123 réflexions sur « Ubu président, par Chantal Montellier »

  1. Le bien nommé par Kroutchev  » Culte de la personnalité » n’a pas fini de séduire, mais au fait quelle est sa mécanique, et qui saurait s’en passer ?

    1. Que vient faire feu kroutkrout dans cette galère? Moi pas comprendre…mais je crois que grâce à lui et Kennedy, le 3eme GM n’a pas eu lieu… Enfin, je crois.. je m’en serais rendu compte , même si je suis très distraite ..

      1. @Chantal montellier
        C’est son prédécesseur je crois qui faisait beaucoup pratiquer ce culte …
        Mais nous l’avons sans doute guère connu.

  2. …. Plenel nous avait bien prévenu que Manu !er avait tendance à se crisper devant l’adversité…

    …comme on dit chez les Shadocks…

    Il vaut mieux pomper, même si il ne se passe rien, que de risquer qu’il se passe quelque chose en ne pompant pas…

  3. Ou encore, Alexandre Zinoviev, dans « Les Hauteurs béantes » : le but de la mesure était de faire en sorte d’interdire tout élément visant à contrer la mise en application de la dite mesure ( je cite de mémoire, le « so british nonsense » y est).

    1. Ok, mais quel rapport avec Alfred j. ?.. decidemment, ce soir, je ne comprends plus rien à rien. Je ne suis qu’une femme, dessinatrice de surcroît. Allo, Bécassine? Ça va?

  4. Merci Chantal.
    Ramasser dans une seule caricature ‘Nous avons été, et nous sommes, inexpérimentés, incohérents et inefficaces » avec « Mais faites-nous confiance, nous continuerons sans changement », fallait oser.
    Des portes intéressantes pour vous vont se refermer bruyamment, plus que probable si ce n’est déjà fait.

    Vous êtes en phase avec la majorité. Sondage Cevipof du 12 mars, 2105 sondés:
    -55% des français pensent que la démocratie « ne fonctionne pas très bien ».
    -80% pensent que les responsables politiques « ne se préoccupent pas » de ce que pensent les « gens comme nous ». [ Le texte dit ‘vous’, le sens général est bien ‘nous’].

    Commentaires persos sur ce sondage: beaucoup d’autres chiffres pour noyer le poisson.

    1. Ouf, merci Daniel, mes pieds retrouve la Terre après les 2 précèdants messages , pour moi, incompréhensibles, car trop haut dans le ciel de l’intellectualite… hors de portée pour moi humble tacheronne… Merci pour le sondage qui me conforte dans ce que je perçois de la réalité sensible… Quand aux portes fermées, je connais ça par coeur, mais j’ai toujours préfère entrer et sortir par les fenêtres, voire, les sous sols, c’est plus rigolo et ça fait faire de l’exercice. C’est bon pour ce que j’ai ( voir date de naissance)…

      1. C’est gentil Chantal, de dire qu’il est trop haut, à celui qui est juste à côté de la plaque 🙂

        C’est pour ça qu’on est bien ici….

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      2. 31-03-2021 22h
        Chantal,
        votre intuition est largement confirmée. Et Ubu gouverne.

        J’ai pas la TV et la radio est muette. Les titres du Quotiden Vespéral des Riches disent l’essentiel de ce qu’ ILS doivent savoir. Ubu est grand.

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  5. Coucou,

    Autant le mini-trump (sarkozy) ou trump collaient incroyablement au personnage du père Ubu, autant Macron me parait éloigné du personnage. Je ne le vois pas envahir la saintonge !

    La phynance , peut-être, la merdre quoi, dans laquelle il patauge, dans son métier d’avant et, depuis les gilets jaunes, dans sa fonction actuelle, peut-être, mais on ne peut pas dire que cela soit de la fanfaronnade comme les deux ostrogoths précédents. Il subit, il encaisse, il fait face en faisant des conneries … Jupiter n’est pas un dieu !

    Les caricatures permettent de voir le monde avec d’autres lunettes ….

    Bonne soirée

    Stéphane

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    1. Si j’apprécie le dessin de Madame Montellier et si je comprends bien l’allusion à Alfred Jarry, je n’arrête pas de penser à Honoré Daumier quand je pense à la secte LREM : Que pensez-vous de cette fameuse figurine du célèbre artiste ? N’y a t-il pas dans cette caricature argileuse bien pétrie et bien pensée comme un petit air de ressemblance ?
      Honoré Daumier :
      https://uploads1.wikiart.org/images/honore-daumier/jacques-lef%C3%A9vre-1777-1856-banker-and-deputy.jpg

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      1. Sublime cette caricature de Daumier. Ils peuvent tous s’y reconnaitre plus ou moins.

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    2. Mes amis avec des couteaux entre les gencives me disent que vous êtes sûrement un macronien qui s’ignore. N’importe quoi, n’est-ce pas? Si c’est le cas, faites gaffe, Paul et moi on vient de virer pro chinois!huhuhu.. A nos âges, faut le faire! Et Godard, comment il va? Ils sont tous morts sauf lui. Mais bon, comme il a toujours été mort… No problemo

      1. Quand même, je salut Godard pour sa visite à la Zad de notre Dame des Landes.
        Je ne me rappelle d’aucun autre nom connu qui ait fait le voyage…

        1. Oui, rendons à Godard ce qui est à Godard, mais reconnaissez que La Chinoise est le film le plus mortellement chiant qui ait jamais été tourné, non? Pour moi JLG est plus un théoricien qu’un cinéaste, non?

          1. La Chinoise de Godard ? Non seulement chiant, mais ridicule.

            Regardez ces deux extraits pour vous en convaincre.

            Ce qui est dit dans le premier a-t-il la moindre actualité ?

            Ce qui est dit dans le second a-t-il la moindre vraisemblance ?

            1. Le seul intérêt du premier extrait est dans ce que dit Francis Jeanson, si je ne m’abuse. Le second extrait est d’un ridicule frisant l’absolu.

              1. Les films de Godard ont le tort d’avoir eu raison longtemps avant tout le monde : ils ont été pertinents en permanence de leur tournage à aujourd’hui. Ne revoyez pas seulement La Chinoise, mais Vivre sa vie, Le mépris, Pierrot le fou, Deux ou trois choses que je sais d’elle (que j’ai revu récemment, avant d’interviewer Marina Vlady). Oui : entre personnes dont le seul tort est d’avoir raison longtemps avant tout le monde, nous nous soutenons. À ce propos, revoyez Antonioni, relisez Castoriadis.

                1. Mon cher Paul, tu as eu rit quelques lignes au dessus:  » les films de Godard, non seulement chiants, mais ridicules, et maintenant, voilà que tu les portes aux nues. L’un de nous deux et fou, mais lequel? Moi, a priori, mais à posteriori?

                  1. Je me moquais de toi bien entendu. Je me disais que tu avais dû les voir au moment où ils étaient sortis, à une époque où tu n’étais pas politisée. Et je t’encourageais gentiment à les revoir, certain que tu changerais d’avis. Je continue à t’encourager à les revoir : Montellier doit laisser une chance à Godard !

                    1. Trop snob pour moi, Godard, trop bourgeois, mon cher Paul. Des idées justes dans une forme qui ne l’est pas, deviennent fausses. Nous en parlerons si nous parvenons à nous rencontrer, dans quelques années quand nous serons enfin vaccinés. Mais peut être ne serons nous plus alors en état de parler, si tu vois ce que je veux dire. Quand à l’artiste que je crois être, elle s’est toujours efforcée de faire en sorte que la forme de ses images soit en cohérence avec leur fond , et les idées qu’elles vehiculent. Mes ouvriers ne parlent pas comme des bobos germanopratins ou des étudiants de la bourgeoisie genevoise, et inversement. Idem pour leur aspect physique. Mais je suis un auteur indécrottable ment réaliste. Amitiés quand même. Chan.

                    2. « Trop snob, trop bourgeois », Godard ?

                      Aussi snob, aussi bourgeois que Marx et Engels quand ils publient Le manifeste communiste en 1848 ? Un exemple très dur à égaler, non ?

                    3. On peut ne pas aimer les films de J-L Godard… Hein ? Dites tout de suite que j’suis fou ! 🙂

    3. @Chantal
      Pour moi aussi, le Père Ubu représente la bêtise crasse genre Trump, voire Bolsonaro. Il y a pour moi, dans le personnage Macron, de la dévotion à la religion féroce. Une dévotion uniquement au service de son ambition personnelle de premier de la classe grand bourgeois.

      1. Ok, mais mon dessin représente un père Ubu qui se prend pour Micron… Huhuhu. Je vous ai bien eu, là, non?

        1. Ou alors, c’était de l’intuition (intuition féminine, bien sûr )! Et c’est, en fait, le prochain résultat des élections ! Père Ubu ou Mère Ubu ?

      2. L’origine sociale de Micron est quelque part entre moyenne et petite bourgeoisie. Un grand bourgeois ne se comporterait pas avec autant de bassesse.

        1. D’où la GRANDEUR de son ambition ! 😊
          Malheureusement, j’ai eu l’occasion de côtoyer anecdotiquement qq grands bourgeois, ce n’est pas une garantie contre la bassesse ! La bassesse est certainement trans-classe !😁

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        2. C’est plus un problème de ce que les gens débarrassés des préoccupations matérielles font de leur éducation de haut niveau que de la classe dont ils sont extraits. Nombre de bourgeois ou de nobles ont apporté des choses à l’humanité. Attribuer la bassesse à l’origine sociale c’est déjà l’excuser un peu comme dirais Valls 😉 Je crois que ce type aurait été imbuvable fut il né dans la « haute » ou dans la plus crasse des banlieue… Si le temps ne fait rien à l’affaire, la classe sociale d’extraction non plus.

  6. Encore bravo Chantal, un dessin qui représente et qui résume tout ce qu’aucun éditorialiste politique n’osera dire parce qu’aux ordres du système.

    1. Oui, mais moi je ne suis qu’aux ordres de Paul, qui m’a fait refaire le dessin 3 fois. Non, je rigole. Et vous bise.

  7. Bonjour,
    Je viens enfin de comprendre ce qu’est l’arrogance française. Ça me consterne et me désole. Merci tout de même.

    1. Désolée de vous avoir désolé cher Konrad. Je ne l’ai pas fait exprès. Pour ma part, si je ne suis pas au delà du bien et du mal, je suis au delà de la désolation.

      1. Ne vous désolez pas, votre œuvre est salutaire. Comprendre c’est aimer et les prises de conscience rendent libre. Un dessin vaut mille mots. Merci à vous.

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        1. Un dessin vaut aussi mille morts car ceux qu’ils dérangent ou qu’ils blessent ne restent pas sans réagir, croyez moi… Et c’est normal, mais ça fait mal, et c’est du dix mille contre un, très souvent… M’enfin… C’est la vie paraît-il…

    2. Arrogance faite d’arrivisme et de bassesse. Micron est un larbin d’une extrême servilité à l’égard de ses maîtres les banquiers et les hyper riches. Il en fait même plus qu’ils ne lui en demandent. C’est à ce zèle et ce mépris que l’on reconnaît les petits bourgeois. Ce zèle et cette brutalité vis à vis du peuple..

      1. Je pense qu’on à plus affaire à de la ferveur, que dis-je, à du fanatisme, qu’à du simple zèle. Plus qu’a un commis zélé nous avons affaire à un disciple fanatisé. Il ne sert pas, il vénère. Ceux qui servent avec zèle occupent les postes à gros salaire, seuls ceux qui vénèrent percent en politique. C’est toute la différence entre Macron et Sarko. Un changement de stratégie significatif a été opéré en sacrifiant un Fillon pour un Macron.

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        1. Je vois ce que vous voulez dire, mais je ne l’ai pas encore assez pensé, je vais m’y employer. Je crois intuitivement que vous toucher à quelque chose d’important… Pour moi Macron est à la fois un adepte et une victime, un fanatique pervers et un fou manipulé, un crétin doué et un arriviste instrumentalisé. Non?

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          1. Oui, Sarko on voyait tout de suite que c’était un escroc, Macron c’est Julien Sorel je crois qu’il est prêt à y laisser sa tête et c’est ce qui fait craquer la Brigitte… 😉

            1. Je crois que sa tête, il l’a déjà perdu depuis longtemps, si vous voyez ce que je veux dire. Pour ma part, j’ai de la compassion pour les dérangés, j’en suis un peu une à cause d’une histoire familiale abracadabrantesque, qui m’a fait sortir des railles… Du coup, j’ai vu beaucoup plus de paysages que prévu au départ… Et je n’en crois pas mes yeux. C’est pas joli-joli tout ça!

  8. Mes félicitations !!! Une fois de plus vous avez par votre dessin exprimé exactement la réalité du « sujet » traité

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    1. Merci a vous Éliane. Venant d’une femme ce compliment m’est encore plus précieux. Elles m’en font rarement et cela m’interroge…

  9. Le bilan du président Macron-Ubu fait tâche(s), ici colorées pour le plaisir de voir une belle affiche Montellier ; des tâches qui seraient inoffensives si elles ne ressemblaient à des échantillons de virus SARS-CoV-2 qui font plein de Covid19 estampillés « il faut vivre avec ».

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    1. Voilà, ça sert à ça le dessin, à représenter l’irrepresentable, c’est la seule chose que je sais faire, et encore, pas toujours très bien.

  10. Paul, tes contradictions relatives aux films de Godard , notamment La Chinoise, interrogent un certain nombre de personnes de mon entourage et sans doute au delà. Il faut dire qu’elles sont assez énormes… ?

    1. Mes « contradictions » ? Verra-t-on jamais chez moi : « J’écrivais à tort en 198.. », la phrase la plus souvent rencontrée dans la prose d’une certaine classe de philosophes contemporains ?

      Si Paul Jorion a l’air de se contredire, une seule recette : relire la phrase jusqu’à ce qu’on l’ai comprise.

    2. Lorsque les Sibylles ironisent se sont de mauvaises Augures! N’ont-elles donc pas de Pythie pour les Oracles?
      Si vous ne les avez pas comprises c’est que vous ne les comprenez pas. Elles cherchent sûrement à tester votre empathie, à moins qu’elles ne chinoisent!

      Hélas pour moi lorsqu’Ubu butte sur la butte Alfred Henri Jarry aussi et il est Godard pour dormir. 🤪

      Bonne Nuit!

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    3. Je retire le texte ci dessus, puisque depuis j’ai lu que Paul vénérait La Chinoise et qu’il se moquait de moi en écrivant les lignes du premier message. Pour ma part je persiste et signe; la scène de rupture est la plus ridicule que j’ai vue de ma vie au cinéma, distanciation faussement brechtienne comprise. Et dans l’autre séquence, si Francis Jeanson ne donnait pas la réplique à la terroriste de salon et d’ hôtel 5 étoiles, ce serait juste complètement débile. D’ailleurs je serais curieuse de connaître le niveau intellectuel réel de JLG.

      1. Ah oui ! Et sans Belmondo et Jean Seberg dans À bout de souffle…

        Le niveau intellectuel de Godard ? Il est capable en tout cas de remettre l’aiguille sur le disque, je ne sais plus si c’est dans La boulangère de Monceau ou La carrière de Suzanne, de Rohmer, mais les lecteurs du Blog de PJ qui sont incollables, nous diront.

        1. Hihi! En 68, une phrase revenait souvent: « d’où tu parles? » De l’endroit à partir duquel parle Godard, il ne peut ni voir, ni comprendre clairement la société la sentir. . Il y a une faille, un hiatus, qu’il comble en balançant des tonnes de théories et d’abstractions en tous genres et en intellectualisant à mort. Je dis bien: A MORT.. il tue le sensible et dématérialise, deréalise à mort….il gèle les affects, à commencer par les siens, qui trahiraient de trop son origine social?. Le résultat est très étrange, les acteurs semblent être les poupées d’un ventriloque, ou pire, des Répliquants comme on dit dans Blade runner… Mais toi qui aime les robots ça doit te séduire? Cela dit, je parle surtout de La Chinoise.

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          1. De l’endroit à partir duquel parle Godard, il ne peut ni voir, ni comprendre clairement la société la sentir.

            De l’endroit à partir duquel parlaient Marx et Engels en 1848, il ne pouvaient ni voir, ni comprendre clairement la société, la sentir.

            Cinq ans auparavant, Marx avait épousé Jenny von Westphalen : « issue de la noblesse westphalienne et du côté de sa grand-mère paternelle, ses ancêtres remontent aux ducs d’Argyll. Elle est la fille du fonctionnaire Johann Ludwig von Westphalen et la demi-sœur du ministre prussien Ferdinand von Westphalen ».

            L’opulente famille Engels possédait des filatures en Allemagne et en Angleterre.

            Quand Marx et Engels écrivent :

            L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire des luttes de classes. Homme libre et esclave, patricien et plébéien, baron et serf, maître de jurande et compagnon, en un mot oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la destruction des deux classes en lutte.

            … c’est de la bouillie pour les chats ! qu’est-ce que des bourgeois snobs comme eux pouvaient en savoir ?

            N.B. J’ironise. Je vais toujours le préciser désormais.

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            1. Si je me souviens bien, Karl Marx a vécu une partie de sa vie dans la misère à Londres, au point de perdre son jeune fils du choléra…

                  1. @ Johan Leestemaker

                    J’ai cliqué et mon antivirus s’est déclenché en hurlant. Votre lien est …. » vérolé  » !

                  2. Karl Marx, cousin germain du fondateur du conglomérat Philips ! La preuve est faite que rien de ce qu’il dit ne peut être vrai !

                    Merci Johan ! 😀

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                    1. Ça me rappelle une histoire que j’ai racontée aux temps préhistoriques du blog : CHINE – ÉTATS–UNIS, 1920–1930, le 30 juin 2007

                      San Francisco possède une communauté chinoise très importante, et ceci, depuis le XIXè siècle : une partie considérable du centre-ville est encore occupée par le quartier chinois, le « Chinatown ». L’île la plus importante de la Baie de San Francisco est Angel Island, un centre de détention pour immigrants, essentiellement chinois, y existait autrefois.

                      Quand on a commencé à évoquer les camps d’internement pour Japonais et Américains d’origine japonaise durant la deuxième guerre mondiale, certains se sont interrogés sur les ressemblances et les dissemblances avec d’autres camps qui existaient, à la même époque, en Europe occupée. Dans la brochure qu’on vous offre à l’entrée du musée du centre de détention d’Angel Island, on s’est efforcé de calquer l’histoire du centre sur celle de ces camps d’internement pour Japonais.

                      À la fin du XIXè siècle, certaines minorités se sont vu imposer des quota ou des interdictions d’immigrer. Ce sont là des choses américaines que l’on ne peut guère comprendre en Europe. Seule la réunion des familles trouvait grâce aux yeux du Ministère des Affaires Étrangères. Donc les Chinois qui essayaient d’entrer aux États-Unis par San Francisco étaient arrêtés et languissaient dans le centre de détention d’Angel Island. C’est du moins là la version officielle aujourd’hui.

                      Lorsque la visite guidée atteint l’un des dortoirs, l’indignation est à son comble à la vue des échafaudages de lits en ferraille empilés jusqu’au plafond. Moi qui n’hésite jamais à mettre les pieds dans le plat, je laisse échapper « Est-ce que ce n’est pas l’équipement standard des casernes ? » À quoi le guide a la grâce de me répondre, « Ben, c’est ce qu’il m’a toujours semblé aussi ! »

                      Dans une autre pièce une anomalie saute aux yeux, un curieux rapprochement s’opère dans l’esprit du visiteur entre une représentation de la vie quotidienne au Centre, mise en scène grâce à des mannequins de cire du genre Musée Grévin, et une photo des années vingt ou trente qui pend au mur d’une des pièces visitées précédemment. La scénette a manifestement été reconstituée à partir de la photo d’époque. Un fonctionnaire « Anglo », comme l’on dit ici pour désigner les blancs au teint clair (ce qui comprend aussi bien les Scandinaves et les Germains), est assis derrière un bureau et prend des notes. Un autre Anglo est debout, son visage sévère est empreint d’un air inquisiteur : c’est un flic en civil ou un officiel de la même engeance, il s’adresse au troisième personnage, assis sur une chaise et qui, lui, est Chinois. C’est ici qu’intervient l’anomalie : les deux blancs de la scénette sont habillés comme sur la photo, mais pas le Chinois. Le mannequin chinois est en bleu de chauffe et casquette comme on les voit sur les photos de la Révolution Culturelle. Le Chinois de la photo, lui, est en complet trois–pièces et feutre clair. « Vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre ! »

                      Et voici ce que j’ai appris en cuisinant le personnel du Musée, sur ce qui s’est réellement passé. En 1906, lors du grand tremblement de terre qui détruisit le centre de San Francisco, les archives brûlèrent à la mairie. Chaque chef de famille se trouva dans l’obligation de ré-engistrer son ménage. Un grand nombre d’entre eux se déclarèrent à la tête de familles nombreuses dont la plupart des enfants demeuraient encore en Chine. Ils passèrent alors des petites annonces dans leur ville natale afin de vendre au prix fort le droit de prétendre être le fils ou la fille d’un résident du Chinatown de San Francisco. Ce sont essentiellement des avocats et des médecins qui se portèrent candidats et, en cette époque reculée, ces « professionals » étaient tous des hommes. Ceci explique du coup, une seconde anomalie : les textes gravés en caractères chinois sur les murs. Il en existe dans les chambres réservées aux hommes et non dans les dortoirs des femmes. On en trouve plusieurs couches : le personnel du Centre recouvrait les inscriptions d’un enduit épais et les occupants suivants se remettaient à graver. Les femmes étaient probablement d’authentiques filles de Chinois san franciscains ou des clandestines, et ne savaient pas écrire.

                      Les prisonniers s’étaient constitués en association et disposaient d’avocats en Chine comme en ville. On apprend que seul un pour cent et demi des détenus se voyaient finalement rapatriés. Au début, on avait tenté de les nourrir avec de la tambouille pour hôpital ou pour prison mais ils s’étaient rebellés contre cette nourriture infâme et il leur fut ensuite possible de commander leurs plats à Chinatown. La communication avec les citadins se faisait à l’aide de petits messages collés au-dessous des assiettes. Les prisonniers faisaient savoir à leurs parents putatifs : « Je passe mercredi, ils vont me demander combien de fenêtres il y avait dans ma maison natale. Dépannez–moi ! ».

                    2. @Paul Jorion.

                      ¨Rien¨ c’est, un peu, exagéré, mais parfois on est bien étonné de se retrouver ensemble.

                      😉

                      quote

                      ¨J’ai reçu une très triste nouvelle aujourd’hui, le décès de mon oncle, qui était un excellent homme. Il est mort magnifiquement, rapidement, entouré de tous ses enfants, pleinement conscient, et a couvert le vicaire de sa subtile ironie voltairienne ». L’oncle avait été un esprit fort et errant, en effet en effet l’homme a été  » beaucoup charmé par mon écriture « .¨
                      (Karl Marx sur son oncle Lion Philips, décembre 1866.)

                      Marx et Philips. Un archi-père du prolétariat montant et un archi-père du grand capital montant. Agréablement ensemble derrière un cigare dans un hôtel particulier du Markt à Zaltbommel et puis aussi « charmés » l’un par l’autre, cela ne pourrait pas être vrai ? Mais ça pourrait l’être. Parce que la réalité était plus fantaisiste que nous osons le penser. Parce que, Dieu merci, les individus ne coïncident pas simplement avec leur classe sociale et parce que, même pour le bouillant Marx, la soupe n’est pas toujours mangée aussi chaude qu’elle est servie.

                      Lorsque, six ans après la mort de l’oncle Lion, en 1872, il se trouve à nouveau dans notre pays pour un congrès de la Première Internationale socialiste, il fait une déclaration qui est en contradiction totale avec la révolution inéluctable de Das Kapital. Avec des connaissances qu’il avait, sûrement, acquises en partie à Zaltbommel, il osait prédire « qu’il y a des pays – comme l’Amérique et l’Angleterre, et si je connaissais mieux vos institutions, j’ajouterais peut-être la Hollande – où les travailleurs peuvent atteindre leur but par des moyens pacifiques ».
                      unquote

                      Source: Hans Goedkoop en Kees Zandvliet, ¨De ijzeren eeuw¨, Walburg Pers, 2016 (ISBN
                      9789462491779).

              1. Il a même perdu plusieurs de ses enfants, mais peuh! Un détail. Ce qui est marrant c’est que je critique un bourgeois Suisse qui se prend pour un cinéaste et bing! On flingue Karl Marx.

                1. « Michelangelo Antonioni est un des rares réalisateurs, avec Robert Altman, Henri-Georges Clouzot et Jean-Luc Godard, à avoir remporté les trois plus hautes récompenses des principaux festivals européens que sont Cannes, Berlin et Venise. »

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                  1. Et alors? Qu’est ce ça prouve?…Pour ma part je n’ai jamais eu le moindre prix ni la moindre expo à Angol’ men, je n’en suis pas moins pionnière du dessin politique et de la bande dessinée féministe, et à la tête d’une centaine de livres , albums, et publications diverses. Quand aux planches originales, il y en a plus de 600 dans mes tiroirs et plus de 700 qui se sont volatilisées. Un vrai pillage. Je ne parle pas de celles que j’ai données où vendues… Ça n’empêche pas les maîtres du Marché (capitaliste) et son système de reconnaissance de m’occulter joyeusement. Mais il parait que c’est parce que je suis une vilaine « stalinienne  » sic! C’est énorme , mais ça passe chez les petits bourgeois décérébrés ou collabos du milieu, et pas un seul ne s’interroge, ni ne se scandalise, au contraire. Ceci étant, comme disait Gustave: « les honneurs déshonorent, le titre dégrade, et la fonction abrutit. » Alors… En réalité, je ne suis pas reconnue, car n’ayant pas le bon pedigree, et suis pénalisée, de n’être pas assez, par ma naissance, de la bonne classe sociale, celle des riches, ni suffisamment soumise à cette classe et à ses intérêts égoïstes. Punie de ne pas m’y être ralliée. De ne pas jouer le jeu. Ni leur fille ou leur femme, ni leur putain. Leur mauvaise conscience, peut être?Ça gâche la fête. Aujourd’hui en France être solidaire de ceux d’en bas, cela s’appelle du « stalinisme » et justifie toutes les exclusions. Quid de la démocratie? Pardon? Quelle démocratie? Barbara Stiegler, la digne fille de son père, parle de  » haine de la démocratie  » chez ceux qui nous gouvernent… C’est un euphémisme, il me semble.

                    1. Oh la la ! Mais si ça se trouve, Chantal, c’est contagieux ton truc ! Et peut-être que je vais cesser de recevoir des prix pour tous mes livres, et des décorations en provenance de tous les pays du monde (il y en avait encore 2 hier au courrier + un titre de docteur honoris causa), tout ça parce que je publie sur mon blog les dessins de Montellier ! Ça fait réfléchir.

                      P.S. Il a été proposé à une étudiante (pas par moi) qui n’avait pas pu trouver de place pour intervenir à un colloque, qu’elle co-signe un article avec moi (j’étais invité officiellement). Elle a accepté à une condition : qu’elle s’occupe de la partie « sérieuse » du papier, et que je mette mes « opinions personnelles » en appendice. C’est une histoire vraie.

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                    2. Hmmm, un excellent investissement cette histoire. Toujours les artistes maudits de leur vivant deviennent des gloires au firmament après le grand passage sur la Grande Barque. Je te souhaite encore une longue vie, et néanmoins pour te la rendre plus agréable, combien tu fais le lot de tes 600 planches ? 😀

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                2. On flingue Marx et Engels, en rappelant que c’est « des gens de la haute » ? Mais non, c’est de l’anecdote : ça n’enlève pas une once de crédibilité au « Manifeste communiste ». Faut-il s’abstenir de lire Kropotkine parce qu’il était prince ?

                  1. A ce compte , il ne serait effectivement permis de lire que Proud’hon .

                    Ce qui est au demeurant , une excellente lecture .

                  2. Je ne sais pas pourquoi Paul, ce que tu écris me rappelle François Lévy et son « Marx, un bourgeois allemand », qui sonnait l’hallali de la pensée critique de la gauche de gauche, avant les grands « dégraissages » et le chômage de masse + la vidéo surveillance. Avant que Big Brother ne mette Gramsci KO et que les positions de s « Nouveaux philosophes » ne triomphent de celles défendues dans la Nouvelle critique… C’est d’autant plus étrange, incohérent, et absurde, (ubuesque, donc), que tu dis le contraire d’elle. Bon, je retourne de ce pas chez feu ma psy. Depuis son décès, elle me fait des séances gratis. (Quel mauvais goût Chantalouette!)

                    1. « François Lévy et son “Marx, un bourgeois allemand”, qui sonnait l’hallali de la pensée critique de la gauche de gauche »

                      Eh bien heureusement je ne crains rien de ce côté-là ! Tu as vu le catalogue de Turia + Kant, qui publie la traduction allemande de Comment la vérité et la réalité… ? Zizek, Badiou, Althusser, Franz Fanon… Ils ne s’y sont pas trompés : je suis en bonne compagnie !

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                  3. Pour F Bégaudeau, c’est le problème du « bourgeois de gauche ». Il bien content de profiter des avantages de la bourgeoisie mais ça lui fout mauvais conscience quand même, alors il devient un « intellectuel de gauche ».

                    1. @Chantal montellier
                      Il est déconseillé habituelllement de laisser une adresse email telle quelle sur une page publique.
                      Vrai test en vrai grandeur de la collecte d’adresse par des robots …

                    2. Combien je le fais a i s, j’en ai marre de mes fautes! ya pas de correcteur sur ce blog?

            2. La théorie peut se passer du sensible, pas une oeuvre d’art qui doit être au service du sensible. La différence entre Marx et Godard, c’est que Godard joue a être un penseur et un théoricien, alors que Marx ne jouait pas à être un artiste.

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              1. Déconseillé de laisser son adresse mel…? pfff! M’en fiche. Suis parano mais pas à ce point. Mais merci du conseil que je ne suivrais pas

            3. Ils oubliaient tous les collabos inter classes… Les Antoine Bloyé, innombrables, dont parle si bien le grand-père d’Emmanuel Todd, un certain Nizan. Ce sont eux, surtout qui ont gagné, les Antoine Bloyé. Ils sont partout, du sommet de l’état au dernier des bureaux de postes. Ils ne veulent pas plus de justice, de liberté, de fraternité, d’égalité, ils veulent seulement être bourgeois comme les bourgeois. Todd, qui en est un, a, dirait-on, plutôt envie de les faire un peu chier.

            1. En 1968 comme en 2021 , je pense d’ailleurs que la seule vraie bonne question utile est la deuxième .

              Mais je me demande comment y répondre sensément dans un monde où le travail disparait, et où les gratuités ou les RUS semblent prendre le relais des salaires , au moins le temps de la Covid .

              PS : en 68 c’est d’ailleurs la classe ouvrière ,forte de ses 10 millions de grévistes , qui a dit aux étudiants , théoriciens et artistes : d’où tu parles ET qui te paie ?

              Et rien ne sert d’insulter les uns ou les autres , car le mariage du réel et d’une utopie est un travail de longue haleine qui ne progresse que lorsque les deux parts y trouvent leur compte . Pas dans le discours ou la promesse : dans les faits démontrés sur le terrain .

              https://www.pauljorion.com/blog/2020/11/03/video-trump-et-ma-reserve-de-points-godwin/#comment-824361

              1. Complètement d’accord avec vous Juannessy, mais reconnaissez que peindre comme Francis Bacon ou produire des rapports de recherche pour le CNRS, ne demande pas exactement les mêmes qualités, ne fait pas appelle aux mêmes « outils » et experiences… Or, nous n’avons qu’un seul corps par personne, et même si nous nous efforçons d’en élargir les dimensions au maximum, pour ma part je vois vite mes limites quand je parle politique avec mon mec qui a fait sciences PO, les hautes études européennes, et possède un doctorat d’histoire contemporaine consacré au dirigeant communiste, Jean Kanapa, un crétin selon Charlie Hebdo (cf. « Mort d’un crétin » en une). Mais c’est ce crétin qui a destalinise le PCF. Quand à nos discussions sur l’art et son histoire, j’avoue que j’ai depuis longtemps laissé tomber.

                1. Sur la durée , on n’a jamais raison contre la classe ouvrière ( on dit le peuple aujourd’hui , dans la mesure où il ne reste pas beaucoup d’ouvriers ).

                  Personne . Pas même les artistes , ni les penseurs .

                  1. Il ne reste pas beaucoup d’ouvrier… juste 1 français sur 5 ! Un peu plus de 5 millions tout de même.
                    https://www.insee.fr/fr/statistiques/4634325
                    Marx disait le prolétaria : Le prolétaire ne possède ni capital ni moyens de production et doit donc, pour subvenir à ses besoins, avoir recours au travail salarié. (selon Wiki). Là, on passe à 25 millions ! Mince ça fait du 100% ?!
                    Bon, il y a quand même aussi et en plus les professions libérales, les artisans et les agriculteurs pour 2,7 millions. Le problème, c’est que là dedans, il y a aussi les Hauts fonctionnaires et les PDG qui se versent un petit salaire… pas facile de voir les limites du prolétaria !
                    Alors sur mon moteur de recherche préféré, j’ai tappé : nombre de français bénéficiant d’une rente financière. On m’explique partout « comment me faire une rente » mais rien sur le nombre de français ! Déçu.
                    Les prolos semblent plus faire l’objet de statistiques que les gens du capital !

                    1. Les « prolétaires » de Marx, ce sont en effet les salariés du secteur privé. Mais chut ! faut pas leur dire, ils préfèrent souvent « classes moyennes ».

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                    2. C’est vrai qu’entre salarié , ouvrier , prolétaire, autre… selon l’époque les caractérisations sont à géométries et effectifs variables .

                      Pour la période qui a été la mienne et ma ville d’origine ( Saint Etienne dont je ne sais plus si Chantal , fille des « blancs » de la plaine du Forez , la hait ou l’ apprécie ), un ouvrier , dans ma famille , c’est quelqu’un qui se lève avant 6 heures le matin , se couche au soir quand il peut , mais sans se faire bercer , accessoirement ( mais ça mettait en rogne mon beau père délégué CGT d’atelier , qui mettait un point d’honneur à ne rentrer chez lui qu’après avoir sérieusement utilisé la pate Arma pour se nettoyer , avant de quitter le boulot ) révèle un peu de cambouis sous ses ongles écornés et ras .

                      En 1938 il construisait des moteurs d’avions , en 1978 des pièces pour un télescope géant international . Il avait une bête noir : le directeur de la boite ( qui à l’époque était une usine Citroën et est devenu un fleuron plus ou moins en parties liées entre PSA et ….Dongfeng ( chinois !) via Tongtai ( … Taïwanais ) .
                      Il avait un ami , un ingénieur concepteur qui n’hésitait pas à consulter l’atelier quand il attaquait une nouvelle affaire . Mais c’était encore le temps où les ingénieurs techniciens avaient des pouvoirs .

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                    3. @Juannessy
                      « Il avait une bête noir : le directeur de la boite ( qui à l’époque était une usine Citroën et est devenu un fleuron plus ou moins en parties liées entre PSA et ….Dongfeng ( chinois !) via Tongtai ( … Taïwanais ) . »

                      Si je comprends bien, « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » ça n’a pas trop marché. Par contre, « Capitalistes de tous les pays, unissez-vous ! », eux, ils ont plutôt bien réussi sans l’afficher.

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                  2. Ca arrange certains de penser qu’il n’y a plus d’ouvriers en France. Ou sont-ils? Au chômage? Au cimetière? En Chine? En Inde? En Pologne?… Va y avoir un sacré retour du refoulé, à mon humble avis.

                    1. Eh oui, Juannessy, , je suis née fille de bourgeois blancs à deux pas du château des Lafayette, mais je mourrai sans doute femme d’intello rouge à deux pas du parc Maurice Thorez! Entre les deux je n’aurai fait que m’auto entre déchirer finalement… C’est mon côté Louis Aragon. Bon, j’exagère un peu pour me faire plaindre. Ce qui est marrant c’est que les blancs m’aiment
                      plutôt bien en général, alors que les bourgeois rouges ne peuvent pas me blairer. Allez comprendre … Quelle folie la vie! Enfin, la mienne.

                    2. Les lilas et les roses
                      Louis Aragon

                      Ô mois des floraisons mois des métamorphoses
                      Mai qui fut sans nuage et Juin poignardé
                      Je n’oublierai jamais les lilas ni les roses
                      Ni ceux que le printemps dans les plis a gardés

                      Je n’oublierai jamais l’illusion tragique
                      Le cortège les cris la foule et le soleil
                      Les chars chargés d’amour les dons de la Belgique
                      L’air qui tremble et la route à ce bourdon d’abeilles
                      Le triomphe imprudent qui prime la querelle
                      Le sang que préfigure en carmin le baiser
                      Et ceux qui vont mourir debout dans les tourelles
                      Entourés de lilas par un peuple grisé

                      Je n’oublierai jamais les jardins de la France
                      Semblables aux missels des siècles disparus
                      Ni le trouble des soirs l’énigme du silence
                      Les roses tout le long du chemin parcouru
                      Le démenti des fleurs au vent de la panique
                      Aux soldats qui passaient sur l’aile de la peur
                      Aux vélos délirants aux canons ironiques
                      Au pitoyable accoutrement des faux campeurs

                      Mais je ne sais pourquoi ce tourbillon d’images
                      Me ramène toujours au même point d’arrêt
                      A Sainte-Marthe Un général De noirs ramages
                      Une villa normande au bord de la forêt
                      Tout se tait L’ennemi dans l’ombre se repose
                      On nous a dit ce soir que Paris s’est rendu
                      Je n’oublierai jamais les lilas ni les roses
                      Et ni les deux amours que nous avons perdus

                      Bouquets du premier jour lilas lilas des Flandres
                      Douceur de l’ombre dont la mort farde les joues
                      Et vous bouquets de la retraite roses tendres
                      Couleur de l’incendie au loin roses d’Anjou

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                    3. @Chantal :

                      Vient toujours , pour notre paix intime , le jour étrange où l’on n’ a plus besoin de rien ni de personne , pour se reconnaitre soi même dans sa propre fragilité brute et étrangement indestructible , qui rend vains et efface , les doutes , les dépendances , les fausses pistes , les faux semblants , les mensonges à soi même .

                      Petit cadeau , en restant chez Aragon :

                      https://www.youtube.com/watch?v=dq3Gy7lGP7k

              1. Oh la la! Jorion et Juannessy, vous pourrez vous venter de m’avoir fait pleurer ce soir, à 23h 10, 12, 14, ect… Et feu Jean Ferrat aussi .. Quel optimisme n’est-ce pas, dans cette sublime chanson?.. Quelqu’un disait de lui:  » Jean, ce n’est pas un chanteur, c’est un homme qui chante. » J’ai trouvé ça un peu ridicule, et puis, de moins en moins… Aujourd’hui, plus du tout. Où sont aujourd’hui les hommes qui chantent? Le savez vous Jorion et Juannessy? Avec les autres espèces qui ont disparu? Il ne va bientôt rester que des milliardaires et des banquiers. Qu’en penserait Darwin?

                1. Il doit bien yen avoir une ou un , mais je ne suis plus assez dans le vent de l’écoute ( surtout , l’anglais m’est une langue que je ne possède pas assez ) , pour citer des références aussi béton et naturelle que Ferrat ( et Ferré , mais Ferrat m’est plus frère d’instinct ). Donc pour trouver un homme qui chante , je m’y colle seul ….sous la douche .C’était plutôt pas mal à l’oreille il y a encore vingt ans ( mon paternel était très bon chanteur ) , ainsi qu’à l’œil . C’est beaucoup hélas moins vrai aujourd’hui .

                  Ou je fais confiance aux belles voix innées , jeunes ou vieilles , qui rendent le monde beau , tout en reconnaissant que ça ne fait pas alors automatiquement humanité .

                  Paul Jorion a peut être un écho à votre interrogation , plus constructif que le mien .

                  PS : vous terminez souvent vos réponses par  » baci » . Je me suis réveillé ce matin avec ce vieux morceau en tête ( jeu de jambes à remarquer ) :

                  https://www.youtube.com/watch?v=9ufQQ3r79EE

  11. @Pascal Celà permets d’atteindre rapidement une immunité naturelle dans les classes d’ages (<16 ans) pour lesquelles il n'y a pas de vaccins disponibles, et celà grâce à un brassage optimisé !
    Il sera bientôt possible de vacciner les enseignants en priorité sur les personnes à risques, sans se limiter au plus de 50 ans pour poursuivre cette politique sans trop de résistance des syndicats, ni de critique facile d'opposants (LR DATI).

    1. Au rythme où va la vaccination, les enseignants risquent d’être vaccinnés pour les grandes vacances ou tout au moins après le pique dans les hopitaux !
      « grâce à un brassage optimisé », merci Ruiz, vous avez un excellent sens de l’humour ! Pour le moment, ceux qui optimisent et gèrent l’inorganisation ce sont les enseignants quand ils ne sont pas malades. Chez nous, on est en pénurie de remplaçants mais notre Directeur Académique refuse de libérer les remplaçants qui sont sur la formation continue. C’est vrai que la formation des enseignants est une priorité, surtout en ce moment. :-))))

  12. 20h00 ce soir, Ubu mange son chapeau en direct, on ne connaît pas encore la sauce qui agrémentera ce met… 🙂
    Chantal, il y a quelque chose à illustrer là ? 🙂

    1. En fait le grand procastinateur, grand acteur, sait à peine décider pour Pâques après l’autorisation de Mme Pécresse et Hidalgo la mise en vacances des écoles à laquelle il ne pouvait se résoudre en février !
      Mais il sait se mettre en scène redevenir le maître du temps face au virus en convoquant ses électeurs et assujettis ce soir à 20h !
      Alors qu’il aurait pu avantageusement annoncer la reprise temporaire du confinement lors de ses voeux il y a trois mois.

      Une mesure urgente qui a tant tardé se doit d’attendre quelques heures de plus.

      En prévision du Grand Tri sélectif à venir avec les 100 000 morts, déjà commencé à doses homéopathiques ici ou là
      https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/les-infos-de-6h30-coronavirus-les-proches-d-une-victime-portent-plainte-pour-homicide-involontaire-7900014108
      il est nécessaire d’imposer un Confinement et limiter les déplacements.

      Et suprême astuce différer la fermeture des écoles permet d’éviter l’exode des familles en résidences secondaires en région lors de l’annonce.

      Alors que la déportation autoritaire des malades est envisagée

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      1. Erreur l’Oracle a parlé, l’exode des familles qui le peuvent à l’occasion de la fin de semaine de Pâques reste possible !
        renforçant le télétravail total et déplaçant avantageusement d’autant quelques futurs malades potentiels dans des régions moins saturées, le risque d’accroissement de contamination étant « mitigé » par l’extension généralisée des restrictions commerciales et de la liberté diurne déca-kilométrique de déplacement.

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