
Illustration par ChatGPT
On parle du Nirvana comme d’un mystère oriental, d’un au-delà spirituel ou d’un idéal réservé aux sages. Soyons plus directs, plus pratiques.
Si l’on prend au sérieux ce que nous savons aujourd’hui de l’information et de la décohérence, la définition du Nirvana va presque de soi.
L’univers n’est pas une chose, mais un processus : celui par lequel une information initialement intriquée se différencie, se localise et se matérialise, au prix d’une perte irréversible. C’est ce processus que nous appelons le temps, l’existence, la vie – et aussi la mort. Exister, c’est entrer dans la décohérence.
Le Nirvana désigne exactement l’inverse : non pas un lieu, non pas un être, non pas une conscience supérieure, mais une condition limite : une information non engagée dans ce processus. Intacte, non différenciée, hors causalité – et, pour cette raison même, hors souffrance.
Rien à créer, rien à vouloir, rien à représenter : simplement l’absence de devenir.
Cette définition n’est évidente qu’à l’intérieur d’un cadre précis — celui de GENESIS. Dans ce cadre, l’univers n’est ni une collection d’objets ni le produit d’un acte fondateur, mais une transformation irréversible de l’information. Nirvana n’y désigne ni une entité ni une fin, mais une limite structurelle : ce qui demeure hors de la décohérence et marque la borne intrinsèque de toute explication possible.
Cette limite n’a rien de symbolique. Elle est aussi nette, pour l’information, qu’une surface l’est pour un fluide : d’un côté, ce qui circule, se transforme et s’use ; de l’autre, ce qui ne circule pas, ne se transforme pas et n’entre jamais dans le temps. L’univers est ce qui se produit au contact de cette frontière. Le Nirvana est ce qui n’y entre pas.
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