Journée d’étude « Science-fiction, religion, théologie », « Prédestination et futurs contingents chez Philip K. Dick », le 21 avril 2021

Le 21 avril aura lieu à l’Université catholique de Lille, une journée d’étude « Science-fiction, religion, théologie ». Vous trouverez ici l’appel à communications.

Voici un résumé de ce que j’y dirai.

« Prédestination et futurs contingents chez Philip K. Dick »

Parmi les auteurs classiques de science-fiction, l’Américain Philip K. Dick (1928-1982) est l’un des très rares à mentionner expressément la théologie parmi les thèmes qu’il entend couvrir, et le seul à ma connaissance à avoir consacré un roman exclusivement à des thèmes théologiques : La transmigration de Timothy Archer (1982), même si, exceptionnellement dans son œuvre, ce texte ne relève pas à proprement parler du genre science-fiction puisqu’il s’agit d’une transposition à peine voilée de la vie de l’évêque épiscopalien James Pike [1913-1969], accusé d’hérésie de son vivant, et qui fut à une époque le propre beau-père du romancier. Le fait cependant que ce roman ait été écrit alors que Dick se savait en fin de vie a conduit la plupart des commentateurs à le considérer comme son testament spirituel. La transmigration de Timothy Archer ne fait par ailleurs que rassembler en un texte unique des thèmes que l’on retrouve en de nombreux endroits de l’œuvre de Dick, tels que 

1° quelle est la part qu’il nous est permis à chacun de nous, individus humains, de connaître du Réel (Être-donné kantien) dans lequel nous sommes plongés ?

2° le fait que notre sentiment d’un Moi repose essentiellement sur la continuité de notre mémoire, alors que celle-ci est altérable (d’intention délibérée par la consommation de drogues ou à notre corps défendant dans la folie), remet-il en question que la représentation que nous avons chacun de la destinée humaine puisse nous être commune, ou bien s’agit-il d’un malentendu fondamental ? pouvons-nous remédier au caractère éventuellement lacunaire de notre compréhension en rassemblant nos points de vue ? 

3° peut-on imaginer qu’un progrès technologique nous ayant permis de nous voir implanter une fausse mémoire, nous soyons dans l’incapacité de déterminer si notre passé a bien eu lieu ? (cas des « répliquants ») 

4° l’avenir est-il a) unique (déterministe), auquel cas nous sommes prédestinés à vivre un « destin » unique lui aussi ; b) ouvert, auquel cas nous disposons d’un « libre-arbitre » ; c) constitué d’un petit nombre d’options, que certains « voyants » parmi nous (cas des « precogs ») pourraient connaître ?

5° pouvons-nous communiquer avec les morts ? Et si oui, savent-ils l’avenir, ce qui ferait d’eux les « voyants » des quelques options qui nous sont ouvertes à chacun ?

Mon exposé visera à déterminer l’éclairage qu’apporte l’œuvre de Philip K. Dick, et plus particulièrement La transmigration de Timothy Archer, à la « Querelle des futurs contingents » qui déchira dix années durant l’Université de Louvain et qui avait été formulée ainsi le 13 décembre 1465 devant l’assemblée des étudiants et des professeurs : « Après que le Christ eut dit à Saint Pierre : ‘Cette nuit, avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois’, était-il au pouvoir de l’apôtre de ne pas renier son maître ? ».

Références :

Léon Baudry, La querelle des futurs contingents (Louvain 1465-1475), textes inédits, Paris : Vrin 1950

Philip K. Dick, The Transmigration of Timothy Archer, New York : Timescape Books 1982 

Philip K. Dick, autres ouvrages (passim)

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32 réflexions sur « Journée d’étude « Science-fiction, religion, théologie », « Prédestination et futurs contingents chez Philip K. Dick », le 21 avril 2021 »

  1. Très en désordre, et au risque de m’égarer plus qu’un peu dans le sujet – il est vrai vaste et profond – même de la seule première question : “Quelle est la part qu’il nous est permis à chacun de nous, individus humains, de connaître du Réel ?”

    Ma réponse personnelle serait “Pas grand-chose”.

    Utilisant des définitions basiques mais qui me semblent assez juste du réel comme “ce qui s’impose à nous même quand nous le refusons”, ou encore “ce dans quoi on se cogne” ou “ce qui nous surprend”, il en découle naturellement que chacun de nous connaîtra une partie du Réel, à mesure justement qu’il aura l’expérience de “quelque chose qui résiste” à ses idées préconçues, de quelque chose qui le surprend – voire lui fait mal parce qu’il s’y cogne ! Mais une vie humaine étant assez courte, et les expériences d’un être humain donné assez limitées en somme, il y a lieu de supposer que le total de tout cela ne se monte pas à beaucoup.

    Cependant, il y a la Science. Et dans un autre domaine la Philosophie. Et encore l’Histoire. Toutes sont des disciplines collectives, toutes me semblent contribuer à éclairer le Réel et en élargir notre connaissance.

    La science par un ensemble de méthodes de raisonnement et d’expériences permettant de construire et d’enrichir un corpus de connaissances transgénérationnel sur le Réel, ou disons sur certains de ses aspects. Ce qui est déjà beaucoup.

    La philosophie c’est davantage du “raisonnement pur”. Mais elle aussi se donne pour objectif de connaître, et pas seulement le Réel qui plus est, tout sujet peut lui être matière à réflexion.

    L’histoire, là c’est clairement davantage de l’ “expérience pure”. Cependant la connaissance qu’elle apporte est en prise d’autant plus directe sur le Réel, et c’est une connaissance très précieuse pour mieux comprendre le présent. Par exemple, on saisira sans doute quelque chose de Trump et des “populistes” en le comparant à Clodius du parti “populares” dans la République romaine finissante au premier siècle avant notre ère. Ou encore, la conscience et l’étude des civilisations humaines qui se sont effondrées (Mayas, Méditerranée orientale au XIIème siècle avant notre ère…) peut enrichir la réflexion sur les risques que court la nôtre. C’est que l’espèce humaine s’est déjà cogné un certain nombre de fois, et il vaut la peine de s’en rappeler, même si ça date de mille ou trois mille ans !

    Et après ces trois disciplines collectives de la Science, de la Philosophie et de l’Histoire, ces trois corpus construits de génération en génération… il y en a encore une quatrième, qui est souvent – pas toujours – plus personnel et individuel. Je l’appellerai le Mystère, faute d’un meilleur nom. J’entends les émerveillements.

    Les sentiments esthétiques que l’on peut éprouver – mais chacun les siens, et pas dans les mêmes circonstances – à la vue de tel paysage, en écoutant telle musique ou telle poésie. Et encore ce moment où l’on tombe amoureux.

    Il me semble qu’il y a là comme un “contact” rapproché, peut-être un contact particulièrement direct avec le Réel. C’est en tout cas quelque chose qui s’impose à nous sans que nous le choisissions. C’est encore quelque chose qui surprend. En cela il y a recoupement avec la définition dont je partais plus haut. Certes, il s’agit là d’expérience individuelle, non partageable comme le sont science ou philosophie… mais l’expérience est peut-être notre critère le plus direct du Réel.

    Il y a encore une autre dimension au Mystère, celle-là plus partageable, c’est l’émerveillement devant un fait que l’on découvre vrai – sans qu’il s’agisse d’esthétique ni d’émerveillement amoureux – et dont on a pourtant l’impression de ne pouvoir le comprendre. Je donnerai comme exemple : l’incroyable puissance des mathématiques.

    Et comme exemple de cette puissance, je prendrai cette égalité a priori baroque, et pourtant justifiable et surtout féconde :
    1+2+3+4+5+… = -1/12
    Il s’agit de l’affirmation que la somme de TOUS les nombres entiers positifs est égale à moins un douzième.

    A priori baroque voire aberrant. D’une part il n’y a pas de sens à considérer la somme d’un nombre infini de termes, sauf dans des cas très particuliers (théorie des séries) dans lesquels cet exemple ne rentre pas. D’autre part, à supposer qu’il y ait un sens quelconque, comment la somme de nombres de plus en plus grands pourrait-elle arriver au final à un nombre négatif ?

    Il se trouve que cette égalité peut être justifiée. Mickaël Launay en a fait une vidéo accessible y compris à qui s’est arrêté au niveau des maths du collège (1) Mais la justification fait intervenir des manipulations bizarres, qui tiennent plus des jeux de l’esprit, voire des enfantillages, que d’autre chose. Une fois visionné la justification, il y a toutes raisons de conclure à un jeu stérile de l’esprit, au mieux une amusette pour fous de maths, au pire une mauvaise blague.

    Et qu’est-ce que le Réel aurait à voir avec les jeux d’esprit de quelques êtres humains ? Sans parler de s’y plier : à coup sûr le Réel n’est pas déterminé ni ne suit la mauvaise blague d’un matheux !

    Sauf que… le Réel s’y plie.

    C’est ainsi que le physicien Hendrik Casimir, souhaitant résoudre un certain problème de physique, arriva un jour par ses calculs à une expression faisant intervenir la somme “1+2+3+4+5…” jusqu’à l’infini. Là-dessus, d’autres en auraient conclu “Absurde, j’ai fait fausse route, je vais chercher un autre moyen”. Mais lui choisit d’appliquer le calcul bizarre, l’enfantillage de matheux, et remplaça cette somme par la valeur “-1/12”. Ce qui lui permit d’arriver à calculer la valeur qu’il cherchait, c’est-à-dire à faire une prédiction sur le résultat d’une certaine expérience : si l’on fait telle et telle chose, il se passera ceci et cela, et on mesurera telle valeur.

    L’expérience fut réalisée… et la prédiction se vérifia.

    On a pu parler de “déraisonnable efficacité des mathématiques dans l’explication des phénomènes naturels”. Pourquoi, mais pourquoi le Réel se plie-t-il non seulement aux mathématiques, mais encore à des calculs si scabreux qu’on pourrait les croire simples enfantillages ? Pourquoi la mathématique, après tout activité humaine comme une autre même si comme toutes les autres elle obéit à ses propres règles particulières, est-elle si puissante, a-t-elle un lien si étroit avec le Réel que celui-ci trouve bon de se plier à ses moindres caprices ?

    J’en suis resté à l’émerveillement. Le lien étroit entre mathématiques et Réel est un fait à la fois vrai… et au-delà de ma compréhension. L’existence même de ce lien est quelque chose qu’il nous est possible de connaître du Réel. Mais le comprendre ?

    D’après ce que je sais, aucune autre personne n’a été plus loin que cet émerveillement. La formule “Dieu est mathématicien” n’est rien d’autre qu’une autre manière d’exprimer le même mystère. Elle n’apporte rien de plus.

    Le mystère demeure.

    (1) https://www.youtube.com/watch?v=xqTWRtNDO3U
    (2) https://scienceetonnante.com/2015/09/11/leffet-casimir-et-le-retour-de-12345-112/

    1. Les mathématiques sont la revanche de la raison sur notre inconscient. Faire des enquêtes sur des objets duals (le message se confond avec l’être) avec l’outil mathématique (le déterminisme incarné) ne peut que renvoyer des solutions “quantique”. On est piégé ! La “vérité” est ailleurs 🙂

  2. Merci Paul de faire découvrir au grand nombre ce livre qui m’a tant marqué il y a 30 ans. Cela a constitué un beau cadeau de fin d’année. Je vous avais déjà parlé de” Radio Libre Albemuth” que je lisais au moment de votre intérêt pour la députation européenne et du rêve que j’avais fait de vous. Je vous avait vu gagné certainement dans un autre monde! Ce livre est le prélude à la trilogie divine de Dick, Siva, l’Invasion Divine et la Transmigration constituant le corps de la trilogie. Vous avez certainement un fort message à faire passer en ce monde mais il doit en être empêcher. Vous êtes dangereux dans ce monde car vous n’êtes qu’un pâle reflet de ce que vous faites dans un autre. Soyez attentif!

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    1. Vous êtes dangereux dans ce monde car vous n’êtes qu’un pâle reflet de ce que vous faites dans un autre. Soyez attentif !

      C’est en effet le sentiment que j’ai aussi ! 😀 😀 😀

  3. 5° pouvons-nous communiquer avec les morts ? Et si oui, savent-ils l’avenir, ce qui ferait d’eux les « voyants » des quelques options qui nous sont ouvertes à chacun ?
    Les pratiquants de la religion Yoruba de Cuba se targuent le plus souvent de pouvoir dialoguer avec les morts de leur entourage, les ‘padrinos’ disposent de pouvoirs semblables, les ‘babalaos’ au sommet de la hiérarchie, se disent capables de prévoir l’avenir immédiat en matière d’évènements susceptibles de survenir pour le monde !
    Dans les relations que j’ai pu avoir à Cuba avec de telles personnes, mon côté rationnel m’a toujours amené à leur exposer cet argument imparable : « si vous prétendez connaître l’avenir de quelqu’un en basant cela sur les informations issues des morts, décrivez-moi précisément l’un ou l’autre évènement de ma vie que j’ai pu vivre antérieurement, et si vous-y arrivez, je devrai croire en vos balivernes… », ils cherchent encore 🙂

  4. “The man in the high castle” a été adapté en série.
    Comme je suis bon public, j’y trouve quelques satisfactions en terme d’ambiance, de décors (voir Berlin avec les bâtisses mégalomanes du projet de Speer- effrayant).
    La bande annonce n’est pas à la hauteur, comme souvent:

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  5. Il m’est arrivé assez souvent de dire à mes petits enfants : ” oui , oui , je sais , mais dès ce soir tu auras fait le contraire !” ..en le vérifiant assez souvent .

    Et personne , sauf Bernard , ne m’a jamais appelé Jésus .

    Pour le reste , je m’imagine que déterminisme et libre arbitre peuvent être les caractéristiques d’un même ” objet” , de la même façon qu’un objet quantique ( je n’ai pas dit cantique !) peut être à la fois 0 et 1 .

    1. @ juannessy
      Je crois que vous confondez…
      Je vous ai eu appelé « Juju « , çà oui, mais en aucun cas «  Jésus. »
      😄

      Plus sérieusement , il peut y avoir des similitudes suivant le genre de croix que l’on porte et de quelle manière.

    2. @Juannessy
      « Il m’est arrivé assez souvent de dire à mes petits enfants : » oui , oui , je sais , mais dès ce soir tu auras fait le contraire ! » ..en le vérifiant assez souvent . »

      Alors , pour changer , il faut que vous essayez de leur dire :«  oui, oui , je sais , et dés ce soir tu auras fait ce que tu as dit «,   pour voir si renforcer la confiance en soi a la capacité de provoquer des effets, tout autant que la prophétisation de l’échec.

      PS : je reprend la lecture du dernier bouquin de Cyrulnik qui me semble répondre a pas mal des questions intéressantes de la journée d’étude de Jorion.
      Bonne journée , @+ , si Dieu veut.

      1. J’ai déjà essayé aussi la méthode positive ( à l’athénienne ) au lieu de la méthode spartiate : ça marche pas mieux ! ( mais je “leur en veux ” pas trop ) .

  6. « Après que le Christ eut dit à Saint Pierre : ‘Cette nuit, avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois’, était-il au pouvoir de l’apôtre de ne pas renier son maître ? »…..

    Les polémiques qui créent la division de l’Eglise n’ont aucun intérêt .
    Que m’importe de savoir les mesures exactes des dimensions de La Croix ,la couleur du voile de Marie, surtout si ce genre de question ne cherchent à mettre en valeur que la raison raisonnante , dont le but véritable est de marquer une supposée supériorité intellectuelle.
    Le cœur du message n’échappe pas à qui veut bien se concentrer sur ce qui fait unité plutôt que sur ce qui fait division.

    1. Oui et non Bernard.
      Je suis d’accord qu’elles n’ont aucun intérêt du point de vue spirituel pour la créature. Ca n’ajoute rien de bon.

      Néanmoins, une fois qu’elles ont été soulevées, il faut y répondre, car :
      1. Ces réponses permettent d’éviter de donner naissance à des hérésies, le problème avec l’hérésie étant qu’une mauvaise doctrine diminue les chances d’accès au niveau spirituel le plus élevé possible pour la créature (ce en quoi elles sont mauvaises, et à la mesure de quoi elles sont jugées mauvaises). Par exemple, ce genre de problématique peut amener au quiétisme (qui 1. a trouvé le moyen de sensualiser même l’union spirituelle et 2. n’a pas compris qu’on prie d’abord avec ses actes, de sorte qu’un athée honnête prie mieux qu’un quiétiste qui prend excuse de son fatalisme pour ne rien foutre et se “consumer” dans la recherche de son plaisir “spirituel”).
      Autre exemple d’hérésie, hors Eglise cette fois : il est bien évident que la croyance dans la métempsychose ou la réincarnation a des implications pratiques qui éloignent concrètement de la recherche de la sainteté ici-bas. Ce n’est pas pareil de penser qu’on peut toujours s’améliorer de vie en vie et de penser qu’on n’a qu’une seule vie, et que de celle là dépendra ensuite tout le reste.
      2. Ces réponses permettent de lever certaines excuses “rationnelles” commodes que la créature se donne à elle-même pour ne pas chercher à atteindre la sainteté (en gros, pour se choisir n’importe quel autre but dans l’existence que la vie selon la charité). Elles permettent de dissiper de fausses objections (parfois soulevées de bonne foi!). C’est faire preuve de charité pour ceux qui doutent que d’y apporter une réponse.
      3. Ces réponses ont parfois des implications éthiques et sacramentelles immédiates.

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      1. @ Cruciforme
        Je vous sent outillé pour ce genre de question.😉

        « Néanmoins, une fois qu’elles ont été soulevées, il faut y répondre ».
        Je ne saurai dire le contraire : bien vu pour l’exposé des nuances.
        C’est le passage obligé par le côté «  prise de tête « intellectuelle   qui me semble bien loin de la simplicité de la foi , celle qui se révèle aux humbles de cœur .

        https://saintebible.com/matthew/11-25.htm

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  7. Tiens, c’est marrant, j’ai eu la réponse hier soir dans une video yt à cette question du reniement de Pierre et des futurs contingents!
    Mon souvenir est encore vague. Mais de mémoire :

    “En passant”, le Christ prend justement l’exemple de Pierre pour expliquer ce qui est au pouvoir de l’homme et ce qui est au pouvoir de Dieu, dans un des textes donnés par Maria Valtorta.

    Grosso modo, Il dit (si je me souviens bien):
    – Dieu a vu de toute éternité que Pierre renierait.
    – Non seulement Il l’a vu, mais je crois même qu’Il dit que dans ce cas précis Pierre ne pouvait pas ne pas renier.
    – PAR CONTRE, ce sur quoi Pierre était “libre”, c’était son repentir. Que Pierre se repente ou non cela dépendait de lui-même. Et c’est en fonction de l’existence et de la qualité de ce repentir que le reniement de Pierre lui serait pardonné par Dieu ou non (mais l’existence et la qualité de ce repentir, Dieu l’avait évidemment aussi vu de toute éternité). Pour rappel, le repentir, tout comme le rapport à la souffrance, est une “fonction ” de la charité/foi.

    En écrivant cela, je me souviens que Judas, à la différence de Pierre, ne s’est pas repenti, et n’a jamais demandé le pardon (il a eu l’occasion de le faire car il croise par la suite le cortège, ce qui est absent de l’Evangile canonique, mais explicité dans l’Evangile de Maria), préférant se suicider (le seul reproche de la conscience ne vaut donc pas repentir/demande de pardon). Judas n’était donc pas libre de ne pas trahir (second mystère d’Iniquité), mais il était libre de se repentir, ce qu’il n’a pas fait.

    Il y a donc des futurs contingents et des futurs qui ne le sont pas.
    La manière dont on réagit à ce qui arrive – en en particulier à ce qu’on a fait, contingent ou non, est elle même toujours contingente (il faudrait raffiner).
    Et c’est aussi là dessus que l’homme est jugé (et seulement la dessus quand le futur n’est pas contingent). Ce que n’avaient pas compris les théologiens.

    Dit ailleurs :
    Parmi les futurs non contingents : ceux qui relèvent du mystère d’iniquité. Sur ce dernier, le Christ dit ailleurs à Maria Valtorta qu’Il n’en dira pas davantage, parce-que l’humanité n’est pas encore mûre pour sa compréhension (mais ca c’est dans un autre passage).

    A posteriori, le fait que Maria Valtorta n’avait aucune connaissance de cette dispute théologique (et de l’exemple par lequel elle a démarré), et le choix justement, du cas du reniement de Pierre pour expliciter le rapport entre la volonté humaine et la puissance divine, renforce encore un peu plus ma conviction que les écrits de Maria sont effectivement ce qu’elle dit qu’ils sont; un “grenier spirituel” donné par le Christ Lui-même, clarifiant un nombre incalculable de disputes théologiques (et ne donnant pas toujours raison aux catholiques d’ailleurs, même si 80% du temps c’est le cas).
    Le choix d’un tel exemple ne peut pas être un hasard.

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    1. @Cruciforme
      Franchement ,ça vole trop haut pour moi.
      Après avoir lu le petit journal de sœur Faustine , j’ai mis des mois à m’en remettre.

      Pour l’instant , je préfère rester au raz de mes pâquerettes, ce qui ne veut pas dire que le sujet abordé n’est pas intéressant.
      Un croyant de fond d’église dans mon genre préfère ( peut être à tort) en rester à ce qu’il y a de plus accessible : «  Seigneur , j’ai confiance en toi « .

      https://www.fabricegagnant.com/que-penser-de-maria-valtorta/

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    2. J’aime bien , en matière de religion, la notion de vérités difficile à porter .
      D’abord , parce qu’elle reflète que l’être humain n’a pas fini d’évoluer , et d’autre part parce que la compréhension de l’infiniment grand(Dieu) par l’infiniment petit ( nous) me semble devoir passer par des étapes ( l’évolution) ,
      Définition trouvée sur le net :
      « Futurs contingents. Événements susceptibles de se produire ou non, rien ne justifiant leur nécessité. « 

      Le problème avec ce genre d’expression n’est il pas , qu’à la base , il suppose des réponses sur la base de :
      «  oui et non, mais pas forcément « ?
      Ça fait beaucoup d’options . Trop certainement pour nous autres, gens pressés de détenir la vérité , habitués à des questions du type: «  il faut tourner à droite? ».

      1. Si on veut rester dans l’analogie avec la circulation routière , ce serait plutôt un feu tricolore : rouge , orange , vert ( non , peut être , oui ) .

        Et avec un ordinateur quantique ( j’y reviens ) , on teste tout ça simultanément .

        L’ennui , c’est que le résultat exprimé , si on arrive à l’exprimer , n’est pas quantique du tout , pas plus que le chat de Schrödinger .

        1. @ juannessy
          « Autrement dit, les lois quantiques ne sont utiles que pour calculer et prédire le résultat d’une expérience, mais pas pour décrire la réalité. Dans cette hypothèse, l’état superposé du chat n’est pas un état « réel » et il n’y a pas lieu de philosopher à son sujet (d’où la célèbre phrase de Stephen Hawking «Quand j’entends « chat de Schrödinger », je sors mon revolver ») ».
          Source https://fr.wikipedia.org/wiki/Chat_de_Schrödinger

          Vu de mon jardin de terrien ordinaire , le feu tricolore pose problème non pas quand notre regard humain l’analyse , mais quand un regard plus rapide que la connexion œil humain /cerveau décrit la situation.
          Cette analyse ultra rapide ( description de la réalité ) constatera une période où le feu est par exemple , à la fois orange et rouge , c’est à dire traduit en langage humain (qui ne peut concevoir une telle ineptie, les 5 sens étant là justement pour donner du sens ) à la fois mort et vivant pour faire le parallèle avec le Minou et ses démangeaisons quantiques.

          Enfin , bon , ce que j’en dis…
          Personnellement , je crois bien en un être , mort pour certains , mais bel et bien vivant pour ma part .
          A la différence qu’avec le chat de Shroendiger , en ouvrant la boîte , il n’y avait plus personne.
          Les septiques diront que les témoins d’alors n’étaient pas fiables .
          D’autres , diront qu’en rajoutant le témoignage des grands et petits mystiques et de leurs œuvres , à chacun de décider , en son âme et conscience.

  8. c’est peut être dans un nombre de dimensions
    supérieur à nos trois sensibles qu’il faut espérer un sens de la vie

    que l’univers immense visible soit le substrat nécessaire a l’apparition de la vie biologique sur une ou l’autre planète

    la matérialisation d’une énergie expérimentant plusieurs états dans un cycle ou une spirale a la manière de l’eau terrestre

    la terre
    un bac a sable dans lequel les garnements de toutes espèces confondues
    présentes et passées
    apprennent a évoluer d’un état primaire vers une légèreté libératrice et créatrice pour mieux recommencer

      1. D’autres parleront de pari .

        Enfin , s’il y a une voie , c’est déjà ça .

        Mais après tout , si on ne sait pas si la vie a un sens , à quoi ça sert de chercher quelque chose qui n’existe peut être pas , alors qu’en cherchant par principe mais sans but , on finira bien par trouver quelque chose .

        Bon , nous revoilà dans la recherche fondamentale . J’ai mal au crâne .

  9. si tu ne trouves pas la voie
    la voie viendra a toi

    le pari Pascalien sans le calcul du bénéfice/risque !!!

    il faut bien avouer qu’un monde qui fonctionne sur les seuls principes
    du
    mangeur/mangé
    dominant/dominé
    tueur/tué

    ne peut être

    soit un caprice aberrant de la matière biologique vouée à la disparition

    soit la partie incarnée d’un processus immatériel sensible

    d’une énergie créatrice
    celle là même qui

    a la manière intuitive de l’utilisation de la côte d’Adan ?

    a pris sur elle pour permettre l’existence des éléments nécessaires à la formation de l’univers

    ainsi que d’un principe de complexité croissante pour l’organisation autonome de ce dernier

    mais pourquoi faire ?

      1. une espérance

        je n’affirme rien bien entendu

        une extrapolation du principe de Lavoisier :

        Rien ne se perd
        Rien ne se crée
        Tout se transforme

        à la sphère du religieux

        quelque soit cette religion
        d’ailleurs
        passée où présente

        toutes ayant en commun d’avoir eu cette intuition
        qu’un monde invisible
        les surplombait

        1
        1. Le maitre des lieux vous dira que “l’intuition” , voire même “l’esprit de finesse” , c’est très suspect et décortiquable .

          1
          1. le maître du temps en l’occurrence

            irrémédiable
            inévitable
            individuellement

            on en revient a Pascal

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