12 réflexions sur « Vidéo – Le temps qu’il fait le 14 juillet 2021 »

  1. Je vais chinoiser. Le 14 juillet, officiellement, commémore la Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790, qui se voulait la célébration de la Nation se donnant en spectacle à elle-même (certes, la date fut choisie en pensant à la Bastille.). Au Champ de Mars. Le roi Louis XVI prêta serment de veiller sur la Constitution. Je n’ai pas de bonne description sous la main. Mais le meilleur commentaire que je connaisse est le souvenir d’Alexis de Tocqueville, la fête de la Concorde du 21 mai 1848 (en ligne, https://fr.wikisource.org/wiki/Souvenirs_(Tocqueville)/02/08 ).

    Quand le 14 juillet a été officialisé par la 3e république en 1880, c’était la fête de la Fédération qui a été invoquée. Le 14 juillet 1789 vu par les contemporains de l’évènement est plutôt comparable à la prise de l’Arc de Triomphe par les Gilets Jaunes, à la mode d’une époque où le peuple avait des armes et savait s’en servir. Peut-être que le 1e décembre 2018 sera un jour commémoré.

    Tout ça pour dire que, deux siècles et demi après, on se rappelle l’émeute sublimée, et pas la fête émouvante et ridicule, remplie de bonnes intentions. C’est dommage.

    1. @ Pierre Guillemot

      Où l’on réapprend – au delà des mille réécritures de l’Histoire – que le 14 juillet n’est pas une fête républicaine mais bien un faux semblant célébrant la monarchie constitutionnelle et la fin de la monarchie absolue de droit divin. L’on comprend mieux pourquoi depuis la V° république, la droite a plutôt privilégié cette date anniversaire et pourquoi l’armée parade sur les champs Élysées : pour montrer au peuple français sa puissance et qu’il a intérêt à se tenir à carreaux.

      Le 14 juillet n’est pas une fête républicaine. A cette date, le 14 juillet 1789, la république n’osait même pas se formuler dans les esprits tant l’idée était audacieuse, utopique et scandaleuse.

  2. Je vais slaviser (non je blague) :
    https://www.theguardian.com/world/2021/jul/15/kremlin-papers-appear-to-show-putins-plot-to-put-trump-in-white-house

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    Des documents du Kremlin semblent montrer le complot de Poutine pour placer Trump à la Maison Blanche.

    Exclusif : Des documents suggèrent que la Russie a lancé une opération secrète multi-agences pour interférer dans la démocratie américaine.

    Vladimir Poutine a personnellement autorisé une opération secrète de l’agence d’espionnage visant à soutenir un Donald Trump “mentalement instable” lors de l’élection présidentielle américaine de 2016 au cours d’une session à huis clos du conseil de sécurité nationale de la Russie, selon ce que l’on estime être des documents du Kremlin ayant fait l’objet d’une fuite.

    La réunion clé a eu lieu le 22 janvier 2016, suggèrent les documents, en présence du président russe, de ses chefs de l’espionnage et de ses principaux ministres.

    Ils ont convenu qu’une Maison Blanche Trump contribuerait à garantir les objectifs stratégiques de Moscou, parmi lesquels “l’agitation sociale” aux États-Unis et l’affaiblissement de la position de négociation du président américain.

    Les trois agences d’espionnage russes ont reçu l’ordre de trouver des moyens pratiques de soutenir Trump, dans un décret qui semble porter la signature de Poutine.

    À ce moment-là, Trump était le favori dans la course à l’investiture du parti républicain. Un rapport préparé par le département d’experts de Poutine recommandait à Moscou d’utiliser “toute la force possible” pour assurer la victoire de Trump.

    Les services de renseignement occidentaux sont censés être au courant de l’existence de ces documents depuis plusieurs mois et les avoir soigneusement examinés. Les documents, consultés par le Guardian, semblent représenter une fuite sérieuse et très inhabituelle en provenance du Kremlin.

    Le Guardian a montré les documents à des experts indépendants qui affirment qu’ils semblent authentiques. Des détails accessoires semblent exacts. Le ton général et l’orientation sont jugés conformes à la pensée sécuritaire du Kremlin.

    Le Kremlin a répondu de manière dédaigneuse. Contacté par le Guardian jeudi matin, le porte-parole de M. Poutine, Dmitri Peskov, a déclaré que l’idée que les dirigeants russes se soient rencontrés et aient accepté de soutenir M. Trump lors de la réunion de début 2016 était “une grande fiction de gare”.

    Le rapport – “No 32-04 \ vd” – est classé secret. Il indique que Trump est le “candidat le plus prometteur” du point de vue du Kremlin. Le mot en russe est perspektivny.

    Il y a une brève évaluation psychologique de Trump, qui est décrit comme un “individu impulsif, mentalement instable et déséquilibré qui souffre d’un complexe d’infériorité”.

    Il y a également une confirmation apparente que le Kremlin possède du kompromat, ou du matériel potentiellement compromettant, sur le futur président, collecté – selon le document – lors des précédentes “visites non officielles de Trump sur le territoire de la Fédération de Russie”.

    Le document fait référence à “certains événements” qui se sont produits lors des voyages de Trump à Moscou. Les membres du Conseil de sécurité sont invités à trouver des détails dans l’annexe cinq, au paragraphe cinq, indique le document. Le contenu de cette annexe n’est pas clair.

    “Il est absolument nécessaire d’utiliser toute la force possible pour faciliter son élection [celle de Trump] au poste de président des États-Unis”, indique le document.

    Cela permettrait de réaliser le “scénario politique théorique” préféré de la Russie. Une victoire de Trump “conduira certainement à la déstabilisation du système sociopolitique des États-Unis” et verra le mécontentement caché éclater au grand jour, prédit le document.
    Le sommet du Kremlin

    Il ne fait aucun doute que la réunion de janvier 2016 a eu lieu – et qu’elle a été convoquée à l’intérieur du Kremlin.

    Une photo officielle de l’occasion montre Poutine en bout de table, assis sous un drapeau de la Fédération de Russie et un aigle royal à deux têtes. Le premier ministre russe de l’époque, Dmitri Medvedev, était présent, ainsi que le ministre des affaires étrangères chevronné, Sergueï Lavrov.

    Étaient également présents Sergueï Shoigu, ministre de la défense en charge du GRU, l’agence de renseignement militaire russe, Mikhaïl Fradkov, alors chef du service de renseignement extérieur russe SVR, et Alexandre Bortnikov, patron de l’agence d’espionnage FSB. Nikolaï Patrouchev, ancien directeur du FSB, était également présent en tant que secrétaire du conseil de sécurité.

    Selon un communiqué de presse, la discussion a porté sur l’économie et la Moldavie.

    Le document consulté par le Guardian suggère que l’objectif réel et secret du conseil de sécurité était de discuter des propositions confidentielles élaborées par le service d’analyse du président en réponse aux sanctions américaines contre Moscou.

    L’auteur semble être Vladimir Symonenko, le haut fonctionnaire en charge du service d’expertise du Kremlin – qui fournit à Poutine du matériel analytique et des rapports, dont certains sont basés sur des renseignements étrangers.

    Les documents indiquent que le 14 janvier 2016, Symonenko a fait circuler un résumé de trois pages des conclusions et recommandations de son équipe.

    Dans un ordre signé deux jours plus tard, Poutine a demandé au chef de sa direction de la politique étrangère de l’époque, Alexander Manzhosin, de convoquer un briefing à huis clos du conseil de sécurité nationale.

    L’objectif était de poursuivre l’étude du document, selon l’ordre. Manzhosin a reçu un délai de cinq jours pour prendre des dispositions.

    On ignore ce qui s’est dit dans la salle du deuxième étage du sénat du Kremlin. Mais le président et ses responsables du renseignement semblent avoir donné leur accord à un plan d’ingérence dans la démocratie américaine, élaboré par plusieurs agences et conçu en termes d’autodéfense justifiée.

    Diverses mesures sont citées que le Kremlin pourrait adopter en réponse à ce qu’il considère comme des actes hostiles de la part de Washington. Le document présente plusieurs faiblesses américaines. Il s’agit notamment d’un “fossé politique de plus en plus profond entre la gauche et la droite”, de l’espace “médias-information” des États-Unis et d’un climat anti-establishment sous la présidence de Barack Obama.

    Le document ne nomme pas Hillary Clinton, la rivale de Trump en 2016. Il suggère toutefois d’utiliser les ressources des médias pour saper les personnalités politiques américaines de premier plan.

    Certains paragraphes expliquent comment la Russie pourrait insérer des “virus médiatiques” dans la vie publique américaine, qui pourraient s’auto-entretenir et s’auto-reproduire. Ces virus modifieraient la conscience de masse, en particulier dans certains groupes.

    Après la réunion, selon un autre document ayant fait l’objet d’une fuite, Poutine a publié un décret portant création d’une nouvelle commission interdépartementale secrète. Sa tâche urgente était de réaliser les objectifs énoncés dans la “partie spéciale” du document n° 32-04 \ vd.

    Shoigu, Fradkov et Bortnikov ont été désignés comme membres de ce nouvel organe de travail. Shoigu a été nommé président de la commission. Le décret – ukaz en russe – stipulait que le groupe devait prendre des mesures concrètes contre les États-Unis dès que possible. Ces mesures sont justifiées par des raisons de sécurité nationale et sont conformes à la loi fédérale 390-FZ de 2010, qui autorise le conseil à formuler la politique de l’État en matière de sécurité.

    Selon le document, chaque agence d’espionnage s’est vu attribuer un rôle. Le ministre de la défense a été chargé de coordonner le travail des subdivisions et des services. Shoigu était également chargé de collecter et de systématiser les informations nécessaires et de “préparer des mesures pour agir sur l’environnement informationnel de l’objet” – un ordre, semble-t-il, de pirater des cybercibles américaines sensibles identifiées par le SVR.

    Le SVR a été chargé de recueillir des informations supplémentaires pour soutenir les activités de la commission. Le FSB a été chargé du contre-espionnage. Poutine a approuvé le document apparent, daté du 22 janvier 2016, que sa chancellerie a tamponné.

    Les mesures sont entrées en vigueur immédiatement après la signature de Poutine, indique le décret. Les chefs de l’espionnage ont eu un peu plus d’une semaine pour revenir avec des idées concrètes, à soumettre avant le 1er février.

    Rédigés dans un langage bureaucratique, les documents semblent offrir un aperçu sans précédent du monde habituellement caché du processus décisionnel du gouvernement russe.

    M. Poutine a nié à plusieurs reprises les accusations d’ingérence dans la démocratie occidentale. Les documents semblent contredire cette affirmation. Ils suggèrent que le président, ses agents d’espionnage et ses principaux ministres étaient tous intimement impliqués dans l’une des opérations d’espionnage les plus importantes et les plus audacieuses du XXIe siècle : un complot visant à aider à placer le “mentalement instable” Trump à la Maison Blanche.

    Les documents semblent établir une feuille de route pour ce qui s’est réellement passé en 2016.

    Quelques semaines après la réunion du conseil de sécurité, les pirates du GRU ont fait une descente sur les serveurs du Comité national démocrate (DNC) et ont ensuite publié des milliers de courriels privés dans le but de nuire à la campagne électorale de Clinton.

    Selon des sources diplomatiques, le rapport consulté par le Guardian contient des détails qui évoquent le travail des services de renseignement russes. L’esquisse de la personnalité de M. Trump est caractéristique des analyses des agences d’espionnage du Kremlin, qui s’attachent à dresser le profil des individus en utilisant la psychologie réelle et la psychologie codée.

    Selon le document, Moscou tirerait le plus grand profit d’une victoire républicaine. Cela pourrait conduire à une “explosion sociale” qui affaiblirait à son tour le président américain, indique-t-il. Une victoire de Trump présenterait des avantages internationaux, souligne le document. Poutine serait en mesure, de manière clandestine, de dominer toute négociation bilatérale entre les États-Unis et la Russie, de déconstruire la position de négociation de la Maison Blanche et de prendre des initiatives audacieuses en matière de politique étrangère au nom de la Russie, indique le rapport.

    D’autres parties du rapport de plusieurs pages traitent de thèmes autres que ceux de Trump. Il indique que les sanctions imposées par les États-Unis après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 ont contribué aux tensions internes. Le Kremlin devrait chercher d’autres moyens d’attirer des liquidités dans l’économie russe, conclut le rapport.

    Le document recommande de réorienter le commerce et les exportations d’hydrocarbures vers la Chine. Moscou devrait s’efforcer d’influencer les États-Unis et leurs pays satellites, afin qu’ils abandonnent les sanctions ou les assouplissent.
    Des documents “contraignants”.

    Andrei Soldatov, expert des agences d’espionnage russes et auteur de The Red Web, a déclaré que les documents divulgués “reflètent la réalité”. “C’est conforme aux procédures des services de sécurité et du conseil de sécurité”, a-t-il déclaré. “Les décisions sont toujours prises de cette manière, avec des conseillers qui fournissent des informations au président et une chaîne de commandement”.

    Il ajoute : “Le Kremlin microgère la plupart de ces opérations. Poutine a clairement fait comprendre à ses espions depuis au moins 2015 que rien ne peut être fait indépendamment de lui. Il n’y a pas de place pour une action indépendante.” Poutine a décidé de publier les emails DNC volés à la suite d’une réunion du conseil de sécurité en avril 2016, a déclaré Soldatov, citant ses propres sources.

    Sir Andrew Wood, ancien ambassadeur du Royaume-Uni à Moscou et membre associé du groupe de réflexion Chatham House, a qualifié les documents d'”envoûtants”. “Ils reflètent le genre de discussions et de recommandations auxquelles on pourrait s’attendre. Il y a une incompréhension totale des États-Unis et de la Chine. Ils sont écrits pour une personne [Poutine] qui ne peut pas croire qu’elle s’est trompée.”

    Wood a ajouté : “Il n’y a aucun sens que la Russie ait pu faire une erreur en envahissant l’Ukraine. Le rapport est tout à fait conforme au genre de choses auxquelles je m’attendrais en 2016, et encore plus maintenant. Il y a une bonne dose de paranoïa. Ils pensent que les États-Unis sont responsables de tout. Ce point de vue est profondément enfoui dans l’âme des dirigeants russes.”

    Trump n’a pas répondu à une demande de commentaire.

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    Boljemoï !

    1. Je reproduis un mail qui vient de m’être adressé, signé OnNeMeLaFaitPas :

      “Jorion, tu vas te goberger d’avoir deviné tout cela et tu iras te pavaner une fois de plus devant le groupuscule de tes laquais qui glande sur ton Blog en disant que tout ça se trouve déjà dans tes 2 torchons de bouquins sur Trump *. Mais tu n’as rien deviné pauvre naze : tout le monde aura compris que tu avais accès à ces Kremlin Papers et que tu t’es contenté de les recopier servilement !”

      * aux Éditions du Croquant

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      1. Ah, ça c’est “cod psychology” : psychologie de morue (animaux parmi les plus respectables, qui fait l’excellent “stockfish”).

  3. 11 fois l’expression ‘semble’. Aucune affirmation, ou presque, reprise à son compte par l’auteur de l’article, un journaliste peu sûr de son fait.

    Le commentaire de l’ancien ambassadeur est ingénu. On dirait une poule qui, ayant trouvé un couteau, s’exclame Euréka. Il me semble que les Russes ont quelques raisons de voir les USA comme un ennemi implacable. Je vous renvois à une longue déposition de Madame Hélène Carrère d’Encausse (par ailleurs Secrétaire perpétuelle de l’Académie Française) devant une commission du Sénat où les raisons russes sont clairement explicitées, parmi bien d’autres considérations sur les russes.

    Tout cet article pour nous dire que les Russes (et Poutine du KGB, personnellement) voyaient un grand avantage, pour la mère patrie, que Trump soit président US. Quel scoop! Précisément le Trump qui a un pois chiche entre les 2 oreilles. Question pois chiche, c’était particulièrement bien vu, une preuve que le KGB sert à quelque chose, quelque fois.

    Il faut attendre maintenant de savoir comment le KGB ( et Poutine etc…) a fait pour convaincre plus de 60 millions d’électeurs US de voter pour un nullard universellement malfaisant, y compris pour la Russie. Ce dernier point est important. Une étude serrée des pratiques de recrutement du KGB montre que cette organisation a en horreur les agents imprévisibles et/ou instables. Il est vrai que les Russes pourraient avoir repris la méthode Britt: ” Foutez le bordel et niez le”. ( C’est la traduction d’un livre universitaire que je n’ai toujours pas pu me procurer.)

    A défaut de cette suite d’articles descriptifs du motus opérandi peut-être complexe, je classe cet papier dans la grande catégorie symbolisée par “Les russes sont nos archi-ennemis, surpuissants et vindicatifs, mais dormez tranquilles nos Services veillent”.
    Cette présentation de services russes omniscients est une erreur politique. Elle va finir par couter chère.

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    1. Je pense que “semble” est la traduction de “appear” (8 occurrences) bien plus que du faible “seem” (3 occurrences). DeepL est trop bon et traduit donc “It appears that” par “Il semble que”. Mais pour le journaliste, la qualité des recoupements emporte la conviction à un degré suffisant (le Guardian est lu à Stagyros, c’est bien connu), me “semble-“-t-il.

      Après, il faut voir si comme tout journaliste dans la même position, il va avoir envie de “feuilletonner cette affaire sur l’été ou si c’est un “one shot”….

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