66 réflexions sur « Vidéo – Veillée d’armes aux États-Unis »

  1. Bonsoir,
    Je me risque à un “pari” pour demain à Washington. Il ne se passera rien. Trop de policiers, militaires pour tenter une action violente concertée contre la présidence US.
    Ce qui est à craindre, c’est dans quelques jours, quelques semaines l’acte “isolé” d’un frappadingue voulant rentrer dans l’histoire, s’attaquant à la présidence voire sa famille. Le tout régulièrement alimenté par quelques commentaires acerbes de DT sur les mesures adoptées par M.Biden. Juste pour pourrir sa présidence.

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    1. Tout à fait d’accord. Vingt-cinq mille soldats de la garde nationale, ça pèse son poids.

      C’est même d’ailleurs trop, en un sens. Mieux vaudrait quelques milliers d’équivalents locaux de nos CRS : du maintien de l’ordre classique, “juste” plus efficace que ce qui s’est passé le 6 janvier au Capitole. Ce serait mieux pour l’optique – des policiers, pas des soldats en armes – et au moins aussi efficace sinon davantage.

      Reste évidemment que l’Amérique est tout aussi divisée que le 6 janvier. La meilleure hypothèse est que Joe Biden sache se hisser au-dessus de lui-même et forcer son entourage à le suivre afin de mener une politique qui puisse vraiment rassembler une grande majorité d’Américains – y compris donc les “déplorables” c’est-à-dire la classe populaire, qu’insultait Hillary Clinton et que Donald Trump a utilisés.

      Joe Biden a du moins l’intelligence de ne pas les insulter, en cela il représente déjà une amélioration par rapport à Madame Clinton. mais évidemment tout reste à faire. Sans compter bien sûr les déplorables de couleur noire, brune ou autre, que les Démocrates du moins n’insultent pas – mais encore reste-t-il à servir vraiment leurs intérêts à eux aussi, et ne pas se contenter de les utiliser, comme Trump de son côté a utilisés les déplorables de couleur blanche.

      D’ici là, le risque de violence politique demeure, par exemple contre les dirigeants ou les élus.

      Cela dit, au risque de paraître insensible, ce risque n’est pas si grave. En tout cas, loin d’être aussi grave que le risque que Biden s’avère un simple “Obama 3”, générant donc sans doute un “Trump 2” peut-être bien plus dangereux que l’original.

      Même en mettant les choses au pire, si un président américain est assassiné, il est remplacé par son vice-président. Et si elle est assassinée à son tour, eh bien elle aura eu le temps de désigner son propre vice-président auparavant. Il va de soi que personne ne le souhaite, mais on ne peut pas comparer le risque d’une ou plusieurs pertes humaines avec le risque d’échec politique à rassembler le peuple américain ou du moins à faire baisser la tension – ce qui nécessite à l’évidence une politique sociale affirmée. Car le second risque aurait des conséquences humaines… ***incomparablement pires*** que la perte d’une ou plusieurs personnes.

      1. Le parcours politique de Biden et l’équipe dirigeante qu’il met en place montre que la gauche démocrate , qui l’a porté au pouvoir , n’aura pas de place pour faire avancer ses idées sociales .

        Il fera un peu de saupoudrage pour calmer les esprits.
        Il engagera une politique extérieure de plus en plus agressive vis-à-vis des ses concurrents russo-chinois en utilisant l’UE.
        L’oligarchie , qui aura son pion , s’en sortira renforcée au détriment du “reste”.

        Business as usual

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  2. Je n’ai même pas fini de lire la vidéo, et j’en suis là aussi :

    Il y a plusieurs de mes connaissances, dont un ami, que je vois distinctement s’eloigner de moi, avec lesquels la conversation devient impossible.

    Ce sont des humanistes, des gens pas du tout prêts à faire de la colle avec leur prochain, et pourtant ils relaient une presse nauséabonde.

    C’est comme un dérapage très lent, petit à petit…

    Et moi, qui aie l’impression de rester sur la route, je suis incapable d’énoncer les principes qui me guident…

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  3. Oh ça avance, doucement mais ça avance, y’a pas si longtemps nous étions persuadés que la Terre était plate… Euh, elle n’est pas plate, hein, c’est sûr…!? 🙂

    1. Vous et moi savons bien qu’en réalité, les bateaux qui passent subrepticement sous l’horizon à quelques km d’encablure sont entourés d’un gaz spécial destiné à cela ;
      d’ailleurs j’ai l’oncle de ma bru qui à des doutes sur l’usage du gaz qu’ils fabriquent dans l’usine où il livre régulièrement des colis: ça s’appelle “l’os-qui-gène”, ce qui est sûrement un nom de code pour ce genre de chose (:;)

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      1. @timiota Certains théoriciens non-orthodoxes, expliquent même que la trajectoire optimale optique n’est pas droite mais gauche.
        En effet l’atmosphère peut être décrite par un gradient en altitude de ses caractéristiques optiques, qui dévient la trajectoire des rayons lumineux.
        Il en résulte cet effet d’horizon qui peut être modélisé par une terre sphérique pour conserver le principe du trajet rectiligne de la lumière.
        Cet artifice ne doit pas faire oublier que la terre est plate, comme peuvent le mettre en évidence expérimentalement certains phénomènes rares comme les mirages.
        Rejettant le vide intellectuel de cette approche, leur théorie originale qui ne manque pas d’air, est actuellement l’objet de disputes, après la mise en doute de l’effet de l’eau sur la transmissioin électomagnétique, qui lui avait valu initialement la théorie de l’eau-que-s’y-gène.

        1. En fait, “le chemin le plus court entre deux points est la ligne droite, à condition qu’ils soient bien l’un en face de l’autre”.
          P. Desproges bien sûr.
          Bon, je sens que Ératosthène tire la sirène d’alarme (pouf, pouf), et doit se retourner dans sa tombe, si il en a une. 🙂

      2. Puisqu’on aborde une fois de plus ce sujet, deux remarques:
        – la terre pourrait tout à fait être en même temps plate (au sens de plane) mais ronde (tout comme on dit d’un disque qu’il est rond)
        – si la terre avait la forme d’un disque il resterait à décider où placer le centre: pourquoi au pôle nord plutôt qu’au pôle sud, pourquoi pas au centre de l’Afrique puisque c’est là qu’il fait le plus chaud, ou bien exactement au milieu de l’empire du milieu ?

  4. Fatalité y a-t-il à ce que mille trumpismes éclosent ?

    Dans ma “théorie à deux sous”, la droite se caractérise par une … absence de théorie. Moyennant quoi ce qui remonte à la surface pour le discours politique est un “air du temps”, tissé des préoccupations les plus avantageuses pour les postulants aux suffrages du populo.

    J’utilise peut-être au-delà se son contexte le concept de “dynamique d’affect” pour donner une idée de cela.
    Dynamique qui a ses petites culminations ordinaires, comme l’agression de “Papy Voise” peu avant l’élection de 2002 (Chirac contre Le Pen). Tant que les boucs émissaires sont “dynamiques”, cela reste en surface. Election de 2012, évidemment, avec les attentats de Merah, il serait abusif de parler de “problème de surface” pour l’attentat lui-même, on peut le faire à la rigueur pour certaines parties de son déroulement.
    Et, faut-il le préciser, la dynamique en question reste orientée, par des effets de cliquets, vers le maintien des possédants, dans tous les modes implicites de représentation, etc. (d’aliénation) qu’analysent justement les sociologues (quand il en reste, notamment quand il en reste hors des logiques de récompense universitaire).

    La difficulté d’exister à Gauche est d’avoir besoin d’une théorie qui raconte la place de dominée qui décrit la classe principale dont les suffrages sont sollicités (travailleuse, ou autre définition par appartenance à un ensemble vaste de minorités etc.) , et qui est censé avoir les leviers la favorisant si ladite Gauche passe au pouvoir. Les risques sont forts :
    1- qu’une classe ne soit pas trouvée (pas de marqueur lui donnant des appuis pour former son identité de classe, c’était censé être, suivant Marx, la logique même du prolétariat, d’inspiration hégélienne, qui faisait ce job automatiquement aux stades de plus en plus poussés du capitalisme)
    2- que la théorie ne convainque pas, s’effiloche, se divise, soit si polarisante qu’elle fait fuir
    3- qu’une fois arrivé au pouvoir, les leviers ne sont pas actionnées, soit que d’autres leviers plus efficaces les contrent, soit que le reniement soit plus dans les gènes d’une haute fonction publique ou autre état “profond”.

    Le succès de la révolution française peut être vu comme un cas plus “bourgeois” que de gauche, même si la bourgeoisie a su accompagner la façon dont le peuple “s’est institué” comme centre de la politique (je reprends le terme de Sophie Wahnich).
    Les succès suivants tardent, comme chacun sait, 1830, 1848, 1870, l’exode rural nourrit un flux mais dans une population urbaine et ouvrière déjà capable d’une conscience de classe et porteuse d’un besoin de casser les conservatismes et les exploitations.
    Un gouvernement démocratique de gauche doit quasiment attendre 1924 puis 1936 pour advenir, même si entre temps chez nos voisins des Bismarck ont créé la sécu pour calmer les ouvriers, mais dans un cadre paternaliste plutôt qu’émancipateur (à ceux qui ne connaissent pas l’épisode Speenhamland (1796-1834) sur lequel s’appuie bcp Karl Polanyi, c’est un autre bel exemple de paternalisme, sur fond de “salaire garanti”).
    On a pu argumenter que c’est cette époque d’une “démocratie du charbon” qui a constitué une classe, les grandes industries structurantes jouant le rôle qu’il fallait en terme de concentration de grandes masses.
    A l’après guerre, les formes choisies du keynésianisme et bien sûr le repoussoir de l’URSS font que la gauche ne réunit pas vraiment les 3 critères ci-dessus, c’est un centre droit, voire une droite gaullienne, qui agissent au-delà d’une dynamique d’affect, au sein d’une montée vers un futur technique radieux (années 50 et 60).

    Je passe sur les interprétations qu’on peut faire des épisodes Mitterrand &Jospin (ne parlons pas d’Hollande,la gauche en involution = la droite), toujours est-il que la situation actuelle pour la gauche est clairement, malgré le mérite de nombreux jeunes agissants dans la FI (Ruffin, Autain, M Aubry, …), un “anticlimax”. Aucune des 3 conditions ne semblent réunies :
    1) la classe n’existe pas, atomisée dans l’uber-économie, polarisée même dans les zones rurales par exemple entre des have not “cassoc” (cas sociaux) et des “have” très relatifs qui alimentent les gilets jaunes (prise en charge en zone rurale sans l’état, si on y arrive, ça donne des idées).
    2) Pour la théorie, mis à part les ici présents lecteurs de PJ, hélas c’est pas le pied, le succès des intersectionnalités et des minorités LGBTQ etc. en est une forme de témoignage. Certes en présence de domination, ces points de fixations du discours sont les “butte-témoins” de ce qui ne va pas, mais trop peu de route les relient, cela peine à faire système. Quand aux théories à fond écologique (justifié !) elles sont coincées dans diverses limbes et ne résolvent pas les apories qui se présente lorsqu’on les met à l’épreuve d’un réel lourd de ses cliquets, de sa “dépendance de chemin” dit-on en thermodynamique, malgré des Serge Audier et des Pierre Charbonnier, etc.
    3) Pour ce qui est des leviers qui semblent accessibles une fois aux manettes, l’affliction serait aussi à l’ordre du jour. Je pensais incidemment à un Martin Hirsch, passé par Emmaüs, et jouant le rôle du samaritain-politique pour l’APHP, alors qu’il justifie au fond les sabrages qui s’y déploient mis en évidence par le SarsCov2 . La toute puissance de Bercy et ses “portes à tambours” sont plus qu’avérées. Sans doute de meilleurs arguments existent, je ne veux pas trop me faire de mal.

    Bref, c’est un anticlimax de gauche. Donc une occasion pour ce qui reste de se replier sur la même chose que la droite en terme de type d’assiette servie : le brouet de la “dynamique d’affect” est tout ce qui reste, la distribution désordonnée des compassions, le passage par des luttes nassées, et d’autres figures qui donnent l’impression que les victoires ne seront pas là (et que les macroniens, souvent encore inexpérimentés, sont les plus à mêmes d’être à l’origine des balles dans les pieds qui les arrêtent de ci de là, on l’a vu sur “l’article 24”).

    J’en reviens donc au titre, pour deux sous : cet anticlimax et ce brouet d’une dynamique dévertébrée comme seul plat au menu (dévertébrée mais “dirigée” an sens de capable de stabiliser la classe dominante par ses sous-entendus), cela n’est-il pas ce qui dérive vers l’émergence du “trumpisme par la gauche” dont le journaliste parle à PJ ? Comme la même dynamique, qui est là “par défaut” il est vrai à droite, dérive vers cela ? L’expansion d’un certain vide, en somme, mais comme on dit en physique, un vide polarisé.

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    1. Bon, en résumé le capitalisme ça ne marche pas et les intermittents du petit théâtre politique n’y peuvent rien.

      Prochaine étape le fond de l’Atlantique, 4.000 mètres plus bas.

            1. Peu importe que l’orchestre joue « Nearer, my God to Thee! » ou bien la « Danse des canards », ça ne change rien au sort des passagers du Titanic.

                  1. « Rien de nouveau quoi… »

                    Exact. Mis à part le détail du 6 janvier et deux Amériques qui ne se parlent ni ne s’écoutent plus – et en l’absence de toute possibilité de réduire réellement les inégalités sociales puisque les généreux donateurs ont imposé un vieillard servile à l’investiture démocrate pour être certains que rien de fondamental ne changera -, tout va très bien Madame la Marquise.

                    Comme le disait un certain Roux Svelte (probablement un suprémaciste blanc adepte du fitness) : « Il n’y a pas de liberté individuelle sans sécurité économique. Un peuple affamé et sans emploi est la matière dont sont faites les dictatures ».

                  2. “Que rien de fondamental ne change”, je n’en sais rien, ça dépasse de loin mes tentatives de compréhension de ce monde… 🙂
                    D’abord éviter le pire, c’est fait.
                    Franklin Delano a dû croiser Bertolt : “Le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie mais son évolution par temps de crise”.

                    1. Non, le pire n’est pas évité bien sûr. Croire que Trump est le problème alors qu’il n’en est que la conséquence est une grave erreur.

                      La république étasunienne reste un système oligarchique dirigé par et pour les puissances d’argent et là-bas comme ici, sa poursuite ne peut aboutir qu’au chaos.

                      Au contraire, les paroles de Roosevelt et de Brecht vont-elles devenir d’une actualité encore plus brûlante dans les prochains mois, puisque contrairement aux souhaits de notre hôte qui nous dit que sortir du capitalisme est une question de survie, les dégâts humains, sociaux et environnementaux ne peuvent que s’accentuer sous la présidence Biden.

                      Tout changer pour ne rien changer et simplement l’assurance de voir se poursuivre la politique du pire.

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                    2. Si sortir du capitalisme est bien une question de survie, les institutions américaines toutes entières contrôlées par l’oligarchie sont donc le principale obstacle.

                      La république oligarchique et ploutocratique étasunienne est le problème et peu importe que ce soit Obama, Trump, Biden ou Miss America qui soit en charge d’amuser la galerie à la Maison Blanche. Ce système mortifère est en train de s’effondrer sous le coup des inégalités qu’il suscite et n’offre d’autre avenir que son maintien en vie via l’acharnement thérapeutique du fascisme.

                      Bien entendu l’instauration de la démocratie, le pouvoir du peuple et non de l’argent, reste très improbable. Mais la seule chose certaine est que le monde d’avant ne reviendra pas.

                    3. Donald n’est pas ‘le’ problème, c’est ‘un’ problème et un gros, un de moins maintenant, on peut passer à la suite… 🙂

                    4. Donald est le produit du système. Si ledit système était sain, les individus comme lui ne pourraient jamais prétendre à la présidence. Mais même « éliminé » judiciairement, il restera un problème puisque ses électeurs ne disparaitront pas. Et cela, dans le meilleur des cas.

                      Dans le pire, c’est quelqu’un de beaucoup plus dangereux qui pourrait rafler la mise du mécontentement, de la colère et de la haine.

                    5. Il y a maldonne Paul. Trump n’a aucune circonstance atténuante et mérite amplement de finir ses jours derrière les barreaux. Mais je partage –modestement- l’avis de Robert Malley : il ne faut surtout pas en faire un martyr car le remède serait pire que le mal.

                      https://www.franceculture.fr/geopolitique/robert-malley-ex-conseiller-diplomatique-dobama-pour-joe-biden-il-sera-difficile-de-remonter-la

                      PS : et je ne suis pas comme Biden un pur produit de l’establishment 😉
                      Surtout je pense que remplacer une classe sociale de prédateurs par une autre, qui s’empressera de faire la même chose, n’a strictement aucun intérêt.

                      Nous sommes des primates sociaux et le pouvoir nous rend littéralement fous – pour rester poli. C’est bien pourquoi nous devons le partager en remplaçant nos systèmes oligarchiques et ploutocratiques par la démocratie.

                  3. Etre parvenu à soigner le cancer nazi avec la ciguë néolibérale serait donc une avancée thérapeutique? Je suppose que pour le confort du malade on se verra prescrire l’opium du peuple…
                    “Demandez vous belle jeunesse” si le coup d’état aurait aussi échoué face à Sanders?….

    2. Très bien vu tout ça , Timiota ! Lumineux.
      Resterait donc à dépolariser le vide.

      Peut être en habitant ce vide, comme force agissante (le vide médian des penseurs chinois) et non plus subie, de manière à le dé-polariser. Il me semble qu’il existe des raisons de penser qu’il existe une potentiel pour cela qu’évoque le texte de ce billet d’ailleurs, à savoir qu’émerge tout de même une tendance contraire au néo-libéralisme, qui traverse y compris la droite, et donc a fortiori la gauche, même subrepticement, par exemple quand Lemaire oppose son véto à la reprise de Carrefour pour garantir la sécurité alimentaire des Français. C’est sans doute anecdotique, dérisoire, et même peut-être en la circonstance à coté de la plaque, peut importe, cela montre en tous cas qu’un fort désir du retour d’un réel pouvoir public est dans l’air et que le pouvoir ne peut plus l’ignorer. De même l’élection de Biden augure d’un retour de l’Etat fédéral, une forte implication pour des programmes sociaux. Tout cela ne fait pas une révolution joronienne, mais c’est peut-être l’amorce d’un mouvement de bascule, à moins bien sûr que comme le suggère Roberto que nous devions encore encore descendre dans l’abysse, peut-être irrémédiablement.
      Le rôle de repoussoir, mais aussi de contre-modèle obligeant l’Occident à maintenir en son sein des principes de cohésion, autrefois dévolu à l’URSS, semble aujourd’hui être tenu par la Chine totalitaire, elle nous oblige objectivement à relever un immense défi sous peine de perdre notre singularité ; la super-puissance chinoise en marche nous contraint à nous lester de l’individualisme qui mine nos sociétés, pour recouvrer des démarches plus collectives. Après tout, l’histoire de l’Europe n’a pas été marqué par le seul sceau de l’individualisme, la dignité absolue accordée à la personne fut d’abord une affaire collective, c’est l’aventure de l’Eglise catholique, puis de la Réforme, des monastères, des universités, des syndicats, et aujourd’hui de la foultitude d’associations en tous genres qui ont formé le tissus le plus vivant de nos sociétés. A contrario, en Chine ce tissus est combattu par le monopole d’un Parti jaloux de ses prérogatives.
      Et puis il y a cette pandémie dont on ne voit pas la fin mais qui pour cette raison même nous invite sans tarder à changer nos modes de vie puisque l’issue de la crise semble si incertaine. Les circuits courts qui se mettent en place ici ou là sont bien réels.
      Plutôt que d’appréhender le vide comme le receptacle de l’irrationnel, ce qu’il est, ne pourrions-nous pas alors l’appréhender comme lucidité du moment que nous traversons, nous pénétrant alors de l’idée, du sentiment, que la montée de l’obscurantisme est seulement une manifestation d’un doute plus général, nécessaire, celui qui s’empare des êtres perturbés par les destructions qui touchent nos sociétés et l’éco-système planétaire. Au lieu de transformer comme dans le trumpisme le doute en certitude violente et excluante, il s’agirait de le considérer seulement comme le point aveugle d’une mutation qui s’opérera déjà ici ou là à bas bruit et que l’on accueille. En cela le vide se fait créateur, c’est le creuset du nouveau à venir. Reste à trouver les formules politiques qui intègrent à la fois le plan et la figure, figure et plan n’étant rien l’un sans l’autre. Un plan parce qu’il faut de la rationalité pour résoudre les problèmes, une figure (au sen générique, mais ce sont aussi des hommes et des femmes) parce que cette rationalité ne peut s’imposer d’elle-même, qu’il faut que cette rationalité ait le visage d’une altérité bienveillante. Un nouvel humanisme. La politique ainsi redevient un art, alors qu’elle n’était que calcul, souvent électoral. Le vide politique au lieu d’être combattu, devrait ainsi d’abord être approfondi, nous y loger et en faire notre force, en attendant qu’adviennent les jours meilleurs.

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  5. Une des choses qui va ebranler sa base qui est assez croyante religieuse, c’est les accusations de viols si les procès aboutissent bien, sa nièce en parle dans cette video
    https://www.youtube.com/watch?v=8xV8Rgp_pLM

    les supporters de Trump resteront peut être à le defendre avec tous les procès qui attendent Trump surtout de fraude mais les viols ça risque de les perturber, en tout cas ils seront de plus en plus considérés comme des naifs idiots. En France , Trump a effectivement des supporters qui sont d’ailleurs déjà des supporters de Le pen ou ce que j’ai vu de Poutine rien d’etonnant de voir le profil de ces personnes qui en plus ne se rendent pas compte qu’ils sont de plus ridicules que rien n’arrive de ce qu’ils disent , j’ai eu des discussions très houleuses avec certains mais je remarque aussi que certains depuis quelques jours sont moins eloquents puisque nous arrivons au 20 et eux attendaient encore des révélations de Trump, vous savez que j’avais lu que qu’aujourd’hui le 20 Trump allait devoiler le nom des pedophiles et oui toujours cette obsession qu’ils ont mais quand ils vont voir Trump au procès en tant que violeur ça va leur faire une claque.

  6. On est affligé par ce que l’on perd qui nous tenait lieu de petite lumière rassurante, laissant espérer que dans le lointain, il y aurait toujours une lueur à laquelle se raccrocher, ou vers laquelle se diriger. La démocratie américaine, dans toutes ses imperfections et sa mauvaise foi, c’était un peu cela et l’on pensait les américains soudés derrière le drapeau et l’espoir de liberté (fut-il un peu illusoire) au-delà des clivages; ce qui nous rassurait et nous donnait un sentiment de protection.La classe politique s’est toujours dit “en cas de problème, les Américains seront là” et est allée jusqu’à se faire adouber dans des clubs d’influence un peu glauques.
    Je crois que ce qui est très dangereux, ce n’est pas Trump ou le trumpisme, mais ce qui a amené les peuples à promouvoir l’esprit matamore d’un Trump. Autrement dit , cette pusillanimité, cette procrastination, cette incurie volontaire de nos décideurs à s’attaquer aux vrais problèmes par concupiscence et collusion d’avec une déconfiture ambiante dont en fait ils profitent. Sarkozy déjà, avait fait du trumpisme en adoptant en partie cette attitude matamore ridicule, pour le résultat que l’on sait…Mais surtout, nous voyons bien que derrière les attitudes de matamores, ou de traîne-savates, se cache la même politique d’un conformisme acharné qui ne veut rien lâcher, qui ne veut rien changer , et même voudrait se venger du sort qui est en train de changer nos destinées, en aggravant dans un parfait déni les actions habituelles qui ont pourtant déjà montré leurs nocivités.
    Ce reportage est une parfaite illustration de tout cela et de ce que vous dénoncez depuis des années:

    https://www.youtube.com/watch?v=NN3EUAgmNPk

    On y voit dans un remake moderne, de l’histoire antique de l’île de Pâques, ce qui au font attends les Français à plus ou moins long terme:
    à savoir, une classe politique inféodée aux intérêts mercantiles qui mise tout sur l’exploitation et pas le développement durable.
    L’exploitation a causé la ruine du pays pour avoir trop creusé et l’effondrement de la société est advenu.
    Pour résoudre le problème, on se propose de creuser encore plus…incroyable!
    Les soi-disant investissements financiers (colossaux) devant garantir, une fois les ressources épuisées, le niveau de vis de la population, se sont bizarrement évaporés dans un micmac spéculatif entre les grandes compagnies exploitantes et les banques…(peut-être ce qui attend le monde arabe avec le pétrole)
    Tout ce qu’a acheté la population, ne sont que des biens de consommation non durables, pas réparables, difficiles à entretenir sans argent, et qui se retrouvent donc en ruine ou à la déchèterie . La population est presque renvoyée à l’âge de pierre….(ça c’est ce qui attend les Français qui ne produisent plus rien et achètent tout (délocalisations) ; et ce “tout” est de toute façon de très mauvaise qualité puisque c’est le lieu commun des entreprises actuellement que de produire de la merde)
    La population a, en plus, perdu tous ses savoir-faire ….Exactement comme les français qui font de l’esbroufe avec les “services” mais en pratique n’ont plus rien à fabriquer, et là où c’est encore le cas, on se dépêche de le vendre.
    NB/ un bon point pour Macron, ce reportage justifie de l’établissement du crime “d’écocide” pour calmer les velléités voraces des multi-nationales.

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  7. …mais, Monsieur Jorion, en quoi être anti-vaccin et être d’extrême droite sont liés ? Raccourci osé, non ? Mais je ne vais pas m’étendre sur les vaccins et leur efficacité, à chacun de se faire son opinion et le littérature ne manque pas sur ce sujet précis .

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    1. Tout à fait d’accord, depuis le début de cette crise, on est un extrémiste complotiste si on remet en question sa gestion…parfois même sans distinction entre extrémiste de droite ou de gauche, bonjour l’amalgame!
      Je suis attentivement vos vidéos Mr Jorion et vous remercie pour votre analyse précieuse sur la situation américaine, mais pour autant je continue de me poser des questions et je reste en colère contre les décisions qui ont été prises par le gouvernement contre la libre prescription des médecins par exemple (y/c leur liberté d’expression) et aussi sur cette façon de tordre le bras des gens pour leur imposer un vaccin qui serait la seule sortie de crise. Je prends rarement la parole, mais c’est une colère qui persiste depuis le moment où le gouvernement nous a dit de rester chez nous et d’attendre avant d’appeler le 15.
      Je vous invite à aller sur ce site https://stopcovid19.today/ ou sur celui-là https://reinfocovid.fr/ pour avoir un éclairage différent sans pour autant être anti vaccin ni penser que la terre est plate.

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      1. Le danger le plus pressant est pour ces gens qui imaginent encore “par inertie”, qu’ils sont “de gauche”, alors qu’ils tiennent de fait un discours entièrement d’extrême-droite. C’est cela qui leur permet entre autres de continuer à avoir une “opinion favorable” de la Russie alors qu’elle est passée du communisme soviétique à une autocratie de type classique. Ce glissement a d’abord entraîné la classe ouvrière (du PC au RN), et maintenant les intellectuels (je ne donne pas de noms, vous les connaissez).

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        1. La classe ouvrière du PC au RN.

          C’est bien plus compliqué que cela.
          Les cités minières du Hainaut , le long de l’Escaut , ont voté majoritairement lors de la dernière élection présidentielle à 60 – 65% Marine Le Pen face à Macron.

          Toutes ces villes étaient communistes et votaient auparavant majoritairement ( à +65%) pour le PC .

          Par contre lors des élections locales , la classe ouvrière revotent à gauche lorsque les élus font une vraie politique de gauche

          Pourquoi le PS qui avait plus de 400.000 adhérents n’en a plus que 60 à 80.000 qui ont renouvelés leur cartes et ne représente plus que 6 à 7% de l’électorat.

          L’électorat ouvrier qui a souffert et souffre des fermetures et délocalisations et subit le chômage revotera à gauche quand il y aura un vrai parti de gauche qui appliquera une vraie politique de gauche et d’emploi.

          1
        1. @François Corre
          On peut douter de l’hydroxychloroquine et de l’absence de masques

          sauf que :

          Rudy Reichstadt est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence (2004)
          pour lui complotisme et conspirationnisme sont synonymes
          le site est devenu une véritable agence de presse en ligne avec différents contributeurs.
          et constitue un agent d’influence aux thèmes préférentiels.
          https://www.journal-officiel.gouv.fr/associations/detail-annonce/associations_b/20170014/1704
          lié à la “Fondation Jean-Jaurès” dans la nébuleuse du parti socialiste et financé par le gouvernement.

          tout n’est peut-être pas si simple
          https://la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/tous-complotistes-vraiment
          https://www.lelibrepenseur.org/rudy-reichstadt-un-opportuniste-de-la-galaxie-neo-conservatrice-sioniste

          le thème n’est pas nouveau
          https://blog.francetvinfo.fr/charles-enderlin/2008/10/14/conspirationnisme.html
          Mais reste d’actualité
          https://www.fondationshoah.org/antisemitisme/conspiracy-watch-la-construction-dune-pandemie-juive

          Tous les soignants bien intégrés et reconnus ne sont pas complotistes :
          https://www.edimark.fr/Front/frontpost/getfiles/24845.pdf

          références à lire:
          http://www.slate.fr/source/63717/rudy-reichstadt

          un peu de pub Bientôt à Albi
          https://www.ladepeche.fr/2020/01/21/resister-au-complotisme,8675459.php

          ce qui incite à réfléchir (autre question sur le Blog) :
          https://www.huffingtonpost.fr/rudy-reichstadt/donald-trump-le-45eme-president-des-etats-unis-est-il-un-espio_a_21660670/

          1
  8. Le trumpisme comme mode de pensée ( et de mon point de vue prenant son expansion tout azimut du fait de notre civilisation actuelle , celle de l’image) …

    Type de pensée fermée propre au trumpisme actuel :
    « Je fonctionne dans l’implicite, je reste dans le flou, dans ce qui vient à l’esprit sans effort, je fais des amalgames. »

    Amalgame ? » Pseudo Chrétiens « capables de violences , rejetant l’étranger et Chrétiens soignants les victimes de violences , accueillants pour l’étranger , tous dans le même sac ?

    1. En tentant de creuser le mystère cette pensée de type trumpiste qui semble se répandre sur toute la planète , un lien possible : la culture de l’image et de l’ėgo engendre forcément la violence .

      Un certain Daniel Favre
      Enseignant-chercheur en Sciences de l’Education à l’ESPE de Montpellier a fait un travail remarquable ( 2014) sur , entre autre , le «  déficit d’autorégulation lié à la pensée dogmatique «  : la violence .
      Étranges ressemblances avec un monde connu où sévit un bonhomme de couleur orange.
      Extrait :
      A propos de la pensée fermée
      « 1.Je fonctionne dans l’implicite, je reste dans le flou, dans ce qui vient à l’esprit sans effort, je fais des amalgames.
      2.J’affirme, je fabrique des vérités absolues en utilisant le verbe être au présent de l’indicatif, je crée une pensée que je ne peux plus changer
      3.Pour donner plus de force à mon propos, je ne prends en compte que les faits qui collent avec lui et oublie ce qui ne rentre pas dans ma “théorie”, je fais donc des généralisations abusives
      4.Je suis possédé(e) par ma pensée du moment, « j’en suis sûr ! », à ce moment là (seul ou en groupe), je n’ai pas conscience de la projection de mes désirs et de mes peurs sur les autres, sur le monde. Je deviens un(e) autre… »

      Enfin, bon , moi , j’dis ça , j’dis rien … au royaume des sachants , les cancres ont grand plaisir à regarder par la fenêtre, le tout bercé par la douce musique d’une ambiance studieuse .
      Ça change du piquet.

  9. La lente dérive d’une partie de la Gauche vers le fascisme fait penser à Doriot et au parti populaire français. Enfin il me semble.
    D’autres que moi pourraient peut-être en tirer d’utiles leçons.
    Mais ai-je raison d’inviter au rapprochement avec ce que nous vivons et… allons vivre ?

    4
  10. Bonjour,
    Je regarde vos vidéos assidument depuis le premier confinement (c’est pour dire que je ne débarque pas tout à fait ^^).
    J’aimerais mieux comprendre le début de cette vidéo : “Le journaliste me dit “qu’est-ce que vous pensez de ça ?”” De “ça” quoi exactement ? Qu’est-ce qui est de la pensée complotiste d’extrême droite ? Quelles sont les personnalités de gauche qui ont un discours antivax et populiste de droite ? Pourriez-vous être plus spécifique s’il vous plaît ?
    Pour moi cela fait partie des choses les plus alarmantes dont vous avez parlé, et j’aimerais beaucoup que vous le développiez.

    1. Je ne pense pas que ce journaliste aimerait que je sois plus spécifique : vous vous souvenez peut-être de cette occasion dont j’ai parlé où le reporter (que je connaissais bien) n’avait rien publié de la partie “officielle” de notre entretien et avait publié à la place uniquement la partie “off the record”, j’étais furieux. Je ne veux pas me rendre coupable de la même pratique. Curieusement, la conversation portait déjà sur la même personne, dont les déclarations inquiétaient donc déjà il y a plusieurs années.

      1. Medellín, le 20 janvier 2021

        @Paul Jorion

        La raison, la paix et le bien-etre pour toutes et tous rentront en scene et s’imposeront.

        https://blogs.lse.ac.uk/usappblog/2020/09/20/book-review-the-price-of-peace-money-democracy-and-the-life-of-john-maynard-keynes-by-zachary-d-carter/

        Ne perdez surtout pas, s’il vous plait, votre contribution intellectuelle et émotionelle a la réalisation concrete de cette réalité, votre subtil et grand sens de bon humour et votre grand coeur.

        Et, ce que nous pouvons apprendre toute et tous de ce miracle du processus de la paix en Colombie, le processus le plus innovateur de paix dans l’histoire humaine, toujours, toujours 4 (quatre) pas, et ne pas oublier de ne jamais sauter un de ces quatre pas:

        1. la recherche de la vérité
        2. la justice
        3. la réparation du dommage causé
        4. LA GARANTI DE LA NON-RÉPITITION

        C’est pour CETTE raison que Juan Manuel Santos, ex président de la Colombie, Prix Nobel de la Paix, a été invité aujourd’hui a Washington par M. Biden, et pas son successeur qui n’a pas cessé de tous moyens de pousser la ré-élection du type qui échappe a Floride aujourd’hui, ces DEUX re-commencant la guerre en Colombie, y comprise la fumigation.

        L’essentiel, le grand secret, et le défi dans chaque vie humaine est d´élargir ses degrés de libertés de choix.

        Dans les crises, cet essentiel s’accentue et se renforce.

        (cfm Erich Fromm, ¨Le coeur de l’homme¨, https://docs.google.com/document/d/1Dzm6Lks5jruU_Ygi6tSL8kGBlzWPZGO781joF_HWKQM/edit , 1964.)

        b.a.v. cher Paul.
        jl

      2. D’accord, je comprends mieux, merci.
        Toutefois, pourriez-vous me préciser si les propos « populistes d’extrême droite » des hommes politiques en question ont été également tenu en off au journaliste ?
        Si l’on ne peut arrêter la marrée, il faut tout de même alerter comme vous le faite afin de mettre un maximum de gens à l’abri, et pour cela il faudra bien faire en sorte d’être plus spécifique selon moi…

          1. Ha ha !
            Non, je ne me permettrais pas !
            C’est que le sujet m’intéresse vraiment. Je me revendique moi même de gauche, et ce que vous dites m’inquiète. Il ne faudrait mieux pas trop se rater à la prochaine élection…

            Pour être tout à fait franc, je dois ajouter qu’aux dernières présidentielles j’ai voté Mélenchon. Il reste le leader de gauche qui me semble le plus intéressant. Comme on l’appelle souvent populiste (rarement au sens noble) et qu’il a récemment exprimé des réserves sur un des vaccins (comme Axel Kahn d’ailleurs), je me demandais s’il pouvait être la personne dont vous parlez. Mais ça m’étonnerait car, vu comme il connaît bien Jaurès, je n’imagine pas qu’il n’ait pas lu Marx et compagnie…

      3. Des pudeurs de gazelle Mr Jorion ?… 🙂 🙂

        On sait bien qui est en tête de votre liste, sans surprise : roulement de tambour ………….. : M Onfray bien entendu ! 🙂 🙂 🙂

        Ceci dit on peut très bien exceller sur la couleur des choux et être complètement à côté sur celle des bonnets….

        Je vous laisse décider si vous considérez qu’il s’agit d’un droit de réponse ou non vu que c’est vous qui avez la liste :

        https://youtu.be/tAF1NKPjDFI?t=1178

        https://youtu.be/tAF1NKPjDFI?t=3440

      4. Ha ha !
        Non, je ne me permettrais pas !
        C’est que le sujet m’intéresse vraiment. Je me revendique moi même de gauche, et ce que vous dites m’inquiète. Il ne faudrait mieux pas trop se rater à la prochaine élection…

        Pour être tout à fait franc, je dois ajouter qu’aux dernières présidentielles j’ai voté Mélenchon. Il reste le leader de gauche qui me semble le plus intéressant. Comme on l’appelle souvent populiste (rarement au sens noble) et qu’il a récemment exprimé des réserves sur un des vaccins (comme Axel Kahn d’ailleurs), je me demandais s’il pouvait être la personne dont vous parlez. Mais ça m’étonnerait car, vu comme il connaît bien Jaurès, je n’imagine pas qu’il n’ait pas lu Marx et compagnie…

  11. J’ai écouté la vidéo hier soir, et elle m’a laissé dans un malaise. Vous évoquez la dérive droitière “trumpiste” de personnes de gauche, y compris plusieurs personnes importantes, telle qu’elle ressort d’une conversation avec un journaliste bien informé. Semble-t-il, de vos mots sibyllins, des prises de positions loin de “principes de gauche”. Mais pas de noms, pas de faits, pas de précisions. Juste une conclusion implicite que je résumerais ainsi : “c’est foutu chez nous également”.
    C’est trop ou c’est trop peu. C’est de l’ordre de la rumeur. Nous ne pouvons pas réagir ou agir. Juste propager la rumeur ? Je résiste.
    1/- Le trumpisme, c’est d’abord une situation sociale où une part importante de la population s’est enfermée dans une position de forteresse assiégé, celle du “nous les petits blancs, notre patrie va nous être volée par des traîtres, des gauchistes, des gens qui font passer l’équité et la protection sociale et l’ouverture internationaliste, etc., avant nos intérêts, nos privilèges, et notre sacro-sainte liberté”. Avec l’arrivée d’Obama et la crise de 2008, cette situation s’est concrétisée notamment dans le mouvement “Tea Party”. Mais elle provient d’une histoire ancienne et mal “digérée” du pays. Là-dessus, est surgi une personnalité dérangeante, qui a proposé de prendre le pouvoir pour réaliser les ambitions clivantes de cette part importante de la population. Et pour y arriver, il a asséné une certaine lecture non consensuelle de la réalité et, pour une part, lecture délirante et délinquante.
    Cette situation peut-elle surgir ailleurs ? Bien évidemment. Ainsi l’Allemagne n’a pas encore bien digéré la réunification et d’autres pages douloureuses de son histoire, l’Autriche, les Pays-bas, l’Italie, la France, la Belgique pourraient se retrouver dans cette situation. Situation où un clivage prend corps au sein du corps social et menace sa cohésion, rendant toute conciliation/réconciliation ardue et lointaine. C’est souvent la partie dominante qui connaît une telle dérive “victimaire”. Néanmoins, les conditions sont très diverses suivant les pays, et il n’apparaît pas toujours une personnalité apte à mobiliser sur base du clivage apparu.
    2/- Autre chose est le délitement du camp de la gauche en Europe. Nous subissons une profonde transformation de notre structure sociale, avec l’évolution de l’emploi industriel et avec l’effondrement de notre consensus social-démocrate sous les coups du libéralisme, profitant du déséquilibre induit par l’effondrement du camp soviétique. Comme vous l’avez dit, la propension à gauche à se diviser et se traiter en ennemis multiples plutôt qu’à trouver une direction commune est une maladie surprenante (Lénine : Le Gauchisme, maladie infantile du communisme).
    Je ne vois pas comment ces deux phénomènes peuvent interagir, entre clivage socio-politique d’une part, et unité organisationnelle entravée d’autre part.
    (Bien sur, on devrait ajouter bien des nuances, mais ce serait trop long. Et je me trouve à pointer du doigt une attitude que je juge critiquable, alors que je devrais coopérer vers l’unité… ).

    3
  12. ?
    Je me gratte le crâne, me demandant si tous ces déferlements de puissances négatives qui fleurissent en ses multiples variantes selon que l’on d’un bord plutôt que l’autre, d’un pays plutôt que d’un autre ne sont pas vecteurs et suppôts d’une tragi-comédie déjà passablement orchestrée sans que l’on en n’ait eut à aucun moment conscience.
    Ne sommes nous pas immergés dans une épidémie ? Une épidémie mutante de type Covid…
    Je me gratte le crâne encore … pensant tout haut : si le virus se nourrit à plaisir de l’agressivité des sujets qu’il visite …. il peut aisément puiser à cette source et propager lui-aussi cette virulence acquise à nos chers contacts et en ses divers composants puis transmettre puisque c’est son mode de propulsion, et s’en donner à coeur joie.
    Toujours me démangeant l’occiput : Pourquoi lui servir de carburant ?
    Ne faudrait-il pas plutôt demander aux gens de se calmer, et éviter ainsi de rendre l’épidémie encore plus contagieuse, à défaut d’ajouter du malheur à ce qui nous accable.
    Affable, me voilà devenu.

    1. C’était je crois le sens du discours de Biden.
      J’ai particulièrement apprécié sa minute de silence en hommage aux morts de la pandémie aux US. Moment très fort.

      1. Moi j’ai surtout retenu , dans ce qui n’était pas surtout destiné à refaire société américaine , un passage plus orienté vers l’extérieur et le reste du monde :

        ” Les USA veulent passer d’une politique de donneurs de leçons par leur puissance , à une politique de démonstration de bien fondé par l’exemplarité et les faits .” ( enfin , c’est ce que j’ai compris sinon traduit mot à mot ) .

        C’est ce dont l’humanité a besoin et ça n’est pas le plus simple à faire .
        On aimerait que ce soit une ligne de conduite pour les 192 de l’ONU .

        PS : je n’arrive pas à me faire à la convocation de dieu dans les standards américains , même si Poutine en fait autant pour se mettre dans la poche l’église russe en allant prendre son bain ce jour d’épiphanie orthodoxe ( et le Kremlin communiste a bien aussi rendu honneur et sépulture à Nicolas II en 1998 je crois )

  13. Au cours des dernières décennies, combien de fois des ouvriers désespérés ont-ils menacé, en France, de faire exploser leurs usines ? Sans être pris au sérieux. Pis, en ne recevant pour tout encouragement que des propos ineptes sur la concurrence, la nécessité de travailler toujours plus pour ne pas désespérer les nababs et la confiance dans les vertus inépuisables du marché. Combien de fois, alors, ai-je songé qu’un jour viendrait où des femmes et des hommes mettraient vraiment leurs menaces à exécution ? Que le brandon enflammé, dans quelque endroit imprévisible, mettrait métaphoriquement le feu à la plaine. Et qu’en quelques jours, quelques semaines, quelques mois, tout ne serait plus que cendres. Et on ne relève pas, on ne répare pas des villes en cendres ! On ne remet pas debout un monde que les flammes ont désemparé.
    Rien de cela ne s’est produit, sommes-nous tentés de songer ? Peut-être, sauf à considérer que des incendies ont déjà été allumés que nous n’envisageons pas comme tels. Des électeurs de Trump – de quel Frankenstein est-il la créature ? de quel laboratoire s’est-il échappé ? – des électeurs de Trump donc, venus des classes populaires en grande difficulté, ont foutu le feu un peu partout qui s’est dernièrement étendu au Capitole ; et joignant le geste à la parole, des électeurs, en France, venus de la gauche traditionnelle ont choisi depuis vingt ans environ de remettre leurs espoirs dans les mains du Rassemblement National en attendant pire ; les exemples ne manqueront pas à ceux qui étudieront attentivement ces questions. Tous ces malheureux condamnés pariant sur la certitude ultime qui les tient encore d’aplomb que la meilleure chance qui leur reste est de détruire absolument tout. Puisqu’il faut perdre, que tout le monde perde ! Seule manière d’en terminer avec des inégalités jugées à jamais irréductibles. Mais ceux qui les manipulent ne nourrissent pas la même attente.
    Nombreux sont les pompiers découragés, épuisés, dont les voix peinent encore à se faire entendre pour mettre en garde et alerter. Et de plus en plus nombreux sont, a contrario, les pompiers pyromanes dont les propos haineux, racistes se libèrent pour libérer des colères et attenter à nos vies, persuadés qu’au bout du compte, ils profiteront, comme c’est leur ambition secrète, du système capitaliste qui les a couronnés, qu’il suffirait donc de ranimer, gardant le silence sur la vanité d’un projet qu’ils mettent en vente pour l’étoffe de l’âme des peuples. Car la peur de manquer qu’ils ne chercheront pas à combler ni celle de mourir qu’ils ne s’emploieront pas à apprivoiser demeureront à jamais les ressorts de leurs existences sans but ni signification.

    1
  14. Vous cher “maître “Jedi” (M. Jorion) qui nous avez enseigné, entre autre raisons, la diversité, complexité des passions “ressentis” pour la science fiction, vous n’ignorez pas, où ne pouvez ignorer, ce que les messages “subliminaux” des “remise à jour”, des remises à niveau”, des “actualisations” – de séries du “monde d’avant” du genre “Star Trek”- peuvent être instructives, s ile culte de la symbolique des principes moraux et de sens éthiques reste essentiel/où à essentialiser…

    En ce sens; la série “Star Trek : Discovery” nous enseigne t-elle pas que le danger (tous les risques se concentrant aux bénéfices privatisables, individualistes) peut résider dans : peu importer les moyens, dans l’inconnu, l’indécision et les doutes y régnant (comme y règne toutes les distorsions, dystopies/utopies irréaliste, à l’horizon d’un trou noir)…. pourvu que la finalité aboutisse à un résultat que seulement trois saisons de quelques dizaines d’épisodes – comparativement à des protocoles de narration/description des symboles plus complexes, longs, complémentaires… – suffisent à “faire vendre” aujourd’hui un “Trump président”, un duel mortifère entre Macron/l’extrême droite et droite extrême, et même des “vaccins à arn.m” contre la covid-19, n’immunisant que “l’égo contaminateur”…?

  15. En attendant, le Donald ne s’est pas suicidé dans son bunker de la Maison Blanche… Faut croire que dans la grande et belle famille des “narcissiques pervers” il n’était vraiment pas au niveau d’Adolf. Il doit trop s’aimer pour se supprimer.

    1. Hitler ne s’est suicidé qu’à l’issue de son coup d’état réussi… à l’issue de celui qu’il a raté il a fait patiemment ses années de prison en attendant son heure…

  16. Je ne vois pas de quelle personnalité de gauche parle Jorion (il est vrai que les éléphants ne m’intéressent plus) , mais il y a peut-être derrière l’engouement pour poutine, une pensée stratégique qui vise à séparer la Russie de la Chine pour s’éviter d’avoir à gérer une alliance Chine/Russie qui ressemblerait aux puissances de “l’AXE”.
    Je sais qu’Attali est favorable à un rapprochement avec la Russie sans doute dans cet esprit….Et sans doute avec des concessions dirons-nous à peu près, moralement acceptable.
    Personnellement, je ne suis pas trop d’accord avec Paul Jorion sur la Chine, même si ses arguments portent plus loin que les miens, ce qui devrait m’inciter à changer d’avis; mais que voulez-vous on ne se refait pas…
    Je crois que la chine offre sciemment son peuple (et ses parias sous aliénation et répression étatique) , à l’exploitation de quelques magnats occidentaux (qui en retirent de juteuses marges pour de meilleurs dividendes), dans le seul but de détruire les entreprises européennes qu’elle incite à la délocalisation. Le commerce du point de vue des mercantilistes c’est un acte de guerre qui pousse sa logique de domination jusqu’à l’absurde, car in fine il détruit ses clients. C’est donc une idéologie de “militarisme soft” visant la domination et la conquête, pas le développement par l’échange. Et on devrait s’interroger sur l’Allemagne qui suit en Europe les mêmes logiques mercantilistes.
    Je crois que le mercantilisme est un danger supérieur au libéralisme. Et la façon dont la Chine l’exerce est encore plus dangereuse , car elle l’exacerbe par une économie de surproduction assumée, subventionnée pour noyer de ses produits tout autre marché concurrent. C’est une économie d’obsolescence programmée et de paupérisation des savoir-faire étrangers, qui ne peuvent plus se rémunérer même d’un travail de qualité.
    La Chine nous vend la corde pour nous pendre et nos décideurs sont d’accord. Il n’est qu’à voir le peu d’entrain à relocaliser l’industrie et à protéger nos productions .
    Les décideurs jouent un jeu dangereux, car ils entraînent avec eux dans le naufrage, toutes les bonnes volontés qui les ont portés (les militants) . Prise de conscience, préoccupation de l’autre, envie d’agir, solidarité , fidélité et connivence intellectuelle, s’en trouvent bafouées. Cela perd des valeurs qui nécessitent un minimum de confiance et valorise les analyses cyniques dont souvent la base est la paranoïa et n’a rien à voir avec un cynisme qui dénonce l’absurde comme celui de Diogène. La méfiance peut apparaître alors comme l’expression de l’intelligence et la confiance comme une preuve de naïveté.
    Si ces valeurs s’inversent ainsi dans une organisation politique, alors il ne reste plus que ceux qui y sont pour poursuivre leurs intérêts bien compris, l’organisation devient un panier de crabes , la finalité devient la lutte des classes (du riche contre le pauvre et de l’autodéfense du pauvre contre le riche) au détriment de la construction d’un destin commun.
    J’avoue une certaine déprime quand je vois la classe politique s’écharper à l’assemblée sur des slogans crétins, les uns criant “islamo-gauchistes”, les autres répondant “islamophobie”, quand aucune des problématiques de dumping social, écologique, fiscal n’est traitée et que les crises énergétiques, économiques, spéculatives, écologiques frappent à notre porte.
    On a élu des cocottes de luxes qui ne savent que remuer la poussière dans un vacarme de querelles de poulailler!

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    1. La Russie comme l’Europe ont un rôle dans la relation USA Chine . L’Inde aussi sans doute . La Russie a des atouts et des handicaps forts , mais à long terme il me semble quelle a tout “à ne pas perdre” dans la recherche d’une paix internationale , en évitant les provocations ( ou reçues comme telles ) qui pourraient rapidement faire dégénérer la situation et causer plus de morts que le coronavirus .

      On va voir si USA et Chine sont aussi exemplaires qu’ils se le disent .

      Pour la Russie , avec Navalny , je crois qu’elle a désormais un coup de retard sur le jeu d’échec si elle veut y jouer solo .

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