Vie quotidienne – Les journalistes qui tournent autour du pot

Ouvert aux commentaires.

P.S. Est-ce que vous pouvez voir cette vidéo ? (j’ai déjà eu des soucis avec les vidéos du WP qui sont en fait réservées aux abonnés).

Voici : c’est un article du Washington Post qui affirme en titre : Des gens jeunes, à peine malades du Covid-19 meurent ensuite d’une crise cardiaque. Vous vous dites : « C’est intéressant, j’aimerais comprendre pourquoi ! » Vous cliquez sur le lien et, qu’est-ce que vous lisez ?

Jules Pongron, de La Ferté-Alais, rentrait tranquillement chez lui en cette paisible soirée du mois d’avril. Un geai jacassait perché sur un fil tendu pour sécher le linge par les jours de beau temps dans le jardin de l’une de ces petites maisons, blabla…

Pourquoi un.e journaliste court-il ou elle aussi délibérément le risque que ses lecteurs intéressés – comme moi-même – par ce qu’annonce le titre de l’article, n’en ait rien ficher de Jules Pongron de La Ferté-Alais et des geais sur leur fil, et passera à autre chose, frustré de ne pas apprendre, éventuellement (au cas où l’article avait vraiment l’intention de parler de ce qu’il annonçait en titre), pourquoi des gens jeunes, à peine malades du Covid-19 meurent ensuite d’une crise cardiaque ?

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51 réflexions sur « Vie quotidienne – Les journalistes qui tournent autour du pot »

  1. La mise en page n’a peut être pas mis le bon titre sur le bon texte ….

    En tous cas , succès de la recette . On parle de l’article même sur le blog de Paul Jorion .

    PS : on est flatté de savoir que le WP s’intéresse à La Ferté-Alais .
    Jules , je vois , mais ça ne doit pas être un des jeunes .
    Mais Pongron , il faut vraiment fouiller beaucoup pour en trouver un , si seulement ça existe .

  2. J’ai lu tout l’article, mais je n’ai pas compris la réaction de Paul. Suis-je tellement atteint que je dois-je appeler les urgences?

    1. On est au moins deux dans ce cas (c’est peut-être de l’humour belge?)

      « Thomas Oxley wasn’t even on call the day he received the page to come to Mount Sinai Beth Israel Hospital in Manhattan. There weren’t enough doctors to treat all the emergency stroke patients, and he was needed in the operating room. »

  3. Le journalisme est plus « surcodé » chez nos amis anglophones :
    La structure « standard » est la pyramide inversée, par exemple.
    Sinon, le « Lead » peut être volontairement « buried » pour s’éloigner du style journal et aller vers un style académique, avec les détails trop en avant au début,
    mais en tablant sur la conviction (la philia !) du lecteur qu’il y a quelque chose d’intéressant et qu’il doit aller au-delà.

    https://en.wikipedia.org/wiki/News_style#Lead

    Sinon, je ne savais pas qu’à côté du Sinai hospital il y avait la Ferté-Alais.
    Et puis on ne se moque pas trop des Ferté pour ce qui est d’écrire.
    Dès le déconfinement, je n’aurai de cesse d’aller me promener à la Ferté-Milon par chez Jean Racine, « himself »,
    qui, me disent les Templiers, fut un anticipateur du Covid :
    « Que j’ai sur votre vie un empire suprême, que vous ne respiriez qu’autant que je vous aime ? »
    Dit par le personnage https://www.youtube.com/watch?v=3T1c7GkzRQQ (Roxane) …

    1. si je comprends bien, au-delà des siècles, Jean Racine nous console, car sous nos masques, respirer devient du grand art

  4. Petite allégorie (Jules Pongron, de La Ferté-Alais) de Paul Jorion pour voir si l’on suit bien… 🙂
    Dans l’article cité, la journaliste dans le chapeau de sa rédaction attire le lecteur sur une possible découverte concernant le COVID-19 mais se livre ensuite à la description de l’emploi du temps du Dr Thomas Oxley et ce n’est que plus avant que l’on découvre la mention de ce qui pourrait avoir être observé concernant les effets du virus…
    Peut-être cette journaliste est-elle rémunérée au nombres de mots ?

  5. Outre l’explication de Timiota avec la distorsion volontaire pour attirer l’attention du lecteur, Il peut s’agir aussi, au choix, de l’euphémisme motivé par l’idéologie ou le politiquement correct, ou bien l’euphémisme résultant d’un raccourci de langage qui fait comprendre autre chose que ce qu’il faudrait – logiquement comprendre après avoir lu l’article en entier.

    Le raccourci use ici d’un adverbe, barely (à peine) qui aurait du exprimer l’idée, si le titre avait été mieux formulé, que des individus jeunes dont on ne soupçonnerait pas qu’ils soient atteints de Covid meurent subitement d’une crise cardiaque. Ainsi l’accent est mis sur un aspect subjectif d’un phénomène réel. Le « à peine » aurait dû concerner dans le titre les apparences trompeuses des symptômes (leur aspect exclusivement cardiovasculaire) mais il est lu et compris par le lecteur qui n’a pas encore pris connaissance du contenu de l’article comme réalité objective d’un malade très peu atteint par le Covid. (Alors qu’en réalité il en est atteint en plein cœur si je puis dire.)

    L’euphémisme idéologique est malheureusement fort pratiqué y compris dans les journaux dits de référence, ainsi j’ai souvent lu dans le Monde des articles dont les titres annonçaient l’inverse de ce qu’ils disaient. Il s’agit alors d’imposer une ligne éditoriale.
    L’expression maladroite est également assez fréquente, sans doute faute d’avoir recours aux services de correcteurs compétents et payés correctement.
    Le raccourci résulte d’une mauvaise maîtrise de la langue, l’euphémisme d’une certaine malhonnêteté intellectuelle.

    1.  » Il s’agit alors d’imposer une ligne éditoriale. »

      A qui?
      Aux non-informés qui voudraient s’informer et qui ne sauront pas que sous le déguisement d’informations, ils avaleront une potion orientée?

      Par qui et pour qui?
      Pas besoin de développements. Rien que des faits. Pour L***** M* , voir la liste des propriétaires, bénéficiaires indirects des subventions d’Etat. Pour le WaPo, certains de ses lecteurs appellent maintenant ce journal le « blog-à-Jeff ». Par exemple: https://www.nextinpact.com/news/81589-jeff-bezos-patron-damazon-se-paie-washington-post.htm . On notera les mots sacrés  » simple propriétaire » et « liberté journalistique », sans être obligé de croire Jeff dans la durée.

      Je suis donc très étonné, cher PYD, que votre ligne, -impec-, soit née sous votre clavier si naturellement, si bénignement.
      Alors que notre liberté d’information, c’est-à-dire la vigueur de notre démocratie, est mise en péril par de telles pratiques.

      Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces faits de désinformations potentielles ont de très grosses conséquences , par exemple:

      « Une enquête scientifique a pu montrer que les lecteurs de la presse quotidienne australienne sont moins bien informés que les gens ne lisant pas du tout. »
      In :
      https://www.pauljorion.com/blog/2020/01/22/trends-tendances-climat-le-deni-officiel-australien/
      Et mon commentaire:
      https://www.pauljorion.com/blog/2020/01/22/trends-tendances-climat-le-deni-officiel-australien/#comment-757155

      On peut affirmer que ces faits de désinformations potentielles ont de très grosses conséquences parce qu’ils sont martelés dans notre esprit inlassablement sans désemparer. La répétition crée sa propre réalité. Elle instille une prévention contre le vrai et nous entraîne à la catastrophe.

  6. c’est sûrement que leur petit cœur boursouflé de veinules rouges élevé au Roundup au coca et à l’amour qui pue est un peu trop ballotté.

      1. Peut-être ceci ?
        https://en.wikipedia.org/wiki/Love_Stinks_(song)

        « The lyrics describe a love triangle in which two participants experience unrequited love, before segueing into a description of love gone sour in general. The lyrics may have been inspired by J. Geils Band lead singer Peter Wolf’s marriage to actress Faye Dunaway, which ended in a 1979 divorce. »

      2. genre tu dis je t’aime aalors que tu sais pas ce que ça veut dire; et c’est la majorité hein, bon courage les culturés.

  7. Hum…

    Peut-être (peut-être!) que le journaliste qui rédige l’article n’est pas la personne qui a le dernier mot sur le choix du titre édité? Le rédacteur en chef ou équivalent?

    Nan?

  8. Quand un journaliste en reportage commence par me faire le portrait du taxi-man qui le transfère de l’aéroport à l’hôtel, je zappe : l’opinion des taxi-men ne me parait pas une information pertinente.
    En général, le titre et la photo sont définis a posteriori par d’autres et peuvent être sans cohérence.
    Aujourd’hui, plus aucune dépêche ne parait sans « image d’illustration ».
    Il semble donc que la majorité des lecteurs attendent autre chose que « les faits » dans leur brutalité. Il leur faut une « mise en scène ».

  9. Par rapport à la vidéo qui parle du bouquin «  comment sauver le genre humain «  , peut être utile de signaler qu’il est effectivement téléchargeable sur IPad.
    Pan dans le mille quand à la page 45 on peut surligner : «  rappelons nous en particulier que nous serons jamais à l’abri d’une épidémie inédite « .Ca commence fort.

    Plein de bonnes choses dans ce livre , mais que dire de cette vision anticléricale qui frise la pratique des préjugés dont l’auteur dénonce pourtant les méfaits?
    Je dirai qu’il y a d’abord une méconnaissance perceptible dans les interprétations de l’ancien testament d’une part , et d’autre part une forme de zapping sur les événements positifs qui ne confortent pas son anticléricalisme .Rappelant la venue du Christ et son message d’amour, il écrit peu après : «  or , en dépit de deux millénaires écoulés depuis , aucun progrès substantiels n’a été accompli dans cette direction « .
    Pas sympa pour un autre Paul, pâpe de son état , qui rejoint d’ailleurs très souvent les thèses écologiques et économiques de Mr Jorion , et ce , sauf erreur , depuis plus longtemps que lui.( voir Laudato si ). Pas très objectif non plus de faire abstraction de l’oeuvre de gens comme st Vincent de Paul, mère thérésa , l’abbé pierre et compagnie.
    Et franchement , comment oublier que l’on part d’une situation où l’on clouait des gens sur La Croix ?
    Je veux bien que l’histoire nous est prouvée l’inhumanité du genre humain , mais son humanité a aussi été prouvée à maintes fois , alors le «  aucuns progrès substantiels «  est soit de trop , soit la marque d’un bien triste pessimisme.

    Concernant la mauvaise interprétation de l’ancien testament , il suffira à l’auteur de couper une pomme en deux pour comprendre la symbolique .
    C’’est le Malin qui suggère que la consommation de la « pomme «  pourrait faire de lui l’égal de Dieu , et donc présuppose la soit disante raison de l’interdiction.
    Morale de l’histoire de mon point de vue :Nous avançons dans la connaissance du bien et mal à travers la successions des générations .D’où le «  tu ne tueras point « .
    Mais , bien sûr , chacun est libre d’interpréter à sa façon des textes du fond des âges.
    Nul n’est parfait.

    1. Une leçon d’humilité peut-être à vous conseiller : lire les Évangiles et voir ce qui y est véritablement écrit, plutôt que les vagues souvenirs du catéchisme qui semblent être la seule chose que vous en ayez retenu.

      Sur Paul de Tarse : « Défense et illustration du genre humain », pages 193 à 222

      Et en particulier, ici : Paul de Tarse en résumé.

      Paul de Tarse n’était pas là au bon moment, même s’il ne se trouvait pas très loin. Jésus de Nazareth, un prophète, sur la foi d’autres prophètes avant lui, se convainc qu’il est le messie attendu, chargé d’annoncer la venue du Royaume de Dieu sur Terre. Il suit à la lettre le scénario tel que Zacharie l’a tracé, mais rien ne se passe comme prévu, il échoue, et sera supplicié comme un larron parmi d’autres, offrant la possibilité à l’insurgé Barrabas de sauver sa tête.

      L’histoire est celle d’un naufrage : elle révèle crûment que les prophètes nous racontent des bobards, et que la venue de messies est une fable. Mais Paul lit, de bonne foi ou par calcul, dans cette aventure, une tout autre histoire : celle du dieu qui se sacrifie pour les hommes. Deux prototypes du message religieux du bassin méditerranéen, le prophète d’une part, et le dieu qui s’auto-immole d’autre part, soudain condensés en un seul ! Et pas par n’importe qui ! Par un théoricien, un propagandiste, un militant d’une qualité supérieure, telle qu’elle ne se rencontre qu’une fois tous les mille ans. Souvenons-nous que ses discours, ses épîtres, précèdent chronologiquement la rédaction des évangiles. Luc écrira l’un des quatre évangiles et rédigera aussi les Actes des apôtres, narration visant à légitimer le statut d’apôtre d’un personnage arrivé en réalité après la bataille, qui ne peut se prévaloir que d’une révélation sur la route de Damas pour justifier son statut de témoin arrivé très en retard. C’est Paul qui légitime la passion de Jésus, en la kidnappant, en la détournant, pour l’intégrer dans un récit cohérent porteur d’un sens jusque-là inédit.

      Si Paul réussit dans la diffusion d’un récit recyclé selon une nouvelle perspective, c’est que l’histoire racontée est effectivement à vous couper le souffle car Jésus est un personnage hors du commun. Alors qu’existaient déjà comme principes de constitution de la communauté humaine, la non-réciprocité : « Vous là, vous n’êtes pas hommes, mais des chiens ! », et la réciprocité négative : « Vous êtes des hommes mais si vous me cherchez noise, je vous rendrai la pareille : œil pour œil, dent pour dent », Jésus invente la réciprocité positive, formule magique du vivre ensemble : « Je te tends l’autre joue ! Tu t’es trompé, mais cela ne fait rien, fais comme moi : comme si de rien n’était ! », la méthode qui désamorce le conflit possible, qui coupe l’herbe sous le pied d’une éventuelle vendetta.

      Lévi-Strauss avait raison quand il soulignait que l’islam arrive curieusement à contretemps dans l’histoire humaine : religion de la non-réciprocité apparaissant au VIIe siècle : « Grande religion qui se fonde moins sur l’évidence d’une révélation que sur l’impuissance à nouer des liens au-dehors », écrit-il dans Tristes Tropiques (1955), alors que certains textes du judaïsme, religion de la réciprocité négative, datent du VIe siècle (av. J.-C.) voire même du Xe (av. J.-C.), et que le christianisme, religion de la réciprocité positive, date bien entendu du Ier siècle : « C’est l’autre malheur de la conscience occidentale que le christianisme […] soit apparu « avant la lettre » – trop tôt – […] : terme moyen d’une série destinée par sa logique interne, par la géographie et par l’histoire à se développer dorénavant dans le sens de l’islam… » (ibid.).

      Bien sûr, pour que ces questions de chronologie soient véritablement significatives, il faudrait encore que les hommes comprennent le message de leurs prophètes ou de leurs dieux, et ne se contentent pas d’être fascinés par eux parce que des prêtres leur disent en fronçant les sourcils que c’est la chose à faire sous peine de graves ennuis. L’antériorité historique du christianisme a-t-elle la moindre importance si au XXIe siècle encore, la quasi-totalité des chrétiens n’ont toujours pas compris un traître mot de ce que Jésus de Nazareth disait ?

      Jésus échoue dans le rôle de messie auquel il s’identifie : sa foi ne parvient pas à déplacer les montagnes, mais dans un tour de passe-passe magistral, Paul sauve la mise en nous prouvant au contraire que la foi déplace véritablement les montagnes, mais il a besoin pour cela du tremplin que lui offre Jésus, inventeur de la réciprocité positive.

      Le progrès dans la compréhension par les hommes de leur destin dépend parfois de tels accidents historiques : de la contemporanéité de phares de la pensée. Platon est contemporain de Socrate, et Aristote est lui contemporain de Platon. Paul est contemporain de Jésus. Le destin des hommes dépend parfois de telles rencontres fortuites !

      1. Peut-être qu’un syndicat patronal a mis l’argent nécessaire ?

        P.S. Faut pas que j’oublie l’émoji quand j’écris des trucs comme ça ! Où est-ce qu’il est ? Ah ! le voilà : 😀 !

      2. Cher Mr Paul, je vais méditer la leçon d’humilité que vous me proposer. Au fait , Quel en est l’auteur?
        Ha , c’est vous .
        Avouez que ça démarre mal question humilité…

        J’ai cru un instant que vous me proposiez , au lieu d’une de vos interprétations, un passage précis des Évangiles. Vous me proposez donc de relire la totale , un peu facile non ?
        J’attendais mieux de vous .
        Ceci dit , votre dernier bouquin reste très intéressant .Sauf qu’il véhicule des préjugés anti cléricaux que vous justifier par une soit disante parfaite connaissance des Évangiles.
        Dieu merci , il n‘en est rien , car lire ou connaître les textes sacrés ne suffit pas , encore faut il les comprendre.
        Et , cela ne relèvera jamais de votre propre volonté.

      3. Expliquez-nous vos propres préjugés pro-cléricaux, expliquez-nous la valeur ajoutée de l’Église au fil des âges par rapport au texte des Évangiles et des Épîtres dans leur clarté sidérante. Nous sommes toute ouïe : nous apprendrons certainement des choses que nous étions très loin de soupçonner !

      4. Jorion, franchement , .je sens bien votre agacement.
        Je ne vais pas faire ici de la pub pour une Ä—glise que vous exécrer , tout en sachant pertinemment, vous et moi , que rien de ce que j’écrirai ne pourras vous amener à prendre conscience du paradoxe qu’il y a à vouloir sauver le genre humain tout en stigmatisant une partie de l’humanité qui elle , croit.
        La haine est bien destructrice que les virus .Et vous n’avez pas encore conscience d’être un vecteur de cette haine par mépris interposé.
        Je vais faire autrement , comme seuls les croyants savent faire.

      5. Leur clarté sidérante…
        La valeur ajoutée de l’Eglise?
        Je ne sais pas… toutes les « révelations privées » (la plupart du temps, à des moines/nonnes) ?

        Si c’était si simple et si évident il ne faudrait pas une vie entière pour comprendre, plutôt mal que bien d’ailleurs, un seul épisode des Evangiles.
        Rien que sur le sens de la prédication paulinienne, il suffit de lire Luisa Piccarreta pour se rendre compte que l’explication n’a rien de simple et qu’elle est à des années lumières de ce que vous en dites.
        Il n’y aurait pas 30 mystères canoniques à méditer si tout était aussi clair et limpide que ça.
        Et le christianisme n’est pas affaie de compréhension intellectuelle (sans quoi les saints ne seraient pas quasi toujours des personnes de peu de bagage intellectuel).

        Forcément, si on s’en tient à une interprétation « sociale », « mondaine », « laïque » du message évangelique (très « théologie de la libération »), tout est accessible en 5 minutes chrono, et est totalement limpide.
        Sauf que c’est, par définition un contresens complet, le Christ n’étant pas venu apporter une doxa, une civilisation ou un régime anthropologique nouveau (s’il y bien quelque chose d’absent du christianisme, c’est la réciprocité!), son royaume n’étant de toute façon pas, selon lui, « pas de ce monde » (c’est bien pour ça qu’il a été crucifié, un « vrai messie visant nécessairement le rétablissement d’un royaume de ce monde »? De sorte que vous répétez l’accusation des juifs à son endroit, et qui lui valut d’ailleurs cette crucifixion… en tenant les propos que vous tenez.).
        A ce propos, pour ce qui est de l’échec du Christ, il me semble bien que le Temple a bien été détruit en 3 jours et reconstruit en 3 jours. Ca fait 2000 ans qu’il tient debout.

        Que le christianisme n’ait rien à voir avec un quelconque projet mondain, Deleuze l’avait compris. Il n’y a pas plus destructeur pour toute tentative de constitution d’une anthropologie que le christianisme (qui est une entreprise virale de destruction de codages de flux, à part, peut-être, le capitalisme). De plus, le christianisme repose sur le refus radical du toute idée de réciprocité, fusse t-elle « positive » (et ce au sens où l’utilise Dominique Temple, en l’ayant bien lu). La seule chose qui importe est de connaître Dieu, à l’égard duquel tout rachat du rachat de la dette est impossible.

        De même le christianisme est « simple » à comprendre si on le réduit à une espèce de morale, à un certain genre d’humanisme (auquel il est vrai on doit 90% de nos institutions… sans Eglise, pas de St Thomas, sans St Thomas, pas de conception de la « dignitas », sans conception de la dignitas, pas de concept de personne, et pas de « libertés individuelles »… il n’y a rien que l’on ne doive aux grecs ou aux romains sur cette dimension qui est la plus essentielle! Et elle n’est pas directement dans les Evangiles… il a fallu 1300 ans pour l’en extraire. Par contre, ce qu’on doit aux anthropologue, c’est pour le progrès des sociétés humaines, en dehors d’un relativisme de bon aloi, c’est quoi?).
        Le christianisme n’est pas une éthique, et il ne s’agit pas d’introduire un nouveau code moral sur la bonne manière de se conduire avec ses semblables. C’est une mystique. L’éthique n’est qu’une autre tentation pour la foi.

        Pour ce qui est de l’accessibilité… si vous avez compris en quoi le Christ a soit-disant racheté les péchés du monde en mourant sur une croix (quel est le rapport? comment ca « fonctionne »?), sans avoir lu Luisa Piccarreta (autre révelation privée qu’on doit à l’Eglise…), je vous tire mon chapeau. Ou si vous aviez compris avant cela ce qu’est la foi, je vous tire mon chapeau également (évidemment ce n’est pas chez Freud ou autre réductionniste de l’âme ou de la croyance en l’existence de l’âme à une psyche qu’on trouvera ça…).

        Comme je suis sympa je vous donne, à l’occasion, le lien vers le véritable contexte de la parabole des talents (notez que l’ouvrage est encore à l’index… mais ca changera d’ici quelques décennies). Notez aussi que ce nouvel Evangile est quand même entièrement dû à l’existence de l’Eglise » (sans laquelle ce genre de révelation privée n’existerait vraisemblablement pas).
        http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2004/04-145.htm
        C’est quand même beaucoup plus clair ainsi (et il y a grosso modo 10 fois plus de paraboles que dans les Evangiles canoniques), dont certaines qui pourraient d’ailleurs vous intéresser.
        Ca évitera les montagnes de bêtises qui ont pu être écrites sur le sujet (notamment les justifications libérales sur la base des Evangiles, qui certes ne sont pas les vôtres)

      6. On souhaite à Dominique Temple ( Temple , déjà ….) qui ressuscite la réciprocité , de ne pas finir dans les mêmes tourments que Jésus .

        Et peut être à Paul Jorion de veiller à ne pas susciter les mêmes interprétations hâtives du Surhomme .

      7. Paul « un théoricien, un propagandiste, un militant d’une qualité supérieure » C’est Jorion qui le dit !

        S’il y a du mot d’ordre « aime ton prochain » c’est comme d’habitude pour redresser la pente du « baise ton prochain » dont Dany-Robert Dufour a fait son miel.
        https://www.youtube.com/watch?v=jV8NAMGTwsI

        Pas besoin de Mélanie Klein pour montrer l’enfer des pulsions infantiles, les magnifiques « jugements derniers » peints dans les lieux de culte étaient déjà là.

        Alors réciprocité positive pour redresser la pente de la réciprocité négative, certes, mais chaque génération échoue partiellement avec des insoumis qui ne rentrent pas dans le rang, produits mal finis, familiaux et sociaux. Continuons le combat…

        Pour se distraire ces jours ci
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Virus_(film,_1980)
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Virus_(film,_1999)

    2. Puisqu’on vous – Bernard – dit que c’est Paul qui aurait dû être Jésus et que ce n’est pas une projection narcissique, mais l’introjection « du dieu qui se sacrifie pour les hommes » et que c’est dans un livre qui s’intitule Comment sauver le genre humain ! Enfin, Bernard, soyez à ce qu’on vous dit, nom de Dieu.

  10. Un très grand merci pour l’ensemble des infos qui méritent de s’y arrêter.

    J’ai écrit avant d’écouter la vidéo de l’article du WP. Mais j’en avais découvert une autre aussi parlante, très technique.
    https://www.washingtonpost.com/health/2020/04/22/coronavirus-blood-clots/
    On ne meurt pas de la maladie virale mais des complications qui littéralement « noient » le tissu pulmonaire.

    De retour au pays, j’ai rapporté ailleurs ce mot d’un confrère breton (29): « Nous avons l’habitude de contaminants multiples en vétérinaire. Dans les maladies respiratoires le virus est souvent le déclencheur et de nombreux germes lui emboîtent le pas mycoplasme, pasteurelle…je n’ai jamais compris qu’en médecine humaine il y avait soit du virus, soit des bactéries ‍♂‍ …mais bon je suis un empirique …qui est à sa 50ème année d’exercice. »
    J’ai complété son interrogation en risquant l’hypothèse que les médecins bien que pastoriens se sont faits piéger par l’autre géant allemand de la microbiologie des années 1880/90, KOCH. Ce dernier a enseigné au monde entier que pour vérifier qu’une infection était due à un germe, il fallait isoler le germe, le cultiver l’injecter à nouveau et constater les dégâts, ce qui est techniquement facile avec des animaux moins en humaine. Voilà les postulats de Koch que chacun ressasse à satiété et qui permet de dénommer des maladies spécifiques quand on coche toutes les cases.
    En vétérinaire nous sommes plus pratiques et souvent moins « spécifiques ». Notre but est de guérir et nous passons le plus souvent par le concept de « pathologie générale » – un cours universitaire de synthèse (Merci Prof. Parodi en 1969) qui vous promène à travers toutes les spécialités enseignées par ailleurs et toutes les espèces ; les crevettes et les huitres n’y échappent pas, avec ou sans virus. Cela permet de dire que « l’inflammation », dysfonctionnement métabolique, est une étape commune à beaucoup de maladies qu’il faut traiter sans se poser de question d’une étiologie plus précise Tout le monde peut dire merci H. Laborit, chirurgien exigeant qui dès les années 1950 a su limiter le choc opératoire (proche du choc septique rapporté plus haut), grâce à la chlorpromazine, molécule de son « invention » voisine de la chloroquine et du bleu de méthylène sur lesquelles je reviens ci-dessous.
    Il s’agit moins de lutter spécifiquement conter une « maladie avec un vaccin » (peut-être ? un jour ?) que de limiter le plus tôt et le plus vite possible l’inflammation pour limiter l’extension de lésions cellulaires et de réactions immunitaires, situation commune à de nombreuses pathologies. J’ai lu qu’il y avait des médecins généralistes qui l’avaient fait avec bonheur. J’attends que des statisticiens viennent prétendre que ça ne sert à rien car ils n’ont pas de cases pour valider cette approche ? Car il faudra peut-être les défendre contre « l’Ordre » sous prétexte qu’ils n’ont pas suivi le « protocole officiel » ?
    Cette approche autorise Laurent Schwartz à constater que des traitements – non protocolaires – qui limitent l’inflammation chez des patients cancéreux peuvent les avoir protégés de l’évolution pathologique vers la pneumonie (SARS = Sever Acute Respiratory Syndrom): c’est une hypothèse de travail qui mérite réflexion. https://guerir-du-cancer.fr/wp-content/uploads/2020/03/Substantia-Article-Text-4008-1-10-20200330.pdf
    Attention aux statisticiens, Marc Henry cosignataire du papier est aussi un redoutable candidat en ce domaine !
    Mes limites en statistique sont nées des réflexions de jeunesse d’un ami polytechnicien qui estimait que la définition des biocœnoses définies au fond des mers ne cadrait pas avec son approche de mathématicien. (https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/cahiers/oceanographie/19714.pdf ). 40 ans plus tard il a remarqué que la courantométrie avait été oubliée et que cela suffisait à combler les lacunes.
    Pour en revenir à un billet passé, c’est aussi une des explications des marées vertes en Bretagne contre ceux qui prétendent que les nitrates en sont responsables. Ils sont un des Plus Petits Dénominateurs Communs – enfin le plus accessible – mais pas l’explication biologique. Les nitrates se concentrent là où les courants « referment » l’écosystème ce qui affectent les biocœnoses locales donc plancton et algues : c’est tout ! Attention, il existe des plages de plusieurs km ouvertes sur le Pacifique où les courants déplacent des sédiments toxiques à certaines époques de l’année et les dispersent un peu plus tard : il nous a fallu des années pour l’apprendre à nos dépens comme toujours. Cela appartient à la quantitude du vivant qui s’ajuste continuellement à des paramètres subtils oubliés ou encore inconnus. Le préalable à tout usage non abusif de statistiques reste : ‘Toute chose étant égale par ailleurs » et en médecine humaine, c’est très difficilement le cas. J’en utilise forcément au quotidien mais on a pu répéter mille fois la même erreur sans comprendre qu’il manquait un ou des paramètres aux équations proposées. Les stats sont juste une technique pour signaler qu’on a pu ou dû oublier quelque chose en route et qu’il faut creuser plus profond.
    C’est à peine hors sujet quand il s’agit du Covid-19. Cette pathologie débute comme une maladie virale grippale bégnine chez la grande majorité ce qui complique les stats ( cf? E. Klein : Je ne suis pas médecin mais…). Chez un nombre de sujets heureusement limités, sur des constitutions encore mal cernées, elle peut déclencher des lésions mortelles: un choc septique et cardiaque. Chez d’autres de constitution obèse, il a été suggéré un risque de septicémie à Prevotella ? Cela ne me choque pas. (https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/pdf/2018/03/medsci2018343p253.pdf ). Certes il est contre-intuitif qu’un groupe de bactéries à tropisme anaérobique se retrouve dans le poumon mais tout comme il existerait une sorcellerie du capitalisme, le monde bactérien n’est pas de reste côté sorcellerie quantique ! Nos cellules fonctionnent dans une ambiance très électronégative, ce qui est équivalent à anaérobique. Et c’est ce qui permet d’ailleurs à l’oxygène d’y être « si réactif » et performant. Par contre j’imagine que ce germe ne doit pas être immédiatement détectable par les techniques habituelles – à moins que les techniques de la génomique ne le fassent en un clin d’œil ? Il faudra que le vérifier. Je ne me rendais pas compte en débutant cette réponse que cela m’entrainerait si loin ! J’y reviendrai.
    Covid-19 est en train de changer de nature. D’une maladie virale grippale, c’est devenu un syndrome respiratoire avec risque de complications graves chez une minorité qu’il s’agit donc de détecter de manière prophylactique: ça se fera forcément en quelques mois – peut -être avant un vaccin obligatoire pour tous ? Si l’hydroxy-chloroquine limite le risque de complications chez les sujets non cardiaques Dr Raoult aura fait son boulot. Il n’est pas exclu que le bleu de méthylène qui lui aussi à des limites d’utilisation, puisse en faire autant et nous dirons merci à Dr Schwartz. J’attends la contribution de ses contempteurs, bien avant la venue d’un éventuel vaccin.
    « La meilleure connaissance d’un tout n’implique pas la meilleure connaissance de ses parties – et c’est ce qui ne cesse de nous hanter », écrivait Schrödinger en 1935.

    1. @L.B.J.F.
      Vous écrivez , aujourd’hui 26 avril :  » On ne meurt pas de la maladie virale mais des complications qui littéralement « noient » le tissu pulmonaire.  » …

      Ma curiosité est intense …le 15 avril dernier , il y a un siècle donc…^!^… s’écrivaient des « choses » sur ce blog …mais , sauf erreur, vous n’êtes pas intervenu sur ce fil..
      https://www.pauljorion.com/blog/2020/04/15/graphe-lisse-sur-6-jours-de-levolution-des-cas-entres-en-reanimation-depuis-le-19-03-mis-a-jour-le-05-04-a-20h-par-a113/#comment-788823
      et diverses autres interventions..
      Peut-être utile que vous combliez votre retard…avec d’autres suggestions liées sur certains fils ultérieurs comme par exemple :
      https://www.pauljorion.com/blog/2020/04/17/vie-quotidienne-coronavirus-les-intentions-retorses-dune-boule-de-proteines/#comment-789512
      et surtout la réaction de notre co-commentateur @Ruiz avec ses liens :
      https://www.pauljorion.com/blog/2020/04/17/vie-quotidienne-coronavirus-les-intentions-retorses-dune-boule-de-proteines/#comment-789667

      Bonne route… Prévenez-nous en cas de « Nobelisation »….^!^…

      1. A propos de « Nobelisation »… à lire ce soir sur MDP : https://www.mediapart.fr/journal/international/130320/la-crise-du-coronavirus-en-direct

        l’extrait… qui rendra le blog Jorion interplanètement célèbre… (grasses personnelles) :
         »  »  » Le Covid-19 provoque aussi une inflammation vasculaire, selon deux nouvelles études

        La maladie du Covid-19 ne serait pas qu’une maladie pulmonaire. Deux nouvelles études publiées cette semaine par des équipes de recherche à Zurich et Besançon concluent au fait que le SRAS-CoV-2 peut également provoquer une inflammation vasculaire pouvant toucher différents organes comme le cœur, le cerveau, les poumons ou les reins. Cette inflammation peut provoquer des embolies pulmonaires.

        Les études ont été menées à l’Hôpital universitaire de Zurich (USZ) et au Centre hospitalier de Besançon. Elles ont respectivement été publiées dans les revues médicales The Lancet (lire ici) et Radiology (lire ici).

        Dans un communiqué de presse, l’équipe de recherche de l’USZ, dirigée par Zsuzsanna Varga, explique que les médecins ont constaté, chez les patients du Covid-19 de plus en plus de cas de troubles cardiovasculaires et de défaillances multiples d’organes sans lien apparent avec la pneumonie. C’est ainsi que les chercheurs ont pu détecter la présence du SARS-CoV-2 dans l’endothélium (paroi interne des vaisseaux sanguins), où il provoquerait la mort des cellules, puis des tissus et organes touchés.

        À Besançon, une équipe de radiologie a constaté que sur un panel de 100 patients suspectés de pneumonie liée au Covid-19, 23 souffraient également d’une embolie pulmonaire, ce qui pourrait expliquer la dégradation rapide de patients atteints du Covid.

        « Le propre de notre article, c’est de dire qu’il faut injecter tout le monde avec du produit de contraste. Car dès lors qu’on repère une embolie pulmonaire, c’est traitable », a expliqué à L’Est républicain le professeur Éric Delabrousse, qui a participé à l’étude. En ajoutant qu’« à Besançon, l’ensemble des patients Covid placés en réa sont désormais  »anticoagulés » ».

        « Au niveau thérapeutique, cela signifie qu’il faut combattre la multiplication du virus et en même temps protéger et stabiliser le système vasculaire des patients », conclut aussi dans son communiqué, cité par 24heures.ch, le professeur Ruschitzka, de l’USZ de Zurich.

      2. Le plus étrange, c’est pour moi l’étude du Pr Changeux qui a repéré la corrélation entre moindre mortalité et être fumeur, attribuée à la nicotine tentativement.
        Ce qu’il dit (via une citation d’une étude histologique : test de marquage dans des cellules « microtomées ») c’est que le récepteur ACE2 n’est *pas* exprimé dans les poumons. Les cellules peuvent le faire, l’ADN est là, mais il n’est pas exprimé ( ? pas de chaine de signalisation qui induise l’ARNm correspondant).

        ACE2 est beaucoup plus exprimé ailleurs. Ca se trouve, le virus aime bien les ACE2 de certaines cellules proches de la surface du tract respiratoire ou de l’alvéole, avec de l’épihélium. Quand il en dézingue trop, ça fait des inflammations qui se voient dans tout ce qui est voisin, dont les alvéoles et une signature pulmonaire (dite « verre dépoli » aux rayons X, « CT » en anglais, Computerised Tomography). Et puis Sansonetti himself disait bien (conf collège de france @ 16 mars 2020) que tout n’était pas net autour de ACE2 , en lien (ou antagonisme ?) avec ACE1 de mémoire.
        Et souvent, quand on aura compris, on dira « ah oui, mais c’est bien sûr ».

        Pour le « chik »(chikungunya, arbovirose, pas coronavirose) , on n’a ainsi appris que bien après l’épidémie à la Réunion en 2005 que le réservoir était dans les astrocytes de la moelle (les « globules blancs protection civile locale)
        D’où des syndrômes articulaires de durée et intensité très variable lors de la rémission (je confirme).

      3. @ Otromeros – Une bonne dose de patience est nécessaire tant les informations vont vite.
        Je ne lis pas le blog ni mes mails tous les jours ; le lendemain les choses ont changé. S’il y a urgence, il y a encore le téléphone – que je ne trimballe pas non plus à but de bras comme un « djeun » ! Donc je rate des épisodes. Tant pis. Et puis n’étant pas médecin, je sais que les domaines spécifiques de pathologie humaine peuvent devenir prioritaires (reproduction, cardiaque, rénal,…). La médecine humaine aura le dernier mot ; on aimerait qu’elle s’explique autrement que par savoir se laver les mains et mettre un masque !
        Je finis par accepter que le bureaucrate ne soit pas content que Raoult ne lui ait pas mâché la tâche jusqu’au bout de quelques statistiques mieux recevables même sans rien connaître au tableau clinique. Par contre je suis plus étonné de la position d’autres médecins : tout « progrès » ne serait pas bon à entendre pour mieux soigner ? S’ils faisaient déjà mieux, ils auraient pu le faire savoir sur les plateaux de télé ? Je suis resté d’une naïveté désespérante. Enfant, j’imaginais que les Zélites justifiaient leur position (et les salaires) par un accès à des connaissances très supérieures à celles disponibles au petit peuple. Les techniques actuelles ont sans doute démontré le contraire. Je suis bluffé par la rapidité de l’évolution des idées et des connaissances en matière d’épidémiologie. Car c’est compliqué et même complexe dans le cas du Covid-19 : les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets dans un écosystème très similaire. Mais il en va souvent ainsi en épidémiologie, il faut replacer cent fois l’ouvrage sur le métier pour y trouver les détails manquants.
        Côté méfiance des statistiques je ne crois pas avoir placé cet épisode navrant préparé pour une autre discussion puis… j’ai fait autre chose. Parmi les questions restées sans réponse d’une enquête épidémiologique récente, le titre du livre d’Irène Frachon, « Médiator 150 mg, Combien de morts ? Ed. dialogues.fr 2010». A qui s’adressait cette question ? En première lecture à l’entreprise Servier qui produisait cette molécule ? Mais après avoir suivi les comptes-rendus du procès rapportés dans les médias, ne s’adressait-elle pas à ses multiples sou-tiens officiels et politiques ? Dans le film tiré du livre (La fille de Brest), il y a une scène « glaçante » pour qui a vécu la mise en scène théâtralisée d’une commission officielle ; politiques et officiels aiment la mise en scène. C’est la séquence où Irène Frachon et sa petite équipe s’avancent devant une assemblée de plusieurs dizaines de membres pour y exposer ses résultats et ses conclusions, sachant que ce jury possède un droit de vie ou de mort sur la suite du projet. Dans son livre, l’auteur écrit p110 : La parole de la défense ( !) « Un expert commis par l’Afssaps estime que notre étude souffre de certains biais et qu’il ne la considère pas comme valide de ce fait. ». Puis intervient un consultant : « En quelques mots il commente « l’étude d’Irène Frachon », déplorant de ne pas disposer d’un protocole « décent » ; l’étude est pire que biaisée, elle est falsifiée…. Ambiance. Je réalise que si notre travail est jugé invalide, c’est son équipe qui aura la charge et les financements importants de l’étude demandée par Servier » … Et là, depuis mon siège, j’ai senti un soupir de soulagement passé dans le reste de l’assemblée – car nul n’y était vraiment capable de discuter ce travail en profondeur. C’est le genre de déclaration d’autorité qui coupe court à toute information et observation scientifique dorénavant considérée comme mineure et d’emblée jugée irrecevable à ces esprits sélectionnés. Une seule personne reviendra plus tard témoigner son soutien aux médecins chercheurs. La vraie question aurait pu être : « Combien de morts vous faudra-t-il pour répondre à vos exigences statistiques ? » Cette interrogation vaudrait-elle pour proposer un « protocole » ?
        Côté Nobel, il faut reconnaître que le comité aura du mal à trouver celui ou celle qui aura pu le premier (ère) lancé telle ou telle idée tant elles se multiplient rapidement et se percutent. Pour tenter de prendre au sérieux une idée et le résultat qui la confirmerait, il faut le vérifier sous différents angles car en biologie, une explication linéaire n’est plus recevable depuis longtemps. Je vous donnerai sous peu une explication « Redox » – c’est mon outil de référence – de cette pathologie dans ses différentes phases mais Marc Henry vient de sortir sa lecture « Entropie » des mêmes phénomènes : il faut donc que je l’absorbe et la digère bien qu’elle ne change pas mon appréciation de vétérinaire. (https://riviste.fupress.net/index.php/subs/article/view/324 ). Développer des thérapies écologiques Redox, OK mais je n’en connais pas encore « d’Entropiques ». Peut-être que cela viendra un jour ? En attendant il faut soigner sans attendre un protocole béni d’une onction officielle. Seuls les résultats des médecins nous informeront de la perspicacité de nos conclusions.

    2. @ Jean François Le Bitoux,
      Vous écrivez :
      «Pour en revenir à un billet passé, c’est aussi une des explications des marées vertes en Bretagne contre ceux qui prétendent que les nitrates en sont responsables. »
      Je lis ailleurs :
      « https://reporterre.net/Algues-vertes-en-Bretagne-4-points-pour-comprendre-le-probleme»
      Je connais et respecte vos compétences mais permettez-moi de m’interroger.
      Dans ma jeunesse, je suis absolument certain qu’aucune plage de Bretagne ne subissait un tel fléau. Toutes les informations que j’ai pu lire de la part de spécialistes ont déterminé que l’intensification des pratiques agricoles était la cause de la proliférations des algues vertes (cf. le lien ci-dessus). En vous lisant je crois comprendre que vous dites qu’il n’ y a pas de corrélation prouvant une chaîne causale ; juste une question de courant que relève l’article par ailleurs. C’est donc deux événements contingents que ces algues vertes et le développement de l’agriculture bretonne sur de nouvelles bases (usines à porc par ex.).
      En gros, inutile de chercher à faire baisser les émissions de nitrates puisque ce ne sont pas la cause biologique. (Greenpeace, Reporterre etc. sont par conséquents des écologistes imbéciles.)
      Une bonne nouvelle pour la FNSEA et ses adhérents productivistes ?

      J’aurais d’autres éclaircissement à vous demander sur les autres assertions mais je voudrais que vous confirmiez ce point crucial. En effet il éclairerait au fond toute votre approche … à contre courant.

      1. Quelle est l’origine des marées vertes ?
        En très peu de mots, une mini contribution à cette encyclopédie anthropologique qu’est ce blog. Allumez les Lumières et + ! ( Allumez le feu ! https://www.youtube.com/watch?time_continue=47&v=97fBDi3rRWU&feature=emb_logo )

        Le questionnement et la réponse sont les mêmes pour les marées « rouges » (dinoflagellés) ou en eau douce, les « algues bleues toxiques » qui sont des cyanobactéries ( bactéries photosynthétiques). Ce sont celles qui ont produit l’oxygène de l’air il y a très longtemps; une réponse plus précise est disponible dans Wikipedia. Et elles continuent leur travail aujourd’hui car ce sont les premières à s’installer en environnement pollué.
        En proliférations d’algues comme en oncologie, les mêmes dysfonctionnements métaboliques peuvent produire des effets différents selon les « conditions locales » ce qui en rend thérapie et prophylaxie difficiles et « personnalisées » ; ce qui est vrai pour la plupart des pathologies écologiques. Mais il existe une dimension physicochimique qui est rarement prise en compte, c’est l’énergie locale d’oxydoréduction ou Redox. Tout le monde connait cette énergie puisque c’est celle qui fait rouiller le fer et chacun sait qu’il rouille plus vite avec de l’eau de mer que de l’eau douce. Mais elle est si omniprésente – car liée à la nature quantique de l’atome – qu’elle est difficile à discerner parmi les autres paramètres retenus classiquement (pH, T, O2, P, etc.)
        M. Volta a utilisé cette propriété de la matière pour construire la première pile il y a un peu plus de 2 siècles ; à l’époque Lavoisier isolait l’oxygène et on y reviendra forcément. Même si, depuis cette époque on sait que « La République n’a pas besoin de savants ».
        Depuis les biologistes se demandent comment l’électricité participe à la vie (influx nerveux, anguille électrique, …) et c’est ce courant de biotechnologie qui pourrait bouleverser médecine et écologie du XXIéme. Comme démonstration, je voulais renvoyer à la page Bioélectricité de Wikipedia… mais elle est presque vide ! Par contre, la page « Bioelectricity » sur Wikipedia.org donne un long résumé illustré des travaux de Michael Levin qui travaille le sujet depuis une vingtaine d’années et produit des documents passionnants et dans leur majorité accessibles à tous sur PubMed. Bonne lecture.
        Compte tenu de l’inertie bureaucratique nationale, j’imagine qu’on attendra que les chinois la mettent en œuvre – car ils y travaillent, eux – afin de vérifier que cette connaissance ne dérangera personne en Cour et que dans l’attente d’un signe du Prince Etat qui est le seul « responsable du Domaine Publique Maritime, (DPM), on regardera mourir coquillages et conchyliculteurs qui en sont victimes depuis longtemps. Attention danger pour la médecine officielle car ce paramètre explique une partie des résultats de Jacques Benveniste. (J’ai écrit une partie !)
        En matière de proliférations d’algues, c’est cette énergie qui par précipitation du soufre marin fabrique une « mémoire négative des sédiments », mémoire qui est facilement mesurable même à plusieurs dizaines de cm au-dessus des sédiments. L’oxygène y est moins dense et il y circule moins vite qu’à la surface du globe. Les marées vertes naissent donc d’une asphyxie par pollution chronique de certaines plages en fonction de la courantométrie. Des nitrates seuls même à des doses 10 à 20 fois supérieures produisent des diatomées qui nourrissent le plancton – et pas des dinoflagellés toxiques ! – dans un bassin « entretenu » comme un bassin d’élevage de crevettes ! Dans les élevages de crevettes de l’estuaire du Guayas (Equateur), l’eau de mer est plus propre en sortie qu’à l’entrée des fermes de 500 à 1.000 ha car les 100 premiers ha sont utilisés comme décanteur/épurateur pour éliminer les minéraux toxiques brassés par les courants, surtout en grande marée.
        Et c’est donc ce champ électrique, paramètre oublié de la biologie, qui « sélectionne » les algues, le plancton, la biocœnose. Il est évidemment possible de le corriger en corrigeant les mauvaises habitudes accumulées ! La nature y a contribué seule pendant des siècles mais il y a un abus de pollution anthropique accumulé « dans » les sédiments des plages et les cochons ne suffisent pas à en rendre compte. Surtout qu’il n’y a pas d’élevages intensifs sur le bassin versant de la baie de St Michel/ Plestin ; voilà pourquoi il ne fallait pas se contenter des explications simplistes et paresseuses.
        Ce champ participe aussi à d’autres pathologies lourdes en oncologie et aussi en Covid-19. Ce sera pour une autre fois !

      2. @ Jean François Le Bitoux,

        Désolé, mais vous ne m’avez pas du tout convaincu avec vos théories « électrifiantes ». Un rapport de Greenpeace qui évoque : « La prolifération des algues vertes est une forme d’eutrophisation, c’est-à-dire un enrichissement excessif de l’eau en éléments nutritifs, provoquant une surproduction végétale » est pour moi bien plus étayé. (On en revient au rasoir d’Occam…)
        Tout le monde a vu sur le terrain ce dont il est question : une prolifération jamais constatée auparavant [des plages inaccessibles, > 1 m d’algues !] simultanément avec des pratiques agricoles nouvelles qui s’intensifiaient. D’ailleurs il n’est pas seulement question d’élevage porcin mais aussi des fertilisants répandus dans des champs en grande quantités.

        Quant à Benveniste je voudrais en dire un mot.
        Dans ma jeunesse j’ai étudié la physico-chimie. J’ai appris que la structure de l’eau et en particulier sous sa forme liquide est plus complexe que celle qui serait donnée par une simple accumulation de molécules. Pour cela, il y a 30 ans environ, j’étais ouvert et prêt à considérer ce concept de mémoire l’eau. Ensuite j’ai constaté que les expériences n’ont jamais été reproduites et donc que n’étant pas reproductibles, elles ne pouvaient en aucun cas justifier une quelconque théorie scientifique et j’ai suivi l’avis de la communauté scientifique pour penser que c’est une grosse carabistouille. Récemment en sachant que feu Benveniste a été soutenu par un autre farceur, Luc Montagnier, j’ai ri de cette confrérie diafoiresque mais, après coup, j’ai ri jaune car je vois bien leur infernale puissance dans les Rézossossios où plus les choses sont débiles plus elles ont du succès. Plus absurde le complot, plus avéré il est.
        De plus en parler comme je le fais a l’effet pervers d’en accroître le buzz pour le dire en franglais.

    3. @Le Bitoux Jean François Merci pour tout ces éclairages et perspectives, il ne faudrait pas en effet oublier que Homo Sapiens est un mammifère comme d’autres, et que surtout s’agissant d’une maladie d’origine animale à la base, les vétérinaires ont sans doute quelque chose à apporter pour nous soigner.
      En particulier dans l’état actuel des solutions médicales (toutes choses étant égales par ailleurs).

      « qu’un groupe de bactéries à tropisme anaérobique se retrouve dans le poumon » n’est-ce pas logique lorsque les circonstances (à moins que ce ne soit le résultat) font que les poumons (au moins le sang dans les poumons) se trouvent en état de déficit en oxygène sévère.
      D’où des tentatives hyperbares suroxygénées.

      La maladie virale semble a priori bénigne, c’est le syndrome sévère (admirable terminologie pour quelque chose que l’on ne comprends pas) qui est problèmatique, mais pas du tout systématique, donc dépendant d’un terrain ? que les fumeurs modifient statistiquement.
      Trouver un test rapide et précis d’une vulnérabilité particulière à une évolution en syndrome sévère mortel serait une grande avancée à défaut de traitement.

      La mention d’une incidence vasculaire devrait faire rechercher (comme pour les fumeurs) une différence statistique dans les patients traités par des protecteurs vasculaires, qui doivent être particulièrement nombreux en France depuis les hécatombes des guerres Napoléoniennes.

      1. @ Ruiz,
        Vous écrivez : «La maladie virale semble a priori bénigne ». Ah oui ?!
        Que lisez-vous : Gala ou Télé7jours ? Vous n’avez pas entendu parler des divers syndromes très graves induits par ce virus : atteinte à l’odorat, dermatologiques… ?
        Ce n’est pas parce que vous êtes un admirateur de la créativité de Donald que je vais laisser passer de telles bêtises.

  11. Pour l’article mon impression est que pour le faire passer devant le rédacteur en chef les premières lignes parlait d’autres choses, le rédacteur en chef l’a fait passer en lisant le début seulement alors que la suite et le fond sinon ne serait pas passé.Le titre a dû être rapporté ensuite et bien parlé du sujet après acceptation.

  12. Notons que l’article signalé sur le fil des tweets de PJ illustre parfaitement le titre du billet et dans sa version dure : ce n’est pas juste « tourner autour du pot » mais introduire une quasi-infox : le conseil scientifique désapprouve => sème le trouble.
    Décidément le Monde a changé de statut : de journal de référence, il est devenu un journal de déférence.
    Normal, avec ses actionnaires, vous me direz…

    1. C’est vrai que j’en étais resté à de plus petites nuances. « épinglé » voulais dire pour moi « égratigné », des critiques mais mineures.
      C’est plutôt une allusion au papillon épinglé dans le catalogue, « crucifié ».

      Donc au fond se pose la question de la « chose publique », la res pubblica, qui en parle pour dire quoi.
      Mauvais jeu de mot sur ce que fait Macron-de cette res pubblica :
      « L’arrêt public en marche »
      (déjà fait en 2017 me dit Google, mais « l’arrêt public » prend une signification un peu différente au temps du confinement : arrêter les petites infrastructures indispensables au gens du 9-3, et faire tout pour que les « grosses boites » pleines de cadres assez loin de la ruine tournent a bon régime)

      1. @ timiota, je voudrais rebondir sur ta remarque si pertinente : opposition du 9-3 et de la Défense (implicite lieu géographique des « grosses boîtes »).
        Si on reprend le début de l’histoire, il est dit que ce Covid-19 est « une grosse grippe qui tue surtout des vieux » (s.-e. des assistés inutiles). Or tout d’un coup, juste après une sortie du président au théâtre sur les Champs-Élysées (« circulez, y a rien à craindre »), un changement complet de stratégie est opéré à 180° : on confine tout le monde et fissa ! Peut-on se demander pourquoi une exponentielle débutante implique alors ce brusque tournant ? Probablement une information évidente mais mieux transmise aux dirigeants : « faites gaffe, c’est vraiment très dangereux, vous pouvez le chopper et aussi tous nos chers anciens du CAC 40, même dans leurs hôtels particuliers » (après tout la moyenne d’âge du Club select qui dirige la France est plus près de 70 ans que de 40 ans.
        Mais zut, ils sont toujours enfermés dans leur biais cognitif (ramasser du pognon quoiqu’il en coûte) : alors bon, confiné ça va un moment (cf. Sarko et l’écologie) mais sauvons la pompe à fric, d’où les errances visibles sur le 11 mai.
        La suite risque bien d’être éprouvante (pour eux et donc pour nous) : tous ces cadres enfermés dans leurs tours à la Défense (sortis de leurs dur confinements dans leurs résidences secondaires à l’île de Ré par ex.) ne vont-ils pas prendre des virus plein le nez grâce aux climatisations comme dans un vulgaire porte-avion ou usine-bateau de croisière ? Vont-ils échapper au lot commun de ceux qui ne sont rien ?

        On pourrait aussi rebondir sur la dernière vidéo de Paul Jorion : vont-ils enfin agir en comprenant l’enjeu de survie ? Mais cela dit, qui finalement dans notre société est prêt à l’accepter dans toutes ses conséquences drastiques ? (j’avoue que savoir mes vacances d’été à l’océan, remisées aux souvenirs d’antan me crève le cœur)

        PS- j’adore tes jeux de mots : continue ! ça fait du bien de rire un peu…

      2. @Jacques Seignan Cette chronologie est la bonne mais il faudrait retourner dans le détail
        9 mars au théatre, discours le 12, élection le 16, tout ceci semble déjà loin, il semble que le maître mot était alors « inexorable » dans la bouche du président, constatant que les efforts menés jusque là : isolement, test PCR, recherche des cas contacts, avec un relatif succès et que l’on se propose semble-t-il de reprendre maintenant après 30 000 morts étaient alors devenus sans espoirs et vains faute de capacités de réaction, totalement dépassées.
        Qu’alors notre leader maximo se soit en toute discrétion accordé ou se soit vu offrir une dernière soirée au Théatre avant le grand confinement, auquel il ne pouvait se résoudre, peut-on le lui reprocher ?
        Ceci est un angle de vision, il est loisible à chacun de prendre ça pour de la psychologie à deux balles.

  13. Il me semble comme le dit l’article de la journaliste que cette maladie
    serait dégénérative même dans ses formes bénignes et que l’on ne nous
    informe pas. Je pense par contre que cette journaliste n’a pas eu
    d’autre moyen que de noyer le poisson en début d’article pour mieux le
    faire passer car en effet dire que l’on ne récupère jamais (comme le
    SIDA) est vraiment une information importante mais difficile à laisser
    publier par un rédacteur en chef sauf si celui-ci ne fait que survoler
    le début de l’article.

    Un proche qui semble t-il l’aurait eu dit bien qu’il est vivant mais que
    son impression est qu’il est et reste diminué avec une respiration
    beaucoup plus courte, du mal a digérer etc… (mais cela ne fait qu’un mois)

    Cet article va dans ce sens , si vous faites la maladie et même si tous
    vos organes ont globalement tenus, ils sont tous diminués.

  14. @ jacques Seignan OK c’est lent mais je ne suis pas la Reine de Coeur !
    Cher Monsieur, fidèle du blog, Merci du retour, il tombe bien car notre anthropologue préféré s’est replongé dans « Comment la réalité et la vérité furent inventées ». J’ai donc ressorti le mien ainsi que « La transmission des savoirs » qui traite de « l’objectivisme » dans les cultures marines. J’ai conscience qu’on ne dit pas la même chose dans toutes les langues mais, en temps utile, je serai heureux de montrer « l’universalisme » de l’approche bioélectrique en biologie et l’utiliser pour analyser les succès et les échecs expérimentaux et professionnels en cultures marines. C’est là que j’ai « vu vivre » ce concept né il y a plus d’un siècle.
    J’en profite pour placer une interrogation que je traine depuis longtemps. Il m’a été rapporté que Malinowski – que je n’ai pas lu – considérait que pour qu’un « phénomène existe » il fallait l’avoir vu ou vécu au moins 3 fois. La première on ne le percevait pas, la deuxième on avait un vague sentiment de « déjà vu » et la troisième fois on peut s’interroger sur l’origine du phénomène, creuser les fondamentaux disponibles, les interroger et même les remettre en question. C’est sans doute ce que dit de l’adage : « Il n’y a rien dans notre entendement qui n’y soit rentré auparavant par les sens » (selon Parménide cité par Popper que je pratique = faire une hypothèse de travail puis en vérifier la solidité, c’est à dire tenter de la démolir au quotidien). On peut aussi passer à côté d’un phénomène pendant des siècles sans se remettre en question, d’autant plus qu’on manque d’instruments de mesure. Galilée était d’abord un polisseur de lentilles ! Des instruments et des voies de recherche innovants se sont multi-pliés au cours des dernières décennies et les résultats donnent le tournis quand il s’agit de construire une cohérence de résultats si disparates ; surtout à une époque où ce virus va vite et où la symptomatologie s’enrichit au quotidien, On y reviendra.
    Votre réponse rapide me permet de douter que vous ayez eu le temps d’apprécier les résultats de Michael Levin qui en 20 ans a construit une école scientifique de très haut niveau à travers des centaines de publications et des milliers de citations : les meilleures démonstrations scientifiques sont peu de chose sans pouvoir les rattacher à du solide ? Ce chercheur, ingénieur en informatique apporte une vision et des techniques innovantes tout en se basant sur les résultats de ses prédécesseurs (cf. en France, en médecine Henri Laborit). Parmi les étapes qui construisent l’approche biologique et médicale de la bioélectricité il y a le rôle structurant des radicaux libres et celui de leurs régulateurs (SOD en 1968,…) qui propose le concept d’homéostasie cellulaire redox autour de l’an 2000 . Le concept est d’application délicate tant la cellule est un écosystème hétérogène mais c’est une hypothèse essentielle pour progresser.
    Pour ce qui est de revenir à l’eau, je conseille l’ouvrage de Pascale Mentré « L’eau dans la cellule (1995) » – disponible en téléchargement sur un site du CNRS – dont le sous-titre est « Une interface hétérogène et dynamique des macromolécules ». Oui l’eau est hétérogène ; ce n’est plus seulement H2O mais c’est un dipôle électrique qui structure et régule le vivant. La physiologie, la pathologie et les thérapeutiques médicales tardent à prendre cette « réalité ou vérité » (?) pour mieux diagnostiquer et soigner. J’ai eu la chance de le percevoir, l’observer – plus de 3 fois sous différents angles ! – puis de le mesurer en écologie aquatique où c’est plus facile à vivre.
    Mme Frachon n’a pas « découvert » les aspects toxiques du Médiator par statistiques. C’est en rapprochant des lésions d’une fréquence anormales sur des patients recevant cette molécule dont elle connaissait le risque de toxicité et qui avait été interdit dans différents pays. Combien de morts fallait-il enregistrer pour « démontrer ou convaincre » sans ces informations ? Comment faire des statistiques sans ces connaissances ? Comment les faire rentrer en équations ?
    Evoquer Jacques Benveniste est piégeux ; c’est même de la provocation ! Mais comme je viens d’une famille d’homéopathes, je suis plus sensible à son travail que d’autres. Mais si vous traitez toute ma famille d’escrocs… je monte sur la table ! Pour vous répondre, deux détails. Il n’y a pas d’expériences qui n’aient été plus souvent répliquées en labo, des milliers de fois, tant les observations semblaient hors du commun à ses auteurs. C’est ainsi que sous atmosphère d’azote ça ne marche pas, ni en chauffant légèrement les solutions. Par ail-leurs, l’article souvent utilisé pour le discréditer est sa publication dans Nature (1988). Les tests n’y sont pas réalisés avec de l’eau mais une solution nutritive cellulaire particulièrement complexe. Mais je faisais allusion à la série de tests qui constatent que du sérum physiologique « banal et officiel » pouvait induire expérimentalement des mortalités inexpliquées par choc cardiaque (Cf. Ma vérité sur la mémoire de l’eau, chap.7 : Le sérum contaminé). Une enquête rapide lui suggère que c’est une situation connue en chirurgie et que ça vaudrait la peine d’en préciser l’origine. Il fait l’hypothèse d’une contamination magnétique. Il se trouve qu’au cours de ces 5 dernières années Husson O., Henry M. et coll. (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26772129 ) ont suivi le redox de centaines d’échantillons de sol. Au cours des mesures en laboratoire, ils se sont aperçus que le fonctionnement d’une photocopieuse dans la pièce voisine produisait une nuage électromagnétique qui perturbait les enregistrements. Ils constatent ainsi que le suivi du redox d’une solution en laboratoire ou sur le terrain est plus compliqué que jamais imaginé malgré du matériel plus fiable qu’autrefois. Benveniste avait vu juste et vécu une situation similaire à l’insu de son plein gré. Cela suffit à expliquer le peu de foi accordé à ce paramètres et à son suivi par le passé. Pour plus d’informations je vous renvoie à ces chercheurs qui sont aussi des experts en statistiques.
    Retour à la case départ : peut-on passer de la croyance à la connaissance sans expérience de terrain ? J’en doute car sans le terrain, ni le vécu, il est difficile d’imaginer les limites de la validité des théories les plus belles. Je vous invite à vous familiariser avec cette notion de biologie bioélectrique car c’est elle qui permet de construire une cohérence avec les symptômes disparates de beaucoup de pathologie. On y reviendra donc.
    PS. Le site d’Etienne Klein s’ouvre sur : « Il me plaît de penser que la physique est une sorte d’alpinisme intellectuel consistant à grimper jusqu’à des hauteurs himalayennes où le logos est rare et la vérité mutique ». Pour moi, c’est une excursion d’escalade sur une piste nouvelle donc peu sécurisée et où il faut parfois passer d’une plateforme à la suivante sans mousqueton de sécurité, vers des espaces mal connus mais riches de solutions innovantes aux pathologies d’en bas !
    PPS. J. Benveniste alors conseiller scientifique de Chevènement (1981/2) a remercié sèche-ment Mirko Beljanski et Jean Solomides, chercheurs de l’Institut Pasteur riches de dizaines de publications respectables à comité de lecture mais auteurs d’hypothèses et de résultats trop originaux sur certains cancers qui ne respectaient ni la pensée médicale officielle, ni les protocoles de l’Ordre. Il les a prévenus que « Hors du système vous n’aurez que l’exil ou le privé » ; il ne s’était pas trompé !

    1. @ Jean François Le Bitoux,
      Pas de problème: je ne suis pas pressé.
      J’ai bien apprécié vos billets sur ce blog concernant par ex. le problèmes des huitres et je ne doute pas de compétences et connaissances. Cela dit je suis un peu étonné de vos si longues réponses où tout se succède sans finalement répondre à mes naïves interrogations. Je ne vois pas ce que vient faire dans votre démonstration Irène Frachon, entre autre.

      J’abandonne donc : je suis vaincu ! Pas convaincu.

      PS – petite inexactitude : « Galilée n’était pas d’abord un polisseur de lentilles ». Il a effectivement poli des lentilles quand il a eu besoin de perfectionner sa lunette. Spinoza, lui, gagnait sa vie avec ce métier de polisseur.

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