Le gendre idéal – du moins pour quelqu’un comme moi ! (François Ruffin)

Je ne sais plus exactement comment le dialogue s’est établi entre François Ruffin et moi. Je crois me souvenir qu’il m’avait demandé mon adresse postale pour m’envoyer des petits fascicules qu’il rédigeait sur une variété de sujets. Et c’est à la même époque que Grégory Maklès a voulu faire de lui un personnage dans La survie de l’espèce (Futuropolis 2012) que nous concoctions ensemble : le personnage d’un insolent qui pose les questions que ne posent pas les gens bien élevés (au sens de ne pas moufter quand cela risque de vous causer des ennuis), or vous savez que j’aime bien les insolents (une stratégie de survie dans mon cas).

François m’invitait dans sa cuisine le 24 mars et c’est très volontiers que je l’ai aidé à ranger un peu. Avant-hier, c’est moi qui l’ai invité chez moi, mais pas dans ma cuisine (un intellectuel respecté n’est pas censé se mettre en scène devant un tel b***l).

François est une personnalité qui monte. Voyez vous-même sur ce sondage Ipsos. Je l’ai situé par rapport à Emmanuel Macron.

En jaune : Emmanuel Macron ; en vert, François Ruffin

Si vous voulez le situer par rapport à d’autres personnalités, n’hésitez pas à le faire : l’outil le permet (je ne suis là pour provoquer la bagarre). Je ferai quand même à ce propos, la remarque que j’ai faite hier, à quelqu’un qui me reprochait d’avoir voulu torpiller en 2017 un certain parti :

Nous échangeons, Ruffin et moi depuis 2011, 6 ans avant que LFI ne se rallie à sa candidature dans la Somme.

Wikipédia : « Lors des élections législatives de 2017, il est élu député dans la première circonscription de la Somme, sous la bannière « Picardie debout », avec le soutien de plusieurs partis de gauche radicale, dont La France insoumise et le Parti communiste français. »

C’est de personnes comme lui que nous avons urgemment besoin à la direction des affaires : ni le délire mégalomane de certains, ni la suffisance propulsée à l’arrogance de classe comme carburant de certains autres, ne sont à la hauteur des défis qu’il nous faut relever aujourd’hui. Ce qu’il nous faut, c’est des gendres idéaux – du moins pour quelqu’un comme moi ! – le coeur sur la main et les pieds sur terre.

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42 réflexions sur « Le gendre idéal – du moins pour quelqu’un comme moi ! (François Ruffin) »

  1. Vos filles sont d’accord ?

    Et puis il y a tellement de divorces et séparations qu’il est peut être imprudent de trop apprécier son gendre .

      1. J’apprécie souvent vos interventions et ai Ruffin en grande estime. Toutefois cet acharnement à se détourner de la FI continue d’être désespérante et participe à l’affaiblissement des forces progressistes ! Ignorer pareillement le programme « l’avenir en commun » est une insulte à tous ceux qui demandent d’arrêter les querelles d’ego virils et une perte inestimable, un ratage par pur orgueil aussi coupable qu’imbécile d’avoir empêché qu’une proposition d’une 6e république et constituante arrive au pouvoir !!!!

      2. Comprend pas …ce reproche bizarre et pas clair.« Se détourner de la FI « ?
        https://francoisruffin.fr/

        PS : l’actualité permet de méditer les méfaits du racisme , et si l’on en recherche les causes , on trouve le refus de la différence et … l’esprit de clan.

      3. Jorion n’a rien empêché du tout, il n’aurait pas mobilisé les 700 000 voix manquantes. Le problème du système français c’est qu’il n’y a qu’un mégalomane qui puisse se taper une campagne présidentielle et mobiliser les près de 10 millions d’électeurs nécessaires a se faire une place au second tour (Brel disait que certes on ne met pas une salle debout avec du métier mais on les sort de chez eux avec du métier). Même si Méluche trépasse (vu que c’est plus ou moins la seule option qu’il propose en alternative a sa candidature prouvant ainsi que Jorion n’a pas forcément tort) Ruffin ne sera pas suffisamment mégalo pour l’emporter ou alors il cache bien son jeu. Déjà il lui faudrait être capable de terrasser la concurrence de son bord, rien que ce faisant on aurait plus le même Ruffin à la sortie. Jorion n’est ni coupable ni imbécile il n’est tout simplement pas un politicien (rien qu’a voir comment il s’est fait manger tout cru chez Glucksmann ou c’était concours de bisounours…). Ses idées sont excellentes, l’avenir en commun c’est quasiment du copier coller de ce qui s’est dit sur ce blog des années avant, mais il me semble qu’il n’est pas prêt à assumer ce que leur mise en place suppose de « métier » politique. Mélenchon l’a encore dit hier : croyez pas que ça m’enchante d’y aller ça va être un égout. Mensonge, il va s’y éclater comme un vétéran à son dernier combat car c’est son truc, mais il a raison sur le fait que ça va être un égout, il sait de quoi il parle. Mélenchon fait de la politique pour la politique, il se choisit un programme altruiste et bien pensé parce qu’il a une haute opinion de lui même et qu’il est loin d’être bête mais au fond c’est la joute qui compte, pas la princesse . C’est ce que Jorion ne peut pas se résoudre à cautionner je pense. Plus qu’un problème d’égo (quoique…) pour Jorion la fin ne justifie pas tous les moyens. Trop Belge ou pas assez Flamengant 🙂 (fallait pas encenser l’insolence) pour vraiment être de ceux là : https://www.youtube.com/watch?v=3p2dQ8CIJ38 gardez vos cartouches 😉

      4. C’est vrai, j’avoue : pour moi, ce qui comptera toujours, c’est la princesse ! (je n’arriverai jamais à rien de bon – sauf à causer à la princesse LoL).

  2. Tu as raison : c’est le gendre idéal. Et je regrette aujourd’hui que ce singe de M***n [PJ : censuré] m’ait éloigné de lui si longtemps. Merci donc d’avoir remis les pendules à l’heure,
    P

  3. Oui, il y a chez François Ruffin un côté Robin des Bois, une intolérance à l’injustice née loin du politique. C’est ce qui alimente et nourrit sa sincérité. Mais cette particularité ne fait pas tout. Il a de plus la passion des gens, cette attention rare qui fait des hommes ou des femmes de vrai(e)s « politiques ». Il montre qu’il est tout autant sur le terrain que dans la réflexion, reste à poursuivre pour enrichir les deux volets de sa personnalité pour qu’elle soit convaincante, achoppe l’électeur et s’impose comme une heureuse évidence.

  4. Je vous reconnais bien là,
    tout le temps à vouloir marier tout le monde, incroyable !

    Laissez-nous vivre nom de Dieu.
    : D

  5. Il dit la vérité, qu’il fasse attention de ne pas être exécuté … (chanson de Guy Béart) Car il s’attaque à des prédateurs qui ne reculeront devant rien plus les choses tourneront à la catastrophe… Enfin cela fait plaisir de savoir qu’à Amiens ne pousse pas que d’ambitieux bourgeois amoureux de leur mère…

  6. Le temps des reproches est passé, tout au plus reste t il un peu d’amertume ou plutôt un sentiment de gâchis au vu du temps perdu. D’ailleurs en temps et heure je vous avais interpelé plutôt sur le ton de l’interrogation/incompréhension que sur celui des reproches et vous m’aviez répondu de manière on ne peu plus concise : JLM pas étanche pour résumer à gros traits, la suite ne vous à pas forcément donné tort (bien qu’il soit fort possible qu’a la suite du second tour je me sois un peu laissé aller à la mauvaise humeur/foi, quand on est contraint d’aller voter Macron au second tour j’ose espérer que vous y trouverez quelque circonstances atténuantes). Mon propos se voulait surtout de mettre en avant l’idée de Ruffin de la petite victoire sociale qui réveille les « a quoi bon » face auxquels je me trouve chaque jour un peu plus à court d’arguments… 5 ans de baroin auront raison de moi a coup sur et ne comptez pas sur moi pour voter contre lepen ce coup là, le bilan carbone de mon vote ne me le permet pas (100km en voiture à chaque tour). Je ne suis même pas sur de me déplacer au premier. Une petite victoire de Ruffin sur le statut des femmes de ménages ou sur les métier du « care », comme il dit, me remotiverait peut être un peu plus qu’une excellente idée de Bancor qui a passé bientôt un siècle dans les cartons et qui n’en sortira je crains que sur un champs de ruine après que la guerre économique en soit venu aux mains une fois de plus.

    Nota : quand j’ai voté LFI au premier tour j’ai vraiment flippé que les choses changent car je suis loin d’être parmi les plus défavorisé et leur histoire d’impôts sur la nationalité vu ma condition d’expat. pouvait bien me faire le regretter amèrement. Un peu comme si j’avais joué a la roulette russe en pointant mon pied 🙂 et puis rien du tout 🙁 Au second tourpar contre je me suis pas raté par contre, forcément au juxtaposé c’est moins évident la roulette russe 🙂 . Mais trêve de plaisanterie cette sensation que mon vote pouvait vraiment changer quelque-chose au premier tour je l’aurais au moins connue…

    1. Je te comprends Dup, je ressens un peu cette histoire de 2017 comme toi, avec un brin d’amertume, tout ce temps perdu. Cette sensation que les choses peuvent bouger grâce à un bout de papier de 105 mm par 148 mm fait de nous des couillons. Mais en revanche, je n’ai pas voté au second tour, non, et je referai pareil, car c’est juste déplacer le problème ou le décaler. Sinon je vote contre ma classe depuis 2002, avant j’étais encore plus idiot qu’aujourd’hui je votais à droite, un relent éducatif sur le mérite, le travail, la volonté, merde, t’y crois toi, puis un matin je me suis réveillé, et depuis plus possible de glisser un bulletin qui ne soit pas ouvertement sociale, humaniste, écologiste, voir de plus en plus décroissant me concernant.

      Mais je suis un hyper privilégié, ultra à l’abris, tout en évitant de tomber dans ce que F. Bégaudeau appelle les bourgeois de gauche… cependant je fais le grand écart, et les sollicitations et tentations de classe sont très nombreuses.

      1. Moi c’est un peu le contraire, j’ai toujours été de gauche mais je suis tombé par hasard (j’ai jamais postulé) sur ce que le libéralisme fait de mieux : un patron de PME monté sur le style start up qui m’a enrolé dans un projet que non seulement ils ont financé mais en plus m’ont laissé 90% de carte blanche pour le monter, ça leur a réussi et a moi aussi du coup. J’ai eu l’opportunité de créer ou plutôt de résuciter un pinard célèbre au XIXème… pas évident dans le pif de ne pas tout à fait être Le suivant 😉 Bref ils m’ont torpillé l’angle alpha comme dirait Lordon. Et le jour ou mon paternel a choppé son cancer fulgurant j’ai pris deux mois pour être auprès de lui et surtout de ma mère, en pleine vendanges, je leur ai pas laissé vraiment le choix faut dire, mais j’ai été payé rubis l’ongle et même augmenté ! le boss s’est même déplacé et s’est tapé une journée de voiture pour être à la sépulture. Du coup très difficile de dire du mal du libéralisme et de l’esprit start up nation pour ce qui est de mon expérience personnelle… Il y a aussi des patrons réglos. Les valeurs que tu cite je les ai découvertes sur le tas, je confirme qu’elles existent, il y a aussi une droite respectable (et on se demande ou elle est en ce moment), celles de mon enfances étaient plus paysannes : Travail pour le travail, abnegation, conformisme pas de vague, apreté à la tâche, le Brassens de mon pater c’était « Pauvre Martin », ado moi j’ai choisi « Heureux qui comme Ulysse » et j’aimerais bien retrouver un jour, au pays des vertes années, le haut de ma colline pour un Dernier Repas, sans qu’ils soit en zone irradié.. 😉 Je pense que le problème c’est surtout quand on atteint le stade de personne morale, conseil d’administration et cie ou la naissent vraiment des monstres qui n’ont plus qu’un cerveau et plus aucunes trippes.
        Sur ce faut que j’aille bosser sic ! j’ai invité mes 2 ouvriers saisonniers au resto pour féter le déconfinement vendredi midi et ça s’est fini a minuit 🙂 j’ai du taff en retard, je décide aussi de mes horaires, il est peut être là le piège ;)…

      2. Dup,

        Tu n’es pas dupe, à part les ultra orthodoxe du bulbe d’un côté comme de l’autre, la réalité est bien plus grise qu’on ne le pense généralement. Des cons, des malins, des gentils, des salauds, y en a partout. Des monstres et des saints aussi, pour rebondir, chting chting, sur une sortie de route de DMB je ne sais plus où.

        Bégaudeau, pour reprendre encore derrière lui, le dit bien, y compris de lui même, on est fait de conflits et d’antagonismes pour la plus part. Je vote contre ma classe, mais purée c’est une évidence que les attributs de cette classe sont les conditions d’une vie matérielle plutôt douce et agréable. C’est aussi l’accès en permanence à un réservoir de richesses de toutes sortes, qui s’attirent les unes les autres comme un aimant. Plus tu as, plus tu reçois. Au bout d’un temps et d’un niveau tu n’as même plus besoin de forcer vraiment, ça tombe tout cuit, c’est pas évident de résister à l’avalanche de pognon qui s’ouvre sous tes skis. L’accumulation du patrimoine ne s’arrête plus passé un stade, c’est quasi magique. Si t’es pas trop bille, tu arrives très vite au niveau classe affaire, avec grosses villas, grosses cylindrées, grosses vacances, gros compte en banque, gros patrimoine, et si t’es malin, holding et cie, faible imposition. Voir même le fisc te paye ton patrimoine, jusqu’à 18 % du l’investissement avec le dernier Pinel, et les anciens dispositif allaient jusqu’à 40% …On peut aussi tout perdre, j’en ai vu, mais y a toujours des joueurs au casino de la vie. Mais de mon expérience, rarement vu que cela arrivait en restant assis sur une chaise au départ, d’entrer dans ce processus d’accumulation, sauf antériorité familiale notable, et gagner ne veut pas dire enfoncer les autres de manière consciente et volontaire bien entendu. Mais car il y a un mais.

        Tu as capté que je baigne dans un milieu libéral, de foutus winner, et les dégâts je les vois, leurs inconsciences aussi, certainement la mienne, ce système est dingue et rend dingue, le matériel rend ou peut rendre méchant, l’attachement aux biens fait très souvent perdre l’attachement aux personnes, le gaspillage est roi, on s’achète bonne conscience en Tesla, en pompe à chaleur, en sur isolation, mais c’est de la rigolade, on chauffe la piscine, on prends l’avion, on vit dans 300 m2, on a pleins d’écrans, on se fait livrer tous les jours par amazon, tout et n’importe quoi, bref, on crame le monde. Ils me disent que c’est la liberté, que c’est le mérite, que c’est le fruit du travail, le fruit du risque, du courage, de la volonté, de leur intelligence, de leur sens du commerce, de leur capacité de mener des hommes, d’être visionnaire, oui, oui, mais non. C’est juste une putain de chance, comme de naître fort, doué, en bonne santé, ça ne devrait donner aucun droit sur les autres et encore moins de penser que c’est sa liberté et que la limité c’est être coco ou facho. Tu remarqueras, que si ils ont conscience du réchauffement climatique ou des injustices sociales, de leurs aggravation, ils ont au fond du mal à l’accepter et à s’en persuader vraiment, que tout cela vient … d’eux.

        Ils ne sont pas plus méchants et plus vilains que les autres, parfois ils sont même très élégants, cultivés et très agréables, soucieux des autres, mais ils sont un vrai poids mort à la vérité. Bien peur d’en être en fait…

      3. On en est plus ou moins tous et ceux qui n’en sont pas au fond aspirent tous à en être. Ce que je crains c’est la prochaine étape, celle ou sans le moindre scrupule vu que ce sera pour « sauver la planète » on va se mettre à exterminer ceux qui n’en sont pas… Si dans 30 ans comme il est maintenant fort possible l’habitat de 2 a 5 milliards de personnes devient impropre à la vie humaine ça ne fera ni une ni deux, on nous y prépare doucement à coup de walking dead… Ce qui me terrorise c’est plus que l’espèce survive ainsi plutôt qu’elle ne disparaisse…

      4. Pour finir, tu parles de resto, et je le fais souvent ça, finir à point d’heure aussi, mais depuis que j’ai lu l’expérience vécu du ressenti de 2Casa, j’ai un problème avec ce petit moment de convivialité. L’argent n’achète pas la vraie richesse qui est le temps, quoique à certain niveau, si, tu peux, mais il t’achète le luxe d’être servi comme un enfant gâté même en étant adulte.

      5. En espagne minuit c’est loin d’être à point d’heure 😉 je ne sais a quel propos de 2Casa tu fais référence mais niveau service on était presque en famille : avec la Loli on se connait depuis plus de 20 ans et on a fini plus d’une fois la bringue dans plus d’un bar, à rideau fermé entre quelques habitués, jusqu’à vraiment pas d’heure à l’époque de la ruée vers l’or de la construction ou il y avait du boulot pour tout le monde et ou 39 nationalités différentes qui se cotoyaient sans problèmes au village (je passais pour un fou à l’époque à faire du pinard au lieu de monter des maisons). 😉

  7. Ruffin, ouais, plutôt sympa, mais lui aussi il monte vite dans les tours et on lui prête un récent propos de curé (= contresens sur l’humaine condition) à savoir « une économie des besoins » plutôt qu’une « économie des désirs ». L’antidote est shakespearienne : « Ah! Ne discutez pas le besoin. Le dernier des mendiants a toujours une bricole de superflu! Réduisez la nature aux besoins de nature et l’Homme est une bête : sa vie ne vaut pas plus. Comprends-tu qu’il nous faut un rien de trop pour être? »

    Nb : comme règle de lecture et de pensée : chaque fois que cela moralise ou rationalise a priori (les besoins, ça pue le curé, ça shlingue le tyran ou le surmoi -t’en as pas besoin!), fuyez comme la peste. Tout le projet de l’éthique (par ex) tient dans une formule de Nietzsche : « faire une guerre intelligente aux passions ». Bref notre condition de vivant, donc d’être de désisr et d’affects etc etc, sera toujours à négocier. « Toujours » ça veut dire : « éternellement pas de grand soir ou de fins des temps » donc en permance équilibrer affect et désirs, éternellement dissiper le bruit de la communication, éternellement réactiver les rites et protocoles de conjuration de la violence etc etc. Rien de nouveau sous le soleil : lutter contre l’hubris, cad au niveau de la modernité : toutes les formes (mythologiques, illusoires, enfinatines…) de l’autofondation. L’être rationnel est précédé (et pas par un dieu, l’être ou la vien suffisent), ou c’est d’abord comme zoôn qu’il est logôn. Sur cette base composez ce qu’il vous plaira.

    1. Citons Ruffin in extenso à ce propos :

      Et donc, si demain on est capable de socialiser les conseils d’administration, de relocaliser en partie ce qu’on estime les biens les plus nécessaires, qu’on met en place, l’économie des besoins… Tu vois la différence ? (Je vous pique pas mal de trucs. J’espère que j’aurai pas de droits à payer là-dessus !) mais oui : séparation de l’économie des besoins de l’économie des désirs. C’est une idée qui est essentielle, donc là, ça se conjugue par exemple avec la sécurité sociale de l’alimentation.

      Il s’agit en effet de l’un des points-clés de « Comment sauver le genre humain » de Jorion & Burnand-Galpin (repris à Robespierre comme signalé dans le texte). La « sécurité sociale de l’alimentation » est un autre point-clé du livre. Mais je ne t’apprends rien, tu étais au courant, et c’est ça que tu essaies de prouver :

      Ruffin = Jorion & Burnand-Galpin = Robespierre = « ça pue le curé, ça shlingue le tyran ou le surmoi »

      Bravo ! (La prochaine fois, sois encore un peu plus excité : il y en aura toujours bien l’un ou l’autre qui prendra ça pour de la conviction).

      1. Oulala, mais j’étais calme moi : « économie des besoins » = non sens eu égard à ce que nous sommes : des êtres de désirs, pas de besoins. C’est un débat de fond, dont les conséquences sont politiques, pas un brûlot! C’est amusant (et significatif pour un analysant) que vous vous soyez senti visé par le « curé ». Mais il n’y avait vramiment pas de cible. Juste un problème de fond : faut négocier nos désirs, pas nos besoins, encore moins nos « besoins de base ». Toujours Shakespeare, juste avant : « Gonerille. – Écoutez-moi, mon seigneur : qu’avez-vous besoin de vingt-cinq personnes, de dix, de cinq, pour vous suivre dans une maison où deux fois autant ont ordre de vous servir ?
        Régane. – Qu’avez-vous même besoin d’une seule ?

        Bref rien cad nihil, nihilisme comme d’hab qui est l’horizon de tous les primats de la rationalité. A ce niveau : qui réfléchit et qui s’excite?

        On peut aussi dire si on veut (et on y peut pas grand chose) : le donné sera (pour nous) toujours transcendé, c’est le propre de la conscience, notre être-là. Si vous souhaitez rompre avec cela, eh bien bon courage, j’attends vos réflexions avec une grande et impavide impatience.

    2. @Jicé ( tout?)

      J’avais l’intention de lire désormais ce blog sans pour autant réagir .
      Parce que l’immédiateté ne laisse pas toujours le temps de la réflexion en profondeur , tout comme le rythme de nos vies contemporaines . Et bien tant pis.
      Il y a peu , un bel article évoquait le drame du racisme qui pourrit la vie des noirs. Ça serait utile d’aller un peu plus loin dans la démarche , de comprendre que le racisme a pour base le mépris de la différence de l’autre , quelqu’elle soit.

      L’expression «  ça pue le curé «  est une marque de racisme qui exprime quoi au fond ?«  Je leur suis tellement supérieur , mes propos sentent si bon … ».
      Le contraste de l’insulte avec le vocabulaire et les références littéraires d’universitaire surdiplômé pour exprimer la simplicité de l’être …hum, que dire …
      « Comprends-tu qu’il nous faut un rien de trop pour être? «  Manifestement , Shakespeare n’a jamais eut faim , naissance en milieu aisé probablement.
      « D’abord manger , après penser «  vous aurait dit Cromagnon , un de vos ancêtres à qui vous devez la chance d’être sur terre aujourd’hui,
      A moins que du fond d’une luxueuse caverne , il est pour assouvir la suprématie de ses désirs , songer à inventer l’écriture afin de pouvoir tager son essentiel : «  d’abord boire! ».

      Quand à Ruffin , ne déformez pas son souci des pauvres comme le ferait le pire des gosse de riche.
      Ceci dit , c’est une bonne idée que de rappeler que le désir n’est pas inutile à la qualité de vie : la prochaine fois que vous croisez un SDF et qu’il vous dit qu’il a faim , tentez l’expérience , offrez lui une bouteille de champagne .Il sera content , ou pas.

      1. Désolé Bernard mais nous n’avons aucun langage commun. Vous avez l’air sympa et sincère, mais vous êtes totalement à côté de (ma) la plaque.

      2. @jicé ( tout un programme que l’action pour qui ne veut pas en rester qu’aux paroles)

        «  Aucun «  vous dites ?
        Mais si , nous avons un langage commun , même si je ne comprend pas effectivement toutes les subtilités de votre patois universitaire .J‘ai très bien compris quand vous avez écrit «  ça pue , ça shlingue », même si les curés ne sont pas tous mes potes.
        Ceci dit , j’aime beaucoup la prise de recul face aux agitations du monde , le calme des philosophes.Vous avez l’air sympa aussi . Bien qu’un peu raciste à votre façon , « raciste «  au sens qu’il faut bien marquer la différence de l’autre , raciste au sens « guidé avant tout par son esprit de clan « ( le clan des sachants éduqués).
        Pour les plaques , vous avez sûrement raison. Avec son côté de mise en tension , la tectonique fait un peu peur , même si c’est elle qui construit le monde de demain.Qu’on le veuille ou non , ou con ( je parle de moi ) le veuille ou non.

      1. Pas mal vu , mais là il n’y a pas vraiment « négociation  » . Dans les cas réussis ( pas simple ) c’est plutôt une connivence assez étrange que l’on garde comme un mystère partagé .

        Mais si je parle de mystère , je sens qu’on va encore s’égarer .

        Je maintiens donc ma question pour des cas plus triviaux .

      2. @ juannessy
        Ha purée de purée de purée …le langage des sachants !( j’ai faillit écrire «  l’hermétisme » , comme quoi ça déteint , comme quand on vit dans le midi , suffit de s’immerger ) .
        Quel sens à « trivial «  ?
        https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/trivial/

        PS : sachant que je n’ai pas réponse à tout ( contrairement à vous , houps , pardon c’est parti tout seul ) , certaines obscurités relevant du mystère ou des ténèbres, impénétrables.

        Méditant ces conversations ( c’est bon , je commence à décrocher de l’obligation de réaction instantanée , la «  réactivité «  qui disent en entreprise ) , je me dis que les grands intellectuels , s’ils veulent être compris par d’autres que leurs pairs , ne devraient pas hésiter à utiliser la technique de l’exemple concret .

        «  A quoi bon être compris? Juste impossible vous dis je , un problème de plaque ! »
        Si c’est le cas , à quoi bon seulement exprimer des idées de gouvernance afin qu’elles soient appliquées , puisqu’en démocratie , en théorie , c’est le peuple qui donne le pouvoir à travers ses votes , et le peuple dans sa majorité n’est pas constitué de surdoués. Faut lui expliquer au peuple , et en terme choisis, siouplé.
        Et si , pour finir , le but ultime n’était pas le partage des richesses intellectuelles , l’accès à la compréhension des choses de ce monde par tout un chacun , mais de ne convaincre que ceux qui ont déjà le pouvoir, ou qui pourrait le prendre?
        Rester pépère dans son clan , entre gens qui se comprennent , tranquille sur sa plaque. Le problème , c’est ce finit par engendrer la consanguinité des idées.

      3. Trivial , je savais ce que ça voulait dire en CM 2 . Décidément le niveau a baissé !

        Tout ça est bien beau , mais maintenant que vous avez compris trivial , quelle réponse à la question  » comment négocie-t-on les désirs ?  » , que je ne sais pas faire plus simple ?

      4. @ juannessy
        Donc, il faudrait comprendre « trivial «  pour la réponse à : « quel sens donnez vous à trivial ?« .
        Bon…
        Vous aviez pourtant le choix entre 4 options .Quel niveau scolaire faut il pour découvrir qu’après le chiffre un , il existe le 2, le 3 , le 4?
        Bon …
        Tant que la question n’est pas comprise , y a pas urgence pour la réponse , pas le feu au lac .

        Je me marre , vous avez bien compris j’espère . Quelque chose me dit que Vous avancez avec vos gros sabots du monsieur sur de son savoir . Poser des questions dont vous êtes certain de connaître la réponse ,dont vous êtes certain que l’interlocuteur ne connaît pas la réponse , est ce vraiment si intéressant ?
        L’intérêt de discuter avec vous cependant , c’est de mettre en lumière que ,bien souvent , il n’y a pas qu’une vérité .

        Vous ne savez pas comment faire plus simple pour poser votre question : «  comment négocie t’on les désirs « . Sérieux?
        A cette question , vous écrivez votre réponse et vous mettez un point d’interrogation à la fin.

      5. Si ma question simple est trop nébuleuse pour vous , faîtes comme tout le monde ,et Jicé en particulier auquel elle était destinée : ignorez la .

        C’est simple, banal , trivial , sans problème .

      6. @ juannessy
        Si vous aviez lu ma réponse , sans cherchez autre chose que celle que vous attendiez pour avoir le plaisir de répondre «  hé ben non , c’est pas ça «  , vous auriez compris déjà le fond de ma pensée ( méfiez vous , même si le niveau est bas, le fond est profond ) :
        à priori , les désirs ne se négocient pas.

        Mais la philosophie et ses mots ( maux ?) …c’est tellement compliquée, une fois la réponse trouvée , on comprend même plus la question.
        Je préfère définitivement les exemples pratiques .

        Ce matin , je suis allez à Annecy avé mon vieux 4×4 , je me suis dit que ça ferait grincer quelques locaux, en même temps que ma bagnole.
        Et j’suis allez faire réparer un vieil ordi ( économie des besoins) .Comme le réparateur était sympa et qu’il m’a rien fait payer( économie de la gratuité) , chui aller à la Fnac acheter le dernier de Ruffin «  leur folie , nos vies »( économie des besoins).
        Pendant que j’y étais , je me suis payé le jeu des pinçon -charlot ( économie des désirs) parce que j‘en avais besoin.
        En sortant , j’ai repéré une anomalie . C’est comme ça , que voulez vous , dans un champ de trèfle , mon regard détecte sans le vouloir Le trèfle à quatre feuille qui traine par là.
        Il y a à annecy , ville de bourges mais pas que , de plus en plus de SDF. Mais celui que j’ai repéré , il savait pas faire la manche ( économie des besoins).Il foirait pathétiquement toutes ses demandes , rien , mais alors vraiment rien d’un pro.Les pros , je les aime bien , j’en connaissais plein à Genève . Des mecs super démerde qui n’aime pas le boulo ou que le boulo n’aime pas , on saura jamais .Mais celui là , il devait juste être tombé de son nid .La quarante- cinquantaine , on sait pas trop , on vieillit très vite dans la rue.
        J’m’entend lui dire «  vous cherchez quelque chose? « 
        Lui avec fatalité : «  ouais , un billet pour manger « ( économie des besoins ,économie des désirs?).Regard de Mr tout le monde , propre sur lui.
        Ma gueule : «  dix euros , ça va aller ? ( économie des désirs, économie des réalités ?)
        Lui : «  oui , oui , c’est bon . Merci « . Avec son sourire , Il m’a donné de son nécessaire ( économie du partage) , je lui ai donné de mon superflu ( économie tout court) .
        Évidement , il n’ a pas compris que je pouvais lui donner plus .Il avait juste faim ( économie des besoins cruciaux ).Il avait pas envie de traîner ( économie des envies cruciales ) pour acheter son minimum ( économie de survie ).

        Je me suis dit que dans un monde où la pauvreté explose , être riche , même d’un peu , devenait une violence.
        J’avais enfin pigé pourquoi certains brûlent des bagnoles en banlieue.

        Je vous embrasse . J’ai un bouquin à lire .

      7. Pour Bernard : Quand j’avais 20 ans dans les années 90 et que je me suis retrouvé à au volant à Athènes a 8h du matin avec mes deux ans de permis pour tout bagage j’ai remis en cause mon désir de passer au feu vert et de m’arrêter au rouge. La structure qui m’avait apprise à conduire me l’avait incrusté au plus profond de mon être, j’étais persuadé de vouloir par moi même, de désirer, passer au vert jusqu’à ce que je découvre qu’une lumière verte ne protège pas d’une tonne d’acier lancée a 80km/h… Je venais d’être affecté par une nouvelle structure : la ville d’Athènes qui me donnait une irrépressible envie de regarder de chaque côté avant de m’engager 😉
        Nota : Passer au rouge m’a encore plus couté… mais c’est une autre histoire 🙂 🙂

      8. Je suis en train de lire la récente série d’articles du Monde sur le « féminicide » : la fameuse campagne d’éradication des femmes de la surface du globe (quoi, vous n’êtes pas au courant ?) et je me contrôle : je lirai la série entière des articles avant de dire quoi que ce soit. Je ne vous parlerai même pas maintenant de la femme qui a épousé en son âme at conscience un monsieur ayant fait 11 ans de prison pour meurtre, puisqu’elle pensait de son côté que ce n’était que 8 ans.

      9. Question suivante : qui « joue », où et comment ?

        PS 1 : entre structures et affects , la « génération » me semble biunivoque .
        Ps 2 : je n’ai pas de réponse propre toute prête !

  8. « Le coeur sur la main et les pieds sur terre. »

    Intéressant portrait-robot de ce que serait l’opposition à Emmanuel Macron la plus efficace d’ici 2022, par Chloé Morin, janvier 2020 (extrait) – http://www.atlantico.fr

    S’agirait-il d’un politicien de « carrière » ou plutôt d’une personnalité extérieure au monde de la politique ?

    « De fait, un politicien « de carrière » semble partir avec un handicap majeur. Mais n’oublions pas que Johnson était un parfait produit de l’élite politique conservatrice, et il a su se distinguer par son positionnement pro-Brexit puis par son style et sa capacité à s’affranchir des conventions… Donc à mon sens, il est possible de se distinguer sans pour autant venir nécessairement du champ de la « société civile » où nous allons chercher du sang neuf depuis des décennies, rarement avec un succès durable…
    A mon avis, le pari le plus sûr que nous pourrions faire à ce stade est que le candidat idéal aura les qualités qui correspondent en miroir aux défauts et reproches adressés au Président actuel, de la même manière que Hollande avait pris en tout point le contrepied de Sarkozy…
    Donc ce candidat sera sans doute « ancré » dans un territoire, aura subit les épreuves de la vie « réelle », électorale ou en entreprise. Il sera sans doute moins volontaire, flamboyant, intellectuel, et plus réfléchi, humble sans doute, rond… plus social aussi, plus hostile à la mondialisation et au libéralisme économique, également. L’on pourrait continuer ainsi ce portrait chinois pendant longtemps, mais je crois que vous avez saisi l’idée! »

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