Comment allons-nous faire ?

Je suis en train de travailler ce matin. Et tout à coup, je me dis : « Mais qu’est-ce qui sent aussi délicieusement bon ? »

Et je me souviens alors que je me suis lancé un peu plus tôt dans une préparation culinaire assez compliquée dont la première étape consiste à blanchir la viande pendant une heure.

À cette étape là, pas de condiments, pas d’épices – si, une poignée de gros sel – donc le délicieux fumet, c’est juste de la barbaque dans de l’eau bouillante depuis 30 minutes.

Est-ce un goût acquis de penser qu’une odeur comme celle-là est exquise ? Ou suis-je né équipé pour le penser ? Les autres animaux que moi doivent aussi penser que ceci « sent bon » et doive être bon à manger. Ce n’est pas moi qui ai endoctriné le chat que l’herbe à chat, c’est bon à manger, il y a pensé tout seul.

Vous voyez où je veux en venir : sauver la planète en mangeant moins de viande. Que va penser notre corps dans cette affaire ?

Et en supplément : J’ai dit à mon médecin : « Manger moins de viande ? » Réponse : « Non, non ! Pas à votre âge ! »

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48 réflexions sur « Comment allons-nous faire ? »

  1. P.S. N’est véritablement homme que celui qui a déjà déplumé un poulet avec ses mains, 1 ou 2 milliards aux doigts mouillés, et ça m’exclut 🙁

  2. Voir Adam Maurizio et son « Histoire de l’alimentation végétale » (de l’antiquité à nos jours ou presque).
    Mais faut avoir de l’estomac (près de 700 pages).
    Découvert dans un article de la revue Hommes & Plantes (Fac-similé de l’édition de 1932)

  3. Les « affordances du territoire », telle est la réponse, nous dit Pierre Charbonnier.

    En clair, si à une échelle raisonnable (< 300 km), il y a une zone agricole dont 30% est consacrée au pâturages, c'est très bien pour la gestion de l'eau et la biodiversité.
    Une certaine dose d'alimentation carnée peut être produite dans ces zones sans diminuer la biodiversité des "campagnes", en gros.
    Exemple : Le perche, le Morvan etc. où la culture des céréales n'occuperait que 4 0 ou 50% des territoires, et les forêts 20 ou 30%.
    Après il faut voir d'où vient le foin et la capacité de charge que ça représente.
    Mais si l'ordre de grandeur est 250g d'alimentation carnée par semaine et par adulte, pour des densités de population comme la France de l'ouest (70/km²), mon doigt mouillé me dit que ça passe.
    Si on "carbure" à 180g par repas (cas d'un ricain accro à son steak), donc 2 kg par semaine en gros, ça ne le fait que pour des aires marginales.
    Et il faut bien sûr tracer tout ça (foin en intrant, azote en sortant). Et pour le méthane ? Euh joker, mais le microbiote pourrait être bidouillé parait-il, ce qui n'est pas pire que de domestiquer tout ce qu'on a domestiqué apparemment.

    1. @Timiota

      Étant donné les considérations du GIEC sur le gaspillage des denrées alimentaires (30% de la production gaspillée à l’échelle mondiale toutes denrées confondues), vos chiffres (où ceux de Charbonnier) se rapportent-ils à la viande consommée où à la viande produite?

  4. (Pierre Charbonnier : son ouvrage « Abondance et liberté », 2019 est un peu plus théorique que ce que j’en raconte et il ne parle pas de viande en tant que telle, mais interroge les pensées de l’abondance et leur apparente nécessité pour une certaine liberté, autour de ce que « dit » le territoire, là où l’on peut s’entendre sur les choix qui font sens. Le spectre de Polanyi (et d’Aristote !) hante les essayistes et les philosophes de l’anthropocène.

  5. Je suis en train de me demander si la carence en « viande » (soit ses minéraux – fer, etc – , vitamines, protéines, etc, qui en se métabolisant, se complexifient pour palier aux manques naturels dus à l’âge… mais pas tout le temps, suivant les inégalités de conditions de vies, d’hygiène, etc. D’autant plus que le fumé change selon le mode cuisson, et celui de accoutumance/addiction à la salaison par exemple) serait quelque chose d’inné que mon « subconscient » me rapperait… à « l’ordre » – un état initial quoi – en quelque sorte… ou un phénomène stéréotypé/conditionné acquis, par expérience d’un fumé, qui venant de loin, et qui toujours plus frustré… attirerait l’espèce de chasseur-cueilleur, que mes ancêtres étaient (la malbouffe que les plus pauvres subissent pourrait par ailleurs y contribuer)… Et je finis par me demander si c’est pas dommage que la réflexion d’une comparaison avec ce que « l’herbe à chat » peut provoquer comme réaction inné ou acquise, chez une autre espèce de mammifère domestiquée… peut peut être (sans sombrer dans l’anthropomorphisme non plus) le « motiver » à s’en repaître, lorsqu’il craint avoir des vers… après un repas suspect… afin de se purger par prévention… toute proportion et raison gardée bien sûr, de considération de son âge, ses conditions de vies, de travail, etc. les « inégalités naturelles », de « destins », quoi…

  6. En fait beaucoup de recommandations sont faites à partir d’études statistiques dont sont issues les diverses doxas ; et au vu de ce qui en est fait par les politiques publiques, le social , les billevesées du monde médiatique et de l’ultralibéralisme, on serait porté à ne plus rien croire…D’autant qu’aucun de ces milieux qui a désormais prétention à faire l’éducation de son peuple (dans le sens normatif pour mieux se faire sourd) ne maîtrise vraiment cet outil comptable (plus que mathématique).
    Sa philosophie est en effet comptable, quantitative, normative, car entachée de jugement de valeur pour poser des hypothèses discriminantes et n’est en rien comme la science mathématique, une métrologie du vrai . (une mesure du vrai dans l’absolu quitte à ne pas savoir ce qu’elle vaut dans la réalité justement pour rester dans le cadre de ses postulats et demeurer vraie). La plupart des mathématiques sont appliqués.
    On fait semblant de croire qu’on est dans un espace euclidien parce que cela nous arrange et simplifie le travail du charpentier…On calcule avec des opérations commutatives, bien qu’il semble que l’univers préfère le non commutatif notamment au niveau quantique. Et nos politiques préfèrent les statistiques parce que cela leur permet d’être bêtes:
    plus besoins pour eux d’identifier les phénomènes, d’en comprendre les mécanismes pour s’expliquer leurs effets; plus besoin d’avoir des relais de terrain pour évaluer quelles réponses adéquates y apporter, et qui soient adaptées au contexte,au milieu , à l’humain et à l’avenir…Désormais, sur le principe très managérial de l’action/réaction, on peut se passer du savoir et des personnes (de tout rang) qui le détiennent; peu importe les phénomènes et leurs explications, il suffit d’évaluer statistiquement des effets (par des études, de l’espionite et du big data), d’y réagir en adaptant sa réponse à l’aide de sondages…On peut parler de tout, il suffit de réciter comme un catéchisme, le résultat des études statistiques qui définissent une norme comportementale et d’opinion; les travailleurs sociaux (totalement algorithmisés) récitent le catéchisme de l’anesm et appellent cela « pratique sociale » au lieu d’appeler cela doxa des politiques publiques normatives!
    Pour revenir à la viande, je regardais un reportage ARTE qui calculait savamment le périmètre bio agricole nécessaire pour nourrir une famille en autarcie; et je constatais avec stupéfaction que leurs chiffres me semblaient vraiment très faux si j’en juge de l’expérience de mon grand-père agriculteur misanthrope et reclus (pour avoir connu en tant qu’italien les persécutions de ses voisins jaloux pendant la 2ème guerre mondiale). La réflexion qui m’est venue c’est que dans l’esprit des citadins qui ont conçu ce chiffrage, l’animal est nourri, logé, blanchit dans une ferme.
    C’est le cas des élevages concentrationnaires où l’animal est empêché à son instinct au point d’être si dépendant qu’il coûte paradoxalement cher, et qu’il faut donner de la viande et autres préparations douteuses à des herbivores pour les amener à maturité plus vite, en plus de les gaver d’antibiotiques pour éviter les conséquences de l’inévitable crasse due à la promiscuité! Nonobstant l’odeur pestilentielle entre charogne et excréments, notons qu’en conservant ces univers concentrationnaires pour les passer en bio sans antibiotique (comme c’est le cas de la tendance aujourd’hui), tout ce que nous y gagnerons c’est plus de pandémies encore…
    Mais pour les élevages traditionnels, c’est la politique de Baba Yaga et sa maison en pain de sucre qui prévaut : l’animal est juste nourri le matin en guise de friandise, après il s’assume tout seul et s’égaye dans la nature où il complète sa subsistance par ses propres moyens, et revient le soir dans l’espoir de sa friandise du matin…Ce n’est pas l’artificialisation agricole et ses coûts qui prennent en charge totalement l’animal… Je pense que l’on peut manger plus de viande que ce qui est communément affirmé (sans exagérer bien sûr). Mais ce n’est qu’une opinion basée sur de l’intuition…Faisons moins d’enfants et on mangera moins de viande en globalité (mais là aussi comment faire, …)…

      1. ha, c’est très drôle juannessy je me suis bien marré..;
        à votre tour de bien rire (mais vous devez déjà connaitre)
        https://www.youtube.com/watch?v=sxnPSy9r4B0
        Lorsqu’il est question de nos instincts de gourmandise: et Devos répondit à Dieu à peu près cela : « comment ça, 2/3 pour le 1/3 monde… »

      2. Ça n’était peut être ma meilleure idée , mais avec Goya je ne risquais pas d’être mal interprété .

        Car , avec une terre que nous passons en négatif pendant cinq mois de l’année , que faisons nous d’autre que de manger nos enfants .

  7. Bonsoir monsieur Jorion,

    M’est avis que vous avez passé trop de temps en Grande-Bretagne… L’odeur de la viande bouillie ? « Exquise » ?!

    Là, à votre place je m’inquiéterais, c’est pas un des symptômes du covid ?

    Bonne soirée !

      1. Mouarf ! Le poulet certainement…

        Rôtie, grillée, braisée, revenue, saisie à point… tout ce que vous voulez et j’abonderai dans votre sens ! Ayant arrêté et en voyant passer des kilos tous les jours, je peux vous assurer que parfois c’est difficile. Ça tient même du fantasme quelques fois ! Mais bouillie, nan. Je persiste…

        Bonne journée ! 😉

      2. Je ne discuterai pas vos goûts.

        Vous êtes critique gastronomique aussi ?

        L’étendue de vos talents n’a décidément aucune limite !

        Nevermind…

      3. @ Les p’tits malins

        Vous avez déjà perdu le fil ? C’est triste sur aussi peu de phrases. On parlait de l’odeur… Pas des modes de préparations. Misère !

        Quant à votre acrimonie monsieur Jorion, je ne sais si ce sont les conséquences du confinement, le surmenage ou la certitude que vous avez d’être « expert en tout » mais vous devriez peut-être prendre une petite semaine de vacances, ça vous ferait du bien 😉 !

        Allez, je vous laisse entre pros… 🙂

        Bonne journée !

      4. Ah oui ? C’est qui qui est de mauvais poil dans cette affaire ? C’est qui qui a écrit :

        Bonsoir monsieur Jorion,

        M’est avis que vous avez passé trop de temps en Grande-Bretagne… L’odeur de la viande bouillie ? « Exquise » ?!

        Là, à votre place je m’inquiéterais, c’est pas un des symptômes du covid ?

        Bonne soirée !

        Avec en plus, un stéréotype éculé sur la cuisine anglaise. Quand j’habitais Cambridge, j’invitais mes visiteurs au Three Horse Shoes à Madingley. Cela dissipait tous leurs malentendus sur la cuisine anglaise. Le menu d’aujourd’hui.

        « Pork crackling » à la compote de pomme, miam ! (bon, faut pas en manger à tous les repas !).

      5. Il me semble pourtant que la perte de l’odorat est bien un « symptôme du covid »…

        Quant à vos goûts j’ai déjà dit que je ne les discuterai pas. Mes quelques séjours en GB ne m’ont pas laissé un souvenir gastronomique inoubliable, je le confesse. Sauf ce condiment à base d’oignons, très sucré, une vraie tuerie, dont j’ai oublié le nom. J’en avais rapporté une bonne demi-douzaine de boîtes !

        Mon ton était plutôt potache, et, effectivement, j’avais en tête la viande bouillie à la menthe d’Astérix…

        Sans rancune, les travers de l’écrit, sans doute.

        Bonne journée !

        (Mais le vacances, pensez-y ! 😉 )

      6. THE ALMOST ORIGINAL BRANSTON PICKLE RECIPE!

        Recipe by French Tart

        READY IN: 2hrs 30mins
        YIELD: 4 1 lb Jars
        UNITS: US
        INGREDIENTS
        Nutrition
        9
        ounces carrots, peeled and cut into small chunks
        1
        medium swede, peeled and cut into small chunks
        4 -5
        garlic cloves, peeled and finely chopped
        5
        ounces dates, finely chopped
        1
        small cauliflower, finely chopped
        2
        onions, peeled and finely chopped
        2
        medium apples, finely chopped, unpeeled
        2
        medium finely chopped courgettes, unpeeled
        15 -20
        small cornichons or 15 -20 small gherkins, finely chopped
        10
        ounces dark brown sugar
        1
        teaspoon salt
        4
        tablespoons lemon juice
        3⁄4
        pint malt vinegar
        2
        teaspoons mustard seeds
        2
        teaspoons ground allspice
        1
        teaspoon cayenne pepper

        DIRECTIONS
        Combine all the ingredients in a large saucepan and bring them to the boil.
        Then reduce the heat to a simmer and cook until the swede is cooked, but still remains firm, about 2 hours.
        Stir well to redistribute all of the vegetables.
        Bottle and seal in sterile and hot jars.
        Allow the pickle to age for a few weeks before using, this improves the taste and it will become more « mellow ».
        Serve with cheese, ploughman’s lunches, in sandwiches, with cold cuts and meats. This pickle is also wonderful when added to curries and stews.

  8. « On » ne vous suggère pas tant de manger moins de viande que de manger moins de boeuf ou d’agneau… du moins si « on » est le GIEC :
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/12/11/pourquoi-la-viande-est-elle-si-nocive-pour-la-planete_5395914_4355770.html
    agneau : 39 kg CO2 / kg
    boeuf : 27
    poulet : 7

    Si « on » raisonne en terme de souffrance animale épargnée, mangez plutôt de la baleine… ou du poulet de votre jardin (enfant on m’envoyait certains dimanches attraper, décapiter, puis plumer une des poules du jardin, qui le reste du temps menaient une vie fort tranquille dans un enclos herbeux de 1500 m², à l’abri des (autres) prédateurs).

  9. Je ne mange plus de viande depuis deux ans. Son odeur (les poulets rôtis sur le marché, les barbecue-merguez des voisins – incessants-) me donne envie de vomir aujourd’hui. Pourtant j’aimais les côtelettes d’agneau au romarin, la daube, le jambon cru… plus que tout… avant. Et j’étais cuisinière. Je préparais une blanquette avec amour. Mais manger est seulement une question d’habitude. S’en défaire n’est pas facile, mais l’idéologie forte qui m’a décidée à arrêter est source d’un immense bien-être, incomparable avec le fait de manger de la viande. Ensuite, le cerveau nous aide. Pour les animaux, pour que cesse ce carnage terrifiant, et pour le climat. Il faut changer. Si nous ne le faisons pas de notre plein gré, de toute façon, l’avenir se chargera de nous priver.

    1. Euh, « in medio… « ? (cf mon commentaire ci-dessus)
      Et tant qu’à se défaire d’un ennemi qui pourrit bien plus le coeur de notre être (= notre microbiote), je choisirais le sucre.
      1 kg de Cassis et 200g de sucre, ça fait une confiture goûteuse et qui se conserve absolument parfaitement… mais à peu près introuvable.

      Ceci dit, pour ce qui est de notre « innocence » dans nos choix, les temps sont durs en effet. Même un produit laitier soi-disant ordinaire (en France de nos jours) comme le beurre (si vous allez en Italie, vous comprenez qu’il ne l’est pas…) a des effets pervers :
      la demande (en Chine notamment ayant beaucoup cru, l’industrie laitière se retrouve avec des tonnes de protéines séparées du lait pour faire le beurre. Et ces protéines « low-cost » , qu’en faire ? Et bien du « second » lait. On met une matière grasse moins chère (palme ou autre) on ré-émulsionne, et voilà un lait pas cher à 1,5% de « m.g. » (lipides). Où est le mal ? Outre l’oléagineux à cultiver pour faire ça, c’est surtout que ce « second lait » organoleptiquement non vendable en Europe, est vendu en Afrique. Et là il y concurrence les petits pasteurs/producteurs, mettant les prix à la baisse, et les acculant au malheur.
      J’ai l’impression de relire Karl Polanyi expliquant comment la mondialisation rentre par les interstices dans l’Angleterre encore très rurale des années 1795-1840…

  10. À toute addiction, son remède, dit-on.
    Alors Charles Spence, un scientifique britannique, professeur de psychologie expérimentale à l’université d’Oxford, a mis au point récemment un patch au bacon, afin de combler le manque de viande chez les végétariens qui se découvrent. Ce patch diffuse donc tout au long de la journée une légère et subtile senteur de bacon qui est censée donner l’impression à celles et ceux qui le portent de consommer des produits carnés, et ainsi de calmer leur pulsion carnivore.
    Charles Spence : « L’idée est venue après la publication d’une étude qui affirmait qu’entre la viande, la cigarette et l’alcool, la première était la chose la plus difficile à faire disparaître de son quotidien. »
    On peut craindre cependant que ce petit subterfuge ne fasse pas longtemps le poids face… à la complicité de nos différents cerveaux.

  11. Oui enfin faites gaffe quand même , je connais quelqu’un qui a eu cette idée subite de devenir végétarien , en moins de 3 mois ses cheveux sont devenus tout gris , il lui manquait désormais des acides aminés pour entre autre synthetiser le pigment de ses poils !

    1. oui, j’ai même connu un âne qui a décidé un jour de ne plus manger: devinez ce qui lu est arrivé? ceci dit, une connaissance a décidé de ne plus manger de viande, et elle va très bien…(lol)

  12. Nous sommes des véhicules culturels :

    Il n’y a aucun mal à manger moins de viande, ce n’est qu’une question de volonté (nous voyons en couleur parce que nos ancêtres dans l’évolution étaient frugivores). Le Prophète Muhammad le faisait couramment et l’islam contient tout ce qu’il convient de faire en matière d’écologie :

    1. En grec : meden agan ( rien de trop ) .

      Qu’est ce qui nous pousse au toujours plus , le corps ou la raison délirante ?

      Le corps en principe sait s’arrêter quand il est à satiété , quel est l’agent commercial qui comme la nicotine provoque  » l’encore! » pour des plaisirs qui vont tuer ?

      1. Je pense que les sociétés humaines ont évolué beaucoup trop vite. Nos corps n’ont pas eu le temps de s’adapter. Pendant une longue période de son existence, l’homme n’a pas toujours mangé à sa faim. Il était donc normal de faire de gros repas pour faire des réserves lorsque l’on avait une grosse quantité de nourriture pendant un temps limité. Depuis que nous sommes plongés dans l’abondance, nous sommes tentés de faire de gros repas inutilement et nos corps continuent de stocker, mais cette fois-ci inutilement.
        Les graisses et les sucres sont particulièrement appréciés par nos corps car elles permettent de faire des stocks d’énergie facilement. L’industrie alimentaire le sait bien, et comme ça ne coûte pas cher, c’est tout bénéfice pour elle. Les plaisirs que procure la consommation d’aliments gras et sucrés permettent de réduire artificiellement la souffrance dans nos sociétés psycho-toxiques (chômage, précarité, exploitation au travail, solitude…).
        Au sujet de la surconsommation de viande, je pense que cela tient plus à de mauvaises habitudes alimentaires. Mais, il faut reconnaître que la viande peut contenir beaucoup de graisses qui apportent du plaisir.
        Si seulement nos sociétés pouvaient privilégier le bonheur au plaisir…

  13. L’odeur de la viande n’est qu’un de ces éléments culturels attractifs de notre entourage, à consommer avec modération. Sur ma table traine encore un bouquin de mon épouse que je vais m’empresser de lui chiper: « Manger c’est culturel » de Christine Ott.

    Je vous laisse penser à d’autres odeurs alléchantes instinctives (comme l’herbe à chat pour le chat), sans passer par la case cuisson, pour celui qui sait (encore) les apprécier à leur saison . Pensez à approchez votre nez de ces plantes et ces fruits qui vous donneront l’extase olfactive: petits pois, la camomille, les framboises, fraises, tomates,…

    Cela me fait toujours penser à Thoreau dans Walden:
    « Les fruits ne livrent pas leur vraie saveur à celui qui les achète, non plus qu’à celui qui les cultive pour le marché. Il n’est qu’une seule façon de l’obtenir, encore que peu emploient cette façon-là. Si vous voulez connaître la saveur des myrtilles, interrogez le petit vacher ou la gelinotte. C’est une erreur grossière pour qui ne les cueillit point, de s’imaginer qu’il a goûté à des myrtilles. Jamais une myrtille ne va jusqu’à Boston ; on ne les y connaît plus depuis le temps où ils poussaient sur ses trois collines. Le goût d’ambroisie et l’essence du fruit disparaissent avec le velouté qu’enlève le frottement éprouvé dans la charrette qui va au marché, et ce devient simple provende. »

  14. « Est-ce un goût acquis de penser qu’une odeur comme celle-là est exquise ? »
    En très grande partie, oui.
    Le goût est quelque chose qui se forme, s’éduque à n’importe quel âge, et sur lequel nous avons bien plus d’emprise que nous le pensons.
    Affirmer le contraire (« c’est dans notre nature ! ») est juste une façon bien facile de ne pas questionner ses habitudes.
    Ca vaut pour la vie en général, la majorité de ce que nous affirmons inné/biologique est en fait acquis/culturel.
    Mais nous préférons nous laisser ballotter que prendre des décision pourtant bénéfiques à court terme.

  15. En tous cas , si , dans le cadre des gratuités à assurer , on compte l’alimentation , il va falloir définir le menu syndical autorisé .

    A moins qu’on ne fasse payer que ceux qui mangent de la viande .

  16. Je m’attendais à plus de commentaires sous ce billet important… Mais bon, la canicule s’installe, nos doigts se font lourds et encore humides de gel hydroalcoolique sur nos touches de clavier, les masques parfois nous étouffent, voire embuent les verres de nos lunettes (pour ceux qui en portent)… Ce qui n’arrange rien…

    Paul Jorion nous pose donc cette question relative à notre consommation de viande à venir, comment allons-nous faire ? Vaste débat…

    Cette question que se posent également actuellement bon nombre de médecins à travers le monde, comment allons-nous faire face à une seconde vague de Covid-19 qui se révèle d’ores et déjà bien plus violente que la première…

    Eh ! bien des chercheurs indiens ont peut-être trouvé la solution pour répondre au mieux à cette question ; il en sera probablement de même dans un avenir proche pour pouvoir répondre à cette autre question non moins brulante : comment allons-nous faire pour passer de l’anthropocène au « noocène » ! Je ne vous en dis pas plus et vous laisse « simplement » découvrir de quoi il s’agit ; je rappelle juste ici que l’Inde mène actuellement, et ceci depuis plusieurs mois, des essais sur le favipiravir (j’ai tout un dossier sur le sujet), mais là… Enfin, bonne lecture :

    Dr. T.V. Sundar, Dr. K. Menaka, G. Vinotha et al. Artificial Intelligence Suggested Repositionable Therapeutics for Managing COVID-19: An Investigation with Machine Learning Algorithms and Molecular Structures, 15 July 2020, PREPRINT (Version 1) available at Research Square, https://doi.org/10.21203/rs.3.rs-40988/v1 ; il s’agit là d’un preprint mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution 4.0 International (CC-BY 4.0)…

    https://www.researchsquare.com/article/rs-40988/v1

  17. Les émissions culinaires parlent de plus en plus « d’émotion » , de voyage , comme si leurs plats conduisaient à l’extase .. On se calme .
    N’empêche , quand on voit le niveau de tension que peut créer un simple bout de barbaque flottant dans une misérable casserole d’eau , la question de l’émotion reste entière.Je dis ça parce que j’imagine , la prochaine fois que Mr Paul préparera une langue , quels souvenirs lui viendront en tête et pour quel plaisir?
    L’ association odeurs , souvenirs, promesse de plaisir gustatif , de quoi occuper les intelligences qui n’ont rien d’artificielles.
    Bain culturel d’une part mais pas que …
    https://theconversation.com/olfaction-le-cerveau-a-du-nez-61652

    PS : la biologie de l’odorat étant peut être une clé de compréhension du Covid19, ne pas oublier l’importance des petits plaisirs, espérance inclus.
    https://sciencepost.fr/chiens-coronavirus/

    1. Et si vous pouviez la goûter, cette langue ! Aux épices du jardin. Le laurier il était déjà là. Une personne de ma connaissance venant d’un pays lointain est tombée amoureuse de la Bretagne quand elle a découvert que le laurier y est … une mauvaise herbe ! Le romarin et la sauge, c’est moi qui les ai plantés il y a quelques années (le thym est chétif, l’estragon est mort).

      Mais vous me donnez une idée : comme on ne sait pas le temps qui nous reste, j’ouvre le Blog de PJ aux recettes de cuisine (de préférence avec vidéo).

      1. la langue à la sauce Madère: plat servi au menu de la communion sollennelle de mon frère aîné en 1969. J’en remangerais bien, moi.

      2. Moi je préfère la langue française à la langue anglaise , surtout crue , sauce Cambronne , en remarquant d’ailleurs que le Général aurait prétendu que les français sont des veaux , ceci pouvant expliquer cela .

  18. Il a été signalé des carences en vitamine B12 chez des végétaliens.
    Mais mon hypothèse de travail serait que l’alimentation humaine est un phénomène essentiellement culturel qualitativement et quantitativement. Il est probablement très possible de s’accommoder de régimes très différents pour autant que certaines phases de la vie ( reproduction, guerre, travaux pénibles,..) n’obligent pas à des régimes plus riches.
    Quand à la résistance à différentes pathologies, il y aura aussi des situations diététiques plus exigeantes que d’autres. Mais l’encadrement sanitaire prime toujours compte tenu de la densité de la population.
    Le risque pathogénique est directement lié à la densité de population et à son hygiène de vie – donc à l’épuration de son écosystème. Les chauves-souris vivent dans une atmosphère « mal ventilé » – ce qui suffit à stimuler la virulence de germes les plus banaux.
    Il a été observé que certains animaux sélectionnent des herbes « laxatives » ( herbe à chat) ou carrément curatives chez des singes pour « se soigner ». Ce ne sont pas mes hypothèses de travail préférées mais ce serait des transmissions de connaissances intéressantes.

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