La panique de la surpopulation libère les riches de la crise climatique qu’ils alimentent, par George Monbiot

The Guardian – Population panic lets rich people off the hook for the climate crisis they are fuelling, par George Monbiot, mercredi 26 août 2020 (Traduit avec DeepL)

L’augmentation de la consommation par les riches a un impact environnemental bien plus important que le taux de natalité dans les pays pauvres

Lorsqu’a été publiée le mois dernier dans le Lancet une étude importante montrant que la population mondiale va probablement atteindre son maximum puis s’effondrer largement plus tôt que ne l’avaient supposé la plupart des scientifiques, j’ai naïvement imaginé que les habitants des pays riches cesseraient enfin de mettre tous les problèmes environnementaux du monde sur le compte de la croissance démographique. J’avais tort. Au contraire, la situation semble avoir empiré.

La semaine prochaine, le mouvement BirthStrike – fondé par des femmes qui, en annonçant leur décision de ne pas avoir d’enfants, cherchent à focaliser nos esprits sur l’horreur de l’effondrement de l’environnement – s’auto-dissoudra, jugeant que sa cause a été détournée de manière trop virulente et persistante par des tenants d’obsessions démographiques. Les fondateurs expliquent qu’ils avaient « sous-estimé le pouvoir de la « surpopulation » en tant que forme croissante de déni de l’effondrement du climat« .

Il est vrai que, dans certaines régions du monde, la croissance démographique est un facteur majeur de certains types de dommages écologiques, comme l’expansion de l’agriculture à petite échelle dans les forêts tropicales, le commerce de viande de brousse et la pression locale sur l’eau et les terres pour le logement. Mais son impact global est beaucoup plus faible que ce que beaucoup de gens prétendent.

La formule pour calculer l’empreinte écologique des gens est simple, mais largement méconnue : Impact = Population x Richesse x Technologie (I = PRT, [[en anglais I=PAT A=Affluence, voir aussi équation de Kaya]] ). Le taux de croissance de la consommation mondiale, avant la pandémie, était de 3 % par an. La croissance de la population est de 1 %. Certains pensent que cela signifie que l’augmentation de la population est responsable d’un tiers de l’augmentation de la consommation. Mais la croissance de la population est très majoritairement concentrée chez les personnes les plus pauvres du monde, qui n’ont guère de R ou de T pour multiplier leur P. L’utilisation supplémentaire de ressources et les émissions de gaz à effet de serre causées par l’augmentation de la population humaine ne représentent qu’une infime partie de l’impact de la croissance de la consommation.

Pourtant, on l’utilise largement comme explication générale de la dégradation de l’environnement. La panique face à la croissance démographique permet aux personnes les plus responsables des conséquences de l’augmentation de la consommation (les riches) de blâmer celles qui le sont le moins.

Lors du Forum économique mondial de Davos de cette année, la primatologue Dame [féminin de Sir] Jane Goodall, qui parraine l’organisation caritative Population Matters, a déclaré aux polluants rassemblés, dont certains ont une empreinte écologique des milliers de fois supérieure à la moyenne mondiale : « Toutes ces choses dont nous parlons ne seraient pas un problème si la population était aussi importante qu’il y a 500 ans« . Je doute que ceux qui ont hoché la tête et applaudi se soient dit : « oui, il faut que je disparaisse de toute urgence ».

En 2019, Goodall est apparue dans une publicité pour British Airways, dont les clients produisent plus d’émissions de gaz à effet de serre sur un vol que la plupart des habitants de la planète n’en produisent en un an. Si nous avions la population mondiale d’il y a 500 ans (environ 500 millions), et si elle était composée de passagers d’avion moyens britanniques, notre impact environnemental serait probablement plus important que celui des 7,8 milliards de personnes vivant aujourd’hui.

Elle n’a proposé aucun mécanisme permettant de réaliser son rêve. Ce pourrait être cela précisément qui le rend attirant. L’impuissance même de son appel est rassurante pour ceux qui ne veulent pas de changement. Si la réponse à la crise environnementale est de vouloir éloigner les autres, autant abandonner et continuer à consommer.

L’accent excessif mis sur la croissance démographique a un sombre passé. Depuis que les ecclésiastiques Joseph Townsend et Thomas Malthus ont écrit leurs pamphlets au XVIIIe siècle, la pauvreté et la faim ont été imputées non pas aux salaires de misère, à la guerre, à la mauvaise gestion et à l’extraction des richesses par les riches, mais au taux de reproduction des pauvres. Winston Churchill attribua la famine du Bengale de 1943, qu’il a contribué à provoquer par l’exportation massive de riz indien, aux Indiens « qui se reproduisent comme des lapins« . En 2013, Sir David Attenborough [écologue britannique célèbre], également parrain de Population Matters, a imputé à tort les famines en Éthiopie à « trop de gens pour trop peu de terres« , et a laissé entendre que l’envoi d’aide alimentaire était contre-productif.

Un autre mécène de l’organisation caritative, Paul Ehrlich, dont les prévisions erronées sur la famine massive ont contribué à provoquer l’actuelle crainte panique de la surpopulation, a un jour affirmé que les États-Unis devraient « contraindre » l’Inde à « stériliser tous les hommes indiens ayant trois enfants ou plus« , en conditionnant l’aide alimentaire à cette politique. Cette proposition était similaire au programme brutal qu’Indira Gandhi introduisit ensuite, avec le soutien financier de l’ONU et de la Banque mondiale. L’aide étrangère du Royaume-Uni finança jusqu’en 2011 une stérilisation indistincte et dangereuse en Inde, au motif que cette politique contribuait à « lutter contre le changement climatique« . Certaines des victimes de ce programme affirment qu’elles ont été contraintes d’y participer. Dans le même temps, le gouvernement britannique versait des milliards de livres d’aide au développement de centrales au charbon, au gaz et au pétrole, en Inde et dans d’autres pays. Il blâmait les pauvres pour la crise qu’il contribuait lui-même à provoquer.

Le malthusianisme glisse facilement vers le racisme. L’essentiel de la croissance démographique mondiale se produit dans les pays les plus pauvres, où la plupart des gens sont noirs ou basanés. Les puissances coloniales ont justifié leurs atrocités en fomentant une panique morale à propos des « barbares« , des « dégénérés« , qui « infectent » les « races supérieures« . Ces revendications ont été ravivées aujourd’hui par l’extrême droite, qui promeut des théories de conspiration sur le « remplacement des blancs » et le « génocide des blancs« . Lorsque les Blancs aisés rejettent à tort la responsabilité de leur impact sur l’environnement sur la natalité de personnes basanées et noires beaucoup plus pauvres, leur doigt pointé renforce ces récits. Voilà qui est intrinsèquement raciste.

L’extrême droite utilise actuellement l’argument de la surpopulation pour contester l’immigration aux États-Unis et au Royaume-Uni. Cela aussi a un héritage dans un passé macabre : le pionnier de la conservation Madison Grant, parallèlement à son travail environnemental, a promu l’idée que la « race maîtresse nordique » était « dépassée » aux États-Unis par des « types de races sans valeur« . En tant que président de la Ligue contre les restrictions à l’immigration, il contribua à l’élaboration de la loi scélérate de 1924 sur l’immigration.

Mais, comme la croissance démographique a de véritables répercussions écologiques, comment distinguer les préoccupations proportionnées à ces impacts de la récupération de type raciste ?

Eh bien, nous savons que le facteur le plus déterminant de la baisse des taux de natalité est l’émancipation et l’éducation des femmes. Le principal obstacle à l’émancipation des femmes est l’extrême pauvreté. Son effet est ressenti de manière disproportionnée par les femmes.

Une bonne façon de déterminer si les préoccupations d’une population sont réelles est donc d’examiner le bilan de ses campagnes contre la pauvreté structurelle. Ont-elles contesté les dettes impossibles que les nations pauvres sont tenues de payer ? Ont-elles contesté l’évasion des revenus des entreprises vers des havres fiscaux, ou les agissements des industries extractives qui drainent la richesse des pays pauvres, ne laissant presque rien derrière elles, ou ceux du secteur financier britannique qui font affaire de l’argent volé à l’étranger ? Ou se sont-ils simplement contentés de regarder les gens rester enfermés dans la pauvreté, puis de se plaindre de leur fertilité ?

D’ici peu, cette panique en matière de reproduction disparaîtra. Les nations se battront bientôt pour les immigrants : non pas pour les exclure, mais pour les attirer, car la transition démographique laisse leurs populations vieillissantes avec une base d’assiette fiscale réduite et une pénurie de travailleurs clés. D’ici là, nous devons résister aux tentatives des riches de diaboliser les pauvres.

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63 réflexions sur « La panique de la surpopulation libère les riches de la crise climatique qu’ils alimentent, par George Monbiot »

  1. MERCI! un grand merci!
    Enfin un argumentaire précis sur ce point. Quand on évoque « les problèmes », toutes les conversations dérivent sur le fait que nous sommes trop nombreux… bla bla bla… Je me contentais juste de répondre que si les 300 millions d’Européens vivaient comme le milliard d’Africains, on serait peut être pas en train de parler de réchauffement global…

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  2. Et en plus nous demandons – entre autres sacrifices – aux habitants des pays pauvres de ne pas toucher aux forêts qui se trouvent chez eux et d’y laisser tranquilles les animaux sauvages alors que notre mode de vie repose sur le fait que nous avons défriché il y a plus ou moins longtemps nos propres forêts (avant d’aller exploiter les leurs) et que nous nous sommes débarassés des animaux sauvages qui nous gênaient chez nous (avant d’aller organiser des safaris chez eux.)

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    1. Deja, à l’ouverture des pays de l’Est européen, on s’est aperçu que de grandes étendues de la forêt primaire y subsistaient et devraient être « protégées » parce que quasi rien ne reste dans la partie d’europe occidentale sauf des forêts replantées après exploitation intensive.

  3. Les tenants d’un contrôle démographique pensent toujours aux pays pauvres et/ou émergents alors que, si contrôle démographique il devait y avoir c’est bien dans les pays riches qu’il devrait se produire !

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    1. Ben , dans les pays riches ce  » contrôle » démographique il a eu lieu depuis déjà cinquante ans voire plus , grâce à l’émancipation ( je préfère à  » éducation  » dont je m’étonne que ça n’est pas encore fait bondir Chantal Montellier ) des femmes ….et à l’égoïsme bourgeois qui veut jouir longtemps de son aisance plutôt que de la partager , fût-ce avec des marmots .

      PS : l’émancipation est une fin , l’éducation est un moyen . Ni l’une , ni l’autre ne sont genrées .

      1. Cocasse :: il semble qu’il n’y ait qu’une femme bondissante au milieu (en marge) d’hommes rassis par ici.
        PS : Émancipation et éducation ne sont pas genrées ? OK. Mais la privation d’émancipation et d’éducation l’est et l’a été jusqu’il y a peu. Lisez « Le 2e Sexe ».

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      2. Je ne confonds pas ce qui devrait être avec ce qui a été .

        Sur l’émancipation et l’éducation , comme sur beaucoup d’autres choses .

        C’est aussi ce qui distingue les praticiens de bonne volonté des prêcheurs incantatoires . Les uns énoncent les problèmes et partagent les solutions possibles , les autres énoncent des anathèmes ou accusent et se drapent dans la gloire de la « vérité » énoncée » .

  4. Et, cerise sur le gâteau,

    l’éducation des femmes aura sûrement un impact en retour sur tout le reste,
    la façon dont nous consommons, dont nous « accélérons », dont nous nous projettons sur le moment où les actuels jeunes de 10 ans en auront 80 comme ceux de 80 ans avaient 10 ans en 1950, ce qui « ponte » 160 ans et peut limiter les tendance qui dérivent, etc.

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    1. Timiota,

      « l’éducation des femmes aura sûrement un impact en retour sur tout le reste, »

      On peut quand même quand on voit non pas les individus en tant que tel, mais l’Espèce être assez dubitatif sur la réalité supposée bénéfique de cette idée dans le réel sur l’amélioration de l’état du Monde. Attention, loin de moi de penser qu’elles ferait pire que les mâles, hein, mais mieux, vraiment mieux, sur le long terme ? Sur quels arguments rationnels et vérifiables se base ce genre d’argument ?

      Et un truc me chiffonne depuis très longtemps, mais je dois être peut-être un peu déglingué, il n’y a, presque, pas un foutu bonhomme sur ce cailloux qui n’a pas eu une « maman », et dans pas mal de culture, ce petit bonhomme est même choyé et vénéré par la dite « maman » ? Ce est y compris quand « maman » est Cadre de haut niveau, et qu’elle se débrouille toute seule pour assurer l’éducation du petit domme.

      Alors de quelle éducation parles-tu ?

      1. Voit ici la liste des pays à p.m. femme et qui ne s’appelant quand même pas Thatcher ont bien géré la covid (NZ, DL, Finlande, Taïwan, St Maarten, Allemagne).

        Source Guardian « Are female leaders more successful at managing the coronavirus crisis? ».

        Au fond, je ne crois pas à un « miracle matriarcal », mais une femme va se poser différemment la question « à quoi occuper tous ces mecs » que dans le cas symétrique où le fond de pensée « avant 30 ans, soit belle et tais toi, après 45 ans, soit fée du foyer et tais toi » serait la norme. Il n’est pas interdit à une dirigeante de penser que tel jeunot ferait un bel amant ou un gigolo, mais le risque d’enfermement dans les rôles prédéterminés me semble bien moindre.

        Au moins le temps (deux générations?) d’une transition. ….

      2. Ne pas oublier que la domination masculine impose une hiérarchie homme – femme désastreuse (en les privant d’éducation, d’accès aux fonctions dirigeantes et de salaire « égal à travail égal » ), ok, mais aussi que les hiérarchies de classes sociales induisent des différences de salaire, de revenu et donc de consommation et de pollution bien plus écrasantes.
        On voit aujourd’hui des « académiques » se scandaliser (en Belgique) qu’avec les mesures de gestion du Covid, « 50 milliards se sont évaporés » (c’est le recul du PIB belge sur six ou 12 mois, je suppose). Oui la pandémie a ralenti l’économie, les échanges mondialisés, le tourisme de masse, elle a réduit la pollution et sauvé ainsi de nombreuses vies. Nos pays riches doivent faire reculer drastiquement le PIB moyen, sans faire reculer les moyens des plus pauvres de subsister décemment.

  5. Puisqu’il y est fait allusion , rappelons cette conclusion de JMJ… : (2014)
    … » L’égalité devant rester vraie, cela signifie alors que la division par 3 de l’ ensemble des termes de droite « un jour » a toutes les chances (si l’on peut dire) de provenir d’une baisse des termes POP et/ou PIB/POP , et cela sera d’autant plus vrai que nous aurons tardé à prendre le taureau par les cornes pour « décarboner l’économie ».
    Ironie de cette affaire, les élus qui aujourd’hui préconisent de s’occuper d’abord de la sortie du nucléaire pour rendre le monde plus stable sont au contraire en train de faire exactement ce qu’il faut pour accélérer la survenue de troubles économiques massifs qui rendront le monde bien plus dangereux, puisqu’ils contribuent à ce que la baisse des émissions de CO2 se reporte plus violemment sur le PIB par personne et la population. Ce n’est pas le moindre des paradoxes, j’imagine, pour le militant écologiste sincèrement convaincu que le nucléaire est la pire des calamités que de lui dire que de se débarrasser des centrales nucléaires civiles augmente les risques de guerre et de famines !

    Pour en revenir à la règle de trois, cette dernière est aussi impitoyable avec les économistes classiques : avec ce fichu PIB, la décroissance sera très difficile à éviter, non point parce qu’elle serait désirable, mais parce que, hélas pour nous, le monde est fini. De ce fait, il serait sage d’arrêter de se focaliser sur cet agrégat macroéconomique auquel nous avons fait dire des tas de choses qu’il ne dit pas. Conserver comme étalon un indicateur qui va très vraisemblablement se mettre à aller – pour des raisons mathématiques – de plus en plus souvent dans le sens inverse de celui souhaité n’est pas compatible avec la gestion positive des sociétés humaines. Il vaudrait mieux passer à autre chose !  »

    https://jancovici.com/changement-climatique/economie/quest-ce-que-lequation-de-kaya/

  6. Il y a eu effectivement récemment plusieurs études sur l’évolution potentielle de la démographie mondiale :

    https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30677-2/fulltext

    https://www.ined.fr/fr/actualites/presse/ONU-projections-population-mondiale/

    Elles sont assez quantitativement convergentes , mais pas identiques dans leurs analyses des transformations géopolitiques et sociales qui accompagnent ou accompagneront cette révolution des répartitions démographiques .

    S’agissant des interrogations sur les rapports riches / pauvres n, pays riches / pays pauvres ( ça n’est pas forcément la même chose) , les rapports de forces démographiques seront sans nul doute un des moteurs puissants , avec le réchauffement climatique , les migrations , voire l’impact plus  » économique » que démographique des pandémies à venir …. de l’inévitable mutation du monde et de son système global économique et financier … et d e ‘inévitable échec des Trump ou copies de Trump .

    Mais le carburant disponible ne dit pas  » automatiquement » quel moteur devra prendre le relai pour assurer l’aventure humaine ( riche ou pauvre ) .

  7. La démo est pas mal, mais quand même, ça fait une paye qu’on sait que si la terre dans son ensemble vit à notre niveau (Chuis Suisse), elle pourra fermer – virtuellement – boutique en février. Rien de neuf. Et il semble clair qu’il faut néanmoins attaquer la problématique de ces deux côtés (pollution et surpopulation) et ne pas oublier que les crétins en Ferrari (Petite référence à Montalbano pour rire un peu) et autres frimeurs à pognon restent – peu ou prout – les modèles qui formatent les esprits… C’est d’un navrant. L’équation semble simple, « consommer moins, consommer mieux » , développer des occupations orientées vers l’utilisation de bien non tangibles, assurer une meilleure éducation, etc, etc… Alors que les pays nantis sont justes capables de faire émerger des politoks qui attisent les peurs pour parvenir au pouvoir – sans avoir la moindre vision d’ensemble. Et si cette dernière affirmation est fausse, c’est encore pire.

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    1. Je suis décroissant, me semble-t-il, par raison.

      Mais la « richesse » des relations et du savoir, qui compenserait la richesse matériel (individuelle et sociètale) est une petite fraude à la réalité, car sans biens matériels, il n’y a tout simplement pas de richesse. Et seule la concentration massive des biens ouvre la voie l’amélioration des conditions de vie et des Connaissances. Sans biens matériels accumulé à un très haut niveau les relations finissent immanquablement par s’effondrer au niveau de la famille, du clan, voir de la tribu et le savoir se réduit à la qualité de la mémoire et des chaînes de transmission. Personnellement, je n’ai jamais lu une seule étude sérieuse d’envergure qui essaye de situer le curseur entre les paramètres environnementaux, populationnels, économiques, politiques etc etc… Pourquoi ? Parce qu’il est bien possible que cela soit impossible comme la quadrature du cercle, même pour un IA hypothétique.

      Le monde est ce qu’il est parce qu’il est. On peut jouer à la marge, régler au mieux certains paramètres, mais in fine, comme tout est interdépendant, et que le système est fermé, badaboum. Par construction, nous sommes le gars sur la branche qui scie la branche, quelque soit la manière dont on tourne le problème (qui du coup n’en est plus un) on scie la branche sur laquelle on est assis, parce que on ne peut tout simplement pas s’assoir … sur le tronc ! Le truc, à mon sens, se résume à comment faire pour que nous le fassions en harmonie et en Humanité ? On n’est pas bien mieux avancé n’est ce pas ? On a des pistes, depuis belle lurette, ici, ailleurs, toutes généralement se basent et tournent sur des concepts tel que l’amour, l’amitié, la raison, le partage, l’égalité, la non discrimination, l’entre aide, la gratuité, la tranquillité par exemple. Bref, on n’est pas encore rendu je disais.

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      1. The GDP to PEC ratio accumulates game-changing innovation, at an average growth rate proportional to PEC.

        Qu’est-ce que « accumulates » veut dire ici ?

      2. Salut Timiota,

        Typiquement le genre d' »étude » résumée en 10 lignes où j’y pouic que dalle parce que je ne suis pas spécialiste des moulins à vent et du pipeau de pipo sous équations. Moi je suis dans le pur affecte t’as bien compris. Doit être dû à mon cerveau câblé à l’ancienne, et la prépondérance de mes sens.

        J’ai gardé en moi la mémoire des quelques 200 000 ans de conscience évoluée (ouais enfin selon nos critères autoréférents internes bien sur) soumis aux aléas de ce que certain appelle Mère Nature. Qui à part quelques fruits, baies, racines et insectes, auquel tu peux ajouter quelques poissons et mammifères n’est pas particulièrement généreuse avec les quelques 1350 cm3 moyen qui turbinent au sucre et summum du vice se créent un maximum de fantasmes, d’addictions, d’envies, de craintes et de joies en veux-tu en voilà, et y en a encore même si t’en veux pas, ça s’arrête pas ce machin ! Quand tu as capté ça, tu sais un peu plus le pourquoi du comment on en est là. Quand tu colles un moteur de Ferrari dans une carlingue de Rosalie, la sortie de route est une question de temps, pas de probabilité. Quand on a dépassé les quelques centaines de milliers d’individus avec ce bidule énergivore entre les oreilles, les dés étaient donc jetés. Mais en plus, pas que pour l’Espèce, pour toutes celles qui auraient la malchance d’être embarqués sur le vaisseau Terre le jour de son avénement car comme chacun le sait il est né le divin enfant, et un enfant livré à lui même avec sa toute puissance ben patatras. Mais comment lui en vouloir, un truc de simili démiurge inquiet dans une carcasse toute faible et frêle à la merci des éléments, des prédateurs, et de l’absurde ?

        Moi, ce que je demande quelques parts dans ce long voyage de manège permanent c’est qu’on arrête d’essayer d’attraper le pompon, qu’on enlève tous ces décors qu’on a planté là, tous nos costumes, et nos masques et que petits et grands on fasse une grande farandole, puis qu’on s’assoient tous en rond pour se voir et se parler. Autant te dire que je serai déjà retourné à la poussière dans le grand cycle du grand tout à la droite de mon père qui est en fait ma mère, que je ça n’arrivera pas, quoique…

        Mais si tu as d’autres études intéressantes, n’hésites pas à me le refiler en lien, je suis preneur, ça occupe mon temps de cerveau disponible avant que je ne tombe de la branche.

      3. L’efficacité énergétique de la productiondu (si on croit au GDP, PIB en français ) est lié à l’usage de l’énergie (=la puissance en watts = PEC pour l’énergie primaire consommée) par une intégrale temporelle (phénoménologique ) .
        Accumulation de savoir et d’énergie qui conduit à une meilleure efficacité mais aussi pour le moment à plus de conso (en gros comme l’effet rebond ou effet Jevons). D’où les scénarios alternatifs à la fin du papier qui envisagent la même phénoménologie mais dans des cas « peu croissant » (la PEC plafonne) ou non croissant (le GDP plafonne)

      4. @ Timiota : un billet et vite 🙂 !

        Je veux signaler un livre fondamental :
        Un monde en nègre et blanc, Enquête historique sur l’ordre racial
        par Aurélia Michel, Points, Essais
        (Elle a contribué au scénario du passionnant documentaire sur ARTE, Les Routes de l’esclavage, c’est dire son intelligence du monde)
        Dans son essai elle évoque la force de travail du travail des esclaves concentrés (oui, des vrais camps de concentrations et souvent d’extermination, l’esclave étant jetable) dans les plantations (invention-clé dans notre monde capitaliste) comme une source d’énergie ayant un impact comparable à ceux qu’eurent ensuite le charbon puis le pétrole. (Ce qui en fait complète Pomeranz / Une grande divergence)
        Les mises en perspectives sont époustouflantes et des faits qui semblent peu reliés font système.
        Surtout, amis lecteurs du blog, ne passez pas à côté de ce livre !

        On pourrait aussi penser (mais sans doute à moindre échelle) à la « révolution » énergétique liée à la maîtrise de l’énergie hydraulique en Europe au Moyen-Âge (et elle se voit aux Pays-Bas qui véritablement émergent…).
        Voilà qui serait bien du grain à moudre mais je doute que les données soient suffisantes pour être moulinées dans ton modèle.

      5. @ Jacques (et @ Paul, Cloclo).
        Comme vous le voyez dès l’abstract, c’est un boulot à base macro-économique se voulant volontairement « classique », avec fonction de Cobb-Douglas (Prod = [Facteur 1]^\alpha[Facteur2]^{1-alpha}) pour faire bonne mesure avec « return to scale » (somme des exposants =1).
        C’est apparemment (:;) un papier pour rentrer dans la citadelle, troyennement.

        Les astuces dérangeantes sont d’enlever le classique facteur « labour » (force de travail) et de le mettre dans l’énergie primaire (ça bouffe du couscous ou du cassoulet, du picotin ou du picodon, au choix). Ne reste qu’un facteur « human capital » qui intègre le savoir/l’efficacité, tout ce qui correspond à l’image classique du progrès, et mentionne même Schumpeter, pour faire bonne mesure.

        C’est donc un peu aveugle au point qui pour moi est (sera) crucial : les modes de circulation du savoir (et du pouvoir et de la fortune avec, bien sûr). Et leur ancrage dans le « local » et le social… Mais si on prend place dans le cheval de Troie, on ira voir à l’intérieur des murailles, comment mettre le binz…

      6. Sur les actes qui remplaceraient la richesse matérielles, ne pas oublier les Rituels sociaux qui célèbrent et entretiennent collectivement les liens. Il y eut des rituels religieux, des rituels laics, il y a des rituels culturels et des rituels de spectacle sportifs, mais la plupart sont gangrénés par leur économisation, leur financiarisation, leur libéralisation. Sans parler des « réseaux sociaux ». Vivement une collectivisation de tout cela !
        Livre à lire aussi dans la même veine sur l’esclavage : « Histoire du sucre, histoire du Monde » de James Walvin (août 2020, ed. La découverte) dont le titre anglais dit « de l’esclavage à l’obésité, histoire du sucre ».

  8. Je me suis penché à de nombreuses reprises sur la façon de calculer mon empreinte écologique et finalement j’ai abandonné. Les calculateurs trouvés sur le web me donnent tous un résultat différent… variant du tout au tout.
    On nous promène je vous dis…

    1. « On nous promène«  : peut être.

      Les formules sont pas si claires que ça .
      La formule magique kaya prend en compte le voyant économique PIB qui est de plus en plus sujet à caution ( ne tient pas compte de l’économie souterraine , de la gratuité etc…)
      Quand à L’autre formule
      Impact = Population x Richesse x Technologie …
      Elle suppose que les technologie sont forcément polluantes .
      Comment ne pas supposer que , à moyen terme , les technologies de dėpollution aient un avenir radieux devant elles?
      L’idéal , en ce moment, serait une énergie basée sur la consommation de pollutions.

      https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/herault/sete/herault-eau-etang-thau-retrouve-couleurs-1848956.html

    2. Un peu de bon sens remplace facilement le calcul de l’empreinte écologique.
      Trop de CO2 dans l’atmosphère ? Rouler moins en voiture, en avion. Marchez. Faites du vélo. Évitez les objets dont la fabrication produit du CO2.
      Trop de terre est bétonnée ? vivez en ville dans une maison ancienne. Restaurez un jardin dégradé. Plantez des fleurs, des arbres.
      Trop d’objets fabriqués, jetés ? Achetez moins. Recycler plus. Réparez. Passez vous de ce qui est inutile.

      Et puis essayez de convaincre les autres de faire pareil.

  9. Il semblerait que de plus en plus de commentateurs font …. du stop à la fin de leur message .
    Çà va finir par perturber Juannessy.

    1. Ce qui me perturbe , c’est que je ne sais pas si on peut se « liker » soit même et combien de fois par jour .

      Eventuellement , c’est aussi de savoir pourquoi je vous perturbe .

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      1. Je peux vous liker une fois et une seule: parfait.

        Je peux me liker une fois et une seule : facheux (je promet bien sur de ne plus le faire.)!

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      2. Je confirme qu’on peut se liker soi même , et pour le «  perturber «  c’était juste une façon de vous taquiner rapport à votre slogan «  mort aux bagnoles » 😉

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      1. Ceci dit , il serait intéressant de savoir quelle signification chacun donne à la petite main verte .
        «  Bien dit «  , «  marrant «  , «  je suis d’accord » , «  sauvons le gladiateur «  , «  j’aime juger «  , «  je vous ai compris «  etc… Du coup l’absence de petit point peut vouloir dire «  nul » , je ne m’arrête pas à juger les autres » , «  laissons ces enfantillages aux amitiés Facebook« , « restons concentré sur les idées » , «  faut me laisser le temps de penser et repenser à tout ça «  etc…

        Internet véhicule la notion de «  populaire «( la course au nombre de vus, nombre de likes  , nombres « d’amis « ) mais dans la vraie vie … avec un peu de bouteille , on finit par découvrir que les vrais amis ne se reconnaissent que dans la difficulté, et surtout que le nombre ne fait pas la qualité.

        Bref , Le regard et la gestuelle qui accompagne une conversation sont difficiles à remplacer de façon virtuelle .

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      2. ((A mon avis..)) rien de plus simple pour le « tenancier » du blog d’obtenir gratis? un tableau de méta-données sur chacun des intervenants sous pseudo(s) … les sujets de « like » en plus = cerise sur le gâteau…
        Utilité?.. Un prochain ouvrage sur le décodage psycho-socio-politico-tructruc du lectorat du blog de Paul Jorion..?
        A moins que tactiquement certain(s) ne « like »(nt) a contrario…?

      3. @). Bernard : je plussoie (et donc ne like point). La qualité vaut mieux que la quantité (‘audimat’). Je likais sur FB par sympathie, mais j’ai arrêté car ceal sert surtout à enrichir mon portrait virtuel dans les data des gava.

      4. J’ai toujours pensé, si on peut appeler ça penser, que les sites qui proposent un « like » devraient en même temps proposer un « dislike ».

  10. « D’ici peu, cette panique en matière de reproduction disparaîtra. Les nations se battront bientôt pour les immigrants : non pas pour les exclure, mais pour les attirer, car la transition démographique laisse leurs populations vieillissantes avec une base d’assiette fiscale réduite et une pénurie de travailleurs clés. »
    J’ai rarement lu plus délirant !
    Le travail manuel va disparaitre et la quasi totalité des migrants sont soit analphabetes , soit manuels !
    L’idéologie « progressiste  » est un déni de réalité , une pensée virtuelle bobo auto alimentée !

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    1. Ah ? ce n’est pas en Gaule mais les palanquées d’employé.e.s philipin.e.s dans les pays du Golfe, je ne crois pas les avoir rêvé.
      Certes la stabilité sociale est achetée par le manque d’éducation d’autant plus que le pays est inégalitaire (il était interdit aux blancs d’éduquer les esclaves aux USA, les lois Jim Crow ne furent que la suite de cela ). Mais pour des flux de richesses bien reconfigurés, l’idée de Monbiot est sinon tout à fait réaliste au moins pas béatement naïve.

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    2. M’enfin Kremlin …la robotisation vous fait perdre la raison .
      Les populations vieillissantes ont besoin d’être remplacées. C’est mécanique dans les pays qui ont des moyens financiers.
      Certains ont déjà commencés
      https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/geneve-61-habitants-issus-migration/story/26294420
      https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/lallemagne-cherche-des-immigres-qualifies-desesperement-1145632

      Et si c’est le manque de qualification de la main d’oeuvre étrangère qui vous fait peur , sachez que l’ apprentissage donne des résultats remarquables.
      PS : je vous met un point parce que , malgré votre âge conséquent , vous êtes mon ado préféré .

    3. Une des sources d’emplois pour les jours à venir est l’accompagnement des seniors. Travail eminament manuel s’il en est. Les japonnais refractaires à l’emigration turbinent sur les robots pour répondre à ce besoib, mais on en est encore loin….

  11. NOUS SOMMES SOUS LES BOMBES…

    Je cours le risque d’être trop long et donc de ne pas être lu et je cours celui d’être moqué mais peu me chaut…

    Et sous les bombes il faut nourrir les peuples, les loger, maîtriser un minimum d’énergie, continuer à organiser les transports indispensables au maintien d’une vie sociale ainsi que les échanges vitaux.

    Sous les bombes, nous n’en sommes plus à ratiociner une fois encore pour comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là. Nous en savons assez. Il conviendrait maintenant de travailler à la réparation du monde et à sa réorganisation profonde. Sans se laisser distraire par le PIB, la croissance, l’emploi, les vacances et autres préoccupations d’un autre âge.

    Sous les bombes, il faudrait absolument organiser un exode ou plutôt une série d’exodes vers des régions accueillantes et les harmoniser aux niveaux national et européen, tant que cela sera possible, c’est à dire tant que nos atermoiements n’auront pas compromis nos chances de survie.

    Sous les bombes, les peuples doivent systématiquement et majoritairement se mettre en marche pour abandonner les zones non cultivables et / ou non cultivées et se diriger vers les zones cultivables et / ou déjà cultivées, pour les aménager et les développer Les personnes indispensables pour le maintien d’un fonctionnement minimum de certaines entreprises essentielles seront maintenues en fonction dans les zones abandonnées.

    Sous les bombes, il faudrait renoncer à bâtir, à aménager l’espace et mettre fin une bonne fois pour toutes à tous les grands travaux inutiles.

    Sous les bombes, il faudrait réquisitionner pour les occuper toutes les habitations vacantes dans les zones nouvellement investies ; détruire les bâtiments inutiles pour récupérer les matériaux réutilisables et planter des arbres partout où cela sera possible dans toutes les zones. Indifféremment.

    Sous les bombes, il ne faudrait pas attendre trop longtemps pour imaginer un plan global de sécurité alimentaire. Créer des jardins communautaires, des banques de graines, gérer l’eau potable, les eaux de pluie, ne plus gaspiller les matières organiques, mettre en place des silos, des conserveries, planter des arbres fruitiers et des arbres à noix…

    Sous les bombes, nous ne sommes pas seuls, chacun peut compléter ces propositions. Quoi qu’il en soit, renonçons à l’espoir de trouver une solution dans les vieux modèles. Le temps presse !

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    1. Salut Régis !

      D’abord ce n’est trop long, le format passe encore, ç’est même lisible, et ce n’est pas du tout ridicule. Je sens aussi intuitivement que la solution qui permet de trouver le mythique Jardin d’Eden est dans ce faisceau de choses. Mais comment sortir de l’incompréhension qui nous fait vivre dans Babel ?

      Bien à toi.

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    2. Ce commentaire me parle , pas question de vous moquer mais plutôt de vous lire et relire.Le sujet des bombes probablement .
      De mon père , je n’ai gardé en héritage que son casque … petite chose métallique qui lui a sauvé la vie ( dont Monte Casino ) , et qu’il m’a plu de montrer à l’assemblée de ses rejetons tout en précisant que « la vie dépend parfois de la profondeur d’un trou de balle ! «
      Certes , sous les bombes , l’instinct pousse à fuir , l’intellect à espérer un monde meilleur , mais ce n’est pas la raison qui pousse à ramasser les victimes .C’est le cœur.

      1. Bernard,

        « la vie dépend parfois de la profondeur d’un trou de balle ! «

        Y a quelque chose de parabolique là dedans aussi.

      2. Ouai ..avec les goumiers probablement ( il en parlait peu) .Le pater s’était inscrit de lui même à l’école , parlait occitan , arabe , et du coup , en surprenait plus d’un sur les marchés ou dans son école d’apprentissage.
        Une autre époque , celle des lampes à pétrole, celle des blessés de guerre se retrouvant au chômage pour toute récompense.
        Ils ont fini par lui donné la légion d’honneur sur sa fin de vie , même s’il avait été , un temps dégradé…pour avoir tiré dans le cul d’un violeur ( campagne d’Italie) .Il n’a jamais précisé la nationalité du gars . On s’en fout , il y a des gens biens et des cons partout.

        Tout ça pour dire que les changements ont été si importants depuis 1900, 1950 qu’il est probable que nous soyons incapables d’envisager le monde de 2050.
        Les crises sont des accélérateurs .

      3. «  lui donner «  et pas lui donné .
        @ cloclo
        Nos anciens , pour beaucoup , ont survécus à des épreuves d’une grande violence. Leur résilience est pleine d’enseignement.
        Le pater pratiquait l’humour comme hygiène de vie . Et quoi de plus drôle que ce qui peut être compris de traviole?

      4. Se souvenir que quand on est sous les bombes, on est aussi sous la Terreur. Qui rend l’humanité déconcertante. C’est même un des premiers buts des bombes, avant les destructions. Et c’est aussi la première préoccupation des troupes d’occupation : entretenir la terreur et réprimer la rébellion.

      5. « entretenir la terreur et réprimer la rébellion. »
        Très vrai.
        Je rajouterai « entretenir la terreur pour réprimer l’idée même de la rébellion. »

  12. Si je comprends bien M Monbiot, il ne faut pas s’inquiéter de notre démographie POUR AUTANT que la toute grande majorité des humains soit et reste TRES pauvre. Il n’a pas tort mais il s’agit d’un discours monstrueusement méprisant pour les pauvres et que je qualifie d’extrême droite.
    Rappel:
    1) Notre effondrement en cours résulte de la destruction / dégradation des ressources naturelles gratuites.
    2) La destruction / dégradation des ressources naturelles gratuites c’est ce que nous appelons la richesse matérielle.
    3) Cette richesse matérielle nous la mesurons par le PIB et nous en voulons la croissance.
    4) Une identité de Kaya pose que PIB= POP*PIB/POP, où POP est le nombre des individus et PIB/POP est la richesse moyenne par individu.
    Monbiot constate (il a mathématiquement raison) que si la richesse moyenne par individu tend vers zéro, la population peut augmenter.

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    1. Au début, je me suis dit que vous aviez compris l’article de travers. Puis, en y réfléchissant, je pense que vous touchez juste. Si le souci est en effet l’augmentation de la consommation, qui en est responsable ? Certes pas les riches, leur consommation est déjà au maximum possible. Certes pas les pauvres s’ils restent pauvres. Donc le souci vient des pauvres qui pourraient sortir de la pauvreté et se mettre à consommer de plus en plus. Jusqu’à peut-être vivre comme des riches, brrr. Cela fait froid dans le dos. 🙂

    2. Hadrien,

      Dire que : « Monbiot constate (il a mathématiquement raison) que si la richesse moyenne par individu tend vers zéro, la population peut augmenter. » est de la déformation de propos, et dire que son propos est « d’extrême droite » n’a strictement aucun sens et montre juste que tu es en fait passé à côté de son explication.

      Ce sont les riches avec leur consommation qui sont le problème, pas la multitude des pauvres concernant la destruction des ressources et des capitaux valorisables.

      1. Vous avez raison, le mépris des pauvres (des « sans dent ») est bien partagé à gauche mais plus hypocritement qu’à droite.

    3. « TRES PAUVRE ??? »
      Si on tombait tous à 2 tonnes de CO2/an (au lieu de 6 à 10) , c’est encore 2 litres de coco (:;) par jour, soit 70 MJ, sans compter les énergies propres (solaire, hydro, éolien, hydrogène…) dont l’empreinte carbone n’est pas si faible je veux bien l’admettre pour l’instant.

      Comparé à « un esclave permanent », disons 100W x 20h = 100×20 x3600 s = 7.2 MJ, c’est encore un facteur 10 au-delà.
      Certes, chauffer une maison avec 1 KW d’une personne avec 1KW, ça bouffe déjà tout ça, il faut se poser des questions « dures » de ce type là (habitat individuel, routes de dessertes, etc.) et les porter à un niveau systémique (la voiture comme « pousse à la conso ») et se recabler socialement de pied en cap, en effet, mais « Tres pauvre » ? non , pas par principe.

  13. Pour revenir à l’éducation des filles et la démographie, il me semble que plus d’un demi-siècle de tentatives de « régulation » des naissances par les NU et autres ont fini par conclure que cette éducation est effectivement le seul facteur de réussite. Que des femmes accèdent ou pas aux plus hautes responsabilités n’appartient pas au constat.

  14. … »D’ici là, nous devons résister aux tentatives des riches de diaboliser les pauvres. »

    Globalement je trouve cet article mal construit.
    La conclusion laisse penser que le temps joue pour nous….
    Finalement je trouve ce texte contreproductif et dangereux !

    1. Le texte , non .

      Mais la dernière phrase , oui .

      Elle donne l’impression d’un réalisateur qui n’a pas su quelle fin donner à son film .

  15. « D’ici là, nous devons résister aux tentatives des riches de diaboliser les pauvres. »
    Diaboliser pour mieux mépriser …..

    https://www.liberation.fr/planete/2018/06/22/le-mepris-de-trump-pour-les-pauvres-epingle-par-l-onu_1661228

    « La compréhension de la pauvreté chez Trump est largement biaisée par l’ignorance, voire une vision clairement raciste. En 2018, il afficha sa surprise devant le caucus des représentants afro-américains en apprenant que la large majorité des bénéficiaires de l’aide sociale n’étaient pas des noirs, mais des blancs.« 

    https://www.ledroit.com/chroniques/la-negation-de-la-pauvrete-46379a3babb618944287586637925956

    Et on fait pas mieux en Europe . Il est des silences qui sont assourdissants…

    https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/le-navire-de-banksy-lance-un-appel-a-l-aide-apres-un-nouveau-sauvetage-de-migrants-un-mort-a-bord_4088525.html

  16. Petit complément à la traduction (du titre, au moins) : remplacer « libère » par « exonère » me semble plus pertinent, et explicite…

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