et utilisées en physique, et plus spécifiquement en thermodynamique (Ref. 1). Vu sous cet angle, on peut assez facilement proposer une analogie du fonctionnement de nos sociétés avec, par exemple, celui d’un véhicule.

Considérons un véhicule automobile, avec son moteur à essence. Il est immobile au feu rouge, moteur au ralenti. Imaginons tout d’abord un moteur de petite cylindrée. Chacun comprendra que ce véhicule, qui consomme peu au ralenti, n’est, de facto, pas capable d’accéder rapidement à des puissances importantes, ni à des vitesses de croisières élevées. Considérons maintenant un véhicule de grosse cylindrée (un « SUV »). Les choses sont maintenant inversées. La consommation au ralenti est très conséquente, mais sa capacité à monter en régime, tant en puissance qu’en vitesse, est énorme. Voila le dilemme qui s’impose à nous : Ou bien faire de nos sociétés des gros véhicules capables de répondre à toutes les sollicitations (consuméristes, sanitaires, … ), et ce très rapidement, au prix de la gestion d’un moteur gourmand en consommation et en entretien; ou bien choisir un moteur peu gourmand et donc sobre, au risque que cette sobriété devienne une précarité (certaines pénuries, certains chocs sanitaires ne seront pas bien écrantés, mais de façon choisie).

D’aucuns objecteront que la démonstration ne tient pas si l’on considère un véhicule électrique qui, au feu rouge, ne consommerait rien. Mauvaise pioche : un tel véhicule ne peut représenter nos sociétés. En effet, celles-ci ne s’arrêtent jamais de fonctionner, et comme tout organisme vivant,  elles consomment, même au ralenti. Elles ont un « métabolisme basal », une société arrêtée serait une société morte. La thermodynamique (Ref.1) nous suggère fortement que c’est cette consommation au ralenti de nos sociétés qui gouverne tout, et nous détermine le choix des autres consommations. Le concept de pyramide de Maslow dicte une idée semblable, la base est indispensable (se nourrir, se loger, avoir accès à l’hygiène, avoir des proches), mais dans les hauts étages sociaux, l’anthropologie ne suggère pas que monter haut soit vivre mieux, mais que cela donne l’impression de protection et d’immunité aux crises.

En 2020, que sommes-nous prêts à dépenser et dans quels postes budgétaires sommes-nous prêts à le dépenser? Dépenser pour des accessoires et des chromes, ou pour l’arbre à cames que personne ne voit mais qui fait que le moteur a un ralenti solide et s’adapte aux demande de régime choisies ou subies ?

Que dire des emplois de soin à la personne et autres emplois de services tellement mal payés, mais sans lesquels plus rien ne fonctionne?

Que dire des services publics qui assurent la continuité de l’État et permettent une résilience des collectivités territoriales, en particulier dans les zones isolées ?

La liste est longue des situations vécues qui résonnent derrière ce problème de l’allocation de la richesse nationale.

La question que suggère l’analogie des moteurs réels est donc simple : Quel point de ralenti sommes-nous prêts à accepter pour nos sociétés?

Un point très bas, qui nous vaudrait d’être sobres mais incapables d’accélération suffisante en cas de crise, nous contraignant alors à faire des choix peut-être dramatiques lors des pires crises, mais où les règles de ce à quoi l’on tient sont assez claires pour tous ?

Ou un point élevé, qui donne une impression de résilience et garantit le plus souvent de passer les crises avec l’apparence que cela vaudrait pour le plus grand nombre, mais dont le coût d’infrastructure est élevé ? Et dont la sensibilité à une crise extrême est donc questionable, puisque la perception des règles sur ce à quoi l’on tient devient floue et moins partagée.

Si nous nous refusons à choisir, à l’échelle de nos sociétés, et la taille de notre moteur, et l’allocation de nos moyens, alors nous cessons de gérer les évènements, pour simplement les subir. Suivant la taille des crises, et nous avons maintenant une idée des temporalités pour le cas sanitaire et assez d’information pour le cas environnemental, cette allocation et ces choix diront comment nous définissons les minimums communs et comment nous serons à même de les protéger.

Il est certain que la situation actuelle, qui prône la compétitivité, nous a conduit à n’avoir n’avoir ni sobriété, ni résilience hors d’une marge qui se révèle aujourd’hui si étroite qu’elle est disqualifiée.

Ces analogies d’énergie remettent donc en cause le moteur « capitalisme », puisque l’avance valant intérêt et valant jusqu’à aujourd’hui accumulation des richesses définit par force un « gros ralenti » à notre moteur.

Ce que d’aucuns nomment le capitalisme des parties prenantes (Ref. 2) n’y changera rien au fond, car il n’agira qu’à la marge, sur la forme des sièges arrières et la taille de la galerie sur le toit dans notre analogie, et très peu sur la taille du moteur.

Quand cesserons-nous de nous payer de mots?

1. Adapted or Adaptable: How to Manage Entropy Production?
2. La crise du Covid-19 offre une opportunité de faire le capitalisme autrement, par Mariana Mazzucato

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76 réflexions sur « D’un monde qui tousse à un monde qui cale, par Renart et Timiota »

  1. Même à l’échelle relativement courte du dernier demi-siècle,
    notre changement de perception de la résilience en 2020 comparé à la grippe de 1968, sur lequel l’attention a été attirée par DH qui était jeune à l’époque, est un gros changement:
    https://www.pauljorion.com/blog/2020/03/28/pandemies-deux-epoques-par-d-h/

    (( http://www.grippe-geig.com/historique.html :
    Deux autres pandémies sont survenues au 20ème siècle, bien moins dévastatrices que celle de 1918 : l’une en 1957 avec la circulation d’un virus A (H2N2) responsable de la mort de plus de deux millions de personnes dans le monde et l’autre en 1968 avec la circulation d’un virus A (H3N2) responsable également du décès de plus d’un million de personnes dont 40 000 pour la France seule. C’est ce dernier type de virus grippal A qui circule encore de nos jours, avec des virus grippaux B et quelques virus A (H1N1) qui sont réapparus en 1977, puis en 2009. ))

  2. Aucun véhicule ne peut représenter nos sociétés. Une voiture ne pense pas, une voiture n’a pas d’émotion.

    1. Sauf une certaine Christine et une coccinelle numérotée 53.

      Une société ne pense pas non plus à proprement parler.
      Mais peut on dire que « ça pense en elle » ? ou bien « ça panse en elle » (au sens écologique)?
      Actuellement ça panse sec, indéniablement.

    1. En plus, l’avantage du système Belgo-Décathlon, c’est qu’il est réutilisable avec très peu de pièce jetable (seulement le filtre) donc en plus c’est plsu écologique (moins de déchet) 🙂

  3. Je voudrais pas dire mais rien qu’avoir rendu le « métier de caissière » comme activité essentielle, c’est à faire Pâlir de pitié toutes les civilisations qui ont existé et qui existeront, sauf la nôtre apparement.

    1. D’autre part je trouve ce billet excellent, ou comment articuler des mots et des données pour rendre intelligible quelque chose pressenti par tous et rendu à l’état d’évidence, de façon concise. Merci!

  4. « Quand cesserons-nous de nous payer de mots ? »
    Question essentielle.
    Aucune pensée n’est possible, donc aucune action cohérente, si nous n’accordons pas crédit à nos mots.

    Une société du tout-renouvelable-recyclable est-elle possible ? J’emprunte la question et sa réponse à JM Jankovic : oui, c’était le cas de toutes les sociétés humaines depuis les premiers hommes jusque vers l’an 1500 environ.

    À partir de là, que pouvons-nous et voulons-nous garder de notre si magnifique et si insensée époque moderne et que voulons-nous en jeter ?

    L’expérience du confinement donne quelques pistes…

    1. @ Denis Monod-Broca
      Non, toutes le sociétés humaines d’avant 1500 ne fonctionnaient pas sur le principe tout-renouvelable-recyclable.
      Et quand bien même, cela n’a pas empéché la concentration des richesses, la formation d’états puis d’empires qui connurent des crises et des extinctions.

      1. Voilà Arkao,

        Comment contenir cette bêtise humaine dévastatrice tant individuelle que collective (famille, bande, clans, tribus, groupes, ethnie, nation, état, empire…) ? Pour enfin non pas obtenir une société non violente (ça à moins de s’auto terminer une bonne fois pour toute, on ne le verra jamais je pense) mais totalement pacifiée. Ou personne ne craindrait de l’autre dans un rapport de force temporellement asservissant.

        Solidarité, collaboration, partage, gratuité, fraternité, restent souvent des mots. Il faut un cadre général, des règles du jeu, mais comment le, les poser ?

      2. Ça oui, hommes, nations, empires naissent, vivent et meurent. Il en a tjrs été ainsi et ça continue. Et il en sera tjrs ainsi quoiqu’en disent les transhumanistes.

        Cela n’a rien à voir avec le côté renouvelable/recyclable de leurs productions.

        Il y 5 siècles qu’est-ce qui n’était pas renouvelable/recyclable ? Le métal des armes et des outils ? Même pas, le métal mis au rebut rouille et se décompose. Les pierres des châteaux ? Même pas, elles étaient réutilisées…

        Il ne s’agit pas de revenir au mode de vie d’alors mais d’avoir en tête ce précédent. Aussi fruste qu’il était il n’a pas empêché le développement de toutes sortes de productions intellectuelles, littéraires, scientifiques, spirituelles… qui nous inspirent encore aujourd’hui

        Le monde n’a pas toujours été moderne.

      3. Arkao,

        Les réponses ne sont pas (que) écrites dans les livres, elles sont déjà préalablement partout dans pleins de coeurs depuis les temps immémoriaux, mon problème est de savoir comment ça peut cristalliser et enfin jaillir. C’est pour cela que j’ai nourri beaucoup d’attentes avec Internet.

        Un message doit être limpide, pour être compris.

        Je trouve les idées de Paul Jorion intéressantes, passionnantes, mais je n’attends rien d’un seul homme ou d’une seule femme.

        Donc je te posais la question à toi, avec tes mots, tes idées, comme à d’autres. Je construis ainsi ma représentation avec les gens autour de moi (les grands intello sur leur nuage je ne les captes pas toujours…)

      4. @arkao
        J P Demoule (par exemple)
        « Les dix millénaires oubliés qui ont fait l’Histoire ».
        Notamment, au néolithique, les mines de sel de Halstatt, la circulation des haches de jadéite.
        Les babyloniens qui transformaient le cours du Tigre ou de l’Euphrate (même rien que pour un petit siège militaire si j’ai bonne mémoire)
        Et les romains, qui n’ont pas rien laissé comme « Detritus » (merci Uderzo, merci B Monsaingeon de nous avoir fait rêver et réfléchir avec ce mot).

      5. @Denis Monod-Broca
        Ce n’est pas parce qu’un artefact présente la particularité d’être renouvable/recyclable qu’il l’est forcément par ses producteurs/consommateurs. Les Romains de l’Antiquité sont connus pour avoir pondu des montagnes de déchets, bien plus que leurs prédécesseurs et que leurs successeurs.
        Mais c’est surtout une question d’échelle, notre société contemporaine ayant atteint des sommets dans le genre. Je verrais plutôt une première césure avec la révolution industrielle au XIXe siècle et une deuxième césure dans la deuxième moitié du XXe siècle (l’Age du plastique).

  5. Quelles conditions faut-il pour qu’un gouvernement  » organise ( sans sauter aussitôt ) la distribution des sucettes en moins ?  »

    Ou pour reprendre l’analogie,  » baisse le ralenti  » ?

    La crise Covid 19 est elle la fenêtre de tir ?

    Jancovici dit que notre société commencera par tenter de remettre en route le SUV, parce que nous n’avons rien d’autre dans les cartons, et ce n’est qu’après l’échec de cette remise en route que le chemin sera plus ouvert pour faire des grosses modifs.

    Moi j’en sais rien…beaucoup de gens parlent facilement d’après, pour le moment, on est dedans, et la sortie me parait aussi loin que chaotique.

  6. Bonjour.
    Je trouve que la comparaison ne tient pas la route;)
    Je trouve ici qu’on parle de roulage et de sur régime. Car cette crise est un sur régime.
    Une société arrêté e a un feu rouge ne représente pas notre société en mode de fonctionnement, car elle consomme déjà énormément !

    1. Oui nous sommes bien d’accord. Nous pouvons parfaitement avoir de sociétés de plus grosse cylindrée qui ne soit pas en sur régime, et qui passe les crises assez tranquillement, mais cela a un coût. Si nous sommes actuellement dans la crise, c’est bien parce la motorisation est trop faible pour pouvoir répondre à la demande sanitaire.

      1. Merci pour votre réponse. Parlez vous donc de surpopulation mais pas de surconsommation dù au simple capitalisme?
        Et que donc l’idéologie de l’homme n’aura que peut d’importance face aux crises à venir?

      2. J’ai du mal à « embrayer » sur cette métaphore, pourtant la métaphore automobile est souvent un bon moyen, dans une nation automobile patrie des gilets jaunes, de faire comprendre, ou tout le moins donner l’impression de comprendre à un public qui s’arrète si l’on utilise des termes ou des concepts dont le maniement ne lui est pas familier.
        En l’occurence souligner une motorisation trop faible, c’est faire le choix du SUV, est-ce ce que vous voulez soutenir ?
        Ou celui de ce célèbre véhicule britannique ROLLS-ROYCE, dont la seule caractéristique dévoilée au propriétaire est que sa puissance est suffisante.
        Plus précisément petite cylindrée ne veut pas dire régime peu élevé (cf 2CV) et généralement les grosses cylindrées sont aussi plus lourdes .. aussi je ne vois pas bien comment exploiter la métaphore.
        Peut être peut-on utiliser la notion de feu rouge pour le comparer à l’arrêt actuel de l’économie, mais je ne vois pas où celà nous mène.

        Pour ce qui est de la crise actuelle il me semble qu’elle mets au jour 2 éléments méprisés et honnis dans la situation précédente (actuelle) :
        – La notion de stock
        – La notion d’enceinte
        dans une société mondialisée glorifiant les échanges et les transports (lointains et internationaux de préférence).
        Le stock c’est le contraire des flux et du just on time, de la logique de rente et d’abonnement tant prisée, c’est la capacité à faire face à l’aléa dont l’existence est reconnue.
        C’est la grange dimaire ou pharaon.
        L’enceinte c’est la délimitation de la ville par un mur dont les portes sont fermées et gardées la nuit (St Malo ..) c’est la membrane de la cellule …
        où l’on peut avoir un comportement plus agréable et civilisé qu’à l’extérieur (répliquer de l’ARN par exemple).
        Notre (défunte ?) civilisation a cru qu’elle pouvait se passer de celà en repoussant les enceintes aux confins du monde (OMC, UE ) en éclatant les chaines de production, en confiant au marché la responsabilité d’approvisionnement stratégique de crise (sauf le quantitative easing des banques centrales).
        Au point que la seule enceinte de protection du soignant est quand il en a, ce petit morceau de filtre, dernier rempart, pour un ennemi apparu à des milliers de Km !
        Quitte à suggérer une métaphore, je proposerai plutôt le chateau féodal ou le rempart de la cité, la grande muraille (tiens tiens).
        Quelle proportion de nos ressources sommes nous prêts à consacrer à des fonctions de sécurité non marchandes ?
        50 % comme du temps de la féodalité
        + 10 % pour le soutien de l’esprit : église clergé, Internet téléphone télévision …

  7. Comme si tout devait dépendre de la monture, à ménager, pour aller plus ou moins loin et vite, selon la « charge » qu’on « consent » ou pas, à lui faire porter, les obstacles à contourner, surmonter… la direction qui conduit de plus en plus vers un mur, n’a t-elle plus d’importance… ?

    1. La direction a de l’importance bien entendu, et avec la meilleure monture on peut aussi faire n’importe quoi, cela ne fait pas débat.
      Mais si la monture n’est pas adaptée et s’effondre dès lors qu’il s’agit de changer d’allure, alors la direction, aussi bonne soit-elle, ne changera pas grand chose.

      1. Je ne vous donnerais pas tort, au contraire même, quand j’ai voulu, avec cette vieille expression proverbiale, exprimer le coté peut être trop matérialiste de l’usage de la métaphore « mécanistique », peut être trop ciblée, destinée à s’adresser, à une vision technocratique des problématiques. Est-ce cela qui donne l’impression d’enfermer dans un carcan de moyens… ou, quand, qui, quoi comment… à la fin le chemin nous mènera…?

      1. Merci, Dundee, mais dans le système actuel de gouvernance, d’administration, de gestion, d’éducation, de culture ( voir par exemple, combien de la « génération perdue », cette année, n’auront pas le BAC, ne pourront pas faire d’études sup, pour cause d’inégalités ‘sociétales », territoriales, etc, et de connectivité numérique, etc… aggravées par cette pandémie, et sa gestion contestable) il est plus facile à des citoyen.e.s aussi humbles que mon intervention, de poser des bonnes questions, que d’y apporter des esquisses de réponses, que de participer à leur construction, que de les faire aboutir même, lorsqu’au niveau démocratique, dialogue social, « l’Etat d’urgence » siège et nous confine… Autant l’absence de transparence, parfois nécessaire (tout dépendant la finalité et/ou les moyens de justifier un « secret » – d’affaires de défense…? – lanceurs d’alerte…) que la méfiance que cette période trouble amplifie, sont des « charges », obstacles, difficiles d’ empêcher de freiner la « mécanique », la dynamique (dans ce qui nous empêche d’agir à titre personnel et/ou collectif… ) qu’il est difficile d’imaginer aussi ce que cela peut être pour celles et ceux essayant de construire des propositions en les publiant…

      2. @Pierre Juillot

        Croissance et décroissance sont des processus naturels, je ne vois aucun intérêt à se mettre en opposition aux cycles de la nature. Voire plutôt « ralentir » cette fuite en avant, soit l’hypercroissance à marche « forcée » et ses excès. sans parler des gaspillages et autres dévoiements. Oui tout cela est certainement à reconsidére et à revoir ! Evoqué par G Rist, qui reprend les arguments de P Jorion et VBG.

        Dans « La Tragédie de la croissance », Gilbert Rist démontre combien ce dogme à la vie dure conduit le monde dans l’impasse, au bénéfice de quelques-uns. Des échappatoires existent, comme celle des « communs ».
        https://reporterre.net/La-croissance-engrais-toxique-des-societes-hors-sol

        Gilbert Rist, La tragédie de la croissance. Sortir de l’impasse
        « Gilbert Rist propose quelques solutions permettant de refonder la théorie économique et de se préparer à la société de l’après-croissance : restaurer les communs au détriment de la propriété privée (qui entraine une obligation de croissance infinie) ; sortir de la culture de la dette et du crédit pour s’affranchir de l’obsession d’un remboursement illusoire et de politiques d’austérité contreproductives ; se libérer de l’omniprésence des relations marchandes par la réciprocité et la redistribution. Ces transformations supposent un changement de modèle de société. Comment y parvenir ? Faut-il compter sur une stratégie des « petits pas » – qui finalement a lassé Nicolas Hulot ? Ne faudrait-il pas aussi transformer la démocratie de façon à ce que les acteurs susceptibles d’impulser ces changements soient davantage entendus ? Peut-on croire à un « grand soir » de l’écologie ? Gilbert Rist ne tranche pas et signale que ces démarches sont toutes estimables et ne sont pas exclusives les unes des autres. Une certitude : ménager l’avenir ne permet pas le statu quo. »
        https://journals.openedition.org/lectures/26431

  8. Le « ralenti », c’est comme le métabolisme des être vivants (disons des primates comme nous) au repos.
    L’autre métaphore aurait été le singe paresseux (qui ne sait même pas fuir) contre la panthère ou l’antilope, tous deux rapides et forts en muscles.
    Chacun (paresseux ou panthère/antilope) est adapté à certaines fluctuations.

    L’humanité, globale, n’a pas le choix, elle doit affronter **toutes** les tailles et formes de fluctuation, elle ne peut pas compter sur des continents séparés etc. pour survivre.

    Notre choix par défaut, c’est « panthère pour qui peut et on verra pour les autres ». Et encore le « qui peut » c’est la récolte des intérêt du capital, les grosses miettes aux 10% et les petites miettes aux 60% (et rien aux autres !).

    C’est pour cibler la résilience à toutes les échelles et devant tous les risques que nous avons besoin d’être aussi écologiquement corrects (pour énergie & matière) .

    Merci du commentaire, nous cherchions en effet à tester cette métaphore, en plus de faire passer le message.

    1. Merci à vous d’avoir apporté un autre éclairage à cette métaphore « mécanistique », qui m’apparaissait essentiellement, matérialiste.

      1. Je crains par contre d’être d’un pessimiste désespérant, plus en tout cas que l’optimisme qui consiste pour beaucoup ayant de « grandes écoutes », à « se payer de mots ».

        Un exemple fut donné ce matin, sur cnews, avec l’économiste nommé Nicolas Bouzou, pour qui aujourd’hui « le capitalisme sauve des populations… » M’inspirant du pavé (peut être trop indigeste) laissé en commentaire – Juillot Pierre 29 mars 2020 à 18 h 03 min. Juste au dessus de votre dernière intervention, très intéressante – hier sur le billet de blog intitulé « Intello n°1. Paul Jorion : « Il nous faut une économie dirigée », par François Ruffin », j’en ai fait un billet corrélant les réflexions y ayant été développé, avec cette intervention d’économiste de l’orthodoxie libérale… Pour les curieuses et curieux… : « Dystopie… L’immunité de groupe : au capitalisme. » https://www.facebook.com/pierro.sanslalune/posts/1413283212184442

    2. Alors ne peut on pas dire que le feu rouge est plutôt la société à l’arrêt forcé, au lieu de son fonctionnent normal ?
      Que le ralenti conditionne la capacité de guérison.
      Mais que cette société mondialisée avant cet arrêt forcé n’était elle pas déjà blessée ( endettement, guerres, manifestations…..)
      Je pense qu il faut peut être penser en terme de solidarité car une société est un groupe d’individus. En terme d’organisation dans un premier temps. Pour le plus de justice sociale. Et repenser constamment cette voiture ou animal qui vieillira et ne sera plus adapté avec le temps..
      Je suis peut être HS:)

  9. on trouve ces statistiques sur le site de l’INSEE, donc source fiable :
    https://www.insee.fr/fr/information/4470857
    c’est pour moi une info « surprenante », je ne sais pas ce que vous en pensez…
    je ne prends pas cela à la légère car je fais partie des personnes à risques suite problèmes de santé encore récents.
    ce n’est pas une forme de provocation, peut-être est-il encore trop tôt pour mesurer, vraisemblablement. Mais si les courbes devaient conserver leur tendance, ce serait une bonne nouvelle.

    1. avec de l’ordre de 100 mort ou moins au 15 mars, et la grippe d’ordinaire de cette année plus faible, rien d’étonnant à ce que la courbe de cumul 2020 soit restée bien gentille jusqu’à cette date, non ?

      1. 100 morts au 15 mars, je croyais le chiffre plus élevé.
        oui, c’est encore malheureusement trop tôt, la prochaine mise à jour devrait être plus significative.

      2. Karluss,

        La courbe, (moi maintenant je ne regarde plus que celle des femmes, les autres ont leur fait dire tellement de choses…) n’a pas de véritablement de sens globalement, car, comme le souligne l’Insee, il y a des couacs dans certains départements ===> premiers touchés.

        Et vu le confinement, beaucoup de décès par accidents, (routes, vélo, piétons, escaliers, travail, domestiques, suicides …) ne se produisent plus ou bien moins et peuvent aussi compenser non ?

        Sérieusement, depuis un mois, personne n’a trop envie d’aller dans un hôpital, et donc les gens font plus attention, ensuite dans le temps cela pourrait changer, et des causes pourraient se cumuler.

        Enfin, ce que j’en dis, c’est à la volée.

      3. @CloClo
        A la volée, j’dirais que les accidents domestiques et les cassages de gueule de l’escalier avec un verre de trop dans le pif risquent de se multiplier 😉
        Pour répondre à la question du post plus haut dans le fil, je suis bien déçu de ne pas être classé parmi les grands intellos planant sur leur nuage 🙁

  10. Quitte à se contenter d’une illustration via notre cancer-automobile , n’auriez vous pas fait une impasse rapide sur le code de la route et la gendarmerie ?

    Qui commande ? Le chauffeur, ou l’entité qui délivre le permis de conduire ?

    Où va le véhicule avec son chauffeur et pourquoi ?

    Je ne refais pas ma citation de Jean CAZENEUVE .

  11. Il est peut être aussi instructif de se replonger dans ses livres ou un dictionnaire pas trop ras du sol , pour , en se replongeant dans l’histoire du mot énergie , entre Energia et Dunamis , on peut rapidement confondre ressource ( car il me semble que l’énergie « utilisable » est aussi une ressource ) , avec utilisation « en mouvement » de la ressource .

  12. Le nécessaire , c’est le transport en commun ?

    Le superflu , c’est la voiture ( ou le transport privé organisé )individuelle ?

    Nota : depuis longtemps , les suisses ont inventé l’arrêt automatique du moteur quand le véhicule ne bouge pas , et l’obligation d’arrêt du moteur au feu rouge . Mais ils ont de grosses cylindrées et sont aussi indisciplinés que nous quand ils roulent en France .

  13. Monsanto dans le jeu du ni-résilient ni sobre , et dans l’après glyphosate :
    Ses arnaques autour du « dicamba » (lancé vers 2013) apparaissent maintenant, ils savaient qu’ils faisaient déconner le système.

    https://www.theguardian.com/us-news/2020/mar/30/monsanto-crop-system-damage-us-farms-documents

    Donc le « nexus » est d’un côté sobre (moins résilient) ou robuste (plus résilient tant que dame écologie veut bien mais elle se fâche de plus en plus vite), mais aussi que les « parties prenantes » puissent non pas seulement « être sur la carte quelque part », mais savoir les tenants et aboutissants de ce choix résilience/robustesse.

    C’est en cela (je me le demande à voix haute) que c’est du transdisciplinaire, ce type de question, pas que de la thermodynamique .

  14. Timiota, Renart, lors de recherches ces dernières années sur les conditions d’accès de tous à l’alimentation dans des conditions démocratiques (pour faire court, très court même!) il est apparu à de nombreuses reprises l’inefficacité de la pyramide de Maslow comme référence. J’ai vu des personnes nombreuses sans aucun revenu refuser de manger la nourriture donnée, sans aucune manifestation et sur une longue période. Cela nous a d’ailleurs amenés à nous interroger : comment se fait-il qu’on ne meurt pas de faim quand on ne mange pas ? Et aussi à proposer des modifications de la restauration dans ce lieu D’autres m’ont rapporté avoir, de la même façon, observé dans les camps de réfugiés de l’est du Tchad des populations extrêmement précarisées refuser les dons de nourriture en marquant du mépris pour les « donateurs » et ainsi obtenir des changements d’attitudes de ceux-ci.
    Cela va à l’encontre du «bon sens paysan » qui veut qu’un sac vide ne tient pas debout. Intrigué par ces situations et, avant même d’entendre les critiques nombreuses émises à l’encontre de Maslow et sa pyramide, je m’étais construit une explication : l’homme n’est pas un être de besoins mais un être de désirs. Il en est de même sans aucun doute pour les sociétés des hommes et probablement d’ailleurs, est-ce de là qu’ils tiennent leurs désirs.
    Rien là de nouveau finalement, si ce n’est pour réaffirmer une fois de plus que la civilisation c’est « l’homme qui s’empêche » suivant la formule que Camus attribuait à son père. Il n’y aurait donc pas de « hauts niveaux sociaux » et des besoins de base. A tout le moins faut-il nuancer fortement cela.
    La prise en compte de cela changerait-il votre point de vue ?

    1. Bonjour J C Balbot

      J’avoue que je suis l’introducteur de Maslow et que Renart ne l’avait pas mis.
      C’était pour faire court dans le lien « thermodynamique » à « social ».

      A défaut dé « désir », j’arrivais à une conclusion « Maslow-free » en me relisant:
      Un partage de la connaissance relative à ce paramètre de fond robustesse/résilience, vu le poids des ignorances (cf mon exemple Monsanto un peu ailleurs sur ce fil).

      Les reportages qu’on avait pu voir (avec Servigne même) sur les épiceries solidaires à Brest ou par là étaient éclairant sur ces points de « désir » de bien nourrir ou d’être nourri « pour ce qu’on vaut », sans que l’autre ait besoin de (mal forcément mal) surjouer son humanité.

  15. Le diagnostic est imparable. Et largement partagé.
    L’ affaire est évidente , emballée, reste le comment.

    Comment on passe à l’Après?
    Comment?
    Comment faire?
    En fait, ma vraie question intime est: Comment faire advenir le souhaitable avant que je ne crève? J’ai conscience que c’est mon problème. Inutile de le partager.

    De mes lectures non recommandables, je retiens que certains ont des projets, plutôt des souhaits, pour l’Après qui ne sont pas compatibles avec le souhaitable. Ils ne sont pas moins véhéments qu’ici. Faudrait en être conscient.

    D’autre part, parmi les obstacles, il y a la masse qui ne souhaite qu’une reconduction inchangée ou si peu. Le motto reste de relancer la machine au plus vite. La finance n’est certainement pas à terre.

    Enfin, reste la question de fond: peut-on faire confiance à ceux qui nous ont rendu si fragiles par leur impérities pour remédier à leurs aveuglements et insuffisances?

    Ça va être dur.

      1. c’est pourtant pas bien compliqué il suffit de diminuer le poids du véhicule et vous aurez les mêmes performances même avec un plus petit moteur

      2. Pas vraiment, @dominique.
        Le poids en excès dans le véhicule est certes lié au moteur + gros mais on en « profite » aussi pour charger la mule :
        la clim (+50 kg au bas mot sur un SUV, tout compris, alternateur, fils Cu + gros et batterie itou) ;
        l’absorption des chocs bien meilleure (ça fait 60 ans qu’on sait faire des jolis véhicules à 600 kg, mais ils se font scratcher en cas de choc par ceux de 1200 kg et plus, too bad),
        les choses plus anecdotiques mais quand même 30-40 kg : lève-vitre électrique, rétro orientables/rétractables électriques, etc.
        De toute façon, avec une voiture qui ne serait qu’à 2L/100 et en ressource minérale à 50% des actuelles, on irait juste dans le mur un peu plus tard. Il y a un pangolin dans le mot « individuel » de la voiture individuelle, si si, je vous jure…

    1. En France , on a deux ans et deux mois pour que chacun se repositionne , mais , à mon avis :

      – il peut se passer dans le monde une foule de choses inattendues dans la queue de la comète ,

      – nos choix , si uniquement motivés par nos soucis et espoirs franco-français , ne pèseront pas beaucoup dans la sortie mondiale d’un nouveau monde , sauf si les candidats sont positionnés et crédibles dans un rapport de forces au monde et à ses évolutions .

      A suivre : USA , Dollar , Chine ,Europe ,Afrique , Inde , pétrole ., Nucléaire . Au moins .

      1. Mon bon Juan,

        Pour votre premier point, j’approuve. L’inattendu est toujours possible. Vous avez bien fait de le rappeler. Restons positif, cet inattendu sera favorable. Le pire attendra, à supposer qu’il advienne. D’abord, pensons à ceux qui souffrent: nous ne voulons pas les accabler.

        Pour votre second point, comprends pas ou trop bien. Supposons que nos choix choquent ou indisposent des pays européens, ou des états d’Asie, ou une minuscule tribu de l’Orénoque, ou d’Afrique Austral, ou de la cordillère annamitique, sans compter le Grand frère par delà la mare à canard, on fait quoi? On se couche, comme nous en avons si bien l’habitude? On leur dira: Désolé, on avait cru bien faire? On arrête tout pour revenir dans le rang qui détruit la planète?

        J’aime bien votre œcuménisme, il est sympa, internationaliste (à prendre dans le sens: nous sommes tous des frères et sœurs sans frontières) , extrêmement respectueux d’autrui, et tout ça dégoulinant de bons sentiments, mais… Mais il est trop proche de l’impuissance cordiale.

        Nous sommes en guerre contre un virus très méchant. Il nous accorde le devoir de repenser la re-construction sur des ruines, pour le grand Après. Je dis le devoir, pas pour soi, mais pour l’avenir de tous. Tant que nous ne nuisons pas à autrui, nous devons faire le nécessaire sans barguigner. C’est plus qu’une obligation; une chance inespérée nous est accordée, nous devons la saisir sans faiblir. Et qui sait, ce pourrait être un exemple que le monde entier nous enviera.
        ( Ça , c’est pour mieux vendre ma salade auprès d’un haut fonctionnaire persuadé au fond de lui-même ( sans l’avouer jamais) que sous sa haute direction, nous le petit peuple pouvons atteindre des sommets exemplaires).

      2. 1- l’inattendu sera se qu’il sera , pas forcément favorable .

        2- L’impuissance est dans le nationalisme .

        3- l’efficacité est dans l’alliance , avec un peuple très majoritairement en phase non seulement sur un nouveau projet à terme , mais avec des peuples alliés sur le même horizon .

        4 – à défaut apprenez le chinois ou l’américain .

        5- faites ce que bon vous semble , mais ne me faîtes pas prendre des vessies pour des lanternes .

        6- ne vous bercez pas de mots avec les  » hauts fonctionnaires  » et le « petit peuple  » . Vous n’êtes que Daniel et je ne suis que juannessy .

      3. Oui, je rêve que nos « AOC » pour l’élection PR de 2020 existent, et qu’elles ont déjà des noms :

        – Sophie Binet (respo CGT mais ça change tellement de l’homme aux fortes moustaches)
        – Irène Frachon (ministre de la Santé)
        – Cynthia Fleury (Culture)
        – Jézabel Couppey-Soubeyran (Budget)
        – etc.

      4. @Timiota :

        PR 2020 ?

        Si PR signifie présidence de la République , je ne vois pas que l’on y prévoit l’élection des ministres .

        Je préfèrerais retrouver des listes qui répondent à l’exigence dite ci dessus : quels partenaires politiques étrangers sont « prêts à voter pour vous « , et selon quel plan d’actions géopolitiques , économiques et écologique ?

        Pour avoir l’impression de voter utilement .

        Mais le « vote » anticipé risque de se faire par les actes que « les grands  » auront déjà faits entretemps .

      5. @ Juannessy,

        Vous avez bien fait de démolir l’enthousiasme de ce Petit galopin ( lire irresponsable) de Timiota. C’est qu’il s’y croyait presque, le Petit, mais vous veillâtes.
        Il ne vous a pas fallut deux tours de roue pour voir la faille constitutionnelle de ses propositions. Confondre ministres et président, a-t-on idée?

        Mais avant tout , je relève ce mot si négligé de « risque ». Il est important, autant que votre mise en garde sur le « retard » de nos actions.
        En effet, pourquoi prendre des risques? Laissons les autres s’engager, il sera toujours temps de jauger de leurs actions. Prudence est mère de sûreté. Restons couché.

        Nous agirons quand nous tous, par-delà les fleuves et les montagnes ( je m’excuse pour les belges, y’a pas beaucoup d’accidents géologiques qui nous séparent), nous serons tous unis et en phase. Comme au cours de ces 28 dernières années. Le slogan ‘tous ensemble’ est un gage de succès. Et il est si joli à scander en foule.

        En attendant, l’absence de risque veut que nous restions hardiment couchés.

      6. Oui, j’ai mis en pot commun président et ministres.
        Si on n’a pas d’AOC, il faudra une équipe de choc quand même.

        Partenaires étrangers… là j’aimerais que les allemands bougent.
        Varoufakis a montré ce qui ne va pas dans la vision allemande de l’Europe,
        van der Leyen est partie pour ne bouger qu’à la marge.

        Si les pays scandinaves et NL/BE bougent beaucoup (ils sont lymphatiques,
        mais maintenant que BoJo a rappeler que « there is such a thing as society, » où allons nous ?)
        ils pourraient avoir plus d’effet d’entrainement sur les allemands que tout le reste de l’Europe.
        Et ils chercheraient l’appui de la France pour ne pas désespérer non pas Billancourt mais Italie et Espagne, qui vont de nouveau tirer vers le bas sur la cordée dans 6 mois un an.

        Modulo ces bascules géopolitiques, la France pourrait se trouver à un carrefour social intéressant malgré le fond (fonds?) individualiste qu’ont cultivé les vendeurs de pavillons au quintal.

      7. @Timiota :

        Je crois aussi que , paradoxalement , l’attitude des britishs peut peser pas mal dans l’évolution des choses , en même temps qu’un certain vote le 3 novembre 2020 .

  16. Bon, d’après le monde, le général Lizurey a maintenant son bureau à Matignon, d’où il est dixit Edouard, le service qualité de la gestion de crise du gvt.

    Lizurey a déjà eu le succès que nous savons à Notre Dame des Landes, et on voit là que Manu continue de trouver des points de repères du XIX eme siècle pour s’occuper du futur.

    Misère.

  17. « Quand cesserons-nous de nous payer de mots? »
    Ca vaut aussi pour une discussion de plusieurs pages sur la validité d’une métaphore automobile ?

    1. J’avais lu Clio !

      Je pense que les deux auteurs attendait, non pas une critique de la validité de leur métaphore , mais plutôt qu’elle soit comprise ( d’abord) , et vulgarisatrice des grands desseins du chef .

      Apparemment , c’est raté en grande partie .

      On va demander à VBG de s’y coller pour soulager Paul Jorion .

      1. Merci @Juannessy de bien vouloir en effet de cette logique « un peu cobaye » (mais bidirectionnel, on vous laisse aussi ds seringues pour nous piquer !).

        La thermodynamique de la Ref.1 n’est pas très compliquée par rapport aux usines à gaz que les physiciens savent bâtir sans relâche ailleurs.
        Renart (et aussi moi…) avons la faiblesse de croire qu’elle a bien une portée générale, mais on ne sait pas nous-mêmes quelles métaphores vont faire le lien le plus facilement.
        Le but global est de prévenir tout ceux qui, débarquant sur les pbs de l’énergie, disent « oui, plus d’efficience, c’est mieux », « moins de gaspillage c’est mieux ».
        C’est pas faux, mais globalement, le système ne se réduit pas à UN moteur plus ou moins efficient, il a cet aspect de métabolisme basal.
        Comme dans la viande qui a des fibres courtes ou longues (attendre deux mois pour revoir le boucher qu’il explique tout ça), certaines vont demander plus en « basal » pour pouvoir fournir le niveau « fort » (antilope/panthère), tandis que d’autres vont accepter la sobriété (peut-être nos muscles internes, du système digestif et compagnie, qui sont 18h par jour au ralenti, j’avoue ne pas connaitre les détails), mais faudra pas leur demander de tout faire.

        Les courbes de l’article Ref 1 sont relativement parlantes avec ce type d’explication, et explicables à des scientifiques non physiciens (économistes même !).

    1. Il s’ignorent mais de quel côté vont-ils pencher ?
      « There is such a thing as society » a dit BoJo
      Bientôt on entendra « There is no such thing as a free market in our times ».
      La loi de l’offre et de la demande va se mettre sur les « butées » de la subsistance un peu partout
      (en haut, en bas à droite à gauche).
      Les « marchés » seraient alors surveillés parce qu’ils auraient un certaine influence sur les virus et leur circulation.

      La plus grosse manip « subsistance vitale contre virus » a lieu en ce moment en Inde, comme le montre les néo-exodes urbains des gens qui n’ont plus de mini-jobs en ville, mais qui n’ont plus qu’à aller à pied sans bouffe en 10 jour à leur village, où ils ne sont pas toujours bien reçus.

      1. Autrement dit, sans les pincettes et d’autres artifices de la novlangue, les pays « pauvres » ne peuvent pas se payer un confinement. Personne sur terre ne connaît le ratio du coût humain versus le coût financier du covid-19, notre seul choix c’est la solidarité.
        Les silos d’experts portent très mal leur nom, en fait, ils ressemblent à des pyramides qui pointent dans le néant, et ceci par construction. Je ne miserai pas gros sur la défection ou le sabotage du silo des économistes. Seul le virus pourra le miter ici et là.

  18. Bonjour,
    Sinon, on peut se replonger dans Le règne de la quantité de René Guénon, concernant la névroses matérialiste et quantitativiste.
    Le style en est délicieusement suranné!…

  19. En 2020, que sommes-nous prêts à dépenser et dans quels postes budgétaires sommes-nous prêts à le dépenser?
    Un grand merci, RENART ET TIMIOTA, d’avoir posé, ici cette question !!!

  20. Coronavirus : faut-il refaire la clôture des comptes 2019 ?
    CECILE DESJARDINS Le 27/03 à 07:01
    La pandémie liée au Covid-19 est un événement post-clôture qui n’est pas de nature à modifier les comptes 2019 des entreprises, selon les professionnels du chiffre. Il convient en revanche d’en tenir compte dans les annexes comme dans les rapports de gestion.https://business.lesechos.fr/directions-financieres/comptabilite-et-gestion/audit/0602993239465-coronavirus-faut-il-refaire-la-cloture-des-comptes-2019-336215.php

  21. Derrière la crise sanitaire, la pandémie de Covid-19 menace de mettre à plat le tissu entrepreneurial français. Le gouvernement aligne les aides. Mais les professionnels du chiffre réclament davantage de lisibilité dans les dispositifs retenus.

    Bien conscients de la dimension également économique et financière du drame du coronavirus, les pouvoirs publics enchaînent les mesures de soutien aux entreprises. Mais les experts-comptables, chargés d’appliquer concrètement ces aides sur le terrain aux côtés des dirigeants, estiment que ces dernières manquent de cohérence.

    « Cacophonie à la tête de l’État »
    « Force est de constater que beaucoup d’informations contradictoires sont données concernant les différentes mesures mises en œuvre par les autorités pour sauver les entreprises ! » regrette ainsi la Présidente du CROEC de Champagne Virginie Vellut.

    Il semble que le gouvernement, contraint d’agir dans l’urgence, soucieux en outre de porter les entreprises sans néanmoins assécher totalement les caisses de l’État, peine à retenir une ligne ferme, constante et cohérente jusque dans ses prolongements les plus concrets entre les différents services administratifs et les entreprises.

    « Au fil des jours, les messages se sont multipliés, ont été flous et laissent penser que le plan de soutien ne sera pas si large que cela » lance encore le Président du syndicat ECF de la profession comptable Jean-Luc Flabeau, dénonçant une « cacophonie à la tête de l’État ».

    Qui pourra bénéficier du chômage partiel ?
    Un exemple des incertitudes dénoncées par les experts-comptables est celui du chômage partiel. Dans un premier temps, le gouvernement faisait valoir qu’il ouvrait grand les vannes de ce dispositif pour permettre aux organisations d’absorber la baisse de chiffre d’affaires engendrée par la crise du coronavirus. Mais aujourd’hui, « il semblerait que des Direcctes considèrent que cette aide ne devrait concerner que les entreprises obligées par décret de procéder obligatoirement à la fermeture de leur établissement pendant le confinement » relève Jean-Luc Fableau.

    « Face à l’inquiétude de nos clients sur leur droit au chômage partiel, nous demandons une nécessaire clarification des règles d’éligibilité pour les sécuriser » exige en ce sens la Présidente du CROEC de Champagne Virginie Vellut.

    Des éclaircissements en perspective…
    D’autres sujets sont sur la table, comme la question de l’indemnisation des indépendants, celle des échéances de taxe sur la valeur ajoutée ou encore, celle de la garantie publique des prêts bancaires.

    Le Président de l’Ordre des experts-comptables Charles-René Tandé se veut rassurant à cet égard. « Depuis plusieurs jours, nous sommes en contact permanent et quotidien avec les différents ministères pour leur faire part de façon ferme et illustrée des difficultés rencontrées par les experts-comptables sur le terrain. Les clarifications demandées commencent à être effectuées par les services de l’État » déclare-t-il, évoquant par ailleurs la création d’une cellule « SOS cabinets EC/CAC » pour traiter les problèmes rencontrés par les professionnels du chiffre dans l’exercice de leurs missions en ce contexte de crise du coronavirus.
    Hugues Robert (@HuguesRob) https://www.lemondeduchiffre.fr/a-la-une/69086-coronavirus-experts-comptables-denoncent-manque-clarte-mesures-soutien-entreprises.html

    1. Pour reprendre et modifier une réflexion de Paul qui m’a fait beaucoup rire:
      « Ha! si les experts-comptable s’y mettent, j’abandonne ».

      Ces experts DPLG devraient être les derniers à s’autoriser à donner un avis. Concernant l’avenir, tout ce qu’ils peuvent dire à un patron de PME c’est: « Ben, si vous continuez sur cette pente descendante, ça va mal finir ». L’inverse ( « Ça boume! Continuez comme ça ») est probablement vrai aussi, mais pas par les temps qui courent.

      Je suppose que leur aptitude à bien conseiller le client en matière d’évitement fiscal, -légal bien entendu, sinon à quoi servent les lois ?-, leur donne une compétence quasi universelle.

  22. @ Dundee 31 mars 2020 à 12 h 47 min

    Je ne puis qu’être désolé de constater qu’en vous disant « vous prêchez un convaincu » c’est certainement parce que je me suis sans doute mal exprimé précédemment… Être soi même convaincu du bien fondé d’une logique, de raisonnements, d’intuitions, ressentis, étayées par des observations, faits, études (comme partagées sur ce blog ) est une chose… qui selon son éducation, ses capacités à faire que son élocution verbalise au mieux la complexité d’échanger des idées et des problématiques ardues, à plusieurs dimensions… qui selon aussi ses capacités relationnelles, comme le milieu ou elles s’exercent… la conviction est une chose qui selon ses moyens et ceux indépendants de notre volonté (conditions de vie etc) dirons nous… ne parvient pas tout le temps, à se finaliser comme on le souhaiterait. Dit autrement être convaincu, ne veut pas dire pour autant, être convaincant.

  23. « la conviction est une chose qui selon ses moyens et ceux indépendants de notre volonté (conditions de vie etc) dirons nous… ne parvient pas tout le temps, à se finaliser comme on le souhaiterait. Dit autrement être convaincu, ne veut pas dire pour autant, être convaincant. »

    Peu importe et peu m’importe, rien n’est figé dans la vie. En outre, les évènements actuels, s’il en était besoin, nous le prouvent bien !
    Aussi être en accord avec ce que l’on est et l’exprimer, l’incarner au mieux, me paraît tout aussi important voire primordial, sauf à être dans une incohérence peu enviable.
    Si j’avais du « attendre » à chaque fois, que d’autres « s’alignent » sur mes idées pour agir, je serais encore en train d’attendre…Donc, aller de l’avant, s’adapter certes, mais « attendre » et « mentaliser » sans agir, certainement pas. Dont acte. 😉

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