La société française n’a-t-elle pas laissé le prof admirable seul avec un viatique d’idées généreuses ?, par Régis Pasquet

C’est un prof comme j’en ai connu de nombreux, un prof qui sait que dans sa classe il n’y a de réussite que si tous réussissent. Qui sait que la société républicaine attend de lui qu’il donne le meilleur de lui-même pour que chacun se libère des servitudes et mette en question systématiquement toutes les connaissances qu’il reçoit. D’abord, et surtout peut-être, celles qui sourdent des familles depuis des siècles et sont agglomérées comme des caillots de sang, propres à boucher les artères.

Ce sont des enfants de treize ou quatorze ans à qui l’on a raconté la vie et donné des principes simples à utiliser, pour qui l’on a construit une morale commode. Des enfants que la société préfère en consommateurs et en utilisateurs de réseaux sociaux, qui ont accès à des images dérangeantes que les générations précédentes n’imaginaient même pas. Des images qui génèrent des pensées que l’on ne comprend pas. Il voudrait se risquer à faire une expérience. Alors un matin, Samuel, le prof, arrive dans sa classe avec dans son sac à dos, une bouteille de nitroglycérine. Il sait que c’est dangereux, au point que la classe entière peut exploser. Il cherche comment concilier ses buts pédagogiques – sublimes – et la fragilité des mômes. Il décide de proposer à ceux qui ne se sentiraient pas bien à l’idée de regarder des images taboues selon leurs parents et leur entourage de sortir de la classe. Mais les images sont toujours là, bien présentes ; l’idée des images n’a pas disparu. Elles seront toujours dans les mémoires de celles et ceux qui les auront vues et qui en parleront encore pendant des mois. Qui pour ne pas avoir d’ennuis avec leurs parents les recouvriront d’un voile décent peut-être en contradiction avec leurs véritables et nouvelles aspirations. Car l’éducation fait son œuvre. Mais de toutes façons, elles joueront un rôle destructeur. La nitroglycérine devait exploser car elle avait été apportée dans la narration. Et son rôle c’est bien de se déchaîner.

Si l’on remonte aux caricatures destinées à faire rire, il faut se demander si l’on peut rire de tout. Si l’on peut rire de tout avec n’importe qui et à quelles conditions ? Sans doute ne peut-on rire de tout qu’avec quiconque partage nos connivences, nos valeurs, notre culture, nos efforts pour éduquer dans la tolérance, notre volonté de regarder dans la même direction.

Sans doute faut-il aussi s’interroger sur la force des uns et la faiblesse des autres. Force de ceux que l’instruction fondée sur la curiosité et l’esprit critique ont confortés et qui peuvent rire de tout et de tous y compris d’eux mêmes ; et faiblesse de ceux qu’une éducation intégralement transmise depuis des générations a laissé chétifs et sans défenses face à qui les invite à rire de tout et de tous.

La société française est-elle prête ? N’a-t-elle pas laissé Samuel, le prof admirable mais seul avec un viatique d’idées généreuses dont le malheureux n’a su quoi faire ?

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50 réflexions sur « La société française n’a-t-elle pas laissé le prof admirable seul avec un viatique d’idées généreuses ?, par Régis Pasquet »

  1. Si ce pauvre prof a été laissé tout seul, comme d’habitude. Comme tous ceux qui veulent penser et partager leur expérience. Vous imaginez, une société de gens qui pensent ? ! Nan mais quel délire ! Bref.

    « Si l’on peut rire de tout avec n’importe qui et à quelles conditions ? Sans doute ne peut-on rire de tout qu’avec quiconque partage nos connivences, nos valeurs, notre culture, nos efforts pour éduquer dans la tolérance, notre volonté de regarder dans la même direction. »

    On peut se poser la question, d’ailleurs ici même, sur le sujet même une petite phrase assez drôle, à mon goût, trouvé dans les commentaires du monde.fr, n’ a pas passé le filtre de la modération.

    Ma devise est : Si on ne rit pas tous ensemble, nous pleurerons certainement tous ensemble.

    Choisi ton camp camarade.

    1. une petite phrase assez drôle, à mon goût, trouvée dans les commentaires du monde.fr, n’a pas passé le filtre de la modération.

      C’est ça qui m’a interpellé : dans un contexte aussi tragique, une petite phrase « assez drôle » est-elle de bon goût ?

      Une question que je vous pose CloClo :

      – supposons par hypothèse que vous trouviez « assez drôle » (ce n’est qu’une hypothèse) la phrase suivante : « – Comment vas-tu yau de poêle ? », l’utiliseriez-vous pour aborder l’un de vos amis à un enterrement ?

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      1. Paul,

        Les goûts et les couleurs ne sont pas les mêmes pour tous, ni leur temporalité.

        Mais, à mon avis, prendre pour une affaire personnelle et vouloir le ramener dans sa proche sphère ce qui n’est malheureusement objectivement qu’une affaire de tiers, fausse forcément le jugement. On parle de temps de deuil effectivement, à combien estimes tu
        ce temps ? Le temps est relatif. Et rire, accessoirement mais utilement, n’enlève rien au respect de la souffrance d’un être, si le bon mot veut passer un message. Possiblement même que cela a un effet bien plus positif que tu ne l’imagines. Partout sur terre à un moment donné, on marche sur les pieds de quelqu’un.

        A mon tour, maintenant, si tu veux bien, je pense que comme moi tu es contre la peine de mort, même si elle était efficace et dissuasive, et en même temps si on égorgeait ton fils sous tes yeux, tu ne souhaiterais pas que la société toute entière ce mette à ton diapason et réclame la mort de l’auteur, si éventuellement ton plus profond désir serait à ton tour de fumer l’auteur de cet acte abjecte et terrible ?

        Nous ne sommes pas nous concernant à l’enterrement de ce malheureux professeur. En revanche par nos actes, nous avons une forme de responsabilité dans le combat qu’il a mené et dont l’issue fut fatale le concernant.

      2. @Cloclo :
         » la peine de mort, même si elle était efficace et dissuasive  »
        Preuve ? Ou est-ce de l’ordre de l’évidence comme la terre plate ?

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      3. Très bon fanchic ! 😀

        Allez je me lance avec Gro Troll ? Preuve de quoi ? Tu ne captes pas ce que veut dire « même si » ? En gros efficace et dissuasive, ou pas, c’est pas le problème, quand on est contre, on est contre. C’est vachement claire non. Sauf que en la circonstance quand tu es touché directement par la chose, tu peux vouloir très profondément l’exercer toi-même, voir même y prendre un plaisir rafraîchissant et apaisant, et c’est pour cela que si je suis un tiers, la société, pour de bonnes règles humaine dans la vie du groupe, je suis contre pour que le jour venu on m’en empêche pour ne pas que je sois moi même transformé en abruti couvert de sang !

      4. Probablement pas, c’est une question de tact, de bienséance et de savoir vivre. De même est-il (bien) raisonnable de choisir pour illustrer son propos devant de jeunes collégiennes de 13 ans, un dessin paru dans un canard qui, pour quelles raisons ? ne fait pas l’objet d’interdiction aux mineurs ?
        Mais un cours d’EMC matière hybride de propagante républicaine, à vocation de cohésion sociétale, qui n’a rien à voir avec l’histoire, ni la géographie, n’a apparemment rien à voir non plus, avec le tact, la bienséance et le savoir vivre.
        Il est probable que les programmes écrits ou approuvés par le ministre et le président Macron imposent dans les programmes l’usage d’une telle caricature pour un si jeune public (ce ne sont pas des terminales) au titre de matériel pédagogique incontournable, des références à Zola, Voltaire ou au chevallier de la barre étant sans doute jugées trop datées.
        Manifestement il ne s’agit pas d’une erreur, d’une inadvertance, d’une insensibilité, puisqu’il a été proposé que certains élèves soient dispensés de cette épreuve.
        Mais comment ?
        En les excluant momentanément de la classe, qui plus est sur un critère d’appartenance religieuse forcée à être déclarée, dans une école qui se prétend laïque.
        Cherchez l’erreur.
        Comment utiliser un tel exercice pratique , avec mouvement, donc forcément non anodin dans le rythme du travail scolaire en classe, pour renforcer le sentiment d’adhésion à une communauté globale sans restriction et ne pas susciter un sentiment d’exclusion, d’humiliation, voire de ressentiment.
        Le même exercice est-il pratiqué vis à vis des juifs, des évangélistes, des papistes, des anglicans, des boudhistes, des zoroastriens ..? au moins par tirage au sort à chaque fois si un seul exemple est possible.

        Que celà soit passé de nombreuses fois sans problème car il y a eu récidive sur plusieurs années, c’est tant mieux, mais c’est sans compter avec le contexte médiatique actuel, le procès de l’attentat de Charlie Hebdo, les menaces et agressions récentes, L’insistance du président Macron à relancer la question mal-nommée des séparatistes.

        De là à faire croire qu’un professeur d’histoire géo banal a été tué à l’aveugle dans un quartier pavillonaire calme, il y a une certaine marge.
        Que les ministres assurent qu’ils vont au nom de la République protéger tous les professeurs, alors qu’en de pareilles circonstances, une plainte avait été déposée contre le professeur, ce qui n’est pas une manifestation de séparatisme, mais bien au contraire d’attente d’une réponse de la République, après l’incertitude d’une démarche auprès de l’établissement, qu’après une note interne policière, aucune protection policière n’ait été mise en place celà laisse songeur, comme le retrait d’un véhicule de protection en 2015.
        Alors ce qui est arrivé n’a rien de bien nouveau, l’existance de militants musulmans agitateurs professionnels fichés S, la remarquable maitrise du discours initial qui n’appelle à aucune violence physique, malgré ce qui en est rapporté ici et là (ici aussi).
        La disponibilité de jeunes bien préparés psychologiquement en de nombreux endroits sur le territoire, aptes a mener de telles actions n’étant plus une hypothèse farfelue. La caisse de résonnance constituée par les différents réseaux sociaux, avec les approximations inhérentes aux retransmissions par le père d’une fille qui n’était pas là, la mention d’une photo du prophète (réalisée donc 1000 ans avant Nicéphore Niepce) assurant seule ou non la transmission de la vengeance d’Allah ?

        Décapitation, c’est tout un symble, mais toujours pratiquée à titre républicain il y a moins d’un demi-siècle. Il est vrai que depuis on a oté au pouvoir judiciaire cette prégorative réservée à l’ETAT. Mais la pratique du meurtre sans vraie légitime défense envers des agresseurs en pareil cas semble transférée en liberté de tuer donnée aux forces de l’ordre, l’exemple précédent de St Quentin Fallavier n’ayant du dans un premier temps la vie sauve que parce qu’il avait été arrêté par des pompiers.

        Le plus amusant si l’on peut dire est que l’agresseur, l’assassin, (à Conflans il y a eu 2 homicides dont un assassinat) qui avait choisi et prémédité sa cible, est un pur produit de l’enseignement républicain en France depuis une douzaine d’années et pas un commando venu de Tchétchénie ou de l’Etat islamique (ni même un mineur isolé) !

        Endoctiné dans sa chambre devant Facebook ? Il va falloir censurer grave les réseaux sociaux au nom de la liberté d’expression !

  2. La générosité doit — dans ces cas et dans bien d’autres — être médiée par une forme ou un autre de réciprocité

    (je pense à Bernard Stiegler/Gilbert Simondon dans le cadre « object technique », mais le concept a aussi les déclinaisons que lui donnent « D D  » Temple ici sur le blog)

    Même les centrales nucléaires explosent et les 737 MAX s’écrasent faute de cette médiation.
    Que la capitalisme en assèche les sources et les canaux, cela doit être motif de discussion, l’économie
    étant un « oiko », une maison qui pratiquée sur le mode capitaliste, épuise ses habitants, ses sols, pratiquant une « longue fuite en avant » , qui se raccourcit sur la fin.

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      1. ce n’est d’ailleurs pas un explosion nucléaire.
         » quand on aura 2000 réacteurs à 1300 GW » on produira 100 fois la consommation énergétique mondiale actuelle rien qu’en électricité. On n’aura pas, du coup.

  3. On ne peut pas rire de tout, par exemple du malheur ou la mort d’un autre. On peut par contre parler de tout.

    Rien n’oblige les gens à rire d’une caricature. Ni même à la regarder. Rien n’interdit le dessinateur de la faire. Du moment que cela reste de la caricature, c’est-à-dire quelque chose de réellement moqueur, quelque chose qui ne se considère pas être le vrai.

    À l’opposé, on ne peut pas présenter un texte, un dessin qui fausse gravement la réalité dans un document si ce dernier se veut être la vérité. En ce sens, l’interdiction de nier le génocide des juifs ou des arméniens n’est pas une atteinte à la liberté, car il est une atteinte à la vérité.

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    1. C’est pas de chance alors parce que le rire sert précisément à transcender le malheur des autres.

      Ici la malchance :

      Si vous lui connaissez une autre utilité faites le nous savoir, digestive peut être?…

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      1. Il n’a pas vraiment l’air de se marrer… Beau contre-exemple de ce que vous vouliez montrer. Mais il aurait pu, car il ne lui est arrivé qu’une mésaventure sans aucune conséquence sur sa personne ou sa vie. Il n’y a rien de malheureux là dedans.

        On peut par contre rire du malheur d’une personne irréelle (cas des comédies, vaudevilles,…), justement parce qu’elle est irréelle.

      2. Euh François ce n’est justement pas lui qui rit, c’est la fille. Elle rit de ce qui lui arrive, de sa malchance. J’ai un peu l’impression que vous ne voulez pas comprendre… Je vous conseille le film en entier, un petit retour aux fondamentaux ne fait jamais de mal 🙂 Si mes souvenir sont bons, plus loin les gars ont appris a rire et l’incident a d’autre conséquences.

    2. Mais si on peut rire de tout, sauf quand on est personnellement touché, et selon son propre rapport à la chose ! C’est cela la limite. Mais je ne peux pas l’imposer à d’autres. Mieux vaut l’accepter. Sinon mon pauvre comment on décide de la quantité de tes « exemples » de ce tout ? On n’est pas sorti de l’auberge, n’importe quoi vraiment.

      Moi celle-ci m’a bien fait rire sur le coup, j’avoue, pourtant les gars sont certainement morts de leur bêtise … Dieu est impénétrable.

      https://www.youtube.com/watch?v=GokKmreK-1k

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  4. La « société française » ( je préfère dire la Nation française ) a laissé non seulement un prof et l’éducation nation avec  » un viatique d’idées généreuses « , soit , au cas particulier la promotion laïque et universelle de l’esprit critique , mais elle a laissé en fait l’ensemble de sa fonction publique confrontée aux attaques communautaires , mais bien aussi et du même mouvement , aux agressions et aux incivilités qu’elle ne veut pas traiter , venant de bords et milieux de toutes les races et couleurs .

    Les profs , les forces de l’ordre , une bonne part des personnels de santé , les pompiers , une part des agents de voierie , une part des personnels d’aide sociale , des médecins … Elle laisse même menacer des juges par de petits ou grands malfrats .

    La Nation s’est déchargée de ses problèmes sur des gouvernants plus rodés à l’économie sous contraintes mondiales qu’à la sociologie et à la gestion des territoires et de leurs habitants . A elle de se remettre les idées en ordre avec de nouveaux rouages qui se fassent confiance .

    Ça n’est pas simple , ni immédiatement utilisable dans l’urgence , mais c’est la voie qui donne une réponse digne d’un peuple .

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      1. « Et alors ?  »
        Et alors échec et mat. Mais vous pouvez rejouer, c’est ça qu’est bien…. N’est ce pas ?

        « … la gestion des territoires..  »
        Pourtant il y en a du monde pour gérer, de la Métropole aux Pays, avec ses inombrables Vice-Presidents, oh pas tous sociologues bien sur mais pas mal de porto-foliologues…

      2. « Et alors » ?
        …En invoquant l’honneur de la nation, il est en effet possible de vendre n’importe quelle camelote à n’importe qui, de faire avaler aux citoyens n’importe quel type de couleuvre, et en n’importe quelle quantité…
        citation : « Comment sauver le genre humain », P. Jorion , V. Burnand-Galpin, p51 😉 .

  5. Propos très intéressant notamment la conclusion.
    Cependant le rire est une question secondaire ici, voir tertiaire. Ceux qui ont diffusé ces caricatures n’en riaient pas et ne voulaient pas faire rire. C’était un acte militant. Laïcards jusqu’auboutites ou défenseurs de la liberté d’expression, je laisse à chacun le soin d’en juger. Mais une chose est sûr, l’humour a été pris en otage dans un débat qui ne le concerne pas.

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    1. He ben, on doit pas se marrer tous les jours chez vous… Je crois au contraire que ceux qui ont dessiné ces caricatures se sont bien fendu la poire en les faisant. L’humour ne sera jamais pris en otage car c’est l’humour qui libère… que ce soit de Dieu ou du Diable et voire même des Cons.

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  6. Je me suis dit la même chose au moment de Charlie Hebdo ( le meurtre de la rédaction ) :

    Nous les avons laissé seuls.

    Vous me direz, comment ne pas les laisser seuls ?

    Et bien, par exemple, en faisant une campagne nationale d’affichage avec la tête de Mahomet, que le gouvernement et tout ceux qui le veulent portent des T shirts Mahomet, qu’on mette son visage sur la tour Eiffel.

    Un message à toute les religions :

    Restez dans vos temples, vos mosquées et vos églises, et n’en sortez plus sous peine de poursuites.

    La mesure doit concerner toutes les religions, on ne veut plus rien entendre !

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    1. C’est là que je me retrouve soudain dans le camp des conciliateurs et vous trouve extrémiste et dangereux. Il me semble que tant qu’ils ne deviennent pas harceleurs, les superstitieux ont aussi le droit à la liberté d’expression, y compris pour dire qu’ils sont choqués par ci ou ça. Vos poursuites relèveraient de la persécution religieuse.

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      1. Ils ont droit à la liberté d’expression, oui, dans le cadre privé de leurs temples.

        La société elle doit se protéger de ces mouvements qui portent tous en germe le fait d’imposer des principes à tous.

        A la niche.

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  7. Je pense comme Jorion que l’état Français et le gouvernement laisse monter au Front des enseignants sans rappeler à tous que depuis les attentats du World Trade Center aux USA le monde occidental est en guerre. Il en fait payer le prix à ses populations, mais sans leur dire qu’une guerre est déclenchée.

    Toutes guerres entreprises par la France, les USA, l’Angleterre, enfin tous pays ayant des moyens de projections extérieurs (Terme militaire pudique remplaçant le mot guerre), génèrent des représailles !
    Comme dans toutes guerres il y a des personnes manipulées, envoyées pour déstabiliser l’ennemi en créant de la terreur. (même ce dernier attentat d’après le peu d’infos diffusées a été minutieusement préparé dans son déroulement, sa cible stratégique repérée depuis quelque temps, le tueur entrainé, etc..)

    Le maxi problème c’est que nos représentants, nos dirigeants ne disent pas ouvertement le mot guerre, car ils ne savent pas vraiment contre qui nous sommes en guerre où au contraire le savent trop bien mais ne peuvent l’affirmer !

    Il y a l’apparent l’état islamique, les djihadistes, les combattants de territoires où interviennent nos militaires.

    Et il y a une autre guerre, inavouable, souterraine, sordide, qui ne s’embarrasse d’aucune considération morale où religieuse, celle de la main mise d’une caste financière transnationale, qui cherche par tous les moyens à imposer aux états sa vision de la conduite du monde. Elle fait et défait les dirigeants, les contraints à appliquer ses objectifs.

    Le terrorisme est pour cette caste un moyen qui n’est pas aveugle comme on tient souvent à le dire, mais un moyen très directif de rappeler aux dirigeants des pays ce pourquoi ils ont été mis à la tête d’un État. Comme Hollande, Macron est en train de l’apprendre, aux dépens des français qui sont au front d’une guerre inavouable et qui ne le savent pas !

    A tous celles et ceux qui taxeraient mes propos de complotistes devraient se rappeler que le commerce de la drogue (Cannabis, Cocaïne et dérivés opium), sans compter les nouvelles drogues, est équivalent au total des exportations des services Financiers dans le monde soit près de 500 Milliards de Dollars. C’est aussi environ 15% du marché mondial d’échange commercial de services. ( voir chiffres OMC )
    Il est connu de tous que ces sommes colossales transitent le plus légalement du monde (grâce à de multiples paradis fiscaux) dans les circuits financiers et sont certainement responsables du dynamisme des marchés financiers, voir totalement indispensable à leur fonctionnement.

    Il est aussi connu de tous que ce marché de la drogue contribue à l’entretien de guerres sur les territoires d’échanges et de production de drogues et aussi à la destructuration de nos sociétés par la consommation effrénée de stupéfiants.

    Il est illusoire de croire que le terrorisme s’arrêtera dans le monde (et en France bien sûr ! ) tant qu’effectivement une guerre véritable ne sera pas déclenchée à l’encontre d’un système financier mondial hors de contrôle qui ne peut qu’engendrer des monstres destinés à détruire en retour nos sociétés.

    En résumé soit c’est une vraie guerre avec un ennemi clairement identifié, avec l’objectif d’une régulation mondiale de la finance aux services des états et de leur population soit c’est le chaos et chaque jour qui passe semble nous indiquer que nous y allons tout droit !

    Je ne vois pas aujourd’hui qui dans le monde peut mener cette guerre, car je ne vois pas qui le souhaite, tellement le système est perverti !

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    1. Donc une « caste financière transnationale » à la fois « fait et défait les dirigeants » et se sert des terroristes comme d’ « un moyen qui n’est pas aveugle » ?

      Vous pensez que certains pourraient taxer vos propos de complotisme… reconnaissez que vous prêtez le flanc 🙂 !

      « L’objectif d’une régulation mondiale de la finance aux services des états et de leur population », moi je suis pour, et je soupçonne que beaucoup si ce n’est la majorité si ce n’est la quasi-totalité des lecteurs du blog de Paul Jorion sont pour aussi.

      Mais imaginer l’existence d’un « ennemi » capable de diriger les événements à un tel degré, non. Cela revient à construire une explication mono-causale du monde, alors que le monde en réalité est beaucoup plus divers et complexe et désordonné que ça.

      1. Merci de votre réponse à mon commentaire, il est clair que je ne sais pas si il y a une explication mono causale au monde, par contre ce qui est assez clair c’est qu’il existe un pouvoir financier ( avec des buts purement capitalistes où géo-politiques c’est à discuter ! ) capable de contraindre des états avec des moyens qui sont loin d’être moraux !
        Le fait qu’aucun état ne s’attaque réellement aux revenus mondiaux de la drogue qui irrigue toute la sphère financière ( bien que l’ONU affirme que 47% de la production de cannabis a été saisi en 2019 !) est un signe qui ne peut tromper personne.
        La soit disante lutte contre le trafic mondial de la drogue ne peut se révéler d’une quelconque efficacité tant que n’est pas levé le secret des transactions financières internationales.

        Le fait qu’aucun accord international ne peut voir le jour sur le sujet, alors qu’il y existe un consensus fort dans les pays occidentaux pour ne pas accueillir les migrants de pays en guerre ou exangue, laisse aussi supposer énormément de choses, forcément inavouables par les gouvernements concernés.

        Par contre révéler aux Français que notre pays est en guerre et que cette guerre ne vient pas de l’intérieur, il n’existe pas de terrorisme français en France, que cette guerre a suffisamment fait de morts innocentes en France. Et que l’Etat prendra toutes les dispositions qu’il jugera nécessaire pour défendre sa population.

        Une telle déclaration serait de nature à poser le problème sur la table, peut-être pas de rassurer les Français, mais au moins de leur faire prendre conscience que la France, ses gouvernants, ses institutions et ses entreprises, est menacée.

        Mais je suis aussi persuadé que rien de tel ne se produira, nous continuerons d’avancer vers le chaos, avec ou sans élection.

    2. @CHRISTIAN « Par contre révéler aux Français que notre pays est en guerre »
      Notre président actuel a déclaré la guerre pour la Covid, manière de solliciter maladroitement une mobilisation générale, dans un pays qui a renoncé temporairement à la conscription, alors que la France est en guerre au Mali et contre l’état Islamique, certains attentats subis sur le territoire national n’étant que des substituts guère plus meurtriers que des bombardements aériens pratiqués mutuellement selon les lois de la guerre par les puisances européennes civilisées au siècle dernier pour faire plier les opinions publiques, par un ennemi qui ne dispose pas de tels moyens technologiques.
      « et que cette guerre ne vient pas de l’intérieur, »
      ANZAROV est en France depuis plus de 10 ans a suivi toute une scolarité dans les écoles de la république, a reçu un permis de séjour de 10 ans à sa majorité, n’est-ce pas celà l’intérieur ?
      « il n’existe pas de terrorisme français en France,  »

      « que cette guerre a suffisamment fait de morts innocentes en France.  »
      Ces morts sont elles vraiment innocentes ? La France est un pays démocratique, et même si les les actions de guerre sont librement décidées par le Monarque temporaire élu sans en référer à la représentation nationale, c’est conforme à une constitution jugée démocratique et républicaine, donc les populations sont solidaires des décisions et peuvent en subir les conséquences comme les habitants de Londres ou Dresde il n’y a pas si longtemps.

      « Et que l’Etat prendra toutes les dispositions qu’il jugera nécessaire »
      A voir ..
      Accorder une protection policière temporaire à un professeur mis en cause sur les réseaux sociaux, objet de plainte et de potentiels troubles à l’ordre public, alors qu’aucune mesure de protection n’était prise devant les anciens locaux de Charlie pendant le procès ?
      oui peut- être ?
      La prochaîne fois
      Déplacer les élèves dans des casernes pour y bénéficier de cours d’éducation morale et civique par des enseignants professionnalisés et masqués ?

      « pour défendre sa population.  »
      Mais quelle est elle sa population ?
      Il s’agit pour l’Etat de sa population Actuelle et future compte tenu de sa dynamique acceptée et maîtrisée, pas de sa population paysanne et quasi totalement chrétienne d’il y a 2 siècles qui avait réussi une révolution bourgeoise au nom des lumières.
      Il y a donc un décalage flagrant entre les idéaux agités officiellement, héritage culturel de populations autochtones encore majoritaires et la réalité de la population naturellement attachée à son déterminisme familial, culturel et ethnique diversifié, libéré de la pression du groupe national, par une information mondialisée universellement accessible.

  8. L’homme est ainsi fait qu’il est un animal social.

    A ce titre un individu seul se retrouve très vite en danger, son seul moyen de subsister est d’intégrer un groupe social. Ce groupe social a ses propres valeurs, ses propres lois etc…

    Quand on est enfant on est d’abord intégré dans le groupe social de ses parents et cela est généralement poursuivi au moins jusqu’à ce que l’enfant devienne un jeune adulte, celui-ci pouvant (potentiellement) alors quitter ou non son groupe social précédent, et encore même là il se met dans un position de risque.

    Cela est valable pour tout humain ou quasiment. Contrairement à ce que l’on pourrait penser l’adhésion à un groupe n’est généralement pas basée sur un savoir ou le savoir qui permettrait presque à tous d’adhérer au même groupe (on peut trouver ce genre de tentative en Chine mais en fait ce n’est qu’apparence d’une multitude de sous-groupes), mais plutôt à ce que l’on pourrait appeler des valeurs, cela peut être une manière de s’habiller, de cuisiner ou l’adhésion à des croyances qui comme elles sont à l’intérieur d’un groupe que l’on peut aussi désigner sous le terme de religion.

    Pour bien s’identifier à un groupe on vous demande toujours d’adhérer à ses croyances, que ce soit une religion mais c’est aussi ce que l’on vous demande la plupart du temps dans un entreprise en devant adhérer à « ses » valeurs (qui ne sont généralement même pas définies mais à déduire du comportement des autre individus par imitation de cette même entreprise et qui serait un soi-disant socle commun ou de but commun (supposé : faire gagner de l’argent à l’entreprise (ou en dépenser puisque plus vous en dépensez plus vous représentez un gros budget et plus vous êtes puissant dans cette entreprise))(opposition de croyance d’un niveau n-1 à n, n+1 etc… de croyance dans les entreprises).

    Tout cela pour dire que demander à un enfant de nier les croyances de son groupe est un quasi suicide social, et si cela peut se faire, cela n’est possible qu’à certain moment de la vie, et même d’une façon générale cela est très peu courant même à ces moments et quand cela arrive chez les jeunes adultes n’ayant pas toutes les clés cela se produit le plus souvent par des radicalisations, ou parfois des oppositions plutôt que l’adhésion à un autre groupe de valeurs très différent auquel on aimerait peut-être qu’il se rattache mais dont il n’a aucune clé.

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    1. Merci; et dans la société comme dans l’entreprise, s’il n’adhère pas à « l’implicite », il se trouve entourer de plafonds de verre, confiné !

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    2. Tout à fait d’accord, les ado n’ont pas encore les clés pour pouvoir discerner les fondements politiques, sociaux, économiques, religieux qui conditionnent leur existence. Ils devraient plutôt penser partir à l’étranger, à s’amuser, à écouter de la musique, à découvrir le monde, les ennuis viendront bien assez tôt, mais au moins ils seront mieux armés intellectuellement.
      Quitte à choquer certains, il y a bien d’autres exemples dans un passé récent – de façon à ne pas heurter les sensibilités, à ne pas jeter de l’huile sur le feu, à ce que ce ne soit pas ennuyeux et à prendre du recul- pour discuter de la liberté d’expression dans un cadre scolaire qui auraient conduits ces mêmes ados à lire Charlie Hebdo.

  9. Alors certains se dirent qu’il serait courageux d’afficher devant chez soi une de ces caricatures..
    D’autres pensèrent la chose, bien téméraire..
    Tandis qu’au dehors, le vendeur de journaux épinglait sur le fil « ses charlie » d’encre fraïche.
    Et moi je….et vous..quoi, dans le miroir?

    1. Bien vu, pas même le plus infâme Islamiste n’a pensé à s’en prendre à ceux qui font commerce des caricatures… Si c’est pour faire du fric ils sont automatiquement absout semble t il…

  10. Je ne sais pas à quel enseignement vous faites référence mais dans mon souvenir, celui que j’ai reçu était « méritocratique », c’est à dire à peu près à l’inverse de ce que vous racontez. Et donc absolument pas libérateur mais bien au contraire conformateur au dernier degré, jusque dans les études supérieures. Alors je ne sais pas bien de quoi vous parlez, si ce n’est de rendre un hommage éthéré à une manière d’enseigner qui, de mon point de vue, n’a jamais existé (ce qui ne justifie évidemment en aucun cas qu’on égorge un prof).

    1. Personnellement et je ne pense pas que vous soyez beaucoup plus jeune que moi (46 ans) mes souvenirs sont plus Bonapartistes et Jacobin que « méritocratique » au sens néolibéral ou il s’emploie de nos jours (aujourd’hui passer devant l’autre est un mérite en soi, à l’époque ça signifiait plus devenir … »premier de cordée » et Macron a bien su nous embobiner avec la nuance…)

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